{"id":1028,"date":"2026-03-26T11:34:02","date_gmt":"2026-03-26T10:34:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/romulee-a-petites-fleurs\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"romulee-a-petites-fleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/romulee-a-petites-fleurs\/","title":{"rendered":"ROMUL\u00c9E \u00c0 PETITES FLEURS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Romul%C3%A9e%20%C3%A0%20petites%20fleurs.jpg\" alt=\"Planche botanique Romul\u00e9e \u00e0 petites fleurs\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Romulea columnae<\/em> Sebast. &amp; Mauri<br \/><strong>Famille :<\/strong> Iridaceae<br \/><strong>Genre :<\/strong> <em>Romulea<\/em><br \/><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Romulea parviflora<\/em> (Salisb.) Bubani<br \/><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Romul\u00e9e \u00e0 petites fleurs, Romul\u00e9e de Colonna, Sand crocus (en), Columna-Scheinkrokus (de), Romulea di Colonna (it)<\/p>\n<p>Le genre <em>Romulea<\/em> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Romulus, fondateur l\u00e9gendaire de Rome, probablement en r\u00e9f\u00e9rence aux premi\u00e8res r\u00e9coltes de l&rsquo;esp\u00e8ce type dans les environs de la ville \u00e9ternelle. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>columnae<\/em> honore Fabio Colonna (Fabius Columna, 1567-1640), botaniste et naturaliste napolitain, auteur du <em>Phytobasanos<\/em> (1592), l&rsquo;un des premiers ouvrages \u00e0 utiliser des illustrations botaniques pr\u00e9cises. Les romul\u00e9es sont de petites plantes bulbeuses m\u00e9diterran\u00e9ennes, proches des crocus mais s&rsquo;en distinguant par le tube du p\u00e9rianthe court et les feuilles filiformes basales. Le genre comprend environ 100 esp\u00e8ces, dont le centre de diversit\u00e9 se situe en Afrique du Sud, avec environ 15 esp\u00e8ces en zone m\u00e9diterran\u00e9enne. <em>Romulea columnae<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce la plus r\u00e9pandue en Europe occidentale, discr\u00e8te en raison de sa taille minuscule et de ses fleurs qui ne s&rsquo;ouvrent qu&rsquo;en plein soleil.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace, g\u00e9ophyte \u00e0 corme (bulbe solide), de tr\u00e8s petite taille, 3 \u00e0 10 cm de hauteur (rarement 15 cm). Le corme est petit (5 \u00e0 10 mm de diam\u00e8tre), globuleux, envelopp\u00e9 de tuniques fibreuses brunes. Les feuilles basales sont au nombre de 2 \u00e0 5, filiformes, subcylindriques (en section, un sillon dorsal les distingue de feuilles cylindriques), de 5 \u00e0 15 cm de long et 0,5 \u00e0 1 mm de large, souvent plus longues que la tige florale, d&rsquo;un vert fonc\u00e9, flexueuses et \u00e9tal\u00e9es au sol.<\/p>\n<p>Les fleurs sont solitaires ou par 2-3, au sommet d&rsquo;une tige tr\u00e8s courte. Chaque fleur mesure 10 \u00e0 15 mm de long. Le p\u00e9rianthe est infundibuliforme (en entonnoir), \u00e0 6 t\u00e9pales sub\u00e9gaux, lilac\u00e9 p\u00e2le \u00e0 blanch\u00e2tre, vein\u00e9 de pourpre sur la face externe, \u00e0 gorge jaune. Les fleurs ne s&rsquo;ouvrent que par beau temps ensoleill\u00e9 et se referment en fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi ou par temps couvert. Les \u00e9tamines sont 3, \u00e0 anth\u00e8res jaunes. Le style est trifide, \u00e0 branches stigmatiques bifides. Le fruit est une capsule trigone, globuleuse, de 5 \u00e0 8 mm, contenant de nombreuses graines brunes, sph\u00e9riques, de 1 \u00e0 1,5 mm. La floraison est pr\u00e9coce, de f\u00e9vrier \u00e0 avril selon les r\u00e9gions.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et \u00e9cologie<\/h3>\n<p>La Romul\u00e9e \u00e0 petites fleurs est une esp\u00e8ce des pelouses rases, des sables littoraux, des affleurements rocheux, des pistes herbeuses, des friches s\u00e8ches et des garrigues ouvertes, en situation ensoleill\u00e9e et chaude. Elle affectionne les sols sableux, sablo-limoneux ou rocheux, secs, pauvres, acides \u00e0 neutres, bien drain\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce typiquement thermo-atlantique \u00e0 thermo-m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n<p>Du point de vue phytosociologique, elle est caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance du <em>Thero-Airion<\/em> (pelouses annuelles silicicoles) et se rencontre dans les communaut\u00e9s de th\u00e9rophytes m\u00e9diterran\u00e9ens et atlantiques. Elle s&rsquo;associe \u00e0 <em>Aira praecox<\/em>, <em>Moenchia erecta<\/em>, <em>Ornithopus perpusillus<\/em>, <em>Vulpia myuros<\/em> et <em>Trifolium subterraneum<\/em>. Sa petite taille et sa discr\u00e9tion la rendent facile \u00e0 n\u00e9gliger, et elle est probablement sous-d\u00e9tect\u00e9e dans de nombreuses r\u00e9gions. La pollinisation est entomophile (petits hym\u00e9nopt\u00e8res et dipt\u00e8res), mais l&rsquo;autogamie est fr\u00e9quente en conditions d\u00e9favorables. Les graines sont dispers\u00e9es par gravit\u00e9 (barochorie) \u00e0 courte distance.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La Romul\u00e9e \u00e0 petites fleurs est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9o-atlantique, distribu\u00e9e depuis les Canaries, le Maroc et le Portugal \u00e0 l&rsquo;ouest jusqu&rsquo;\u00e0 la Gr\u00e8ce et la Turquie \u00e0 l&rsquo;est, et de l&rsquo;Angleterre m\u00e9ridionale et de la Bretagne au nord jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Afrique du Nord au sud. En France, elle est pr\u00e9sente sur le littoral atlantique (de la Bretagne au Pays basque), sur le littoral m\u00e9diterran\u00e9en et en Corse. Elle est rare et localis\u00e9e dans la plupart des r\u00e9gions, souvent confin\u00e9e aux dunes fix\u00e9es et aux pelouses littorales. Elle atteint sa limite nord en Angleterre (Devon, Channel Islands).