{"id":1056,"date":"2026-03-26T11:34:38","date_gmt":"2026-03-26T10:34:38","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lamier-pourpre\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"lamier-pourpre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lamier-pourpre\/","title":{"rendered":"LAMIER POURPRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Lamier%20pourpre.jpg\" alt=\"Planche botanique Lamier pourpre\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le lamier pourpre est l&rsquo;une des \u00ab mauvaises herbes \u00bb les plus communes de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord \u2014 et l&rsquo;une des plus m\u00e9connues. Cette petite annuelle printani\u00e8re, dont les feuilles sup\u00e9rieures teint\u00e9es de pourpre forment une couronne color\u00e9e autour des fleurs roses, colonise avec une efficacit\u00e9 remarquable les terres cultiv\u00e9es, jardins, friches et bords de chemins de toute l&rsquo;Europe. Loin d&rsquo;\u00eatre une simple adventice, le lamier pourpre est une plante mellif\u00e8re de premi\u00e8re importance pour les pollinisateurs pr\u00e9coces et un l\u00e9gume sauvage comestible dont la composition en flavono\u00efdes et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a> lui conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales modestes mais document\u00e9es.<\/p>\n<p>Comme les autres lamiers, il appartient au groupe des \u00ab orties mortes \u00bb \u2014 appellation populaire qui souligne la ressemblance de son feuillage avec celui des orties, sans en partager les poils urticants. Cette fiche propose une synth\u00e8se de ses caract\u00e8res botaniques, chimiques et pharmacognosiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Lamiaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Lamium<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Lamium purpureum<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Lamier pourpre, Ortie rouge, Ortie morte pourpre, Pain-de-poulet, Ortie puante.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Lamium<\/em> du grec <em>laimos<\/em> (\u00ab gorge \u00bb), allusion au tube corollaire b\u00e9ant. <em>purpureum<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la teinte pourpre-violac\u00e9e caract\u00e9ristique des feuilles sup\u00e9rieures et des bract\u00e9es florales, particuli\u00e8rement marqu\u00e9e au printemps pr\u00e9coce.<\/p>\n<p>Plusieurs vari\u00e9t\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites, dont <em>var. purpureum<\/em> (le type) et <em>var. incisum<\/em> (Pers.) \u00e0 feuilles plus profond\u00e9ment incis\u00e9es. L&rsquo;esp\u00e8ce s&rsquo;hybride naturellement avec <em>L. album<\/em> et <em>L. maculatum<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Plante annuelle de 5 \u00e0 30 cm, \u00e0 port dress\u00e9 ou ascendant, souvent ramifi\u00e9e d\u00e8s la base. Contrairement aux lamiers vivaces (<em>L. album<\/em>, <em>L. galeobdolon<\/em>), le lamier pourpre ne produit ni stolons ni rhizomes \u2014 il se reproduit exclusivement par graines, avec une capacit\u00e9 de germination remarquable qui lui permet de coloniser rapidement les sols nus.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> quadrangulaires, gr\u00eales, ascendantes ou dress\u00e9es, ramifi\u00e9es \u00e0 la base, faiblement pubescentes, souvent teint\u00e9es de pourpre. Les entre-n\u0153uds sont courts dans la partie sup\u00e9rieure, donnant un aspect dense et feuillu au sommet.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> oppos\u00e9es-d\u00e9cuss\u00e9es, p\u00e9tiol\u00e9es, \u00e0 limbe cordiforme-ovale de 1 \u00e0 3 cm, cr\u00e9nel\u00e9, pubescent. Les feuilles inf\u00e9rieures sont vertes et longuement p\u00e9tiol\u00e9es ; les sup\u00e9rieures, rapproch\u00e9es en rosette dense autour de l&rsquo;inflorescence, sont sessiles \u00e0 sub-sessiles et teint\u00e9es de pourpre-violac\u00e9 \u2014 cette pigmentation anthocyanique, accentu\u00e9e par le froid, constitue le caract\u00e8re diagnostique le plus imm\u00e9diat de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p><strong>Syst\u00e8me racinaire :<\/strong> pivot gr\u00eale avec radicelles fines, typique d&rsquo;une annuelle opportuniste.