{"id":10255,"date":"2026-05-02T16:52:58","date_gmt":"2026-05-02T14:52:58","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/02\/racines-tiges-feuilles-la-morphologie-vegetale-pour-le-botaniste-de-terrain\/"},"modified":"2026-06-18T20:15:04","modified_gmt":"2026-06-18T18:15:04","slug":"racines-tiges-feuilles-la-morphologie-vegetale-pour-le-botaniste-de-terrain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/02\/racines-tiges-feuilles-la-morphologie-vegetale-pour-le-botaniste-de-terrain\/","title":{"rendered":"Racines, tiges, feuilles \u2014 la morphologie v\u00e9g\u00e9tale pour le botaniste de terrain"},"content":{"rendered":"<h2>Introduction \u2014 pourquoi la morphologie est la cl\u00e9 du terrain<\/h2>\n<p>Avant d&rsquo;ouvrir une flore, avant de consulter une application d&rsquo;identification, le botaniste de terrain fait appel \u00e0 un savoir premier : la lecture des formes. La morphologie v\u00e9g\u00e9tale \u2014 l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;architecture externe des plantes \u2014 constitue le socle de toute d\u00e9termination. L\u00e0 o\u00f9 la biologie mol\u00e9culaire exige un laboratoire et o\u00f9 la phytochimie requiert des solvants, la morphologie ne demande qu&rsquo;un \u0153il exerc\u00e9, une loupe de poche et le vocabulaire ad\u00e9quat.<\/p>\n<p>Cet article propose un parcours syst\u00e9matique des trois organes v\u00e9g\u00e9tatifs fondamentaux \u2014 racine, tige, feuille \u2014 en privil\u00e9giant ce qui est observable sur le terrain. Chaque structure est d\u00e9crite dans sa diversit\u00e9 de formes, reli\u00e9e \u00e0 sa fonction physiologique, et illustr\u00e9e par des exemples concrets tir\u00e9s de la flore europ\u00e9enne et des plantes m\u00e9dicinales. L&rsquo;objectif n&rsquo;est pas l&rsquo;exhaustivit\u00e9 acad\u00e9mique, mais l&rsquo;efficacit\u00e9 diagnostique : savoir lire une plante comme on lit un visage, en identifiant les traits distinctifs qui permettent de la nommer.<\/p>\n<p>La morphologie est aussi la porte d&rsquo;entr\u00e9e vers la compr\u00e9hension des adaptations. Une feuille coriace raconte un climat sec, une racine pivotante r\u00e9v\u00e8le un sol profond, une tige volubile trahit une strat\u00e9gie de comp\u00e9tition pour la lumi\u00e8re. Apprendre \u00e0 voir ces formes, c&rsquo;est apprendre \u00e0 lire le dialogue silencieux entre la plante et son milieu.<\/p>\n<h2>Premi\u00e8re partie \u2014 L&rsquo;appareil racinaire<\/h2>\n<h3>1. Organisation g\u00e9n\u00e9rale et fonctions<\/h3>\n<p>La racine est l&rsquo;organe souterrain par excellence, bien que certaines racines soient a\u00e9riennes. Elle assure quatre fonctions cardinales :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Ancrage<\/strong> \u2014 fixation de la plante au substrat, r\u00e9sistance au vent et au ruissellement<\/li>\n<li><strong>Absorption<\/strong> \u2014 eau et sels min\u00e9raux pr\u00e9lev\u00e9s dans la solution du sol gr\u00e2ce aux poils absorbants<\/li>\n<li><strong>Conduction<\/strong> \u2014 transport ascendant de la s\u00e8ve brute vers les parties a\u00e9riennes<\/li>\n<li><strong>R\u00e9serve<\/strong> \u2014 stockage d&rsquo;amidon, d&rsquo;inuline ou d&rsquo;autres m\u00e9tabolites dans les tissus parenchymateux<\/li>\n<\/ul>\n<p>Contrairement \u00e0 la tige, la racine ne porte jamais de feuilles ni de bourgeons lat\u00e9raux visibles \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu. Son extr\u00e9mit\u00e9 est prot\u00e9g\u00e9e par une coiffe (calyptra) qui facilite la p\u00e9n\u00e9tration dans le sol. Imm\u00e9diatement en arri\u00e8re de la coiffe se trouve la zone de croissance, puis la zone pilif\u00e8re o\u00f9 se d\u00e9veloppent les poils absorbants \u2014 structures unicellulaires \u00e9ph\u00e9m\u00e8res dont la dur\u00e9e de vie exc\u00e8de rarement quelques jours.<\/p>\n<h3>2. Les deux syst\u00e8mes racinaires fondamentaux<\/h3>\n<h4>Le syst\u00e8me pivotant (allorhize)<\/h4>\n<p>Caract\u00e9ristique des Dicotyl\u00e9dones, le syst\u00e8me pivotant d\u00e9rive directement de la radicule embryonnaire qui persiste et s&rsquo;enfonce verticalement. Cette racine principale, le pivot, porte des racines lat\u00e9rales (secondaires) qui se ramifient elles-m\u00eames en racines tertiaires. L&rsquo;architecture globale \u00e9voque un arbre invers\u00e9.<\/p>\n<p>Le pivot peut atteindre des profondeurs consid\u00e9rables. Chez le <em>Taraxacum officinale<\/em> (pissenlit), il s&rsquo;enfonce couramment \u00e0 30-50 cm dans les prairies, ce qui explique la difficult\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arracher compl\u00e8tement. Chez certaines l\u00e9gumineuses arbustives m\u00e9diterran\u00e9ennes, le pivot d\u00e9passe plusieurs m\u00e8tres, permettant l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 des nappes profondes pendant la s\u00e9cheresse estivale.<\/p>\n<p>Sur le terrain, un syst\u00e8me pivotant se reconna\u00eet \u00e0 la r\u00e9sistance marqu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;arrachage et \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;une racine nettement dominante lorsqu&rsquo;on d\u00e9gage la base de la plante.<\/p>\n<h4>Le syst\u00e8me fascicul\u00e9 (homorhize)<\/h4>\n<p>Chez les Monocotyl\u00e9dones, la radicule embryonnaire avorte pr\u00e9cocement. Elle est remplac\u00e9e par un faisceau de racines adventives qui naissent de la base de la tige (le plateau). Toutes ces racines ont un diam\u00e8tre comparable \u2014 aucune n&rsquo;est dominante. L&rsquo;architecture ressemble \u00e0 une chevelure.<\/p>\n<p>Les gramin\u00e9es illustrent parfaitement ce syst\u00e8me. Un pied de bl\u00e9 (<em>Triticum aestivum<\/em>) d\u00e9veloppe un r\u00e9seau racinaire pouvant totaliser plusieurs kilom\u00e8tres si l&rsquo;on additionne toutes les ramifications. Ce r\u00e9seau explore efficacement les horizons superficiels du sol mais p\u00e9n\u00e8tre rarement au-del\u00e0 de 1,5 m.<\/p>\n<p>Sur le terrain, une plante \u00e0 syst\u00e8me fascicul\u00e9 s&rsquo;arrache facilement si le sol est meuble \u2014 la motte vient avec elle, retenue par le chevelu racinaire comme par un filet.<\/p>\n<h3>3. Les racines modifi\u00e9es \u2014 adaptations et organes de r\u00e9serve<\/h3>\n<h4>La racine tub\u00e9ris\u00e9e<\/h4>\n<p>Lorsque le pivot ou les racines lat\u00e9rales accumulent des r\u00e9serves, ils s&rsquo;\u00e9paississent consid\u00e9rablement. On parle de racine tub\u00e9ris\u00e9e. La carotte (<em>Daucus carota<\/em>), le navet (<em>Brassica rapa<\/em>), la betterave (<em>Beta vulgaris<\/em>) sont des exemples classiques. Chez la <em>Gentiana lutea<\/em> (gentiane jaune), la racine tub\u00e9ris\u00e9e peut peser plusieurs kilogrammes et renferme les principes amers (gentiopicroside, amarogentine) qui font sa valeur m\u00e9dicinale.<\/p>\n<p>Attention \u00e0 ne pas confondre racine tub\u00e9ris\u00e9e et tubercule : le tubercule de pomme de terre est un fragment de tige souterraine (il porte des \u00ab yeux \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire des bourgeons), tandis que la carotte est authentiquement une racine (pas de bourgeons, pas de n\u0153uds).<\/p>\n<h4>Les racines adventives<\/h4>\n<p>Toute racine qui na\u00eet ailleurs qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 racinaire ou sur une autre racine est dite adventive. Elles apparaissent sur les tiges (lierre, <em>Hedera helix<\/em>), les feuilles (certaines Crassulac\u00e9es), les rhizomes ou les stolons. Chez le ma\u00efs, les racines adventives en couronne (racines-\u00e9chasses) stabilisent la plante haute sur sa tige.