{"id":14633,"date":"2026-09-23T20:55:01","date_gmt":"2026-09-23T18:55:01","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/isoflavones\/"},"modified":"2026-09-23T20:55:01","modified_gmt":"2026-09-23T18:55:01","slug":"isoflavones","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/isoflavones\/","title":{"rendered":"Isoflavones"},"content":{"rendered":"<p>Les <strong>isoflavones<\/strong> sont un groupe de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonoides\/\">flavono\u00efdes<\/a>, donc de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a>, que l&rsquo;on trouve surtout chez les l\u00e9gumineuses, la famille des Fabac\u00e9es, comme le soja et les tr\u00e8fles. Les plus connues sont la <strong>g\u00e9nist\u00e9ine<\/strong>, la <strong>daidz\u00e9ine<\/strong>, la <strong>formonon\u00e9tine<\/strong> et la <strong>biochanine A<\/strong>. Leur forme rappelle celle des \u0153strog\u00e8nes humains, ce qui leur vaut d&rsquo;\u00eatre rang\u00e9es parmi les <em>phyto\u0153strog\u00e8nes<\/em>. Sur ce site, elles sont cit\u00e9es dans <strong>9 fiches de plantes<\/strong>, des Fabac\u00e9es pour la plupart.<\/p>\n<h2>I. Ce qui les rassemble<\/h2>\n<p>Les isoflavones ont le squelette commun \u00e0 tous les flavono\u00efdes : deux cycles aromatiques reli\u00e9s par un pont de trois atomes de carbone, referm\u00e9 en un cycle central qui contient un atome d&rsquo;oxyg\u00e8ne. Leur singularit\u00e9 tient \u00e0 la place du cycle lat\u00e9ral. Pour les fabriquer, la plante part d&rsquo;une <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavanones\/\">flavanone<\/a> et, par un geste chimique propre \u00e0 ce groupe, fait glisser ce cycle d&rsquo;un atome de carbone au voisin. Chez le soja, l&rsquo;enzyme qui r\u00e9alise cette migration a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e en 1999 : elle transforme la liquiritig\u00e9nine en daidz\u00e9ine, et la naring\u00e9nine en g\u00e9nist\u00e9ine.<\/p>\n<p>Les isoflavones forment ensuite de petites familles de parentes. La formonon\u00e9tine n&rsquo;est autre que la daidz\u00e9ine portant un groupe m\u00e9thyle de plus sur le cycle lat\u00e9ral, et la biochanine A est de m\u00eame la g\u00e9nist\u00e9ine m\u00e9thyl\u00e9e. Dans les tr\u00e8fles, on les trouve sous forme de <em>glycosides<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire attach\u00e9es \u00e0 un sucre. Leur quantit\u00e9 peut \u00eatre importante : dans le tr\u00e8fle souterrain, une plante fourrag\u00e8re, les isoflavones peuvent atteindre 3 % du poids sec de la plante.<\/p>\n<h2>II. Leur r\u00f4le dans la plante<\/h2>\n<p>La plante fabrique les isoflavones pour elle-m\u00eame, et une revue de 2024 leur reconna\u00eet deux grands r\u00f4les chez les l\u00e9gumineuses. Ce sont d&rsquo;abord des <em>phytoalexines<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire des armes chimiques dirig\u00e9es contre les microbes qui l&rsquo;attaquent : chez la luzerne, les g\u00e8nes de l&rsquo;enzyme qui ouvre la voie des isoflavones s&rsquo;activent fortement quand on simule une attaque sur des cellules en culture. Ce sont aussi des signaux dans la symbiose avec les rhizobiums, les bact\u00e9ries du sol qui forment sur les racines des nodosit\u00e9s capables de fixer l&rsquo;azote de l&rsquo;air. La plante \u00ab parle \u00bb ainsi \u00e0 ses alli\u00e9s souterrains avec les m\u00eames mol\u00e9cules qui lui servent \u00e0 repousser ses ennemis.<\/p>\n<h2>III. Ce que l&rsquo;on sait chez l&rsquo;\u00eatre humain<\/h2>\n<p>Chez les animaux d&rsquo;\u00e9levage, ce sont surtout les effets nuisibles des isoflavones qui ont retenu l&rsquo;attention. Sur des p\u00e2turages de tr\u00e8fle souterrain, on a observ\u00e9 chez les moutons des troubles de la fertilit\u00e9 et, chez des m\u00e2les castr\u00e9s, une mont\u00e9e de lait. Les constituants mis en cause sont les formes sucr\u00e9es de la g\u00e9nist\u00e9ine, de la biochanine A, de la daidz\u00e9ine et de la formonon\u00e9tine. La g\u00e9nist\u00e9ine se fixe sur le m\u00eame r\u00e9cepteur de l&rsquo;ut\u00e9rus que l&rsquo;\u0153stradiol, l&rsquo;hormone f\u00e9minine, mais elle agit bien plus faiblement : inject\u00e9e \u00e0 des moutons, son action sur l&rsquo;ut\u00e9rus est environ cent mille fois plus faible que celle du stilb\u0153strol, un \u0153strog\u00e8ne de synth\u00e8se.