{"id":10214,"date":"2026-05-01T22:12:08","date_gmt":"2026-05-01T20:12:08","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/01\/les-haies-vives-medicinales-soigner-le-jardinier-en-cloturant-le-jardin\/"},"modified":"2026-05-01T22:29:46","modified_gmt":"2026-05-01T20:29:46","slug":"les-haies-vives-medicinales-soigner-le-jardinier-en-cloturant-le-jardin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/01\/les-haies-vives-medicinales-soigner-le-jardinier-en-cloturant-le-jardin\/","title":{"rendered":"Les haies vives m\u00e9dicinales \u2014 soigner le jardinier en cl\u00f4turant le jardin"},"content":{"rendered":"<p>La haie est l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus ancien du paysage agricole europ\u00e9en. Bien avant les cl\u00f4tures de fil barbel\u00e9, bien avant les murs de pierre s\u00e8che, les paysans plantaient des rang\u00e9es d&rsquo;arbustes \u00e9pineux pour contenir le b\u00e9tail, d\u00e9limiter les parcelles et couper le vent. Ces haies vives \u2014 \u00ab vives \u00bb parce que vivantes, par opposition aux cl\u00f4tures mortes \u2014 \u00e9taient des <strong>pharmacies de plein champ<\/strong>. L&rsquo;aub\u00e9pine calmait le c\u0153ur, le sureau gu\u00e9rissait la grippe, l&rsquo;\u00e9glantier fournissait la vitamine C de l&rsquo;hiver, le prunellier donnait une eau-de-vie qui r\u00e9chauffait les os. Le paysan qui taillait sa haie r\u00e9coltait en m\u00eame temps ses rem\u00e8des.<\/p>\n<p>Puis les haies ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9es. En France, entre 1960 et 2010, <strong>70 % des haies bocag\u00e8res<\/strong> ont disparu \u2014 1,4 million de kilom\u00e8tres de haies d\u00e9truites pour agrandir les parcelles et laisser passer les machines (donn\u00e9es INRAE, 2022). Avec elles ont disparu les corridors \u00e9cologiques, les brise-vent, les habitats de la faune auxiliaire, les filtres \u00e0 nitrates des cours d&rsquo;eau \u2014 et la pharmacop\u00e9e gratuite du jardinier.<\/p>\n<p>Le jardin-for\u00eat restaure les haies, mais avec une intention plus riche que la simple cl\u00f4ture. La <strong>haie vive m\u00e9dicinale<\/strong> est une haie con\u00e7ue pour remplir simultan\u00e9ment trois fonctions : <strong>\u00e9cologique<\/strong> (brise-vent, corridor biologique, habitat pour la faune), <strong>m\u00e9dicinale<\/strong> (r\u00e9colte de plantes \u00e0 usage th\u00e9rapeutique), et <strong>alimentaire<\/strong> (fruits, baies, fleurs comestibles). Chaque m\u00e8tre lin\u00e9aire de haie devient un espace productif \u2014 et chaque arbuste justifie sa place par ce qu&rsquo;il offre au jardinier, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me et \u00e0 la sant\u00e9.<\/p>\n<h3>\u2767 Principes de conception d&rsquo;une haie m\u00e9dicinale<\/h3>\n<p>Une haie vive m\u00e9dicinale n&rsquo;est pas une rang\u00e9e d&rsquo;arbustes identiques. C&rsquo;est un <strong>assemblage diversifi\u00e9<\/strong> d&rsquo;esp\u00e8ces \u00e0 floraisons, fructifications et fonctions \u00e9cologiques compl\u00e9mentaires. Voici les principes directeurs.<\/p>\n<figure class=\"haies-figure\" style=\"text-align:center;margin:2.5em auto 2em\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/haies-coupe-structure.jpg\" alt=\"Sch\u00e9ma en coupe : haie vive m\u00e9dicinale en trois strates avec effet brise-vent, nids d&#039;oiseaux et calendrier de floraison\" style=\"width:100%;max-width:700px;border-radius:6px;cursor:pointer\" \/><figcaption style=\"margin-top:0.8em;font-size:0.95em;color:#5c564e;line-height:1.6\"><strong>La haie en coupe<\/strong> \u2014 Trois strates (haute, interm\u00e9diaire, basse), effet brise-vent sur 10 \u00e0 15 fois la hauteur, habitat pour les passereaux nicheurs, floraison \u00e9tal\u00e9e de f\u00e9vrier \u00e0 octobre.<\/figcaption><\/figure>\n<figure class=\"haies-figure\" style=\"text-align:center;margin:2.5em auto 2em\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/haies-sept-especes.jpg\" alt=\"Planche botanique : aub\u00e9pine, sureau noir, prunellier, \u00e9glantier, cornouiller m\u00e2le, viorne obier et tro\u00e8ne \u2014 propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales\" style=\"width:100%;max-width:700px;border-radius:6px;cursor:pointer\" \/><figcaption style=\"margin-top:0.8em;font-size:0.95em;color:#5c564e;line-height:1.6\"><strong>Les sept esp\u00e8ces de la haie m\u00e9dicinale<\/strong> \u2014 Aub\u00e9pine (cardiotonique), sureau (antiviral), prunellier (d\u00e9puratif), \u00e9glantier (vitamine C), cornouiller m\u00e2le (1re floraison), viorne obier (antispasmodique), tro\u00e8ne (antiseptique buccal).<\/figcaption><\/figure>\n<h4>Diversit\u00e9 sp\u00e9cifique<\/h4>\n<p>Une haie performante associe au minimum <strong>5 \u00e0 7 esp\u00e8ces diff\u00e9rentes<\/strong>, plant\u00e9es en alternance irr\u00e9guli\u00e8re. La diversit\u00e9 garantit la r\u00e9silience (si une esp\u00e8ce est attaqu\u00e9e par une maladie, les autres assurent la continuit\u00e9), \u00e9tale les floraisons (de f\u00e9vrier \u00e0 octobre \u2014 crucial pour les pollinisateurs) et diversifie les productions (fleurs, fruits, \u00e9corces, feuilles m\u00e9dicinales \u00e0 des saisons diff\u00e9rentes).<\/p>\n<h4>Structure en trois strates<\/h4>\n<p>La haie id\u00e9ale comprend trois niveaux de hauteur : une <strong>strate haute<\/strong> (4 \u00e0 8 m \u2014 sureau, cornouiller m\u00e2le, viorne obier en c\u00e9p\u00e9e), une <strong>strate interm\u00e9diaire<\/strong> (2 \u00e0 4 m \u2014 aub\u00e9pine, prunellier, tro\u00e8ne, \u00e9glantier) et une <strong>strate basse<\/strong> (0,5 \u00e0 1,5 m \u2014 rosier rugueux, groseillier, ronce, lavande). Cette structure cr\u00e9e un <strong>effet brise-vent optimal<\/strong> : une haie poreuse (qui filtre le vent au lieu de le bloquer) r\u00e9duit la vitesse du vent sur une distance de <strong>10 \u00e0 15 fois la hauteur de la haie<\/strong> c\u00f4t\u00e9 sous le vent. Une haie de 4 m prot\u00e8ge donc une bande de 40 \u00e0 60 m \u2014 suffisant pour abriter tout un jardin-for\u00eat.