{"id":1065,"date":"2026-03-26T11:34:49","date_gmt":"2026-03-26T10:34:49","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/melisse-officinale\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:49","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:49","slug":"melisse-officinale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/melisse-officinale\/","title":{"rendered":"M\u00c9LISSE OFFICINALE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/M%C3%A9lisse%20officinale.jpg\" alt=\"Planche botanique M\u00e9lisse officinale\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left; margin:5px 25px 15px 0; max-width:280px; border:1px solid #c9b99a; padding:6px; background:#faf6ee; border-radius:4px; cursor:pointer;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/melissa_officinalis.jpg\" alt=\"Melissa officinalis \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%; height:auto; display:block;\" \/><figcaption style=\"text-align:center; font-size:0.78em; color:#5a4e3c; margin-top:5px; font-style:italic;\">Melissa officinalis<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p>La <strong>M\u00e9lisse officinale<\/strong> (<em>Melissa officinalis<\/em> L.) est une plante herbac\u00e9e vivace de la famille des <strong>Lamiaceae<\/strong> (Labiac\u00e9es). Le genre <em>Melissa<\/em> ne comprend que 3 ou 4 esp\u00e8ces, toutes originaires du bassin m\u00e9diterran\u00e9en et d&rsquo;Asie occidentale. Le nom de genre d\u00e9rive du grec <em>melissa<\/em> (abeille), car la plante est intens\u00e9ment butin\u00e9e. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>officinalis<\/em> confirme son usage pharmaceutique ancestral. Elle est aussi appel\u00e9e citronnelle (\u00e0 ne pas confondre avec <em>Cymbopogon citratus<\/em>, la citronnelle des tropiques), m\u00e9lisse citronnelle, herbe au citron, piment des abeilles ou th\u00e9 de France. La M\u00e9lisse est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus anciennement cultiv\u00e9es en Europe, mentionn\u00e9e par Th\u00e9ophraste, Dioscoride et Pline l&rsquo;Ancien. Elle est inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace de <strong>30 \u00e0 80 cm<\/strong> de hauteur, \u00e0 port buissonnant. La souche est un <strong>rhizome<\/strong> tra\u00e7ant \u00e9mettant de nombreuses tiges dress\u00e9es, quadrangulaires (caract\u00e8re typique des Lamiaceae), ramifi\u00e9es, pubescentes. Les feuilles sont <strong>oppos\u00e9es-d\u00e9cuss\u00e9es<\/strong>, p\u00e9tiol\u00e9es, ovales \u00e0 cordiformes, de 3 \u00e0 8 cm de long, \u00e0 marge cr\u00e9nel\u00e9e-dent\u00e9e, vert vif sur la face sup\u00e9rieure, plus p\u00e2le en dessous, couvertes de poils et de <strong>glandes s\u00e9cr\u00e9trices<\/strong> d&rsquo;huile essentielle visibles \u00e0 la loupe. Le froissement des feuilles d\u00e9gage une odeur fra\u00eeche et citronn\u00e9e tr\u00e8s caract\u00e9ristique. Les fleurs sont petites (8-12 mm), dispos\u00e9es en <strong>verticilles axillaires<\/strong> de 6 \u00e0 12 fleurs \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles sup\u00e9rieures. Le calice est tubuleux, bilabi\u00e9, \u00e0 13 nervures, pubescent et glanduleux. La corolle est bilabi\u00e9e, d&rsquo;abord <strong>blanche ou blanc-jaun\u00e2tre<\/strong>, devenant ros\u00e9e ou lilas p\u00e2le apr\u00e8s pollinisation. Les 4 \u00e9tamines sont didynames. Le fruit se compose de 4 <strong>nucules<\/strong> lisses enferm\u00e9es dans le calice persistant. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de juin \u00e0 septembre. L&rsquo;ensemble de la plante d\u00e9gage un parfum citronn\u00e9 qui s&rsquo;att\u00e9nue avec le s\u00e9chage et la floraison.