{"id":10283,"date":"2026-05-03T11:54:29","date_gmt":"2026-05-03T09:54:29","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/03\/la-nomenclature-botanique-lire-et-comprendre-un-nom-latin\/"},"modified":"2026-06-18T20:15:04","modified_gmt":"2026-06-18T18:15:04","slug":"la-nomenclature-botanique-lire-et-comprendre-un-nom-latin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/03\/la-nomenclature-botanique-lire-et-comprendre-un-nom-latin\/","title":{"rendered":"La nomenclature botanique \u2014 lire et comprendre un nom latin"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-size:1.15em;line-height:1.8;color:#3a3a3a\">Ouvrez n&rsquo;importe quelle flore, n&rsquo;importe quel trait\u00e9 de phytoth\u00e9rapie, et vous tomberez sur des noms comme <em>Matricaria chamomilla<\/em> L., <em>Hypericum perforatum<\/em> L. ou <em>Lavandula angustifolia<\/em> Mill. Ces bin\u00f4mes latins, qui peuvent sembler r\u00e9barbatifs au premier abord, constituent en r\u00e9alit\u00e9 le syst\u00e8me d&rsquo;adressage le plus pr\u00e9cis, le plus universel et le plus ancien de la biologie. L\u00e0 o\u00f9 les noms vernaculaires varient d&rsquo;un village \u00e0 l&rsquo;autre \u2014 le \u00ab millepertuis \u00bb des uns \u00e9tant parfois le \u00ab chasse-diable \u00bb des autres, et l&rsquo;\u00ab herbe de la Saint-Jean \u00bb des troisi\u00e8mes \u2014, le nom latin d\u00e9signe <strong>une esp\u00e8ce et une seule<\/strong>, de Montpellier \u00e0 Tokyo, de l&rsquo;herbier du Mus\u00e9um national d&rsquo;histoire naturelle au laboratoire de pharmacognosie de l&rsquo;universit\u00e9 de Graz.<\/p>\n<p style=\"font-size:1.08em;line-height:1.8;color:#3a3a3a\">Ce huiti\u00e8me volet de notre s\u00e9rie <em>Bases botaniques<\/em> explique comment lire, comprendre et utiliser un nom latin de plante \u2014 depuis la logique du bin\u00f4me linn\u00e9en jusqu&rsquo;aux subtilit\u00e9s des noms d&rsquo;auteurs, des synonymes, des rangs infrasp\u00e9cifiques et des r\u00e8gles du Code international de nomenclature. L&rsquo;objectif n&rsquo;est pas de transformer le lecteur en taxonomiste, mais de lui donner les cl\u00e9s pour naviguer dans la litt\u00e9rature botanique sans tr\u00e9bucher sur une abr\u00e9viation, un synonyme ou un changement de nom.<\/p>\n<h2>Avant Linn\u00e9 \u2014 le chaos des noms<\/h2>\n<p>Pour mesurer ce que la nomenclature binomiale a chang\u00e9, il faut se souvenir de ce qui existait avant. Jusqu&rsquo;au milieu du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les plantes \u00e9taient d\u00e9sign\u00e9es par des <strong>phrases diagnostiques<\/strong> en latin \u2014 des descriptions abr\u00e9g\u00e9es qui faisaient office de nom. La camomille allemande, par exemple, \u00e9tait appel\u00e9e <em>Chamaemelum vulgare, leucanthemum, flore simplici<\/em> chez Bauhin (1623), <em>Matricaria foliis bipinnatis, laciniis linearibus acutis, caule ramoso<\/em> chez Haller (1742), et <em>Chamomilla vulgaris<\/em> chez d&rsquo;autres auteurs. Chaque botaniste forgeait sa propre phrase, de sorte qu&rsquo;une m\u00eame plante pouvait porter cinq, dix ou vingt noms diff\u00e9rents selon les ouvrages consult\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me \u00e9tait ing\u00e9rable. Les phrases-noms atteignaient parfois quinze ou vingt mots, \u00e9taient impossibles \u00e0 m\u00e9moriser, variaient selon les auteurs, et ne permettaient pas de savoir avec certitude si deux phrases d\u00e9signaient la m\u00eame plante ou deux plantes distinctes. Les erreurs d&rsquo;identification \u00e9taient fr\u00e9quentes, les confusions entre esp\u00e8ces proches constantes, et la communication entre botanistes de pays diff\u00e9rents extr\u00eamement laborieuse.<\/p>\n<p>Plusieurs naturalistes avaient entrevu la solution avant Linn\u00e9. <strong>Gaspard Bauhin<\/strong> (1560-1624), dans son <em>Pinax theatri botanici<\/em> (1623), avait commenc\u00e9 \u00e0 utiliser des noms courts de deux mots pour certaines esp\u00e8ces \u2014 mais sans appliquer le syst\u00e8me de mani\u00e8re coh\u00e9rente. <strong>Joseph Pitton de Tournefort<\/strong> (1656-1708) avait introduit le concept de <strong>genre<\/strong> comme unit\u00e9 de classification et l&rsquo;avait d\u00e9fini rigoureusement \u2014 mais ses noms d&rsquo;esp\u00e8ces restaient des phrases descriptives rattach\u00e9es au genre. La pi\u00e8ce manquante \u00e9tait l&rsquo;audace de remplacer syst\u00e9matiquement ces phrases par un seul mot \u2014 l&rsquo;<strong>\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique<\/strong>.<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"max-width:800px;margin:2em auto\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base-8-1.jpg\" alt=\"Page du Species Plantarum de Linn\u00e9 montrant la nomenclature binomiale\" style=\"width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.95em;color:#6b705c;margin-top:0.6em;font-style:italic\">Page du Species Plantarum de Linn\u00e9 (1753)<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Linn\u00e9 et la r\u00e9volution du bin\u00f4me<\/h2>\n<p><strong>Carl von Linn\u00e9<\/strong> (1707-1778), naturaliste su\u00e9dois, professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Uppsala, est l&rsquo;architecte du syst\u00e8me que nous utilisons encore aujourd&rsquo;hui. Sa contribution ne se limite pas \u00e0 la nomenclature \u2014 il a aussi propos\u00e9 un syst\u00e8me de classification des plantes fond\u00e9 sur les organes sexuels (le \u00ab syst\u00e8me sexuel \u00bb), organis\u00e9 des exp\u00e9ditions naturalistes dans toute l&rsquo;Europe, form\u00e9 une g\u00e9n\u00e9ration enti\u00e8re de botanistes, et publi\u00e9 une \u0153uvre monumentale qui couvre les trois r\u00e8gnes de la nature. Mais c&rsquo;est la <strong>nomenclature binomiale<\/strong> qui constitue son h\u00e9ritage le plus durable.<\/p>\n<p>Le principe est d&rsquo;une simplicit\u00e9 radicale : chaque esp\u00e8ce est d\u00e9sign\u00e9e par deux mots latins \u2014 le <strong>nom de genre<\/strong> (substantif, majuscule initiale) suivi de l&rsquo;<strong>\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique<\/strong> (adjectif ou substantif, minuscule). Le premier mot rattache l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e0 un groupe de plantes apparent\u00e9es (le genre), le second la distingue des autres esp\u00e8ces du m\u00eame genre. L&rsquo;ensemble forme le <strong>bin\u00f4me<\/strong>, qui est le nom complet de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Linn\u00e9 introduisit ce syst\u00e8me de mani\u00e8re marginale dans son <em>Species Plantarum<\/em> (1753), l&rsquo;ouvrage qui est aujourd&rsquo;hui reconnu comme le point de d\u00e9part officiel de la nomenclature botanique. Chaque esp\u00e8ce y est d\u00e9crite par une phrase diagnostique classique, mais Linn\u00e9 ajouta dans la marge un <strong>num\u00e9ro trivial<\/strong> \u2014 un mot unique, l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique \u2014 destin\u00e9 \u00e0 servir de raccourci mn\u00e9motechnique. Ce qui n&rsquo;\u00e9tait au d\u00e9part qu&rsquo;un aide-m\u00e9moire se r\u00e9v\u00e9la si pratique que les botanistes abandonn\u00e8rent rapidement les phrases-noms pour ne conserver que le bin\u00f4me. En une g\u00e9n\u00e9ration, le syst\u00e8me linn\u00e9en devint la norme universelle.