{"id":10287,"date":"2026-05-03T12:03:15","date_gmt":"2026-05-03T10:03:15","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/03\/les-grandes-familles-medicinales-portrait-robot-de-10-familles-cles\/"},"modified":"2026-06-18T09:14:07","modified_gmt":"2026-06-18T07:14:07","slug":"les-grandes-familles-medicinales-portrait-robot-de-10-familles-cles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/03\/les-grandes-familles-medicinales-portrait-robot-de-10-familles-cles\/","title":{"rendered":"Les grandes familles m\u00e9dicinales \u2014 portrait-robot de 10 familles cl\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-size:1.15em;line-height:1.8;color:#3a3a3a\">La flore mondiale compte environ 350 000 esp\u00e8ces de plantes \u00e0 fleurs, r\u00e9parties dans plus de 400 familles. Mais lorsqu&rsquo;on se penche sur les plantes utilis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie, en herboristerie ou en pharmacognosie, un constat s&rsquo;impose : <strong>une poign\u00e9e de familles concentre l&rsquo;essentiel de la pharmacop\u00e9e v\u00e9g\u00e9tale<\/strong>. Conna\u00eetre ces familles, c&rsquo;est disposer d&rsquo;une grille de lecture qui permet d&rsquo;anticiper la chimie d&rsquo;une plante avant m\u00eame de l&rsquo;avoir \u00e9tudi\u00e9e \u2014 parce que les esp\u00e8ces d&rsquo;une m\u00eame famille partagent des voies de biosynth\u00e8se, et donc des classes de m\u00e9tabolites secondaires, h\u00e9rit\u00e9es d&rsquo;un anc\u00eatre commun.<\/p>\n<p style=\"font-size:1.08em;line-height:1.8;color:#3a3a3a\">Ce neuvi\u00e8me volet de notre s\u00e9rie <em>Bases botaniques<\/em> dresse le portrait de <strong>dix familles botaniques majeures<\/strong> pour le phytoth\u00e9rapeute. Pour chacune, nous examinerons les caract\u00e8res morphologiques qui permettent de la reconna\u00eetre sur le terrain, les classes de m\u00e9tabolites secondaires qui la caract\u00e9risent, les esp\u00e8ces m\u00e9dicinales phares, et les pr\u00e9cautions d&rsquo;usage li\u00e9es \u00e0 sa chimie.<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"max-width:800px;margin:2em auto\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base-9-1.jpg\" alt=\"Illustration botanique des dix familles de plantes m\u00e9dicinales majeures\" style=\"width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.95em;color:#6b705c;margin-top:0.6em;font-style:italic\">Mosa\u00efque des dix grandes familles m\u00e9dicinales<\/figcaption><\/figure>\n<h2>1. Lamiaceae \u2014 la famille de la menthe et du thym<\/h2>\n<h3>Portrait morphologique<\/h3>\n<p>Les Lamiac\u00e9es (anciennement Labi\u00e9es, Labiatae) sont parmi les familles les plus faciles \u00e0 reconna\u00eetre sur le terrain gr\u00e2ce \u00e0 une combinaison de caract\u00e8res quasi constante : <strong>tige \u00e0 section carr\u00e9e<\/strong> (quadrangulaire), <strong>feuilles oppos\u00e9es<\/strong> dispos\u00e9es en paires successives \u00e0 90\u00b0 (d\u00e9cuss\u00e9es), <strong>fleurs bilabi\u00e9es<\/strong> (la corolle forme deux \u00ab l\u00e8vres \u00bb, d&rsquo;o\u00f9 le nom Labiatae), et tr\u00e8s souvent une <strong>odeur aromatique prononc\u00e9e<\/strong> au froissement des feuilles. Les fruits sont des <strong>t\u00e9trak\u00e8nes<\/strong> \u2014 quatre petites nucules log\u00e9es au fond du calice persistant.<\/p>\n<p>La famille compte environ 7 200 esp\u00e8ces dans 236 genres, avec un centre de diversit\u00e9 autour du bassin m\u00e9diterran\u00e9en \u2014 ce qui explique que tant de plantes aromatiques de la cuisine et de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9ennes soient des Lamiac\u00e9es.<\/p>\n<h3>Chimie caract\u00e9ristique<\/h3>\n<p>La signature chimique des Lamiac\u00e9es, ce sont les <strong>monoterp\u00e8nes et sesquiterp\u00e8nes volatils<\/strong> stock\u00e9s dans des trichomes glandulaires p\u00e9dicell\u00e9s, visibles \u00e0 la loupe comme de minuscules sph\u00e8res translucides \u00e0 la surface des feuilles et des calices. Ces compos\u00e9s forment les <strong>huiles essentielles<\/strong> qui font la r\u00e9putation aromatique de la famille.<\/p>\n<p>Mais les Lamiac\u00e9es sont \u00e9galement riches en <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, notamment l&rsquo;<strong>acide rosmarinique<\/strong> \u2014 un ester de l&rsquo;acide caf\u00e9ique et de l&rsquo;acide 3,4-dihydroxyph\u00e9nyllactique, pr\u00e9sent dans presque toutes les esp\u00e8ces de la sous-famille des Nepetoideae (romarin, m\u00e9lisse, sauge, menthe, basilic, origan, thym). L&rsquo;acide rosmarinique est un antioxydant, anti-inflammatoire et antiviral puissant \u2014 c&rsquo;est en quelque sorte le \u00ab marqueur chimique \u00bb de la famille.<\/p>\n<p>On y trouve aussi des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (apig\u00e9nine, lut\u00e9oline, diosm\u00e9tine), des <strong>diterp\u00e8nes<\/strong> (acide carnosique et carnosol du romarin \u2014 antioxydants lipophiles), et chez certaines esp\u00e8ces des <strong>irido\u00efdes<\/strong> (aucubine, catalpol \u2014 dans les Lamiac\u00e9es non aromatiques comme le lamier blanc ou la bugle rampante).<\/p>\n<h3>Esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures<\/h3>\n<p><strong><em>Thymus vulgaris<\/em> L.<\/strong> (thym) \u2014 antiseptique respiratoire et digestif majeur. Huile essentielle \u00e0 ch\u00e9motypes multiples (voir article 8). Infusion des sommit\u00e9s fleuries pour les infections bronchiques, la toux productive, les fermentations intestinales. Thymol et carvacrol sont bact\u00e9ricides, fongicides et antiparasitaires.<\/p>\n<p><strong><em>Salvia officinalis<\/em> L.<\/strong> (sauge officinale) \u2014 \u00ab la plante qui sauve \u00bb. Riche en thuyone (c\u00e9tone monoterp\u00e9nique neurotoxique \u00e0 haute dose), acide carnosique, acide rosmarinique. Antiseptique oropharyng\u00e9e (gargarismes), antihydrotique (sueurs nocturnes de la m\u00e9nopause), emm\u00e9nagogue. Contre-indiqu\u00e9e en cas de grossesse et d&rsquo;\u00e9pilepsie \u00e0 cause de la thuyone.<\/p>\n<p><strong><em>Rosmarinus officinalis<\/em> L.<\/strong> (romarin, d\u00e9sormais reclass\u00e9 <em>Salvia rosmarinus<\/em> Spenn.) \u2014 h\u00e9patoprotecteur, chol\u00e9r\u00e9tique, antioxydant puissant (acide carnosique, carnosol). Trois ch\u00e9motypes d&rsquo;huile essentielle : ct. cin\u00e9ole (expectorant), ct. verb\u00e9none (mucolytique, h\u00e9patoprotecteur), ct. camphre (d\u00e9contracturant musculaire).<\/p>\n<p><strong><em>Melissa officinalis<\/em> L.<\/strong> (m\u00e9lisse) \u2014 s\u00e9dative, anxiolytique, antispasmodique digestive, antivirale (acide rosmarinique actif contre le virus de l&rsquo;herp\u00e8s simplex). Infusion des feuilles fra\u00eeches pour l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, les troubles du sommeil, les spasmes digestifs d&rsquo;origine nerveuse.<\/p>\n<p><strong><em>Mentha \u00d7 piperita<\/em> L.<\/strong> (menthe poivr\u00e9e) \u2014 hybride st\u00e9rile, riche en menthol (35-45 % de l&rsquo;huile essentielle). Antispasmodique digestive, carminative, analg\u00e9sique locale (le menthol active les r\u00e9cepteurs TRPM8 du froid, cr\u00e9ant une sensation de fra\u00eecheur). L&rsquo;huile essentielle en application cutan\u00e9e dilu\u00e9e soulage les c\u00e9phal\u00e9es de tension.<\/p>\n<p><strong><em>Lavandula angustifolia<\/em> Mill.