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>La M\u00e9lisse officinale est originaire de l&rsquo;<strong>Est m\u00e9diterran\u00e9en<\/strong> et de l&rsquo;<strong>Asie occidentale<\/strong> (Turquie, Iran, Caucase). Elle s&rsquo;est naturalis\u00e9e dans toute l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et temp\u00e9r\u00e9e par la culture d\u00e8s l&rsquo;Antiquit\u00e9. En France, elle est subspontan\u00e9e dans le Midi, la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, le Sud-Ouest et localement ailleurs, dans les <strong>haies<\/strong>, les d\u00e9combres, les jardins abandonn\u00e9s, les lisi\u00e8res et les bords de chemins. Elle pr\u00e9f\u00e8re les situations <strong>abrit\u00e9es et chaudes<\/strong>, les pieds de murs et les terrains vagues ensoleill\u00e9s. \u00c0 l&rsquo;\u00e9tat v\u00e9ritablement sauvage, elle pousse dans les for\u00eats claires et les maquis de M\u00e9diterran\u00e9e orientale. Sa culture est tr\u00e8s r\u00e9pandue dans les jardins d&rsquo;herbes aromatiques, les jardins de cur\u00e9 et les exploitations de plantes m\u00e9dicinales. Les principaux pays producteurs sont la France (Dr\u00f4me, Ard\u00e8che), l&rsquo;Allemagne, la Bulgarie, la Roumanie et l&rsquo;\u00c9gypte.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>La M\u00e9lisse est une plante <strong>m\u00e9sophile<\/strong> \u00e0 tendance thermophile. Elle pr\u00e9f\u00e8re les situations ensoleill\u00e9es \u00e0 mi-ombrag\u00e9es, les sols frais, fertiles, humif\u00e8res, bien drain\u00e9s, \u00e0 pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement alcalin (6,5-8). Elle tol\u00e8re une ombre mod\u00e9r\u00e9e mais sa teneur en huile essentielle est maximale en plein soleil. Elle est <strong>rustique<\/strong> (zone 5, \u221220 \u00b0C) gr\u00e2ce \u00e0 son rhizome tra\u00e7ant qui survit m\u00eame si les parties a\u00e9riennes g\u00e8lent. Elle est sensible \u00e0 la s\u00e9cheresse prolong\u00e9e (fl\u00e9trissement des feuilles, r\u00e9duction de la teneur en essence) et aux sols d\u00e9tremp\u00e9s en hiver (pourriture de la souche). La M\u00e9lisse est une plante relativement <strong>gourmande<\/strong> en azote et en potassium, qui donne les meilleures r\u00e9coltes en sol riche. Son rhizome tra\u00e7ant peut la rendre l\u00e9g\u00e8rement envahissante au jardin, mais elle est beaucoup moins agressive que la menthe.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Vivace \u00e0 rhizome tra\u00e7ant, la M\u00e9lisse entre en dormance hivernale. Le red\u00e9marrage v\u00e9g\u00e9tatif intervient en mars-avril. La croissance est vigoureuse au printemps. La <strong>floraison<\/strong> d\u00e9bute en juin et se prolonge jusqu&rsquo;en septembre. Les fleurs sont tr\u00e8s mellif\u00e8res, visit\u00e9es massivement par les <strong>abeilles domestiques<\/strong> (<em>Apis mellifera<\/em>), les bourdons et les papillons. Le nom grec <em>melissa<\/em> et le nom latin <em>apiastrum<\/em> (de <em>apis<\/em>, abeille) t\u00e9moignent de cette relation privil\u00e9gi\u00e9e. La pollinisation est entomophile. Les nucules m\u00fbrissent d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 octobre et tombent par gravit\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 de la plante-m\u00e8re (<strong>barochorie<\/strong>). La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par expansion du rhizome est le principal mode de propagation. La plante se ress\u00e8me aussi spontan\u00e9ment dans les jardins. En culture, les feuilles sont r\u00e9colt\u00e9es juste avant la floraison, lorsque la teneur en huile essentielle est maximale. Deux \u00e0 trois coupes par an sont possibles. La long\u00e9vit\u00e9 du pied est de 5 \u00e0 8 ans en culture, davantage en conditions naturelles.