<\/p>\n<h3>Quelques exemples fondateurs<\/h3>\n<p>Voici comment Linn\u00e9 nomma quelques plantes m\u00e9dicinales majeures dans le <em>Species Plantarum<\/em> :<\/p>\n<p><strong><em>Hypericum perforatum<\/em><\/strong> \u2014 <em>Hypericum<\/em> (genre) vient du grec <em>hyper<\/em>, \u00ab au-dessus \u00bb, et <em>eikon<\/em>, \u00ab image \u00bb \u2014 la plante \u00e9tait plac\u00e9e au-dessus des ic\u00f4nes pour \u00e9loigner les mauvais esprits. <em>Perforatum<\/em> (\u00e9pith\u00e8te) signifie \u00ab perc\u00e9 de trous \u00bb et d\u00e9crit les <strong>poches s\u00e9cr\u00e9trices translucides<\/strong> visibles par transparence dans les feuilles lorsqu&rsquo;on les observe \u00e0 contre-jour \u2014 un crit\u00e8re d&rsquo;identification diagnostique imm\u00e9diat.<\/p>\n<p><strong><em>Digitalis purpurea<\/em><\/strong> \u2014 <em>Digitalis<\/em> vient du latin <em>digitale<\/em>, \u00ab d\u00e9 \u00e0 coudre \u00bb, \u00e9voquant la forme de la corolle. <em>Purpurea<\/em> signifie \u00ab pourpre \u00bb et d\u00e9crit la couleur des fleurs. Le nom est \u00e0 la fois un portrait-robot et une adresse dans la classification.<\/p>\n<p><strong><em>Atropa belladonna<\/em><\/strong> \u2014 <em>Atropa<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 <strong>Atropos<\/strong>, celle des trois Moires de la mythologie grecque qui tranche le fil de la vie \u2014 allusion directe \u00e0 la toxicit\u00e9 mortelle de la plante. <em>Belladonna<\/em>, \u00ab belle dame \u00bb en italien, \u00e9voque l&rsquo;usage cosm\u00e9tique de la plante \u00e0 la Renaissance : les V\u00e9nitiennes instillaient du suc de belladone dans leurs yeux pour dilater les pupilles et rendre leur regard plus s\u00e9duisant (effet de l&rsquo;atropine sur le muscle dilatateur de l&rsquo;iris).<\/p>\n<p><strong><em>Salvia officinalis<\/em><\/strong> \u2014 <em>Salvia<\/em> vient du latin <em>salvare<\/em>, \u00ab sauver, gu\u00e9rir \u00bb \u2014 la sauge est la plante qui sauve. <em>Officinalis<\/em> signifie \u00ab de l&rsquo;officine \u00bb (la pharmacie) et indique que la plante \u00e9tait vendue en officine \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;un des \u00e9pith\u00e8tes les plus fr\u00e9quents en botanique m\u00e9dicinale.<\/p>\n<h2>Anatomie d&rsquo;un nom botanique complet<\/h2>\n<p>Le bin\u00f4me seul ne suffit pas. Un nom botanique complet comprend plusieurs \u00e9l\u00e9ments, chacun porteur d&rsquo;information :<\/p>\n<h3>Le genre<\/h3>\n<p>Le <strong>genre<\/strong> est un substantif latin (ou latinis\u00e9), toujours \u00e9crit avec une <strong>majuscule initiale<\/strong> et en <strong>italique<\/strong>. Il regroupe des esp\u00e8ces morphologiquement et phylog\u00e9n\u00e9tiquement apparent\u00e9es. Exemples : <em>Rosa<\/em> (les rosiers), <em>Thymus<\/em> (les thyms), <em>Mentha<\/em> (les menthes), <em>Artemisia<\/em> (les armoises), <em>Plantago<\/em> (les plantains).<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tymologie des noms de genre est vari\u00e9e : noms mythologiques (<em>Artemisia<\/em> d&rsquo;Art\u00e9mis, <em>Achillea<\/em> d&rsquo;Achille, <em>Centaurea<\/em> du centaure Chiron), noms de botanistes (<em>Linnaea<\/em> en l&rsquo;honneur de Linn\u00e9, <em>Bauhinia<\/em> en l&rsquo;honneur des fr\u00e8res Bauhin, <em>Tournefortia<\/em> en l&rsquo;honneur de Tournefort), noms descriptifs latins (<em>Trifolium<\/em>, \u00ab trois feuilles \u00bb ; <em>Sempervivum<\/em>, \u00ab toujours vivant \u00bb), noms emprunt\u00e9s \u00e0 des langues vernaculaires (<em>Ginkgo<\/em>, du japonais <em>ginky\u014d<\/em> ; <em>Thuya<\/em>, du grec <em>thuia<\/em>, \u00ab arbre \u00e0 encens \u00bb).<\/p>\n<h3>L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique<\/strong> est un adjectif latin (ou un substantif au g\u00e9nitif, ou un substantif en apposition), toujours \u00e9crit en <strong>minuscule<\/strong> et en <strong>italique<\/strong>. Combin\u00e9e au genre, elle forme le bin\u00f4me qui identifie l&rsquo;esp\u00e8ce de mani\u00e8re univoque.<\/p>\n<p>Les \u00e9pith\u00e8tes les plus courantes en botanique m\u00e9dicinale tombent dans plusieurs cat\u00e9gories :<\/p>\n<p><strong>\u00c9pith\u00e8tes morphologiques<\/strong> \u2014 elles d\u00e9crivent un trait visible de la plante : <em>grandiflora<\/em> (\u00e0 grandes fleurs), <em>parviflora<\/em> (\u00e0 petites fleurs), <em>angustifolia<\/em> (\u00e0 feuilles \u00e9troites), <em>latifolia<\/em> (\u00e0 feuilles larges), <em>longifolia<\/em> (\u00e0 feuilles longues), <em>rotundifolia<\/em> (\u00e0 feuilles rondes), <em>tomentosa<\/em> (couverte de duvet), <em>glabra<\/em> (glabre, sans poils), <em>spinosa<\/em> (\u00e9pineuse), <em>repens<\/em> (rampante), <em>erecta<\/em> (dress\u00e9e), <em>procumbens<\/em> (couch\u00e9e), <em>hirsuta<\/em> (velue).<\/p>\n<p><strong>\u00c9pith\u00e8tes de couleur<\/strong> \u2014 <em>alba<\/em> (blanche), <em>nigra<\/em> (noire), <em>rubra<\/em> (rouge), <em>lutea<\/em> (jaune), <em>caerulea<\/em> (bleu ciel), <em>purpurea<\/em> (pourpre), <em>viridis<\/em> (verte), <em>argentea<\/em> (argent\u00e9e), <em>aurea<\/em> (dor\u00e9e), <em>cinerea<\/em> (cendr\u00e9e, grise).<\/p>\n<p><strong>\u00c9pith\u00e8tes g\u00e9ographiques<\/strong> \u2014 elles indiquent l&rsquo;origine suppos\u00e9e ou le lieu de premi\u00e8re description : <em>europaea<\/em>, <em>africana<\/em>, <em>chinensis<\/em>, <em>japonica<\/em>, <em>indica<\/em>, <em>canadensis<\/em>, <em>virginiana<\/em>, <em>monspeliensis<\/em> (de Montpellier), <em>pyrenaica<\/em> (des Pyr\u00e9n\u00e9es), <em>alpina<\/em> (des Alpes), <em>sylvatica<\/em> ou <em>sylvestris<\/em> (des for\u00eats).<\/p>\n<p><strong>\u00c9pith\u00e8tes d&rsquo;habitat<\/strong> \u2014 <em>aquatica<\/em> (aquatique), <em>palustris<\/em> (des marais), <em>arvensis<\/em> (des champs), <em>pratensis<\/em> (des pr\u00e9s), <em>campestris<\/em> (des plaines), <em>montana<\/em> (des montagnes), <em>rupestris<\/em> (des rochers), <em>littoralis<\/em> (du littoral), <em>maritima<\/em> (maritime).<\/p>\n<p><strong>\u00c9pith\u00e8tes d&rsquo;usage ou de propri\u00e9t\u00e9<\/strong> \u2014 <em>officinalis<\/em> (de l&rsquo;officine, m\u00e9dicinale), <em>tinctoria<\/em> (tinctoriale, utilis\u00e9e pour teindre), <em>sativa<\/em> (cultiv\u00e9e), <em>vulgaris<\/em> (commune, vulgaire), <em>communis<\/em> (commune), <em>edulis<\/em> (comestible), <em>fragrans<\/em> (parfum\u00e9e), <em>foetida<\/em> (f\u00e9tide), <em>amara<\/em> (am\u00e8re), <em>dulcis<\/em> (douce), <em>graveolens<\/em> (\u00e0 odeur forte), <em>suaveolens<\/em> (\u00e0 odeur agr\u00e9able).<\/p>\n<p><strong>\u00c9pith\u00e8tes d\u00e9dicatoires<\/strong> \u2014 elles honorent un botaniste, un m\u00e9c\u00e8ne ou un explorateur : <em>tournefortii<\/em> (de Tournefort), <em>thunbergii<\/em> (de Thunberg), <em>hookeriana<\/em> (de Hooker), <em>wallichiana<\/em> (de Wallich), <em>humboldtiana<\/em> (de Humboldt). Le g\u00e9nitif latin masculin se termine en <em>-ii<\/em> (ou <em>-i<\/em>), le f\u00e9minin en <em>-iae<\/em>, et la forme adjectivale en <em>-ianus\/-iana\/-ianum<\/em>.<\/p>\n<h3>L&rsquo;abr\u00e9viation d&rsquo;auteur<\/h3>\n<p>Apr\u00e8s le bin\u00f4me figure l&rsquo;<strong>abr\u00e9viation de l&rsquo;auteur<\/strong> qui a publi\u00e9 le nom pour la premi\u00e8re fois de mani\u00e8re valide. Cette abr\u00e9viation n&rsquo;est ni en italique ni entre parenth\u00e8ses (sauf cas particulier d\u00e9crit plus loin). C&rsquo;est la signature du nom \u2014 elle permet de remonter \u00e0 la publication originale et de lever toute ambigu\u00eft\u00e9 si deux auteurs ont utilis\u00e9 le m\u00eame bin\u00f4me pour des plantes diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>Les abr\u00e9viations d&rsquo;auteurs sont standardis\u00e9es par l&rsquo;<em>International Plant Names Index<\/em> (IPNI) selon le syst\u00e8me de Brummitt et Powell (1992). Quelques-unes des plus fr\u00e9quentes :<\/p>\n<p><strong>L.