{"id":6574,"date":"2026-04-02T18:26:59","date_gmt":"2026-04-02T16:26:59","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/berberine\/"},"modified":"2026-09-23T20:12:53","modified_gmt":"2026-09-23T18:12:53","slug":"berberine","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/berberine\/","title":{"rendered":"Berb\u00e9rine"},"content":{"rendered":"<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"float:right;margin:4px 0 14px 24px;max-width:340px;background:#fff;border:1px solid #c9b99a;border-radius:6px;padding:8px\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/phytochimie\/berberine-formule-20260923-2012.png\" alt=\"Formule d\u00e9velopp\u00e9e : Berb\u00e9rine\" class=\"planche-zoom\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.8em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Berb\u00e9rine \u2014 C<sub>20<\/sub>H<sub>18<\/sub>NO<sub>4<\/sub>+, 336,37 g\/mol<\/figcaption><\/figure>\n<p>La <strong>berb\u00e9rine<\/strong> est un <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a> du groupe des isoquinol\u00e9iques, plus pr\u00e9cis\u00e9ment des protoberb\u00e9rines. On l&rsquo;extrait notamment des plantes du genre <em>Berberis<\/em>, celui de l&rsquo;\u00e9pine-vinette, d&rsquo;une plante de la m\u00e9decine chinoise, <em>Coptis chinensis<\/em>, et de l&rsquo;hydraste du Canada. Elle a fait l&rsquo;objet de nombreux essais cliniques, surtout contre le diab\u00e8te. Sur ce site, elle est cit\u00e9e dans <strong>11 fiches de plantes<\/strong>, en particulier des Berb\u00e9ridac\u00e9es, des Papav\u00e9rac\u00e9es et des Renonculac\u00e9es.<\/p>\n<h2>I. Sa formule<\/h2>\n<p>Sa formule brute est <strong>C<sub>20<\/sub>H<sub>18<\/sub>NO<sub>4<\/sub>+<\/strong>, pour une masse molaire de <strong>336,37 g\/mol<\/strong>. Le signe \u00ab + \u00bb n&rsquo;est pas une coquille : l&rsquo;atome d&rsquo;azote de la berb\u00e9rine est engag\u00e9 dans quatre liaisons, dont une double, et il porte de ce fait une charge \u00e9lectrique positive permanente. Les chimistes parlent d&rsquo;un ion ammonium quaternaire. La mol\u00e9cule est form\u00e9e de cinq cycles accol\u00e9s. \u00c0 une extr\u00e9mit\u00e9, un petit pont de deux atomes d&rsquo;oxyg\u00e8ne reli\u00e9s par un carbone, le groupe m\u00e9thyl\u00e8nedioxy, coiffe un noyau benz\u00e9nique ; \u00e0 l&rsquo;autre extr\u00e9mit\u00e9, un second noyau porte deux groupes m\u00e9thoxy (\u2013OCH<sub>3<\/sub>). Elle ne poss\u00e8de aucun carbone asym\u00e9trique.<\/p>\n<p>La formule dessin\u00e9e sur cette page a \u00e9t\u00e9 trac\u00e9e par ordinateur \u00e0 partir de la description officielle de la mol\u00e9cule, et non dessin\u00e9e \u00e0 la main : chaque liaison y est exacte.<\/p>\n<h2>II. Ce qu&rsquo;elle fait dans la plante<\/h2>\n<p>Pour la plante, la berb\u00e9rine semble servir d&rsquo;arme chimique. Une \u00e9tude de 1997 a analys\u00e9 ses effets sur les cibles biologiques des animaux et des microbes : elle est toxique pour les insectes et pour les vert\u00e9br\u00e9s, et elle freine la multiplication des bact\u00e9ries, des champignons et des virus. Elle s&rsquo;ins\u00e8re entre les deux brins de l&rsquo;ADN, freine la fabrication de l&rsquo;ADN et celle des prot\u00e9ines, et se fixe sur plusieurs r\u00e9cepteurs du syst\u00e8me nerveux. Les auteurs y voient les m\u00e9canismes de la d\u00e9fense chimique des plantes qui la produisent, contre les microbes comme contre les animaux qui les mangent.<\/p>\n<p>Les usages humains de ces plantes sont anciens. Les peuples autochtones d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord employaient l&rsquo;hydraste du Canada \u00e0 la fois comme teinture et comme rem\u00e8de, pour les plaies, les troubles digestifs, les ulc\u00e8res, les maladies de la peau et des yeux. En Chine, <em>Coptis chinensis<\/em>, appel\u00e9 huanglian, fait partie des plantes de la m\u00e9decine traditionnelle riches en berb\u00e9rine.