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> verticilles de 4 \u00e0 10 fleurs \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles sup\u00e9rieures pourpres, formant des faux-verticilles rapproch\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> petite (10 \u00e0 15 mm), rose-pourpre \u00e0 lilas, parfois blanche (<em>f. albiflorum<\/em>). La corolle est bilabi\u00e9e, \u00e0 tube corollaire droit, gr\u00eale, muni d&rsquo;un anneau de poils interne emp\u00eachant l&rsquo;acc\u00e8s au nectar aux insectes trop petits. La l\u00e8vre sup\u00e9rieure est en casque pubescent ; la l\u00e8vre inf\u00e9rieure est bilob\u00e9e avec de petites dents lat\u00e9rales. Quatre \u00e9tamines didynames. Le nectar, abondant, est s\u00e9cr\u00e9t\u00e9 \u00e0 la base du tube corollaire.<\/p>\n<p><strong>Autogamie :<\/strong> le lamier pourpre est l&rsquo;une des rares Lamiac\u00e9es \u00e0 pratiquer l&rsquo;autogamie (autof\u00e9condation) r\u00e9guli\u00e8re, par des fleurs cl\u00e9istogames qui ne s&rsquo;ouvrent pas en conditions d\u00e9favorables. Cette strat\u00e9gie lui assure une reproduction m\u00eame en l&rsquo;absence de pollinisateurs.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> t\u00e9trak\u00e8ne \u00e0 nucules ovo\u00efdes-trigones, lisses, gris-brun, de 1,5 \u00e0 2 mm, avec un \u00e9la\u00efosome permettant la myrm\u00e9cochorie.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> f\u00e9vrier \u00e0 novembre \u2014 l&rsquo;une des floraisons les plus longues parmi les plantes annuelles europ\u00e9ennes, avec des pics au printemps et \u00e0 l&rsquo;automne. Plusieurs g\u00e9n\u00e9rations peuvent se succ\u00e9der dans l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce rud\u00e9rale et messicole par excellence, le lamier pourpre se rencontre dans les cultures, jardins, potagers, vignobles, pieds de murs, friches, d\u00e9combres, bords de chemins et terrains vagues. C&rsquo;est l&rsquo;une des premi\u00e8res plantes \u00e0 fleurir en fin d&rsquo;hiver sur les sols nus. Elle est indiff\u00e9rente au substrat (calcaire ou siliceux) mais pr\u00e9f\u00e8re les sols meubles, frais et enrichis en azote (nitrophile). C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des groupements du <em>Stellarietea mediae<\/em> (v\u00e9g\u00e9tation commensale des cultures).<\/p>\n<h3>B. Distribution<\/h3>\n<p>Originaire d&rsquo;Eurasie, le lamier pourpre est aujourd&rsquo;hui sub-cosmopolite. Il est pr\u00e9sent dans toute l&rsquo;Europe, de la M\u00e9diterran\u00e9e \u00e0 la Scandinavie, et naturalis\u00e9 en Am\u00e9rique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Z\u00e9lande et en Am\u00e9rique du Sud. En France, il est commun sur l&rsquo;ensemble du territoire, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>parties a\u00e9riennes fleuries<\/strong> et les <strong>jeunes feuilles<\/strong>. La plante enti\u00e8re est r\u00e9colt\u00e9e pendant la floraison printani\u00e8re (mars-mai) pour l&rsquo;usage m\u00e9dicinal, ou avant la floraison pour l&rsquo;usage culinaire. Le s\u00e9chage s&rsquo;effectue \u00e0 l&rsquo;ombre, \u00e0 basse temp\u00e9rature.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Irido\u00efdes<\/h3>\n<p><strong>Lamalbide<\/strong> (irido\u00efde sp\u00e9cifique du genre <em>Lamium<\/em>), <strong>aucubine<\/strong> et <strong>catalpol<\/strong>. La lamalbide est un marqueur chimiotaxonomique utile pour le genre.<\/p>\n<h3>B. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Principalement des glycosides de <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, accompagn\u00e9s d&rsquo;<strong>isoscutellar\u00e9ine<\/strong> et de <strong>lut\u00e9oline<\/strong>. Ces flavono\u00efdes sont responsables de l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante de l&rsquo;extrait.