<\/strong> (lavande vraie) \u2014 anxiolytique, s\u00e9dative, cicatrisante, antispasmodique. Linalol et ac\u00e9tate de linalyle (60-80 % de l&rsquo;huile essentielle) sont les principaux actifs. Silexan\u00ae, un extrait standardis\u00e9 en capsules, a montr\u00e9 une efficacit\u00e9 comparable aux benzodiaz\u00e9pines \u00e0 faible dose dans le trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 dans plusieurs essais cliniques.<\/p>\n<p><strong><em>Ocimum basilicum<\/em> L.<\/strong> (basilic) \u2014 antispasmodique, digestif, anti-inflammatoire. Le ch\u00e9motype m\u00e9thylchavicol (estragole) est le plus courant en cuisine ; le ct. linalol est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 en aromath\u00e9rapie.<\/p>\n<p><strong><em>Origanum vulgare<\/em> L.<\/strong> (origan) \u2014 l&rsquo;un des antiseptiques les plus puissants du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal. L&rsquo;huile essentielle (carvacrol 60-80 %) est bact\u00e9ricide, fongicide, antiparasitaire. Usage interne sur courte dur\u00e9e uniquement \u2014 dermocaustique \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat pur.<\/p>\n<h3>Pr\u00e9cautions li\u00e9es \u00e0 la famille<\/h3>\n<p>Les huiles essentielles de Lamiac\u00e9es riches en ph\u00e9nols (thymol, carvacrol) ou en c\u00e9tones (thuyone, camphre, verb\u00e9none) exigent des pr\u00e9cautions de dosage. Les ph\u00e9nols sont h\u00e9patotoxiques en usage prolong\u00e9 et dermocaustiques purs. Les c\u00e9tones sont neurotoxiques (convulsivantes) et abortives \u00e0 forte dose. L&rsquo;acide rosmarinique, en revanche, est remarquablement bien tol\u00e9r\u00e9 et sans toxicit\u00e9 connue aux doses alimentaires et th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"max-width:800px;margin:2em auto\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base-9-2.jpg\" alt=\"Coupe transversale d&#039;une tige de Lamiac\u00e9e et trichomes glandulaires au microscope\" style=\"width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.95em;color:#6b705c;margin-top:0.6em;font-style:italic\">Tige carr\u00e9e et trichomes glandulaires d&#039;une Lamiac\u00e9e<\/figcaption><\/figure>\n<h2>2. Asteraceae \u2014 la famille de la camomille et de l&rsquo;arnica<\/h2>\n<h3>Portrait morphologique<\/h3>\n<p>Les Ast\u00e9rac\u00e9es (anciennement Compos\u00e9es, Compositae) constituent la <strong>plus grande famille de plantes \u00e0 fleurs<\/strong>, avec environ 32 000 esp\u00e8ces dans 1 900 genres. Leur caract\u00e8re diagnostique est le <strong>capitule<\/strong> \u2014 une inflorescence dense qui imite une fleur unique. Ce que l&rsquo;on prend pour une \u00ab fleur \u00bb de marguerite ou de tournesol est en r\u00e9alit\u00e9 un assemblage de dizaines ou de centaines de petites fleurs (fleurons) serr\u00e9es sur un r\u00e9ceptacle commun et entour\u00e9es de bract\u00e9es formant un involucre.<\/p>\n<p>On distingue deux types de fleurons : les <strong>fleurons ligul\u00e9s<\/strong> (\u00e0 corolle en languette, en p\u00e9riph\u00e9rie \u2014 les \u00ab p\u00e9tales \u00bb apparents de la marguerite) et les <strong>fleurons tubuleux<\/strong> (\u00e0 corolle en tube, au centre \u2014 le \u00ab c\u0153ur \u00bb jaune de la marguerite). Certaines Ast\u00e9rac\u00e9es n&rsquo;ont que des fleurons ligul\u00e9s (pissenlit, chicor\u00e9e, laitue), d&rsquo;autres que des tubuleux (chardon, bardane, armoise), d&rsquo;autres les deux types (marguerite, \u00e9chinac\u00e9e, arnica).<\/p>\n<p>Le fruit est un <strong>ak\u00e8ne<\/strong>, souvent surmont\u00e9 d&rsquo;un <strong>pappus<\/strong> \u2014 une aigrette de soies (le \u00ab parachute \u00bb du pissenlit) qui assure la diss\u00e9mination par le vent.<\/p>\n<h3>Chimie caract\u00e9ristique<\/h3>\n<p>La diversit\u00e9 chimique des Ast\u00e9rac\u00e9es est consid\u00e9rable, \u00e0 l&rsquo;image de leur diversit\u00e9 sp\u00e9cifique. Quelques classes de m\u00e9tabolites sont n\u00e9anmoins caract\u00e9ristiques :<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>lactones sesquiterp\u00e9niques<\/strong> : pr\u00e9sentes dans la majorit\u00e9 des Ast\u00e9rac\u00e9es, ce sont des sesquiterp\u00e8nes portant un cycle lactone. Plus de 5 000 structures connues. Elles sont anti-inflammatoires (inhibition de NF-\u03baB), antimicrobiennes, antiparasitaires \u2014 mais aussi <strong>allergisantes<\/strong> par contact cutan\u00e9 (elles r\u00e9agissent avec les prot\u00e9ines de la peau via leur groupe \u03b1-m\u00e9thyl\u00e8ne-\u03b3-butyrolactone). L&rsquo;allergie aux Ast\u00e9rac\u00e9es (dermite de contact) est l&rsquo;une des plus fr\u00e9quentes en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> (polyines) : compos\u00e9s lipophiles cytotoxiques et antimicrobiens, fr\u00e9quents chez les Ast\u00e9rac\u00e9es et les Apiac\u00e9es.<\/p>\n<p>\u2014 l&rsquo;<strong>inuline<\/strong> : polysaccharide de r\u00e9serve (polym\u00e8re de fructose) stock\u00e9 dans les racines. Pr\u00e9biotique \u2014 elle nourrit s\u00e9lectivement les bifidobact\u00e9ries et les lactobacilles du microbiote intestinal. Tr\u00e8s abondante chez la chicor\u00e9e, le topinambour, le pissenlit, la bardane, l&rsquo;aun\u00e9e.<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (apig\u00e9nine de la camomille, lut\u00e9oline de l&rsquo;artichaut), les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide chlorog\u00e9nique de l&rsquo;artichaut et de l&rsquo;\u00e9chinac\u00e9e), et chez certains genres des <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> h\u00e9patotoxiques (s\u00e9ne\u00e7on, tussilage, eupatoire).<\/p>\n<h3>Esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures<\/h3>\n<p><strong><em>Matricaria chamomilla<\/em> L.<\/strong> (camomille allemande) \u2014 anti-inflammatoire, antispasmodique, anxiolytique l\u00e9g\u00e8re. Les principes actifs majeurs sont le <strong>chamazul\u00e8ne<\/strong> (sesquiterp\u00e8ne anti-inflammatoire, absent de la plante fra\u00eeche \u2014 il se forme par d\u00e9gradation thermique de la matricine lors de la distillation), le <strong>bisabolol<\/strong> (sesquiterp\u00e8ne anti-inflammatoire et cicatrisant) et l&rsquo;<strong>apig\u00e9nine<\/strong> (flavono\u00efde anxiolytique, agoniste partiel des r\u00e9cepteurs GABA-A des benzodiaz\u00e9pines).<\/p>\n<p><strong><em>Arnica montana<\/em> L.<\/strong> (arnica) \u2014 anti-inflammatoire et antiecchymotique en usage <strong>externe exclusivement<\/strong>. Les lactones sesquiterp\u00e9niques (h\u00e9l\u00e9naline, dihydroh\u00e9l\u00e9naline) inhibent NF-\u03baB. Toxique par voie orale \u2014 usage interne interdit (cardiotoxicit\u00e9).<\/p>\n<p><strong><em>Echinacea purpurea<\/em> (L.) Moench<\/strong> (\u00e9chinac\u00e9e pourpre) \u2014 immunostimulante. Les principes actifs sont les alkylamides (immunomodulateurs), les d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;acide caf\u00e9ique (\u00e9chinacoside, acide cichorique) et les polysaccharides. Utilis\u00e9e en pr\u00e9vention et en traitement pr\u00e9coce des infections respiratoires hautes.<\/p>\n<p><strong><em>Cynara scolymus<\/em> L.<\/strong> (artichaut) \u2014 h\u00e9patoprotecteur, chol\u00e9r\u00e9tique, hypocholest\u00e9rol\u00e9miant. Principes actifs : cynarine et acide chlorog\u00e9nique (acides ph\u00e9noliques), lut\u00e9oline (flavono\u00efde). Stimule la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire et abaisse le cholest\u00e9rol LDL.<\/p>\n<p><strong><em>Taraxacum officinale<\/em> F.H. Wigg.<\/strong> (pissenlit) \u2014 diur\u00e9tique (d&rsquo;o\u00f9 le nom vernaculaire \u00ab pisse-en-lit \u00bb), chol\u00e9r\u00e9tique, d\u00e9puratif h\u00e9patique. Racine riche en inuline (pr\u00e9biotique) et en lactones sesquiterp\u00e9niques am\u00e8res (taraxacine \u2014 stimulation de la s\u00e9cr\u00e9tion gastrique et biliaire).