<\/p>\n<p>En phytoth\u00e9rapie, les racines adventives du <em>Pelargonium sidoides<\/em> (g\u00e9ranium du Cap) sont particuli\u00e8rement int\u00e9ressantes : c&rsquo;est dans ces racines lat\u00e9rales que se concentrent les coumarines et les tanins responsables de l&rsquo;activit\u00e9 anti-infectieuse respiratoire.<\/p>\n<h4>Les racines a\u00e9riennes<\/h4>\n<p>Certaines racines ne p\u00e9n\u00e8trent jamais le sol. Les racines-crampons du lierre s&rsquo;agrippent aux supports sans absorber de nutriments \u2014 ce sont de simples organes de fixation. Les racines a\u00e9riennes des orchid\u00e9es \u00e9piphytes tropicales, recouvertes d&rsquo;un velamen spongieux, absorbent directement l&rsquo;humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique. Plus spectaculaires, les racines-contreforts des grands arbres tropicaux (fromagers, figuiers \u00e9trangleurs) assurent un ancrage m\u00e9canique dans des sols souvent superficiels.<\/p>\n<h4>Les pneumatophores<\/h4>\n<p>Dans les sols engorg\u00e9s des mangroves, certaines racines poussent vers le haut pour \u00e9merger \u00e0 la surface. Ces pneumatophores assurent les \u00e9changes gazeux dans un milieu ana\u00e9robie. Le cypr\u00e8s chauve (<em>Taxodium distichum<\/em>), plant\u00e9 en ornement dans les parcs europ\u00e9ens pr\u00e8s des pi\u00e8ces d&rsquo;eau, d\u00e9veloppe \u00e9galement ces excroissances racinaires caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<h4>Les su\u00e7oirs (haustoria)<\/h4>\n<p>Les plantes parasites et h\u00e9miparasites d\u00e9veloppent des racines modifi\u00e9es capables de p\u00e9n\u00e9trer les tissus conducteurs de l&rsquo;h\u00f4te. Le gui (<em>Viscum album<\/em>) enfonce ses su\u00e7oirs dans le bois de son support pour y pr\u00e9lever eau et sels min\u00e9raux. Les orobanches (<em>Orobanche<\/em> spp.), d\u00e9pourvues de chlorophylle, d\u00e9pendent enti\u00e8rement de leur h\u00f4te via ces connexions racinaires.<\/p>\n<h3>4. La mycorhization \u2014 une extension fonctionnelle invisible<\/h3>\n<p>Sur le terrain, ce que l&rsquo;on voit des racines n&rsquo;est qu&rsquo;une partie de l&rsquo;histoire. Plus de 90 % des plantes terrestres vivent en symbiose avec des champignons mycorhiziens dont le myc\u00e9lium \u00e9tend consid\u00e9rablement le volume de sol explor\u00e9. Les endomycorhizes (\u00e0 arbuscules) p\u00e9n\u00e8trent les cellules racinaires ; les ectomycorhizes forment un manchon autour des radicelles, visible \u00e0 la loupe comme un feutrage blanch\u00e2tre.<\/p>\n<p>Pour le botaniste de terrain, la pr\u00e9sence de fructifications de champignons ectomycorhiziens (bolets sous les ch\u00eanes, amanites sous les bouleaux, lactaires sous les \u00e9pic\u00e9as) signale ces associations et permet d&rsquo;anticiper la flore herbac\u00e9e associ\u00e9e.<\/p>\n<h3>5. Reconna\u00eetre les racines sur le terrain \u2014 crit\u00e8res pratiques<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Caract\u00e8re observ\u00e9<\/th>\n<th>Syst\u00e8me pivotant<\/th>\n<th>Syst\u00e8me fascicul\u00e9<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>R\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;arrachage<\/td>\n<td>Forte (pivot ancr\u00e9)<\/td>\n<td>Mod\u00e9r\u00e9e (chevelu superficiel)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Forme de la motte<\/td>\n<td>Conique, profonde<\/td>\n<td>Disco\u00efde, superficielle<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Racine dominante visible<\/td>\n<td>Oui (le pivot)<\/td>\n<td>Non (toutes \u00e9quivalentes)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Groupe botanique typique<\/td>\n<td>Dicotyl\u00e9dones, Gymnospermes<\/td>\n<td>Monocotyl\u00e9dones<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Capacit\u00e9 de repousse apr\u00e8s cassure<\/td>\n<td>Forte (r\u00e9serves dans le pivot)<\/td>\n<td>Variable (selon le plateau)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<figure class=\"zoomable-figure\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base3-1.jpg\" alt=\"Syst\u00e8mes racinaires compar\u00e9s \u2014 pivotant et fascicul\u00e9\" \/><figcaption>Comparaison entre le syst\u00e8me racinaire pivotant (Dicotyl\u00e9dones) et le syst\u00e8me fascicul\u00e9 (Monocotyl\u00e9dones).<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Deuxi\u00e8me partie \u2014 La tige<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition et caract\u00e8res g\u00e9n\u00e9raux<\/h3>\n<p>La tige est l&rsquo;axe a\u00e9rien de la plante qui porte les feuilles et les organes reproducteurs. Elle se distingue de la racine par la pr\u00e9sence de n\u0153uds (points d&rsquo;insertion des feuilles) et d&rsquo;entre-n\u0153uds (segments entre deux n\u0153uds cons\u00e9cutifs). \u00c0 chaque n\u0153ud, l&rsquo;aisselle de la feuille abrite un bourgeon axillaire capable de produire un rameau lat\u00e9ral.<\/p>\n<p>Les fonctions de la tige sont :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Support<\/strong> \u2014 \u00e9lever les feuilles vers la lumi\u00e8re et les fleurs vers les pollinisateurs<\/li>\n<li><strong>Conduction<\/strong> \u2014 transporter la s\u00e8ve brute (ascendante) et la s\u00e8ve \u00e9labor\u00e9e (descendante)<\/li>\n<li><strong>R\u00e9serve<\/strong> \u2014 stocker des nutriments dans les tissus parenchymateux (tiges succulentes, tubercules caulinaires)<\/li>\n<li><strong>Photosynth\u00e8se<\/strong> \u2014 assurer une part de la fixation du carbone lorsque la tige est verte (tiges herbac\u00e9es, cladodes)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>2. Tiges herbac\u00e9es et tiges ligneuses<\/h3>\n<h4>La tige herbac\u00e9e<\/h4>\n<p>Souple, verte, de faible diam\u00e8tre, la tige herbac\u00e9e ne d\u00e9veloppe pas de bois secondaire (ou tr\u00e8s peu). Elle est typique des plantes annuelles et de nombreuses vivaces. Sa section transversale r\u00e9v\u00e8le un anneau de faisceaux conducteurs dispers\u00e9s (Monocotyl\u00e9dones) ou dispos\u00e9s en cercle (Dicotyl\u00e9dones herbac\u00e9es), entour\u00e9s de parenchyme chlorophyllien.<\/p>\n<p>Sur le terrain, une tige herbac\u00e9e se plie sans casser, verdit au soleil, et se dess\u00e8che compl\u00e8tement en fin de saison chez les plantes annuelles ou les parties a\u00e9riennes des vivaces.<\/p>\n<h4>La tige ligneuse<\/h4>\n<p>Rigide, brune, \u00e9paissie par le fonctionnement du cambium qui produit du bois (xyl\u00e8me secondaire) vers l&rsquo;int\u00e9rieur et du liber (phlo\u00e8me secondaire) vers l&rsquo;ext\u00e9rieur. C&rsquo;est la tige des arbres, arbustes et sous-arbrisseaux. Chaque ann\u00e9e de croissance ajoute un cerne visible en coupe transversale.<\/p>\n<p>Sur le terrain, la tige ligneuse r\u00e9siste \u00e0 la flexion, pr\u00e9sente une \u00e9corce diff\u00e9renci\u00e9e, et persiste d&rsquo;une ann\u00e9e sur l&rsquo;autre. Le passage de l&rsquo;\u00e9tat herbac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat ligneux (ao\u00fbtement) s&rsquo;observe en fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9 sur les jeunes rameaux : la tige verte vire au brun, durcit, et les lenticelles apparaissent.<\/p>\n<h3>3. Les ports \u2014 l&rsquo;architecture a\u00e9rienne<\/h3>\n<p>Le port d&rsquo;une plante traduit l&rsquo;organisation spatiale de son syst\u00e8me de tiges. C&rsquo;est souvent le premier crit\u00e8re per\u00e7u \u00e0 distance, avant m\u00eame de distinguer les feuilles ou les fleurs.