<\/p>\n<h4>\u00c9pines et d\u00e9fense<\/h4>\n<p>Les esp\u00e8ces \u00e9pineuses (aub\u00e9pine, prunellier, \u00e9glantier, rosier rugueux) constituent une <strong>barri\u00e8re imp\u00e9n\u00e9trable<\/strong> pour les animaux (chevreuils, sangliers, chiens errants) et les intrus. Une haie d&rsquo;aub\u00e9pine et de prunellier de 3 ans est plus efficace qu&rsquo;une cl\u00f4ture grillag\u00e9e \u2014 et elle est gratuite, autosuffisante et \u00e9ternelle. Les \u00e9pines sont aussi le refuge pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des <strong>passereaux nicheurs<\/strong> (rouges-gorges, troglodytes, fauvettes \u00e0 t\u00eate noire), qui y trouvent une protection contre les pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<h4>Orientation et exposition<\/h4>\n<p>Planter la haie c\u00f4t\u00e9 nord et ouest du jardin-for\u00eat \u2014 c&rsquo;est de l\u00e0 que viennent les vents dominants et les pluies froides en Europe occidentale. C\u00f4t\u00e9 sud et est, une haie basse ou un espace ouvert laisse entrer la lumi\u00e8re et la chaleur. La haie cr\u00e9e un <strong>microclimat<\/strong> c\u00f4t\u00e9 sous le vent : temp\u00e9rature plus \u00e9lev\u00e9e de 1 \u00e0 3 \u00b0C au printemps, \u00e9vaporation r\u00e9duite de 20 \u00e0 30 %, moins de d\u00e9g\u00e2ts de gel tardif sur les fleurs de fruitiers.<\/p>\n<h3>\u2767 L&rsquo;aub\u00e9pine \u2014 le c\u0153ur de la haie<\/h3>\n<h4>Botanique<\/h4>\n<p>L&rsquo;aub\u00e9pine monogyne (<em>Crataegus monogyna<\/em> Jacq.) est l&rsquo;arbuste de haie par excellence en Europe. Pr\u00e9sente dans les haies bocag\u00e8res depuis le N\u00e9olithique, elle est si \u00e9troitement associ\u00e9e aux paysages ruraux que son nom anglais, <em>hawthorn<\/em>, signifie litt\u00e9ralement \u00ab \u00e9pine de haie \u00bb. C&rsquo;est un arbuste ou petit arbre de 4 \u00e0 8 m, \u00e0 rameaux courts transform\u00e9s en <strong>\u00e9pines ac\u00e9r\u00e9es<\/strong> de 1 \u00e0 2 cm, \u00e0 feuilles lob\u00e9es alternes, \u00e0 floraison blanche spectaculaire en mai (d&rsquo;o\u00f9 le nom populaire \u00ab \u00e9pine de mai \u00bb) et \u00e0 fruits rouges globuleux (<strong>cenelles<\/strong>) m\u00fbrissant en septembre-octobre.<\/p>\n<p>L&rsquo;aub\u00e9pine est d&rsquo;une long\u00e9vit\u00e9 exceptionnelle : des sp\u00e9cimens de 400 \u00e0 700 ans sont document\u00e9s en Angleterre et en France. Elle supporte la taille r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, repousse vigoureusement sur le vieux bois, et forme des haies denses et imp\u00e9n\u00e9trables en 3 \u00e0 5 ans.<\/p>\n<h4>R\u00f4le \u00e9cologique<\/h4>\n<p>La floraison de l&rsquo;aub\u00e9pine en mai co\u00efncide avec l&rsquo;\u00e9mergence de la plupart des pollinisateurs \u2014 abeilles domestiques et sauvages, bourdons, syrphes, papillons. Une haie d&rsquo;aub\u00e9pine en fleur est un <strong>festin de nectar<\/strong> qui nourrit des milliers d&rsquo;insectes pendant 2 \u00e0 3 semaines. Les cenelles, riches en vitamine C et en antioxydants, nourrissent les <strong>grives<\/strong> (musiciennes, draines, mauvis), les <strong>merles<\/strong>, les <strong>fauvettes \u00e0 t\u00eate noire<\/strong> et les <strong>\u00e9tourneaux<\/strong> de septembre \u00e0 d\u00e9cembre \u2014 une source alimentaire cruciale pour la migration et l&rsquo;hivernage des oiseaux.<\/p>\n<p>Le bois dense et \u00e9pineux de l&rsquo;aub\u00e9pine est l&rsquo;habitat de nidification pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des passereaux : les rouges-gorges, les troglodytes mignons, les accenteurs mouchets, les fauvettes et les pinsons construisent leur nid dans les fourches prot\u00e9g\u00e9es par les \u00e9pines. Une haie d&rsquo;aub\u00e9pine de 50 m de long peut abriter <strong>10 \u00e0 15 couples nicheurs<\/strong> de 4 \u00e0 6 esp\u00e8ces diff\u00e9rentes.<\/p>\n<h4>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales<\/h4>\n<p>L&rsquo;aub\u00e9pine est l&rsquo;un des <strong>cardiotoniques v\u00e9g\u00e9taux<\/strong> les mieux document\u00e9s de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Ses fleurs, ses feuilles et ses fruits contiennent un complexe de compos\u00e9s actifs \u2014 <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (vitexine, hyp\u00e9roside, querc\u00e9tine), <strong>procyanidines oligom\u00e8res<\/strong> (OPC) et <strong>acides triterp\u00e9niques<\/strong> (acide ursolique, acide ol\u00e9anolique) \u2014 qui agissent en synergie sur le syst\u00e8me cardiovasculaire.<\/p>\n<p><strong>Action cardiotonique.<\/strong> L&rsquo;aub\u00e9pine augmente la force de contraction du myocarde (effet inotrope positif) tout en r\u00e9duisant la fr\u00e9quence cardiaque. C&rsquo;est un \u00ab tonique cardiaque doux \u00bb qui am\u00e9liore le rendement du c\u0153ur sans l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer \u2014 l&rsquo;exact oppos\u00e9 de la caf\u00e9ine.<\/p>\n<p><strong>Action vasodilatatrice.<\/strong> Les flavono\u00efdes de l&rsquo;aub\u00e9pine dilatent les art\u00e8res coronaires, am\u00e9liorant la perfusion du muscle cardiaque. Effet document\u00e9 par des essais cliniques chez des patients souffrant d&rsquo;insuffisance cardiaque l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e (NYHA classes I-II) \u2014 m\u00e9ta-analyse de Pittler et al., 2003, <em>American Journal of Medicine<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Action anxiolytique.<\/strong> L&rsquo;aub\u00e9pine r\u00e9duit l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et les palpitations d&rsquo;origine nerveuse. C&rsquo;est la plante de l&rsquo;<strong>\u00e9r\u00e9thisme cardiaque<\/strong> \u2014 le c\u0153ur qui s&#8217;emballe sous l&rsquo;effet du stress, sans pathologie organique. Efficacit\u00e9 valid\u00e9e par la Commission E allemande et l&rsquo;ESCOP (European Scientific Cooperative on Phytotherapy).