<\/p>\n<p><strong><em>Artemisia annua<\/em> L.<\/strong> (armoise annuelle) \u2014 source de l&rsquo;<strong>art\u00e9misinine<\/strong>, lactone sesquiterp\u00e9nique endop\u00e9roxyde antipaludique. Prix Nobel de m\u00e9decine 2015 d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Tu Youyou pour sa red\u00e9couverte de cette mol\u00e9cule dans les textes de la pharmacop\u00e9e chinoise traditionnelle.<\/p>\n<p><strong><em>Calendula officinalis<\/em> L.<\/strong> (souci) \u2014 anti-inflammatoire, cicatrisant, antifongique en usage externe. Riche en triterp\u00e8nes (faradiol \u2014 anti-inflammatoire), carot\u00e9no\u00efdes (responsables de la couleur orange) et flavono\u00efdes.<\/p>\n<p><strong><em>Arctium lappa<\/em> L.<\/strong> (grande bardane) \u2014 d\u00e9puratif cutan\u00e9, pr\u00e9biotique (inuline de la racine), antimicrobien l\u00e9ger. Utilis\u00e9e traditionnellement pour l&rsquo;acn\u00e9, l&rsquo;ecz\u00e9ma, le psoriasis.<\/p>\n<h3>Pr\u00e9cautions li\u00e9es \u00e0 la famille<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>allergie crois\u00e9e aux Ast\u00e9rac\u00e9es<\/strong> est un ph\u00e9nom\u00e8ne cliniquement significatif. Un patient allergique \u00e0 l&rsquo;arnica peut r\u00e9agir \u00e0 la camomille, au souci, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chinac\u00e9e ou au pissenlit \u2014 car les lactones sesquiterp\u00e9niques allergisantes partagent un pharmacophore commun (le groupe \u03b1-m\u00e9thyl\u00e8ne-\u03b3-butyrolactone). Cette allergie se manifeste par une dermite de contact (ecz\u00e9ma prurigineux) et contre-indique l&rsquo;usage topique de toute Ast\u00e9rac\u00e9e chez les sujets sensibilis\u00e9s.<\/p>\n<p>Les esp\u00e8ces contenant des <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> (tussilage, s\u00e9ne\u00e7on, p\u00e9tasite non d\u00e9terp\u00e9n\u00e9, eupatoire) sont h\u00e9patotoxiques en usage prolong\u00e9 et potentiellement canc\u00e9rig\u00e8nes. Leur usage interne est restreint ou interdit dans la plupart des pharmacop\u00e9es modernes.<\/p>\n<h2>3. Apiaceae \u2014 la famille du fenouil et de l&rsquo;ang\u00e9lique<\/h2>\n<h3>Portrait morphologique<\/h3>\n<p>Les Apiac\u00e9es (anciennement Ombellif\u00e8res, Umbelliferae) se reconnaissent \u00e0 leurs <strong>inflorescences en ombelle<\/strong> \u2014 les p\u00e9doncules floraux partent tous du m\u00eame point, comme les baleines d&rsquo;un parapluie. Beaucoup d&rsquo;esp\u00e8ces ont des ombelles compos\u00e9es (une ombelle d&rsquo;ombellules). Les feuilles sont g\u00e9n\u00e9ralement <strong>alternes<\/strong>, <strong>compos\u00e9es<\/strong> et tr\u00e8s <strong>d\u00e9coup\u00e9es<\/strong> (penn\u00e9es ou bipenn\u00e9es), avec une gaine souvent large \u00e0 la base du p\u00e9tiole. Les tiges sont souvent <strong>creuses<\/strong> et <strong>cannel\u00e9es<\/strong>. Les fruits sont des <strong>diak\u00e8nes<\/strong> (schizocarpes) \u2014 deux ak\u00e8nes accol\u00e9s qui se s\u00e9parent \u00e0 maturit\u00e9, portant des c\u00f4tes longitudinales entre lesquelles se trouvent des canaux s\u00e9cr\u00e9teurs (vittae) remplis d&rsquo;huile essentielle.<\/p>\n<p>La famille compte environ 3 800 esp\u00e8ces et inclut de nombreuses plantes alimentaires (carotte, c\u00e9leri, persil, fenouil, coriandre, cumin, anis, aneth) et certaines des plantes les plus toxiques de la flore europ\u00e9enne (grande cigu\u00eb, cigu\u00eb vireuse, \u0153nanthe safran\u00e9e).<\/p>\n<h3>Chimie caract\u00e9ristique<\/h3>\n<p>Les Apiac\u00e9es sont riches en <strong>huiles essentielles<\/strong> stock\u00e9es dans les canaux s\u00e9cr\u00e9teurs des fruits, des tiges et des feuilles. Les compos\u00e9s dominants sont souvent des <strong>ph\u00e9nylpropano\u00efdes<\/strong> (an\u00e9thole de l&rsquo;anis et du fenouil, apiol du persil, myristicine) ou des <strong>monoterp\u00e8nes<\/strong> (limon\u00e8ne, \u03b3-terpin\u00e8ne, carvone).<\/p>\n<p>Les <strong>furanocoumarines<\/strong> (psoral\u00e8ne, bergapt\u00e8ne, xanthotoxine) sont un trait chimique diagnostique de nombreuses Apiac\u00e9es. Ces mol\u00e9cules sont <strong>phototoxiques<\/strong> : elles s&rsquo;intercalent dans l&rsquo;ADN et, sous exposition aux UV, forment des pontages covalents provoquant des br\u00fblures cutan\u00e9es s\u00e9v\u00e8res (phytophotodermatite). La berce du Caucase (<em>Heracleum mantegazzianum<\/em>) est tristement c\u00e9l\u00e8bre pour ce ph\u00e9nom\u00e8ne, mais l&rsquo;ang\u00e9lique, le c\u00e9leri et le panais contiennent aussi des furanocoumarines en quantit\u00e9s variables.<\/p>\n<p>Les <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> cytotoxiques sont fr\u00e9quents (falcarinol de la carotte \u2014 paradoxalement, c&rsquo;est un compos\u00e9 anticanc\u00e9reux potentiel).<\/p>\n<h3>Esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures<\/h3>\n<p><strong><em>Foeniculum vulgare<\/em> Mill.<\/strong> (fenouil) \u2014 carminatif (antiflatulent), galactogogue (stimule la lactation), antispasmodique digestif. L&rsquo;huile essentielle contient 60-80 % de <em>trans<\/em>-an\u00e9thole (ph\u00e9nylpropano\u00efde \u00e0 structure \u0153strog\u00e8ne-like). La tisane de graines de fenouil est l&rsquo;un des rem\u00e8des les plus anciens et les plus universels contre les coliques du nourrisson et les ballonnements.<\/p>\n<p><strong><em>Angelica archangelica<\/em> L.<\/strong> (ang\u00e9lique officinale) \u2014 tonique amer, carminatif, antispasmodique. La racine contient des coumarines, des furanocoumarines (attention \u00e0 la photosensibilisation), des monoterp\u00e8nes (\u03b1-phellandr\u00e8ne, \u03b1-pin\u00e8ne) et des lactones macrocycliques. Plante embl\u00e9matique de la phytoth\u00e9rapie nordique et de la liquoristerie (Chartreuse, B\u00e9n\u00e9dictine).<\/p>\n<p><strong><em>Pimpinella anisum<\/em> L.<\/strong> (anis vert) \u2014 carminatif, expectorant, galactogogue. Huile essentielle \u00e0 80-95 % de <em>trans<\/em>-an\u00e9thole. Propri\u00e9t\u00e9s proches du fenouil.<\/p>\n<p><strong><em>Carum carvi<\/em> L.<\/strong> (carvi, cumin des pr\u00e9s) \u2014 carminatif puissant. Huile essentielle riche en carvone (50-60 %) et limon\u00e8ne. Utilis\u00e9 dans les troubles dyspeptiques, les flatulences, les spasmes intestinaux.<\/p>\n<p><strong><em>Levisticum officinale<\/em> W.D.J. Koch<\/strong> (liv\u00e8che) \u2014 diur\u00e9tique, carminatif, expectorant. Parfois appel\u00e9e \u00ab c\u00e9leri perp\u00e9tuel \u00bb en raison de sa saveur.<\/p>\n<p><strong><em>Centella asiatica<\/em> (L.) Urb.<\/strong> (centella, gotu kola) \u2014 cicatrisante, veinotonique, neuroprotectrice. Les triterp\u00e8nes pentacycliques (asiaticoside, acide mad\u00e9cassique, acide asiatique) stimulent la synth\u00e8se de collag\u00e8ne de type I. Utilis\u00e9e en dermatologie (cicatrisation des plaies, vergetures) et en phl\u00e9bologie (insuffisance veineuse chronique).<\/p>\n<h3>Pr\u00e9cautions li\u00e9es \u00e0 la famille<\/h3>\n<p>Le danger majeur des Apiac\u00e9es est la <strong>confusion botanique<\/strong>. Plusieurs esp\u00e8ces mortellement toxiques ressemblent \u00e0 des esp\u00e8ces alimentaires ou m\u00e9dicinales : la <strong>grande cigu\u00eb<\/strong> (<em>Conium maculatum<\/em> \u2014 alcalo\u00efde pip\u00e9ridinique, coniine) ressemble au persil ou au cerfeuil ; la <strong>cigu\u00eb vireuse<\/strong> (<em>Cicuta virosa<\/em> \u2014 cicutoxine, convulsivant violent) ressemble au c\u00e9leri sauvage ; l&rsquo;<strong>\u0153nanthe safran\u00e9e<\/strong> (<em>Oenanthe crocata<\/em> \u2014 \u0153nanthotoxine) ressemble au c\u00e9leri-rave. Ces confusions sont responsables d&rsquo;intoxications mortelles chaque ann\u00e9e en Europe. La r\u00e9colte sauvage d&rsquo;Apiac\u00e9es exige une identification rigoureuse.