{"id":1070,"date":"2026-03-26T11:34:55","date_gmt":"2026-03-26T10:34:55","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sauge-des-pres\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:37","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:37","slug":"sauge-des-pres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sauge-des-pres\/","title":{"rendered":"SAUGE DES PR\u00c9S"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Sauge%20des%20pr%C3%A9s.jpg\" alt=\"Planche botanique SAUGE DES PR\u00c9S\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La sauge des pr\u00e9s est l&rsquo;une des fleurs sauvages les plus spectaculaires de la flore europ\u00e9enne. Ses grands \u00e9pis de fleurs bleu-violet intense, dress\u00e9s au-dessus des prairies s\u00e8ches de mai \u00e0 juillet, attirent le regard autant que les pollinisateurs \u2014 car cette sauge poss\u00e8de l&rsquo;un des m\u00e9canismes de pollinisation les plus ing\u00e9nieux du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal : un syst\u00e8me de levier qui bascule les \u00e9tamines sur le dos des bourdons visiteurs. Ce dispositif m\u00e9canique, \u00e9tudi\u00e9 depuis Darwin, est un mod\u00e8le classique de co\u00e9volution plante-pollinisateur.<\/p>\n<p>Sur le plan pharmacognosique, la sauge des pr\u00e9s est moins \u00e9tudi\u00e9e que sa cousine officinale (<em>Salvia officinalis<\/em>), mais elle partage avec le genre <em>Salvia<\/em> une phytochimie riche en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a>, flavono\u00efdes et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a> qui lui conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires document\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Lamiaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Salvia<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Salvia pratensis<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Sauge des pr\u00e9s, Sauge commune, Sauge sauvage, Toute-bonne.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Salvia<\/em> du latin <em>salvare<\/em> (\u00ab sauver, gu\u00e9rir \u00bb) \u2014 le genre entier porte dans son nom la promesse th\u00e9rapeutique qui accompagne les sauges depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. <em>pratensis<\/em> (\u00ab des pr\u00e9s \u00bb) d\u00e9signe son habitat prairial. Le nom populaire \u00ab toute-bonne \u00bb souligne la r\u00e9putation curative attribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ensemble des sauges.<\/p>\n<p>Le genre <em>Salvia<\/em>, avec environ 1000 esp\u00e8ces, est le plus vaste des Lamiac\u00e9es. La sauge des pr\u00e9s appartient \u00e0 la section <em>Plethiosphace<\/em>, qui regroupe les sauges europ\u00e9ennes \u00e0 calice non glanduleux.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace de 30 \u00e0 80 cm, \u00e0 souche \u00e9paisse et profonde. Le port est caract\u00e9ristique : une rosette basale de grandes feuilles cr\u00e9nel\u00e9es surmont\u00e9e d&rsquo;une ou plusieurs hampes florales dress\u00e9es et peu ramifi\u00e9es, portant les imposants \u00e9pis bleu-violet.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> dress\u00e9es, quadrangulaires, robustes, simples ou peu ramifi\u00e9es, pubescentes-glanduleuses (poils s\u00e9cr\u00e9teurs visqueux sur les parties hautes), vertes \u00e0 rouge\u00e2tres.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> dimorphisme marqu\u00e9 entre feuilles basales et caulinaires. Les <strong>feuilles basales<\/strong> sont grandes (10-15 cm), longuement p\u00e9tiol\u00e9es, ovales-oblongues, cr\u00e9nel\u00e9es, \u00e0 surface rugueuse et gaufr\u00e9e, vert fonc\u00e9. Les <strong>feuilles caulinaires<\/strong> sont beaucoup plus petites, sessiles, embrassantes, progressivement r\u00e9duites vers le sommet. L&rsquo;ar\u00f4me au froissement est herbac\u00e9, l\u00e9g\u00e8rement musqu\u00e9 \u2014 moins prononc\u00e9 que celui de <em>S. officinalis<\/em>.