<\/p>\n<p><strong>Action hypotensive douce.<\/strong> R\u00e9duction modeste mais significative de la pression art\u00e9rielle systolique (5 \u00e0 10 mmHg) lors d&rsquo;une prise r\u00e9guli\u00e8re sur 8 \u00e0 16 semaines.<\/p>\n<h4>R\u00e9colte et transformation<\/h4>\n<p><strong>Sommit\u00e9s fleuries<\/strong> (fleurs + jeunes feuilles) : r\u00e9colter en mai, quand les fleurs sont ouvertes mais pas encore fan\u00e9es. S\u00e9cher \u00e0 l&rsquo;ombre, dans un endroit ventil\u00e9, \u00e0 temp\u00e9rature inf\u00e9rieure \u00e0 35 \u00b0C. Les sommit\u00e9s s\u00e9ch\u00e9es se conservent 1 an dans un bocal herm\u00e9tique \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Tisane :<\/strong> 1 cuill\u00e8re \u00e0 soupe de sommit\u00e9s fleuries s\u00e9ch\u00e9es dans une tasse d&rsquo;eau. D\u00e9part \u00e0 froid, monter lentement \u00e0 fr\u00e9missement, couper le feu, couvrir et laisser infuser 10 minutes. 2 \u00e0 3 tasses par jour, en cure de 3 semaines minimum \u2014 l&rsquo;effet de l&rsquo;aub\u00e9pine est progressif et cumulatif.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> remplir un bocal de sommit\u00e9s fleuries fra\u00eeches, couvrir d&rsquo;alcool \u00e0 45\u00b0 (vodka ou eau-de-vie), mac\u00e9rer 6 semaines \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re en agitant chaque jour. Filtrer. Posologie : 30 \u00e0 50 gouttes 2 \u00e0 3 fois par jour dans un peu d&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>Cenelles s\u00e9ch\u00e9es :<\/strong> r\u00e9colter les fruits en octobre, quand ils sont bien rouges. S\u00e9cher au d\u00e9shydrateur (40 \u00b0C) ou au soleil. Les cenelles s\u00e9ch\u00e9es se consomment en d\u00e9coction (10 minutes \u00e0 feu doux) ou se broient en poudre pour enrichir les compotes et les confitures.<\/p>\n<h3>\u2767 Le sureau noir \u2014 la pharmacie \u00e0 lui seul<\/h3>\n<h4>Botanique<\/h4>\n<p>Le sureau noir (<em>Sambucus nigra<\/em> L.) est un grand arbuste ou petit arbre de 4 \u00e0 8 m, \u00e0 croissance rapide, \u00e0 moelle blanche caract\u00e9ristique, \u00e0 feuilles compos\u00e9es penn\u00e9es (5-7 folioles), \u00e0 grandes <strong>corymbes de fleurs blanches<\/strong> odorantes en juin et \u00e0 <strong>grappes de baies noires<\/strong> brillantes en septembre. Il pousse partout \u2014 lisi\u00e8res, foss\u00e9s, d\u00e9combres, pieds de murs, noyers \u2014 avec une vigueur qui confine \u00e0 l&rsquo;envahissement. Sa pr\u00e9sence spontan\u00e9e est un indicateur de sol riche en azote et en mati\u00e8re organique.<\/p>\n<h4>R\u00f4le \u00e9cologique<\/h4>\n<p>Le sureau est un <strong>arbre nourricier<\/strong> de premier ordre pour la faune. Ses fleurs nourrissent les pollinisateurs en juin (p\u00e9riode de relative disette florale entre les fruitiers du printemps et les vivaces de l&rsquo;\u00e9t\u00e9). Ses baies, riches en anthocyanes et en sucres, sont consomm\u00e9es par <strong>plus de 60 esp\u00e8ces d&rsquo;oiseaux<\/strong> en Europe (grives, merles, fauvettes, rouges-gorges, \u00e9tourneaux, pigeons ramiers). Le sureau est aussi l&rsquo;h\u00f4te du <strong>puceron noir du sureau<\/strong> (<em>Aphis sambuci<\/em>), qui attire les coccinelles et les syrphes dont les larves se nourrissent \u2014 un \u00ab pi\u00e8ge \u00e0 pucerons \u00bb naturel qui d\u00e9tourne les ravageurs des fruitiers voisins.<\/p>\n<p>Dans la haie, le sureau joue le r\u00f4le de <strong>strate haute<\/strong> ou de remplissage rapide. Il pousse de 1 \u00e0 2 m par an les premi\u00e8res ann\u00e9es et comble les trous dans une haie jeune en attendant que les esp\u00e8ces plus lentes (aub\u00e9pine, prunellier) atteignent leur taille adulte. Il se taille en c\u00e9p\u00e9e et repousse vigoureusement.<\/p>\n<h4>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales<\/h4>\n<p>Le sureau noir est utilis\u00e9 en m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Hippocrate le mentionnait d\u00e9j\u00e0. Ses deux organes m\u00e9dicinaux \u2014 fleurs et baies \u2014 ont des propri\u00e9t\u00e9s distinctes et compl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p><strong>Les fleurs<\/strong> contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (rutine, isoquercitrine), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide chlorog\u00e9nique) et des <strong>mucilages<\/strong>. Elles sont <strong>sudorifiques<\/strong> (provoquent la transpiration \u2014 utile pour \u00ab casser \u00bb une fi\u00e8vre au d\u00e9but d&rsquo;un \u00e9tat grippal), <strong>anti-inflammatoires<\/strong> des voies respiratoires sup\u00e9rieures, et <strong>diur\u00e9tiques<\/strong> douces.<\/p>\n<p><strong>Les baies<\/strong> sont riches en <strong>anthocyanes<\/strong> (cyanidine-3-glucoside, cyanidine-3-sambubioside), en <strong>vitamine C<\/strong> (30-40 mg\/100g de baies fra\u00eeches) et en <strong>querc\u00e9tine<\/strong>. L&rsquo;extrait de baies de sureau a d\u00e9montr\u00e9 une activit\u00e9 <strong>antivirale<\/strong> significative contre les virus de la grippe A et B (<em>Influenza<\/em>) dans des \u00e9tudes in vitro et dans un essai clinique randomis\u00e9 en double aveugle (Zakay-Rones et al., 2004, <em>Journal of International Medical Research<\/em>) : la dur\u00e9e des sympt\u00f4mes grippaux \u00e9tait r\u00e9duite de <strong>4 jours en moyenne<\/strong> dans le groupe trait\u00e9 par rapport au placebo.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9caution :<\/strong> les baies de sureau crues contiennent de la <strong>sambunigrine<\/strong> (glycoside cyanog\u00e9nique) qui peut provoquer naus\u00e9es, vomissements et diarrh\u00e9e si elles sont consomm\u00e9es en grande quantit\u00e9. La cuisson (10 minutes \u00e0 80 \u00b0C minimum) d\u00e9truit la sambunigrine. Ne jamais consommer les baies crues en quantit\u00e9, ne jamais confondre le sureau noir avec le <strong>sureau y\u00e8ble<\/strong> (<em>Sambucus ebulus<\/em>), herbac\u00e9 et toxique.