{"id":10696,"date":"2026-05-03T21:36:08","date_gmt":"2026-05-03T19:36:08","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/03\/quinquina\/"},"modified":"2026-06-24T17:12:41","modified_gmt":"2026-06-24T15:12:41","slug":"quinquina","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/03\/quinquina\/","title":{"rendered":"QUINQUINA"},"content":{"rendered":"<p><em>Cinchona officinalis<\/em> L., <em>C. calisaya<\/em> Wedd., <em>C. pubescens<\/em> Vahl, <em>C. ledgeriana<\/em> Moens ex Trimen<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Rubiaceae \u2014 sous-famille : Cinchonoideae, tribu : Cinchoneae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> quinquina, quina, \u00e9corce des j\u00e9suites, \u00e9corce du P\u00e9rou, fever tree (anglais), Chinarinde (allemand), kina-kina (quechua).<\/p>\n<p>Le quinquina est sans doute la plante m\u00e9dicinale qui a le plus profond\u00e9ment marqu\u00e9 l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9 apr\u00e8s l&rsquo;opium. Arbre originaire des for\u00eats humides d&rsquo;altitude des Andes orientales (P\u00e9rou, Bolivie, \u00c9quateur, Colombie), connu des Incas pour ses vertus f\u00e9brifuges, son \u00e9corce a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Europe par les j\u00e9suites espagnols dans les ann\u00e9es 1630-1640 (d&rsquo;o\u00f9 le surnom \u00ab \u00e9corce des j\u00e9suites \u00bb). Pendant trois si\u00e8cles, elle a constitu\u00e9 l&rsquo;unique traitement efficace du paludisme \u2014 maladie qui, jusqu&rsquo;au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, d\u00e9vastait l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale, le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, et toutes les colonies tropicales. La quinine, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a> principal isol\u00e9 en 1820 par les pharmaciens fran\u00e7ais Pelletier et Caventou, a \u00e9t\u00e9 le premier alcalo\u00efde antipalud\u00e9en identifi\u00e9 et a ouvert l&rsquo;\u00e8re de la pharmacologie moderne. Aujourd&rsquo;hui, le quinquina conserve un usage m\u00e9dicinal mineur (ap\u00e9ritifs amers, traitement de second rang du paludisme \u00e0 <em>Plasmodium<\/em> chloroquino-r\u00e9sistant) mais reste une plante d&rsquo;importance culturelle et historique majeure.<\/p>\n<hr>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<h3>Syst\u00e9matique et taxonomie<\/h3>\n<p>Le genre <em>Cinchona<\/em> regroupe une trentaine d&rsquo;esp\u00e8ces sud-am\u00e9ricaines, dont quatre principales sont m\u00e9dicinalement importantes :<\/p>\n<ul>\n<li><em>C. officinalis<\/em> L. \u2014 quinquina officinal (esp\u00e8ce-type, mais pas la plus riche en quinine) ;<\/li>\n<li><em>C. calisaya<\/em> Wedd. \u2014 quinquina jaune calisaya ;<\/li>\n<li><em>C. pubescens<\/em> Vahl \u2014 quinquina rouge ;<\/li>\n<li><em>C. ledgeriana<\/em> \u2014 s\u00e9lection horticole \u00e0 tr\u00e8s haute teneur en quinine (jusqu&rsquo;\u00e0 13 %), cultiv\u00e9e intensivement \u00e0 Java sous l&rsquo;occupation n\u00e9erlandaise au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, qui a fourni la majorit\u00e9 de la quinine mondiale jusqu&rsquo;\u00e0 1942.