{"id":10260,"date":"2026-05-02T17:20:21","date_gmt":"2026-05-02T15:20:21","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/02\/la-fleur-deconstruite-comprendre-la-reproduction-des-angiospermes\/"},"modified":"2026-05-02T18:48:29","modified_gmt":"2026-05-02T16:48:29","slug":"la-fleur-deconstruite-comprendre-la-reproduction-des-angiospermes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/02\/la-fleur-deconstruite-comprendre-la-reproduction-des-angiospermes\/","title":{"rendered":"La fleur d\u00e9construite \u2014 comprendre la reproduction des angiospermes"},"content":{"rendered":"<h2>Introduction \u2014 la fleur comme carte d&rsquo;identit\u00e9<\/h2>\n<p>Si la morphologie v\u00e9g\u00e9tative permet d&rsquo;orienter une d\u00e9termination, c&rsquo;est la fleur qui la tranche. Depuis Linn\u00e9, la classification des plantes \u00e0 fleurs repose sur l&rsquo;analyse minutieuse de cet organe reproducteur dont l&rsquo;architecture, \u00e9tonnamment stable au sein d&rsquo;une m\u00eame famille, constitue le crit\u00e8re diagnostique le plus fiable dont dispose le botaniste de terrain.<\/p>\n<p>Une fleur n&rsquo;est pas un ornement. C&rsquo;est une machine reproductive dont chaque pi\u00e8ce \u2014 s\u00e9pale, p\u00e9tale, \u00e9tamine, carpelle \u2014 occupe une position pr\u00e9cise, en nombre d\u00e9termin\u00e9, avec une sym\u00e9trie caract\u00e9ristique. Apprendre \u00e0 \u00ab d\u00e9construire \u00bb une fleur, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 identifier et compter ses pi\u00e8ces, \u00e0 observer leur soudure ou leur libert\u00e9, \u00e0 rep\u00e9rer leur disposition spatiale, c&rsquo;est acqu\u00e9rir la capacit\u00e9 de rattacher presque instantan\u00e9ment une plante inconnue \u00e0 sa famille.<\/p>\n<p>Cet article propose un parcours m\u00e9thodique de l&rsquo;anatomie florale, depuis les enveloppes protectrices jusqu&rsquo;aux organes fertiles, en passant par les formules et diagrammes floraux \u2014 ces outils de notation qui condensent en quelques symboles toute l&rsquo;architecture d&rsquo;une fleur. L&rsquo;objectif est r\u00e9solument pratique : chaque notion est illustr\u00e9e par des exemples de la flore europ\u00e9enne et des plantes m\u00e9dicinales, et la derni\u00e8re partie montre comment ces connaissances s&rsquo;appliquent \u00e0 l&rsquo;identification des grandes familles.<\/p>\n<h2>Premi\u00e8re partie \u2014 Architecture g\u00e9n\u00e9rale de la fleur<\/h2>\n<h3>1. D\u00e9finition et nature morphologique<\/h3>\n<p>La fleur est un rameau court \u00e0 croissance limit\u00e9e dont les appendices lat\u00e9raux \u2014 les pi\u00e8ces florales \u2014 sont des feuilles modifi\u00e9es. Cette interpr\u00e9tation, formul\u00e9e par Goethe en 1790 dans son <em>Essai sur la m\u00e9tamorphose des plantes<\/em>, est aujourd&rsquo;hui confirm\u00e9e par la g\u00e9n\u00e9tique du d\u00e9veloppement : les g\u00e8nes hom\u00e9otiques qui sp\u00e9cifient l&rsquo;identit\u00e9 des pi\u00e8ces florales (mod\u00e8le ABC) sont apparent\u00e9s aux g\u00e8nes contr\u00f4lant le d\u00e9veloppement foliaire.<\/p>\n<p>La fleur na\u00eet \u00e0 l&rsquo;aisselle d&rsquo;une bract\u00e9e (feuille r\u00e9duite) et se d\u00e9veloppe sur un axe raccourci appel\u00e9 r\u00e9ceptacle floral. Les pi\u00e8ces florales s&rsquo;ins\u00e8rent sur ce r\u00e9ceptacle selon un ordre centrip\u00e8te : d&rsquo;abord les s\u00e9pales (les plus externes), puis les p\u00e9tales, puis les \u00e9tamines, enfin les carpelles (les plus internes).<\/p>\n<h3>2. Le r\u00e9ceptacle floral et le p\u00e9doncule<\/h3>\n<p>Le <strong>p\u00e9doncule<\/strong> est la tige qui porte la fleur. Il peut \u00eatre long (cerisier), tr\u00e8s court (sessile \u2014 plantain), ou absent dans les capitules compacts (Ast\u00e9rac\u00e9es).<\/p>\n<p>Le <strong>r\u00e9ceptacle<\/strong> (ou thalamus) est l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 \u00e9largie du p\u00e9doncule sur laquelle s&rsquo;ins\u00e8rent les pi\u00e8ces florales. Sa forme varie consid\u00e9rablement :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Plat ou l\u00e9g\u00e8rement convexe<\/strong> \u2014 cas g\u00e9n\u00e9ral (renoncule, lis)<\/li>\n<li><strong>Concave (en coupe)<\/strong> \u2014 forme un hypanthe qui entoure l&rsquo;ovaire (rosier, cerisier, pommier). L&rsquo;ovaire para\u00eet alors enfonc\u00e9 dans le r\u00e9ceptacle.<\/li>\n<li><strong>Tr\u00e8s convexe (bomb\u00e9)<\/strong> \u2014 le r\u00e9ceptacle est saillant, les carpelles sont port\u00e9s en d\u00f4me (fraisier \u2014 la \u00ab fraise \u00bb est en r\u00e9alit\u00e9 le r\u00e9ceptacle charnu, les vrais fruits \u00e9tant les ak\u00e8nes \u00e0 sa surface)<\/li>\n<li><strong>Allong\u00e9 en colonne<\/strong> \u2014 le gynophore ou l&rsquo;androgynophore \u00e9l\u00e8ve l&rsquo;ovaire ou toute la partie fertile (c\u00e2prier, passiflore)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>3. Les quatre verticilles floraux<\/h3>\n<p>Une fleur compl\u00e8te comporte quatre cercles concentriques de pi\u00e8ces (verticilles), de l&rsquo;ext\u00e9rieur vers l&rsquo;int\u00e9rieur :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Le calice<\/strong> \u2014 ensemble des s\u00e9pales (pi\u00e8ces protectrices externes)<\/li>\n<li><strong>La corolle<\/strong> \u2014 ensemble des p\u00e9tales (pi\u00e8ces attractives)<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;androc\u00e9e<\/strong> \u2014 ensemble des \u00e9tamines (organes m\u00e2les)<\/li>\n<li><strong>Le gyn\u00e9c\u00e9e<\/strong> \u2014 ensemble des carpelles (organes femelles)<\/li>\n<\/ol>\n<p>Calice + corolle = <strong>p\u00e9rianthe<\/strong> (enveloppe florale). Quand s\u00e9pales et p\u00e9tales sont indistinguables (m\u00eame forme, m\u00eame couleur), on parle de <strong>t\u00e9pales<\/strong> et de <strong>p\u00e9rigone<\/strong> \u2014 cas fr\u00e9quent chez les Monocotyl\u00e9dones (tulipe, lis, ail).<\/p>\n<h3>4. Fleurs compl\u00e8tes, incompl\u00e8tes, parfaites, imparfaites<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Fleur compl\u00e8te<\/strong> \u2014 poss\u00e8de les 4 verticilles (s\u00e9pales, p\u00e9tales, \u00e9tamines, carpelles)<\/li>\n<li><strong>Fleur incompl\u00e8te<\/strong> \u2014 un ou plusieurs verticilles manquent (pas de p\u00e9tales chez les gramin\u00e9es, pas de calice distinct chez les Renonculac\u00e9es \u00e0 p\u00e9tales color\u00e9s)<\/li>\n<li><strong>Fleur parfaite (hermaphrodite, bisexu\u00e9e)<\/strong> \u2014 poss\u00e8de \u00e0 la fois \u00e9tamines et carpelles, quelle que soit la pr\u00e9sence du p\u00e9rianthe<\/li>\n<li><strong>Fleur imparfaite (unisexu\u00e9e)<\/strong> \u2014 ne poss\u00e8de qu&rsquo;\u00e9tamines (fleur m\u00e2le, stamin\u00e9e) ou que carpelles (fleur femelle, pistill\u00e9e)<\/li>\n<\/ul>\n<p>La r\u00e9partition des sexes sur la plante d\u00e9finit des termes importants :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Esp\u00e8ce mono\u00efque<\/strong> \u2014 fleurs m\u00e2les et femelles sur le m\u00eame individu (ma\u00efs, noisetier, bouleau, ch\u00eane)<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce dio\u00efque<\/strong> \u2014 fleurs m\u00e2les et femelles sur des individus s\u00e9par\u00e9s (ortie dio\u00efque, saule, houblon, chanvre). En phytoth\u00e9rapie, cela signifie que seuls les pieds femelles produisent les fruits (c\u00f4nes du houblon, baies d&rsquo;argousier).