<\/p>\n<h4>R\u00e9colte et transformation<\/h4>\n<p><strong>Sirop de fleurs de sureau :<\/strong> r\u00e9colter les corymbes en juin, par temps sec, quand les fleurs sont bien ouvertes et odorantes. Mettre 20 \u00e0 30 corymbes dans 1 litre d&rsquo;eau avec le jus de 2 citrons, mac\u00e9rer 24 heures. Filtrer, ajouter 800 g de sucre, chauffer doucement jusqu&rsquo;\u00e0 dissolution. Mettre en bouteilles. Le sirop se dilue dans de l&rsquo;eau gazeuse (limonade de sureau) ou s&rsquo;utilise en cuisine.<\/p>\n<p><strong>Rob de sureau<\/strong> (sirop m\u00e9dicinal de baies) : \u00e9grapper 1 kg de baies m\u00fbres (septembre), les cuire 20 minutes \u00e0 feu doux avec un fond d&rsquo;eau, passer au moulin \u00e0 l\u00e9gumes, peser le jus obtenu et ajouter le m\u00eame poids de sucre (ou de miel). Cuire \u00e0 feu doux jusqu&rsquo;\u00e0 consistance sirupeuse. Conserver au r\u00e9frig\u00e9rateur. Prendre 1 \u00e0 2 cuill\u00e8res \u00e0 soupe par jour en pr\u00e9vention hivernale, ou 4 \u00e0 5 cuill\u00e8res par jour au d\u00e9but d&rsquo;un \u00e9tat grippal.<\/p>\n<p><strong>Beignets de fleurs :<\/strong> tremper les corymbes dans une p\u00e2te \u00e0 beignets l\u00e9g\u00e8re (farine, \u0153uf, bi\u00e8re), frire 2 minutes, saupoudrer de sucre glace. Un classique de la cuisine de cueillette.<\/p>\n<h3>\u2767 Le prunellier \u2014 l&rsquo;\u00e9pine noire<\/h3>\n<h4>Botanique<\/h4>\n<p>Le prunellier (<em>Prunus spinosa<\/em> L.) est un arbuste \u00e9pineux de 2 \u00e0 4 m, \u00e0 rameaux noirs et rigides portant des <strong>\u00e9pines longues et ac\u00e9r\u00e9es<\/strong> (2 \u00e0 4 cm \u2014 plus longues que celles de l&rsquo;aub\u00e9pine), \u00e0 floraison blanche <strong>tr\u00e8s pr\u00e9coce<\/strong> (mars-avril, avant les feuilles \u2014 les rameaux fleuris ressemblent \u00e0 de la neige sur du bois noir), et \u00e0 fruits bleu-noir pruineux de 1 \u00e0 1,5 cm : les <strong>prunelles<\/strong>, qui m\u00fbrissent en octobre-novembre.<\/p>\n<p>Le prunellier drageonne vigoureusement \u2014 ses racines \u00e9mettent des rejets qui \u00e9tendent la colonie lat\u00e9ralement. C&rsquo;est \u00e0 la fois son atout (il colonise rapidement un espace et forme un fourr\u00e9 imp\u00e9n\u00e9trable en quelques ann\u00e9es) et son inconv\u00e9nient (il peut envahir un jardin si on ne le contient pas). Dans une haie, le placer en bordure ext\u00e9rieure, c\u00f4t\u00e9 que l&rsquo;on ne souhaite pas voir s&rsquo;\u00e9tendre, ou installer une barri\u00e8re anti-rhizome.<\/p>\n<h4>R\u00f4le \u00e9cologique<\/h4>\n<p>La floraison du prunellier en mars-avril est la <strong>premi\u00e8re source de nectar abondante<\/strong> de l&rsquo;ann\u00e9e en Europe temp\u00e9r\u00e9e \u2014 cruciale pour les bourdons reine qui sortent d&rsquo;hibernation et pour les premi\u00e8res abeilles solitaires (osmies). Sans cette floraison pr\u00e9coce, les populations de pollinisateurs peinent \u00e0 d\u00e9marrer au printemps. Le prunellier est litt\u00e9ralement le <strong>petit-d\u00e9jeuner des abeilles<\/strong>.<\/p>\n<p>Les fourr\u00e9s de prunellier sont l&rsquo;habitat de nidification de la <strong>pie-gri\u00e8che \u00e9corcheur<\/strong> (<em>Lanius collurio<\/em>), un passereau insectivore en d\u00e9clin qui empale ses proies (gros insectes, petits l\u00e9zards) sur les \u00e9pines du prunellier \u2014 un comportement unique dans l&rsquo;avifaune europ\u00e9enne. La pr\u00e9sence de la pie-gri\u00e8che \u00e9corcheur dans une haie est un indicateur de haute qualit\u00e9 \u00e9cologique.<\/p>\n<h4>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales<\/h4>\n<p><strong>Les fleurs<\/strong> (r\u00e9colt\u00e9es en mars-avril) sont <strong>laxatives douces<\/strong> et <strong>d\u00e9puratives<\/strong>. Elles contiennent des flavono\u00efdes (kaempf\u00e9rol) et des d\u00e9riv\u00e9s cyanog\u00e9niques en faible quantit\u00e9. L&rsquo;infusion de fleurs de prunellier \u00e9tait traditionnellement la \u00ab cure de printemps \u00bb des campagnes europ\u00e9ennes \u2014 une tisane d\u00e9purative prise pendant 3 semaines en mars pour \u00ab nettoyer le sang \u00bb apr\u00e8s l&rsquo;hiver.<\/p>\n<p><strong>Les prunelles<\/strong> sont extr\u00eamement astringentes quand elles sont crues (richesse en <strong>tanins condens\u00e9s<\/strong> \u2014 procyanidines) \u2014 elles sont litt\u00e9ralement immangeables avant les premi\u00e8res gel\u00e9es, qui brisent les cellules et r\u00e9duisent l&rsquo;astringence. Apr\u00e8s le gel (ou un passage de 48 heures au cong\u00e9lateur), les prunelles deviennent comestibles et r\u00e9v\u00e8lent une saveur complexe, \u00e0 la fois acide, sucr\u00e9e et am\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s des prunelles :<\/strong> antidiarrh\u00e9iques (tanins astringents \u2014 utiles en cas de gastro-ent\u00e9rite), riches en <strong>vitamine C<\/strong> (15-25 mg\/100g) et en <strong>anthocyanes<\/strong> (antioxydants puissants, protection cardiovasculaire).<\/p>\n<h4>R\u00e9colte et transformation<\/h4>\n<p><strong>Liqueur de prunelles (\u00ab \u00e9pine noire \u00bb) :<\/strong> r\u00e9colter les prunelles apr\u00e8s les premi\u00e8res gel\u00e9es (novembre). Remplir un bocal aux deux tiers de prunelles, ajouter 150 g de sucre par litre, couvrir d&rsquo;eau-de-vie \u00e0 40-45\u00b0. Mac\u00e9rer 3 mois minimum dans un endroit sombre, en agitant de temps en temps. Filtrer. La liqueur de prunelles est l&rsquo;une des plus fines eaux-de-vie de fruits sauvages \u2014 ambr\u00e9e, complexe, avec des notes d&rsquo;amande am\u00e8re dues aux traces d&rsquo;acide cyanhydrique des noyaux.<\/p>\n<p><strong>Confiture de prunelles :<\/strong> prunelles gel\u00e9es, d\u00e9noyaut\u00e9es, cuites avec leur poids en sucre et le jus d&rsquo;un citron. Cuisson longue (45 minutes) pour attendrir les fruits. Saveur unique, astringente et parfum\u00e9e.