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Cinchona<\/em> est un nom d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Francisca Henriques de Ribera, 4<sup>e<\/sup> comtesse de Chinch\u00f3n, vice-reine du P\u00e9rou, qui aurait \u00e9t\u00e9 gu\u00e9rie d&rsquo;une forte fi\u00e8vre par l&rsquo;\u00e9corce en 1638 (l\u00e9gende controvers\u00e9e historiquement, l&rsquo;\u00e9pisode \u00e9tant probablement apocryphe). Linn\u00e9 a involontairement laiss\u00e9 tomber un \u00ab h \u00bb en 1742 dans la d\u00e9nomination scientifique. <em>Quinquina<\/em> ou <em>kina-kina<\/em> est le nom quechua du rem\u00e8de (\u00ab \u00e9corce des \u00e9corces \u00bb) rapport\u00e9 par les premiers chroniqueurs espagnols.<\/p>\n<h3>Description morphologique<\/h3>\n<p>Arbre tropical de 8 \u00e0 25 m, \u00e0 tronc droit et houppier dense pyramidal, \u00e0 \u00e9corce brun rouge\u00e2tre rugueuse. Les feuilles sont oppos\u00e9es (caract\u00e8re Rubiac\u00e9e), enti\u00e8res, ovales-elliptiques, glabres ou pubescentes (5-30 cm selon l&rsquo;esp\u00e8ce), \u00e0 stipules interp\u00e9tiolaires caract\u00e9ristiques. Les fleurs, en panicules terminales, sont blanches, roses ou pourpres, tubulaires-campanul\u00e9es, de 1 \u00e0 2 cm, parfum\u00e9es, \u00e0 5 lobes \u00e9tal\u00e9s bord\u00e9s de poils blanch\u00e2tres. Le fruit est une capsule oblongue stri\u00e9e de 1-3 cm, d\u00e9hiscente \u00e0 maturit\u00e9, lib\u00e9rant de petites graines ail\u00e9es dispers\u00e9es par le vent.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Originaire des for\u00eats humides d&rsquo;altitude (1 500 \u00e0 3 000 m) des versants orientaux des Andes, du Venezuela \u00e0 la Bolivie, avec un centre de diversit\u00e9 au P\u00e9rou et en Bolivie. La r\u00e9colte sauvage massive des XVII<sup>e<\/sup>-XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles a quasiment \u00e9radiqu\u00e9 les populations natives. La culture commerciale a commenc\u00e9 dans les colonies europ\u00e9ennes : \u00e0 Java par les N\u00e9erlandais (\u00e0 partir de graines vol\u00e9es par Charles Ledger en 1865), au Sri Lanka par les Britanniques, en Inde, \u00e0 Madagascar par les Fran\u00e7ais. Au moment de l&rsquo;invasion japonaise de Java en 1942, les cultures n\u00e9erlandaises produisaient 95 % de la quinine mondiale \u2014 un \u00e9v\u00e9nement g\u00e9opolitique majeur qui a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 le d\u00e9veloppement des antipalud\u00e9ens synth\u00e9tiques (chloroquine, m\u00e9floquine).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>\u00c9corce (de tige et de racine)<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019\u00e9corce, riche en alcalo\u00efdes quinol\u00e9iques (quinine, quinidine), est la drogue historique du quinquina.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9corce des branches et du tronc renferme des alcalo\u00efdes quinol\u00e9iques caract\u00e9ristiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Alcalo\u00efdes principaux :<\/strong>\n<ul>\n<li><em>Quinine<\/em> : 4 \u00e0 7 % (jusqu&rsquo;\u00e0 13 % dans <em>C. ledgeriana<\/em>) \u2014 alcalo\u00efde majoritaire et marqueur antipalud\u00e9en ;<\/li>\n<li><em>Quinidine<\/em> : 0,1 \u00e0 1 % \u2014 diast\u00e9r\u00e9oisom\u00e8re de la quinine, \u00e0 activit\u00e9 antiarythmique cardiaque (cardiologie classique) ;<\/li>\n<li><em>Cinchonine<\/em> et <em>cinchonidine<\/em> : 0,5 \u00e0 2 % chacune \u2014 analogues moins actifs ;<\/li>\n<li>Au total ~ 25 alcalo\u00efdes d\u00e9riv\u00e9s du squelette quinol\u00e9ine-quinuclidine, r\u00e9partis en 4 paires diast\u00e9r\u00e9oisom\u00e8res principales.