<\/p>\n<h4>Port dress\u00e9 (\u00e9rig\u00e9)<\/h4>\n<p>La tige principale s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve verticalement. C&rsquo;est le port par d\u00e9faut de la majorit\u00e9 des plantes vasculaires. Chez les arbres, on distingue le port monopodial (un axe principal dominant, comme l&rsquo;\u00e9pic\u00e9a) du port sympodial (l&rsquo;axe principal est relay\u00e9 par des axes lat\u00e9raux, comme le tilleul).<\/p>\n<h4>Port rampant (procombant)<\/h4>\n<p>La tige s&rsquo;\u00e9tale au sol sans s&rsquo;enraciner aux n\u0153uds. Le <em>Glechoma hederacea<\/em> (lierre terrestre) et le <em>Thymus serpyllum<\/em> (thym serpolet) illustrent ce port qui permet de coloniser rapidement les surfaces d\u00e9couvertes tout en \u00e9chappant au vent.<\/p>\n<h4>Port stolonif\u00e8re<\/h4>\n<p>La tige rampante s&rsquo;enracine aux n\u0153uds, produisant de nouveaux individus clonaux. Le fraisier (<em>Fragaria vesca<\/em>) \u00e9met des stolons a\u00e9riens dont chaque n\u0153ud enracin\u00e9 donne une plantule autonome. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative est ici le mode de reproduction dominant.<\/p>\n<h4>Port grimpant<\/h4>\n<p>La plante s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve en s&rsquo;appuyant sur un support. Les m\u00e9canismes d&rsquo;accrochage sont vari\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Volubilisme<\/strong> \u2014 la tige s&rsquo;enroule autour du support (liseron, houblon, haricot). Le sens d&rsquo;enroulement est constant pour une esp\u00e8ce donn\u00e9e : dextrorse chez le houblon, sinistrorse chez le liseron.<\/li>\n<li><strong>Vrilles<\/strong> \u2014 organes filamenteux sensibles au contact qui s&rsquo;enroulent autour du support. Les vrilles de la vigne sont d&rsquo;origine caulinaire (tiges modifi\u00e9es), celles du pois sont d&rsquo;origine foliaire (folioles transform\u00e9es).<\/li>\n<li><strong>Crampons<\/strong> \u2014 racines adventives adh\u00e9sives (lierre).<\/li>\n<li><strong>Aiguillons recourb\u00e9s<\/strong> \u2014 structures \u00e9pidermiques qui accrochent le support (rosier grimpant, gaillet).<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Port en rosette<\/h4>\n<p>Les entre-n\u0153uds sont si courts que les feuilles semblent partir toutes du m\u00eame point, au ras du sol. Ce port est typique des plantes de premi\u00e8re ann\u00e9e des bisannuelles (mol\u00e8ne, digitale, vip\u00e9rine) et de nombreuses vivaces de milieux ouverts (plantains, p\u00e2querette). La rosette prot\u00e8ge le bourgeon central du gel et de la dessiccation.<\/p>\n<h4>Port en coussin (pulvin\u00e9)<\/h4>\n<p>En altitude et dans les milieux vent\u00e9s, certaines plantes adoptent un port h\u00e9misph\u00e9rique compact qui minimise la prise au vent et cr\u00e9e un microclimat int\u00e9rieur plus chaud. Les sil\u00e8nes acaules (<em>Silene acaulis<\/em>) des pelouses alpines en sont l&rsquo;arch\u00e9type.<\/p>\n<h3>4. Les tiges souterraines \u2014 un pi\u00e8ge pour le d\u00e9butant<\/h3>\n<p>De nombreuses structures souterraines sont des tiges et non des racines. La pr\u00e9sence de n\u0153uds, d&rsquo;entre-n\u0153uds, de bourgeons ou d&rsquo;\u00e9cailles (feuilles r\u00e9duites) trahit leur nature caulinaire.<\/p>\n<h4>Le rhizome<\/h4>\n<p>Tige souterraine horizontale, plus ou moins \u00e9paisse, portant des \u00e9cailles (feuilles r\u00e9duites), des bourgeons et des racines adventives sur sa face inf\u00e9rieure. Le rhizome assure \u00e0 la fois la multiplication v\u00e9g\u00e9tative et le stockage des r\u00e9serves.<\/p>\n<p>Exemples majeurs en phytoth\u00e9rapie :<\/p>\n<ul>\n<li><em>Zingiber officinale<\/em> (gingembre) \u2014 rhizome charnu riche en ging\u00e9rols et shogaols<\/li>\n<li><em>Curcuma longa<\/em> (curcuma) \u2014 rhizome orange vif charg\u00e9 de curcumino\u00efdes<\/li>\n<li><em>Iris germanica<\/em> (iris) \u2014 rhizome utilis\u00e9 en parfumerie (le \u00ab beurre d&rsquo;iris \u00bb)<\/li>\n<li><em>Agropyron repens<\/em> (chiendent) \u2014 rhizome tra\u00e7ant, diur\u00e9tique traditionnel<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur le terrain, un rhizome se reconna\u00eet aux cicatrices foliaires (traces des \u00e9cailles tomb\u00e9es), aux bourgeons visibles \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu, et \u00e0 la croissance horizontale \u00e0 faible profondeur.<\/p>\n<h4>Le tubercule caulinaire<\/h4>\n<p>Renflement d&rsquo;un fragment de tige souterraine gorg\u00e9 de r\u00e9serves amylac\u00e9es. La pomme de terre (<em>Solanum tuberosum<\/em>) est le cas d&rsquo;\u00e9cole : ses \u00ab yeux \u00bb sont des bourgeons axillaires, ses \u00ab sourcils \u00bb sont les cicatrices de feuilles \u00e9cailleuses. Chaque \u0153il peut r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer une plante enti\u00e8re \u2014 preuve de la nature caulinaire de l&rsquo;organe.<\/p>\n<p>Le topinambour (<em>Helianthus tuberosus<\/em>), riche en inuline (pr\u00e9biotique), est un autre exemple de tubercule caulinaire utilis\u00e9 en nutrition et en phytoth\u00e9rapie pour le transit intestinal.<\/p>\n<h4>Le bulbe<\/h4>\n<p>Le bulbe est un bourgeon souterrain hypertrophi\u00e9. Il se compose d&rsquo;un plateau (tige tr\u00e8s raccourcie) portant des \u00e9cailles charnues (feuilles de r\u00e9serve) et un bourgeon central. Les racines adventives partent de la face inf\u00e9rieure du plateau.<\/p>\n<p>On distingue :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Bulbe tuniqu\u00e9<\/strong> \u2014 \u00e9cailles concentriques enveloppantes (oignon, tulipe, ail). L&rsquo;ail (<em>Allium sativum<\/em>) est un bulbe compos\u00e9 dont les ca\u00efeux (bulbilles) sont les \u00e9cailles charnues individuelles.<\/li>\n<li><strong>Bulbe \u00e9cailleux<\/strong> \u2014 \u00e9cailles imbriqu\u00e9es mais libres (lis).<\/li>\n<li><strong>Bulbe solide (corme)<\/strong> \u2014 principalement constitu\u00e9 de tige charnue, avec des \u00e9cailles minces ext\u00e9rieures (crocus, gla\u00efeul, colchique). Le <em>Colchicum autumnale<\/em> (colchique d&rsquo;automne) stocke la colchicine dans son corme \u2014 substance extr\u00eamement toxique mais utilis\u00e9e \u00e0 dose infinit\u00e9simale contre la goutte.<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Le stolon souterrain<\/h4>\n<p>Tige souterraine gr\u00eale et allong\u00e9e, \u00e0 entre-n\u0153uds tr\u00e8s longs, qui sert uniquement \u00e0 la propagation lat\u00e9rale. Contrairement au rhizome, le stolon ne stocke pas de r\u00e9serves dans sa partie allong\u00e9e \u2014 celles-ci s&rsquo;accumulent \u00e0 son extr\u00e9mit\u00e9 si un tubercule se forme. La pomme de terre combine les deux : un stolon souterrain dont l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 se tub\u00e9rise.<\/p>\n<h3>5. Sections de tiges \u2014 crit\u00e8res diagnostiques<\/h3>\n<p>La section transversale d&rsquo;une tige, observable \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu ou \u00e0 la loupe, fournit des informations taxonomiques pr\u00e9cieuses :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Section circulaire<\/strong> \u2014 cas g\u00e9n\u00e9ral, majorit\u00e9 des familles<\/li>\n<li><strong>Section carr\u00e9e (quadrangulaire)<\/strong> \u2014 caract\u00e9ristique des Lamiac\u00e9es (menthe, sauge, thym, lavande, m\u00e9lisse). Ce crit\u00e8re est si constant qu&rsquo;il constitue un premier tri fiable sur le terrain.