<\/strong> \u2014 Carl von Linn\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;abr\u00e9viation la plus fr\u00e9quente de toute la botanique, puisque Linn\u00e9 a nomm\u00e9 des milliers d&rsquo;esp\u00e8ces dans le <em>Species Plantarum<\/em>. Quand vous lisez <em>Salvia officinalis<\/em> L., le \u00ab L. \u00bb signifie que c&rsquo;est Linn\u00e9 qui a publi\u00e9 ce nom en 1753.<\/p>\n<p><strong>Mill.<\/strong> \u2014 Philip Miller (1691-1771), jardinier en chef du Chelsea Physic Garden \u00e0 Londres. Auteur du <em>Gardeners Dictionary<\/em> (1768). C&rsquo;est lui qui a nomm\u00e9 <em>Lavandula angustifolia<\/em> Mill. (la lavande vraie), distincte de <em>Lavandula latifolia<\/em> Medik. (la lavande aspic).<\/p>\n<p><strong>DC.<\/strong> \u2014 Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841), botaniste genevois, auteur du monumental <em>Prodromus Systematis Naturalis Regni Vegetabilis<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Lam.<\/strong> \u2014 Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), botaniste et naturaliste fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><strong>Pers.<\/strong> \u2014 Christiaan Hendrik Persoon (1761-1836), mycologue et botaniste sud-africain bas\u00e9 \u00e0 Paris.<\/p>\n<p><strong>Willd.<\/strong> \u2014 Carl Ludwig Willdenow (1765-1812), botaniste allemand, directeur du Jardin botanique de Berlin.<\/p>\n<h3>Les parenth\u00e8ses et la double citation<\/h3>\n<p>Lorsqu&rsquo;une esp\u00e8ce est <strong>transf\u00e9r\u00e9e d&rsquo;un genre \u00e0 un autre<\/strong>, le nom de l&rsquo;auteur original est plac\u00e9 <strong>entre parenth\u00e8ses<\/strong>, suivi du nom de l&rsquo;auteur qui a effectu\u00e9 le transfert. C&rsquo;est la <strong>double citation<\/strong>.<\/p>\n<p>Exemple classique : la camomille allemande. Linn\u00e9 l&rsquo;avait nomm\u00e9e <em>Matricaria chamomilla<\/em> L. en 1753. En 1974, le botaniste tch\u00e8que Karel Rauschert transf\u00e9ra cette esp\u00e8ce dans le genre <em>Chamomilla<\/em> sous le nom <em>Chamomilla recutita<\/em>, ce qui d\u00e9clencha des d\u00e9cennies de querelles nomenclaturales. Aujourd&rsquo;hui, le nom accept\u00e9 est <em>Matricaria chamomilla<\/em> L. \u2014 mais dans de nombreux ouvrages, on trouve encore le synonyme <em>Chamomilla recutita<\/em> (L.) Rauschert, o\u00f9 les parenth\u00e8ses autour de \u00ab L. \u00bb signifient que c&rsquo;est Linn\u00e9 qui a d\u00e9crit l&rsquo;esp\u00e8ce originalement, et \u00ab Rauschert \u00bb qui l&rsquo;a transf\u00e9r\u00e9e dans le genre <em>Chamomilla<\/em>.<\/p>\n<p>Autre exemple : le ginkgo. Linn\u00e9 le nomma directement <em>Ginkgo biloba<\/em> L. en 1771. Le nom <em>Salisburia adiantifolia<\/em>, propos\u00e9 par Smith en 1797, n&rsquo;est qu&rsquo;un synonyme plus tardif tomb\u00e9 en d\u00e9su\u00e9tude.<\/p>\n<p>La double citation est un outil de <strong>tra\u00e7abilit\u00e9 historique<\/strong> : elle permet de suivre les p\u00e9r\u00e9grinations taxonomiques d&rsquo;une esp\u00e8ce \u00e0 travers les genres, comme on suivrait les changements d&rsquo;adresse d&rsquo;un citoyen \u00e0 travers les registres d&rsquo;\u00e9tat civil.<\/p>\n<h2>Les rangs taxonomiques \u2014 du r\u00e8gne \u00e0 la vari\u00e9t\u00e9<\/h2>\n<p>Le bin\u00f4me nomme l&rsquo;esp\u00e8ce. Mais l&rsquo;esp\u00e8ce s&rsquo;ins\u00e8re dans une hi\u00e9rarchie de rangs taxonomiques embo\u00eet\u00e9s, du plus inclusif au plus restrictif. Chaque rang regroupe les organismes qui partagent un anc\u00eatre commun plus ou moins r\u00e9cent.<\/p>\n<p>Prenons l&rsquo;exemple du thym commun pour illustrer la hi\u00e9rarchie compl\u00e8te :<\/p>\n<p><strong>R\u00e8gne<\/strong> : Plantae (les plantes)<br \/>\n<strong>Embranchement<\/strong> (Division) : Magnoliophyta (les plantes \u00e0 fleurs, ou angiospermes)<br \/>\n<strong>Classe<\/strong> : Magnoliopsida (les dicotyl\u00e9dones au sens large)<br \/>\n<strong>Ordre<\/strong> : Lamiales<br \/>\n<strong>Famille<\/strong> : Lamiaceae (les Lamiac\u00e9es, ou famille de la menthe)<br \/>\n<strong>Genre<\/strong> : <em>Thymus<\/em><br \/>\n<strong>Esp\u00e8ce<\/strong> : <em>Thymus vulgaris<\/em> L.<\/p>\n<p>Chaque rang porte une <strong>terminaison standardis\u00e9e<\/strong> en botanique :<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Embranchement<\/strong> (Division) : <em>-phyta<\/em> (Magnoliophyta, Bryophyta, Pteridophyta)<br \/>\n\u2014 <strong>Classe<\/strong> : <em>-opsida<\/em> (Magnoliopsida, Liliopsida)<br \/>\n\u2014 <strong>Ordre<\/strong> : <em>-ales<\/em> (Lamiales, Rosales, Asterales, Apiales)<br \/>\n\u2014 <strong>Famille<\/strong> : <em>-aceae<\/em> (Lamiaceae, Rosaceae, Asteraceae, Apiaceae)<br \/>\n\u2014 <strong>Sous-famille<\/strong> : <em>-oideae<\/em> (Nepetoideae, Rosoideae)<\/p>\n<p>Ces terminaisons sont d&rsquo;une utilit\u00e9 pratique imm\u00e9diate : lorsque vous lisez un nom se terminant par <em>-aceae<\/em>, vous savez que c&rsquo;est un nom de famille ; un nom en <em>-ales<\/em> est un ordre ; un nom en <em>-oideae<\/em> est une sous-famille. Le suffixe est un code de rang.<\/p>\n<h3>Les huit familles historiques \u00e0 noms conserv\u00e9s<\/h3>\n<p>Huit familles botaniques portent un <strong>nom alternatif conserv\u00e9<\/strong> (nomen alternativum conservandum) qui ne suit pas la terminaison standard en <em>-aceae<\/em>. Ces noms historiques, ant\u00e9rieurs \u00e0 la standardisation, restent valides en parall\u00e8le du nom standardis\u00e9 :<\/p>\n<p>\u2014 Asteraceae = <strong>Compositae<\/strong> (les Compos\u00e9es \u2014 fleurs compos\u00e9es de capitules)<br \/>\n\u2014 Apiaceae = <strong>Umbelliferae<\/strong> (les Ombellif\u00e8res \u2014 inflorescences en ombelles)<br \/>\n\u2014 Brassicaceae = <strong>Cruciferae<\/strong> (les Crucif\u00e8res \u2014 fleurs \u00e0 quatre p\u00e9tales en croix)<br \/>\n\u2014 Fabaceae = <strong>Leguminosae<\/strong> (les L\u00e9gumineuses \u2014 fruits en gousses)<br \/>\n\u2014 Lamiaceae = <strong>Labiatae<\/strong> (les Labi\u00e9es \u2014 corolle \u00e0 deux l\u00e8vres)<br \/>\n\u2014 Poaceae = <strong>Gramineae<\/strong> (les Gramin\u00e9es)<br \/>\n\u2014 Arecaceae = <strong>Palmae<\/strong> (les Palmiers)<br \/>\n\u2014 Clusiaceae = <strong>Guttiferae<\/strong> (les Guttif\u00e8res)<\/p>\n<p>Dans la litt\u00e9rature phytoth\u00e9rapeutique, les anciens noms sont encore tr\u00e8s courants \u2014 on parle plus volontiers des \u00ab Compos\u00e9es \u00bb que des \u00ab Asteraceae \u00bb, des \u00ab Ombellif\u00e8res \u00bb que des \u00ab Apiaceae \u00bb. Les deux sont corrects.<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"max-width:800px;margin:2em auto\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base-8-2.jpg\" alt=\"Sch\u00e9ma de la hi\u00e9rarchie taxonomique du thym commun, du r\u00e8gne \u00e0 l&#039;esp\u00e8ce\" style=\"width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.95em;color:#6b705c;margin-top:0.6em;font-style:italic\">Hi\u00e9rarchie taxonomique de Thymus vulgaris<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Au-dessous de l&rsquo;esp\u00e8ce \u2014 sous-esp\u00e8ces, vari\u00e9t\u00e9s et formes<\/h2>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas toujours le niveau de r\u00e9solution suffisant. De nombreuses esp\u00e8ces pr\u00e9sentent des <strong>variations g\u00e9ographiques, morphologiques ou chimiques<\/strong> qui justifient une subdivision. La nomenclature botanique reconna\u00eet trois rangs infrasp\u00e9cifiques principaux :<\/p>\n<h3>La sous-esp\u00e8ce (subsp.)