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>Tanins :<\/strong> 5 \u00e0 10 % \u2014 tanins galliques et cat\u00e9chiques, responsables de la teinte rouge des \u00e9corces et de l&rsquo;astringence prononc\u00e9e ;<\/li>\n<li><strong>Glycosides triterp\u00e9niques :<\/strong> quinovine, quinic-acide ;<\/li>\n<li><strong>Acide quinovique, acide cinchotannique ;<\/strong><\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">Polyph\u00e9nols<\/a>, flavono\u00efdes ;<\/strong><\/li>\n<li><strong>Pigments :<\/strong> rouge cinchonique, jaune cinchonique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne d\u00e9finit l&rsquo;\u00e9corce officinale par sa teneur minimale en alcalo\u00efdes totaux (\u2265 6,5 %) et en quinine (\u2265 30 % des alcalo\u00efdes totaux).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Antipalud\u00e9en :<\/strong> la quinine inhibe la polym\u00e9risation de l&rsquo;h\u00e8me par le parasite (<em>Plasmodium<\/em>), entra\u00eenant l&rsquo;accumulation de ferriprotoporphyrine IX toxique dans la vacuole digestive du parasite, qui meurt. Action principalement schizonticide sur les formes \u00e9rythrocytaires de <em>P. falciparum<\/em>, <em>P. vivax<\/em>, <em>P. ovale<\/em>, <em>P. malariae<\/em>. Aujourd&rsquo;hui, la quinine est r\u00e9serv\u00e9e aux paludismes graves (r\u00e9serv\u00e9e aux centres hospitaliers, voie intraveineuse) et aux paludismes \u00e0 <em>P. falciparum<\/em> chloroquino-r\u00e9sistant en compl\u00e9ment des d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;art\u00e9misinine.<\/p>\n<p><strong>Antiarythmique cardiaque (quinidine) :<\/strong> la quinidine bloque les canaux sodiques cardiaques (classe Ia de Vaughan-Williams), prolonge le potentiel d&rsquo;action et la p\u00e9riode r\u00e9fractaire effective. Indication classique dans les arythmies supraventriculaires (fibrillation auriculaire, flutter), r\u00e9serv\u00e9e aujourd&rsquo;hui aux services sp\u00e9cialis\u00e9s en raison de sa fen\u00eatre th\u00e9rapeutique \u00e9troite.<\/p>\n<p><strong>Ap\u00e9ritif amer (eupeptique) :<\/strong> les alcalo\u00efdes et tanins de l&rsquo;\u00e9corce sont des amers stimulant les s\u00e9cr\u00e9tions salivaire, gastrique et biliaire \u2014 base traditionnelle des \u00ab vins toniques au quinquina \u00bb, des amers et des ap\u00e9ritifs (Dubonnet, Quina, Saint-Rapha\u00ebl, Mariani).<\/p>\n<p><strong>Astringent et antidiarrh\u00e9ique :<\/strong> les tanins exercent une action astringente classique sur les muqueuses digestives.<\/p>\n<p><strong>F\u00e9brifuge :<\/strong> action antipyr\u00e9tique modeste de la quinine, ind\u00e9pendante de son activit\u00e9 antipalud\u00e9enne \u2014 m\u00e9canisme partiellement clarifi\u00e9 (action centrale sur le centre de la thermor\u00e9gulation).<\/p>\n<p><strong>Tonique g\u00e9n\u00e9ral :<\/strong> usage traditionnel post-f\u00e9brile, en convalescence, dans les \u00e9tats d&rsquo;asth\u00e9nie chronique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>NB : la quinine et la quinidine isol\u00e9es sont des m\u00e9dicaments \u00e0 prescription hospitali\u00e8re. Cette section d\u00e9crit l&rsquo;usage traditionnel des pr\u00e9parations \u00e0 base d&rsquo;\u00e9corce.<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Anorexie, dyspepsie, troubles de la digestion :<\/strong> ap\u00e9ritifs amers traditionnels, vins toniques ;<\/li>\n<li><strong>Asth\u00e9nie de convalescence :<\/strong> indication classique ;<\/li>\n<li><strong>Paludismes (r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la m\u00e9decine hospitali\u00e8re) :<\/strong> quinine en injection IV pour les formes graves ;<\/li>\n<li><strong>Crampes nocturnes des membres inf\u00e9rieurs :<\/strong> quinine sulfate, traitement classique souvent rapport\u00e9 efficace mais devenu controvers\u00e9 en raison du rapport b\u00e9n\u00e9fice-risque (quelques cas d&rsquo;effets graves) ;<\/li>\n<li><strong>Bab\u00e9siose :<\/strong> association quinine + clindamycine.