{"id":1060,"date":"2026-03-26T11:34:42","date_gmt":"2026-03-26T10:34:42","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/marrube-blanc\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:49","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:49","slug":"marrube-blanc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/marrube-blanc\/","title":{"rendered":"MARRUBE BLANC"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Marrube%20blanc.jpg\" alt=\"Planche botanique Marrube blanc\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le marrube blanc est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus anciennes de l&rsquo;humanit\u00e9. Mentionn\u00e9 dans le papyrus Ebers (vers 1550 av. J.-C.) comme rem\u00e8de contre la toux, cit\u00e9 par Dioscoride, Pline et Galien, pr\u00e9sent dans tous les jardins monastiques du Moyen \u00c2ge, il occupe depuis plus de trois mill\u00e9naires une place centrale dans les pharmacop\u00e9es traditionnelles d&rsquo;Europe, du Moyen-Orient et d&rsquo;Afrique du Nord. Son principe amer caract\u00e9ristique, la marrubiine \u2014 un <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8ne<\/a> labdanique \u2014, en fait l&rsquo;un des expectorants et amers digestifs les mieux document\u00e9s de la phytoth\u00e9rapie europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Plante rud\u00e9rale des friches s\u00e8ches et des bords de chemins m\u00e9diterran\u00e9ens, reconnaissable \u00e0 son feuillage gris-blanc tomenteux et \u00e0 ses glom\u00e9rules de petites fleurs blanches, le marrube blanc est inscrit \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne pour le traitement des toux et des dyspepsies.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Lamiaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Marrubium<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Marrubium vulgare<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Marrube blanc, Marrube commun, Herbe vierge, Bonhomme, Herbe de pr\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Marrubium<\/em> d\u00e9riverait de l&rsquo;h\u00e9breu <em>marrob<\/em> (\u00ab suc amer \u00bb), en r\u00e9f\u00e9rence au go\u00fbt intens\u00e9ment amer de la plante \u2014 d&rsquo;autres auteurs proposent une origine latine de <em>Maria urbs<\/em>, une ancienne ville d&rsquo;Italie. <em>vulgare<\/em> souligne le caract\u00e8re commun et r\u00e9pandu de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/marrubium_vulgare.jpg\" alt=\"Marrubium vulgare \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Marrubium vulgare<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace de 30 \u00e0 60 cm, \u00e0 souche ligneuse, formant des touffes buissonnantes blanch\u00e2tres caract\u00e9ristiques. Le port est dress\u00e9, ramifi\u00e9, robuste. L&rsquo;ensemble de la plante est recouvert d&rsquo;un indument blanc laineux qui lui donne un aspect argent\u00e9.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> quadrangulaires, robustes, dress\u00e9es, ramifi\u00e9es, dens\u00e9ment laineuses-tomenteuses (poils \u00e9toil\u00e9s et rameux), de couleur blanc-gris\u00e2tre. Elles se lignifient \u00e0 la base.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> oppos\u00e9es, p\u00e9tiol\u00e9es, \u00e0 limbe ovale-arrondi de 2 \u00e0 5 cm, cr\u00e9nel\u00e9, \u00e9pais, rid\u00e9-bull\u00e9 (surface gaufr\u00e9e caract\u00e9ristique). La face sup\u00e9rieure est vert gris\u00e2tre et pubescente, la face inf\u00e9rieure dens\u00e9ment laineuse-blanch\u00e2tre. Les feuilles d\u00e9gagent un l\u00e9ger ar\u00f4me musqu\u00e9 au froissement et poss\u00e8dent un go\u00fbt intens\u00e9ment amer \u2014 l&rsquo;un des amers les plus prononc\u00e9s du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> glom\u00e9rules denses et multiflores (10-20 fleurs) \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles, \u00e9tag\u00e9s le long de la tige en faux-verticilles serr\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> petite (6-8 mm), blanche. Le calice est tubulaire, \u00e0 <strong>10 dents<\/strong> recourb\u00e9es en crochets \u00e0 maturit\u00e9 \u2014 caract\u00e8re diagnostique majeur du genre <em>Marrubium<\/em> (les dents crochues facilitent la zoochorie en s&rsquo;accrochant aux poils des animaux). La corolle est bilabi\u00e9e, discr\u00e8te.