<\/h3>\n<p>La <strong>sous-esp\u00e8ce<\/strong> d\u00e9signe une population g\u00e9ographiquement ou \u00e9cologiquement distincte, qui diff\u00e8re de la forme typique par un ensemble de caract\u00e8res h\u00e9r\u00e9ditaires coh\u00e9rents, mais qui peut encore se croiser avec elle lorsque leurs aires se chevauchent.<\/p>\n<p>Exemple majeur en phytoth\u00e9rapie : <em>Lavandula angustifolia<\/em> Mill. subsp. <em>angustifolia<\/em> (la lavande vraie des montagnes, cultiv\u00e9e pour l&rsquo;huile essentielle fine) vs <em>Lavandula angustifolia<\/em> subsp. <em>pyrenaica<\/em> (la lavande des Pyr\u00e9n\u00e9es, plus robuste, \u00e0 profil chimique l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rent). La distinction a des cons\u00e9quences directes sur la qualit\u00e9 de l&rsquo;huile essentielle.<\/p>\n<h3>La vari\u00e9t\u00e9 (var.)<\/h3>\n<p>La <strong>vari\u00e9t\u00e9<\/strong> botanique (\u00e0 ne pas confondre avec la \u00ab vari\u00e9t\u00e9 \u00bb au sens courant ou avec le cultivar) d\u00e9signe une variation morphologique ou chimique au sein d&rsquo;une esp\u00e8ce ou d&rsquo;une sous-esp\u00e8ce, sans la s\u00e9paration g\u00e9ographique nette de la sous-esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Exemple : <em>Ocimum basilicum<\/em> L. var. <em>minimum<\/em> (le basilic nain \u00e0 petites feuilles, dit \u00ab basilic grec \u00bb) \u2014 m\u00eame esp\u00e8ce que le grand basilic, mais port et feuillage diff\u00e9rents.<\/p>\n<h3>La forme (f.)<\/h3>\n<p>La <strong>forme<\/strong> d\u00e9signe une variation ponctuelle, souvent un seul caract\u00e8re (couleur de fleur, pilosit\u00e9), apparaissant sporadiquement dans une population. C&rsquo;est le rang infrasp\u00e9cifique le plus bas et le moins utilis\u00e9.<\/p>\n<p>Exemple : <em>Digitalis purpurea<\/em> L. f. <em>alba<\/em> \u2014 la digitale pourpre \u00e0 fleurs blanches, une forme spontan\u00e9e occasionnelle.<\/p>\n<h3>Le ch\u00e9motype \u2014 une cat\u00e9gorie non nomenclaturale mais essentielle<\/h3>\n<p>En phytoth\u00e9rapie et en aromath\u00e9rapie, une distinction fondamentale \u00e9chappe \u00e0 la nomenclature officielle : le <strong>ch\u00e9motype<\/strong> (abr\u00e9g\u00e9 ct.). Le ch\u00e9motype d\u00e9signe des populations d&rsquo;une m\u00eame esp\u00e8ce qui, bien qu&rsquo;identiques morphologiquement, produisent des <strong>profils chimiques radicalement diff\u00e9rents<\/strong>. La distinction est cruciale car deux ch\u00e9motypes d&rsquo;une m\u00eame esp\u00e8ce peuvent avoir des propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques \u2014 et des toxicit\u00e9s \u2014 tr\u00e8s diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>L&rsquo;exemple embl\u00e9matique est le thym : <em>Thymus vulgaris<\/em> L. compte au moins <strong>sept ch\u00e9motypes<\/strong> identifi\u00e9s dans le sud de la France, nomm\u00e9s d&rsquo;apr\u00e8s leur compos\u00e9 majoritaire :<\/p>\n<p>\u2014 ct. <strong>thymol<\/strong> (puissant antiseptique, h\u00e9patotoxique \u00e0 haute dose, dermocaustique \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat pur) ;<br \/>\n\u2014 ct. <strong>carvacrol<\/strong> (propri\u00e9t\u00e9s proches du thymol, encore plus dermocaustique) ;<br \/>\n\u2014 ct. <strong>linalol<\/strong> (doux, bien tol\u00e9r\u00e9 par la peau, adapt\u00e9 aux enfants \u2014 le \u00ab thym doux \u00bb) ;<br \/>\n\u2014 ct. <strong>g\u00e9raniol<\/strong> (antifongique, bien tol\u00e9r\u00e9) ;<br \/>\n\u2014 ct. <strong>thuyanol-4<\/strong> (antibact\u00e9rien puissant, h\u00e9patoprotecteur \u2014 rare et recherch\u00e9) ;<br \/>\n\u2014 ct. <strong>\u03b1-terpin\u00e9ol<\/strong> (le plus doux, anti-infectieux mod\u00e9r\u00e9) ;<br \/>\n\u2014 ct. <strong>paracym\u00e8ne<\/strong> (anti-inflammatoire, antalgique).<\/p>\n<p>Prescrire \u00ab de l&rsquo;huile essentielle de thym \u00bb sans pr\u00e9ciser le ch\u00e9motype est aussi impr\u00e9cis que prescrire \u00ab un antibiotique \u00bb sans pr\u00e9ciser la mol\u00e9cule. Le ch\u00e9motype est inscrit sur l&rsquo;\u00e9tiquette des huiles essentielles de qualit\u00e9 (norme HEBBD \u2014 Huile Essentielle Botaniquement et Biochimiquement D\u00e9finie) mais n&rsquo;appara\u00eet pas dans le nom latin officiel.<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"max-width:800px;margin:2em auto\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base-8-3.jpg\" alt=\"Illustration des sept ch\u00e9motypes du thym commun et leurs profils chimiques distincts\" style=\"width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.95em;color:#6b705c;margin-top:0.6em;font-style:italic\">Les sept ch\u00e9motypes de Thymus vulgaris<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Le Code international de nomenclature \u2014 les r\u00e8gles du jeu<\/h2>\n<p>La nomenclature botanique est r\u00e9gie par le <strong>Code international de nomenclature pour les algues, les champignons et les plantes<\/strong> (ICN, anciennement ICBN \u2014 <em>International Code of Botanical Nomenclature<\/em>). Ce code est r\u00e9vis\u00e9 tous les six ans lors des Congr\u00e8s internationaux de botanique. La derni\u00e8re \u00e9dition est le <strong>Code de Shenzhen<\/strong> (2018), du nom de la ville chinoise o\u00f9 s&rsquo;est tenu le XIX<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s.<\/p>\n<p>Le Code repose sur six principes fondamentaux :<\/p>\n<p><strong>Principe I \u2014 Ind\u00e9pendance.<\/strong> La nomenclature botanique est ind\u00e9pendante de la nomenclature zoologique. Un m\u00eame nom peut d\u00e9signer une plante et un animal sans conflit (<em>Pieris<\/em> est \u00e0 la fois un genre de papillon et un genre d&rsquo;\u00c9ricac\u00e9es).<\/p>\n<p><strong>Principe II \u2014 Nomenclature typifi\u00e9e.<\/strong> L&rsquo;application de chaque nom est d\u00e9termin\u00e9e par un <strong>type nomenclatural<\/strong> \u2014 un sp\u00e9cimen d&rsquo;herbier (ou une illustration) conserv\u00e9 dans une institution, qui sert de r\u00e9f\u00e9rence permanente. Le type n&rsquo;est pas l&rsquo;individu le plus \u00ab typique \u00bb de l&rsquo;esp\u00e8ce, mais l&rsquo;ancrage physique du nom : quoi qu&rsquo;il advienne des r\u00e9visions taxonomiques, le nom reste attach\u00e9 au sp\u00e9cimen type.<\/p>\n<p><strong>Principe III \u2014 Priorit\u00e9.<\/strong> Le nom valide d&rsquo;un taxon est le plus ancien nom publi\u00e9 conform\u00e9ment aux r\u00e8gles. C&rsquo;est le <strong>principe de priorit\u00e9<\/strong>, qui remonte au 1<sup>er<\/sup> mai 1753, date de publication du <em>Species Plantarum<\/em> de Linn\u00e9 \u2014 le point de d\u00e9part conventionnel de la nomenclature botanique. Tout nom publi\u00e9 avant cette date est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab pr\u00e9-linn\u00e9en \u00bb et n&rsquo;a pas de statut nomenclatural.<\/p>\n<p><strong>Principe IV \u2014 Unicit\u00e9.<\/strong> Chaque groupe taxonomique ne peut porter qu&rsquo;un seul nom correct \u00e0 un rang donn\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Principe V \u2014 Stabilit\u00e9.<\/strong> Les noms ne doivent pas \u00eatre chang\u00e9s sans raison suffisante \u2014 le Code cherche \u00e0 maximiser la stabilit\u00e9 nomenclaturale.<\/p>\n<p><strong>Principe VI \u2014 Latinit\u00e9.<\/strong> Les noms scientifiques sont trait\u00e9s comme latins, quelle que soit leur origine linguistique r\u00e9elle. Un nom d\u00e9riv\u00e9 du japonais, de l&rsquo;arabe ou du quechua est latinis\u00e9 selon des r\u00e8gles de d\u00e9clinaison et de genre grammatical.