<\/p>\n<h2>III. Ce que l&rsquo;on sait chez l&rsquo;\u00eatre humain<\/h2>\n<p>Un fait \u00e9claire tout ce que l&rsquo;on sait de la berb\u00e9rine chez l&rsquo;\u00eatre humain : prise par la bouche, elle est tr\u00e8s largement transform\u00e9e par l&rsquo;organisme, si bien que sa concentration dans le sang reste extr\u00eamement faible. Une revue de 2017 estime que ses produits de transformation, qui ont des activit\u00e9s voisines, contribuent pour beaucoup \u00e0 ses effets.<\/p>\n<p>Le diab\u00e8te de type 2 a fait l&rsquo;objet de nombreux essais. Une m\u00e9ta-analyse de 2022, portant sur trente-sept essais et 3 048 patients, trouve une baisse moyenne de la glyc\u00e9mie \u00e0 jeun de 0,82 mmol\/l et de l&rsquo;h\u00e9moglobine glyqu\u00e9e, le reflet de la glyc\u00e9mie des trois derniers mois, de 0,63 point, sans augmentation du risque d&rsquo;hypoglyc\u00e9mie. Une \u00ab revue de revues \u00bb de 2023, qui a rassembl\u00e9 onze m\u00e9ta-analyses, retrouve aussi des effets sur les graisses du sang, le poids et l&rsquo;inflammation, tout en jugeant que la qualit\u00e9 des m\u00e9ta-analyses publi\u00e9es doit \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e. Un essai chinois en double aveugle, conduit dans sept h\u00f4pitaux et publi\u00e9 en 2020, a suivi pr\u00e8s de 900 personnes apr\u00e8s l&rsquo;ablation d&rsquo;ad\u00e9nomes, un type de polype du c\u00f4lon : sous berb\u00e9rine, \u00e0 0,3 g deux fois par jour, 36 % d&rsquo;entre elles ont vu r\u00e9appara\u00eetre un ad\u00e9nome, contre 47 % sous placebo.<\/p>\n<h2>IV. Pr\u00e9cautions<\/h2>\n<p>Dans les essais, les effets ind\u00e9sirables les plus fr\u00e9quents sont digestifs, constipation et diarrh\u00e9e. La principale pr\u00e9caution concerne les autres m\u00e9dicaments. Chez des volontaires sains, deux semaines de berb\u00e9rine \u00e0 300 mg trois fois par jour ont frein\u00e9 trois des enzymes du foie qui \u00e9liminent les m\u00e9dicaments, appel\u00e9es CYP2D6, CYP2C9 et CYP3A4 : le taux sanguin d&rsquo;un s\u00e9datif t\u00e9moin, le midazolam, a augment\u00e9 d&rsquo;environ 40 %. Une personne sous traitement qui envisage de prendre de la berb\u00e9rine ou une plante qui en contient doit donc en parler \u00e0 son m\u00e9decin.<\/p>\n<p>Deux autres situations appellent une prudence particuli\u00e8re. La berb\u00e9rine chasse la bilirubine, le pigment de la jaunisse, des prot\u00e9ines du sang qui la transportent : en \u00e9prouvette, elle s&rsquo;est montr\u00e9e dix fois plus efficace \u00e0 cet \u00e9gard qu&rsquo;un m\u00e9dicament connu pour cet effet. L&rsquo;auteur de ce travail, qui rappelle que le huanglian passe pour exposer les nouveau-n\u00e9s chinois atteints de jaunisse \u00e0 une complication grave du cerveau, l&rsquo;ict\u00e8re nucl\u00e9aire, conseille d&rsquo;\u00e9viter les plantes riches en berb\u00e9rine chez les nouveau-n\u00e9s atteints de jaunisse et chez la femme enceinte. Enfin, une revue de 2020 sur l&rsquo;hydraste signale que quelques \u00e9tudes sugg\u00e8rent des effets toxiques de ses extraits et de ses alcalo\u00efdes sur les nerfs, le foie ou la peau expos\u00e9e au soleil, et r\u00e9clame des essais cliniques de grande taille.<\/p>\n<h2>Les plantes du site qui en contiennent<\/h2>\n<p style=\"font-size:.92em;font-style:italic\">Cette liste reprend les fiches du site qui citent ce compos\u00e9 dans la composition de la plante. Si le texte ci-dessus contredit l\u2019une d\u2019elles, c\u2019est lui qui fait foi : la fiche sera revue.<\/p>\n<p>Les 11 fiches qui citent la Berb\u00e9rine sont rang\u00e9es ci-dessous par famille. Chaque nom m\u00e8ne \u00e0 la fiche de la plante.<\/p>\n<p style=\"margin:.35em 0\"><strong>Aristolochiac\u00e9es<\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/aristoloche-a-feuilles-rondes\/\">Aristoloche \u00e0 feuilles rondes<\/a>.