{"id":14636,"date":"2026-09-23T20:55:01","date_gmt":"2026-09-23T18:55:01","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glycoalcaloides\/"},"modified":"2026-09-23T20:55:01","modified_gmt":"2026-09-23T18:55:01","slug":"glycoalcaloides","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glycoalcaloides\/","title":{"rendered":"Glycoalcalo\u00efdes"},"content":{"rendered":"<p>Les <strong>glycoalcalo\u00efdes<\/strong>, ou glycoalcalo\u00efdes st\u00e9ro\u00efdiens, sont des substances toxiques caract\u00e9ristiques du genre <em>Solanum<\/em>, celui de la pomme de terre, de la tomate, de l&rsquo;aubergine et des morelles. Ce sont des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> d&rsquo;un genre particulier, puisqu&rsquo;ils associent une partie st\u00e9ro\u00efde contenant de l&rsquo;azote \u00e0 une cha\u00eene de sucres. Les plus connus sont la <strong>solanine<\/strong> et la <strong>chaconine<\/strong> de la pomme de terre, la <strong>tomatine<\/strong> de la tomate et la <strong>solamargine<\/strong> des morelles. Sur ce site, ils sont cit\u00e9s dans <strong>7 fiches de plantes<\/strong>, toutes des Solanac\u00e9es : la pomme de terre, la tomate, l&rsquo;aubergine, la douce-am\u00e8re, la morelle noire, la morelle jaune et le coqueret alk\u00e9kenge.<\/p>\n<h2>I. Ce qui les rassemble<\/h2>\n<p>Un glycoalcalo\u00efde est form\u00e9 de deux parties. La premi\u00e8re est un squelette de st\u00e9ro\u00efde, cousin du cholest\u00e9rol dont la plante le tire, qui porte un atome d&rsquo;azote. La seconde est une cha\u00eene de sucres attach\u00e9e \u00e0 une extr\u00e9mit\u00e9. Une revue de 2021 recense 107 glycoalcalo\u00efdes chez les <em>Solanum<\/em>, r\u00e9partis entre six squelettes diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Dans la pomme de terre, les deux principaux sont l&rsquo;<strong>alpha-solanine<\/strong> (C<sub>45<\/sub>H<sub>73<\/sub>NO<sub>15<\/sub>) et l&rsquo;<strong>alpha-chaconine<\/strong> (C<sub>45<\/sub>H<sub>73<\/sub>NO<sub>14<\/sub>). Ils partagent la m\u00eame partie non sucr\u00e9e, la solanidine (C<sub>27<\/sub>H<sub>43<\/sub>NO), et leurs formules ne diff\u00e8rent que d&rsquo;un atome d&rsquo;oxyg\u00e8ne, qui tient \u00e0 leur cha\u00eene de sucres. Dans la tomate, le principal est l&rsquo;<strong>alpha-tomatine<\/strong> (C<sub>50<\/sub>H<sub>83<\/sub>NO<sub>21<\/sub>), une mol\u00e9cule au go\u00fbt amer. Dans la douce-am\u00e8re et la morelle noire, une revue de 2026 cite la solanine, et en outre la solasodine et la b\u00eata-solamarine pour la premi\u00e8re, la solamargine et la solasonine pour la seconde.<\/p>\n<h2>II. Leur r\u00f4le dans la plante<\/h2>\n<p>Pour la plante, ce sont des d\u00e9fenses. D&rsquo;apr\u00e8s une revue de 2024, les glycoalcalo\u00efdes de la pomme de terre l&rsquo;aident \u00e0 r\u00e9sister aux agressions d&rsquo;autres \u00eatres vivants. La tomatine joue le m\u00eame r\u00f4le contre les maladies et les herbivores ; elle s&rsquo;accumule dans toute la plante, et surtout dans les feuilles et dans les fruits verts, encore immatures.<\/p>\n<p>La teneur varie beaucoup. Une \u00e9tude de 2014 a mesur\u00e9 les glycoalcalo\u00efdes de soixante vari\u00e9t\u00e9s de pommes de terre cultiv\u00e9es sur deux sites pendant deux ans. La chair en contenait de 4 \u00e0 957 milligrammes par kilo de mati\u00e8re s\u00e8che, la peau de 150 \u00e0 8 133. Dans toutes les vari\u00e9t\u00e9s, la chair restait sous la limite admise comme s\u00fbre, alors que la peau la d\u00e9passait en g\u00e9n\u00e9ral. L&rsquo;ann\u00e9e de culture avait un effet net sur les r\u00e9sultats, et certaines vari\u00e9t\u00e9s \u00e9taient nettement plus charg\u00e9es que d&rsquo;autres.<\/p>\n<p>Le verdissement des tubercules est un signal \u00e0 conna\u00eetre. Expos\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re, la pomme de terre verdit : les petits organites qui y stockent l&rsquo;amidon se transforment en chloroplastes, porteurs de chlorophylle. Une revue de 2022 pr\u00e9cise que la fabrication des glycoalcalo\u00efdes ne d\u00e9pend pas directement de la lumi\u00e8re, mais que le verdissement signale une accumulation probable de ces compos\u00e9s.