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> t\u00e9trak\u00e8ne enferm\u00e9 dans le calice \u00e0 dents crochues, facilitant la dispersion \u00e9pizoochore.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 septembre.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce rud\u00e9rale, nitrophile et x\u00e9rophile. Le marrube blanc cro\u00eet dans les friches, d\u00e9combres, pieds de murs, bords de chemins, p\u00e2turages secs et abords des bergeries. Il est souvent associ\u00e9 aux zones de pacage ovin \u2014 les troupeaux de moutons, qui refusent de le brouter en raison de son amertume, contribuent \u00e0 diss\u00e9miner ses fruits accrocheurs dans leur laine. Il pr\u00e9f\u00e8re les sols secs, calcaires ou neutres, ensoleill\u00e9s.<\/p>\n<h3>B. Distribution<\/h3>\n<p>Originaire du bassin m\u00e9diterran\u00e9en et d&rsquo;Asie occidentale, le marrube blanc est aujourd&rsquo;hui sub-cosmopolite dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es chaudes. En France, il est commun dans le Midi, la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, le Languedoc, la Provence et les coteaux secs du Centre. Plus rare dans le Nord et l&rsquo;Ouest atlantique. Naturalis\u00e9 en Am\u00e9rique du Nord, en Am\u00e9rique du Sud, en Australie et en Afrique du Sud, o\u00f9 il est parfois consid\u00e9r\u00e9 comme envahissant.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>sommit\u00e9s fleuries<\/strong> r\u00e9colt\u00e9es en d\u00e9but de floraison (juin-juillet), s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre. La drogue officinale, inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> (monographie <em>Marrubii herba<\/em>), doit contenir au minimum 0,3 % de marrubiine (diterp\u00e8ne amer) pour \u00eatre conforme. Un usage traditionnel bien \u00e9tabli est reconnu.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Diterp\u00e8nes labdaniques \u2014 le c\u0153ur pharmacologique<\/h3>\n<p>La <strong>marrubiine<\/strong> (ou marrubine) est le compos\u00e9 le plus caract\u00e9ristique : c&rsquo;est un diterp\u00e8ne labdanique amer, \u00e0 noyau furanolactone, pr\u00e9sent \u00e0 hauteur de 0,3 \u00e0 1 % dans la drogue s\u00e8che. C&rsquo;est le principal responsable de l&rsquo;activit\u00e9 expectorante et de l&rsquo;amertume intense de la plante. D&rsquo;autres diterp\u00e8nes apparent\u00e9s sont pr\u00e9sents : <strong>pr\u00e9marrubiine<\/strong>, <strong>marrubi\u00e9nol<\/strong>, <strong>vulgarol<\/strong>.<\/p>\n<h3>B. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">Apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong>vitexine<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et leurs glycosides. Ces flavono\u00efdes contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante et anti-inflammatoire.<\/p>\n<h3>C. Acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p><strong>Acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> et <strong>acide marrubiique<\/strong> (acide ph\u00e9nolique sp\u00e9cifique). L&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a> est pr\u00e9sent en plus faible quantit\u00e9 que chez d&rsquo;autres Lamiac\u00e9es.<\/p>\n<h3>D. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Huile essentielle en traces (non significative), <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a>, tanins, substances azot\u00e9es am\u00e8res (b\u00e9ta\u00efnes : stachydrine, b\u00e9tonicine).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Activit\u00e9 expectorante et antitussive<\/h3>\n<p>La marrubiine stimule la s\u00e9cr\u00e9tion bronchique par voie r\u00e9flexe (stimulation des r\u00e9cepteurs amers gastro-intestinaux qui provoquent par voie vagale une augmentation de la s\u00e9cr\u00e9tion des glandes s\u00e9ro-muqueuses bronchiques). C&rsquo;est un m\u00e9canisme classique des amers expectorants. La marrubiine exerce aussi un effet spasmolytique sur les fibres lisses bronchiques, r\u00e9duisant le bronchospasme.