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La M\u00e9lisse officinale poss\u00e8de un profil phytochimique d&rsquo;une grande richesse. L&rsquo;<strong>huile essentielle<\/strong> (rendement faible : 0,02-0,3 % de la masse fra\u00eeche) contient principalement des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> ald\u00e9hydiques : <strong>citral<\/strong> (m\u00e9lange de g\u00e9ranial et de n\u00e9ral, 40-70 % de l&rsquo;HE), <strong>citronellal<\/strong> (5-15 %), et des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a> (<strong>\u03b2-caryophyll\u00e8ne<\/strong>, <strong>germacr\u00e8ne D<\/strong>). Le citral est responsable de l&rsquo;odeur citronn\u00e9e caract\u00e9ristique et de nombreuses propri\u00e9t\u00e9s biologiques. Les feuilles sont riches en <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, notamment l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a><\/strong> (2-5 % de la mati\u00e8re s\u00e8che), puissant antioxydant et anti-inflammatoire caract\u00e9ristique des Lamiaceae, ainsi que l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> et l&rsquo;<strong>acide protocat\u00e9chique<\/strong>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> comprennent la <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, le <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et leurs glycosides. On y trouve des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (acides ursolique et ol\u00e9anolique), des <strong>tanins<\/strong> et des <strong>polysaccharides<\/strong> mucilagineux. L&rsquo;acide rosmarinique est consid\u00e9r\u00e9 comme le principal compos\u00e9 actif dans les pr\u00e9parations aqueuses (tisanes, extraits), tandis que le citral domine les propri\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;huile essentielle.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La M\u00e9lisse officinale est l&rsquo;une des <strong>plantes m\u00e9dicinales les mieux document\u00e9es<\/strong> de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, avec une tradition d&rsquo;usage continue depuis plus de 2 000 ans. Ses propri\u00e9t\u00e9s sont multiples et scientifiquement valid\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s s\u00e9datives et anxiolytiques :<\/strong> La M\u00e9lisse est traditionnellement prescrite pour le <strong>stress<\/strong>, l&rsquo;<strong>anxi\u00e9t\u00e9 l\u00e9g\u00e8re<\/strong>, la <strong>nervosit\u00e9<\/strong> et les <strong>troubles du sommeil<\/strong>. Des essais cliniques randomis\u00e9s ont confirm\u00e9 un effet anxiolytique mod\u00e9r\u00e9 de l&rsquo;extrait de m\u00e9lisse, avec am\u00e9lioration de l&rsquo;humeur et de la capacit\u00e9 de concentration. L&rsquo;association M\u00e9lisse-Val\u00e9riane est classique en phytoth\u00e9rapie du sommeil.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s digestives :<\/strong> La M\u00e9lisse est un <strong>carminatif<\/strong> et <strong>antispasmodique digestif<\/strong> reconnu. Elle soulage les ballonnements, les flatulences, les crampes abdominales et les naus\u00e9es. L&rsquo;usage traditionnel de la m\u00e9lisse est reconnu pour le \u00ab soulagement symptomatique des troubles digestifs l\u00e9gers, y compris les ballonnements et les flatulences \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s antivirales :<\/strong> L&rsquo;acide rosmarinique et les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> de la m\u00e9lisse poss\u00e8dent une activit\u00e9 antivirale d\u00e9montr\u00e9e contre le virus de l&rsquo;<strong>herp\u00e8s simplex<\/strong> (HSV-1 et HSV-2). Des cr\u00e8mes \u00e0 base d&rsquo;extrait de m\u00e9lisse (Lomaherpan\u00ae) sont commercialis\u00e9es en Allemagne pour le traitement des boutons de fi\u00e8vre, avec une efficacit\u00e9 prouv\u00e9e en essais cliniques.