<\/p>\n<h2>4. Rosaceae \u2014 la famille de l&rsquo;aub\u00e9pine et de la reine-des-pr\u00e9s<\/h2>\n<h3>Portrait morphologique<\/h3>\n<p>Les Rosac\u00e9es comptent environ 4 800 esp\u00e8ces. Leur caract\u00e8re morphologique le plus constant est la <strong>fleur \u00e0 cinq p\u00e9tales libres<\/strong>, cinq s\u00e9pales, et de <strong>nombreuses \u00e9tamines<\/strong> (souvent 15 \u00e0 30 ou plus) ins\u00e9r\u00e9es sur un r\u00e9ceptacle en forme de coupe (hypanthium). Les feuilles sont g\u00e9n\u00e9ralement <strong>alternes<\/strong>, <strong>stipul\u00e9es<\/strong> (pr\u00e9sence de petites appendices \u00e0 la base du p\u00e9tiole) et souvent <strong>compos\u00e9es<\/strong> (penn\u00e9es ou palm\u00e9es) ou <strong>dent\u00e9es<\/strong>.<\/p>\n<p>La famille inclut la plupart des arbres fruitiers des r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es (pommier, poirier, cerisier, prunier, p\u00eacher, abricotier, framboisier, fraisier) ainsi que les rosiers et de nombreux arbustes ornementaux.<\/p>\n<h3>Chimie caract\u00e9ristique<\/h3>\n<p>Les Rosac\u00e9es sont particuli\u00e8rement riches en <strong>tannins<\/strong> (tannins condens\u00e9s\/proanthocyanidines dans les \u00e9corces, les feuilles et les fruits ; tannins hydrolysables\/ellagitannins chez les framboisiers et les fraisiers). Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> sont ubiquitaires : querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol, hyperoside, vitexine, rutine.<\/p>\n<p>Plusieurs genres contiennent des <strong>glycosides cyanog\u00e8nes<\/strong> (amygdaline dans les noyaux de <em>Prunus<\/em> \u2014 p\u00eache, abricot, cerise, amande am\u00e8re) qui lib\u00e8rent du cyanure lors de l&rsquo;hydrolyse. Les <strong>acides organiques<\/strong> (malique, citrique) et les <strong>sorbitol<\/strong> sont abondants dans les fruits.<\/p>\n<p>Chez la reine-des-pr\u00e9s et les saules (ces derniers ne sont pas des Rosac\u00e9es mais partagent le m\u00eame type de compos\u00e9), on trouve des <strong>d\u00e9riv\u00e9s salicyl\u00e9s<\/strong> \u2014 pr\u00e9curseurs naturels de l&rsquo;aspirine.<\/p>\n<h3>Esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures<\/h3>\n<p><strong><em>Crataegus monogyna<\/em> Jacq. et <em>C. laevigata<\/em> (Poir.) DC.<\/strong> (aub\u00e9pine) \u2014 cardiotonique, hypotensive, anxiolytique. La combinaison de flavono\u00efdes (hyperoside, vitexine-2-rhamnoside), de proanthocyanidines oligom\u00e9riques (OPC) et de triterp\u00e8nes (acide ursolique) conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;aub\u00e9pine un tropisme cardiovasculaire remarquable : elle am\u00e9liore la contractilit\u00e9 myocardique, dilate les coronaires, r\u00e9duit la fr\u00e9quence cardiaque et abaisse la tension art\u00e9rielle. Elle est inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne pour l&rsquo;insuffisance cardiaque l\u00e9g\u00e8re (classes I-II NYHA) et les palpitations d&rsquo;origine nerveuse.<\/p>\n<p><strong><em>Filipendula ulmaria<\/em> (L.) Maxim.<\/strong> (reine-des-pr\u00e9s) \u2014 anti-inflammatoire, antalgique, diur\u00e9tique. Contient des d\u00e9riv\u00e9s salicyl\u00e9s (salicylald\u00e9hyde, salicylate de m\u00e9thyle, monotropitoside) qui sont les pr\u00e9curseurs m\u00e9taboliques de l&rsquo;acide salicylique. Contrairement \u00e0 l&rsquo;aspirine de synth\u00e8se, les salicyl\u00e9s de la reine-des-pr\u00e9s sont gastro-protecteurs gr\u00e2ce aux tannins et aux mucilages qui les accompagnent \u2014 un exemple classique de <strong>totum<\/strong> (l&rsquo;ensemble des compos\u00e9s de la plante agissant en synergie).<\/p>\n<p><strong><em>Rosa canina<\/em> L.<\/strong> (\u00e9glantier) \u2014 source majeure de vitamine C (le cynorrhodon, ou \u00ab gratte-cul \u00bb, contient 500 \u00e0 1 700 mg\/100 g de vitamine C, selon la vari\u00e9t\u00e9 et le mode de s\u00e9chage \u2014 soit 10 \u00e0 30 fois plus que l&rsquo;orange). Riche en carot\u00e9no\u00efdes, flavono\u00efdes, acide ellagique. Anti-inflammatoire articulaire (un galactolipide sp\u00e9cifique, le GOPO\u00ae, a montr\u00e9 une efficacit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e dans l&rsquo;arthrose dans plusieurs essais cliniques).<\/p>\n<p><strong><em>Rubus idaeus<\/em> L.<\/strong> (framboisier) \u2014 les feuilles sont traditionnellement utilis\u00e9es pour tonifier l&rsquo;ut\u00e9rus en fin de grossesse (faciliter l&rsquo;accouchement). Riches en tannins (fragarine \u2014 un m\u00e9lange de compos\u00e9s, pas un compos\u00e9 unique), flavono\u00efdes et acide ellagique.<\/p>\n<p><strong><em>Alchemilla vulgaris<\/em> L.<\/strong> (alch\u00e9mille) \u2014 astringente, anti-inflammatoire, antidiarrh\u00e9ique. Tr\u00e8s riche en tannins (6-8 % des parties a\u00e9riennes). Utilis\u00e9e traditionnellement pour les troubles menstruels (dysm\u00e9norrh\u00e9es, m\u00e9norragies) et les diarrh\u00e9es l\u00e9g\u00e8res.<\/p>\n<p><strong><em>Agrimonia eupatoria<\/em> L.<\/strong> (aigremoine) \u2014 astringente, chol\u00e9r\u00e9tique, anti-inflammatoire oropharyng\u00e9e. Tannins condens\u00e9s et flavono\u00efdes. En gargarisme pour les maux de gorge.<\/p>\n<h2>5. Fabaceae \u2014 la famille de la r\u00e9glisse et du m\u00e9lilot<\/h2>\n<h3>Portrait morphologique<\/h3>\n<p>Les Fabac\u00e9es (anciennement L\u00e9gumineuses, Leguminosae) forment la troisi\u00e8me plus grande famille de plantes \u00e0 fleurs (~20 000 esp\u00e8ces). Leur caract\u00e8re diagnostique principal est le <strong>fruit en gousse<\/strong> (l\u00e9gume) \u2014 un fruit sec d\u00e9hiscent s&rsquo;ouvrant par deux fentes. La fleur typique des Papilionoideae (la plus grande sous-famille) est <strong>papilionac\u00e9e<\/strong> : elle ressemble \u00e0 un papillon, avec un grand p\u00e9tale sup\u00e9rieur (l&rsquo;\u00e9tendard), deux p\u00e9tales lat\u00e9raux (les ailes) et deux p\u00e9tales inf\u00e9rieurs soud\u00e9s (la car\u00e8ne). Les feuilles sont g\u00e9n\u00e9ralement <strong>compos\u00e9es<\/strong> (trifoli\u00e9es, penn\u00e9es ou bipenn\u00e9es) et <strong>stipul\u00e9es<\/strong>.<\/p>\n<p>La particularit\u00e9 \u00e9cologique majeure des Fabac\u00e9es est leur capacit\u00e9 \u00e0 fixer l&rsquo;azote atmosph\u00e9rique gr\u00e2ce \u00e0 une <strong>symbiose racinaire avec des bact\u00e9ries du genre <em>Rhizobium<\/em><\/strong>, log\u00e9es dans des nodosit\u00e9s sur les racines. Cette capacit\u00e9 en fait des plantes pionni\u00e8res et am\u00e9lioratrices du sol.<\/p>\n<h3>Chimie caract\u00e9ristique<\/h3>\n<p>Les Fabac\u00e9es sont chimiquement tr\u00e8s diversifi\u00e9es. Parmi les m\u00e9tabolites les plus caract\u00e9ristiques :<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>isoflavono\u00efdes<\/strong> (g\u00e9nist\u00e9ine, daidz\u00e9ine, formonon\u00e9tine, biochanine A) : phytoestrog\u00e8nes pr\u00e9sents surtout dans le soja et le tr\u00e8fle rouge. Ils se lient aux r\u00e9cepteurs des estrog\u00e8nes avec une affinit\u00e9 variable ;<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> : glycyrrhizine de la r\u00e9glisse (50 fois plus sucr\u00e9 que le saccharose), soyasaponines du soja, astragalosides de l&rsquo;astragale ;<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>coumarines<\/strong> : coumarine simple et d\u00e9riv\u00e9s dans le m\u00e9lilot (<em>Melilotus officinalis<\/em>) \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;oxydation des coumarines du m\u00e9lilot moisi qui donna naissance au dicoumarol, premier anticoagulant oral, puis \u00e0 la warfarine ;<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>alcalo\u00efdes quinolizidiniques<\/strong> (spart\u00e9ine, cytisine) dans les gen\u00eats et les lupins \u2014 cardioactifs et toxiques ;<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>polysaccharides<\/strong> : mucilages de la guimauve (bien que celle-ci soit une Malvac\u00e9e \u2014 correction : le fenugrec, Fabac\u00e9e, contient aussi des galactomannanes mucilagineux).