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Aucune partie n\u2019a d\u2019usage m\u00e9dicinal officinal \u00e9tabli.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Romulea columnae<\/em> est totalement inconnue. Par analogie avec les autres Iridaceae, les cormes pourraient contenir des <strong>polysaccharides<\/strong> de r\u00e9serve (amidon, fructanes), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/xanthones\/\">xanthones<\/a><\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong>. Les pigments floraux (lilac\u00e9, jaune) sont des <strong>anthocyanes<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>. Aucune \u00e9tude phytochimique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e sur cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Aucune propri\u00e9t\u00e9 pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e pour <em>Romulea columnae<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune indication th\u00e9rapeutique n&rsquo;est reconnue.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Anthocyanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Sans objet.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 connue. La r\u00e9colte en milieu naturel est formellement d\u00e9conseill\u00e9e, les populations \u00e9tant fragiles et l&rsquo;esp\u00e8ce rare dans la plupart de ses stations.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Sans objet.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>Aucune donn\u00e9e toxicologique disponible. L&rsquo;esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme non toxique par analogie avec les Iridaceae proches.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La Romul\u00e9e \u00e0 petites fleurs n&rsquo;a aucun usage ethnobotanique document\u00e9. Sa taille minuscule, sa discr\u00e9tion et son absence de propri\u00e9t\u00e9s alimentaires ou m\u00e9dicinales connues expliquent cette absence. En Afrique du Sud, o\u00f9 le genre <em>Romulea<\/em> est tr\u00e8s diversifi\u00e9, les cormes de certaines esp\u00e8ces (notamment <em>R. rosea<\/em>) sont consomm\u00e9s par les populations locales et par la faune (porcs-\u00e9pics, babouins), mais cette pratique n&rsquo;est pas document\u00e9e pour <em>R. columnae<\/em> en Europe. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette esp\u00e8ce est exclusivement botanique (biog\u00e9ographie, ph\u00e9nologie, taxonomie du genre <em>Romulea<\/em>) et comme indicatrice de pelouses littorales de qualit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Romulea columnae<\/em> est rarement cultiv\u00e9e en dehors des collections sp\u00e9cialis\u00e9es de bulbeuses. La culture est possible en sol sableux, bien drain\u00e9, en situation chaude et ensoleill\u00e9e, dans les r\u00e9gions \u00e0 hiver doux. Les cormes se plantent \u00e0 3-5 cm de profondeur \u00e0 l&rsquo;automne. La rusticit\u00e9 est limit\u00e9e (zone USDA 8-10). En milieu naturel, la conservation passe par la protection des pelouses littorales et des dunes fix\u00e9es, habitats menac\u00e9s par l&rsquo;urbanisation c\u00f4ti\u00e8re, le pi\u00e9tinement touristique et la fermeture du milieu par les esp\u00e8ces envahissantes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h3>\n<p><em>Romulea columnae<\/em> est class\u00e9e LC (Pr\u00e9occupation mineure) globalement mais est rare et prot\u00e9g\u00e9e dans plusieurs pays europ\u00e9ens. En France, elle est prot\u00e9g\u00e9e au niveau national (arr\u00eat\u00e9 du 20 janvier 1982, modifi\u00e9). Elle figure sur les listes rouges nationales et r\u00e9gionales. Sa cueillette, sa destruction et son commerce sont interdits. En Grande-Bretagne, elle est prot\u00e9g\u00e9e par le Wildlife and Countryside Act. Elle n&rsquo;est inscrite \u00e0 aucune pharmacop\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>ROMUL\u00c9E \u00c0 PETITES FLEURS est d\u00e9crite ici pour sa botanique et sa place dans la flore ; elle n\u2019a pas d\u2019usage m\u00e9dicinal \u00e9tabli, et la rigueur consiste \u00e0 le constater plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 lui pr\u00eater des vertus non document\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Romulea%20columnae\">Plants of the World Online, Kew : <em>Romulea columnae<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Romulea+columnae\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Romulea columnae<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Nom scientifique : Romulea columnae Sebast. &amp; MauriFamille : IridaceaeGenre : RomuleaSynonymes : Romulea parviflora (Salisb.) BubaniNoms vernaculaires : Romul\u00e9e \u00e0 [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[74],"tags":[],"class_list":["post-1028","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-iridacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1028","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1028"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1028\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13959,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1028\/revisions\/13959"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1028"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1028"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1028"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}