<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce polygame<\/strong> \u2014 coexistence de fleurs hermaphrodites et unisexu\u00e9es sur le m\u00eame pied ou dans la m\u00eame population (\u00e9rable, fr\u00eane)<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Deuxi\u00e8me partie \u2014 Le p\u00e9rianthe : calice et corolle<\/h2>\n<h3>1. Le calice \u2014 s\u00e9pales et protection<\/h3>\n<p>Les <strong>s\u00e9pales<\/strong> sont les pi\u00e8ces du verticille externe. G\u00e9n\u00e9ralement verts, de texture herbac\u00e9e, ils prot\u00e8gent le bouton floral avant l&rsquo;anth\u00e8se (ouverture de la fleur). Leur nombre, leur forme et leur degr\u00e9 de soudure sont des crit\u00e8res taxonomiques de premier ordre.<\/p>\n<h4>Calice dialys\u00e9pale (s\u00e9pales libres)<\/h4>\n<p>Les s\u00e9pales sont ind\u00e9pendants les uns des autres, chacun s&rsquo;ins\u00e9rant s\u00e9par\u00e9ment sur le r\u00e9ceptacle. Cas des Renonculac\u00e9es, Rosac\u00e9es, Brassicac\u00e9es. On peut les d\u00e9tacher un \u00e0 un sans d\u00e9chirure.<\/p>\n<h4>Calice gamos\u00e9pale (s\u00e9pales soud\u00e9s)<\/h4>\n<p>Les s\u00e9pales sont fusionn\u00e9s en un tube plus ou moins long, termin\u00e9 par des lobes ou des dents libres. On distingue alors le <strong>tube<\/strong> (partie soud\u00e9e) et les <strong>lobes<\/strong> (extr\u00e9mit\u00e9s libres). Cas des Lamiac\u00e9es, Solanac\u00e9es, Caryophyllac\u00e9es.<\/p>\n<p>Le nombre de dents ou de lobes du calice gamos\u00e9pale indique le nombre de s\u00e9pales qui le composent \u2014 crit\u00e8re essentiel pour la formule florale.<\/p>\n<h4>Calices particuliers<\/h4>\n<ul>\n<li><strong>Calice persistant<\/strong> \u2014 reste attach\u00e9 au fruit apr\u00e8s la floraison (tomate, aubergine, aub\u00e9pine, alk\u00e9kenge). Chez le <em>Physalis alkekengi<\/em>, le calice s&rsquo;accro\u00eet spectaculairement en une lanterne orange qui enveloppe le fruit.<\/li>\n<li><strong>Calice caduc<\/strong> \u2014 tombe \u00e0 l&rsquo;ouverture de la fleur (coquelicot \u2014 les deux s\u00e9pales se d\u00e9tachent quand le bouton s&rsquo;ouvre)<\/li>\n<li><strong>Calicule<\/strong> \u2014 second verticille de bract\u00e9oles simulant un calice suppl\u00e9mentaire \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur du vrai calice (fraisier, mauve, potentille)<\/li>\n<li><strong>Calice \u00e0 pappus<\/strong> \u2014 transform\u00e9 en aigrette de soies (pissenlit, chardon) qui assure la diss\u00e9mination du fruit par le vent<\/li>\n<\/ul>\n<h3>2. La corolle \u2014 p\u00e9tales et attraction<\/h3>\n<p>Les <strong>p\u00e9tales<\/strong> constituent le verticille interne du p\u00e9rianthe. Souvent color\u00e9s et parfois parfum\u00e9s, ils servent principalement \u00e0 attirer les pollinisateurs. Leur morphologie \u2014 nombre, couleur, forme, soudure \u2014 est un crit\u00e8re majeur de classification.<\/p>\n<h4>Corolle dialyp\u00e9tale (p\u00e9tales libres)<\/h4>\n<p>Chaque p\u00e9tale s&rsquo;ins\u00e8re individuellement sur le r\u00e9ceptacle. Cas des Rosac\u00e9es, Renonculac\u00e9es, Brassicac\u00e9es, Caryophyllac\u00e9es. On distingue parfois un <strong>onglet<\/strong> (partie basale r\u00e9tr\u00e9cie) et un <strong>limbe<\/strong> (partie \u00e9largie sup\u00e9rieure).<\/p>\n<h4>Corolle gamop\u00e9tale (p\u00e9tales soud\u00e9s)<\/h4>\n<p>Les p\u00e9tales sont fusionn\u00e9s en un tube, une cloche ou un entonnoir. La partie soud\u00e9e forme le <strong>tube<\/strong>, les extr\u00e9mit\u00e9s libres sont les <strong>lobes<\/strong> ou <strong>l\u00e8vres<\/strong>. Cas des Lamiac\u00e9es, Scrophulariac\u00e9es, Solanac\u00e9es, Boraginac\u00e9es, Ast\u00e9rac\u00e9es.<\/p>\n<p>Les principales formes de corolle gamop\u00e9tale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Tubuleuse<\/strong> \u2014 tube \u00e9troit et long, lobes courts (fleurs du disque des Ast\u00e9rac\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Infundibuliforme<\/strong> \u2014 en entonnoir s&rsquo;\u00e9vasant progressivement (liseron, tabac)<\/li>\n<li><strong>Campanul\u00e9e<\/strong> \u2014 en cloche (campanule, muguet, digitale)<\/li>\n<li><strong>Rotac\u00e9e<\/strong> \u2014 tube tr\u00e8s court, lobes \u00e9tal\u00e9s \u00e0 plat en \u00e9toile (tomate, bourrache, myosotis)<\/li>\n<li><strong>Hypocrat\u00e9riforme<\/strong> \u2014 tube long et \u00e9troit surmont\u00e9 de lobes \u00e9tal\u00e9s brusquement (primev\u00e8re, lilas, jasmin)<\/li>\n<li><strong>Bilabi\u00e9e<\/strong> \u2014 deux l\u00e8vres in\u00e9gales, la sup\u00e9rieure souvent en casque et l&rsquo;inf\u00e9rieure \u00e9tal\u00e9e (sauge, lamier, thym, romarin) \u2014 caract\u00e9ristique des Lamiac\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Personn\u00e9e (en masque)<\/strong> \u2014 bilabi\u00e9e ferm\u00e9e, les deux l\u00e8vres se touchant et fermant l&rsquo;entr\u00e9e du tube (muflier, linaire)<\/li>\n<li><strong>Ligul\u00e9e<\/strong> \u2014 tube court prolong\u00e9 par une languette plate (\u00ab ligule \u00bb) \u00e0 5 dents \u2014 fleurs p\u00e9riph\u00e9riques des Ast\u00e9rac\u00e9es (pissenlit, chicor\u00e9e)<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Pi\u00e8ces sp\u00e9cialis\u00e9es de la corolle<\/h4>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9peron<\/strong> \u2014 prolongement tubulaire creux d&rsquo;un p\u00e9tale ou d&rsquo;un s\u00e9pale contenant du nectar (violette, ancolie, linaire, orchid\u00e9es). La longueur de l&rsquo;\u00e9peron est souvent corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la longueur de la trompe du pollinisateur \u2014 co\u00e9volution classique.<\/li>\n<li><strong>Labelle<\/strong> \u2014 p\u00e9tale inf\u00e9rieur tr\u00e8s modifi\u00e9 des orchid\u00e9es, servant de piste d&rsquo;atterrissage pour les insectes<\/li>\n<li><strong>Corona (couronne)<\/strong> \u2014 excroissances p\u00e9talo\u00efdes suppl\u00e9mentaires entre corolle et \u00e9tamines (narcisse, passiflore)<\/li>\n<li><strong>Nectaires p\u00e9talo\u00efdes<\/strong> \u2014 p\u00e9tales transform\u00e9s en cornets nectarif\u00e8res (hell\u00e9bore, nigelle, ancolie)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>3. Le p\u00e9rigone \u2014 quand calice et corolle se confondent<\/h3>\n<p>Chez de nombreuses Monocotyl\u00e9dones et quelques Dicotyl\u00e9dones, les pi\u00e8ces externes et internes du p\u00e9rianthe sont semblables. On parle de <strong>t\u00e9pales<\/strong> regroup\u00e9s en un <strong>p\u00e9rigone<\/strong>. Le lis porte 6 t\u00e9pales (3 + 3) qui se ressemblent tous, la tulipe \u00e9galement. L&rsquo;iris porte 6 t\u00e9pales diff\u00e9renci\u00e9s en 3 externes retombants et 3 internes dress\u00e9s, mais tous sont p\u00e9talo\u00efdes.<\/p>\n<p>Chez certaines Dicotyl\u00e9dones primitives, le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne s&rsquo;observe : les renonculac\u00e9es \u00e0 \u00ab p\u00e9tales \u00bb color\u00e9s (an\u00e9mone, cl\u00e9matite, h\u00e9patique) poss\u00e8dent en r\u00e9alit\u00e9 des s\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes \u2014 les vrais p\u00e9tales sont absents ou transform\u00e9s en nectaires.