<\/p>\n<h2>III. Ce que l&rsquo;on sait chez l&rsquo;\u00eatre humain<\/h2>\n<p>Les glycoalcalo\u00efdes agissent de deux fa\u00e7ons : ils ab\u00eement les membranes des cellules, ce qui explique leurs effets sur le tube digestif, et ils freinent une enzyme du syst\u00e8me nerveux, l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase. En 2005, une \u00e9quipe a donn\u00e9 \u00e0 des volontaires des doses croissantes de glycoalcalo\u00efdes de pomme de terre, en solution ou en pur\u00e9e, jusqu&rsquo;\u00e0 1,25 milligramme par kilo de poids corporel. Aucun effet g\u00e9n\u00e9ral n&rsquo;est apparu ; seule une personne ayant re\u00e7u la dose la plus forte a eu des naus\u00e9es et des vomissements quatre heures plus tard. Les chercheurs ont surtout observ\u00e9 que l&rsquo;organisme met plus de vingt-quatre heures \u00e0 \u00e9liminer ces mol\u00e9cules, de sorte qu&rsquo;elles pourraient s&rsquo;accumuler en cas de consommation quotidienne.<\/p>\n<p>Des intoxications collectives sont d\u00e9crites. Dans une \u00e9cole, soixante-dix-huit \u00e9coliers sont tomb\u00e9s malades apr\u00e8s un repas de pommes de terre, et dix-sept ont \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9s ; les tubercules en cause provenaient vraisemblablement d&rsquo;un sac oubli\u00e9 dans la r\u00e9serve depuis le trimestre pr\u00e9c\u00e9dent, et ceux d&rsquo;un autre sac rest\u00e9 l\u00e0 depuis la m\u00eame \u00e9poque contenaient beaucoup de solanine et de chaconine. La douce-am\u00e8re et la morelle noire ont une longue histoire d&rsquo;usage traditionnel, contre les maladies de la peau, les rhumatismes ou les troubles respiratoires. La revue de 2026 rappelle que les intoxications par ces deux plantes sont moins fr\u00e9quentes que celles par la belladone, mais qu&rsquo;elles surviennent encore, surtout apr\u00e8s ingestion de baies.<\/p>\n<p>Au laboratoire, plusieurs glycoalcalo\u00efdes freinent la croissance de cellules canc\u00e9reuses. Une revue de 2016 souligne toutefois que leur toxicit\u00e9 pour l&rsquo;organisme entier est relativement \u00e9lev\u00e9e, et que cette limite doit \u00eatre prise en compte dans toute piste de traitement.<\/p>\n<h2>IV. Pr\u00e9cautions<\/h2>\n<p>Les pommes de terre se conservent \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re. Les tubercules verdis sont \u00e0 \u00e9carter. Comme la peau est, d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9tude de 2014, bien plus charg\u00e9e que la chair, l&rsquo;\u00e9pluchage enl\u00e8ve la partie la plus riche. La revue de 2022 rappelle que la temp\u00e9rature, la lumi\u00e8re et les conditions de stockage influencent \u00e0 la fois le verdissement et la teneur en glycoalcalo\u00efdes, et une revue de 1999 cite aussi les chocs et blessures des tubercules parmi les facteurs qui la modifient apr\u00e8s la r\u00e9colte. Les feuilles et les fruits verts de la tomate sont plus riches en tomatine que le fruit m\u00fbr.<\/p>\n<p>Les baies de douce-am\u00e8re et de morelle noire ne doivent pas \u00eatre mang\u00e9es. En cas de troubles apr\u00e8s leur ingestion, il faut consulter rapidement.<\/p>\n<h2>Les plantes du site qui en contiennent<\/h2>\n<p style=\"font-size:.92em;font-style:italic\">Cette liste reprend les fiches du site qui citent ce compos\u00e9 dans la composition de la plante. Si le texte ci-dessus contredit l\u2019une d\u2019elles, c\u2019est lui qui fait foi : la fiche sera revue.<\/p>\n<p>Les 7 fiches qui citent les glycoalcalo\u00efdes sont rang\u00e9es ci-dessous par famille. Chaque nom m\u00e8ne \u00e0 la fiche de la plante.