<\/p>\n<h3>Esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures<\/h3>\n<p><strong><em>Glycyrrhiza glabra<\/em> L.<\/strong> (r\u00e9glisse) \u2014 anti-inflammatoire, expectorante, antiulc\u00e9reuse gastrique, immunomodulatrice. La <strong>glycyrrhizine<\/strong> (saponine triterp\u00e9nique) est le compos\u00e9 le plus \u00e9tudi\u00e9 : anti-inflammatoire (inhibition de la 11\u03b2-hydroxyst\u00e9ro\u00efde d\u00e9shydrog\u00e9nase de type 2, ce qui prolonge la demi-vie du cortisol endog\u00e8ne), antivirale (contre plusieurs virus envelopp\u00e9s), h\u00e9patoprotectrice. Mais cette m\u00eame inhibition enzymatique provoque un <strong>pseudo-hyperaldost\u00e9ronisme<\/strong> en usage prolong\u00e9 : r\u00e9tention de sodium, perte de potassium, hypertension, \u0153d\u00e8mes. La consommation de r\u00e9glisse est contre-indiqu\u00e9e en cas d&rsquo;hypertension et limit\u00e9e \u00e0 100 mg\/jour de glycyrrhizine par l&rsquo;Autorit\u00e9 europ\u00e9enne de s\u00e9curit\u00e9 des aliments.<\/p>\n<p><strong><em>Astragalus membranaceus<\/em> (Fisch.) Bge.<\/strong> (astragale, huang qi) \u2014 adaptog\u00e8ne, immunostimulante, cardioprotectrice. Principes actifs : astragalosides (saponines triterp\u00e9niques), polysaccharides immunomodulateurs, flavono\u00efdes. Pilier de la pharmacop\u00e9e chinoise traditionnelle. \u00c9tudes r\u00e9centes sur les astragalosides IV comme activateurs de la t\u00e9lom\u00e9rase.<\/p>\n<p><strong><em>Trigonella foenum-graecum<\/em> L.<\/strong> (fenugrec) \u2014 hypoglyc\u00e9miant (la 4-hydroxyisoleucine stimule la s\u00e9cr\u00e9tion d&rsquo;insuline glucose-d\u00e9pendante), galactogogue, hypolip\u00e9miant. Graines riches en fibres mucilagineuses (galactomannanes), saponines st\u00e9ro\u00efdiennes (diosg\u00e9nine), trigonelline et 4-hydroxyisoleucine.<\/p>\n<p><strong><em>Melilotus officinalis<\/em> (L.) Lam.<\/strong> (m\u00e9lilot) \u2014 veinotonique, lymphotonique, anti-\u0153d\u00e9mateux. Coumarines et flavono\u00efdes. Utilis\u00e9 dans l&rsquo;insuffisance veino-lymphatique.<\/p>\n<p><strong><em>Trifolium pratense<\/em> L.<\/strong> (tr\u00e8fle rouge) \u2014 source d&rsquo;isoflavones (formonon\u00e9tine, biochanine A). Utilis\u00e9 pour les troubles de la m\u00e9nopause (bouff\u00e9es de chaleur). Les donn\u00e9es cliniques sont mitig\u00e9es mais globalement positives \u00e0 doses suffisantes.<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"max-width:800px;margin:2em auto\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/base-9-3.jpg\" alt=\"Anatomie d&#039;un capitule de Compos\u00e9e montrant fleurons ligul\u00e9s et tubuleux\" style=\"width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.95em;color:#6b705c;margin-top:0.6em;font-style:italic\">Capitule d&#039;Ast\u00e9rac\u00e9e diss\u00e9qu\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<h2>6. Malvaceae \u2014 la famille de la guimauve et du tilleul<\/h2>\n<h3>Portrait morphologique<\/h3>\n<p>Les Malvac\u00e9es (au sens APG, \u00e9largi pour inclure les anciens Tiliaceae et Sterculiaceae) forment un vaste ensemble d&rsquo;environ 4 200 esp\u00e8ces. Les Malvac\u00e9es au sens strict se reconnaissent \u00e0 leurs <strong>\u00e9tamines nombreuses soud\u00e9es en un tube<\/strong> (colonne staminale) entourant le style \u2014 un caract\u00e8re visible \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu dans les fleurs de mauve, de guimauve ou d&rsquo;hibiscus. Les feuilles sont souvent <strong>palmatilob\u00e9es<\/strong> et <strong>alternes<\/strong>, avec un p\u00e9tiole long et des stipules. La pr\u00e9sence de <strong>mucilage<\/strong> abondant dans les tissus est un trait caract\u00e9ristique.<\/p>\n<h3>Chimie caract\u00e9ristique<\/h3>\n<p>Le <strong>mucilage<\/strong> \u2014 un polysaccharide hydrocollo\u00efdal qui gonfle au contact de l&rsquo;eau pour former un gel visqueux \u2014 est la signature chimique des Malvac\u00e9es m\u00e9dicinales. Ces mucilages sont constitu\u00e9s de m\u00e9langes d&rsquo;acide galacturonique, de rhamnose, de galactose et d&rsquo;arabinose. Ils tapissent les muqueuses d&rsquo;un film protecteur, adoucissant et anti-inflammatoire \u2014 d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;usage des Malvac\u00e9es comme <strong>\u00e9mollients<\/strong> et <strong>adoucissants<\/strong> des voies respiratoires et digestives.<\/p>\n<p>On trouve aussi des <strong>anthocyanes<\/strong> (delphinidine dans les fleurs d&rsquo;hibiscus \u2014 responsables de la couleur rouge du karkad\u00e9), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>.<\/p>\n<h3>Esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures<\/h3>\n<p><strong><em>Althaea officinalis<\/em> L.<\/strong> (guimauve) \u2014 la racine contient jusqu&rsquo;\u00e0 35 % de mucilage. \u00c9molliente, adoucissante, anti-inflammatoire des muqueuses. Tisane de racine pour la toux s\u00e8che, les irritations gastro-intestinales, les inflammations oropharyng\u00e9es. Le nom vient du grec <em>altho<\/em>, \u00ab gu\u00e9rir \u00bb.<\/p>\n<p><strong><em>Malva sylvestris<\/em> L.<\/strong> (mauve sylvestre) \u2014 propri\u00e9t\u00e9s proches de la guimauve mais moins concentr\u00e9e en mucilage. Feuilles et fleurs en infusion pour la toux, la constipation l\u00e9g\u00e8re, les irritations urinaires. Les fleurs violet vein\u00e9 de pourpre contiennent de la malvidine (anthocyane).<\/p>\n<p><strong><em>Tilia cordata<\/em> Mill. et <em>T. platyphyllos<\/em> Scop.<\/strong> (tilleul) \u2014 s\u00e9datif l\u00e9ger, antispasmodique, diaphor\u00e9tique (favorise la sudation). Les bract\u00e9es florales contiennent du mucilage, des flavono\u00efdes (tiliroside, querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol) et une huile essentielle trace riche en farn\u00e9sol. La tisane de tilleul est l&rsquo;une des plus consomm\u00e9es en France \u2014 apaisante, elle favorise l&rsquo;endormissement et calme les \u00e9tats nerveux l\u00e9gers.<\/p>\n<p><strong><em>Hibiscus sabdariffa<\/em> L.<\/strong> (hibiscus, karkad\u00e9, bissap) \u2014 hypotenseur, diur\u00e9tique, riche en vitamine C et anthocyanes. Plusieurs essais cliniques ont montr\u00e9 une r\u00e9duction significative de la pression art\u00e9rielle systolique (-7 \u00e0 -13 mmHg) chez des patients hypertendus l\u00e9gers \u00e0 mod\u00e9r\u00e9s consommant une infusion quotidienne de calices d&rsquo;hibiscus.<\/p>\n<h2>7. Plantaginaceae \u2014 la famille du plantain et de la digitale<\/h2>\n<h3>Portrait morphologique<\/h3>\n<p>Les Plantaginac\u00e9es, red\u00e9finies par la phylog\u00e9nie mol\u00e9culaire, forment d\u00e9sormais un ensemble h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne qui inclut les plantains (anciens Plantaginaceae au sens strict), les digitales et les v\u00e9roniques (transf\u00e9r\u00e9s depuis les Scrophulariaceae), et les linaires. Il n&rsquo;y a plus de syndrome morphologique unique caract\u00e9risant la famille.