<\/p>\n<h3>\u2767 L&rsquo;\u00e9glantier \u2014 la vitamine C de l&rsquo;hiver<\/h3>\n<h4>Botanique<\/h4>\n<p>L&rsquo;\u00e9glantier (<em>Rosa canina<\/em> L.) est le rosier sauvage le plus commun d&rsquo;Europe \u2014 un arbuste sarmenteux de 2 \u00e0 5 m, \u00e0 tiges arqu\u00e9es portant des <strong>aiguillons recourb\u00e9s<\/strong> (pas des \u00e9pines au sens botanique \u2014 les aiguillons sont des excroissances de l&rsquo;\u00e9piderme, les \u00e9pines sont des rameaux modifi\u00e9s), \u00e0 feuilles compos\u00e9es penn\u00e9es (5-7 folioles), \u00e0 fleurs simples rose p\u00e2le \u00e0 5 p\u00e9tales (juin), et \u00e0 fruits rouges allong\u00e9s : les <strong>cynorhodons<\/strong>, m\u00fbrissant en septembre-octobre et persistant sur les branches tout l&rsquo;hiver.<\/p>\n<h4>R\u00f4le \u00e9cologique<\/h4>\n<p>Les cynorhodons sont la <strong>source alimentaire hivernale<\/strong> la plus importante pour les oiseaux frugivores apr\u00e8s la disparition des cenelles et des prunelles. Les merles, les grives, les jaseurs bor\u00e9aux (lors des invasions hivernales) et les fauvettes \u00e0 t\u00eate noire hivernantes les consomment de novembre \u00e0 mars. Les cynorhodons qui ne sont pas mang\u00e9s persistent jusqu&rsquo;au printemps et nourrissent les campagnols et les mulots qui, \u00e0 leur tour, nourrissent les rapaces nocturnes (chouette effraie, chouette hulotte).<\/p>\n<p>La floraison de l&rsquo;\u00e9glantier en juin attire les abeilles et les c\u00e9toines dor\u00e9es (<em>Cetonia aurata<\/em>) \u2014 de gros col\u00e9opt\u00e8res vert m\u00e9tallique dont les larves se d\u00e9veloppent dans le compost et le bois en d\u00e9composition, contribuant au recyclage de la mati\u00e8re organique.<\/p>\n<h4>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales<\/h4>\n<p>Le cynorhodon est le <strong>fruit le plus riche en vitamine C<\/strong> de la flore europ\u00e9enne : <strong>500 \u00e0 2 000 mg de vitamine C pour 100 g de pulpe fra\u00eeche<\/strong> \u2014 soit 10 \u00e0 40 fois la concentration d&rsquo;une orange. Cette teneur varie selon la vari\u00e9t\u00e9, l&rsquo;altitude (plus \u00e9lev\u00e9e en montagne), la date de r\u00e9colte et le mode de transformation (la vitamine C est d\u00e9truite par la chaleur au-del\u00e0 de 60 \u00b0C).<\/p>\n<p>Outre la vitamine C, les cynorhodons contiennent des <strong>carot\u00e9no\u00efdes<\/strong> (lycop\u00e8ne, b\u00eata-carot\u00e8ne \u2014 d&rsquo;o\u00f9 la couleur rouge), des <strong>polyph\u00e9nols<\/strong> (proanthocyanidines, querc\u00e9tine), des <strong>acides gras polyinsatur\u00e9s<\/strong> dans les graines (acide linol\u00e9nique \u2014 om\u00e9ga-3), et un <strong>galactolipide<\/strong> (GOPO) qui a montr\u00e9 une activit\u00e9 anti-inflammatoire dans des \u00e9tudes sur l&rsquo;arthrose (Winther et al., 2005, <em>Scandinavian Journal of Rheumatology<\/em>).<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s :<\/strong> immunostimulant (vitamine C + polyph\u00e9nols), antioxydant puissant, anti-inflammatoire articulaire (GOPO), astringent l\u00e9ger (tanins \u2014 antidiarrh\u00e9ique), diur\u00e9tique doux.<\/p>\n<h4>R\u00e9colte et transformation<\/h4>\n<p><strong>R\u00e9colte :<\/strong> cueillir les cynorhodons en octobre-novembre, quand ils sont bien rouges et l\u00e9g\u00e8rement mous. Plus on attend, plus la vitamine C diminue \u2014 mais plus les fruits sont sucr\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Confiture de cynorhodons :<\/strong> couper les cynorhodons en deux, retirer les graines et les poils (les poils sont le fameux \u00ab poil \u00e0 gratter \u00bb \u2014 des trichomes irritants qui provoquent des d\u00e9mangeaisons intenses). Cuire la pulpe avec son poids en sucre et de l&rsquo;eau. La confiture de cynorhodons, orange vif, a un go\u00fbt unique \u2014 fruit\u00e9, l\u00e9g\u00e8rement acidul\u00e9, avec des notes de mangue et de tomate.<\/p>\n<p><strong>Tisane de cynorhodons :<\/strong> couper les cynorhodons en deux, s\u00e9cher \u00e0 basse temp\u00e9rature (&lt; 40 \u00b0C pour pr\u00e9server la vitamine C) ou au d\u00e9shydrateur. Mettre 1 cuill\u00e8re \u00e0 soupe de cynorhodons s\u00e9ch\u00e9s dans une tasse d&#039;eau. D\u00e9part \u00e0 froid, monter doucement \u00e0 fr\u00e9missement (ne pas bouillir \u2014 la vitamine C est thermosensible), couper le feu, couvrir et infuser 15 minutes. Filtrer soigneusement (les poils irritants passent \u00e0 travers les filtres grossiers \u2014 utiliser un filtre \u00e0 caf\u00e9 ou un tissu fin). 2 \u00e0 3 tasses par jour en hiver.<\/p>\n<p><strong>Poudre de cynorhodons :<\/strong> les cynorhodons s\u00e9ch\u00e9s \u00e0 basse temp\u00e9rature et broy\u00e9s au moulin \u00e0 caf\u00e9 donnent une poudre orange riche en vitamine C et en GOPO. 1 cuill\u00e8re \u00e0 caf\u00e9 par jour dans un yaourt ou un smoothie. C&rsquo;est la forme la plus concentr\u00e9e et la plus facilement utilisable.<\/p>\n<h3>\u2767 Le cornouiller m\u00e2le \u2014 le premier du printemps<\/h3>\n<h4>Botanique<\/h4>\n<p>Le cornouiller m\u00e2le (<em>Cornus mas<\/em> L.) est un grand arbuste ou petit arbre de 4 \u00e0 8 m, \u00e0 \u00e9corce \u00e9cailleuse gris-brun, \u00e0 feuilles oppos\u00e9es ovales \u00e0 nervures convergentes (caract\u00e9ristique des Cornac\u00e9es), et surtout \u00e0 <strong>floraison jaune extraordinairement pr\u00e9coce<\/strong> \u2014 f\u00e9vrier \u00e0 mars, bien avant le d\u00e9bourrement des feuilles. Les fleurs, petites et group\u00e9es en ombelles serr\u00e9es, apparaissent sur le bois nu quand tout le reste du paysage est encore en dormance. C&rsquo;est souvent la <strong>toute premi\u00e8re floraison<\/strong> de l&rsquo;ann\u00e9e dans le jardin.