<\/li>\n<li><strong>Section triangulaire<\/strong> \u2014 typique des Cyp\u00e9rac\u00e9es (carex, scirpes). Le dicton \u00ab sedges have edges \u00bb (les la\u00eeches ont des ar\u00eates) r\u00e9sume ce caract\u00e8re.<\/li>\n<li><strong>Section aplatie ou ail\u00e9e<\/strong> \u2014 pr\u00e9sence de cr\u00eates longitudinales (gen\u00eat, certaines gesses)<\/li>\n<li><strong>Tige creuse (fistuleuse)<\/strong> \u2014 fr\u00e9quente chez les Apiac\u00e9es (persil, cerfeuil, cig\u00fce), les Poac\u00e9es (gramin\u00e9es), les Ast\u00e9rac\u00e9es \u00e0 haute tige. Attention : une tige creuse d&rsquo;Apiac\u00e9e en milieu humide impose la plus grande prudence (risque de confusion avec la grande cig\u00fce, <em>Conium maculatum<\/em>).<\/li>\n<li><strong>Tige pleine<\/strong> \u2014 v\u00e9rifier en sectionnant : une tige pleine avec un latex blanc exclut les Apiac\u00e9es et oriente vers les Ast\u00e9rac\u00e9es lactif\u00e8res (laitue, pissenlit, laiteron).<\/li>\n<\/ul>\n<h3>6. Induments et rev\u00eatements de la tige<\/h3>\n<p>La surface de la tige porte souvent des structures \u00e9pidermiques utiles \u00e0 l&rsquo;identification :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Glabre<\/strong> \u2014 tige enti\u00e8rement lisse et nue<\/li>\n<li><strong>Pubescente<\/strong> \u2014 couverte de poils fins et courts<\/li>\n<li><strong>Velue (hirsute)<\/strong> \u2014 poils longs et \u00e9tal\u00e9s<\/li>\n<li><strong>Tomenteuse<\/strong> \u2014 feutr\u00e9e de poils entrem\u00eal\u00e9s (aspect blanch\u00e2tre, comme chez la mol\u00e8ne <em>Verbascum thapsus<\/em>)<\/li>\n<li><strong>Glanduleuse<\/strong> \u2014 portant des glandes s\u00e9cr\u00e9trices souvent visibles comme des points brillants ou collants<\/li>\n<li><strong>\u00c9pineuse<\/strong> \u2014 portant des \u00e9pines (organes vasculaires, d&rsquo;origine profonde : aub\u00e9pine, prunellier)<\/li>\n<li><strong>Aiguillonn\u00e9e<\/strong> \u2014 portant des aiguillons (excroissances \u00e9pidermiques superficielles : rosier, ronce)<\/li>\n<\/ul>\n<p>La distinction \u00e9pine\/aiguillon est un classique de la botanique de terrain : une \u00e9pine r\u00e9siste \u00e0 l&rsquo;arrachage (elle est connect\u00e9e au bois), un aiguillon se d\u00e9tache proprement sans d\u00e9chirer l&rsquo;\u00e9corce (il n&rsquo;est qu&rsquo;un appendice de surface).<\/p>\n<h3>7. Les tiges modifi\u00e9es \u2014 au-del\u00e0 de la tige classique<\/h3>\n<h4>Le cladode<\/h4>\n<p>Tige aplatie, verte, ressemblant \u00e0 une feuille et en assurant la fonction photosynth\u00e9tique. Le petit houx (<em>Ruscus aculeatus<\/em>) porte ses fleurs au centre de ses \u00ab feuilles \u00bb \u2014 preuve qu&rsquo;il s&rsquo;agit en r\u00e9alit\u00e9 de tiges aplaties (les vraies feuilles sont r\u00e9duites \u00e0 des \u00e9cailles minuscules). Les raquettes du figuier de Barbarie (<em>Opuntia ficus-indica<\/em>) sont \u00e9galement des cladodes.<\/p>\n<h4>L&rsquo;\u00e9pine caulinaire<\/h4>\n<p>Rameau modifi\u00e9 en pointe dure. L&rsquo;aub\u00e9pine (<em>Crataegus<\/em> spp.) et le prunellier (<em>Prunus spinosa<\/em>) portent des \u00e9pines qui sont des rameaux avort\u00e9s \u2014 on peut le v\u00e9rifier en observant qu&rsquo;elles naissent \u00e0 l&rsquo;aisselle d&rsquo;une feuille ou portent parfois un bourgeon r\u00e9siduel.<\/p>\n<h4>La vrille caulinaire<\/h4>\n<p>Tige transform\u00e9e en filament enroulable. Chez la vigne (<em>Vitis vinifera<\/em>) et la bryone (<em>Bryonia dioica<\/em>), les vrilles sont des rameaux modifi\u00e9s positionn\u00e9s en face d&rsquo;une feuille (position extraaxillaire).<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base3-2.jpg\" alt=\"Sections de tiges et ports v\u00e9g\u00e9taux\" \/><figcaption>Diversit\u00e9 des sections de tiges (circulaire, carr\u00e9e, triangulaire, creuse, ail\u00e9e) et des ports (dress\u00e9, rampant, grimpant, en rosette, en coussin).<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Troisi\u00e8me partie \u2014 La feuille<\/h2>\n<h3>1. Organisation g\u00e9n\u00e9rale<\/h3>\n<p>La feuille est l&rsquo;organe principal de la photosynth\u00e8se. Sa forme aplatie maximise la surface d&rsquo;interception lumineuse tout en minimisant le volume \u2014 un compromis entre captation de l&rsquo;\u00e9nergie et limitation de la transpiration. Une feuille typique de Dicotyl\u00e9done comprend :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le limbe<\/strong> \u2014 partie \u00e9largie, plate, parcourue par les nervures<\/li>\n<li><strong>Le p\u00e9tiole<\/strong> \u2014 axe reliant le limbe \u00e0 la tige, parfois absent (feuille sessile)<\/li>\n<li><strong>La gaine<\/strong> \u2014 base \u00e9largie du p\u00e9tiole engainant la tige (tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e chez les Apiac\u00e9es et les Poac\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Les stipules<\/strong> \u2014 appendices pairs \u00e0 la base du p\u00e9tiole, pr\u00e9sents dans certaines familles (Rosac\u00e9es, Fabac\u00e9es, Rubiac\u00e9es), absents dans d&rsquo;autres<\/li>\n<\/ul>\n<p>Chez les Monocotyl\u00e9dones (gramin\u00e9es, liliac\u00e9es, orchid\u00e9es), la feuille est souvent r\u00e9duite \u00e0 un limbe lin\u00e9aire et une gaine engainante, sans p\u00e9tiole distinct ni stipules.<\/p>\n<h3>2. La phyllotaxie \u2014 l&rsquo;arrangement des feuilles sur la tige<\/h3>\n<p>La disposition des feuilles le long de la tige ob\u00e9it \u00e0 des lois math\u00e9matiques pr\u00e9cises et constitue un crit\u00e8re d&rsquo;identification de premier ordre :<\/p>\n<h4>Feuilles alternes<\/h4>\n<p>Une seule feuille par n\u0153ud, les feuilles successives formant une spirale autour de la tige. C&rsquo;est le cas le plus fr\u00e9quent (Rosac\u00e9es, Ast\u00e9rac\u00e9es, Fagac\u00e9es, B\u00e9tulac\u00e9es). L&rsquo;angle entre deux feuilles cons\u00e9cutives est souvent proche de 137,5\u00b0 \u2014 l&rsquo;angle d&rsquo;or \u2014 qui optimise l&rsquo;interception lumineuse en minimisant l&rsquo;ombrage mutuel.<\/p>\n<h4>Feuilles oppos\u00e9es<\/h4>\n<p>Deux feuilles par n\u0153ud, ins\u00e9r\u00e9es en face l&rsquo;une de l&rsquo;autre. Lorsque chaque paire est tourn\u00e9e de 90\u00b0 par rapport \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente, on parle de feuilles oppos\u00e9es-d\u00e9cuss\u00e9es. Ce caract\u00e8re est quasi constant dans plusieurs familles : Lamiac\u00e9es (menthe, sauge, m\u00e9lisse), Caryophyllac\u00e9es (\u0153illets, stellaires), Ol\u00e9ac\u00e9es (fr\u00eane, lilas).<\/p>\n<h4>Feuilles verticill\u00e9es<\/h4>\n<p>Trois feuilles ou plus par n\u0153ud, dispos\u00e9es en couronne. Les gaillets (<em>Galium<\/em> spp.) portent des verticilles de 4 \u00e0 12 \u00ab feuilles \u00bb (en r\u00e9alit\u00e9 des feuilles + des stipules foliac\u00e9es). Le laurier-rose (<em>Nerium oleander<\/em>) porte typiquement des verticilles de 3.<\/p>\n<h3>3. Feuilles simples et feuilles compos\u00e9es<\/h3>\n<h4>La feuille simple<\/h4>\n<p>Le limbe est d&rsquo;un seul tenant, m\u00eame s&rsquo;il peut \u00eatre profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9 (lob\u00e9, fide, partite, s\u00e9qu\u00e9). La distinction entre une feuille simple tr\u00e8s d\u00e9coup\u00e9e et une feuille compos\u00e9e repose sur un crit\u00e8re pr\u00e9cis : la pr\u00e9sence ou l&rsquo;absence d&rsquo;un bourgeon \u00e0 l&rsquo;aisselle de chaque division. S&rsquo;il y a un bourgeon, c&rsquo;est une feuille compos\u00e9e (chaque \u00ab foliole \u00bb n&rsquo;a pas de bourgeon propre, mais la base du p\u00e9tiole commun en a un) ; sinon, c&rsquo;est une feuille simple d\u00e9coup\u00e9e.