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s thyro\u00efdiennes :<\/strong> L&rsquo;acide rosmarinique inhibe la liaison de la TSH \u00e0 son r\u00e9cepteur, conf\u00e9rant \u00e0 la M\u00e9lisse un effet <strong>antithyro\u00efdien<\/strong> l\u00e9ger. Ce m\u00e9canisme justifie l&rsquo;usage traditionnel contre les palpitations d&rsquo;origine thyro\u00efdienne, mais impose aussi une <strong>prudence<\/strong> chez les patients hypothyro\u00efdiens.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s cognitives :<\/strong> Des \u00e9tudes r\u00e9centes montrent que l&rsquo;extrait de m\u00e9lisse peut am\u00e9liorer les <strong>fonctions cognitives<\/strong> (m\u00e9moire, attention) et r\u00e9duire l&rsquo;agitation chez les patients atteints de maladie d&rsquo;<strong>Alzheimer<\/strong> l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e, probablement par inhibition de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase et action antioxydante.<\/p>\n<p>Les formes gal\u00e9niques sont nombreuses : infusion de feuilles (2-3 g pour 150 ml, 2-3 fois\/jour), teinture-m\u00e8re, extrait sec, huile essentielle (usage externe), hydrolat et g\u00e9lules d&rsquo;extrait standardis\u00e9. L&rsquo;<strong>Eau de m\u00e9lisse des Carmes<\/strong>, pr\u00e9paration alcoolique aromatique cr\u00e9\u00e9e en 1611 par les Carmes d\u00e9chauss\u00e9s de Paris, reste commercialis\u00e9e pour les troubles digestifs et nerveux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9<\/h3>\n<p>La M\u00e9lisse officinale est <strong>tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9e<\/strong> et consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus s\u00fbres. Aucune toxicit\u00e9 significative n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e aux doses recommand\u00e9es. L&rsquo;huile essentielle pure, tr\u00e8s concentr\u00e9e, peut \u00eatre irritante pour la peau et les muqueuses et ne doit pas \u00eatre ing\u00e9r\u00e9e sans dilution. Des <strong>pr\u00e9cautions<\/strong> sont recommand\u00e9es chez les personnes souffrant d&rsquo;<strong>hypothyro\u00efdie<\/strong> (risque d&rsquo;aggravation par l&rsquo;effet anti-TSH) et chez celles prenant des <strong>s\u00e9datifs<\/strong> ou des <strong>barbituriques<\/strong> (risque d&rsquo;additivit\u00e9). L&rsquo;usage pendant la grossesse est consid\u00e9r\u00e9 comme s\u00fbr aux doses alimentaires courantes, mais les doses th\u00e9rapeutiques \u00e9lev\u00e9es sont d\u00e9conseill\u00e9es par pr\u00e9caution. Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse majeure n&rsquo;est document\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">Acide rosmarinique<\/a><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>S\u00e9datif, antioxydant, antiviral<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Citral, citronellal, g\u00e9raniol<\/td>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>S\u00e9datifs, digestifs, antiviraux<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La M\u00e9lisse est une <strong>herbe aromatique<\/strong> polyvalente en cuisine. Les feuilles fra\u00eeches, \u00e0 saveur citronn\u00e9e d\u00e9licate, parfument les <strong>salades<\/strong>, les soupes froides, les sauces, les poissons, les volailles, les desserts et les boissons. Elle aromatise les th\u00e9s glac\u00e9s, les cocktails (mojito \u00e0 la m\u00e9lisse), les limonades et les sirops. Elle entre dans la composition de liqueurs traditionnelles : la <strong>B\u00e9n\u00e9dictine<\/strong>, la <strong>Chartreuse<\/strong> et l&rsquo;<strong>Eau de m\u00e9lisse des Carmes<\/strong>. En confiserie, elle parfume les sorbets, les cr\u00e8mes et les p\u00e2tisseries. Les feuilles se pr\u00eatent mal au s\u00e9chage (perte de l&rsquo;ar\u00f4me citronn\u00e9), d&rsquo;o\u00f9 la pr\u00e9f\u00e9rence pour l&rsquo;utilisation fra\u00eeche ou la cong\u00e9lation. En infusion, la tisane de m\u00e9lisse est l&rsquo;une des plus populaires d&rsquo;Europe, appr\u00e9ci\u00e9e pour son go\u00fbt doux et citronn\u00e9 et ses vertus relaxantes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>La M\u00e9lisse est une plante de culture extr\u00eamement facile, incontournable au jardin d&rsquo;herbes aromatiques. Le semis se fait en mars-avril sous abri (germination lente, 2-4 semaines) ou directement en place en mai. La division de touffe au printemps ou en automne est la m\u00e9thode la plus rapide. Le bouturage de tige est \u00e9galement ais\u00e9. La plantation se fait en sol ordinaire, frais, au soleil ou \u00e0 mi-ombre, \u00e0 30-40 cm d&rsquo;espacement. La plante n\u00e9cessite un arrosage r\u00e9gulier la premi\u00e8re ann\u00e9e. Un apport de compost au printemps am\u00e9liore la production. La <strong>taille r\u00e9guli\u00e8re<\/strong> est indispensable : rabattre les tiges fleuries stimule la production de feuilles fra\u00eeches et prolonge la saison de r\u00e9colte. Deux \u00e0 trois coupes sont possibles entre juin et octobre. En fin de saison, rabattre \u00e0 10 cm du sol avant l&rsquo;hiver. Le rhizome tra\u00e7ant peut \u00eatre contenu par une bordure enterr\u00e9e si n\u00e9cessaire. La M\u00e9lisse est r\u00e9sistante aux maladies ; les pucerons peuvent coloniser les jeunes pousses. Les limaces appr\u00e9cient les jeunes plants. La culture en pot est parfaitement possible, sur un balcon ou un rebord de fen\u00eatre ensoleill\u00e9. Il existe des cultivars ornementaux \u00e0 feuillage dor\u00e9 (&lsquo;Aurea&rsquo;, &lsquo;All Gold&rsquo;) ou panach\u00e9 (&lsquo;Variegata&rsquo;).<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9tat subspontan\u00e9, la M\u00e9lisse s&rsquo;int\u00e8gre dans les <strong>friches nitrophiles thermophiles<\/strong> des pieds de murs et des jardins abandonn\u00e9s, avec l&rsquo;Ortie (<em>Urtica dioica<\/em>), le Ch\u00e9nopode blanc (<em>Chenopodium album<\/em>), le Lamier blanc (<em>Lamium album<\/em>) et la Ballote noire (<em>Ballota nigra<\/em>). Au jardin aromatique, elle voisine harmonieusement avec la Menthe, le Thym, le Romarin, la Sauge, la Ciboulette et le Persil. En association au potager, elle est r\u00e9put\u00e9e \u00e9loigner certains insectes nuisibles gr\u00e2ce \u00e0 son parfum citronn\u00e9 et attirer les pollinisateurs b\u00e9n\u00e9fiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>La M\u00e9lisse officinale est une <strong>plante mellif\u00e8re exceptionnelle<\/strong>. Sa floraison prolong\u00e9e (juin-septembre) produit un nectar abondant, tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 des abeilles domestiques. Les apiculteurs l&rsquo;utilisent traditionnellement pour attirer les essaims : des feuilles de m\u00e9lisse frott\u00e9es \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une ruche vide attirent les abeilles (les compos\u00e9s volatils de la m\u00e9lisse miment en partie les ph\u00e9romones de la reine). Le miel de m\u00e9lisse est rare mais tr\u00e8s fin, clair et d\u00e9licat. La plante attire aussi les bourdons, les syrphes, les papillons et les abeilles solitaires. En tant que plante vivace formant des touffes denses, elle participe \u00e0 la couverture du sol et offre un habitat aux invert\u00e9br\u00e9s du jardin. Sa culture sans pesticide et son attractivit\u00e9 pour les pollinisateurs en font un alli\u00e9 de l&rsquo;<strong>agro\u00e9cologie<\/strong> et du jardinage naturel.