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 digestive (amer stomachique)<\/h3>\n<p>L&rsquo;amertume intense de la marrubiine stimule les r\u00e9cepteurs du go\u00fbt amer (TAS2R) de la muqueuse buccale et gastrique, d\u00e9clenchant par voie r\u00e9flexe une augmentation des s\u00e9cr\u00e9tions salivaires, gastriques et biliaires. Cet effet \u00ab amer \u00bb fait du marrube un tonique digestif (stomachique) et un cholagogue efficace, indiqu\u00e9 dans les dyspepsies hypos\u00e9cr\u00e9toires et l&rsquo;anorexie.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 hypoglyc\u00e9miante<\/h3>\n<p>Des \u00e9tudes pharmacologiques sur mod\u00e8les animaux montrent un effet hypoglyc\u00e9miant de la marrubiine, attribu\u00e9 \u00e0 une stimulation de la s\u00e9cr\u00e9tion d&rsquo;insuline et \u00e0 une am\u00e9lioration de la sensibilit\u00e9 des tissus \u00e0 l&rsquo;insuline. Cet effet, encore insuffisamment document\u00e9 chez l&rsquo;homme, fait l&rsquo;objet de recherches dans le contexte du diab\u00e8te de type 2.<\/p>\n<h3>D. Activit\u00e9 antioxydante et anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes et acides ph\u00e9noliques conf\u00e8rent une activit\u00e9 antioxydante significative. La marrubiine poss\u00e8de aussi un effet anti-inflammatoire document\u00e9 par inhibition de la production de NO et de PGE2.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antitussif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Stomachique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Cholagogue<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel du marrube blanc est reconnu comme <strong>expectorant dans la toux productive<\/strong> et comme <strong>amer stomachique dans les dyspepsies l\u00e9g\u00e8res et la perte d&rsquo;app\u00e9tit<\/strong>. Plusieurs \u00e9tudes cliniques de petite taille ont confirm\u00e9 l&rsquo;effet antitussif et expectorant de pr\u00e9parations standardis\u00e9es en marrubiine. La marrubiine a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e dans le traitement de la douleur et des dyslipid\u00e9mies, avec des r\u00e9sultats pr\u00e9liminaires encourageants.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Marrubiine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Pr\u00e9marrubiine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Marrubi\u00e9nol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vulgarol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline<\/td>\n<td>Flavone<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 1 \u00e0 2 g de sommit\u00e9s fleuries s\u00e9ch\u00e9es pour 150 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), 10-15 min. 3 tasses\/jour avant les repas (action am\u00e8re optimale).<\/li>\n<li><strong>Extrait sec standardis\u00e9 :<\/strong> 200-400 mg par prise, titr\u00e9 \u00e0 5 % minimum de marrubiine.<\/li>\n<li><strong>Teinture m\u00e8re :<\/strong> 1:5 dans \u00e9thanol \u00e0 45\u00b0, 30-50 gouttes avant les repas.<\/li>\n<li><strong>Sirop :<\/strong> pr\u00e9parations pectorales traditionnelles (bonbons au marrube dans les pays anglo-saxons : \u00ab horehound candies \u00bb).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le marrube blanc est une plante de faible toxicit\u00e9 aux doses th\u00e9rapeutiques. Des doses \u00e9lev\u00e9es peuvent provoquer des troubles digestifs (naus\u00e9es, diarrh\u00e9e) et, exceptionnellement, des arythmies cardiaques (effet chronotrope n\u00e9gatif de la marrubiine \u00e0 forte dose). La plante est d\u00e9conseill\u00e9e pendant la grossesse (effet ut\u00e9rotonique th\u00e9orique) et chez les patients sous antiarythmiques. L&rsquo;amertume intense constitue en pratique un facteur limitant naturel de la consommation excessive.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le marrube blanc est l&rsquo;une des cinq \u00ab herbes am\u00e8res \u00bb (<em>maror<\/em>) prescrites dans le rituel de la P\u00e2que juive (Seder). Il est mentionn\u00e9 dans le papyrus Ebers \u00e9gyptien (vers 1550 av. J.