<\/p>\n<h4>La feuille compos\u00e9e penn\u00e9e<\/h4>\n<p>Le limbe est divis\u00e9 en folioles dispos\u00e9es de part et d&rsquo;autre d&rsquo;un axe commun (le rachis), comme les barbes d&rsquo;une plume. On distingue :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Imparipenn\u00e9e<\/strong> \u2014 nombre impair de folioles, avec une foliole terminale (fr\u00eane, rosier, sorbier des oiseleurs)<\/li>\n<li><strong>Paripenn\u00e9e<\/strong> \u2014 nombre pair de folioles, sans foliole terminale (vesce, lentille, s\u00e9n\u00e9)<\/li>\n<li><strong>Bipenn\u00e9e<\/strong> \u2014 chaque foliole est elle-m\u00eame divis\u00e9e en foliolules (acacia, mimosa, <em>Filipendula ulmaria<\/em> \u2014 reine-des-pr\u00e9s)<\/li>\n<li><strong>Tripenn\u00e9e<\/strong> \u2014 trois niveaux de division (certaines foug\u00e8res, quelques Apiac\u00e9es)<\/li>\n<\/ul>\n<h4>La feuille compos\u00e9e palm\u00e9e (digit\u00e9e)<\/h4>\n<p>Toutes les folioles partent du m\u00eame point, \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 du p\u00e9tiole commun, comme les doigts d&rsquo;une main. Le marronnier (<em>Aesculus hippocastanum<\/em>) \u00e0 5-7 folioles, le lupin \u00e0 7-11 folioles et le tr\u00e8fle (<em>Trifolium<\/em>) \u00e0 3 folioles illustrent ce type.<\/p>\n<h4>La feuille compos\u00e9e trifoli\u00e9e<\/h4>\n<p>Cas particulier de feuille palm\u00e9e \u00e0 exactement 3 folioles. C&rsquo;est un crit\u00e8re familial majeur pour les Fabac\u00e9es (tr\u00e8fle, luzerne, lotier, m\u00e9lilot) mais aussi pour d&rsquo;autres groupes (fraisier, potentille rampante \u2014 attention, qui ont 3 \u00e0 5 folioles).<\/p>\n<h3>4. La forme du limbe \u2014 vocabulaire descriptif<\/h3>\n<p>La forme g\u00e9n\u00e9rale du limbe se d\u00e9crit par un terme pr\u00e9cis que les flores utilisent syst\u00e9matiquement :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Lin\u00e9aire<\/strong> \u2014 tr\u00e8s \u00e9troit et allong\u00e9, bords parall\u00e8les (gramin\u00e9es, lin)<\/li>\n<li><strong>Lanc\u00e9ol\u00e9<\/strong> \u2014 en forme de fer de lance, plus large vers la base et effil\u00e9 au sommet (saule, plantain lanc\u00e9ol\u00e9)<\/li>\n<li><strong>Ovale (ovate)<\/strong> \u2014 en forme d&rsquo;\u0153uf, plus large sous le milieu (lierre terrestre, ortie)<\/li>\n<li><strong>Obovale (obovate)<\/strong> \u2014 en forme d&rsquo;\u0153uf renvers\u00e9, plus large au-dessus du milieu (alch\u00e9mille)<\/li>\n<li><strong>Elliptique<\/strong> \u2014 en forme d&rsquo;ellipse, plus large au milieu (laurier noble, tro\u00e8ne)<\/li>\n<li><strong>Cordiforme (cord\u00e9)<\/strong> \u2014 en forme de c\u0153ur (tilleul, violette)<\/li>\n<li><strong>R\u00e9niforme<\/strong> \u2014 en forme de rein, plus large que long (lierre terrestre, certains g\u00e9raniums)<\/li>\n<li><strong>Sagitt\u00e9<\/strong> \u2014 en forme de pointe de fl\u00e8che avec deux lobes basaux aigus (sagittaire, oseille)<\/li>\n<li><strong>Hast\u00e9<\/strong> \u2014 comme sagitt\u00e9 mais les lobes basaux \u00e9tal\u00e9s horizontalement (arroche, patiente)<\/li>\n<li><strong>Spatul\u00e9<\/strong> \u2014 en forme de spatule, \u00e9largi au sommet et longuement att\u00e9nu\u00e9 \u00e0 la base (p\u00e2querette)<\/li>\n<li><strong>Orbiculaire<\/strong> \u2014 presque circulaire (capucine, hydrocotyle)<\/li>\n<li><strong>Aciculaire<\/strong> \u2014 en forme d&rsquo;aiguille (pin, gen\u00e9vrier)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>5. Le bord du limbe (la marge)<\/h3>\n<p>Le contour du limbe offre un crit\u00e8re d&rsquo;identification pr\u00e9cieux :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Entier<\/strong> \u2014 lisse, sans d\u00e9coupe (magnolia, buis, pervenche)<\/li>\n<li><strong>Dent\u00e9<\/strong> \u2014 garni de dents pointues dirig\u00e9es vers l&rsquo;avant (ortie, orme, noisetier)<\/li>\n<li><strong>Serrul\u00e9<\/strong> \u2014 finement dent\u00e9, dents petites et r\u00e9guli\u00e8res (cerisier)<\/li>\n<li><strong>Cr\u00e9nel\u00e9<\/strong> \u2014 garni de dents arrondies (lierre terrestre, alch\u00e9mille)<\/li>\n<li><strong>Lob\u00e9<\/strong> \u2014 d\u00e9coup\u00e9 en lobes ne d\u00e9passant pas le tiers de la largeur du demi-limbe (ch\u00eane, \u00e9rable)<\/li>\n<li><strong>Fide<\/strong> \u2014 d\u00e9coupures atteignant environ la moiti\u00e9 du demi-limbe<\/li>\n<li><strong>Partite<\/strong> \u2014 d\u00e9coupures d\u00e9passant la moiti\u00e9 du demi-limbe<\/li>\n<li><strong>S\u00e9qu\u00e9<\/strong> \u2014 d\u00e9coupures atteignant la nervure m\u00e9diane ou le p\u00e9tiole<\/li>\n<li><strong>\u00c9pineux<\/strong> \u2014 marge garnie d&rsquo;\u00e9pines (houx, chardon)<\/li>\n<li><strong>R\u00e9volut\u00e9<\/strong> \u2014 bords enroul\u00e9s vers la face inf\u00e9rieure (romarin, bruy\u00e8re)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>6. La nervation \u2014 la charpente du limbe<\/h3>\n<p>Le r\u00e9seau de nervures, visible par transparence ou en relief sur la face inf\u00e9rieure, r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;appartenance syst\u00e9matique :<\/p>\n<h4>Nervation penn\u00e9e (pinn\u00e9e)<\/h4>\n<p>Une nervure m\u00e9diane unique donne naissance \u00e0 des nervures lat\u00e9rales de part et d&rsquo;autre, comme les barbes d&rsquo;une plume. C&rsquo;est le type le plus courant chez les Dicotyl\u00e9dones (ch\u00eane, h\u00eatre, tilleul, ortie).<\/p>\n<h4>Nervation palm\u00e9e<\/h4>\n<p>Plusieurs nervures principales divergent depuis la base du limbe, comme les doigts d&rsquo;une main. Typique des \u00e9rables, platanes, vignes, ricin.<\/p>\n<h4>Nervation parall\u00e8le (parall\u00e9linervie)<\/h4>\n<p>Les nervures courent parall\u00e8lement depuis la base jusqu&rsquo;au sommet du limbe (ou convergent aux deux extr\u00e9mit\u00e9s). Caract\u00e9ristique des Monocotyl\u00e9dones (gramin\u00e9es, iris, ail, muguet). Ce crit\u00e8re permet un tri rapide Mono\/Dicotyl\u00e9done sur le terrain.<\/p>\n<h4>Nervation r\u00e9ticul\u00e9e<\/h4>\n<p>Les nervures secondaires forment un r\u00e9seau anastomos\u00e9 (connect\u00e9) visible entre les nervures principales. Ce caract\u00e8re distingue les Dicotyl\u00e9dones des Monocotyl\u00e9dones, chez lesquelles les nervures secondaires, quand elles existent, forment des connexions plus simples.<\/p>\n<h3>7. L&rsquo;apex et la base du limbe<\/h3>\n<p>La forme du sommet (apex) et de la base du limbe compl\u00e8te la description :<\/p>\n<p><strong>Apex :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Aigu \u2014 se terminant en pointe nette (&lt; 90\u00b0)<\/li>\n<li>Acumin\u00e9 \u2014 termin\u00e9 par une pointe allong\u00e9e et effil\u00e9e (laurier cerise, ortie)<\/li>\n<li>Obtus \u2014 sommet arrondi formant un angle &gt; 90\u00b0<\/li>\n<li>\u00c9margin\u00e9 \u2014 sommet \u00e9chancr\u00e9 d&rsquo;une petite encoche (certaines luzernes)<\/li>\n<li>Mucron\u00e9 \u2014 termin\u00e9 par une pointe courte et raide (mucron)<\/li>\n<li>Tronqu\u00e9 \u2014 sommet coup\u00e9 net, comme sectionn\u00e9 (tulipier de Virginie)<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Base :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Att\u00e9nu\u00e9e \u2014 s&rsquo;amincissant progressivement vers le p\u00e9tiole<\/li>\n<li>Arrondie \u2014 base formant un arc r\u00e9gulier<\/li>\n<li>Cord\u00e9e \u2014 en forme de c\u0153ur (tilleul, violette)<\/li>\n<li>Auricul\u00e9e \u2014 munie de deux petits lobes arrondis (\u00ab oreillettes \u00bb) embrassant la tige<\/li>\n<li>D\u00e9currente \u2014 le limbe se prolonge le long de la tige sous forme d&rsquo;ailes (consoude, mol\u00e8ne)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>8. Les feuilles modifi\u00e9es \u2014 d\u00e9tournements fonctionnels<\/h3>\n<h4>Les cotyl\u00e9dons<\/h4>\n<p>Premi\u00e8res feuilles de la plantule, souvent charnues et de forme diff\u00e9rente des feuilles adultes. Leur nombre distingue les deux grands groupes d&rsquo;Angiospermes : un cotyl\u00e9don (Monocotyl\u00e9dones) ou deux (Dicotyl\u00e9dones). Observer les cotyl\u00e9dons \u00e0 la germination est un excellent exercice de terrain au printemps.