<\/p>\n<hr>\n<h3>Folklore et symbolisme<\/h3>\n<p>La M\u00e9lisse est charg\u00e9e d&rsquo;une symbolique positive. Dans l&rsquo;Antiquit\u00e9, elle \u00e9tait consacr\u00e9e \u00e0 la d\u00e9esse <strong>Art\u00e9mis-Diane<\/strong> et associ\u00e9e \u00e0 la gu\u00e9rison et \u00e0 la protection. <strong>Paracelse<\/strong> (1493-1541) la qualifiait d&rsquo;\u00ab \u00e9lixir de vie \u00bb et consid\u00e9rait la m\u00e9lisse comme capable de \u00ab renouveler compl\u00e8tement l&rsquo;homme \u00bb. <strong>Avicenne<\/strong> (980-1037) la recommandait pour \u00ab rendre le c\u0153ur joyeux et renforcer les esprits vitaux \u00bb. L&rsquo;Eau de m\u00e9lisse des Carmes Boyer, cr\u00e9\u00e9e en 1611, fut la premi\u00e8re sp\u00e9cialit\u00e9 pharmaceutique de France et resta un rem\u00e8de populaire contre les \u00ab vapeurs \u00bb, les \u00e9vanouissements et les troubles nerveux jusqu&rsquo;au XXe si\u00e8cle. Le roi <strong>Charles V<\/strong> en faisait planter dans les jardins royaux. En langage des fleurs, la m\u00e9lisse symbolise la <strong>sympathie<\/strong>, la <strong>joie de vivre<\/strong> et le <strong>r\u00e9confort<\/strong>. Dans la tradition apicole, elle est la \u00ab plante des abeilles \u00bb par excellence, et son lien avec le monde des abeilles lui conf\u00e8re une dimension sacr\u00e9e dans de nombreuses cultures m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>Les feuilles de M\u00e9lisse peuvent \u00eatre confondues avec celles de plusieurs Lamiaceae : l&rsquo;<strong>Ortie blanche<\/strong> (<em>Lamium album<\/em>), qui ne d\u00e9gage pas d&rsquo;odeur citronn\u00e9e ; la <strong>Cataire<\/strong> (<em>Nepeta cataria<\/em>), dont l&rsquo;odeur est plus menthol\u00e9e et qui a des feuilles gris\u00e2tres ; la <strong>M\u00e9litte \u00e0 feuilles de m\u00e9lisse<\/strong> (<em>Melittis melissophyllum<\/em>), foresti\u00e8re, \u00e0 grandes fleurs bicolores ; le <strong>Marrube blanc<\/strong> (<em>Marrubium vulgare<\/em>), \u00e0 feuilles plus rugueuses et blanch\u00e2tres. Le crit\u00e8re le plus fiable est l&rsquo;<strong>odeur citronn\u00e9e<\/strong> caract\u00e9ristique d\u00e9gag\u00e9e par le froissement des feuilles, unique \u00e0 la M\u00e9lisse dans la flore europ\u00e9enne. Attention : la \u00ab citronnelle \u00bb tropicale (<em>Cymbopogon citratus<\/em>) est une Gramin\u00e9e sans rapport avec la M\u00e9lisse.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>M\u00c9LISSE OFFICINALE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Melissa%20officinalis\">Plants of the World Online, Kew : <em>Melissa officinalis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Melissa+officinalis\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Melissa officinalis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> S\u00e9datif \/ anxiolytique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Digestif \/ antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antiviral (herp\u00e8s, externe)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Melissa officinalisK\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887 La M\u00e9lisse officinale (Melissa officinalis L.) est une plante herbac\u00e9e vivace de la famille des Lamiaceae (Labiac\u00e9es). 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