<\/p>\n<h3>C. Anthocyanes<\/h3>\n<p>La pigmentation pourpre des feuilles sup\u00e9rieures est due \u00e0 des <strong>d\u00e9riv\u00e9s du cyanidine-3-glucoside<\/strong>, dont la biosynth\u00e8se est stimul\u00e9e par les basses temp\u00e9ratures et le stress lumineux \u2014 ce qui explique la coloration plus intense en fin d&rsquo;hiver.<\/p>\n<h3>D. Acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">Acide rosmarinique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>. L&rsquo;acide rosmarinique est le compos\u00e9 ph\u00e9nolique dominant.<\/p>\n<h3>E. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanins condens\u00e9s<\/a> en faible quantit\u00e9, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a>, traces d&rsquo;huile essentielle (\u03b2-caryophyll\u00e8ne, germacr\u00e8ne D). La plante est riche en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a> et en vitamine C dans ses jeunes feuilles.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>L&rsquo;acide rosmarinique et les flavono\u00efdes conf\u00e8rent une capacit\u00e9 antioxydante significative, document\u00e9e par les tests DPPH et FRAP. Les anthocyanes des feuilles pourpres contribuent \u00e9galement \u00e0 cette activit\u00e9.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>Les extraits hydro-alcooliques montrent une inhibition mod\u00e9r\u00e9e de la production de m\u00e9diateurs pro-inflammatoires <em>in vitro<\/em> (COX-2, NO synthase), attribuable au tandem acide rosmarinique\/flavono\u00efdes.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 h\u00e9mostatique et astringente<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel comme plante h\u00e9mostatique et astringente repose sur la pr\u00e9sence de tanins et de flavono\u00efdes \u00e0 tropisme vasculaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Emm\u00e9nagogue<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucun essai clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9 sp\u00e9cifiquement sur <em>L. purpureum<\/em>. L&rsquo;usage m\u00e9dicinal repose sur la tradition populaire europ\u00e9enne et sur l&rsquo;extrapolation pharmacologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Lamalbide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Aucubine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Catalpol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isoscutellar\u00e9ine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 1 \u00e0 2 g de plante s\u00e8che pour 150 ml d&rsquo;eau, 10 minutes. Usage traditionnel comme d\u00e9puratif printanier, astringent et h\u00e9mostatique l\u00e9ger.<\/li>\n<li><strong>Cataplasme :<\/strong> feuilles fra\u00eeches froiss\u00e9es en application sur les coupures et \u00e9corchures.<\/li>\n<li><strong>Usage alimentaire :<\/strong> jeunes feuilles en salade, en soupe ou en smoothie vert.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le lamier pourpre est une plante de toxicit\u00e9 nulle ou n\u00e9gligeable. Il est consomm\u00e9 comme l\u00e9gume sauvage sans probl\u00e8me rapport\u00e9. Aucune contre-indication n&rsquo;est connue. Contrairement aux germandr\u00e9es, le genre <em>Lamium<\/em> ne contient pas de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a> n\u00e9ocl\u00e9rodaniques h\u00e9patotoxiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. Usage culinaire<\/h3>\n<p>Les jeunes feuilles printani\u00e8res, au go\u00fbt doux et l\u00e9g\u00e8rement terreux, sont consomm\u00e9es crues en salade ou cuites en soupe dans les traditions culinaires de cueillette sauvage. Elles font partie des \u00ab herbes de printemps \u00bb r\u00e9colt\u00e9es lors des cures d\u00e9puratives traditionnelles, aux c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;ortie, du plantain et du pissenlit.