<\/p>\n<p>Les <strong>plantains<\/strong> (<em>Plantago<\/em>) se reconnaissent \u00e0 leurs feuilles en rosette basale \u00e0 nervures parall\u00e8les et \u00e0 leurs \u00e9pis floraux cylindriques denses port\u00e9s sur de longues hampes. Les <strong>digitales<\/strong> se reconnaissent \u00e0 leurs grandes corolles tubuleuses pendantes en forme de \u00ab doigt de gant \u00bb.<\/p>\n<h3>Chimie caract\u00e9ristique<\/h3>\n<p>Deux profils chimiques tr\u00e8s diff\u00e9rents coexistent dans cette famille :<\/p>\n<p>\u2014 chez les <strong>plantains<\/strong> : <strong>irido\u00efdes<\/strong> (aucubine, catalpol \u2014 anti-inflammatoires, antimicrobiens), <strong>mucilages<\/strong> (surtout dans les graines \u2014 le psyllium, <em>Plantago ovata<\/em>, en contient jusqu&rsquo;\u00e0 30 %), <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (lut\u00e9oline, apig\u00e9nine) et <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (verbascosides \u2014 puissants antioxydants) ;<\/p>\n<p>\u2014 chez les <strong>digitales<\/strong> : <strong>glycosides cardiotoniques<\/strong> (card\u00e9nolides) \u2014 la <strong>digoxine<\/strong> et la <strong>digitoxine<\/strong>, qui inhibent la pompe Na\u207a\/K\u207a-ATPase des cardiomyocytes, augmentant la concentration intracellulaire de calcium et renfor\u00e7ant la contraction cardiaque. Ces compos\u00e9s ont un index th\u00e9rapeutique extr\u00eamement \u00e9troit \u2014 la dose toxique est proche de la dose efficace \u2014, ce qui en fait des m\u00e9dicaments r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la prescription m\u00e9dicale stricte.<\/p>\n<h3>Esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures<\/h3>\n<p><strong><em>Plantago lanceolata<\/em> L.<\/strong> (plantain lanc\u00e9ol\u00e9) \u2014 anti-inflammatoire des voies respiratoires, antitussif, cicatrisant. L&rsquo;aucubine et les mucilages agissent en synergie pour calmer l&rsquo;irritation des muqueuses. La feuille fra\u00eeche \u00e9cras\u00e9e appliqu\u00e9e sur une piq\u00fbre d&rsquo;insecte est un rem\u00e8de populaire universel \u2014 et \u00e9tonnamment efficace.<\/p>\n<p><strong><em>Plantago ovata<\/em> Forssk.<\/strong> (psyllium blond, ispaghul) \u2014 le t\u00e9gument de la graine (psyllium husk) est constitu\u00e9 de mucilage pur (arabinoxylane) qui absorbe jusqu&rsquo;\u00e0 40 fois son poids en eau. Laxatif de lest, r\u00e9gulateur du transit, hypocholest\u00e9rol\u00e9miant (s\u00e9questration des acides biliaires dans le gel intestinal), mod\u00e9rateur de la glyc\u00e9mie postprandiale. Inscrit dans les recommandations de l&rsquo;American Heart Association pour la r\u00e9duction du cholest\u00e9rol LDL.<\/p>\n<p><strong><em>Digitalis purpurea<\/em> L.<\/strong> (digitale pourpre) et <strong><em>Digitalis lanata<\/em> Ehrh.<\/strong> (digitale laineuse) \u2014 sources de digoxine et digitoxine. Usage m\u00e9dical strictement encadr\u00e9 \u2014 <strong>jamais en autom\u00e9dication<\/strong>. La digitale est l&rsquo;un des exemples les plus c\u00e9l\u00e8bres de passage d&rsquo;une plante m\u00e9dicinale traditionnelle \u00e0 un m\u00e9dicament de prescription. William Withering publia son trait\u00e9 <em>An Account of the Foxglove<\/em> en 1785, documentant l&rsquo;usage de la digitale dans l&rsquo;hydropisie (insuffisance cardiaque).<\/p>\n<h2>8. Brassicaceae \u2014 la famille de la moutarde et du cresson<\/h2>\n<h3>Portrait morphologique<\/h3>\n<p>Les Brassicac\u00e9es (anciennement Crucif\u00e8res, Cruciferae) se reconnaissent \u00e0 leurs <strong>fleurs \u00e0 quatre p\u00e9tales libres dispos\u00e9s en croix<\/strong> (d&rsquo;o\u00f9 Cruciferae), quatre s\u00e9pales, six \u00e9tamines (quatre longues et deux courtes \u2014 c&rsquo;est la <strong>t\u00e9tradynamie<\/strong>), et un fruit caract\u00e9ristique : la <strong>silique<\/strong> (allong\u00e9e) ou la <strong>silicule<\/strong> (courte), qui s&rsquo;ouvre par deux valves laissant une cloison centrale (replum). Les feuilles sont alternes et souvent profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es ou lob\u00e9es.<\/p>\n<p>La famille compte environ 3 700 esp\u00e8ces et inclut de nombreux l\u00e9gumes (chou, brocoli, chou-fleur, navet, radis, roquette, cresson) et plantes ol\u00e9agineuses (colza, moutarde).<\/p>\n<h3>Chimie caract\u00e9ristique<\/h3>\n<p>La signature chimique des Brassicac\u00e9es est le syst\u00e8me <strong>glucosinolate\/myrosinase<\/strong> d\u00e9crit dans notre article sur les m\u00e9tabolites secondaires. Les glucosinolates sont des thioglucosides inactifs ; lors de la rupture cellulaire (mastication, broyage), la myrosinase les hydrolyse en <strong>isothiocyanates<\/strong> piquants et biologiquement actifs.<\/p>\n<p>Le <strong>sulforaphane<\/strong> (isothiocyanate du brocoli, issu du glucoraphanine) est le compos\u00e9 le plus \u00e9tudi\u00e9 en chimiopr\u00e9vention du cancer : il active le facteur de transcription Nrf2, induisant les enzymes de d\u00e9toxification de phase II. L&rsquo;<strong>allyl isothiocyanate<\/strong> (moutarde) est un irritant rub\u00e9fiant utilis\u00e9 en cataplasmes r\u00e9vulsifs traditionnels.<\/p>\n<p>Les Brassicac\u00e9es contiennent aussi des <strong>indoles<\/strong> (indole-3-carbinol, form\u00e9 par hydrolyse de la glucobrassicine \u2014 modulateur du m\u00e9tabolisme des estrog\u00e8nes) et des quantit\u00e9s significatives de <strong>vitamine C<\/strong>, <strong>carot\u00e9no\u00efdes<\/strong> et <strong>flavono\u00efdes<\/strong>.<\/p>\n<h3>Esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures<\/h3>\n<p><strong><em>Nasturtium officinale<\/em> R. Br.<\/strong> (cresson de fontaine) \u2014 antiscorbutique (tr\u00e8s riche en vitamine C), expectorant, d\u00e9puratif. Riche en gluconasturtiine, dont l&rsquo;isothiocyanate (ph\u00e9nyl\u00e9thyl isothiocyanate) est antibact\u00e9rien et anticanc\u00e9reux potentiel.<\/p>\n<p><strong><em>Sinapis alba<\/em> L.<\/strong> et <strong><em>Brassica nigra<\/em> (L.) K. Koch<\/strong> (moutarde blanche et moutarde noire) \u2014 r\u00e9vulsives en cataplasme (les isothiocyanates provoquent une irritation cutan\u00e9e qui stimule la circulation locale et soulage les douleurs musculaires et articulaires par contre-irritation). Le cataplasme de moutarde (sinapisme) est un classique de la m\u00e9decine populaire \u2014 mais il peut provoquer des br\u00fblures cutan\u00e9es s\u00e9v\u00e8res si la dur\u00e9e d&rsquo;application est trop longue.<\/p>\n<p><strong><em>Brassica oleracea<\/em> L. var. <em>italica<\/em><\/strong> (brocoli) \u2014 la source alimentaire la plus concentr\u00e9e en glucoraphanine\/sulforaphane. Les jeunes pousses de brocoli (3 jours) contiennent 20 \u00e0 50 fois plus de sulforaphane que le brocoli mature.<\/p>\n<p><strong><em>Capsella bursa-pastoris<\/em> (L.) Medik.<\/strong> (bourse-\u00e0-pasteur) \u2014 h\u00e9mostatique traditionnel (m\u00e9norragies, \u00e9pistaxis). Contient des flavono\u00efdes, des amines vasoconstrictrices (tyramine) et des peptides. Son efficacit\u00e9 h\u00e9mostatique, bien que soutenue par la tradition, manque encore de preuves cliniques robustes.