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur \u2014 le m\u00e9canisme de levier<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> \u00e9pi terminal allong\u00e9 (20-40 cm), form\u00e9 de verticilles de 4 \u00e0 6 fleurs, espac\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> grande (20-25 mm), bleu-violet intense (rarement rose ou blanche). La corolle est nettement bilabi\u00e9e : la l\u00e8vre sup\u00e9rieure, en casque falciforme, abrite les deux \u00e9tamines et le style ; la l\u00e8vre inf\u00e9rieure est trilob\u00e9e et sert de plate-forme d&rsquo;atterrissage.<\/p>\n<p><strong>M\u00e9canisme de pollinisation :<\/strong> les deux \u00e9tamines sont modifi\u00e9es en un syst\u00e8me de levier unique. Chaque \u00e9tamine poss\u00e8de un connectif allong\u00e9 qui pivote autour de son point d&rsquo;insertion sur le filet. Lorsqu&rsquo;un bourdon p\u00e9n\u00e8tre dans la fleur pour acc\u00e9der au nectar profond, il pousse le bras inf\u00e9rieur st\u00e9rile du levier, ce qui fait basculer le bras sup\u00e9rieur fertile (portant l&rsquo;anth\u00e8re) sur le dos de l&rsquo;insecte, y d\u00e9posant le pollen. \u00c0 la fleur suivante, le stigmate, plus long que les \u00e9tamines, r\u00e9colte le pollen transport\u00e9. Ce m\u00e9canisme assure une pollinisation crois\u00e9e efficace et constitue l&rsquo;un des exemples les plus \u00e9l\u00e9gants de co\u00e9volution plante-insecte.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> t\u00e9trak\u00e8ne \u00e0 nucules ovo\u00efdes, lisses, brun fonc\u00e9, mucilagineux lorsque mouill\u00e9s (myxospermie favorisant l&rsquo;adh\u00e9rence au sol).<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 juillet, parfois remont\u00e9e automnale.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>La sauge des pr\u00e9s est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile, thermophile, calcicole \u00e0 neutrophile, caract\u00e9ristique des prairies s\u00e8ches et semi-s\u00e8ches de fauche, des pelouses calcicoles (alliance du <em>Mesobromion<\/em>), des talus, bords de routes et lisi\u00e8res thermophiles. Elle est absente des milieux acides, humides ou tr\u00e8s ombrag\u00e9s. C&rsquo;est un excellent indicateur de prairies naturelles extensives \u00e0 haute valeur floristique.<\/p>\n<h3>B. Distribution<\/h3>\n<p>Aire europ\u00e9enne au sens large, de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;Oural, de la Scandinavie m\u00e9ridionale \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e septentrionale. En France, commune dans tout le territoire sur substrats calcaires et neutres, particuli\u00e8rement abondante dans le Centre, l&rsquo;Est, le Sud-Est, le Jura, les Alpes. Plus rare dans l&rsquo;Ouest atlantique siliceux.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>feuilles<\/strong> et les <strong>sommit\u00e9s fleuries<\/strong>. L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de la sauge des pr\u00e9s est beaucoup moins d\u00e9velopp\u00e9 que celui de la sauge officinale \u2014 elle est surtout employ\u00e9e en m\u00e9decine populaire et en usage culinaire occasionnel (ses feuilles jeunes peuvent agr\u00e9menter les salades). Elle n&rsquo;est pas inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Diterp\u00e8nes abietaniques<\/h3>\n<p>Pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>acide carnosique<\/strong>, d&rsquo;<strong>acide carnosolique<\/strong> et de <strong>rosmanol<\/strong> \u2014 compos\u00e9s antioxydants puissants partag\u00e9s avec <em>S. officinalis<\/em> et le romarin. Leur concentration est cependant inf\u00e9rieure \u00e0 celle de la sauge officinale.<\/p>\n<h3>B. Triterp\u00e8nes<\/h3>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">Acide ursolique<\/a><\/strong> et <strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>, aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et h\u00e9patoprotectrices.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Lut\u00e9oline, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a>, salvig\u00e9nine, cirsimaritine. Bonne activit\u00e9 antioxydante.