{"id":1053,"date":"2026-03-26T11:34:35","date_gmt":"2026-03-26T10:34:35","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/hysope-officinale\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"hysope-officinale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/hysope-officinale\/","title":{"rendered":"HYSOPE OFFICINALE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Hysope%20officinale.jpg\" alt=\"Planche botanique Hysope officinale\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Hysope officinale, <em>Hyssopus officinalis<\/em> L., appartient \u00e0 la famille des <strong>Lamiaceae<\/strong> (Labiatae), genre <em>Hyssopus<\/em> L. Ce petit genre comprend environ 15 esp\u00e8ces distribu\u00e9es de l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale \u00e0 l&rsquo;Asie centrale. <em>H. officinalis<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce type et la plus connue, cultiv\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 comme plante aromatique et m\u00e9dicinale. Les noms vernaculaires incluent Hysope officinale, Herbe sacr\u00e9e et Hysope de David. Sur le plan APG IV, les Lamiaceae appartiennent \u00e0 l&rsquo;ordre des Lamiales. Le genre <em>Hyssopus<\/em> se rattache \u00e0 la sous-famille des Nepetoideae, tribu des Mentheae, proche des genres <em>Satureja<\/em>, <em>Thymus<\/em> et <em>Origanum<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce se d\u00e9cline en plusieurs sous-esp\u00e8ces dont subsp. <em>officinalis<\/em> (type, \u00e0 feuilles larges) et subsp. <em>aristatus<\/em> (Godr.) Nyman (\u00e0 feuilles \u00e9troites, m\u00e9diterran\u00e9enne). L&rsquo;aire de r\u00e9partition native couvre l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et m\u00e9diane, de la France \u00e0 l&rsquo;Asie centrale. L&rsquo;esp\u00e8ce est largement cultiv\u00e9e et naturalis\u00e9e dans les jardins du monde entier.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Sous-arbrisseau vivace, cham\u00e9phyte, haut de 20 \u00e0 60 cm, \u00e0 souche ligneuse \u00e9mettant de nombreuses tiges dress\u00e9es, quadrangulaires, pubescentes \u00e0 glabrescentes, formant une touffe dense. Les feuilles sont oppos\u00e9es, sessiles ou subsessiles, lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 1,5 \u00e0 4 cm, \u00e0 bord entier et r\u00e9volut\u00e9, vert fonc\u00e9, ponctu\u00e9es de glandes aromatiques brillantes (visibles \u00e0 la loupe). Les fleurs sont dispos\u00e9es en verticilles unilat\u00e9raux formant un \u00e9pi terminal allong\u00e9, \u00e0 corolle bilabi\u00e9e de 7 \u00e0 12 mm, bleu violet intense (rarement rose ou blanche), \u00e0 l\u00e8vre sup\u00e9rieure bilob\u00e9e et l\u00e8vre inf\u00e9rieure trilob\u00e9e. Le calice est tubuleux, stri\u00e9, \u00e0 5 dents \u00e9gales. Les 4 \u00e9tamines sont saillantes. Le fruit se compose de 4 nucules lisses, bruns. La floraison a lieu de juillet \u00e0 septembre. L&rsquo;ensemble de la plante d\u00e9gage une odeur aromatique forte, chaude et camphr\u00e9e, due \u00e0 la richesse en huile essentielle. L&rsquo;esp\u00e8ce habite les pelouses s\u00e8ches, rochers, murs et \u00e9boulis sur substrats calcaires, en situations chaudes et ensoleill\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET HABITAT<\/h3>\n<p><em>Hyssopus officinalis<\/em> est une esp\u00e8ce x\u00e9rophile et calcicole des pelouses s\u00e8ches rocailleuses, \u00e9boulis stabilis\u00e9s, falaises, murs et rochers ensoleill\u00e9s sur substrats calcaires. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile et thermophile, ne supportant pas l&rsquo;ombrage. Son aire de r\u00e9partition native couvre l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et m\u00e9diane, de la France (Midi, vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, Alpes) \u00e0 l&rsquo;Asie centrale, en passant par l&rsquo;Italie, les Balkans et la Turquie. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est spontan\u00e9e dans le Midi et les Alpes du Sud, souvent naturalis\u00e9e ailleurs \u00e0 partir de cultures. L&rsquo;altitude varie du niveau de la mer \u00e0 2000 m. La pollinisation est entomogame, l&rsquo;hysope \u00e9tant une excellente plante mellif\u00e8re attirant abeilles et papillons. La diss\u00e9mination est barochore.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>sommit\u00e9s fleuries<\/strong> constituent la drogue principale, r\u00e9colt\u00e9es en d\u00e9but de floraison (juillet-ao\u00fbt) pour une teneur maximale en huile essentielle. Les feuilles seules sont \u00e9galement utilis\u00e9es comme condiment. L&rsquo;<strong>huile essentielle<\/strong> obtenue par hydrodistillation est la forme la plus concentr\u00e9e et la plus \u00e9tudi\u00e9e pharmacologiquement. La drogue s\u00e8che doit conserver son ar\u00f4me puissant et sa couleur vert-bleu. L&rsquo;hysope est inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise et europ\u00e9enne comme drogue v\u00e9g\u00e9tale.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Huile essentielle<\/h3>\n<p>L&rsquo;HE (0,3 \u00e0 2 % des sommit\u00e9s fleuries) contient principalement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> c\u00e9tones<\/strong> : <strong>pinocamphone<\/strong> (40-60 %), <strong>isopinocamphone<\/strong> (20-35 %), <strong>\u03b2-<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pinene\/\">pin\u00e8ne<\/a><\/strong> (5-15 %) et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/cineal-eucalyptol\/\">1,8-cin\u00e9ole<\/a><\/strong> (3-8 %). Les pinocamphones sont des c\u00e9tones monoterp\u00e9niques responsables de l&rsquo;activit\u00e9 expectorante et de la neurotoxicit\u00e9 \u00e0 haute dose. La subsp. <em>aristatus<\/em> contient moins de pinocamphone et davantage de 1,8-cin\u00e9ole, profil moins toxique.<\/p>\n<h3>B. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavones<\/a><\/strong> (<strong>diosmine<\/strong>, <strong>hesp\u00e9ridine<\/strong>) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>). La <strong>diosmine<\/strong> est un veinotonique reconnu utilis\u00e9 en th\u00e9rapeutique vasculaire.<\/p>\n<h3>C. Acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9s significatives, contribuant au potentiel antioxydant et anti-inflammatoire.<\/p>\n<h3>D. Terp\u00e9no\u00efdes et diterp\u00e8nes<\/h3>\n<p>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a><\/strong> de type labdane (<strong>marrubiine<\/strong>) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (<strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong>) compl\u00e8tent le profil chimique.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;hysope exerce une action <strong>expectorante<\/strong> et <strong>mucolytique<\/strong> par stimulation de la s\u00e9cr\u00e9tion bronchique et fluidification du mucus, li\u00e9e aux monoterp\u00e8nes c\u00e9tones (pinocamphone) et au 1,8-cin\u00e9ole. L&rsquo;effet <strong>antispasmodique<\/strong> bronchique est document\u00e9 in vitro par relaxation des muscles lisses. L&rsquo;<strong>acide rosmarinique<\/strong> exerce un puissant effet <strong>antioxydant<\/strong> et <strong>anti-allergique<\/strong> par inhibition du compl\u00e9ment et de la lib\u00e9ration d&rsquo;histamine. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (diosmine, hesp\u00e9ridine) contribuent \u00e0 un effet <strong>veinotonique<\/strong> et <strong>anti-inflammatoire<\/strong>. L&rsquo;huile essentielle poss\u00e8de une activit\u00e9 <strong>antimicrobienne<\/strong> document\u00e9e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em> et <em>Candida albicans<\/em>. Les <strong>diterp\u00e8nes labdanes<\/strong> exercent une activit\u00e9 antivirale, notamment contre le virus Herpes simplex (HSV) et le virus de la grippe. L&rsquo;ensemble d\u00e9finit un profil de plante pectorale, antiseptique et anti-inflammatoire, bien adapt\u00e9 aux infections respiratoires.