<\/p>\n<p style=\"margin:.35em 0\"><strong>Solanac\u00e9es<\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/aubergine\/\">Aubergine<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/coqueret-alkekenge\/\">Coqueret alk\u00e9kenge<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/douce-amere\/\">Douce-am\u00e8re<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/morelle-jaune\/\">Morelle jaune<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/morelle-noire\/\">Morelle noire<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/pomme-de-terre\/\">Pomme de terre<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/tomate\/\">Tomate<\/a>.<\/p>\n<h2>Sources<\/h2>\n<ul>\n<li>Wikidata, entr\u00e9es Q110066042 \u00ab alpha-Solanine \u00bb (C<sub>45<\/sub>H<sub>73<\/sub>NO<sub>15<\/sub>, identifiant PubChem 6537493), Q2947331 \u00ab \u03b1-chaconine \u00bb (C<sub>45<\/sub>H<sub>73<\/sub>NO<sub>14<\/sub>, PubChem 442971), Q288051 \u00ab tomatine \u00bb (C<sub>50<\/sub>H<sub>83<\/sub>NO<sub>21<\/sub>, PubChem 28523) et Q3489153 \u00ab solanidine \u00bb (C<sub>27<\/sub>H<sub>43<\/sub>NO) : formules brutes.<\/li>\n<li>Zhao D.K., Zhao Y., Chen S.Y., Kennelly E.J., \u00ab Solanum steroidal glycoalkaloids: structural diversity, biological activities, and biosynthesis \u00bb, <em>Natural Product Reports<\/em>, 2021, 38(8), 1423-1444. PMID 35226001.<\/li>\n<li>Liu Y., Liu X., Li Y., Pei Y., Jaleel A. et coll., \u00ab Potato steroidal glycoalkaloids: properties, biosynthesis, regulation and genetic manipulation \u00bb, <em>Molecular Horticulture<\/em>, 2024, 4(1), 43. PMID 39668379.<\/li>\n<li>Liu Y., Hu H., Yang R., Zhu Z., Cheng K., \u00ab Current Advances in the Biosynthesis, Metabolism, and Transcriptional Regulation of \u03b1-Tomatine in Tomato \u00bb, <em>Plants<\/em>, 2023, 12(18), 3289. PMID 37765452.<\/li>\n<li>A\u0107imovi\u0107 M., \u00ab Toxic Risks of Nightshade Species: A comprehensive review of the documented toxicity of Atropa belladonna, Solanum dulcamara, and Solanum nigrum \u00bb, <em>Planta Medica<\/em>, 2026, 92(10), 918-931. PMID 41819152.<\/li>\n<li>Valcarcel J., Reilly K., Gaffney M., O&rsquo;Brien N., \u00ab Effect of genotype and environment on the glycoalkaloid content of rare, heritage, and commercial potato varieties \u00bb, <em>Journal of Food Science<\/em>, 2014, 79(5), T1039-T1048. PMID 24697731.<\/li>\n<li>Dhalsamant K., Singh C.B., Lankapalli R., \u00ab A Review on Greening and Glycoalkaloids in Potato Tubers: Potential Solutions \u00bb, <em>Journal of Agricultural and Food Chemistry<\/em>, 2022, 70(43), 13819-13831. PMID 36260761.<\/li>\n<li>Mensinga T.T., Sips A.J., Rompelberg C.J., van Twillert K., Meulenbelt J. et coll., \u00ab Potato glycoalkaloids and adverse effects in humans: an ascending dose study \u00bb, <em>Regulatory Toxicology and Pharmacology<\/em>, 2005, 41(1), 66-72. PMID 15649828.<\/li>\n<li>McMillan M., Thompson J.C., \u00ab An outbreak of suspected solanine poisoning in schoolboys: Examinations of criteria of solanine poisoning \u00bb, <em>Quarterly Journal of Medicine<\/em>, 1979, 48(190), 227-243. PMID 504549.<\/li>\n<li>Sucha L., Tomsik P., \u00ab The Steroidal Glycoalkaloids from Solanaceae: Toxic Effect, Antitumour Activity and Mechanism of Action \u00bb, <em>Planta Medica<\/em>, 2016, 82(5), 379-387. PMID 26845708.<\/li>\n<li>Friedman M., McDonald G.M., \u00ab Postharvest changes in glycoalkaloid content of potatoes \u00bb, <em>Advances in Experimental Medicine and Biology<\/em>, 1999, 459, 121-143. PMID 10335373.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les glycoalcalo\u00efdes, ou glycoalcalo\u00efdes st\u00e9ro\u00efdiens, sont des substances toxiques caract\u00e9ristiques du genre Solanum, celui de la pomme de terre, de la tomate, de l&rsquo;aubergine et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":6541,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-14636","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/14636","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14636"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/14636\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6541"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14636"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}