<\/p>\n<h3>D. Acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p><strong>Acide rosmarinique<\/strong> (compos\u00e9 ph\u00e9nolique dominant, 2-4 %), acide caf\u00e9ique, acide salvianolique. L&rsquo;acide rosmarinique conf\u00e8re l&rsquo;essentiel de l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante des extraits aqueux.<\/p>\n<h3>E. Huile essentielle<\/h3>\n<p>Pr\u00e9sente en faible quantit\u00e9 (traces \u00e0 0,1 %), domin\u00e9e par le <strong>\u03b2-caryophyll\u00e8ne<\/strong>, le <strong>germacr\u00e8ne D<\/strong> et des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a>. Pas de thuyone ni de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/camphre\/\">camphre<\/a> en quantit\u00e9 significative \u2014 ce qui distingue nettement <em>S. pratensis<\/em> de <em>S. officinalis<\/em> sur le plan toxicologique (absence de neurotoxicit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la thuyone).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>L&rsquo;acide rosmarinique et les diterp\u00e8nes abietaniques (acide carnosique) conf\u00e8rent une activit\u00e9 antioxydante significative, bien qu&rsquo;inf\u00e9rieure \u00e0 celle de <em>S. officinalis<\/em>. Les extraits aqueux (infusion) ont montr\u00e9 une bonne capacit\u00e9 de pi\u00e9geage des radicaux libres dans les tests DPPH et ABTS.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>L&rsquo;acide ursolique et l&rsquo;acide rosmarinique contribuent \u00e0 une activit\u00e9 anti-inflammatoire document\u00e9e <em>in vitro<\/em> par inhibition de la production de NO et des cytokines pro-inflammatoires.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 astringente et vuln\u00e9raire<\/h3>\n<p>Les tanins et flavono\u00efdes conf\u00e8rent un effet astringent utilis\u00e9 en gargarismes contre les inflammations de la gorge et en compresses sur les plaies \u2014 usage partag\u00e9 avec la sauge officinale.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune donn\u00e9e clinique sp\u00e9cifique n&rsquo;est disponible pour <em>S. pratensis<\/em>. Son usage m\u00e9dicinal repose sur la tradition populaire et sur l&rsquo;extrapolation \u00e0 partir de la phytochimie du genre <em>Salvia<\/em>. En pratique clinique, la sauge officinale (<em>S. officinalis<\/em>) est toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Huile essentielle (faible thuyone)<\/td>\n<td>Terp\u00e8nes<\/td>\n<td>Antiseptique l\u00e9g\u00e8re<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">Acide rosmarinique<\/a><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins, flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Polyph\u00e9nols<\/td>\n<td>Astringents<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 1 \u00e0 2 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es pour 150 ml, 10 min. Gargarismes (maux de gorge) ou usage interne (digestif l\u00e9ger).<\/li>\n<li><strong>Cataplasme :<\/strong> feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es sur les petites plaies.<\/li>\n<li><strong>Usage culinaire :<\/strong> jeunes feuilles en salade ou en beignets (tradition italienne).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La sauge des pr\u00e9s est consid\u00e9r\u00e9e comme non toxique aux doses alimentaires et th\u00e9rapeutiques traditionnelles. Contrairement \u00e0 <em>S. officinalis<\/em>, elle ne contient pas de thuyone (c\u00e9tone monoterp\u00e9nique neurotoxique et abortive) en quantit\u00e9 significative, ce qui la rend plus s\u00fbre d&#8217;emploi. Aucune contre-indication sp\u00e9cifique n&rsquo;est \u00e9tablie, mais par prudence, un usage prolong\u00e9 \u00e0 forte dose est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le dicton m\u00e9di\u00e9val \u00ab Cur moriatur homo cui salvia crescit in horto ? \u00bb (\u00ab Pourquoi un homme mourrait-il alors que la sauge pousse dans son jardin ? \u00bb) s&rsquo;appliquait \u00e0 toutes les sauges. La sauge des pr\u00e9s partageait la r\u00e9putation curative du genre, d&rsquo;o\u00f9 son nom de \u00ab toute-bonne \u00bb. En m\u00e9decine populaire, elle \u00e9tait utilis\u00e9e comme f\u00e9brifuge, gargarisme et vuln\u00e9raire. Les feuilles \u00e9taient aussi consomm\u00e9es en beignets frits (Italie, Autriche) \u2014 une tradition culinaire qui perdure. En Provence, les \u00ab bonhommes en fleur \u00bb des prairies de sauge \u00e9taient un spectacle printanier c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans la tradition orale.