<\/p>\n<h3>B. Traditions populaires<\/h3>\n<p>En pharmacop\u00e9e populaire, le lamier pourpre \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme astringent, diur\u00e9tique l\u00e9ger et d\u00e9puratif. Il \u00e9tait prescrit en infusion contre les \u00ab pertes blanches \u00bb (leucorrh\u00e9es), les h\u00e9morragies l\u00e9g\u00e8res et les affections urinaires b\u00e9nignes. Son usage est rest\u00e9 modeste, \u00e9clips\u00e9 par celui du lamier blanc, consid\u00e9r\u00e9 comme plus actif.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>Le lamier pourpre est une plante de premi\u00e8re importance \u00e9cologique malgr\u00e9 \u2014 ou gr\u00e2ce \u00e0 \u2014 son caract\u00e8re adventice :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Premi\u00e8re ressource mellif\u00e8re de fin d&rsquo;hiver :<\/strong> sa floraison pr\u00e9coce (d\u00e8s f\u00e9vrier) en fait l&rsquo;une des premi\u00e8res sources de nectar et de pollen pour les abeilles et bourdons sortant d&rsquo;hibernation. En apiculture, c&rsquo;est une plante relais vitale.<\/li>\n<li><strong>Couverture du sol hivernal :<\/strong> dans les jardins et cultures, sa croissance automnale et hivernale prot\u00e8ge les sols nus de l&rsquo;\u00e9rosion et du lessivage.<\/li>\n<li><strong>Indicateur de fertilit\u00e9 :<\/strong> sa pr\u00e9sence signale des sols riches en azote et en mati\u00e8re organique.<\/li>\n<li><strong>Banque de graines persistante :<\/strong> ses graines restent viables dans le sol pendant plusieurs ann\u00e9es, assurant la r\u00e9silience de la population.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Lamium amplexicaule<\/em><\/strong> (lamier embrassant) : feuilles sup\u00e9rieures sessiles embrassantes (non p\u00e9tiol\u00e9es), corolle \u00e0 tube plus long et plus gr\u00eale.<\/li>\n<li><strong><em>Lamium hybridum<\/em><\/strong> (lamier d\u00e9coup\u00e9) : feuilles incis\u00e9es-dent\u00e9es irr\u00e9guli\u00e8rement, souvent confondu avec <em>L. purpureum<\/em>.<\/li>\n<li><strong><em>Lamium maculatum<\/em><\/strong> (lamier macul\u00e9) : vivace, beaucoup plus grand, feuilles avec macule blanche m\u00e9diane.<\/li>\n<li><strong><em>Galeopsis tetrahit<\/em><\/strong> (gal\u00e9opsis t\u00e9trahit) : annuel aussi, mais calice \u00e9pineux et tige renfl\u00e9e aux n\u0153uds.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le lamier pourpre est un mod\u00e8le de plante adventice \u00e0 valeur multiple : l\u00e9gume sauvage printanier de bonne qualit\u00e9 nutritive, plante mellif\u00e8re pr\u00e9coce essentielle aux pollinisateurs, et esp\u00e8ce m\u00e9dicinale modeste mais s\u00fbre, au profil phytochimique coh\u00e9rent domin\u00e9 par l&rsquo;acide rosmarinique et les flavono\u00efdes. Son ubiquit\u00e9, sa rusticit\u00e9 et sa non-toxicit\u00e9 en font une plante de premier choix pour les d\u00e9marches d&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 la cueillette sauvage et \u00e0 la reconnaissance des Lamiac\u00e9es. Dans les jardins-for\u00eats et les syst\u00e8mes agro\u00e9cologiques, sa pr\u00e9sence spontan\u00e9e doit \u00eatre valoris\u00e9e plut\u00f4t que combattue.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B., <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>, Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Yordanova M., Guilhon-Mantel A., Momekov G., \u00ab Phytochemical constituents and biological activities of <em>Lamium<\/em> L. species: a review \u00bb, <em>Current Pharmaceutical Design<\/em>, 2019.<\/li>\n<li>Couplan F., <em>Le r\u00e9gal v\u00e9g\u00e9tal \u2014 Plantes sauvages comestibles<\/em>, Sang de la Terre, 2009.<\/li>\n<li>Bischoff T.A., Kelley C.J., Karchesy Y. et al., \u00ab Antimicrobial activity of <em>Lamium purpureum<\/em> extracts \u00bb, <em>Phytotherapy Research<\/em>, 2004.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le lamier pourpre est l&rsquo;une des \u00ab mauvaises herbes \u00bb les plus communes de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord \u2014 et l&rsquo;une des plus m\u00e9connues. 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