<\/p>\n<h3>Publication valide et publication effective<\/h3>\n<p>Pour qu&rsquo;un nom soit valide, il doit remplir plusieurs conditions :<\/p>\n<p>\u2014 \u00eatre <strong>effectivement publi\u00e9<\/strong> dans un support imprim\u00e9 (ou, depuis 2012, en ligne dans un format PDF avec un ISSN ou ISBN) accessible au public ;<\/p>\n<p>\u2014 \u00eatre accompagn\u00e9 d&rsquo;une <strong>description ou diagnose<\/strong> en latin (obligation supprim\u00e9e en 2012 \u2014 une description en anglais est d\u00e9sormais suffisante) ;<\/p>\n<p>\u2014 d\u00e9signer un <strong>type nomenclatural<\/strong> (obligation renforc\u00e9e depuis 1958) ;<\/p>\n<p>\u2014 ne pas \u00eatre un <strong>homonyme post\u00e9rieur<\/strong> (un nom identique d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 pour un autre taxon).<\/p>\n<p>Un nom qui ne remplit pas ces conditions est un <strong>nom invalide<\/strong> (<em>nomen invalidum<\/em>, nom. inval.) et n&rsquo;a pas de statut nomenclatural.<\/p>\n<h2>Synonymes \u2014 pourquoi une m\u00eame plante porte plusieurs noms<\/h2>\n<p>L&rsquo;un des aspects les plus d\u00e9routants de la nomenclature botanique pour le non-sp\u00e9cialiste est la profusion de <strong>synonymes<\/strong>. La m\u00eame plante peut \u00eatre connue sous trois, cinq, parfois vingt noms latins diff\u00e9rents dans la litt\u00e9rature. Cela ne signifie pas que le syst\u00e8me est d\u00e9faillant \u2014 cela signifie que la taxonomie est une science vivante, o\u00f9 les hypoth\u00e8ses de classification sont r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9vis\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re de nouvelles donn\u00e9es (morphologiques, mol\u00e9culaires, g\u00e9ographiques).<\/p>\n<p>On distingue deux types de synonymes :<\/p>\n<p><strong>Les synonymes nomenclaturaux<\/strong> (homotypiques) \u2014 des noms diff\u00e9rents fond\u00e9s sur le <strong>m\u00eame type<\/strong>. Ils r\u00e9sultent du transfert d&rsquo;une esp\u00e8ce d&rsquo;un genre \u00e0 un autre. Par exemple, <em>Chamomilla recutita<\/em> (L.) Rauschert et <em>Matricaria chamomilla<\/em> L. sont des synonymes nomenclaturaux \u2014 ils reposent sur le m\u00eame sp\u00e9cimen type.<\/p>\n<p><strong>Les synonymes taxonomiques<\/strong> (h\u00e9t\u00e9rotypiques) \u2014 des noms fond\u00e9s sur des <strong>types diff\u00e9rents<\/strong>, mais consid\u00e9r\u00e9s par un taxonomiste comme appartenant \u00e0 la m\u00eame esp\u00e8ce. Par exemple, si un botaniste du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle a d\u00e9crit une plante comme esp\u00e8ce nouvelle sans r\u00e9aliser qu&rsquo;elle avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e par Linn\u00e9, son nom devient un synonyme taxonomique.<\/p>\n<p>Quelques cas c\u00e9l\u00e8bres de synonymie en phytoth\u00e9rapie :<\/p>\n<p>\u2014 L&rsquo;<strong>\u00e9chinac\u00e9e<\/strong> : <em>Echinacea purpurea<\/em> (L.) Moench est le nom accept\u00e9. Le synonyme <em>Rudbeckia purpurea<\/em> L. (le nom original de Linn\u00e9, qui pla\u00e7ait cette plante dans le genre <em>Rudbeckia<\/em>) se rencontre encore dans les anciens ouvrages.<\/p>\n<p>\u2014 Le <strong>gattilier<\/strong> : <em>Vitex agnus-castus<\/em> L. est stable depuis Linn\u00e9 \u2014 un cas rare de nom jamais contest\u00e9 en 270 ans.<\/p>\n<p>\u2014 L&rsquo;<strong>harpagophytum<\/strong> : <em>Harpagophytum procumbens<\/em> (Burch.) DC. ex Meisn. \u2014 la double citation avec parenth\u00e8ses indique que Burchell a d\u00e9crit l&rsquo;esp\u00e8ce originalement, et que De Candolle (via Meissner) l&rsquo;a transf\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour le praticien en phytoth\u00e9rapie, le r\u00e9flexe essentiel est de toujours v\u00e9rifier le <strong>nom accept\u00e9 actuel<\/strong> d&rsquo;une plante lorsqu&rsquo;on consulte un ouvrage ancien. Les bases de donn\u00e9es de r\u00e9f\u00e9rence pour cela sont :<\/p>\n<p>\u2014 <strong>World Flora Online<\/strong> (www.worldfloraonline.org) \u2014 le successeur de <em>The Plant List<\/em>, base de donn\u00e9es mondiale de r\u00e9f\u00e9rence depuis 2020 ;<\/p>\n<p>\u2014 <strong>POWO \u2014 Plants of the World Online<\/strong> (powo.science.kew.org) \u2014 base de donn\u00e9es des Royal Botanic Gardens de Kew ;<\/p>\n<p>\u2014 <strong>IPNI \u2014 International Plant Names Index<\/strong> (www.ipni.org) \u2014 index des noms publi\u00e9s (pas d&rsquo;information sur le statut accept\u00e9\/synonyme, mais complet pour les citations d&rsquo;auteurs).<\/p>\n<h2>Les noms vernaculaires \u2014 utiles mais trompeurs<\/h2>\n<p>Les noms vernaculaires (noms communs, noms populaires) ont leur utilit\u00e9 : ils sont m\u00e9morisables, \u00e9vocateurs, et portent souvent une information ethnobotanique pr\u00e9cieuse. \u00ab Herbe aux coupures \u00bb dit quelque chose de l&rsquo;usage de l&rsquo;achill\u00e9e. \u00ab Pas-d&rsquo;\u00e2ne \u00bb d\u00e9crit la forme de la feuille du tussilage. \u00ab Queue-de-cheval \u00bb \u00e9voque la silhouette de la pr\u00eale.<\/p>\n<p>Mais ils posent quatre probl\u00e8mes majeurs :<\/p>\n<p><strong>1. L&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9<\/strong> \u2014 un m\u00eame nom vernaculaire peut d\u00e9signer des plantes totalement diff\u00e9rentes. \u00ab Laurier \u00bb peut d\u00e9signer le laurier noble (<em>Laurus nobilis<\/em>, comestible), le laurier-cerise (<em>Prunus laurocerasus<\/em>, toxique), le laurier-rose (<em>Nerium oleander<\/em>, mortel), le laurier-tin (<em>Viburnum tinus<\/em>), ou le laurier de Californie (<em>Umbellularia californica<\/em>). Confondre le laurier noble et le laurier-cerise dans une tisane n&rsquo;est pas une question acad\u00e9mique \u2014 c&rsquo;est une question de vie ou de mort.<\/p>\n<p><strong>2. La synonymie<\/strong> \u2014 une m\u00eame plante porte des dizaines de noms vernaculaires selon les r\u00e9gions. Le millepertuis (<em>Hypericum perforatum<\/em>) est aussi appel\u00e9 herbe de la Saint-Jean, chasse-diable, herbe aux mille trous, herbe perc\u00e9e, herbe aux piq\u00fbres, trucheron jaune. En anglais, c&rsquo;est <em>St. John&rsquo;s wort<\/em> ; en allemand, <em>Johanniskraut<\/em> ; en espagnol, <em>hierba de San Juan<\/em> ou <em>corazoncillo<\/em>.<\/p>\n<p><strong>3. L&rsquo;absence de hi\u00e9rarchie<\/strong> \u2014 les noms vernaculaires ne renseignent pas sur les parent\u00e9s entre esp\u00e8ces. Rien dans les noms \u00ab camomille romaine \u00bb et \u00ab camomille allemande \u00bb n&rsquo;indique que ces deux plantes appartiennent \u00e0 des genres diff\u00e9rents (<em>Chamaemelum nobile<\/em> vs <em>Matricaria chamomilla<\/em>), ni que la \u00ab camomille des teinturiers \u00bb (<em>Anthemis tinctoria<\/em>) est plus proche de la camomille romaine que de l&rsquo;allemande.<\/p>\n<p><strong>4. La fausse familiarit\u00e9<\/strong> \u2014 les noms vernaculaires peuvent cr\u00e9er une illusion de connaissance. Appeler une plante \u00ab sauge \u00bb sans pr\u00e9ciser l&rsquo;esp\u00e8ce, c&rsquo;est confondre dans un m\u00eame mot <em>Salvia officinalis<\/em> (la sauge officinale, riche en thuyone neurotoxique), <em>Salvia sclarea<\/em> (la sauge sclar\u00e9e, sans thuyone, utilis\u00e9e en aromath\u00e9rapie pour des propri\u00e9t\u00e9s \u0153strog\u00e8ne-like), <em>Salvia hispanica<\/em> (le chia, graine alimentaire), et <em>Salvia divinorum<\/em> (la sauge divinatoire, hallucinog\u00e8ne puissant). Le genre <em>Salvia<\/em> compte plus de 900 esp\u00e8ces \u2014 le mot \u00ab sauge \u00bb n&rsquo;en distingue aucune.