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;hysope est inscrite dans les pharmacop\u00e9es fran\u00e7aise et europ\u00e9enne. La Commission E allemande a \u00e9mis un avis favorable pour l&rsquo;usage de l&rsquo;hysope dans les troubles respiratoires (toux, bronchite, enrouement). L&rsquo;ESCOP n&rsquo;a pas publi\u00e9 de monographie sp\u00e9cifique. Des \u00e9tudes cliniques limit\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es sur des pr\u00e9parations associant l&rsquo;hysope \u00e0 d&rsquo;autres plantes pectorales, montrant une am\u00e9lioration des sympt\u00f4mes de bronchite aigu\u00eb. L&rsquo;activit\u00e9 antivirale de l&rsquo;HE et des diterp\u00e8nes contre le HSV-1 et le HSV-2 a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e in vitro (Koch et al., 2008). L&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne a \u00e9t\u00e9 valid\u00e9e par des \u00e9tudes in vitro multiples. Les donn\u00e9es cliniques restent insuffisantes pour des recommandations fond\u00e9es sur les preuves, bien que l&rsquo;usage traditionnel soit reconnu comme bien \u00e9tabli.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Pinocamphone<\/strong><\/td>\n<td>Monoterp\u00e8ne c\u00e9tone<\/td>\n<td>Expectorant (neurotoxique \u00e0 haute dose)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>1,8-Cin\u00e9ole<\/strong><\/td>\n<td>Monoterp\u00e8ne oxyde<\/td>\n<td>Mucolytique, antiseptique respiratoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Diosmine<\/strong><\/td>\n<td>Flavone glycoside<\/td>\n<td>Veinotonique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide rosmarinique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-allergique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Marrubiine<\/strong><\/td>\n<td>Diterp\u00e8ne labdane<\/td>\n<td>Antiviral, expectorant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide ursolique<\/strong><\/td>\n<td>Triterp\u00e8ne<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Pinocamphone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isopinocamphone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Diosmine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Hesp\u00e9ridine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Diosmine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion de sommit\u00e9s fleuries :<\/strong> 1 \u00e0 2 g par tasse, infuser 10 minutes. 3 tasses par jour pour les affections respiratoires. Cure de 7 \u00e0 10 jours maximum.<\/li>\n<li><strong>Huile essentielle :<\/strong> usage externe en friction thoracique dilu\u00e9e \u00e0 5 % dans une huile v\u00e9g\u00e9tale. Usage interne limit\u00e9 (1 \u00e0 2 gouttes sur un support, 2 fois par jour) et r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;adulte sous conseil professionnel, en raison de la neurotoxicit\u00e9 des pinocamphones.<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> plante fra\u00eeche 1:5 dans \u00e9thanol 45\u00b0. 20 \u00e0 40 gouttes 3 fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Sirop d&rsquo;hysope :<\/strong> pr\u00e9paration traditionnelle \u00e0 base de d\u00e9coction concentr\u00e9e sucr\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Usage culinaire :<\/strong> feuilles fra\u00eeches ou s\u00e8ches comme aromate dans les salades, viandes, sauces et liqueurs (chartreuse, pastis).