<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base4-1.jpg\" alt=\"Anatomie d&#039;une fleur compl\u00e8te \u2014 coupe longitudinale\" \/><figcaption>Coupe longitudinale d&rsquo;une fleur compl\u00e8te montrant s\u00e9pales, p\u00e9tales, \u00e9tamines (filet et anth\u00e8re), pistil (ovaire, style, stigmate) et r\u00e9ceptacle.<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Troisi\u00e8me partie \u2014 L&rsquo;androc\u00e9e : les \u00e9tamines<\/h2>\n<h3>1. Structure d&rsquo;une \u00e9tamine<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9tamine est l&rsquo;organe m\u00e2le de la fleur, producteur de pollen. Elle se compose de :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le filet<\/strong> \u2014 axe gr\u00eale portant l&rsquo;anth\u00e8re, de longueur variable<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;anth\u00e8re<\/strong> \u2014 partie fertile terminale, g\u00e9n\u00e9ralement form\u00e9e de deux loges (th\u00e8ques) contenant les grains de pollen. Les deux th\u00e8ques sont reli\u00e9es par le <strong>connectif<\/strong>, prolongement du filet.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00c0 maturit\u00e9, l&rsquo;anth\u00e8re s&rsquo;ouvre (d\u00e9hiscence) pour lib\u00e9rer le pollen. Le mode de d\u00e9hiscence est un crit\u00e8re diagnostique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Longitudinale<\/strong> \u2014 fente verticale le long de chaque th\u00e8que (cas le plus fr\u00e9quent)<\/li>\n<li><strong>Poricide<\/strong> \u2014 ouverture par un pore apical (bruy\u00e8re, tomate, myrtille \u2014 l&rsquo;abeille doit \u00ab vibrer \u00bb l&rsquo;anth\u00e8re pour en extraire le pollen)<\/li>\n<li><strong>Valvaire<\/strong> \u2014 ouverture par un clapet (laurier noble, \u00e9pine-vinette)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>2. Nombre et disposition des \u00e9tamines<\/h3>\n<p>Le nombre d&rsquo;\u00e9tamines est un crit\u00e8re taxonomique majeur. Les termes classiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Monandre<\/strong> \u2014 1 \u00e9tamine (Cannac\u00e9es, certaines orchid\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Diandre<\/strong> \u2014 2 \u00e9tamines (olivier, v\u00e9ronique, sauge \u2014 o\u00f9 les 2 \u00e9tamines ont un m\u00e9canisme \u00e0 bascule remarquable)<\/li>\n<li><strong>T\u00e9trandre<\/strong> \u2014 4 \u00e9tamines (plantain, beaucoup de Lamiac\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Pentandre<\/strong> \u2014 5 \u00e9tamines (Solanac\u00e9es, Boraginac\u00e9es, Apiac\u00e9es, Campanulac\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Hexandre<\/strong> \u2014 6 \u00e9tamines (Liliac\u00e9es, Amaryllidac\u00e9es, Brassicac\u00e9es \u2014 avec 4 longues + 2 courtes = t\u00e9tradynames)<\/li>\n<li><strong>D\u00e9candre<\/strong> \u2014 10 \u00e9tamines (Fabac\u00e9es, Caryophyllac\u00e9es, G\u00e9raniac\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Polyandre<\/strong> \u2014 nombreuses \u00e9tamines (&gt; 12) (Renonculac\u00e9es, Rosac\u00e9es, Malvac\u00e9es, Cistac\u00e9es)<\/li>\n<\/ul>\n<h4>\u00c9tamines didynames et t\u00e9tradynames<\/h4>\n<p>Chez les Lamiac\u00e9es et les anciennes Scrophulariac\u00e9es, les 4 \u00e9tamines sont souvent <strong>didynames<\/strong> : 2 longues et 2 courtes. Chez les Brassicac\u00e9es, les 6 \u00e9tamines sont <strong>t\u00e9tradynames<\/strong> : 4 longues (internes) et 2 courtes (externes). Ces configurations sont des marqueurs familiaux quasi infaillibles.<\/p>\n<h3>3. Soudure des \u00e9tamines<\/h3>\n<p>Les \u00e9tamines peuvent \u00eatre libres (cas g\u00e9n\u00e9ral) ou soud\u00e9es entre elles ou avec d&rsquo;autres pi\u00e8ces :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Monadelphes<\/strong> \u2014 filets soud\u00e9s en un seul faisceau formant un tube autour du pistil (Malvac\u00e9es : mauve, guimauve, hibiscus)<\/li>\n<li><strong>Diadelphes<\/strong> \u2014 filets soud\u00e9s en deux faisceaux, typiquement 9 + 1 (Fabac\u00e9es papilionac\u00e9es : pois, haricot, tr\u00e8fle \u2014 9 \u00e9tamines soud\u00e9es en goutti\u00e8re + 1 \u00e9tamine libre)<\/li>\n<li><strong>Polyadelphes<\/strong> \u2014 filets soud\u00e9s en plusieurs faisceaux (millepertuis \u2014 3 \u00e0 5 phalanges d&rsquo;\u00e9tamines)<\/li>\n<li><strong>Synanth\u00e8res (syng\u00e9n\u00e8ses)<\/strong> \u2014 anth\u00e8res soud\u00e9es en tube autour du style, filets libres (Ast\u00e9rac\u00e9es \u2014 crit\u00e8re familial absolu)<\/li>\n<li><strong>Gynandres<\/strong> \u2014 \u00e9tamines soud\u00e9es au pistil formant un gynost\u00e8me (orchid\u00e9es)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>4. Insertion des \u00e9tamines<\/h3>\n<p>Le point d&rsquo;attache des \u00e9tamines renseigne sur la structure florale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9tamines \u00e9pigynes<\/strong> \u2014 ins\u00e9r\u00e9es au sommet de l&rsquo;ovaire inf\u00e8re<\/li>\n<li><strong>\u00c9tamines p\u00e9rigynes<\/strong> \u2014 ins\u00e9r\u00e9es sur le bord de l&rsquo;hypanthe (coupe r\u00e9ceptaculaire)<\/li>\n<li><strong>\u00c9tamines hypogynes<\/strong> \u2014 ins\u00e9r\u00e9es sous l&rsquo;ovaire, directement sur le r\u00e9ceptacle<\/li>\n<li><strong>\u00c9tamines \u00e9pip\u00e9tales<\/strong> \u2014 ins\u00e9r\u00e9es sur la corolle, alternant avec les lobes ou leur faisant face (fr\u00e9quent chez les gamop\u00e9tales : Primulac\u00e9es \u2014 \u00e9tamines face aux p\u00e9tales ; Solanac\u00e9es \u2014 \u00e9tamines alternant avec les lobes)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>5. Le pollen \u2014 forme et ornementation<\/h3>\n<p>Bien que le grain de pollen soit microscopique, sa morphologie (\u00e9tudi\u00e9e par la palynologie) est d&rsquo;une diversit\u00e9 extraordinaire et sp\u00e9cifique de chaque esp\u00e8ce. Sur le terrain, le botaniste observe surtout :<\/p>\n<ul>\n<li>La <strong>couleur<\/strong> du pollen \u2014 jaune (cas le plus fr\u00e9quent), blanc, orange, rouge, bleu-gris<\/li>\n<li>La <strong>texture<\/strong> \u2014 poudreux et volatil (an\u00e9mogames : gramin\u00e9es, noisetier) ou collant et grumeleux (entomogames : la plupart des fleurs color\u00e9es)<\/li>\n<li>L&rsquo;<strong>abondance<\/strong> \u2014 tr\u00e8s abondant chez les an\u00e9mogames (nuages de pollen au printemps), parcimonieux chez les entomogames<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Quatri\u00e8me partie \u2014 Le gyn\u00e9c\u00e9e : carpelles et pistil<\/h2>\n<h3>1. Le carpelle \u2014 unit\u00e9 de base<\/h3>\n<p>Le <strong>carpelle<\/strong> est la pi\u00e8ce femelle \u00e9l\u00e9mentaire de la fleur. C&rsquo;est une feuille modifi\u00e9e repli\u00e9e sur elle-m\u00eame dont les bords soud\u00e9s forment une cavit\u00e9 close (la loge) abritant les ovules. Chaque carpelle comprend :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;ovaire<\/strong> \u2014 partie basale renfl\u00e9e contenant les ovules<\/li>\n<li><strong>Le style<\/strong> \u2014 tube \u00e9troit surmontant l&rsquo;ovaire, qui conduit le tube pollinique<\/li>\n<li><strong>Le stigmate<\/strong> \u2014 surface r\u00e9ceptrice du pollen, souvent papilleuse ou plumeuse<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le <strong>pistil<\/strong> est l&rsquo;ensemble du gyn\u00e9c\u00e9e tel qu&rsquo;il appara\u00eet dans la fleur. Il peut \u00eatre form\u00e9 d&rsquo;un seul carpelle (pistil simple) ou de plusieurs carpelles soud\u00e9s (pistil compos\u00e9).