<\/p>\n<h4>Les \u00e9cailles<\/h4>\n<p>Feuilles r\u00e9duites, non chlorophylliennes, qui prot\u00e8gent les bourgeons (\u00e9cailles de bourgeon) ou couvrent les bulbes et rhizomes. Chez le tussilage (<em>Tussilago farfara<\/em>), la tige florale ne porte que des \u00e9cailles \u2014 les vraies feuilles n&rsquo;apparaissent qu&rsquo;apr\u00e8s la floraison.<\/p>\n<h4>Les bract\u00e9es<\/h4>\n<p>Feuilles modifi\u00e9es situ\u00e9es \u00e0 la base des fleurs ou des inflorescences. Elles peuvent \u00eatre color\u00e9es et simuler des p\u00e9tales (bougainvill\u00e9e, poinsettia) ou rester discr\u00e8tes (bract\u00e9es scarieuses des Ast\u00e9rac\u00e9es).<\/p>\n<h4>Les \u00e9pines foliaires<\/h4>\n<p>Le limbe entier ou ses stipules se transforment en \u00e9pines. Chez l&rsquo;\u00e9pine-vinette (<em>Berberis vulgaris<\/em>), les feuilles des rameaux longs sont transform\u00e9es en \u00e9pines trifurqu\u00e9es ; les vraies feuilles chlorophylliennes naissent en rosettes sur des rameaux courts axillaires. Chez le robinier (<em>Robinia pseudoacacia<\/em>), ce sont les stipules qui forment les paires d&rsquo;\u00e9pines \u00e0 la base des feuilles.<\/p>\n<h4>Les vrilles foliaires<\/h4>\n<p>Le limbe ou une partie du limbe se transforme en vrille. Chez le pois (<em>Pisum sativum<\/em>), les folioles terminales sont transform\u00e9es en vrilles. Chez certaines vesces, toutes les folioles sont transform\u00e9es en vrilles et la photosynth\u00e8se est assur\u00e9e par les stipules \u00e9largies.<\/p>\n<h4>Les feuilles de plantes carnivores<\/h4>\n<p>Chez les rossolis (<em>Drosera<\/em> spp.), les feuilles portent des tentacules glanduleux qui pi\u00e8gent et dig\u00e8rent les insectes. Chez les sarrac\u00e9nies et les n\u00e9penth\u00e8s, le limbe forme un pi\u00e8ge en forme d&rsquo;urne. Ces modifications compensent la pauvret\u00e9 du sol en azote dans les tourbi\u00e8res acides.<\/p>\n<h4>Les feuilles succulentes<\/h4>\n<p>\u00c9paissies par un parenchyme aquif\u00e8re qui stocke l&rsquo;eau. Les joubarbes (<em>Sempervivum<\/em>), les orpins (<em>Sedum<\/em>) et les alo\u00e8s illustrent cette adaptation aux milieux secs. L&rsquo;<em>Aloe vera<\/em>, dont le gel mucilagieux des feuilles est utilis\u00e9 en dermatologie, est l&rsquo;exemple phytoth\u00e9rapeutique par excellence.<\/p>\n<h3>9. L&rsquo;h\u00e9t\u00e9rophyllie \u2014 quand une m\u00eame plante porte des feuilles diff\u00e9rentes<\/h3>\n<p>Certaines plantes pr\u00e9sentent des feuilles de formes radicalement diff\u00e9rentes selon leur position ou les conditions du milieu :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le lierre<\/strong> (<em>Hedera helix<\/em>) porte des feuilles lob\u00e9es (3-5 lobes) sur les rameaux v\u00e9g\u00e9tatifs rampants ou grimpants, et des feuilles ovales enti\u00e8res sur les rameaux florif\u00e8res terminaux.<\/li>\n<li><strong>La renoncule aquatique<\/strong> (<em>Ranunculus aquatilis<\/em>) d\u00e9veloppe des feuilles finement d\u00e9coup\u00e9es en lani\u00e8res sous l&rsquo;eau (forme immerg\u00e9e) et des feuilles lob\u00e9es flottantes \u00e0 la surface.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;eucalyptus<\/strong> produit des feuilles juv\u00e9niles oppos\u00e9es, ovales et glauques, puis des feuilles adultes alternes, lanc\u00e9ol\u00e9es et pendantes \u2014 les deux types peuvent coexister sur le m\u00eame arbre.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne pi\u00e8ge r\u00e9guli\u00e8rement les d\u00e9butants qui croient observer deux esp\u00e8ces diff\u00e9rentes sur le m\u00eame individu.<\/p>\n<h3>10. Texture, couleur et caract\u00e8res secondaires<\/h3>\n<p>Au-del\u00e0 de la forme, d&rsquo;autres caract\u00e8res foliaires aident \u00e0 l&rsquo;identification sur le terrain :<\/p>\n<h4>Texture<\/h4>\n<ul>\n<li><strong>Membraneuse<\/strong> \u2014 mince et souple (sous-bois, milieux humides)<\/li>\n<li><strong>Herbac\u00e9e<\/strong> \u2014 texture de la feuille \u00ab standard \u00bb<\/li>\n<li><strong>Coriace<\/strong> \u2014 \u00e9paisse et rigide (plantes sempervirentes m\u00e9diterran\u00e9ennes : ch\u00eane vert, arbousier, myrte)<\/li>\n<li><strong>Charnue (succulente)<\/strong> \u2014 gorg\u00e9e d&rsquo;eau (Crassulac\u00e9es, Aizoac\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Scarieuse<\/strong> \u2014 s\u00e8che, parchemin\u00e9e, semi-transparente (bract\u00e9es d&rsquo;immortelle)<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Couleur<\/h4>\n<ul>\n<li><strong>Glauque<\/strong> \u2014 vert bleut\u00e9, couvert d&rsquo;une pruine cireuse (chou, eucalyptus, rue officinale)<\/li>\n<li><strong>Argent\u00e9<\/strong> \u2014 couvert de poils r\u00e9fl\u00e9chissants (armoise, potentille argent\u00e9e, sauge officinale face inf\u00e9rieure)<\/li>\n<li><strong>Pourpre<\/strong> \u2014 riche en anthocyanes (face inf\u00e9rieure de certaines lamiac\u00e9es, plantain pourpre)<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Odeur<\/h4>\n<p>Le froissement d&rsquo;une feuille entre les doigts lib\u00e8re souvent des compos\u00e9s volatils diagnostiques :<\/p>\n<ul>\n<li>Menthe, m\u00e9lisse, sauge \u2014 Lamiac\u00e9es \u00e0 huile essentielle<\/li>\n<li>Odeur de carotte\/persil\/anis \u2014 Apiac\u00e9es (attention : inclut les esp\u00e8ces toxiques)<\/li>\n<li>Odeur alliac\u00e9e (ail) \u2014 Allium, mais aussi l&rsquo;alliaire (<em>Alliaria petiolata<\/em>, Brassicac\u00e9e)<\/li>\n<li>Odeur de citron \u2014 verveine citronnelle, m\u00e9lisse, citronnelle, lemon-grass<\/li>\n<li>Odeur f\u00e9tide \u2014 feuilles froiss\u00e9es de sureau, certaines armoises<\/li>\n<\/ul>\n<h3>11. Adaptations foliaires et \u00e9cologie \u2014 lire le milieu par la feuille<\/h3>\n<p>La feuille est l&rsquo;organe qui traduit le plus directement les contraintes du milieu. Le botaniste de terrain peut \u00ab lire \u00bb l&rsquo;environnement \u00e0 travers les adaptations foliaires :<\/p>\n<h4>Adaptations \u00e0 la s\u00e9cheresse (x\u00e9romorphie)<\/h4>\n<ul>\n<li>Feuilles petites, coriaces, \u00e0 cuticule \u00e9paisse (maquis, garrigue)<\/li>\n<li>Bords r\u00e9volut\u00e9s r\u00e9duisant la surface transpirante (romarin, bruy\u00e8re)<\/li>\n<li>Pilosit\u00e9 dense cr\u00e9ant un microclimat humide (stachys, mol\u00e8ne)<\/li>\n<li>Couleur argent\u00e9e ou glauque r\u00e9fl\u00e9chissant le rayonnement (armoise, olivier)<\/li>\n<li>Succulence stockant l&rsquo;eau (orpin, joubarbe)<\/li>\n<li>Caducit\u00e9 estivale \u2014 perte des feuilles pendant la p\u00e9riode s\u00e8che (certains cistes)<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Adaptations \u00e0 l&rsquo;ombre (sciaphilie)<\/h4>\n<ul>\n<li>Feuilles larges, minces, vert fonc\u00e9 (riche en chlorophylle)<\/li>\n<li>Limbe mince maximisant la surface relative<\/li>\n<li>P\u00e9tiole