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;hysope pr\u00e9sente une toxicit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la <strong>pinocamphone<\/strong> de l&rsquo;huile essentielle. Cette c\u00e9tone monoterp\u00e9nique est <strong>convulsivante<\/strong> et <strong>abortive<\/strong> \u00e0 forte dose. L&rsquo;HE d&rsquo;hysope est class\u00e9e parmi les huiles essentielles \u00e0 usage restreint par l&rsquo;ANSM. La dose toxique de l&rsquo;HE par voie orale est estim\u00e9e \u00e0 2 ml chez l&rsquo;adulte, provoquant des convulsions tonico-cloniques. L&rsquo;HE est <strong>contre-indiqu\u00e9e<\/strong> chez la femme enceinte, l&rsquo;enfant de moins de 12 ans, les sujets \u00e9pileptiques et en cas de pathologie neurologique. L&rsquo;infusion de plante s\u00e8che est nettement plus s\u00fbre, les doses de pinocamphone ing\u00e9r\u00e9es par tisane \u00e9tant tr\u00e8s inf\u00e9rieures au seuil toxique. La distinction entre la subsp. <em>officinalis<\/em> (riche en pinocamphone) et la subsp. <em>aristatus<\/em> (pauvre en pinocamphone) est importante en aromath\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;hysope est l&rsquo;une des plantes les plus fr\u00e9quemment cit\u00e9es dans la Bible (Psaume 51:7 : \u00ab Purifie-moi avec l&rsquo;hysope et je serai net \u00bb), bien que l&rsquo;identification botanique de l&rsquo;hysope biblique fasse d\u00e9bat (il pourrait s&rsquo;agir d&rsquo;<em>Origanum syriacum<\/em>). Dioscoride recommande l&rsquo;hysope en infusion pour les affections thoraciques et en cataplasme pour les contusions. Hildegarde de Bingen (XIIe si\u00e8cle) la prescrit pour les maladies du foie et des poumons. Au Moyen \u00c2ge, l&rsquo;hysope entre dans les jardins monastiques comme plante aromatique, m\u00e9dicinale et liturgique. Elle fait partie des herbes de la Saint-Jean dans certaines r\u00e9gions. L&rsquo;esp\u00e8ce entre dans la composition de liqueurs c\u00e9l\u00e8bres : Chartreuse, B\u00e9n\u00e9dictine et certains pastis. En cuisine, l&rsquo;hysope parfume les salades, les viandes grill\u00e9es et les sauces m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION ET PROTECTION<\/h3>\n<p><em>Hyssopus officinalis<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9. L&rsquo;esp\u00e8ce est commune \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat spontan\u00e9 dans le Midi de la France et largement cultiv\u00e9e dans les jardins. Elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection. La culture assure une ressource abondante sans pression sur les populations sauvages.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Hysope officinale est une plante pectorale et aromatique classique de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, dont l&rsquo;usage remonte \u00e0 l&rsquo;Antiquit\u00e9 biblique et gr\u00e9co-romaine. Sa phytochimie, domin\u00e9e par les pinocamphones de l&rsquo;huile essentielle, les flavono\u00efdes veinotoniques (diosmine) et l&rsquo;acide rosmarinique antioxydant, soutient un profil d&rsquo;expectorant, antiseptique respiratoire et anti-inflammatoire. La neurotoxicit\u00e9 des c\u00e9tones monoterp\u00e9niques impose une utilisation prudente de l&rsquo;huile essentielle, tandis que l&rsquo;infusion de plante s\u00e8che reste une forme s\u00fbre et traditionnelle. L&rsquo;esp\u00e8ce illustre la richesse aromatique des Lamiaceae m\u00e9diterran\u00e9ennes et conserve une place l\u00e9gitime dans la phytoth\u00e9rapie respiratoire et la gastronomie.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Fathiazad F., Hamedeyazdan S., 2011. A review on <em>Hyssopus officinalis<\/em> L. <em>African Journal of Pharmacy and Pharmacology<\/em>, 5(17), 1959-1966.<\/li>\n<li>Koch C. et al., 2008. Inhibitory effect of essential oils against herpes simplex virus type 2. <em>Phytomedicine<\/em>, 15(1-2), 71-78.<\/li>\n<li>Bruneton J., 2009. <em>Pharmacognosie<\/em>, 4e \u00e9d. Tec &amp; Doc Lavoisier : Lamiaceae.<\/li>\n<li>Commission E. Monograph: <em>Hyssopi herba<\/em>.<\/li>\n<li>Plants of the World Online \u2014 Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Hyssopus officinalis<\/em>.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 eFlore : Fiche <em>Hyssopus officinalis<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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