<\/p>\n<h3>2. Carpelles libres vs. carpelles soud\u00e9s<\/h3>\n<h4>Gyn\u00e9c\u00e9e apocarpe (carpelles libres)<\/h4>\n<p>Chaque carpelle forme un pistil ind\u00e9pendant. La fleur contient donc plusieurs petits pistils s\u00e9par\u00e9s. C&rsquo;est un caract\u00e8re consid\u00e9r\u00e9 comme primitif. Exemples :<\/p>\n<ul>\n<li>Renoncule \u2014 nombreux carpelles libres spiral\u00e9s sur un r\u00e9ceptacle bomb\u00e9<\/li>\n<li>Fraisier \u2014 nombreux carpelles libres donnant chacun un ak\u00e8ne<\/li>\n<li>Framboisier \u2014 nombreuses drup\u00e9oles issues de carpelles libres<\/li>\n<li>Pivoine \u2014 2 \u00e0 5 carpelles libres divergents<\/li>\n<li>Hell\u00e9bore \u2014 3 \u00e0 8 carpelles libres devenant des follicules<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Gyn\u00e9c\u00e9e syncarpe (carpelles soud\u00e9s)<\/h4>\n<p>Les carpelles sont fusionn\u00e9s en un pistil unique. C&rsquo;est le cas le plus fr\u00e9quent chez les familles \u00e9volu\u00e9es. Le nombre de carpelles soud\u00e9s se d\u00e9duit du nombre de loges de l&rsquo;ovaire, du nombre de styles ou de branches stigmatiques, ou des lignes de suture visibles.<\/p>\n<ul>\n<li>2 carpelles soud\u00e9s \u2014 Lamiac\u00e9es, Scrophulariac\u00e9es, Brassicac\u00e9es, Apiac\u00e9es<\/li>\n<li>3 carpelles soud\u00e9s \u2014 Liliac\u00e9es, Iridac\u00e9es, Violac\u00e9es<\/li>\n<li>5 carpelles soud\u00e9s \u2014 Solanac\u00e9es, Malvac\u00e9es, Linac\u00e9es<\/li>\n<li>Nombreux carpelles soud\u00e9s \u2014 Cactac\u00e9es, certaines Rosac\u00e9es (pommier)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>3. La placentation \u2014 disposition des ovules<\/h3>\n<p>La mani\u00e8re dont les ovules sont attach\u00e9s \u00e0 la paroi de l&rsquo;ovaire (le <strong>placenta<\/strong>) est un crit\u00e8re anatomique important :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Placentation marginale<\/strong> \u2014 ovules fix\u00e9s le long de la suture d&rsquo;un carpelle unique (Fabac\u00e9es \u2014 ovules en rang le long de la gousse)<\/li>\n<li><strong>Placentation axile<\/strong> \u2014 dans un ovaire pluriloculaire, les ovules sont fix\u00e9s sur l&rsquo;axe central o\u00f9 se rejoignent les cloisons (Liliac\u00e9es, Solanac\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Placentation pari\u00e9tale<\/strong> \u2014 ovules fix\u00e9s sur les parois de l&rsquo;ovaire, qui reste uniloculaire malgr\u00e9 plusieurs carpelles (Violac\u00e9es, Cistac\u00e9es, Cucurbitac\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Placentation centrale libre<\/strong> \u2014 ovules fix\u00e9s sur une colonne centrale sans cloison (Primulac\u00e9es, Caryophyllac\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Placentation basale<\/strong> \u2014 un ou quelques ovules fix\u00e9s \u00e0 la base de l&rsquo;ovaire (Ast\u00e9rac\u00e9es \u2014 un seul ovule basal par fleur)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>4. Position de l&rsquo;ovaire \u2014 crit\u00e8re fondamental<\/h3>\n<p>La position de l&rsquo;ovaire par rapport au point d&rsquo;insertion des autres pi\u00e8ces florales est l&rsquo;un des crit\u00e8res les plus importants de la syst\u00e9matique :<\/p>\n<h4>Ovaire sup\u00e8re (fleur hypogyne)<\/h4>\n<p>L&rsquo;ovaire est libre, pos\u00e9 sur le r\u00e9ceptacle, les autres pi\u00e8ces s&rsquo;ins\u00e9rant en dessous de lui. En coupant la fleur en deux, l&rsquo;ovaire appara\u00eet au sommet, au-dessus du point d&rsquo;attache des s\u00e9pales et p\u00e9tales. Exemples : Renonculac\u00e9es, Lamiac\u00e9es, Solanac\u00e9es, Brassicac\u00e9es, Fabac\u00e9es.<\/p>\n<h4>Ovaire inf\u00e8re (fleur \u00e9pigyne)<\/h4>\n<p>L&rsquo;ovaire est soud\u00e9 au r\u00e9ceptacle (ou \u00e0 l&rsquo;hypanthe) ; les autres pi\u00e8ces semblent s&rsquo;ins\u00e9rer au sommet de l&rsquo;ovaire. Le fruit gardera les restes du calice \u00e0 son sommet (cicatrice visible sur une pomme, un cynorrhodon, une groseille). Exemples : Ast\u00e9rac\u00e9es, Apiac\u00e9es, Orchidac\u00e9es, Cucurbitac\u00e9es, Campanulac\u00e9es.<\/p>\n<h4>Ovaire semi-inf\u00e8re (fleur p\u00e9rigyne)<\/h4>\n<p>L&rsquo;ovaire est partiellement soud\u00e9 au r\u00e9ceptacle en coupe. Les pi\u00e8ces s&rsquo;ins\u00e8rent sur le bord de la coupe, \u00e0 mi-hauteur de l&rsquo;ovaire. Exemples : certaines Saxifragac\u00e9es, Rosac\u00e9es \u00e0 hypanthe (cerisier, prunier).<\/p>\n<p>Sur le terrain, un moyen simple de d\u00e9terminer la position de l&rsquo;ovaire : regarder si les restes de la fleur fan\u00e9e (s\u00e9pales, base des p\u00e9tales) sont situ\u00e9s sous le futur fruit (ovaire sup\u00e8re) ou \u00e0 son sommet (ovaire inf\u00e8re).<\/p>\n<h3>5. Le style et le stigmate<\/h3>\n<p>Le <strong>style<\/strong> peut \u00eatre unique (m\u00eame si form\u00e9 de plusieurs carpelles soud\u00e9s), bifide, trifide, ou multiple. Sa longueur, sa forme et la position du stigmate sont des crit\u00e8res utiles :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Style terminal<\/strong> \u2014 au sommet de l&rsquo;ovaire (cas g\u00e9n\u00e9ral)<\/li>\n<li><strong>Style gynobasique<\/strong> \u2014 ins\u00e9r\u00e9 \u00e0 la base de l&rsquo;ovaire, entre les lobes (Lamiac\u00e9es, Boraginac\u00e9es \u2014 l&rsquo;ovaire est profond\u00e9ment lob\u00e9 en 4 et le style na\u00eet au fond de la d\u00e9pression)<\/li>\n<li><strong>Style lat\u00e9ral<\/strong> \u2014 ins\u00e9r\u00e9 sur le c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;ovaire (certaines Rosac\u00e9es)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le <strong>stigmate<\/strong> est la surface r\u00e9ceptrice du pollen. Sa forme renseigne sur le mode de pollinisation :<\/p>\n<ul>\n<li>Stigmate capit\u00e9 (en t\u00eate) \u2014 petite surface collante (entomogames)<\/li>\n<li>Stigmate plumeux \u2014 grande surface plumeuse captant le pollen atmosph\u00e9rique (gramin\u00e9es, an\u00e9mogames)<\/li>\n<li>Stigmate bifide ou trifide \u2014 fendu en 2 ou 3 branches (Ast\u00e9rac\u00e9es : bifide ; Iridac\u00e9es : trifide p\u00e9talo\u00efde chez l&rsquo;iris)<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Cinqui\u00e8me partie \u2014 Sym\u00e9trie florale<\/h2>\n<h3>1. Les types de sym\u00e9trie<\/h3>\n<p>La sym\u00e9trie de la fleur est un crit\u00e8re imm\u00e9diat, observable \u00e0 distance, qui oriente fortement la d\u00e9termination :<\/p>\n<h4>Fleur actinomorphe (sym\u00e9trie radiale)<\/h4>\n<p>La fleur poss\u00e8de plusieurs plans de sym\u00e9trie passant par son centre. Vue de face, elle pr\u00e9sente une sym\u00e9trie en \u00e9toile. On la qualifie aussi de <strong>r\u00e9guli\u00e8re<\/strong>. Exemples : bouton d&rsquo;or (5 plans), lis (3 plans), \u0153illet (5 plans), tomate (5 plans).<\/p>\n<h4>Fleur zygomorphe (sym\u00e9trie bilat\u00e9rale)<\/h4>\n<p>La fleur ne poss\u00e8de qu&rsquo;un seul plan de sym\u00e9trie (plan m\u00e9dian vertical). Vue de face, elle a un c\u00f4t\u00e9 droit et un c\u00f4t\u00e9 gauche identiques, mais un haut et un bas diff\u00e9rents. On la qualifie de <strong>irr\u00e9guli\u00e8re<\/strong>. Exemples : sauge, muflier, orchid\u00e9e, violette, aconit, pois.<\/p>\n<p>La zygomorphie est une adaptation \u00e0 la pollinisation par les insectes : la fleur impose un axe d&rsquo;entr\u00e9e au visiteur, for\u00e7ant un contact pr\u00e9cis avec les organes reproducteurs.