<\/p>\n<h2>Lire un nom latin \u2014 guide pratique<\/h2>\n<p>Voici comment d\u00e9coder un nom botanique complet en situation r\u00e9elle. Prenons :<\/p>\n<p><strong><em>Echinacea purpurea<\/em> (L.) Moench<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 <em>Echinacea<\/em> : genre, du grec <em>echinos<\/em>, \u00ab h\u00e9risson \u00bb \u2014 allusion au r\u00e9ceptacle \u00e9pineux du capitule ;<br \/>\n\u2014 <em>purpurea<\/em> : \u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique, \u00ab pourpre \u00bb \u2014 couleur des ligules ;<br \/>\n\u2014 (L.) : Linn\u00e9 a d\u00e9crit l&rsquo;esp\u00e8ce en premier (sous un autre genre) ;<br \/>\n\u2014 Moench : Conrad Moench (1744-1805) a transf\u00e9r\u00e9 l&rsquo;esp\u00e8ce dans le genre <em>Echinacea<\/em> en 1794.<\/p>\n<p>Autre exemple :<\/p>\n<p><strong><em>Crataegus monogyna<\/em> Jacq. subsp. <em>monogyna<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\u2014 <em>Crataegus<\/em> : genre, du grec <em>kratos<\/em>, \u00ab force \u00bb \u2014 allusion \u00e0 la duret\u00e9 du bois ;<br \/>\n\u2014 <em>monogyna<\/em> : \u00ab un seul pistil \u00bb (mono + gyn\u00e8) \u2014 l&rsquo;aub\u00e9pine \u00e0 un style, par opposition \u00e0 <em>C. laevigata<\/em> qui en a deux ;<br \/>\n\u2014 Jacq. : Nikolaus Joseph von Jacquin (1727-1817), botaniste autrichien ;<br \/>\n\u2014 subsp. <em>monogyna<\/em> : la sous-esp\u00e8ce nominale (celle qui porte le m\u00eame nom que l&rsquo;esp\u00e8ce, c&rsquo;est la forme typique).<\/p>\n<p>Dernier exemple, plus complexe :<\/p>\n<p><strong><em>Thymus serpyllum<\/em> L. var. <em>serpyllum<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\u2014 <em>Thymus<\/em> : genre, du grec <em>thumon<\/em>, \u00ab parfum \u00bb (ou <em>thumos<\/em>, \u00ab courage \u00bb \u2014 les soldats romains se baignaient dans du thym avant la bataille) ;<br \/>\n\u2014 <em>serpyllum<\/em> : du grec <em>herpyllos<\/em>, \u00ab rampant \u00bb \u2014 le serpolet rampe sur le sol ;<br \/>\n\u2014 L. : Linn\u00e9, <em>Species Plantarum<\/em>, 1753 ;<br \/>\n\u2014 var. <em>serpyllum<\/em> : la vari\u00e9t\u00e9 nominale.<\/p>\n<h2>Les pi\u00e8ges courants et comment les \u00e9viter<\/h2>\n<h3>Genre et \u00e9pith\u00e8te ne s&rsquo;accordent pas toujours<\/h3>\n<p>En latin, l&rsquo;adjectif s&rsquo;accorde en genre grammatical avec le substantif. Mais l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique n&rsquo;est pas toujours un adjectif \u2014 elle peut \u00eatre un substantif en apposition ou au g\u00e9nitif, auquel cas elle ne s&rsquo;accorde pas. <em>Plantago major<\/em> (et non <em>*majora<\/em>) parce que <em>major<\/em> est un adjectif qui s&rsquo;accorde avec <em>Plantago<\/em> (f\u00e9minin). Mais <em>Pyrus communis<\/em> (et non <em>*commune<\/em>) parce que <em>Pyrus<\/em> est masculin en latin botanique (bien que neutre en latin classique \u2014 le Code traite tous les noms d&rsquo;arbres comme masculins).<\/p>\n<h3>Ne pas inventer d&rsquo;italique s\u00e9lectif<\/h3>\n<p>Les conventions typographiques sont simples : le <strong>genre<\/strong> et l&rsquo;<strong>\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique<\/strong> sont en italique. Les noms de <strong>famille<\/strong>, d&rsquo;<strong>ordre<\/strong> et de rangs sup\u00e9rieurs ne sont <strong>pas<\/strong> en italique. Les <strong>abr\u00e9viations d&rsquo;auteurs<\/strong> ne sont pas en italique. Les abr\u00e9viations de rang (<strong>subsp.<\/strong>, <strong>var.<\/strong>, <strong>f.<\/strong>) ne sont pas en italique, mais le nom qui les suit l&rsquo;est. Exemple : <em>Mentha \u00d7 piperita<\/em> L. var. <em>citrata<\/em> \u2014 tout ce qui est en italique est un nom de taxon, tout ce qui ne l&rsquo;est pas est un indicateur grammatical ou une attribution d&rsquo;auteur.<\/p>\n<h3>Le signe \u00d7 indique un hybride<\/h3>\n<p>Un <strong>\u00d7<\/strong> (signe de multiplication) plac\u00e9 avant le nom de genre ou avant l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te indique un <strong>hybride<\/strong>. <em>Mentha \u00d7 piperita<\/em> L. est l&rsquo;hybride entre <em>Mentha aquatica<\/em> et <em>Mentha spicata<\/em> \u2014 la menthe poivr\u00e9e est un hybride, pas une esp\u00e8ce au sens strict. De m\u00eame, <em>\u00d7 Laburnocytisus adamii<\/em> est un hybride interg\u00e9n\u00e9rique entre <em>Laburnum<\/em> et <em>Cytisus<\/em>.<\/p>\n<p>En phytoth\u00e9rapie, les hybrides sont fr\u00e9quents parmi les plantes cultiv\u00e9es : la lavande \u00ab lavandin \u00bb (<em>Lavandula \u00d7 intermedia<\/em>) est l&rsquo;hybride entre la lavande vraie et la lavande aspic ; la menthe poivr\u00e9e (<em>Mentha \u00d7 piperita<\/em>) est st\u00e9rile et ne se propage que par bouturage \u2014 ce qui explique son homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 chimique.<\/p>\n<h3>cf., aff. et les identifications incertaines<\/h3>\n<p>Dans les herbiers et les inventaires floristiques, on rencontre des abr\u00e9viations signalant une identification incompl\u00e8te :<\/p>\n<p>\u2014 <strong>cf.<\/strong> (<em>confer<\/em>, \u00ab comparez \u00bb) : la plante <em>ressemble<\/em> \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce indiqu\u00e9e mais l&rsquo;identification n&rsquo;est pas certaine. <em>Thymus<\/em> cf. <em>vulgaris<\/em> signifie \u00ab probablement <em>T. vulgaris<\/em>, \u00e0 confirmer \u00bb.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>aff.<\/strong> (<em>affinis<\/em>, \u00ab apparent\u00e9 \u00e0 \u00bb) : la plante est proche de l&rsquo;esp\u00e8ce indiqu\u00e9e mais en diff\u00e8re peut-\u00eatre \u2014 elle pourrait \u00eatre une esp\u00e8ce voisine ou une esp\u00e8ce nouvelle.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>sp.<\/strong> (<em>species<\/em>) : le genre est identifi\u00e9 mais l&rsquo;esp\u00e8ce ne l&rsquo;est pas. <em>Artemisia<\/em> sp. = \u00ab une armoise, esp\u00e8ce ind\u00e9termin\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>spp.<\/strong> (<em>species pluralis<\/em>) : plusieurs esp\u00e8ces du m\u00eame genre. <em>Echinacea<\/em> spp. = \u00ab les \u00e9chinac\u00e9es (plusieurs esp\u00e8ces) \u00bb.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>s.l.<\/strong> (<em>sensu lato<\/em>, \u00ab au sens large \u00bb) et <strong>s.s.<\/strong> (<em>sensu stricto<\/em>, \u00ab au sens strict \u00bb) : indiquent si le nom est utilis\u00e9 dans son acception large (incluant des taxons proches parfois trait\u00e9s comme esp\u00e8ces distinctes) ou stricte.<\/p>\n<h2>La nomenclature \u00e0 l&rsquo;\u00e8re de la phylog\u00e9nie mol\u00e9culaire<\/h2>\n<p>La r\u00e9volution de la <strong>phylog\u00e9nie mol\u00e9culaire<\/strong> \u2014 la reconstruction des arbres \u00e9volutifs \u00e0 partir des s\u00e9quences d&rsquo;ADN \u2014 a profond\u00e9ment boulevers\u00e9 la classification des plantes depuis les ann\u00e9es 1990. Le syst\u00e8me APG (<em>Angiosperm Phylogeny Group<\/em>), publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1998 et r\u00e9guli\u00e8rement mis \u00e0 jour (APG IV en 2016), a redistribu\u00e9 de nombreuses familles et genres pour que la classification refl\u00e8te les v\u00e9ritables parent\u00e9s \u00e9volutives plut\u00f4t que les seules ressemblances morphologiques.