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>La sauge des pr\u00e9s est une esp\u00e8ce cl\u00e9 des prairies calcicoles europ\u00e9ennes, habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire (Directive Habitats 6210). Son r\u00f4le \u00e9cologique est consid\u00e9rable :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Pollinisation sp\u00e9cialis\u00e9e :<\/strong> son m\u00e9canisme de levier s\u00e9lectionne les gros pollinisateurs (bourdons \u00e0 longue langue : <em>B. hortorum<\/em>, <em>B. pascuorum<\/em>), assurant un transfert de pollen efficace sur de longues distances.<\/li>\n<li><strong>Plante mellif\u00e8re importante :<\/strong> nectar abondant, accessible aux pollinisateurs \u00e0 longue langue.<\/li>\n<li><strong>Indicatrice de prairies riches :<\/strong> sa pr\u00e9sence signale des prairies non amend\u00e9es, fauch\u00e9es tardivement, \u00e0 haute diversit\u00e9 floristique.<\/li>\n<li><strong>Plante h\u00f4te :<\/strong> ses feuilles nourrissent les chenilles de certains l\u00e9pidopt\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Salvia officinalis<\/em><\/strong> (sauge officinale) : sous-arbrisseau \u00e0 feuilles gris\u00e2tres-tomenteuses, cultiv\u00e9, ar\u00f4me camphr\u00e9 fort.<\/li>\n<li><strong><em>Salvia verbenaca<\/em><\/strong> (sauge verveine) : plus petite, fleurs bleu p\u00e2le, corolle \u00e0 peine plus longue que le calice.<\/li>\n<li><strong><em>Salvia nemorosa<\/em><\/strong> (sauge des bois) : bract\u00e9es color\u00e9es persistantes, cultiv\u00e9e et parfois naturalis\u00e9e.<\/li>\n<li><strong><em>Ajuga reptans<\/em><\/strong> (bugle rampante) : fleurs bleues aussi, mais corolle sans l\u00e8vre sup\u00e9rieure, port rampant.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La sauge des pr\u00e9s est l&rsquo;esp\u00e8ce sauvage la plus commune du genre <em>Salvia<\/em> en Europe. Si son int\u00e9r\u00eat pharmacognosique reste secondaire par rapport \u00e0 la sauge officinale \u2014 absence de thuyone, teneur moindre en diterp\u00e8nes actifs \u2014, elle n&rsquo;en demeure pas moins une plante \u00e0 la phytochimie riche (acide rosmarinique, acide carnosique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a>) et aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires document\u00e9es. Son int\u00e9r\u00eat principal r\u00e9side cependant dans sa biologie florale exceptionnelle (m\u00e9canisme de levier, co\u00e9volution avec les bourdons) et dans son r\u00f4le d&rsquo;esp\u00e8ce structurante et indicatrice des prairies calcicoles europ\u00e9ennes, habitats en d\u00e9clin majeur qui m\u00e9ritent une protection renforc\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B., <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>, Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Cla\u00dfen-Bockhoff R., Speck T., Tweraser E. et al., \u00ab The staminal lever mechanism in <em>Salvia<\/em> L. (Lamiaceae): a key innovation for adaptive radiation? \u00bb, <em>Organisms Diversity &amp; Evolution<\/em>, 2004, 4(3), 189-205.<\/li>\n<li>Lu Y., Foo L.Y., \u00ab Polyphenolics of <em>Salvia<\/em> \u2014 a review \u00bb, <em>Phytochemistry<\/em>, 2002, 59(2), 117-140.<\/li>\n<li>Hedge I.C., \u00ab <em>Salvia<\/em> L. \u00bb, in Flora Europaea, vol. 3, Cambridge University Press, 1972.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringente<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestive<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sauge des pr\u00e9s est l&rsquo;une des fleurs sauvages les plus spectaculaires de la flore europ\u00e9enne. 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