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Quinine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efde<\/a> quinol\u00e9ique<\/td>\n<td>F\u00e9brifuge, antipaludique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Quinidine<\/td>\n<td>Alcalo\u00efde quinol\u00e9ique<\/td>\n<td>Antiarythmique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cinchonine, cinchonidine<\/td>\n<td>Alcalo\u00efdes<\/td>\n<td>F\u00e9brifuges<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins, acide quinovique<\/td>\n<td>Tanins \/ triterp\u00e8nes<\/td>\n<td>Amers, astringents<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Vin de quinquina :<\/strong> 30 \u00e0 60 g d&rsquo;\u00e9corce dans 1 L de vin rouge, mac\u00e9ration 10 jours \u2014 1 petit verre 3 fois par jour avant les repas ;<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce :<\/strong> 5-10 g d&rsquo;\u00e9corce dans 500 mL d&rsquo;eau, d\u00e9part \u00e0 froid, fr\u00e9missement 15 min \u2014 100-150 mL 2 \u00e0 3 fois par jour avant les repas ;<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re (TM 1:5, alcool 70 %) :<\/strong> 20 \u00e0 40 gouttes 3 fois par jour ;<\/li>\n<li><strong>Extrait sec (g\u00e9lules) :<\/strong> 200-400 mg 2 \u00e0 3 fois par jour ;<\/li>\n<li><strong>Ap\u00e9ritifs commerciaux :<\/strong> \u00e0 dose mod\u00e9r\u00e9e (\u2264 2 verres\/jour).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Allergie \u00e0 la quinine ou aux Cinchona :<\/strong> contre-indication absolue.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9ficit en G6PD :<\/strong> contre-indication \u2014 risque d&rsquo;h\u00e9molyse s\u00e9v\u00e8re (r\u00e9action caract\u00e9ristique des antipalud\u00e9ens).<\/p>\n<p><strong>Cinchonisme :<\/strong> \u00e0 hautes doses, syndrome caract\u00e9ristique : acouph\u00e8nes, baisse de l&rsquo;audition (cochl\u00e9otoxicit\u00e9), c\u00e9phal\u00e9es, naus\u00e9es, vertiges, troubles visuels, confusion. R\u00e9versible \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat.<\/p>\n<p><strong>Grossesse :<\/strong> contre-indication relative \u2014 risque de toxicit\u00e9 f\u0153tale (atteintes auditives), sauf paludisme grave o\u00f9 le b\u00e9n\u00e9fice maternel l&#8217;emporte.<\/p>\n<p><strong>Allaitement :<\/strong> contre-indication chez le nourrisson de moins d&rsquo;un mois (passage lact\u00e9).<\/p>\n<p><strong>Bloc auriculo-ventriculaire, arythmies pr\u00e9existantes :<\/strong> contre-indication (la quinidine peut aggraver).<\/p>\n<p><strong>Thrombocytop\u00e9nie immune \u00e0 la quinine :<\/strong> contre-indication absolue (risque de r\u00e9cidive s\u00e9v\u00e8re).<\/p>\n<p><strong>Interactions :<\/strong> quinine et quinidine ont de tr\u00e8s nombreuses interactions m\u00e9dicamenteuses (digitaliques, anticoagulants, antiarythmiques). Les ap\u00e9ritifs amers \u00e0 doses \u00ab plaisir \u00bb ne posent pas de probl\u00e8me significatif.