<\/p>\n<p>Chez l&rsquo;\u00eatre humain, l&rsquo;effet d\u00e9pend aussi de l&rsquo;intestin. Des bact\u00e9ries y transforment la daidz\u00e9ine en <strong>\u00e9quol<\/strong>, la substance issue des isoflavones qui a l&rsquo;activit\u00e9 de type \u0153strog\u00e9nique la plus forte. Or seules un tiers \u00e0 la moiti\u00e9 des personnes, selon les populations, abritent ces bact\u00e9ries et produisent de l&rsquo;\u00e9quol ; une revue de 2019 avance que ce sont peut-\u00eatre les seules \u00e0 tirer pleinement parti des isoflavones.<\/p>\n<p>Chez la femme, les isoflavones ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es contre les bouff\u00e9es de chaleur de la m\u00e9nopause. Une m\u00e9ta-analyse de 2021, portant sur huit essais d&rsquo;extraits de tr\u00e8fle des pr\u00e9s, trouve une baisse moyenne de 1,7 bouff\u00e9e de chaleur par jour par rapport au placebo ; l&rsquo;effet est plus net chez les femmes qui en avaient au moins cinq par jour, \u00e0 partir de 80 mg d&rsquo;isoflavones quotidiens et avec des extraits plus riches en biochanine A. Les auteurs demandent des essais mieux con\u00e7us pour le confirmer. Pour le soja, une analyse de seize essais et d&rsquo;environ 1 700 femmes estime qu&rsquo;une fois l&rsquo;effet placebo retir\u00e9, les isoflavones r\u00e9duisent les bouff\u00e9es de chaleur de 25 % au maximum, soit un peu plus de la moiti\u00e9 de l&rsquo;effet de l&rsquo;\u0153stradiol, et qu&rsquo;il leur faut treize semaines environ pour atteindre la moiti\u00e9 de cet effet : des essais de douze semaines sont donc trop courts pour les juger. Ces essais portent sur des extraits ou des compl\u00e9ments dos\u00e9s, et non sur la plante enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Un dernier point int\u00e9resse directement les fiches. L&rsquo;effet de l&rsquo;act\u00e9e \u00e0 grappes noires sur les bouff\u00e9es de chaleur a longtemps \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 la formonon\u00e9tine, dont la pr\u00e9sence avait \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e dans la plante en 1985. Une \u00e9quipe l&rsquo;a cherch\u00e9e en 2002 dans des racines r\u00e9colt\u00e9es en treize endroits, ainsi que dans deux extraits du commerce, et ne l&rsquo;a trouv\u00e9e nulle part ; les auteurs concluent que l&rsquo;action de la plante est probablement due \u00e0 d&rsquo;autres constituants.<\/p>\n<h2>IV. Pr\u00e9cautions<\/h2>\n<p>Une revue technique de 2022, qui a examin\u00e9 plus de 400 publications portant sur les aliments \u00e0 base de soja et sur les isoflavones, conclut que les isoflavones ne perturbent pas le fonctionnement de la thyro\u00efde, ni le tissu du sein ou de l&rsquo;ut\u00e9rus, ni le taux d&rsquo;hormones chez la femme ou chez l&rsquo;homme ; elles peuvent allonger un peu le cycle menstruel sans emp\u00eacher l&rsquo;ovulation. Ses auteurs notent que les donn\u00e9es sont limit\u00e9es pour la grossesse et chez l&rsquo;enfant.<\/p>\n<p>La prudence porte sur les <strong>compl\u00e9ments \u00e0 forte dose pris longtemps<\/strong>. Dans un essai italien, des femmes m\u00e9nopaus\u00e9es ont pris pendant cinq ans 150 mg d&rsquo;isoflavones de soja par jour : aucun cancer n&rsquo;est apparu, mais un \u00e9paississement anormal de la muqueuse de l&rsquo;ut\u00e9rus, l&rsquo;hyperplasie, a touch\u00e9 3,4 % d&rsquo;entre elles, contre aucune sous placebo, et les auteurs s&rsquo;interrogent sur la s\u00e9curit\u00e9 de ces produits sur le long terme. Pour le cancer du sein, une revue syst\u00e9matique de 2013 ne trouve pas de preuve que le soja augmente le risque ou les r\u00e9cidives ; une consommation proche de celle du r\u00e9gime japonais traditionnel, qui apporte 25 \u00e0 50 mg d&rsquo;isoflavones par jour, pourrait m\u00eame \u00eatre protectrice. Les auteurs estiment toutefois que les donn\u00e9es manquent encore pour recommander des doses de 100 mg ou plus aux femmes atteintes d&rsquo;un cancer du sein, et que les donn\u00e9es sur le tr\u00e8fle des pr\u00e9s restent limit\u00e9es. Une femme qui a eu un cancer sensible aux hormones, ou qui suit un traitement hormonal, doit en parler \u00e0 son m\u00e9decin avant de prendre un compl\u00e9ment d&rsquo;isoflavones.<\/p>\n<h2>Les plantes du site qui en contiennent<\/h2>\n<p style=\"font-size:.92em;font-style:italic\">Cette liste reprend les fiches du site qui citent ce compos\u00e9 dans la composition de la plante. Si le texte ci-dessus contredit l\u2019une d\u2019elles, c\u2019est lui qui fait foi : la fiche sera revue.