<\/p>\n<p>Les fruits \u2014 les <strong>cornouilles<\/strong> \u2014 sont des drupes rouges allong\u00e9es de 1,5 \u00e0 2 cm, m\u00fbrissant en ao\u00fbt-septembre, avec une chair acidul\u00e9e et un gros noyau. Elles ressemblent \u00e0 de petites olives rouges.<\/p>\n<h4>R\u00f4le \u00e9cologique<\/h4>\n<p>La floraison de f\u00e9vrier-mars du cornouiller m\u00e2le est une <strong>bou\u00e9e de sauvetage<\/strong> pour les premiers pollinisateurs. Les bourdons reine (<em>Bombus terrestris<\/em>, <em>B. pascuorum<\/em>), qui sortent d&rsquo;hibernation d\u00e8s que la temp\u00e9rature d\u00e9passe 6-8 \u00b0C, trouvent dans les fleurs de cornouiller leur <strong>premier repas de nectar et de pollen<\/strong> apr\u00e8s des mois de je\u00fbne. Sans cette floraison pr\u00e9coce, les fondatrices de colonies de bourdons auraient du mal \u00e0 accumuler les r\u00e9serves n\u00e9cessaires pour pondre leurs premiers \u0153ufs. Planter un cornouiller m\u00e2le, c&rsquo;est assurer le d\u00e9marrage de la saison des bourdons \u2014 et donc la pollinisation de tous les fruitiers qui fleuriront apr\u00e8s.<\/p>\n<h4>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales<\/h4>\n<p>Les cornouilles sont riches en <strong>vitamine C<\/strong> (50-100 mg\/100g \u2014 comparable aux agrumes), en <strong>anthocyanes<\/strong> (cyanidine-3-glucoside, p\u00e9largonidine \u2014 puissants antioxydants), en <strong>acide malique<\/strong> et en <strong>tanins<\/strong>. Elles \u00e9taient utilis\u00e9es en m\u00e9decine populaire comme <strong>astringent<\/strong> intestinal (antidiarrh\u00e9ique), comme <strong>f\u00e9brifuge<\/strong> et comme tonique g\u00e9n\u00e9ral. En Turquie et en Iran, o\u00f9 le cornouiller m\u00e2le est encore abondant et activement r\u00e9colt\u00e9, les cornouilles sont consid\u00e9r\u00e9es comme un aliment-m\u00e9dicament pour les convalescents.<\/p>\n<h4>R\u00e9colte et transformation<\/h4>\n<p><strong>Confiture de cornouilles :<\/strong> r\u00e9colter les fruits en septembre, quand ils sont rouge fonc\u00e9 et tombent spontan\u00e9ment. Les cuire avec un peu d&rsquo;eau (10 minutes), passer au moulin \u00e0 l\u00e9gumes pour retirer les noyaux, peser la pulpe, ajouter 750 g de sucre par kilo de pulpe, cuire jusqu&rsquo;\u00e0 consistance. Confiture rouge vif, acidul\u00e9e, rappelant la canneberge.<\/p>\n<p><strong>Cornouilles en saumure<\/strong> (olives de cornouiller) : r\u00e9colter les fruits encore fermes et verts (ao\u00fbt). Les mettre en saumure (100 g de sel par litre d&rsquo;eau) pendant 3 semaines. Rincer, couvrir d&rsquo;huile d&rsquo;olive avec des aromates (thym, laurier, ail). Se consomment comme des olives \u2014 acidul\u00e9es, croquantes, excellentes en ap\u00e9ritif.<\/p>\n<h3>\u2767 La viorne obier \u2014 la beaut\u00e9 m\u00e9dicinale<\/h3>\n<h4>Botanique<\/h4>\n<p>La viorne obier (<em>Viburnum opulus<\/em> L.) est un arbuste de 3 \u00e0 5 m, \u00e0 feuilles trilob\u00e9es (rappelant celles de l&rsquo;\u00e9rable), \u00e0 spectaculaires <strong>corymbes aplatis<\/strong> de fleurs blanches en mai-juin (les fleurs p\u00e9riph\u00e9riques sont st\u00e9riles et agrandies, formant une couronne d\u00e9corative autour des petites fleurs fertiles centrales \u2014 un dispositif d&rsquo;attraction des pollinisateurs), et \u00e0 grappes de <strong>baies rouges translucides<\/strong> tr\u00e8s d\u00e9coratives, persistant tout l&rsquo;hiver.<\/p>\n<h4>R\u00f4le \u00e9cologique<\/h4>\n<p>La viorne obier est une esp\u00e8ce de <strong>sol humide<\/strong> \u2014 elle pousse naturellement en lisi\u00e8re de for\u00eats alluviales, au bord des cours d&rsquo;eau et dans les haies de fond de vall\u00e9e. Dans le jardin-for\u00eat, elle occupe les zones \u00e0 tendance humide o\u00f9 d&rsquo;autres arbustes peineraient. Ses baies, am\u00e8res et peu attractives pour l&rsquo;homme, sont consomm\u00e9es par les <strong>grives<\/strong> et les <strong>jaseurs bor\u00e9aux<\/strong> en fin d&rsquo;hiver \u2014 quand toutes les autres sources de baies sont \u00e9puis\u00e9es. La viorne obier est la \u00ab r\u00e9serve strat\u00e9gique \u00bb des oiseaux frugivores.<\/p>\n<h4>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales<\/h4>\n<p>L&rsquo;<strong>\u00e9corce<\/strong> de viorne obier contient du <strong>viopudial<\/strong> (irido\u00efde), de l&rsquo;<strong>acide val\u00e9rianique<\/strong> et des <strong>coumarines<\/strong> (scopoline). Elle est principalement <strong>antispasmodique<\/strong> \u2014 efficace contre les crampes menstruelles (dysm\u00e9norrh\u00e9e), les spasmes digestifs et les contractions ut\u00e9rines. En Am\u00e9rique du Nord, o\u00f9 elle est appel\u00e9e <em>cramp bark<\/em> (\u00ab \u00e9corce \u00e0 crampes \u00bb), elle est l&rsquo;un des rem\u00e8des phytoth\u00e9rapeutiques les plus utilis\u00e9s pour les douleurs menstruelles.<\/p>\n<p><strong>Les baies<\/strong> sont riches en <strong>vitamine C<\/strong> et en <strong>acides organiques<\/strong>, mais am\u00e8res et \u00e9m\u00e9tiques \u00e0 forte dose (\u00e0 cause de la viburnine, un glycoside). En Russie et en Ukraine, o\u00f9 la viorne obier (<em>kalina<\/em>) est un symbole national, les baies sont transform\u00e9es en confiture, en jus et en liqueur \u2014 toujours apr\u00e8s cuisson, qui r\u00e9duit l&rsquo;amertume et d\u00e9truit les compos\u00e9s \u00e9m\u00e9tiques.<\/p>\n<h4>R\u00e9colte et transformation<\/h4>\n<p><strong>D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce :<\/strong> r\u00e9colter l&rsquo;\u00e9corce des rameaux de 2 \u00e0 3 ans au printemps (quand la s\u00e8ve monte \u2014 l&rsquo;\u00e9corce se d\u00e9tache facilement). S\u00e9cher \u00e0 l&rsquo;ombre. D\u00e9coction : 1 cuill\u00e8re \u00e0 soupe d&rsquo;\u00e9corce s\u00e9ch\u00e9e dans une tasse d&rsquo;eau. D\u00e9part \u00e0 froid, porter \u00e0 fr\u00e9missement, maintenir 10 minutes \u00e0 feu doux, couvrir et laisser infuser 15 minutes. 2 \u00e0 3 tasses par jour en p\u00e9riode de crampes.