<\/p>\n<h2>9. Valerianaceae \/ Caprifoliaceae \u2014 la famille de la val\u00e9riane et du sureau<\/h2>\n<h3>Portrait morphologique<\/h3>\n<p>Les anciennes Val\u00e9rianac\u00e9es sont d\u00e9sormais incluses dans les <strong>Caprifoliac\u00e9es<\/strong> (famille du ch\u00e8vrefeuille) au sens APG. Ce regroupement phylog\u00e9n\u00e9tique r\u00e9unit des plantes d&rsquo;apparence tr\u00e8s diff\u00e9rente : la val\u00e9riane (herbac\u00e9e \u00e0 feuilles penn\u00e9es et petites fleurs blanches ou ros\u00e9es en corymbes), le sureau (arbuste \u00e0 feuilles compos\u00e9es et larges corymbes blancs), le ch\u00e8vrefeuille (liane \u00e0 fleurs tubulaires parfum\u00e9es).<\/p>\n<h3>Chimie caract\u00e9ristique<\/h3>\n<p>Chez les <strong>val\u00e9rianes<\/strong> : <strong>irido\u00efdes<\/strong> (val\u00e9potriates \u2014 \u00e9poxy-irido\u00efdes instables, responsables de l&rsquo;activit\u00e9 s\u00e9dative mais d\u00e9grad\u00e9s par le s\u00e9chage et le stockage), <strong>sesquiterp\u00e8nes<\/strong> (acide val\u00e9r\u00e9nique \u2014 modulateur allost\u00e9rique positif des r\u00e9cepteurs GABA-A, le principal m\u00e9diateur de l&rsquo;effet s\u00e9datif des pr\u00e9parations de val\u00e9riane s\u00e9ch\u00e9e) et <strong>acide \u03b3-aminobutyrique<\/strong> (GABA) libre dans les extraits aqueux.<\/p>\n<p>Chez le <strong>sureau<\/strong> : <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (rutine, isoquercitrine, querc\u00e9tine dans les fleurs), <strong>anthocyanes<\/strong> (cyanidine-3-glucoside et cyanidine-3-sambubioside dans les baies m\u00fbres \u2014 puissants antioxydants), <strong>lectines<\/strong> et <strong>glycosides cyanog\u00e8nes<\/strong> (sambunigrine \u2014 pr\u00e9sente dans les feuilles, l&rsquo;\u00e9corce, les baies crues et les graines ; d\u00e9truite par la cuisson).<\/p>\n<h3>Esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures<\/h3>\n<p><strong><em>Valeriana officinalis<\/em> L.<\/strong> (val\u00e9riane) \u2014 s\u00e9dative, anxiolytique, inductrice du sommeil. L&rsquo;<strong>acide val\u00e9r\u00e9nique<\/strong> est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9 comme le principal actif des extraits secs standardis\u00e9s. Plusieurs m\u00e9ta-analyses montrent une am\u00e9lioration modeste mais significative de la qualit\u00e9 subjective du sommeil, avec un effet qui s&rsquo;installe progressivement sur 2 \u00e0 4 semaines (contrairement aux benzodiaz\u00e9pines, qui agissent d\u00e8s la premi\u00e8re prise). L&rsquo;odeur caract\u00e9ristique de la racine (due aux sesquiterp\u00e8nes et \u00e0 l&rsquo;acide isoval\u00e9rique) est un crit\u00e8re d&rsquo;identification organoleptique imm\u00e9diat.<\/p>\n<p><strong><em>Sambucus nigra<\/em> L.<\/strong> (sureau noir) \u2014 les <strong>fleurs<\/strong> sont diaphor\u00e9tiques (favorisent la sudation \u2014 usage traditionnel dans les refroidissements et les fi\u00e8vres), anti-inflammatoires et diur\u00e9tiques l\u00e9g\u00e8res. Les <strong>baies m\u00fbres cuites<\/strong> sont riches en anthocyanes antivirales \u2014 plusieurs essais cliniques ont montr\u00e9 une r\u00e9duction de la dur\u00e9e et de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des sympt\u00f4mes grippaux avec un extrait standardis\u00e9 de baies de sureau (Sambucol\u00ae). Les baies crues, les feuilles et l&rsquo;\u00e9corce sont <strong>toxiques<\/strong> (glycosides cyanog\u00e8nes, lectines) \u2014 la cuisson \u00e9limine ces compos\u00e9s.<\/p>\n<h2>10. Ranunculaceae \u2014 la famille de l&rsquo;act\u00e9e et de l&rsquo;hell\u00e9bore<\/h2>\n<h3>Portrait morphologique<\/h3>\n<p>Les Renonculac\u00e9es comptent environ 2 200 esp\u00e8ces, principalement dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et froides de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. La morphologie florale est tr\u00e8s variable : de la fleur simple \u00e0 cinq p\u00e9tales du bouton d&rsquo;or \u00e0 la fleur complexe de l&rsquo;ancolie ou du delphinium. Les caract\u00e8res les plus constants sont les <strong>nombreuses \u00e9tamines<\/strong> dispos\u00e9es en spirale, les <strong>carpelles libres<\/strong> (apocarpe) et les <strong>feuilles profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es<\/strong>. Beaucoup d&rsquo;esp\u00e8ces sont <strong>acaules<\/strong> (sans tige apparente), les feuilles partant directement de la souche.<\/p>\n<h3>Chimie caract\u00e9ristique<\/h3>\n<p>Les Renonculac\u00e9es sont l&rsquo;une des familles les plus <strong>toxiques<\/strong> de la flore europ\u00e9enne. Leur chimie est domin\u00e9e par :<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>alcalo\u00efdes diterp\u00e9niques<\/strong> : aconitine de l&rsquo;aconit (<em>Aconitum<\/em>) \u2014 l&rsquo;un des poisons v\u00e9g\u00e9taux les plus puissants (dose l\u00e9tale 1-2 mg chez l&rsquo;humain) ; delphinine du pied-d&rsquo;alouette (<em>Delphinium<\/em>) ;<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques<\/strong> : protoan\u00e9monine des renoncules (v\u00e9sicante cutan\u00e9e), berb\u00e9rine de l&rsquo;hydraste (<em>Hydrastis canadensis<\/em> \u2014 antimicrobien, hypoglyc\u00e9miant) ;<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>glycosides cardiotoniques<\/strong> : hell\u00e9borine et hell\u00e9brine de l&rsquo;hell\u00e9bore (<em>Helleborus<\/em>) ;<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> : act\u00e9ine et 27-d\u00e9oxyact\u00e9ine de l&rsquo;act\u00e9e \u00e0 grappes noires (<em>Actaea racemosa<\/em>) ;<\/p>\n<p>\u2014 les <strong>lactones<\/strong> (ranunculine \u2192 protoan\u00e9monine dans les renoncules fra\u00eeches \u2014 irritant v\u00e9sicant volatil qui dispara\u00eet au s\u00e9chage).<\/p>\n<h3>Esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures<\/h3>\n<p><strong><em>Actaea racemosa<\/em> (L.) Nutt.<\/strong> (act\u00e9e \u00e0 grappes noires, anciennement <em>Cimicifuga racemosa<\/em>) \u2014 utilis\u00e9e pour les troubles de la m\u00e9nopause (bouff\u00e9es de chaleur, troubles de l&rsquo;humeur). Les triterp\u00e8nes glycosidiques (act\u00e9ine) et les acides ph\u00e9noliques (acides caf\u00e9ylquiniques) sont les principaux actifs. Le m\u00e9canisme d&rsquo;action n&rsquo;est pas \u0153strog\u00e9nique comme on l&rsquo;a longtemps cru, mais probablement li\u00e9 \u00e0 une modulation des r\u00e9cepteurs s\u00e9rotoninergiques et dopaminergiques. L&rsquo;extrait standardis\u00e9 (Remifemin\u00ae) a fait l&rsquo;objet de nombreux essais cliniques. Des cas rares d&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s \u2014 une surveillance h\u00e9patique est recommand\u00e9e en cas d&rsquo;usage prolong\u00e9.<\/p>\n<p><strong><em>Hydrastis canadensis<\/em> L.<\/strong> (hydraste du Canada) \u2014 antimicrobien puissant des muqueuses (riche en berb\u00e9rine et hydrastine \u2014 alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques). Traditionnellement utilis\u00e9 pour les infections des muqueuses (gastro-intestinales, respiratoires, g\u00e9nito-urinaires). La berb\u00e9rine a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat scientifique consid\u00e9rable pour ses propri\u00e9t\u00e9s hypoglyc\u00e9miantes (am\u00e9lioration de la sensibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuline, r\u00e9duction de l&rsquo;HbA1c), hypocholest\u00e9rol\u00e9miantes (inhibition de PCSK9) et antimicrobiennes. L&rsquo;hydraste est n\u00e9anmoins menac\u00e9 de surexploitation dans son habitat naturel (for\u00eats \u00e0 feuilles caduques de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord) et figure sur la liste CITES (Convention sur le commerce international des esp\u00e8ces menac\u00e9es).<\/p>\n<p><strong><em>Nigella sativa<\/em> L.