<\/p>\n<h4>Fleur asym\u00e9trique<\/h4>\n<p>Aucun plan de sym\u00e9trie \u2014 tr\u00e8s rare. Le canna et la val\u00e9riane \u00e0 fleur asym\u00e9trique illustrent ce cas extr\u00eame.<\/p>\n<h3>2. Sym\u00e9trie et classification<\/h3>\n<p>La sym\u00e9trie est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 des groupes entiers :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Actinomorphes<\/strong> \u2014 Rosac\u00e9es, Renonculac\u00e9es, Solanac\u00e9es, Apiac\u00e9es, Liliac\u00e9es, Brassicac\u00e9es, Caryophyllac\u00e9es, Malvac\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Zygomorphes<\/strong> \u2014 Lamiac\u00e9es (bilabi\u00e9es), Fabac\u00e9es (papilionac\u00e9es), Orchidac\u00e9es, Violac\u00e9es, Scrophulariac\u00e9es, Plantaginac\u00e9es (ex-Scrophulariac\u00e9es)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Au sein des Ast\u00e9rac\u00e9es, les deux types coexistent : les fleurons tubuleux du disque sont actinomorphes, les fleurs ligul\u00e9es de la p\u00e9riph\u00e9rie sont zygomorphes.<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base4-2.jpg\" alt=\"Sym\u00e9tries florales et types de corolles\" \/><figcaption>Sym\u00e9trie radiale (actinomorphe) et bilat\u00e9rale (zygomorphe), et les principaux types de corolles gamop\u00e9tales.<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Sixi\u00e8me partie \u2014 Formules et diagrammes floraux<\/h2>\n<h3>1. La formule florale \u2014 notation symbolique<\/h3>\n<p>La formule florale condense en une ligne toute l&rsquo;architecture d&rsquo;une fleur. Elle utilise les conventions suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>K<\/strong> = calice (Kelch en allemand) \u2014 nombre de s\u00e9pales<\/li>\n<li><strong>C<\/strong> = corolle \u2014 nombre de p\u00e9tales<\/li>\n<li><strong>A<\/strong> = androc\u00e9e \u2014 nombre d&rsquo;\u00e9tamines<\/li>\n<li><strong>G<\/strong> = gyn\u00e9c\u00e9e \u2014 nombre de carpelles<\/li>\n<li><strong>P<\/strong> = p\u00e9rigone (t\u00e9pales) \u2014 remplace K+C quand les pi\u00e8ces sont indiff\u00e9renci\u00e9es<\/li>\n<\/ul>\n<p>Conventions compl\u00e9mentaires :<\/p>\n<ul>\n<li>Parenth\u00e8ses <strong>( )<\/strong> autour du chiffre = pi\u00e8ces soud\u00e9es entre elles. Ex : C(5) = 5 p\u00e9tales soud\u00e9s<\/li>\n<li>Chiffre sans parenth\u00e8ses = pi\u00e8ces libres. Ex : C5 = 5 p\u00e9tales libres<\/li>\n<li><strong>\u221e<\/strong> = nombre ind\u00e9fini, sup\u00e9rieur \u00e0 12<\/li>\n<li><strong>Trait sous G<\/strong> ou <strong>G surlign\u00e9<\/strong> = ovaire inf\u00e8re. En notation simplifi\u00e9e : G\u0332 ou Ginf<\/li>\n<li><strong>Trait au-dessus de G<\/strong> = ovaire sup\u00e8re. En notation simplifi\u00e9e : G ou Gsup<\/li>\n<li><strong>\u2736<\/strong> = fleur actinomorphe<\/li>\n<li><strong>\u2191<\/strong> = fleur zygomorphe<\/li>\n<li><strong>\u2640<\/strong> = fleur femelle, <strong>\u2642<\/strong> = fleur m\u00e2le, <strong>\u26a5<\/strong> = fleur hermaphrodite<\/li>\n<\/ul>\n<h3>2. Exemples de formules florales par famille<\/h3>\n<h4>Rosac\u00e9es (type rosier, fraisier)<\/h4>\n<p>\u2736 \u26a5 K5 C5 A\u221e G\u221e (carpelles libres) ou G(5)inf (pommier, ovaire inf\u00e8re \u00e0 5 carpelles soud\u00e9s)<\/p>\n<p>Interpr\u00e9tation : fleur r\u00e9guli\u00e8re, hermaphrodite, 5 s\u00e9pales libres, 5 p\u00e9tales libres, nombreuses \u00e9tamines, gyn\u00e9c\u00e9e variable selon le sous-groupe.<\/p>\n<h4>Fabac\u00e9es (type pois, tr\u00e8fle)<\/h4>\n<p>\u2191 \u26a5 K(5) C5 A(9)+1 G1<\/p>\n<p>Interpr\u00e9tation : fleur zygomorphe, hermaphrodite, 5 s\u00e9pales soud\u00e9s, 5 p\u00e9tales libres (mais diff\u00e9renci\u00e9s : \u00e9tendard + 2 ailes + 2 p\u00e9tales soud\u00e9s en car\u00e8ne), 10 \u00e9tamines (9 soud\u00e9es + 1 libre = diadelphes), 1 carpelle unique \u2192 gousse.<\/p>\n<h4>Lamiac\u00e9es (type sauge, menthe)<\/h4>\n<p>\u2191 \u26a5 K(5) C(5) A4 ou 2 G(2)<\/p>\n<p>Interpr\u00e9tation : fleur zygomorphe (bilabi\u00e9e), hermaphrodite, 5 s\u00e9pales soud\u00e9s en tube, 5 p\u00e9tales soud\u00e9s (2 en l\u00e8vre sup\u00e9rieure + 3 en l\u00e8vre inf\u00e9rieure), 4 \u00e9tamines didynames (parfois 2 chez la sauge), 2 carpelles soud\u00e9s \u2192 4 nucules.<\/p>\n<h4>Brassicac\u00e9es (type chou, moutarde)<\/h4>\n<p>\u2736 \u26a5 K4 C4 A2+4 G(2)<\/p>\n<p>Interpr\u00e9tation : fleur r\u00e9guli\u00e8re, 4 s\u00e9pales libres en croix, 4 p\u00e9tales libres en croix (d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;ancien nom Crucif\u00e8res), 6 \u00e9tamines t\u00e9tradynames (4 longues + 2 courtes), 2 carpelles soud\u00e9s \u2192 silique ou silicule.<\/p>\n<h4>Ast\u00e9rac\u00e9es (type marguerite, pissenlit)<\/h4>\n<p>\u2736 ou \u2191 \u26a5 K0 ou pappus C(5) A(5) G(2)inf<\/p>\n<p>Interpr\u00e9tation : calice absent ou transform\u00e9 en pappus (aigrette), 5 p\u00e9tales soud\u00e9s (tube ou ligule), 5 \u00e9tamines \u00e0 anth\u00e8res soud\u00e9es (synanth\u00e8res), 2 carpelles soud\u00e9s en ovaire inf\u00e8re \u2192 ak\u00e8ne. Chaque \u00ab fleur \u00bb de marguerite est en r\u00e9alit\u00e9 un capitule contenant des dizaines de petites fleurs.<\/p>\n<h4>Liliac\u00e9es (type lis, tulipe)<\/h4>\n<p>\u2736 \u26a5 P3+3 A3+3 G(3)<\/p>\n<p>Interpr\u00e9tation : fleur r\u00e9guli\u00e8re, p\u00e9rigone de 6 t\u00e9pales libres en 2 verticilles de 3, 6 \u00e9tamines en 2 verticilles de 3, 3 carpelles soud\u00e9s en ovaire sup\u00e8re \u2192 capsule.<\/p>\n<h4>Apiac\u00e9es (type carotte, persil)<\/h4>\n<p>\u2736 \u26a5 K5 (r\u00e9duit) C5 A5 G(2)inf<\/p>\n<p>Interpr\u00e9tation : fleur r\u00e9guli\u00e8re, petite, 5 s\u00e9pales minuscules souvent \u00e0 peine visibles, 5 p\u00e9tales libres \u00e0 sommet recourb\u00e9, 5 \u00e9tamines, 2 carpelles soud\u00e9s en ovaire inf\u00e8re surmont\u00e9 de 2 styles \u2192 fruit sec se s\u00e9parant en 2 m\u00e9ricarpes (diak\u00e8ne).<\/p>\n<h3>3. Le diagramme floral \u2014 repr\u00e9sentation graphique<\/h3>\n<p>Le diagramme floral est la coupe transversale sch\u00e9matique d&rsquo;un bouton floral, vu du dessus. Il montre la position relative de toutes les pi\u00e8ces dans l&rsquo;espace. Conventions graphiques :<\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;axe de la tige est figur\u00e9 en haut (cercle plein ou arc)<\/li>\n<li>La bract\u00e9e m\u00e8re est figur\u00e9e en bas (arc ou croissant)<\/li>\n<li>Les s\u00e9pales sont repr\u00e9sent\u00e9s par des croissants ou arcs (verts)<\/li>\n<li>Les p\u00e9tales sont repr\u00e9sent\u00e9s par des formes arrondies ou spatul\u00e9es (color\u00e9s)<\/li>\n<li>Les \u00e9tamines sont figur\u00e9es par des coupes transversales d&rsquo;anth\u00e8re (en forme de papillon ou haricot)<\/li>\n<li>L&rsquo;ovaire est au centre, montrant le nombre de loges et la placentation<\/li>\n<li>Un trait reliant des pi\u00e8ces indique leur soudure<\/li>\n<li>Un arc entourant un verticille indique la gamop\u00e9talie ou gamos\u00e9palie<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le diagramme floral est plus informatif que la formule car il montre les rapports spatiaux (alternance ou superposition des pi\u00e8ces entre verticilles successifs). En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les pi\u00e8ces d&rsquo;un verticille alternent avec celles du verticille voisin \u2014 quand elles se superposent, c&rsquo;est un caract\u00e8re notable (\u00e9tamines \u00e9pip\u00e9tales des Primulac\u00e9es).