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Connue des Incas pour traiter les fi\u00e8vres (\u00ab corteza de las calenturas \u00bb), l&rsquo;\u00e9corce a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e aux Europ\u00e9ens par les j\u00e9suites espagnols \u00e0 Lima dans les ann\u00e9es 1630, puis export\u00e9e en Espagne (~ 1640). Le \u00ab cardinal de Lugo \u00bb la diffuse \u00e0 Rome ; les j\u00e9suites italiens en font le \u00ab pulvis comitissae \u00bb (poudre de la comtesse, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la comtesse de Chinch\u00f3n). En France, la \u00ab poudre des j\u00e9suites \u00bb est introduite par Honor\u00e9 Fabri (~ 1650) puis vulgaris\u00e9e par Robert Talbor \u2014 qui gu\u00e9rit Charles II d&rsquo;Angleterre puis Louis XIV \u2014 et devient un \u00ab rem\u00e8de secret \u00bb \u00e0 grand prix. La pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne l&rsquo;inscrit au d\u00e9but du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Pelletier et Caventou isolent la quinine pure en 1820, prix de l&rsquo;Acad\u00e9mie des sciences. Au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l&rsquo;industrialisation n\u00e9erlandaise \u00e0 Java et britannique en Inde transforme le quinquina en commodit\u00e9 de l&#8217;empire colonial. La quinine reste l&rsquo;unique antipalud\u00e9en disponible jusqu&rsquo;\u00e0 la synth\u00e8se de la chloroquine en 1934. Le d\u00e9clin commence avec l&rsquo;av\u00e8nement des antipalud\u00e9ens de synth\u00e8se au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, mais la r\u00e9surgence de la chloroquino-r\u00e9sistance dans les ann\u00e9es 1960 a maintenu un r\u00f4le de la quinine dans la strat\u00e9gie th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le quinquina est une \u00e9corce historique majeure : sa quinine fut le premier antipaludique efficace et sa quinidine reste un antiarythmique de r\u00e9f\u00e9rence. Son amertume en fait aussi un tonique ap\u00e9ritif, mais sa richesse en alcalo\u00efdes impose des pr\u00e9cautions.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ol>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, monographie : <em>Cinchonae cortex<\/em>.<\/li>\n<li>Bruneton J. (2009). <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 4<sup>e<\/sup> \u00e9d., Tec &amp; Doc, Paris.<\/li>\n<li>Achan J., Talisuna A. O., Erhart A., Yeka A., Tibenderana J. K., Baliraine F. N., Rosenthal P. J., D&rsquo;Alessandro U. (2011). Quinine, an old anti-malarial drug in a modern world : role in the treatment of malaria. <em>Malaria Journal<\/em>, 10, 144.<\/li>\n<li>Greenwood D. (1992). The quinine connection. <em>Journal of Antimicrobial Chemotherapy<\/em>, 30(4), 417-427.<\/li>\n<li>Kaufman T. S., R\u00faveda E. A. (2005). The quest for quinine : those who won the battles and those who won the war. <em>Angewandte Chemie International Edition<\/em>, 44(6), 854-885.<\/li>\n<li>Honigsbaum M. (2001). <em>The Fever Trail : in search of the cure for malaria<\/em>. Pan Books, London.<\/li>\n<li>Pelletier P. J., Caventou J. B. (1820). Recherches chimiques sur les quinquinas. <em>Annales de Chimie et de Physique<\/em>, 15, 289-318.<\/li>\n<\/ol>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge \/ antipaludique (quinine)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Tonique amer \/ ap\u00e9ritif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiarythmique (quinidine)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cinchona officinalis L., C. calisaya Wedd., C. pubescens Vahl, C. ledgeriana Moens ex Trimen Famille : Rubiaceae \u2014 sous-famille : Cinchonoideae, tribu : Cinchoneae. 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