long orientant le limbe vers les taches de lumi\u00e8re<\/li>\n<li>Exemples : asp\u00e9rule odorante, muguet, lierre en sous-bois<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Adaptations \u00e0 l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;eau (hygromorphie)<\/h4>\n<ul>\n<li>Feuilles \u00e0 apex longuement acumin\u00e9 (\u00ab pointe d&rsquo;\u00e9gouttage \u00bb) \u2014 facilite l&rsquo;\u00e9coulement de l&rsquo;eau<\/li>\n<li>Stomates sur\u00e9lev\u00e9s ou sur la face sup\u00e9rieure uniquement (n\u00e9nuphar)<\/li>\n<li>Parenchyme a\u00e9rif\u00e8re (a\u00e9renchyme) permettant la flottaison et les \u00e9changes gazeux<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Adaptations au vent et au froid (an\u00e9momorphie)<\/h4>\n<ul>\n<li>Port en coussin minimisant la prise au vent<\/li>\n<li>Feuilles petites, serr\u00e9es, imbriqu\u00e9es (bruy\u00e8res d&rsquo;altitude, thyms de montagne)<\/li>\n<li>Pilosit\u00e9 dense isolante (edelweiss, <em>Leontopodium alpinum<\/em>)<\/li>\n<\/ul>\n<figure class=\"zoomable-figure\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base3-3.jpg\" alt=\"Formes de limbes et types de marges foliaires\" \/><figcaption>Planche morphologique : douze formes de limbes et huit types de marges rencontr\u00e9s dans la flore europ\u00e9enne.<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Quatri\u00e8me partie \u2014 Int\u00e9gration : de l&rsquo;organe \u00e0 la plante enti\u00e8re<\/h2>\n<h3>1. La lecture morphologique globale<\/h3>\n<p>Sur le terrain, l&rsquo;identification ne repose jamais sur un seul crit\u00e8re mais sur la combinaison coh\u00e9rente de multiples caract\u00e8res. Un protocole d&rsquo;observation syst\u00e9matique pourrait suivre ce cheminement :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>\u00c0 distance (3-5 m)<\/strong> \u2014 port g\u00e9n\u00e9ral, taille, silhouette, habitat<\/li>\n<li><strong>\u00c0 proximit\u00e9 (1 m)<\/strong> \u2014 type de tige (herbac\u00e9e\/ligneuse), phyllotaxie (alterne\/oppos\u00e9e\/verticill\u00e9e), pr\u00e9sence de pilosit\u00e9<\/li>\n<li><strong>Au contact<\/strong> \u2014 section de la tige, odeur au froissement, texture du limbe, type de marge<\/li>\n<li><strong>\u00c0 la loupe<\/strong> \u2014 indument pr\u00e9cis, type de poils, glandes, nervation d\u00e9taill\u00e9e<\/li>\n<li><strong>En arrachant<\/strong> \u2014 type de syst\u00e8me racinaire (pivotant\/fascicul\u00e9), pr\u00e9sence de rhizome ou bulbe<\/li>\n<\/ol>\n<p>Ce protocole, r\u00e9p\u00e9t\u00e9 des centaines de fois, forge le \u00ab coup d&rsquo;\u0153il botanique \u00bb \u2014 cette capacit\u00e9 \u00e0 identifier une plante en quelques secondes qui impressionne tant le n\u00e9ophyte mais ne r\u00e9sulte que de l&rsquo;exp\u00e9rience accumul\u00e9e.<\/p>\n<h3>2. Corr\u00e9lations morphologiques utiles<\/h3>\n<p>Certaines associations de caract\u00e8res sont statistiquement fiables et acc\u00e9l\u00e8rent la d\u00e9termination :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Tige carr\u00e9e + feuilles oppos\u00e9es + odeur aromatique<\/strong> \u2192 Lamiac\u00e9es (quasi certain)<\/li>\n<li><strong>Feuilles alternes compos\u00e9es penn\u00e9es + stipules + fruit = gousse<\/strong> \u2192 Fabac\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Tige creuse + feuilles alternes compos\u00e9es + ombelle<\/strong> \u2192 Apiac\u00e9es (prudence : toxiques possibles)<\/li>\n<li><strong>Feuilles parall\u00e9linerves + tige avec n\u0153uds renfl\u00e9s + gaine ouverte ou ferm\u00e9e<\/strong> \u2192 Poac\u00e9es ou Cyp\u00e9rac\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Latex blanc + feuilles alternes + capitule<\/strong> \u2192 Ast\u00e9rac\u00e9es lactif\u00e8res (Cichorioideae)<\/li>\n<li><strong>Feuilles \u00e0 ponctuations translucides + odeur aromatique<\/strong> \u2192 Rutac\u00e9es ou Myrtac\u00e9es (poches \u00e0 huile essentielle)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>3. Les pi\u00e8ges classiques du terrain<\/h3>\n<h4>Feuille compos\u00e9e vs. rameau feuill\u00e9<\/h4>\n<p>Comment distinguer une feuille compos\u00e9e (un seul organe portant plusieurs folioles) d&rsquo;un rameau portant des feuilles simples ? La r\u00e9ponse tient en un crit\u00e8re : le bourgeon axillaire. \u00c0 la base d&rsquo;une feuille compos\u00e9e, il y a un bourgeon ; \u00e0 la base de chaque foliole, il n&rsquo;y en a pas. De plus, c&rsquo;est la feuille enti\u00e8re (p\u00e9tiole + folioles) qui tombe \u00e0 l&rsquo;automne, pas les folioles individuellement (sauf exception comme le noyer).<\/p>\n<h4>\u00c9pine, aiguillon, poil raide<\/h4>\n<p>Trois structures piquantes de natures tr\u00e8s diff\u00e9rentes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9pine<\/strong> \u2014 organe vasculaire (tige, feuille ou stipule modifi\u00e9e), ne se d\u00e9tache pas sans d\u00e9chirure<\/li>\n<li><strong>Aiguillon<\/strong> \u2014 excroissance \u00e9pidermique, se d\u00e9tache proprement<\/li>\n<li><strong>Poil raide (soie)<\/strong> \u2014 trichome durci, microscopique en coupe<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Racine vs. tige souterraine<\/h4>\n<p>Crit\u00e8re de distinction : la tige souterraine porte des n\u0153uds, des bourgeons et\/ou des cicatrices foliaires. La racine n&rsquo;en porte jamais. Le \u00ab bulbe \u00bb d&rsquo;ail est une tige (plateau + \u00e9cailles charnues). La \u00ab racine \u00bb de gingembre est une tige (rhizome avec des n\u0153uds et des bourgeons).<\/p>\n<h3>4. Application \u00e0 la phytoth\u00e9rapie \u2014 l&rsquo;organe d\u00e9termine l&rsquo;usage<\/h3>\n<p>En phytoth\u00e9rapie, la distinction morphologique pr\u00e9cise des organes est capitale car les principes actifs ne se distribuent pas uniform\u00e9ment dans la plante :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Racines et rhizomes<\/strong> \u2014 souvent riches en alcalo\u00efdes, saponines, inuline (gentiane, val\u00e9riane, curcuma, r\u00e9glisse)<\/li>\n<li><strong>\u00c9corces de tige<\/strong> \u2014 tanins, alcalo\u00efdes, h\u00e9t\u00e9rosides (saule, quinquina, cannelle)<\/li>\n<li><strong>Feuilles<\/strong> \u2014 flavono\u00efdes, huiles essentielles, h\u00e9t\u00e9rosides (ginkgo, eucalyptus, artichaut, m\u00e9lisse)<\/li>\n<li><strong>Sommit\u00e9s fleuries<\/strong> \u2014 huiles essentielles, flavono\u00efdes (millepertuis, aub\u00e9pine, passiflore)<\/li>\n<\/ul>\n<p>R\u00e9colter la mauvaise partie de la plante, c&rsquo;est risquer soit l&rsquo;inefficacit\u00e9 (absence du principe actif), soit la toxicit\u00e9 (concentration de compos\u00e9s ind\u00e9sirables). Ainsi, la feuille de consoude (<em>Symphytum officinale<\/em>) est utilisable en externe avec pr\u00e9caution, tandis que sa racine, riche en alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques h\u00e9patotoxiques, est d\u00e9conseill\u00e9e en usage interne prolong\u00e9.