<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base4-3.jpg\" alt=\"Diagrammes floraux de quatre grandes familles\" \/><figcaption>Diagrammes floraux des Rosac\u00e9es, Lamiac\u00e9es, Fabac\u00e9es et Ast\u00e9rac\u00e9es \u2014 lecture sch\u00e9matique de l&rsquo;architecture florale.<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Septi\u00e8me partie \u2014 Les inflorescences<\/h2>\n<h3>1. Pourquoi des inflorescences ?<\/h3>\n<p>Beaucoup de plantes ne portent pas de fleurs solitaires mais des groupements de fleurs \u2014 les <strong>inflorescences<\/strong>. Regrouper les fleurs offre plusieurs avantages : signalisation visuelle renforc\u00e9e pour les pollinisateurs, \u00e9conomie de tissus protecteurs et conducteurs, optimisation de la f\u00e9condation crois\u00e9e par maturation s\u00e9quentielle.<\/p>\n<p>Le type d&rsquo;inflorescence est un crit\u00e8re taxonomique important, souvent constant au niveau de la famille.<\/p>\n<h3>2. Inflorescences ind\u00e9finies (rac\u00e9meuses)<\/h3>\n<p>L&rsquo;axe principal a une croissance ind\u00e9finie ; les fleurs s&rsquo;ouvrent de bas en haut (acrop\u00e8te) ou de la p\u00e9riph\u00e9rie vers le centre.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Grappe<\/strong> \u2014 axe allong\u00e9 portant des fleurs p\u00e9doncul\u00e9es (glycine, robinier, groseillier)<\/li>\n<li><strong>\u00c9pi<\/strong> \u2014 comme la grappe mais les fleurs sont sessiles (plantain, mol\u00e8ne, lavande)<\/li>\n<li><strong>Corymbe<\/strong> \u2014 grappe dont les p\u00e9doncules inf\u00e9rieurs sont plus longs, amenant toutes les fleurs au m\u00eame niveau (poirier, aub\u00e9pine)<\/li>\n<li><strong>Ombelle<\/strong> \u2014 tous les p\u00e9doncules partent du m\u00eame point et arrivent au m\u00eame niveau (Apiac\u00e9es). Une ombelle d&rsquo;ombellules = ombelle compos\u00e9e (carotte, fenouil, cig\u00fce).<\/li>\n<li><strong>Capitule<\/strong> \u2014 fleurs sessiles serr\u00e9es sur un r\u00e9ceptacle \u00e9largi et aplati (Ast\u00e9rac\u00e9es, tr\u00e8fle, scabieuse). C&rsquo;est l&rsquo;inflorescence la plus \u00e9volu\u00e9e \u2014 chaque \u00ab fleur \u00bb de marguerite est un capitule de 200 \u00e0 300 fleurs individuelles.<\/li>\n<li><strong>Spadice<\/strong> \u2014 \u00e9pi \u00e0 axe charnu entour\u00e9 d&rsquo;une grande bract\u00e9e (spathe) (arum, anthurium)<\/li>\n<li><strong>Chaton<\/strong> \u2014 \u00e9pi pendant de fleurs unisexu\u00e9es, souvent sans p\u00e9rianthe (noisetier, saule, ch\u00eane, bouleau)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>3. Inflorescences d\u00e9finies (cymeuses)<\/h3>\n<p>L&rsquo;axe principal se termine par une fleur ; la croissance se poursuit par des axes lat\u00e9raux. Les fleurs s&rsquo;ouvrent du centre vers la p\u00e9riph\u00e9rie (centrifuge).<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Cyme unipare h\u00e9lico\u00efde<\/strong> \u2014 chaque axe successif part du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 (myosotis, bourrache \u2014 l&rsquo;inflorescence \u00ab se d\u00e9roule \u00bb comme une crosse)<\/li>\n<li><strong>Cyme unipare scorpio\u00efde<\/strong> \u2014 chaque axe successif alterne de c\u00f4t\u00e9<\/li>\n<li><strong>Cyme bipare (dichasium)<\/strong> \u2014 chaque axe se divise en deux (\u0153illet, stellaire, sil\u00e8ne)<\/li>\n<li><strong>Glom\u00e9rule<\/strong> \u2014 cyme tr\u00e8s contract\u00e9e formant un amas dense de fleurs (lamier, menthe \u2014 les fleurs semblent verticill\u00e9es aux n\u0153uds mais sont en r\u00e9alit\u00e9 des cymes)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>4. Inflorescences compos\u00e9es et mixtes<\/h3>\n<p>Beaucoup d&rsquo;inflorescences combinent plusieurs types :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Panicule<\/strong> \u2014 grappe de grappes (avoine, lilas, vigne)<\/li>\n<li><strong>Thyrse<\/strong> \u2014 grappe de cymes (marronnier, lilas)<\/li>\n<li><strong>Corymbe de capitules<\/strong> \u2014 achill\u00e9e, tanaisie<\/li>\n<li><strong>Ombelle de cymes<\/strong> \u2014 sureau (les \u00ab ombelles \u00bb du sureau sont en r\u00e9alit\u00e9 des cymes)<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Huiti\u00e8me partie \u2014 Lire une fleur pour identifier une famille<\/h2>\n<h3>1. Protocole d&rsquo;observation syst\u00e9matique<\/h3>\n<p>Face \u00e0 une fleur inconnue, proc\u00e9der dans cet ordre :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Sym\u00e9trie<\/strong> \u2014 actinomorphe ou zygomorphe ? (observable \u00e0 distance)<\/li>\n<li><strong>Nombre de pi\u00e8ces<\/strong> \u2014 compter s\u00e9pales et p\u00e9tales (base 3, 4, 5, ou ind\u00e9fini ?)<\/li>\n<li><strong>Soudure<\/strong> \u2014 p\u00e9tales libres (dialyp\u00e9tale) ou soud\u00e9s (gamop\u00e9tale) ?<\/li>\n<li><strong>\u00c9tamines<\/strong> \u2014 combien ? libres ou soud\u00e9es ? ins\u00e9r\u00e9es o\u00f9 ?<\/li>\n<li><strong>Ovaire<\/strong> \u2014 sup\u00e8re ou inf\u00e8re ? combien de carpelles ?<\/li>\n<li><strong>Inflorescence<\/strong> \u2014 solitaire, grappe, ombelle, capitule ?<\/li>\n<li><strong>Recoupement v\u00e9g\u00e9tatif<\/strong> \u2014 tige carr\u00e9e ? feuilles oppos\u00e9es ? latex ? odeur ?<\/li>\n<\/ol>\n<h3>2. Arbres de d\u00e9termination par la fleur<\/h3>\n<h4>Entr\u00e9e : fleur actinomorphe, base 5, p\u00e9tales libres<\/h4>\n<ul>\n<li>\u00c9tamines nombreuses (&gt; 10) + carpelles nombreux libres \u2192 <strong>Renonculac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>\u00c9tamines nombreuses + 5 s\u00e9pales + r\u00e9ceptacle en coupe \u2192 <strong>Rosac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>\u00c9tamines 5 + ovaire inf\u00e8re + ombelle \u2192 <strong>Apiac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>\u00c9tamines 10 + carpelle unique \u2192 <strong>Fabac\u00e9es-C\u00e9salpinio\u00efd\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>\u00c9tamines 5 + ovaire sup\u00e8re + fruit = capsule \u2192 <strong>Linac\u00e9es<\/strong>, <strong>G\u00e9raniac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<h4>Entr\u00e9e : fleur actinomorphe, base 5, p\u00e9tales soud\u00e9s<\/h4>\n<ul>\n<li>\u00c9tamines 5 + ovaire sup\u00e8re \u2192 <strong>Solanac\u00e9es<\/strong>, <strong>Boraginac\u00e9es<\/strong>, <strong>Convolvulac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>\u00c9tamines 5 + ovaire inf\u00e8re \u2192 <strong>Campanulac\u00e9es<\/strong>, <strong>Caprifoliac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>\u00c9tamines 5 + anth\u00e8res soud\u00e9es + ovaire inf\u00e8re + capitule \u2192 <strong>Ast\u00e9rac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>\u00c9tamines 4-5 + ovaire sup\u00e8re + 4 nucules \u2192 <strong>Boraginac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<h4>Entr\u00e9e : fleur zygomorphe, p\u00e9tales soud\u00e9s (bilabi\u00e9e)<\/h4>\n<ul>\n<li>4 \u00e9tamines didynames + tige carr\u00e9e + 4 nucules \u2192 <strong>Lamiac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>4 \u00e9tamines didynames + capsule \u2192 <strong>Plantaginac\u00e9es<\/strong> (ex-Scrophulariac\u00e9es)<\/li>\n<li>2 \u00e9tamines + tige carr\u00e9e \u2192 <strong>Lamiac\u00e9es<\/strong> (sauge, romarin)<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Entr\u00e9e : fleur zygomorphe, p\u00e9tales libres \u00ab papilionac\u00e9s \u00bb<\/h4>\n<ul>\n<li>5 p\u00e9tales diff\u00e9renci\u00e9s (\u00e9tendard + ailes + car\u00e8ne) + 10 \u00e9tamines + gousse \u2192 <strong>Fabac\u00e9es-Papiliono\u00efd\u00e9es<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<h4>Entr\u00e9e : fleur base 4<\/h4>\n<ul>\n<li>4 s\u00e9pales + 4 p\u00e9tales en croix + 6 \u00e9tamines t\u00e9tradynames + silique \u2192 <strong>Brassicac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>4 t\u00e9pales + 6-8 \u00e9tamines + pas de p\u00e9tales distincts \u2192 <strong>Polygonac\u00e9es<\/strong> (possible)<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Entr\u00e9e : fleur base 3 (trim\u00e8re)<\/h4>\n<ul>\n<li>6 t\u00e9pales + 6 \u00e9tamines + ovaire sup\u00e8re \u2192 <strong>Liliac\u00e9es<\/strong> s.l., <strong>Amaryllidac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>6 t\u00e9pales + 6 \u00e9tamines + ovaire inf\u00e8re \u2192 <strong>Amaryllidac\u00e9es<\/strong> (narcisse, perce-neige)<\/li>\n<li>3 s\u00e9pales + 3 p\u00e9tales + 1 labelle + gynost\u00e8me \u2192 <strong>Orchidac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<li>3 t\u00e9pales externes + 3 internes + 3 \u00e9tamines + ovaire inf\u00e8re \u2192 <strong>Iridac\u00e9es<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<h3>3. Crit\u00e8res floraux pathognomoniques \u2014 les \u00ab signatures \u00bb familiales<\/h3>\n<p>Certains caract\u00e8res sont si constants qu&rsquo;ils permettent une identification familiale quasi instantan\u00e9e :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Anth\u00e8res soud\u00e9es en tube + capitule + ovaire inf\u00e8re + 1 ak\u00e8ne<\/strong> \u2192 Ast\u00e9rac\u00e9es (aucune exception significative en Europe)<\/li>\n<li><strong>5 p\u00e9tales libres en papillon (\u00e9tendard + ailes + car\u00e8ne) + gousse<\/strong> \u2192 Fabac\u00e9es-Papiliono\u00efd\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Corolle bilabi\u00e9e + tige carr\u00e9e + 4 nucules + style gynobasique<\/strong> \u2192 Lamiac\u00e9es<\/li>\n<li><strong>4 p\u00e9tales en croix + 6 \u00e9tamines (4 longues + 2 courtes) + silique<\/strong> \u2192 Brassicac\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Ombelle compos\u00e9e + 5 p\u00e9tales \u00e0 pointe recourb\u00e9e + 2 m\u00e9ricarpes<\/strong> \u2192 Apiac\u00e9es<\/li>\n<li><strong>Gynost\u00e8me (\u00e9tamines soud\u00e9es au pistil) + labelle + ovaire inf\u00e8re tordu<\/strong> \u2192 Orchidac\u00e9es<\/li>\n<li><strong>\u00c9tamines monadelphes (filets soud\u00e9s en colonne) + nombreuses \u00e9tamines<\/strong> \u2192 Malvac\u00e9es<\/li>\n<li><strong>5 \u00e9tamines \u00e9pip\u00e9tales + ovaire sup\u00e8re + capsule \u00e0 placentation centrale libre<\/strong> \u2192 Primulac\u00e9es<\/li>\n<\/ul>\n<h3>4. Pi\u00e8ges et cas particuliers<\/h3>\n<h4>Le capitule confondu avec une fleur<\/h4>\n<p>Le pi\u00e8ge le plus fr\u00e9quent chez les d\u00e9butants : la \u00ab fleur \u00bb de marguerite, de tournesol ou de pissenlit est en r\u00e9alit\u00e9 une inflorescence (capitule) compos\u00e9e de dizaines \u00e0 centaines de petites fleurs individuelles. Ce qui ressemble \u00e0 des p\u00e9tales blancs sont des fleurs ligul\u00e9es p\u00e9riph\u00e9riques. Le \u00ab c\u0153ur \u00bb jaune est un ensemble de fleurs tubuleuses. Compter les \u00ab p\u00e9tales \u00bb d&rsquo;une marguerite donne 13, 21 ou 34 (nombres de Fibonacci) \u2014 ce sont des fleurs, pas des p\u00e9tales.<\/p>\n<h4>Les s\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes<\/h4>\n<p>Chez les Renonculac\u00e9es (an\u00e9mone, cl\u00e9matite, h\u00e9patique, pulsatille), ce qui ressemble \u00e0 des p\u00e9tales color\u00e9s sont en fait des s\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes. Les vrais p\u00e9tales sont absents ou transform\u00e9s en nectaires. On s&rsquo;en assure en observant qu&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul verticille d&rsquo;enveloppes color\u00e9es, sans calice vert distinct \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/p>\n<h4>Les bract\u00e9es color\u00e9es<\/h4>\n<p>Chez le bougainvill\u00e9e, les \u00ab fleurs \u00bb violettes sont des bract\u00e9es \u2014 les vraies fleurs sont minuscules et blanches au centre. Chez le poinsettia (\u00e9toile de No\u00ebl), le rouge est port\u00e9 par des feuilles modifi\u00e9es (bract\u00e9es), pas par les p\u00e9tales. Chez les Apiac\u00e9es, les bract\u00e9es de l&rsquo;involucre (astrance, panicaut) peuvent \u00eatre spectaculaires.<\/p>\n<h4>Les fleurs \u00e0 sym\u00e9trie trompeuse<\/h4>\n<p>Les fleurs p\u00e9riph\u00e9riques des ombelles et des corymbes sont parfois agrandies et zygomorphes (p\u00e9tales externes plus grands) alors que la fleur individuelle est normalement actinomorphe. C&rsquo;est le cas chez la viorne obier (<em>Viburnum opulus<\/em>), le bleuet (<em>Centaurea cyanus<\/em>) et la carotte (fleur centrale pourpre).<\/p>\n<h2>Neuvi\u00e8me partie \u2014 Pollinisation et morphologie<\/h2>\n<h3>1. Le syndrome de pollinisation<\/h3>\n<p>La morphologie florale refl\u00e8te le mode de pollinisation. L&rsquo;ensemble des caract\u00e8res corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 un type de pollinisateur constitue un \u00ab syndrome de pollinisation \u00bb :<\/p>\n<h4>Syndrome entomophile (insectes)<\/h4>\n<ul>\n<li>Fleurs color\u00e9es (souvent bleu, violet, jaune, blanc)<\/li>\n<li>Nectar pr\u00e9sent, souvent au fond d&rsquo;un tube ou d&rsquo;un \u00e9peron<\/li>\n<li>Parfum pr\u00e9sent (souvent sucr\u00e9 ou fruit\u00e9)<\/li>\n<li>Pollen collant, en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e<\/li>\n<li>Guides \u00e0 nectar (lignes convergentes sur les p\u00e9tales, visibles en UV)<\/li>\n<li>Exemples : sauge, bourrache, tr\u00e8fle, pissenlit<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Syndrome an\u00e9mophile (vent)<\/h4>\n<ul>\n<li>Fleurs discr\u00e8tes, verd\u00e2tres ou brun\u00e2tres, sans p\u00e9tales voyants<\/li>\n<li>Pas de nectar ni de parfum<\/li>\n<li>\u00c9tamines pendantes \u00e0 filet long et souple (\u00ab balancent au vent \u00bb)<\/li>\n<li>Stigmates plumeux, tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9s, r\u00e9ceptifs sur une grande surface<\/li>\n<li>Pollen abondant, l\u00e9ger, sec, produit en masse<\/li>\n<li>Exemples : gramin\u00e9es, noisetier, bouleau, ch\u00eane, ortie<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Syndrome ornithophile (oiseaux)<\/h4>\n<ul>\n<li>Fleurs tubulaires, rouges ou oranges (les oiseaux voient le rouge, pas l&rsquo;UV)<\/li>\n<li>Nectar abondant et dilu\u00e9 au fond d&rsquo;un tube long<\/li>\n<li>Pas de parfum (les oiseaux ont un odorat r\u00e9duit)<\/li>\n<li>Structure robuste supportant le poids de l&rsquo;oiseau<\/li>\n<li>Exemples en Europe : peu \u2014 quelques Aloe en zone m\u00e9diterran\u00e9enne<\/li>\n<\/ul>\n<h4>Syndrome chiropt\u00e9rophile (chauves-souris)<\/h4>\n<ul>\n<li>Fleurs nocturnes, blanc verd\u00e2tre, \u00e0 odeur forte (parfois f\u00e9tide)<\/li>\n<li>Nectar tr\u00e8s abondant<\/li>\n<li>Grandes fleurs robustes, souvent pendantes<\/li>\n<li>Exemples : baobab, certains cactus (hors flore europ\u00e9enne)<\/li>\n<\/ul>\n<h3>2. Adaptations m\u00e9caniques remarquables<\/h3>\n<p>Certaines fleurs ont d\u00e9velopp\u00e9 des m\u00e9canismes complexes de pollinisation :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La sauge<\/strong> \u2014 les 2 \u00e9tamines fonctionnent comme des leviers \u00e0 bascule. L&rsquo;insecte pousse la partie basse (connectif \u00e9largi), ce qui rabat la partie haute (anth\u00e8re) sur son dos.