-C.) comme rem\u00e8de contre la toux. Les Romains le cultivaient comme plante m\u00e9dicinale et condimentaire. Au Moyen \u00c2ge, il figurait dans le <em>Capitulaire de Villis<\/em> de Charlemagne (liste des plantes obligatoires dans les jardins imp\u00e9riaux). En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, il \u00e9tait l&rsquo;un des rem\u00e8des les plus courants contre la toux, le rhume, l&rsquo;asthme et les troubles digestifs. Dans les pays anglo-saxons, le \u00ab horehound ale \u00bb (bi\u00e8re au marrube) et les \u00ab horehound candies \u00bb (bonbons) restent des pr\u00e9parations traditionnelles vivantes. En Afrique du Nord, il est toujours largement utilis\u00e9 contre le diab\u00e8te, les troubles digestifs et les affections respiratoires.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>Le marrube blanc est une plante mellif\u00e8re produisant un nectar abondant et un miel monofloral aromatique et amer, appr\u00e9ci\u00e9 en Nouvelle-Z\u00e9lande et en Australie. Il participe \u00e0 la colonisation et \u00e0 la stabilisation des sols d\u00e9grad\u00e9s et des friches s\u00e8ches. C&rsquo;est un indicateur de sols enrichis en azote (nitrophile) et d&rsquo;anciennes zones de pacage. Son refus par le b\u00e9tail (amertume) le rend caract\u00e9ristique des p\u00e2turages surexploit\u00e9s o\u00f9 il persiste seul.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Ballota nigra<\/em><\/strong> (ballote noire) : m\u00eame port rud\u00e9ral, mais feuilles non tomenteuses-blanches et calice en entonnoir (sans crochets).<\/li>\n<li><strong><em>Marrubium peregrinum<\/em><\/strong> (marrube \u00e9tranger) : feuilles plus \u00e9troites, plus longuement tomenteuses.<\/li>\n<li><strong><em>Stachys germanica<\/em><\/strong> (\u00e9piaire d&rsquo;Allemagne) : dens\u00e9ment laineuse aussi, mais fleurs roses et calice \u00e0 5 dents (pas 10).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le marrube blanc est l&rsquo;un des grands \u00ab amers \u00bb de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, dont le principe actif \u2014 la marrubiine \u2014 constitue un mod\u00e8le de diterp\u00e8ne pharmacologiquement actif. Son double tropisme respiratoire (expectorant) et digestif (amer stomachique) en fait une plante de prescription fr\u00e9quente en phytoth\u00e9rapie contemporaine, avec un statut r\u00e9glementaire \u00e9tabli. Sa profondeur historique (plus de 3500 ans d&rsquo;usage document\u00e9), sa s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;emploi et son accessibilit\u00e9 dans les milieux rud\u00e9raux m\u00e9diterran\u00e9ens en font une esp\u00e8ce incontournable de la mati\u00e8re m\u00e9dicale v\u00e9g\u00e9tale europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, monographie <em>Marrubii herba<\/em>, 10<sup>e<\/sup> \u00e9d.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B., <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>, Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Boudjelal A., Henchiri C., Sari M. et al., \u00ab Herbalists and wild medicinal plants in M&rsquo;Sila (North Algeria): an ethnopharmacology survey \u00bb, <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 2013, 148(2), 395-402.<\/li>\n<li>Zawi\u015blak G., \u00ab The chemical composition of the essential oil of <em>Marrubium vulgare<\/em> L. from Poland \u00bb, <em>Farmacja Polska<\/em>, 2012.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le marrube blanc est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus anciennes de l&rsquo;humanit\u00e9. Mentionn\u00e9 dans le papyrus Ebers (vers 1550 av. J.-C.) comme rem\u00e8de contre [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-1060","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lamiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1060","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1060"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1060\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14304,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1060\/revisions\/14304"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1060"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1060"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1060"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}