<\/p>\n<h3>5. Conservation des caract\u00e8res morphologiques \u2014 l&rsquo;herbier<\/h3>\n<p>La constitution d&rsquo;un herbier reste la meilleure m\u00e9thode pour ancrer les connaissances morphologiques. Quelques principes essentiels :<\/p>\n<ul>\n<li>R\u00e9colter un \u00e9chantillon complet : racine (si possible), tige, feuilles basales ET caulinaires, fleurs et\/ou fruits<\/li>\n<li>Montrer la face sup\u00e9rieure ET inf\u00e9rieure d&rsquo;au moins une feuille<\/li>\n<li>Presser rapidement entre papier journal, avec changement quotidien les 3 premiers jours<\/li>\n<li>\u00c9tiqueter syst\u00e9matiquement : esp\u00e8ce, lieu, date, habitat, altitude, r\u00e9colteur<\/li>\n<li>Les caract\u00e8res perdus au s\u00e9chage (couleur, odeur, port, taille in vivo) doivent \u00eatre not\u00e9s au moment de la r\u00e9colte<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Cinqui\u00e8me partie \u2014 Cl\u00e9 pratique de d\u00e9termination par les organes v\u00e9g\u00e9tatifs<\/h2>\n<p>Voici une cl\u00e9 simplifi\u00e9e utilisable sur le terrain, fond\u00e9e uniquement sur les caract\u00e8res v\u00e9g\u00e9tatifs (sans fleurs ni fruits) pour orienter vers les grandes familles de la flore europ\u00e9enne :<\/p>\n<h3>\u00c9tape 1 \u2014 Monocotyl\u00e9done ou Dicotyl\u00e9done ?<\/h3>\n<ul>\n<li>Feuilles \u00e0 nervation parall\u00e8le + tige \u00e0 n\u0153uds souvent marqu\u00e9s + syst\u00e8me fascicul\u00e9 \u2192 <strong>Monocotyl\u00e9done<\/strong><\/li>\n<li>Feuilles \u00e0 nervation r\u00e9ticul\u00e9e (penn\u00e9e ou palm\u00e9e) + tige \u00e0 section variable + syst\u00e8me pivotant \u2192 <strong>Dicotyl\u00e9done<\/strong> (au sens large)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>\u00c9tape 2 \u2014 Parmi les Dicotyl\u00e9dones, premiers aiguillages<\/h3>\n<ul>\n<li>Tige carr\u00e9e + feuilles oppos\u00e9es \u2192 <strong>Lamiac\u00e9es<\/strong> (confirmer par l&rsquo;ar\u00f4me)<\/li>\n<li>Feuilles compos\u00e9es penn\u00e9es + stipules \u2192 probablement <strong>Fabac\u00e9es<\/strong> ou <strong>Rosac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>Feuilles alternes + latex blanc au froissement \u2192 <strong>Ast\u00e9rac\u00e9es-Cichorio\u00efd\u00e9es<\/strong> ou <strong>Euphorbiac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>Tige creuse + feuilles alternes \u00e0 gaine d\u00e9velopp\u00e9e \u2192 <strong>Apiac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>Feuilles oppos\u00e9es + tige ronde \u2192 v\u00e9rifier si capsule ou baie \u2192 <strong>Caryophyllac\u00e9es<\/strong>, <strong>Gentianac\u00e9es<\/strong>, <strong>Rubiac\u00e9es<\/strong>&#8230;<\/li>\n<\/ul>\n<h3>\u00c9tape 3 \u2014 Parmi les Monocotyl\u00e9dones<\/h3>\n<ul>\n<li>Tige creuse (chaume) + n\u0153uds renfl\u00e9s + gaine fendue + ligule \u2192 <strong>Poac\u00e9es<\/strong> (gramin\u00e9es)<\/li>\n<li>Tige pleine + section triangulaire + gaine ferm\u00e9e \u2192 <strong>Cyp\u00e9rac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>Feuilles engainantes + nervures parall\u00e8les + pas de gaine fendue \u2192 <strong>Liliac\u00e9es<\/strong> au sens large, <strong>Iridac\u00e9es<\/strong>, <strong>Orchidac\u00e9es<\/strong>&#8230;<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Conclusion \u2014 la morphologie comme langage<\/h2>\n<p>La morphologie v\u00e9g\u00e9tale est un langage. Comme tout langage, son apprentissage exige un vocabulaire (les termes descriptifs), une grammaire (les corr\u00e9lations entre caract\u00e8res) et une pratique (l&rsquo;observation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e sur le terrain). Ce langage n&rsquo;est pas un caprice acad\u00e9mique : c&rsquo;est l&rsquo;outil le plus fiable, le plus universel et le plus portable dont dispose le botaniste.<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 une photographie peut tromper, o\u00f9 un nom vernaculaire peut d\u00e9signer dix esp\u00e8ces diff\u00e9rentes, la description morphologique est univoque. Dire qu&rsquo;une plante porte des feuilles oppos\u00e9es-d\u00e9cuss\u00e9es, lanc\u00e9ol\u00e9es, \u00e0 marge enti\u00e8re, sur une tige quadrangulaire pubescente, c&rsquo;est fournir une empreinte identitaire que n&rsquo;importe quel botaniste au monde peut interpr\u00e9ter \u2014 quels que soient sa langue, son continent et son \u00e9poque.<\/p>\n<p>Le terrain est le meilleur professeur. Chaque sortie est l&rsquo;occasion de v\u00e9rifier un caract\u00e8re lu dans un livre, de nuancer une description trop sch\u00e9matique, de s&rsquo;\u00e9tonner devant une forme interm\u00e9diaire que les manuels n&rsquo;avaient pas pr\u00e9vue. La morphologie n&rsquo;est pas une science achev\u00e9e \u2014 elle est un dialogue permanent entre le regard du botaniste et l&rsquo;inventivit\u00e9 in\u00e9puisable du vivant.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ol>\n<li>Judd W.S., Campbell C.S., Kellogg E.A., Stevens P.F., Donoghue M.J. \u2014 <em>Plant Systematics: A Phylogenetic Approach<\/em>. 4th ed. Sinauer Associates, 2015.<\/li>\n<li>Bell A.D. \u2014 <em>Plant Form: An Illustrated Guide to Flowering Plant Morphology<\/em>. 2nd ed. Timber Press, 2008.<\/li>\n<li>Hall\u00e9 F. \u2014 <em>Plaidoyer pour l&rsquo;arbre<\/em>. Actes Sud, 2005. [Architecture v\u00e9g\u00e9tale et morphologie adaptative]<\/li>\n<li>Bonnier G., de Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>. Belin, r\u00e9\u00e9dition 2015. [Cl\u00e9s morphologiques classiques]<\/li>\n<li>Rameau J.-C., Mansion D., Dum\u00e9 G. \u2014 <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>. 3 tomes. IDF, 1989-2008. [Descriptions morphologiques d\u00e9taill\u00e9es, illustrations]<\/li>\n<li>Troll W. \u2014 <em>Vergleichende Morphologie der h\u00f6heren Pflanzen<\/em>. Borntraeger, 1935-1943. [Ouvrage fondateur de la morphologie compar\u00e9e]<\/li>\n<li>Halle F., Oldeman R.A.A., Tomlinson P.B. \u2014 <em>Tropical Trees and Forests: An Architectural Analysis<\/em>. Springer, 1978.<\/li>\n<li>Dupont F., Guignard J.-L. \u2014 <em>Botanique : les familles de plantes<\/em>. 16e \u00e9d. Elsevier Masson, 2015.<\/li>\n<li>Reece J.B. et al. \u2014 <em>Campbell Biology<\/em>. 12th ed. Pearson, 2021. [Chapitres 35-36 : structure des plantes]<\/li>\n<li>Raven P.H., Evert R.F., Eichhorn S.E. \u2014 <em>Biology of Plants<\/em>. 8th ed. W.H. Freeman, 2013.<\/li>\n<li>Camefort H. \u2014 <em>Morphologie des v\u00e9g\u00e9taux vasculaires<\/em>. Doin, 1977. [R\u00e9f\u00e9rence francophone classique]<\/li>\n<li>Guignard J.-L., Dupont F. \u2014 <em>Botanique : syst\u00e9matique mol\u00e9culaire<\/em>. 15e \u00e9d. Elsevier Masson, 2012.<\/li>\n<li>Brundrett M.C. \u2014 \u00ab Coevolution of roots and mycorrhizas of land plants \u00bb. <em>New Phytologist<\/em> 154(2): 275-304, 2002.<\/li>\n<li>Barthelemy D., Caraglio Y. \u2014 \u00ab Plant architecture: a dynamic, multilevel and comprehensive approach to plant form, structure and ontogeny \u00bb. <em>Annals of Botany<\/em> 99(3): 375-407, 2007.<\/li>\n<li>Niklas K.J. \u2014 <em>Plant Biomechanics: An Engineering Approach to Plant Form and Function<\/em>. University of Chicago Press, 1992.<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction \u2014 pourquoi la morphologie est la cl\u00e9 du terrain Avant d&rsquo;ouvrir une flore, avant de consulter une application d&rsquo;identification, le botaniste de terrain fait [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[136],"tags":[],"class_list":["post-10255","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bases-botaniques"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10255","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10255"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10255\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11980,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10255\/revisions\/11980"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10255"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10255"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10255"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}