<\/p>\n<p>Les 9 fiches qui citent les isoflavones sont rang\u00e9es ci-dessous par famille. Chaque nom m\u00e8ne \u00e0 la fiche de la plante.<\/p>\n<p style=\"margin:.35em 0\"><strong>Asparagac\u00e9es<\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/shatavari\/\">Shatavari<\/a>.<\/p>\n<p style=\"margin:.35em 0\"><strong>Fabac\u00e9es<\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/anthyllide-vulneraire\/\">Anthyllide vuln\u00e9raire<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/astragale\/\">Astragale<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/bugrane-epineuse\/\">Bugrane \u00e9pineuse<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/genet-des-teinturiers\/\">Gen\u00eat des teinturiers<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/trefle-blanc\/\">Tr\u00e8fle blanc<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/trefle-des-pres\/\">Tr\u00e8fle des pr\u00e9s<\/a>.<\/p>\n<p style=\"margin:.35em 0\"><strong>Iridac\u00e9es<\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/iris-faux-acore\/\">Iris faux-acore<\/a>.<\/p>\n<p style=\"margin:.35em 0\"><strong>Renonculac\u00e9es<\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/04\/25\/actee-a-grappes-noires\/\">Act\u00e9e \u00e0 grappes noires<\/a>.<\/p>\n<h2>Sources<\/h2>\n<ul>\n<li>Yang Q., Wang G., \u00ab Isoflavonoid metabolism in leguminous plants: an update and perspectives \u00bb, <em>Frontiers in Plant Science<\/em>, 2024, 15, 1368870. PMID 38405585.<\/li>\n<li>Steele C.L., Gijzen M., Qutob D., Dixon R.A., \u00ab Molecular characterization of the enzyme catalyzing the aryl migration reaction of isoflavonoid biosynthesis in soybean \u00bb, <em>Archives of Biochemistry and Biophysics<\/em>, 1999, 367(1), 146-150. PMID 10375412.<\/li>\n<li>Lindner H.R., \u00ab Occurrence of anabolic agents in plants and their importance \u00bb, <em>Environmental Quality and Safety. Supplement<\/em>, 1976, (5), 151-158. PMID 1066275.<\/li>\n<li>Mayo B., V\u00e1zquez L., Fl\u00f3rez A.B., \u00ab Equol: A Bacterial Metabolite from The Daidzein Isoflavone and Its Presumed Beneficial Health Effects \u00bb, <em>Nutrients<\/em>, 2019, 11(9). PMID 31527435.<\/li>\n<li>Kanadys W., Bara\u0144ska A., B\u0142aszczuk A., Polz-Dacewicz M., Drop B. et coll., \u00ab Evaluation of Clinical Meaningfulness of Red Clover (Trifolium pratense L.) Extract to Relieve Hot Flushes and Menopausal Symptoms in Peri- and Post-Menopausal Women: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials \u00bb, <em>Nutrients<\/em>, 2021, 13(4). PMID 33920485.<\/li>\n<li>Li L., Lv Y., Xu L., Zheng Q., \u00ab Quantitative efficacy of soy isoflavones on menopausal hot flashes \u00bb, <em>British Journal of Clinical Pharmacology<\/em>, 2015, 79(4), 593-604. PMID 25316502.<\/li>\n<li>Kennelly E.J., Baggett S., Nuntanakorn P., Ososki A.L., Mori S.A. et coll., \u00ab Analysis of thirteen populations of black cohosh for formononetin \u00bb, <em>Phytomedicine<\/em>, 2002, 9(5), 461-467. PMID 12222669.<\/li>\n<li>Messina M., Mejia S.B., Cassidy A., Duncan A., Kurzer M. et coll., \u00ab Neither soyfoods nor isoflavones warrant classification as endocrine disruptors: a technical review of the observational and clinical data \u00bb, <em>Critical Reviews in Food Science and Nutrition<\/em>, 2022, 62(21), 5824-5885. PMID 33775173.<\/li>\n<li>Unfer V., Casini M.L., Costabile L., Mignosa M., Gerli S. et coll., \u00ab Endometrial effects of long-term treatment with phytoestrogens: a randomized, double-blind, placebo-controlled study \u00bb, <em>Fertility and Sterility<\/em>, 2004, 82(1), 145-148. PMID 15237003.<\/li>\n<li>Fritz H., Seely D., Flower G., Skidmore B., Fernandes R. et coll., \u00ab Soy, red clover, and isoflavones and breast cancer: a systematic review \u00bb, <em>PLoS One<\/em>, 2013, 8(11), e81968. PMID 24312387.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les isoflavones sont un groupe de flavono\u00efdes, donc de polyph\u00e9nols, que l&rsquo;on trouve surtout chez les l\u00e9gumineuses, la famille des Fabac\u00e9es, comme le soja et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":6541,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-14633","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/14633","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14633"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/14633\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6541"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14633"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}