<\/p>\n<p><strong>Gel\u00e9e de baies :<\/strong> r\u00e9colter les baies apr\u00e8s les premi\u00e8res gel\u00e9es (novembre), les cuire 20 minutes avec un fond d&rsquo;eau, passer au tamis fin, ajouter le m\u00eame poids de sucre que de jus, cuire jusqu&rsquo;\u00e0 g\u00e9lification. Gel\u00e9e rouge rubis, am\u00e8re-acidul\u00e9e, riche en vitamine C.<\/p>\n<h3>\u2767 Le tro\u00e8ne commun \u2014 le persistant discret<\/h3>\n<h4>Botanique<\/h4>\n<p>Le tro\u00e8ne commun (<em>Ligustrum vulgare<\/em> L.) est un arbuste de 2 \u00e0 4 m, \u00e0 feuilles semi-persistantes (elles tombent en hiver rigoureux mais restent en climat doux), \u00e0 petites <strong>grappes de fleurs blanches<\/strong> parfum\u00e9es en juin-juillet, et \u00e0 baies noires luisantes en grappes serr\u00e9es, persistant de novembre \u00e0 mars.<\/p>\n<h4>R\u00f4le \u00e9cologique<\/h4>\n<p>Le tro\u00e8ne est le <strong>lien vert de l&rsquo;hiver<\/strong>. Dans les r\u00e9gions \u00e0 hiver mod\u00e9r\u00e9, son feuillage semi-persistant offre un <strong>abri hivernal<\/strong> aux oiseaux quand les autres arbustes sont nus. Les troglodytes mignons, en particulier, se regroupent en \u00ab dortoirs \u00bb collectifs dans les tro\u00e8nes denses pour survivre aux nuits froides \u2014 on a compt\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 60 individus dans un seul buisson de tro\u00e8ne.<\/p>\n<p>La floraison de juillet \u2014 tardive par rapport aux autres esp\u00e8ces de haie \u2014 comble un <strong>trou de floraison<\/strong> estival et nourrit les papillons de jour (paon du jour, vulcain, belle-dame) et les abeilles. Les baies noires, l\u00e9g\u00e8rement toxiques pour l&rsquo;homme, sont consomm\u00e9es par les <strong>merles<\/strong>, les <strong>grives<\/strong> et les <strong>fauvettes \u00e0 t\u00eate noire<\/strong>.<\/p>\n<h4>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales<\/h4>\n<p>Le tro\u00e8ne est moins utilis\u00e9 en phytoth\u00e9rapie que les autres esp\u00e8ces de la haie, mais il poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s document\u00e9es. Les <strong>feuilles<\/strong> et l&rsquo;<strong>\u00e9corce<\/strong> contiennent des <strong>irido\u00efdes<\/strong> (ligustroside, oleurop\u00e9ine \u2014 le m\u00eame compos\u00e9 que dans l&rsquo;olive), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong>tanins<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Usage externe :<\/strong> la d\u00e9coction de feuilles de tro\u00e8ne est <strong>astringente et cicatrisante<\/strong> \u2014 utilis\u00e9e en gargarisme contre les <strong>angines<\/strong>, les <strong>aphtes<\/strong> et les <strong>gingivites<\/strong>, et en compresse sur les plaies superficielles. C&rsquo;est un antiseptique buccal de premiers secours disponible dans n&rsquo;importe quelle haie.<\/p>\n<p><strong>Gargarisme :<\/strong> 2 cuill\u00e8res \u00e0 soupe de feuilles fra\u00eeches ou s\u00e9ch\u00e9es dans 250 ml d&rsquo;eau. D\u00e9part \u00e0 froid, monter \u00e0 fr\u00e9missement, maintenir 5 minutes, laisser infuser 15 minutes. Utiliser ti\u00e8de en gargarisme 3 \u00e0 4 fois par jour. Ne pas avaler.<\/p>\n<h3>\u2767 L&rsquo;\u00e9glantier rugueux \u2014 la haie d\u00e9fensive comestible<\/h3>\n<h4>Botanique<\/h4>\n<p>Le rosier rugueux (<em>Rosa rugosa<\/em> Thunb.), originaire d&rsquo;Asie orientale et naturalis\u00e9 en Europe depuis le XIXe si\u00e8cle, est un arbuste de 1 \u00e0 2 m, \u00e0 tiges dens\u00e9ment couvertes d&rsquo;<strong>aiguillons fins et serr\u00e9s<\/strong> (beaucoup plus piquants que ceux de l&rsquo;\u00e9glantier commun), \u00e0 feuilles gaufr\u00e9es (rugueuses \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le nom), \u00e0 <strong>grandes fleurs parfum\u00e9es<\/strong> rose vif \u00e0 blanches (floraison continue de juin \u00e0 octobre \u2014 remontant), et \u00e0 <strong>gros cynorhodons<\/strong> aplatis, rouge orang\u00e9, de 2 \u00e0 3 cm de diam\u00e8tre \u2014 les plus gros et les plus faciles \u00e0 transformer de tous les rosiers.<\/p>\n<h4>R\u00f4le \u00e9cologique<\/h4>\n<p>Le rosier rugueux forme un <strong>fourr\u00e9 bas imp\u00e9n\u00e9trable<\/strong> \u2014 id\u00e9al en strate basse de la haie ou en bordure de chemin. Il drageonne mod\u00e9r\u00e9ment et forme des massifs denses. Sa floraison remontante (de juin aux gel\u00e9es) fournit du <strong>nectar et du pollen pendant tout l&rsquo;\u00e9t\u00e9<\/strong> \u2014 une raret\u00e9 dans les esp\u00e8ces de haie, qui fleurissent g\u00e9n\u00e9ralement au printemps uniquement.<\/p>\n<h4>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales et transformation<\/h4>\n<p>Les cynorhodons du rosier rugueux ont les m\u00eames propri\u00e9t\u00e9s que ceux de l&rsquo;\u00e9glantier commun (vitamine C, antioxydants, GOPO anti-inflammatoire), mais ils sont <strong>beaucoup plus gros<\/strong> et <strong>plus faciles \u00e0 \u00e9plucher<\/strong> \u2014 ce qui rend leur transformation en confiture et en poudre nettement plus pratique.<\/p>\n<p><strong>Les p\u00e9tales<\/strong> sont comestibles et parfum\u00e9s. Ils contiennent du <strong>g\u00e9raniol<\/strong>, du <strong>citronellol<\/strong> et du <strong>n\u00e9rol<\/strong> \u2014 les m\u00eames compos\u00e9s que l&rsquo;huile essentielle de rose, mais en concentration plus faible. Les p\u00e9tales frais s&rsquo;ajoutent aux salades, aux desserts et aux infusions.<\/p>\n<p><strong>Eau de rose artisanale :<\/strong> remplir un faitout de p\u00e9tales frais, couvrir d&rsquo;eau distill\u00e9e ou d&rsquo;eau de source, couvrir avec un couvercle retourn\u00e9 (bomb\u00e9 vers l&rsquo;int\u00e9rieur). Placer des gla\u00e7ons sur le couvercle retourn\u00e9. Chauffer \u00e0 feu tr\u00e8s doux. La vapeur d&rsquo;eau charg\u00e9e d&rsquo;huiles essentielles monte, se condense sur le couvercle froid et coule vers le centre (gr\u00e2ce \u00e0 la forme invers\u00e9e) dans un r\u00e9cipient plac\u00e9 au centre du faitout. C&rsquo;est une distillation artisanale simple. L&rsquo;eau de rose obtenue s&rsquo;utilise en cuisine (loukoums, p\u00e2tisseries), en cosm\u00e9tique (tonique facial) et en aromath\u00e9rapie.