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences sur la nomenclature ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rables :<\/p>\n<p>\u2014 Les <strong>Scrophulariaceae<\/strong> (famille du bouillon-blanc et de la digitale) ont \u00e9t\u00e9 \u00e9clat\u00e9es : les digitales sont pass\u00e9es dans les <strong>Plantaginaceae<\/strong>, les mol\u00e8nes (bouillon-blanc) sont rest\u00e9es dans les Scrophulariaceae, les v\u00e9roniques sont all\u00e9es dans les Plantaginaceae. Le praticien qui lit un ouvrage d&rsquo;avant 2000 trouvera la digitale dans les Scrophulariaceae \u2014 dans un ouvrage r\u00e9cent, dans les Plantaginaceae. La plante est la m\u00eame, seule son adresse familiale a chang\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014 Le genre <em>Chrysanthemum<\/em> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9membr\u00e9 : le chrysanth\u00e8me des fleuristes est devenu <em>Chrysanthemum \u00d7 morifolium<\/em>, tandis que la tanaisie est devenue <em>Tanacetum vulgare<\/em> (autrefois <em>Chrysanthemum vulgare<\/em>) et que le pyr\u00e8thre est devenu <em>Tanacetum cinerariifolium<\/em>.<\/p>\n<p>\u2014 La famille des <strong>Liliaceae<\/strong> (les lys au sens large) a \u00e9t\u00e9 explos\u00e9e en une dizaine de familles : les aulx sont pass\u00e9s dans les <strong>Amaryllidaceae<\/strong>, les asphod\u00e8les dans les <strong>Asphodelaceae<\/strong>, les asperges dans les <strong>Asparagaceae<\/strong>, les colchiques dans les <strong>Colchicaceae<\/strong>. Le \u00ab lys \u00bb au sens ancien englobait des plantes aussi diff\u00e9rentes qu&rsquo;un ail et un colchique.<\/p>\n<p>Ces remaniements, aussi perturbants soient-ils pour l&rsquo;utilisateur, refl\u00e8tent un progr\u00e8s r\u00e9el de la connaissance. Un syst\u00e8me de classification qui refl\u00e8te l&rsquo;\u00e9volution est plus pr\u00e9dictif qu&rsquo;un syst\u00e8me fond\u00e9 sur la morphologie seule : si deux esp\u00e8ces sont phylog\u00e9n\u00e9tiquement proches, il y a de bonnes chances qu&rsquo;elles partagent des voies de biosynth\u00e8se \u2014 et donc des m\u00e9tabolites secondaires \u2014 similaires. Pour le phytoth\u00e9rapeute, la phylog\u00e9nie mol\u00e9culaire est un outil : elle permet de <strong>pr\u00e9dire<\/strong> la chimie d&rsquo;une esp\u00e8ce peu \u00e9tudi\u00e9e \u00e0 partir de celle de ses proches parents.<\/p>\n<h2>Prononcer le latin botanique<\/h2>\n<p>Le latin botanique n&rsquo;est pas le latin classique de Cic\u00e9ron. Sa prononciation a \u00e9t\u00e9 historiquement influenc\u00e9e par la langue maternelle du botaniste \u2014 un Fran\u00e7ais, un Anglais, un Allemand et un Italien prononceront <em>Echinacea<\/em> de quatre mani\u00e8res diff\u00e9rentes, et tous auront \u00ab raison \u00bb dans leur tradition nationale.<\/p>\n<p>Quelques conventions de prononciation courantes en France :<\/p>\n<p>\u2014 le <strong>c<\/strong> devant <em>e<\/em>, <em>i<\/em>, <em>y<\/em> se prononce <strong>[s]<\/strong> (tradition fran\u00e7aise) ou <strong>[k]<\/strong> (prononciation restitu\u00e9e). <em>Echinacea<\/em> se dit \u00ab \u00e9-ki-na-ss\u00e9-a \u00bb ou \u00ab \u00e9-chi-na-s\u00e9-a \u00bb selon la tradition ;<\/p>\n<p>\u2014 le <strong>ch<\/strong> se prononce <strong>[k]<\/strong> : <em>Chamomilla<\/em> = \u00ab ka-mo-mi-la \u00bb ;<\/p>\n<p>\u2014 le <strong>ph<\/strong> se prononce <strong>[f]<\/strong> : <em>Phytolacca<\/em> = \u00ab fi-to-la-ka \u00bb ;<\/p>\n<p>\u2014 le <strong>th<\/strong> se prononce <strong>[t]<\/strong> : <em>Thymus<\/em> = \u00ab ti-muss \u00bb ;<\/p>\n<p>\u2014 le <strong>-ae<\/strong> final se prononce <strong>[\u00e9]<\/strong> : <em>Rosaceae<\/em> = \u00ab ro-za-ss\u00e9 \u00bb ;<\/p>\n<p>\u2014 le <strong>-ii<\/strong> final se prononce <strong>[i-i]<\/strong> en deux syllabes : <em>thunbergii<\/em> = \u00ab tunn-b\u00e8r-gui-i \u00bb ;<\/p>\n<p>\u2014 l&rsquo;accent tonique tombe g\u00e9n\u00e9ralement sur l&rsquo;<strong>avant-derni\u00e8re syllabe<\/strong> si elle est longue, sur l&rsquo;<strong>ant\u00e9p\u00e9nulti\u00e8me<\/strong> si l&rsquo;avant-derni\u00e8re est br\u00e8ve : <em>officin\u00e1lis<\/em> (accent sur -na-), <em>purp\u00farea<\/em> (accent sur -pu-).<\/p>\n<p>L&rsquo;essentiel n&rsquo;est pas la perfection de la prononciation \u2014 c&rsquo;est la <strong>capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre compris<\/strong>. Un latin botanique approximatif mais intelligible vaut infiniment mieux qu&rsquo;un nom vernaculaire ambigu.<\/p>\n<h2>Dix noms latins que tout botaniste herboriste devrait d\u00e9coder<\/h2>\n<p>Pour clore cet article, voici dix noms de plantes m\u00e9dicinales majeures d\u00e9cortiqu\u00e9s \u2014 un exercice pratique de lecture nomenclaturale :<\/p>\n<p><strong>1. <em>Matricaria chamomilla<\/em> L.<\/strong><br \/>\n<em>Matricaria<\/em> : du latin <em>matrix<\/em>, \u00ab matrice, ut\u00e9rus \u00bb \u2014 la plante \u00e9tait utilis\u00e9e pour les affections ut\u00e9rines. <em>Chamomilla<\/em> : du grec <em>chamaimelon<\/em>, \u00ab pomme \u00e0 terre \u00bb (de <em>chamai<\/em>, \u00ab au sol \u00bb, et <em>m\u00ealon<\/em>, \u00ab pomme \u00bb) \u2014 allusion au port bas et \u00e0 l&rsquo;odeur de pomme des capitules frais.<\/p>\n<p><strong>2. <em>Valeriana officinalis<\/em> L.<\/strong><br \/>\n<em>Valeriana<\/em> : \u00e9tymologie discut\u00e9e \u2014 peut-\u00eatre du latin <em>valere<\/em>, \u00ab \u00eatre en bonne sant\u00e9 \u00bb, ou de la province romaine de <em>Valeria<\/em> (Pannonie). <em>Officinalis<\/em> : vendue en officine.<\/p>\n<p><strong>3. <em>Taraxacum officinale<\/em> F.H. Wigg.<\/strong><br \/>\n<em>Taraxacum<\/em> : probablement de l&rsquo;arabe <em>tharakhchakon<\/em>, d\u00e9signant une chicor\u00e9e am\u00e8re. <em>Officinale<\/em> : forme neutre d&rsquo;<em>officinalis<\/em> (le genre <em>Taraxacum<\/em> est trait\u00e9 comme neutre). F.H. Wigg. : Friedrich Heinrich Wiggers (1746-1811), botaniste allemand.<\/p>\n<p><strong>4. <em>Calendula officinalis<\/em> L.<\/strong><br \/>\n<em>Calendula<\/em> : du latin <em>calendae<\/em>, \u00ab calendes \u00bb (premier jour de chaque mois) \u2014 le souci fleurit tous les mois de l&rsquo;ann\u00e9e (en climat doux). <em>Officinalis<\/em> : m\u00e9dicinale.<\/p>\n<p><strong>5. <em>Urtica dioica<\/em> L.<\/strong><br \/>\n<em>Urtica<\/em> : du latin <em>urere<\/em>, \u00ab br\u00fbler \u00bb \u2014 la br\u00fblure des poils urticants. <em>Dioica<\/em> : \u00ab dio\u00efque \u00bb \u2014 les fleurs m\u00e2les et femelles sont port\u00e9es par des pieds s\u00e9par\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>6. <em>Melissa officinalis<\/em> L.<\/strong><br \/>\n<em>Melissa<\/em> : du grec <em>melissa<\/em>, \u00ab abeille \u00bb \u2014 la m\u00e9lisse est une plante mellif\u00e8re par excellence. <em>Officinalis<\/em> : m\u00e9dicinale.<\/p>\n<p><strong>7. <em>Achillea millefolium<\/em> L.<\/strong><br \/>\n<em>Achillea<\/em> : d&rsquo;<strong>Achille<\/strong>, le h\u00e9ros grec qui, selon la l\u00e9gende, utilisait cette plante pour soigner les blessures de ses soldats lors du si\u00e8ge de Troie. <em>Millefolium<\/em> : \u00ab mille feuilles \u00bb \u2014 les feuilles sont si finement d\u00e9coup\u00e9es qu&rsquo;elles semblent compos\u00e9es de milliers de segments.<\/p>\n<p><strong>8. <em>Sambucus nigra<\/em> L.<\/strong><br \/>\n<em>Sambucus<\/em> : du grec <em>sambuk\u00ea<\/em>, une fl\u00fbte \u2014 les tiges creuses du sureau servaient \u00e0 fabriquer des instruments de musique. <em>Nigra<\/em> : \u00ab noire \u00bb \u2014 couleur des baies m\u00fbres.<\/p>\n<p><strong>9. <em>Filipendula ulmaria<\/em> (L.) Maxim.