<\/strong> (nigelle, cumin noir) \u2014 immunomodulatrice, anti-inflammatoire, antioxydante, antimicrobienne, h\u00e9patoprotectrice, hypoglyc\u00e9miante. Le principal actif est la <strong>thymoquinone<\/strong>, un monoterp\u00e8ne benzoquinonique pr\u00e9sent dans l&rsquo;huile essentielle des graines. La nigelle est l&rsquo;objet de plus de 1 500 publications scientifiques et ses propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques couvrent un spectre remarquablement large \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le dicton attribu\u00e9 au Proph\u00e8te Muhammad : \u00ab La graine noire gu\u00e9rit toute maladie, sauf la mort. \u00bb<\/p>\n<h3>Pr\u00e9cautions li\u00e9es \u00e0 la famille<\/h3>\n<p>La majorit\u00e9 des Renonculac\u00e9es sauvages sont <strong>toxiques<\/strong>, parfois mortellement. L&rsquo;aconit (<em>Aconitum napellus<\/em>), l&rsquo;hell\u00e9bore (<em>Helleborus<\/em>), l&rsquo;an\u00e9mone pulsatille (<em>Pulsatilla vulgaris<\/em>), le bouton d&rsquo;or (<em>Ranunculus<\/em>) sont dangereux \u00e0 des degr\u00e9s divers. La cueillette sauvage dans cette famille est r\u00e9serv\u00e9e aux botanistes exp\u00e9riment\u00e9s. Les esp\u00e8ces m\u00e9dicinales (act\u00e9e, hydraste, nigelle) sont utilis\u00e9es sous forme de pr\u00e9parations standardis\u00e9es, jamais de plante fra\u00eeche brute.<\/p>\n<h2>Synth\u00e8se \u2014 la famille comme grille de lecture<\/h2>\n<p>Les dix familles pr\u00e9sent\u00e9es dans cet article ne couvrent qu&rsquo;une fraction de la diversit\u00e9 botanique \u2014 mais elles concentrent une part consid\u00e9rable de la pharmacop\u00e9e v\u00e9g\u00e9tale mondiale. En voici un r\u00e9sum\u00e9 crois\u00e9 :<\/p>\n<p><strong>Lamiaceae<\/strong> \u2014 huiles essentielles (monoterp\u00e8nes, ph\u00e9nols), acide rosmarinique. Aromatiques, antiseptiques, antispasmodiques.<br \/>\n<strong>Asteraceae<\/strong> \u2014 lactones sesquiterp\u00e9niques, inuline. Anti-inflammatoires, am\u00e8res, allergisantes potentielles.<br \/>\n<strong>Apiaceae<\/strong> \u2014 huiles essentielles (ph\u00e9nylpropano\u00efdes), furanocoumarines. Carminatives, phototoxiques potentielles, confusions dangereuses.<br \/>\n<strong>Rosaceae<\/strong> \u2014 tannins, flavono\u00efdes, d\u00e9riv\u00e9s salicyl\u00e9s. Astringentes, cardiotoniques, anti-inflammatoires.<br \/>\n<strong>Fabaceae<\/strong> \u2014 isoflavones, saponines, coumarines. Phytoestrog\u00e8nes, adaptog\u00e8nes, hypoglyc\u00e9miantes.<br \/>\n<strong>Malvaceae<\/strong> \u2014 mucilages, anthocyanes. \u00c9mollientes, adoucissantes, hypotensives.<br \/>\n<strong>Plantaginaceae<\/strong> \u2014 irido\u00efdes, mucilages, card\u00e9nolides. Adoucissantes, laxatives, cardiotoniques (digitale).<br \/>\n<strong>Brassicaceae<\/strong> \u2014 glucosinolates\/isothiocyanates. Chimioprotectrices, rub\u00e9fiantes, piquantes.<br \/>\n<strong>Caprifoliaceae<\/strong> \u2014 irido\u00efdes, sesquiterp\u00e8nes, anthocyanes. S\u00e9datives, antivirales, diaphor\u00e9tiques.<br \/>\n<strong>Ranunculaceae<\/strong> \u2014 alcalo\u00efdes, saponines triterp\u00e9niques. Puissamment actives, souvent toxiques.<\/p>\n<p>Conna\u00eetre la famille d&rsquo;une plante, c&rsquo;est disposer d&rsquo;une <strong>hypoth\u00e8se chimique a priori<\/strong>. Quand un herboriste identifie une Lamiac\u00e9e inconnue sur le terrain \u2014 tige carr\u00e9e, feuilles oppos\u00e9es, odeur aromatique \u2014, il peut pr\u00e9dire, avant toute analyse, que la plante contient probablement des monoterp\u00e8nes, de l&rsquo;acide rosmarinique et des flavono\u00efdes. Quand un pharmacognoste re\u00e7oit un \u00e9chantillon d&rsquo;une Ast\u00e9rac\u00e9e non \u00e9tudi\u00e9e, il cherchera en priorit\u00e9 des lactones sesquiterp\u00e9niques. Cette capacit\u00e9 pr\u00e9dictive est la puissance de la classification botanique \u2014 et c&rsquo;est la raison pour laquelle la syst\u00e9matique n&rsquo;est pas un luxe acad\u00e9mique, mais un outil pratique de premier ordre pour quiconque travaille avec les plantes m\u00e9dicinales.<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p><strong>Wink M.<\/strong> (2003). Evolution of secondary metabolites from an ecological and molecular phylogenetic perspective. <em>Phytochemistry<\/em>, 64(1), 3-19. \u2014 Article fondateur sur la corr\u00e9lation entre phylog\u00e9nie et chimie des plantes.<\/p>\n<p><strong>Heinrich M., Barnes J., Gibbons S., Williamson E.M.<\/strong> (2018). <em>Fundamentals of Pharmacognosy and Phytotherapy<\/em>. 3<sup>e<\/sup> \u00e9d. Amsterdam : Elsevier. \u2014 Manuel de r\u00e9f\u00e9rence en pharmacognosie, organis\u00e9 par familles botaniques.<\/p>\n<p><strong>Bruneton J.<\/strong> (2016). <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc. \u2014 Le trait\u00e9 francophone de r\u00e9f\u00e9rence en pharmacognosie.<\/p>\n<p><strong>Evans W.C.<\/strong> (2009). <em>Trease and Evans&rsquo; Pharmacognosy<\/em>. 16<sup>e<\/sup> \u00e9d. Edinburgh : Saunders. \u2014 Classique mondial de la pharmacognosie, structur\u00e9 par classes chimiques et familles botaniques.<\/p>\n<p><strong>Wichtl M.<\/strong> (2004). <em>Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals<\/em>. 3<sup>e<\/sup> \u00e9d. Stuttgart : Medpharm. \u2014 Monographies d\u00e9taill\u00e9es des drogues v\u00e9g\u00e9tales de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne.<\/p>\n<p><strong>APG IV<\/strong> (2016). An update of the Angiosperm Phylogeny Group classification for the orders and families of flowering plants: APG IV. <em>Botanical Journal of the Linnean Society<\/em>, 181(1), 1-20.<\/p>\n<p><strong>Christenhusz M.J.M., Byng J.W.<\/strong> (2016). The number of known plants species in the world and its annual increase. <em>Phytotaxa<\/em>, 261(3), 201-217. \u2014 Estimation du nombre d&rsquo;esp\u00e8ces par famille.<\/p>\n<p><strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> (11<sup>e<\/sup> \u00e9d., 2023). Strasbourg : EDQM. \u2014 Monographies officielles des drogues v\u00e9g\u00e9tales cit\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>EMA \u2014 European Medicines Agency<\/strong>. Monographies du Comit\u00e9 des m\u00e9dicaments \u00e0 base de plantes (HMPC). \u2014 \u00c9valuations scientifiques des plantes m\u00e9dicinales de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne.<\/p>\n<p><strong>Fabricant D.S., Farnsworth N.R.<\/strong> (2001). The value of plants used in traditional medicine for drug discovery. <em>Environmental Health Perspectives<\/em>, 109(Suppl 1), 69-75. \u2014 Analyse quantitative de la contribution des plantes \u00e0 la pharmacop\u00e9e moderne.<\/p>\n<p><strong>Judd W.S., Campbell C.S., Kellogg E.A., Stevens P.F., Donoghue M.J.<\/strong> (2016). <em>Plant Systematics: A Phylogenetic Approach<\/em>. 4<sup>e<\/sup> \u00e9d. Sunderland : Sinauer Associates.<\/p>\n<p><strong>Sparg S.G., Light M.E., van Staden J.<\/strong> (2004). Biological activities and distribution of plant saponins. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 94(2-3), 219-243.<\/p>\n<p><strong>Miean K.H., Mohamed S.<\/strong> (2001). Flavonoid (myricetin, quercetin, kaempferol, luteolin, and apigenol) content of edible tropical plants. <em>Journal of Agricultural and Food Chemistry<\/em>, 49(6), 3106-3112.<\/p>\n<p><strong>Haslam E.<\/strong> (1996). Natural polyphenols (vegetable tannins) as drugs: possible modes of action. <em>Journal of Natural Products<\/em>, 59(2), 205-215.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La flore mondiale compte environ 350 000 esp\u00e8ces de plantes \u00e0 fleurs, r\u00e9parties dans plus de 400 familles. 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