<\/p>\n<h3>\u2767 Plan de plantation d&rsquo;une haie m\u00e9dicinale de 20 m\u00e8tres<\/h3>\n<p>Voici un exemple concret d&rsquo;agencement pour une haie m\u00e9dicinale de 20 m de long, orient\u00e9e nord-sud (brise-vent contre les vents d&rsquo;ouest), plant\u00e9e sur deux rangs espac\u00e9s de 80 cm, avec des plants espac\u00e9s de 1,5 m sur le rang (en quinconce).<\/p>\n<figure class=\"haies-figure\" style=\"text-align:center;margin:2.5em auto 2em\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/haies-plan-plantation.jpg\" alt=\"Sch\u00e9ma : plan de plantation en deux rangs \u2014 esp\u00e8ces \u00e9pineuses c\u00f4t\u00e9 vent, esp\u00e8ces m\u00e9dicinales c\u00f4t\u00e9 jardin, calendriers de floraison et de r\u00e9colte\" style=\"width:100%;max-width:700px;border-radius:6px;cursor:pointer\" \/><figcaption style=\"margin-top:0.8em;font-size:0.95em;color:#5c564e;line-height:1.6\"><strong>Plan de plantation \u2014 20 m\u00e8tres de haie<\/strong> \u2014 Rang ext\u00e9rieur \u00e9pineux (d\u00e9fense), rang int\u00e9rieur accessible (r\u00e9colte). 25 \u00e0 30 plants, 10 mois de r\u00e9colte, 8 mois de floraison.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Rang ext\u00e9rieur (c\u00f4t\u00e9 vent) :<\/strong> Prunellier \u2014 Aub\u00e9pine \u2014 \u00c9glantier \u2014 Prunellier \u2014 Aub\u00e9pine \u2014 Rosier rugueux \u2014 Prunellier \u2014 Aub\u00e9pine \u2014 \u00c9glantier \u2014 Prunellier \u2014 Aub\u00e9pine \u2014 Rosier rugueux \u2014 Prunellier. Les esp\u00e8ces \u00e9pineuses forment la barri\u00e8re d\u00e9fensive.<\/p>\n<p><strong>Rang int\u00e9rieur (c\u00f4t\u00e9 jardin) :<\/strong> Sureau noir \u2014 Cornouiller m\u00e2le \u2014 Viorne obier \u2014 Tro\u00e8ne \u2014 Sureau noir \u2014 Cornouiller m\u00e2le \u2014 Viorne obier \u2014 Tro\u00e8ne \u2014 Sureau noir \u2014 Cornouiller m\u00e2le \u2014 Viorne obier \u2014 Tro\u00e8ne \u2014 Sureau noir. Les esp\u00e8ces non \u00e9pineuses, accessibles pour la r\u00e9colte, c\u00f4t\u00e9 jardin.<\/p>\n<p><strong>Calendrier de floraison :<\/strong> Cornouiller m\u00e2le (f\u00e9vrier-mars) \u2192 Prunellier (mars-avril) \u2192 Aub\u00e9pine (mai) \u2192 Sureau (juin) \u2192 Tro\u00e8ne (juin-juillet) \u2192 \u00c9glantier et Rosier rugueux (juin-octobre) \u2192 fructification de septembre \u00e0 mars.<\/p>\n<p><strong>Calendrier de r\u00e9colte :<\/strong> fleurs de prunellier (mars) \u2192 fleurs d&rsquo;aub\u00e9pine (mai) \u2192 fleurs de sureau (juin) \u2192 p\u00e9tales de rosier rugueux (juin-octobre) \u2192 cornouilles (septembre) \u2192 cynorhodons (octobre) \u2192 cenelles (octobre) \u2192 prunelles (novembre, apr\u00e8s gel) \u2192 baies de viorne (d\u00e9cembre-janvier).<\/p>\n<p>R\u00e9sultat : une haie de 20 m qui produit des r\u00e9coltes m\u00e9dicinales et alimentaires <strong>10 mois sur 12<\/strong>, qui abrite 15 \u00e0 25 couples d&rsquo;oiseaux nicheurs, qui nourrit les pollinisateurs de f\u00e9vrier \u00e0 octobre, qui coupe le vent sur 40 \u00e0 60 m, et qui constitue une barri\u00e8re imp\u00e9n\u00e9trable pour les animaux ind\u00e9sirables. Tout cela pour un investissement de 25 \u00e0 30 plants \u00e0 3-5 \u20ac pi\u00e8ce \u2014 moins cher qu&rsquo;une cl\u00f4ture grillag\u00e9e, et infiniment plus utile.<\/p>\n<h3>\u2767 Bibliographie<\/h3>\n<p><strong>Pittler, M.H. et al.<\/strong> (2003). Hawthorn extract for treating chronic heart failure: meta-analysis of randomized trials. <em>American Journal of Medicine<\/em>, 114(8) : 665-674.<br \/>\n<strong>Zakay-Rones, Z. et al.<\/strong> (2004). Randomized study of the efficacy and safety of oral elderberry extract in the treatment of influenza A and B virus infections. <em>Journal of International Medical Research<\/em>, 32(2) : 132-140.<br \/>\n<strong>Winther, K. et al.<\/strong> (2005). A powder made from seeds and shells of a rose-hip subspecies reduces symptoms of knee and hip osteoarthritis. <em>Scandinavian Journal of Rheumatology<\/em>, 34(4) : 302-308.<br \/>\n<strong>Bruneton, J.<\/strong> (2016). <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d. Lavoisier Tec &amp; Doc, 1504 p. \u2014 Le trait\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence francophone.<br \/>\n<strong>Lieutaghi, P.<\/strong> (2004). <em>Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux<\/em>. Actes Sud, 1322 p. \u2014 Monographies botaniques et ethnobotaniques des esp\u00e8ces de haie.<br \/>\n<strong>Couplan, F.<\/strong> (2009). <em>Le r\u00e9gal v\u00e9g\u00e9tal : plantes sauvages comestibles<\/em>. Sang de la Terre, 527 p. \u2014 Recettes et usages alimentaires des plantes de haie.<br \/>\n<strong>Baudry, J. &amp; Jouin, A.<\/strong> (2003). <em>De la haie aux bocages : organisation, dynamique et gestion<\/em>. INRA \u00c9ditions, 435 p. \u2014 R\u00e9f\u00e9rence scientifique fran\u00e7aise sur l&rsquo;\u00e9cologie des haies.<br \/>\n<strong>Soltner, D.<\/strong> (2017). <em>Planter des haies, bandes bois\u00e9es et arbres d&rsquo;alignement<\/em>. Collection Sciences et Techniques Agricoles, 80 p. \u2014 Guide pratique de plantation.<br \/>\n<strong>Beiser, R.<\/strong> (2017). <em>Plantes sauvages m\u00e9dicinales<\/em>. Ulmer, 256 p. \u2014 Identification, r\u00e9colte et transformation.<br \/>\n<strong>Commission E \/ ESCOP.<\/strong> Monographies sur <em>Crataegus<\/em> spp., <em>Sambucus nigra<\/em>, <em>Rosa canina<\/em> \u2014 standards de r\u00e9f\u00e9rence europ\u00e9ens pour l&rsquo;usage phytoth\u00e9rapeutique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La haie est l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus ancien du paysage agricole europ\u00e9en. 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