<\/strong><br \/>\n<em>Filipendula<\/em> : du latin <em>filum<\/em>, \u00ab fil \u00bb, et <em>pendulus<\/em>, \u00ab pendant \u00bb \u2014 allusion aux tubercules racinaires suspendus comme des perles \u00e0 un fil chez certaines esp\u00e8ces. <em>Ulmaria<\/em> : \u00ab semblable \u00e0 l&rsquo;orme (<em>Ulmus<\/em>) \u00bb \u2014 les feuilles rappellent vaguement celles de l&rsquo;orme. (L.) Maxim. : Linn\u00e9 l&rsquo;avait nomm\u00e9e <em>Spiraea ulmaria<\/em>, Maximowicz l&rsquo;a transf\u00e9r\u00e9e dans <em>Filipendula<\/em>. C&rsquo;est de l&rsquo;ancien nom <em>Spiraea<\/em> que d\u00e9rive le mot <strong>aspirine<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>10. <em>Ginkgo biloba<\/em> L.<\/strong><br \/>\n<em>Ginkgo<\/em> : du japonais <em>ginky\u014d<\/em> (\u9280\u674f), \u00ab abricot d&rsquo;argent \u00bb. Le <em>g<\/em> final r\u00e9sulte probablement d&rsquo;une erreur de transcription de Linn\u00e9 ou de son informateur Engelbert Kaempfer \u2014 mais le Code interdit de corriger les erreurs orthographiques originales, de sorte que <em>Ginkgo<\/em> (et non <em>*Ginkyo<\/em>) est le nom officiel pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. <em>Biloba<\/em> : \u00ab \u00e0 deux lobes \u00bb \u2014 la forme caract\u00e9ristique de la feuille.<\/p>\n<h2>Conclusion \u2014 le nom latin comme outil de pr\u00e9cision<\/h2>\n<p>La nomenclature botanique n&rsquo;est pas un exercice d&rsquo;\u00e9rudition r\u00e9serv\u00e9 aux taxonomistes. C&rsquo;est un <strong>outil de pr\u00e9cision<\/strong> \u2014 le seul qui permette d&rsquo;identifier une plante sans ambigu\u00eft\u00e9, de communiquer cette identification \u00e0 n&rsquo;importe qui dans le monde, et de remonter jusqu&rsquo;\u00e0 la description originale pour v\u00e9rifier de quoi on parle exactement.<\/p>\n<p>Pour le phytoth\u00e9rapeute, le botaniste de terrain, l&rsquo;herboriste ou le simple curieux de nature, ma\u00eetriser la lecture d&rsquo;un nom latin, c&rsquo;est :<\/p>\n<p>\u2014 ne jamais confondre deux esp\u00e8ces qui portent le m\u00eame nom vernaculaire ;<br \/>\n\u2014 savoir imm\u00e9diatement si un ouvrage parle de la m\u00eame plante qu&rsquo;un autre, m\u00eame si les noms vernaculaires diff\u00e8rent ;<br \/>\n\u2014 comprendre les parent\u00e9s entre esp\u00e8ces d&rsquo;un m\u00eame genre (et donc anticiper des propri\u00e9t\u00e9s chimiques partag\u00e9es) ;<br \/>\n\u2014 naviguer dans les bases de donn\u00e9es botaniques, les pharmacop\u00e9es et la litt\u00e9rature scientifique internationale ;<br \/>\n\u2014 rep\u00e9rer les changements de classification et les synonymes sans perdre le fil.<\/p>\n<p>Le bin\u00f4me linn\u00e9en a travers\u00e9 273 ans sans prendre une ride. Dans un monde o\u00f9 les syst\u00e8mes de classification sont r\u00e9vis\u00e9s, contest\u00e9s et remodel\u00e9s \u00e0 chaque avanc\u00e9e de la phylog\u00e9nie mol\u00e9culaire, le principe reste inchang\u00e9 : deux mots latins, un auteur, un sp\u00e9cimen type. C&rsquo;est l&rsquo;adresse postale du vivant \u2014 et comme toute bonne adresse, elle permet de trouver ce qu&rsquo;on cherche.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p><strong>Linn\u00e9 C.<\/strong> (1753). <em>Species Plantarum<\/em>. Stockholm : Laurentii Salvii. \u2014 L&rsquo;ouvrage fondateur de la nomenclature botanique, point de d\u00e9part conventionnel au 1<sup>er<\/sup> mai 1753.<\/p>\n<p><strong>Turland N.J. et al.<\/strong> (2018). <em>International Code of Nomenclature for algae, fungi, and plants (Shenzhen Code)<\/em>. Regnum Vegetabile 159. Glash\u00fctten : Koeltz Botanical Books. \u2014 La derni\u00e8re \u00e9dition du Code international de nomenclature.<\/p>\n<p><strong>Brummitt R.K., Powell C.E.<\/strong> (1992). <em>Authors of Plant Names<\/em>. Kew : Royal Botanic Gardens. \u2014 Le r\u00e9f\u00e9rentiel des abr\u00e9viations d&rsquo;auteurs, d\u00e9sormais maintenu en ligne par l&rsquo;IPNI.<\/p>\n<p><strong>Stearn W.T.<\/strong> (2004). <em>Botanical Latin<\/em>. 4<sup>e<\/sup> \u00e9d. Portland : Timber Press. \u2014 L&rsquo;ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence sur le latin utilis\u00e9 en botanique \u2014 grammaire, prononciation, d\u00e9clinaisons, formation des noms.<\/p>\n<p><strong>Simpson M.G.<\/strong> (2019). <em>Plant Systematics<\/em>. 3<sup>e<\/sup> \u00e9d. Amsterdam : Academic Press. \u2014 Manuel universitaire couvrant la taxonomie, la nomenclature et la phylog\u00e9nie des plantes.<\/p>\n<p><strong>Judd W.S., Campbell C.S., Kellogg E.A., Stevens P.F., Donoghue M.J.<\/strong> (2016). <em>Plant Systematics: A Phylogenetic Approach<\/em>. 4<sup>e<\/sup> \u00e9d. Sunderland : Sinauer Associates. \u2014 Le trait\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence sur la classification phylog\u00e9n\u00e9tique des plantes.<\/p>\n<p><strong>APG IV<\/strong> (2016). An update of the Angiosperm Phylogeny Group classification for the orders and families of flowering plants: APG IV. <em>Botanical Journal of the Linnean Society<\/em>, 181(1), 1-20. \u2014 La derni\u00e8re classification phylog\u00e9n\u00e9tique de r\u00e9f\u00e9rence des angiospermes.<\/p>\n<p><strong>Angiosperm Phylogeny Website<\/strong> \u2014 Stevens P.F. (2001-). Missouri Botanical Garden. \u2014 Ressource en ligne continuellement mise \u00e0 jour sur la phylog\u00e9nie des plantes \u00e0 fleurs.<\/p>\n<p><strong>World Flora Online<\/strong> \u2014 www.worldfloraonline.org \u2014 Base de donn\u00e9es mondiale des noms de plantes accept\u00e9s et de leurs synonymes.<\/p>\n<p><strong>IPNI \u2014 International Plant Names Index<\/strong> \u2014 www.ipni.org \u2014 Index complet des noms botaniques publi\u00e9s et de leurs citations d&rsquo;auteurs.<\/p>\n<p><strong>Bauhin G.<\/strong> (1623). <em>Pinax theatri botanici<\/em>. B\u00e2le. \u2014 L&rsquo;un des premiers essais de nomenclature syst\u00e9matique pr\u00e9-linn\u00e9enne.<\/p>\n<p><strong>Tournefort J.P. de<\/strong> (1700). <em>Institutiones rei herbariae<\/em>. Paris : Typographia Regia. \u2014 L&rsquo;ouvrage qui \u00e9tablit le concept de genre botanique.<\/p>\n<p><strong>Blunt W.<\/strong> (2001). <em>Linnaeus: The Compleat Naturalist<\/em>. Londres : Frances Lincoln. \u2014 Biographie accessible et document\u00e9e de Linn\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Pavord A.<\/strong> (2005). <em>The Naming of Names: The Search for Order in the World of Plants<\/em>. Londres : Bloomsbury. \u2014 Histoire passionnante de la qu\u00eate humaine pour nommer et classer les plantes, de Th\u00e9ophraste \u00e0 Linn\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> (11<sup>e<\/sup> \u00e9d., 2023). Strasbourg : EDQM. \u2014 Utilise syst\u00e9matiquement la nomenclature binomiale pour l&rsquo;identification des drogues v\u00e9g\u00e9tales.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ouvrez n&rsquo;importe quelle flore, n&rsquo;importe quel trait\u00e9 de phytoth\u00e9rapie, et vous tomberez sur des noms comme Matricaria chamomilla L., Hypericum perforatum L. ou Lavandula angustifolia [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[136],"tags":[],"class_list":["post-10283","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bases-botaniques"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10283","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10283"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10283\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11974,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10283\/revisions\/11974"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10283"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10283"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10283"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}