<\/p>\n<p style=\"margin:.35em 0\"><strong>Berb\u00e9ridac\u00e9es<\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/epine-vinette\/\">\u00c9pine-vinette<\/a>.<\/p>\n<p style=\"margin:.35em 0\"><strong>Papav\u00e9rac\u00e9es<\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/chelidoine\/\">Ch\u00e9lidoine<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/corydale-intermediaire\/\">Corydale interm\u00e9diaire<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/fumeterre-a-petites-fleurs\/\">Fumeterre \u00e0 petites fleurs<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/fumeterre-grimpante\/\">Fumeterre grimpante<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/fumeterre-vaillantii\/\">Fumeterre vaillantii<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/pavot-argemone\/\">Pavot arg\u00e9mone<\/a>.<\/p>\n<p style=\"margin:.35em 0\"><strong>Renonculac\u00e9es<\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ancolie-vulgaire\/\">Ancolie vulgaire<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/caltha-des-marais\/\">Caltha des marais<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/03\/hydraste-du-canada\/\">Hydraste du canada<\/a>.<\/p>\n<h2>Sources<\/h2>\n<ul>\n<li>Wikidata, entr\u00e9e Q176525 \u00ab berberine \u00bb (ion ammonium quaternaire, C<sub>20<\/sub>H<sub>18<\/sub>NO<sub>4<\/sub>+, identifiant PubChem 2353, num\u00e9ro CAS 2086-83-1) ; formule d\u00e9velopp\u00e9e et masse molaire calcul\u00e9es avec RDKit \u00e0 partir de la structure publi\u00e9e.<\/li>\n<li>Song D., Hao J., Fan D., \u00ab Biological properties and clinical applications of berberine \u00bb, <em>Frontiers of Medicine<\/em>, 2020, 14(5), 564-582. PMID 32335802.<\/li>\n<li>Schmeller T., Latz-Br\u00fcning B., Wink M., \u00ab Biochemical activities of berberine, palmatine and sanguinarine mediating chemical defence against microorganisms and herbivores \u00bb, <em>Phytochemistry<\/em>, 1997, 44(2), 257-266. PMID 9004542.<\/li>\n<li>Mandal S.K., Maji A.K., Mishra S.K., Ishfaq P.M., Devkota H.P. et coll., \u00ab Goldenseal (Hydrastis canadensis L.) and its active constituents: A critical review of their efficacy and toxicological issues \u00bb, <em>Pharmacological Research<\/em>, 2020, 160, 105085. PMID 32683037.<\/li>\n<li>Wang K., Feng X., Chai L., Cao S., Qiu F., \u00ab The metabolism of berberine and its contribution to the pharmacological effects \u00bb, <em>Drug Metabolism Reviews<\/em>, 2017, 49(2), 139-157. PMID 28290706.<\/li>\n<li>Xie W., Su F., Wang G., Peng Z., Xu Y. et coll., \u00ab Glucose-lowering effect of berberine on type 2 diabetes: A systematic review and meta-analysis \u00bb, <em>Frontiers in Pharmacology<\/em>, 2022, 13, 1015045. PMID 36467075.<\/li>\n<li>Li Z., Wang Y., Xu Q., Ma J., Li X. et coll., \u00ab Berberine and health outcomes: An umbrella review \u00bb, <em>Phytotherapy Research<\/em>, 2023, 37(5), 2051-2066. PMID 36999891.<\/li>\n<li>Chen Y.X., Gao Q.Y., Zou T.H., Wang B.M., Liu S.D. et coll., \u00ab Berberine versus placebo for the prevention of recurrence of colorectal adenoma: a multicentre, double-blinded, randomised controlled study \u00bb, <em>The Lancet Gastroenterology &amp; Hepatology<\/em>, 2020, 5(3), 267-275. PMID 31926918.<\/li>\n<li>Guo Y., Chen Y., Tan Z.R., Klaassen C.D., Zhou H.H., \u00ab Repeated administration of berberine inhibits cytochromes P450 in humans \u00bb, <em>European Journal of Clinical Pharmacology<\/em>, 2012, 68(2), 213-217. PMID 21870106.<\/li>\n<li>Chan E., \u00ab Displacement of bilirubin from albumin by berberine \u00bb, <em>Biology of the Neonate<\/em>, 1993, 63(4), 201-208. PMID 8513024.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Berb\u00e9rine \u2014 C20H18NO4+, 336,37 g\/mol La berb\u00e9rine est un alcalo\u00efde du groupe des isoquinol\u00e9iques, plus pr\u00e9cis\u00e9ment des protoberb\u00e9rines. 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