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;orchid\u00e9e<\/strong> \u2014 le pollen est agglom\u00e9r\u00e9 en masses compactes (pollinies) qui se collent sur la t\u00eate de l&rsquo;insecte visiteur gr\u00e2ce \u00e0 un disque adh\u00e9sif (viscidium).<\/li>\n<li><strong>Les Ast\u00e9rac\u00e9es<\/strong> \u2014 m\u00e9canisme \u00e0 piston : le style s&rsquo;allonge \u00e0 travers le tube d&rsquo;anth\u00e8res soud\u00e9es, poussant le pollen vers l&rsquo;ext\u00e9rieur comme un \u00e9couvillon.<\/li>\n<li><strong>Le muflier<\/strong> \u2014 la corolle ferm\u00e9e (personn\u00e9e) ne s&rsquo;ouvre que sous le poids d&rsquo;un insecte suffisamment lourd (bourdon), excluant les petits visiteurs inefficaces.<\/li>\n<li><strong>La val\u00e9riane<\/strong> \u2014 le tube de la corolle porte un \u00e9peron nectarif\u00e8re si fin que seules les trompes longues (papillons) y acc\u00e8dent.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Dixi\u00e8me partie \u2014 De la fleur au fruit \u2014 aper\u00e7u<\/h2>\n<h3>1. Le fruit d\u00e9rive de la fleur<\/h3>\n<p>Apr\u00e8s la f\u00e9condation, la fleur se transforme en fruit. Chaque partie de la fleur peut participer au fruit :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;ovaire<\/strong> \u2192 paroi du fruit (p\u00e9ricarpe)<\/li>\n<li><strong>Les ovules f\u00e9cond\u00e9s<\/strong> \u2192 graines<\/li>\n<li><strong>Le r\u00e9ceptacle<\/strong> \u2192 partie charnue (fraise, pomme)<\/li>\n<li><strong>Le calice persistant<\/strong> \u2192 enveloppe protectrice (alk\u00e9kenge, noisette)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Comprendre l&rsquo;architecture florale permet de pr\u00e9dire le type de fruit : un carpelle unique donnera une gousse (Fabac\u00e9es) ou une drupe (Prunus) ; un ovaire inf\u00e8re \u00e0 2 carpelles donnera un diak\u00e8ne (Apiac\u00e9es) ; un r\u00e9ceptacle charnu portant des carpelles libres donnera un polyak\u00e8ne (fraisier) ou un polydrupe (framboisier).<\/p>\n<h3>2. Correspondance fleur \u2192 fruit dans les grandes familles<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Rosac\u00e9es<\/strong> : tr\u00e8s variable \u2014 drupe (cerise, p\u00eache), piridion (pomme, poire), polyak\u00e8ne (fraisier, rosier), polydrupe (framboise)<\/li>\n<li><strong>Fabac\u00e9es<\/strong> : gousse (= l\u00e9gume) d\u00e9riv\u00e9e du carpelle unique<\/li>\n<li><strong>Brassicac\u00e9es<\/strong> : silique (long) ou silicule (court) \u2014 2 carpelles soud\u00e9s s&rsquo;ouvrant par 2 valves<\/li>\n<li><strong>Ast\u00e9rac\u00e9es<\/strong> : ak\u00e8ne (souvent surmont\u00e9 d&rsquo;un pappus)<\/li>\n<li><strong>Apiac\u00e9es<\/strong> : diak\u00e8ne (2 m\u00e9ricarpes se s\u00e9parant \u00e0 maturit\u00e9)<\/li>\n<li><strong>Lamiac\u00e9es<\/strong> : t\u00e9trak\u00e8ne (4 nucules au fond du calice persistant)<\/li>\n<li><strong>Solanac\u00e9es<\/strong> : baie (tomate, morelle) ou capsule (datura, tabac)<\/li>\n<li><strong>Liliac\u00e9es<\/strong> : capsule (lis, tulipe) ou baie (muguet, asperge)<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Conclusion \u2014 la fleur comme langage universel de la botanique<\/h2>\n<p>La fleur est l&rsquo;organe le plus conserv\u00e9 au sein d&rsquo;une lign\u00e9e \u00e9volutive. Alors que les feuilles varient avec le milieu, que les tiges s&rsquo;adaptent au support, que les racines se modifient selon le sol, la fleur maintient une architecture fondamentale qui traverse les mill\u00e9naires et les continents. C&rsquo;est pourquoi elle reste, depuis Linn\u00e9, le fondement de la classification.<\/p>\n<p>Savoir d\u00e9construire une fleur \u2014 compter ses pi\u00e8ces, observer leur soudure, rep\u00e9rer la sym\u00e9trie, localiser l&rsquo;ovaire \u2014 c&rsquo;est poss\u00e9der un outil de d\u00e9termination qui fonctionne partout, en toute saison de floraison, sans autre instrument qu&rsquo;une loupe et un canif. Les formules florales condensent cette information en un langage symbolique universel : K(5) C(5) A5 G(2)inf se lit instantan\u00e9ment par tout botaniste du monde.<\/p>\n<p>La pratique de la dissection florale est le meilleur investissement que puisse faire le naturaliste d\u00e9butant. Quelques dizaines de fleurs diss\u00e9qu\u00e9es suffisent \u00e0 graver dans la m\u00e9moire les architectures fondamentales des grandes familles europ\u00e9ennes. Et une fois cette grammaire acquise, chaque fleur nouvelle n&rsquo;est plus un myst\u00e8re mais une variation sur un th\u00e8me connu \u2014 reconnaissable, nommable, classable.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<ol>\n<li>Judd W.S., Campbell C.S., Kellogg E.A., Stevens P.F., Donoghue M.J. \u2014 <em>Plant Systematics: A Phylogenetic Approach<\/em>. 4th ed. Sinauer Associates, 2016.<\/li>\n<li>Endress P.K. \u2014 <em>Diversity and Evolutionary Biology of Tropical Flowers<\/em>. Cambridge University Press, 1994.<\/li>\n<li>Ronse De Craene L.P. \u2014 <em>Floral Diagrams: An Aid to Understanding Flower Morphology and Evolution<\/em>. Cambridge University Press, 2010.<\/li>\n<li>Coen E.S., Meyerowitz E.M. \u2014 \u00ab The war of the whorls: genetic interactions controlling flower development \u00bb. <em>Nature<\/em> 353: 31-37, 1991. [Mod\u00e8le ABC]<\/li>\n<li>Proctor M., Yeo P., Lack A. \u2014 <em>The Natural History of Pollination<\/em>. HarperCollins, 1996.<\/li>\n<li>Dupont F., Guignard J.-L. \u2014 <em>Botanique : les familles de plantes<\/em>. 16e \u00e9d. Elsevier Masson, 2015.<\/li>\n<li>Bonnier G., de Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>. Belin, r\u00e9\u00e9dition 2015.<\/li>\n<li>Rameau J.-C., Mansion D., Dum\u00e9 G. \u2014 <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>. 3 tomes. IDF, 1989-2008.<\/li>\n<li>Spichiger R.-E., Savolainen V., Figeat M., Jeanmonod D. \u2014 <em>Botanique syst\u00e9matique des plantes \u00e0 fleurs<\/em>. 3e \u00e9d. Presses polytechniques romandes, 2004.<\/li>\n<li>Hall\u00e9 F. \u2014 <em>\u00c9loge de la plante : pour une nouvelle biologie<\/em>. Seuil, 1999.<\/li>\n<li>Fenner M., Thompson K. \u2014 <em>The Ecology of Seeds<\/em>. Cambridge University Press, 2005.<\/li>\n<li>Willmer P. \u2014 <em>Pollination and Floral Ecology<\/em>. Princeton University Press, 2011.<\/li>\n<li>Harder L.D., Barrett S.C.H. (eds.) \u2014 <em>Ecology and Evolution of Flowers<\/em>. Oxford University Press, 2006.<\/li>\n<li>Endress P.K. \u2014 \u00ab Angiosperm floral evolution: morphological developmental framework \u00bb. <em>Advances in Botanical Research<\/em> 44: 1-61, 2006.<\/li>\n<li>Reece J.B. et al. \u2014 <em>Campbell Biology<\/em>. 12th ed. Pearson, 2021. [Chapitres 38 : reproduction des angiospermes]<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction \u2014 la fleur comme carte d&rsquo;identit\u00e9 Si la morphologie v\u00e9g\u00e9tative permet d&rsquo;orienter une d\u00e9termination, c&rsquo;est la fleur qui la tranche. 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