{"id":1077,"date":"2026-03-26T11:35:05","date_gmt":"2026-03-26T10:35:05","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/epiaire-droite\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"epiaire-droite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/epiaire-droite\/","title":{"rendered":"\u00c9PIAIRE DROITE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/%C3%89piaire%20droite.jpg\" alt=\"Planche botanique \u00c9PIAIRE DROITE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<em>Stachys recta<\/em> L., commun\u00e9ment appel\u00e9e \u00e9piaire droite, \u00e9piaire dress\u00e9e ou b\u00e9toine droite, est une plante vivace de la famille des <strong>Lamiaceae<\/strong> (labi\u00e9es). Le genre <em>Stachys<\/em>, du grec <em>stachys<\/em> (\u00e9pi), comprend environ 300 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es du monde entier. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>recta<\/em> (droite) fait r\u00e9f\u00e9rence au port dress\u00e9 de la tige. Ce genre diversifi\u00e9 inclut aussi la b\u00e9toine (<em>S. officinalis<\/em>), l&rsquo;\u00e9piaire laineuse (<em>S. byzantina<\/em>) et le crosne du Japon (<em>S. affinis<\/em>). L&rsquo;\u00e9piaire droite est une esp\u00e8ce x\u00e9rophile et calcicole, caract\u00e9ristique des pelouses s\u00e8ches et des friches ensoleill\u00e9es du sud et du centre de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9piaire droite est une plante vivace herbac\u00e9e, haute de 20 \u00e0 60 cm. La souche est ligneuse, rameuse, \u00e9mettant plusieurs tiges. Les tiges sont dress\u00e9es, simples ou ramifi\u00e9es, quadrangulaires (caract\u00e8re des Lamiaceae), pubescentes \u00e0 hirsutes, \u00e0 poils \u00e9tal\u00e9s ou r\u00e9fl\u00e9chis. Les feuilles sont oppos\u00e9es, d\u00e9cuss\u00e9es, p\u00e9tiol\u00e9es (les inf\u00e9rieures) \u00e0 sessiles (les sup\u00e9rieures), oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 3 \u00e0 8 cm, \u00e0 marge cr\u00e9nel\u00e9e-dent\u00e9e, pubescentes, vert p\u00e2le, d\u00e9gageant une odeur aromatique faible au froissement. L&rsquo;inflorescence est un \u00e9pi terminal allong\u00e9, constitu\u00e9 de verticilles espac\u00e9s de 6 \u00e0 10 fleurs. Les bract\u00e9es sont foliac\u00e9es, d\u00e9passant les verticilles inf\u00e9rieurs. Le calice est campanul\u00e9, \u00e0 5 dents \u00e9pineuses sub\u00e9gales, pubescent-glanduleux. La corolle, bilabi\u00e9e, est jaune p\u00e2le \u00e0 blanc jaun\u00e2tre, parfois stri\u00e9e de brun, longue de 12 \u00e0 18 mm. La l\u00e8vre sup\u00e9rieure est enti\u00e8re, concave. La l\u00e8vre inf\u00e9rieure est trilob\u00e9e, le lobe m\u00e9dian plus grand. Les 4 \u00e9tamines sont didynames. Le fruit est compos\u00e9 de 4 nucules lisses, brunes, au fond du calice persistant.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9piaire droite est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9o-europ\u00e9enne dont l&rsquo;aire couvre le sud et le centre de l&rsquo;Europe, de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;Ukraine, et du sud de l&rsquo;Angleterre au nord de la Gr\u00e8ce. En France, elle est pr\u00e9sente dans la majeure partie du territoire, plus abondante dans le sud et l&rsquo;est. Elle affectionne les pelouses s\u00e8ches calcicoles, les friches, les talus, les bords de chemins, les vignobles, les murs et les \u00e9boulis bien drain\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce x\u00e9rophile, thermophile et calcicole, li\u00e9e aux sols superficiels, pierreux, calcaires ou marno-calcaires. Elle pr\u00e9f\u00e8re les expositions ensoleill\u00e9es et chaudes. Elle se rencontre du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 800 m d&rsquo;altitude. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des pelouses du <em>Xerobromion<\/em> et du <em>Mesobromion<\/em> en contexte calcaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9piaire droite est une h\u00e9micryptophyte vivace. La reprise de v\u00e9g\u00e9tation a lieu au printemps (mars-avril), la rosette basale \u00e9mettant de nouvelles pousses. La croissance est progressive, les tiges florales se d\u00e9veloppant entre avril et juin. La floraison se d\u00e9roule de juin \u00e0 septembre, avec un pic en juillet-ao\u00fbt. Les fleurs, bien que peu color\u00e9es, attirent divers pollinisateurs : abeilles, bourdons, papillons. La corolle bilabi\u00e9e offre une plate-forme d&rsquo;atterrissage pour les insectes et un acc\u00e8s guid\u00e9 au nectar. La pollinisation est entomophile. La fructification se poursuit d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 novembre, les nucules m\u00fbres tombant au pied de la plante ou \u00e9tant dispers\u00e9es par les fourmis (myrm\u00e9cochorie). La plante persiste en hiver sous forme de souche ligneuse, les parties a\u00e9riennes s\u00e9chant mais restant partiellement dress\u00e9es. La long\u00e9vit\u00e9 individuelle est de plusieurs ann\u00e9es, les souches s&rsquo;\u00e9paississant progressivement.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9piaire droite contient un profil phytochimique typique des Lamiaceae. Les parties a\u00e9riennes renferment des <strong>diterp\u00e9no\u00efdes<\/strong> (stachydrine et compos\u00e9s apparent\u00e9s), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong> et de la <strong>chryso\u00e9riol<\/strong>), des <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosyl\u00e9s<\/strong> (<strong>act\u00e9oside\/verbascoside<\/strong>, <strong>forsythoside B<\/strong>), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> (harpagide, ac\u00e9tylharpagide) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a>, acide caf\u00e9ique). L&rsquo;<strong>act\u00e9oside<\/strong>, compos\u00e9 majeur des Lamiaceae, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes puissantes. Les feuilles contiennent des <strong>tanins<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> et des traces d&rsquo;<strong>huile essentielle<\/strong>. La <strong>stachydrine<\/strong> (proline b\u00e9ta\u00efne), un <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a> caract\u00e9ristique du genre <em>Stachys<\/em>, est pr\u00e9sent dans les parties a\u00e9riennes. Les racines contiennent des <strong>polysaccharides<\/strong> (stachyose, un t\u00e9trasaccharide d\u00e9couvert dans ce genre).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9piaire droite poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales document\u00e9es en phytoth\u00e9rapie traditionnelle europ\u00e9enne. Les irido\u00efdes (harpagide) et les ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes (act\u00e9oside) lui conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>analg\u00e9siques<\/strong> significatives. L&rsquo;act\u00e9oside poss\u00e8de en outre des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong>, <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong> et <strong>neuroprotectrices<\/strong>. L&rsquo;acide rosmarinique contribue aux effets anti-inflammatoires et antiallergiques. En m\u00e9decine populaire, la plante \u00e9tait utilis\u00e9e en infusion ou d\u00e9coction pour traiter les troubles digestifs (spasmes, flatulences), les douleurs rhumatismales et les infections des voies urinaires. En usage externe, les cataplasmes de feuilles servaient \u00e0 traiter les plaies, les contusions et les inflammations cutan\u00e9es. Des \u00e9tudes in vitro et in vivo ont confirm\u00e9 les activit\u00e9s anti-inflammatoires, antioxydantes et antimicrobiennes des extraits de <em>S. recta<\/em>. Cependant, aucune \u00e9tude clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Diterp\u00e9no\u00efdes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline<\/td>\n<td>Flavone<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Chryso\u00e9riol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosyl\u00e9s<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>En phytoth\u00e9rapie, les sommit\u00e9s fleuries de l&rsquo;\u00e9piaire droite sont r\u00e9colt\u00e9es en d\u00e9but de floraison (juin-juillet) et s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre dans un endroit a\u00e9r\u00e9. L&rsquo;infusion se pr\u00e9pare \u00e0 raison de 2 \u00e0 3 g de plante s\u00e8che pour 200 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infusion de 10 minutes. La d\u00e9coction se pr\u00e9pare en faisant bouillir 30 g de plante s\u00e8che dans 1 litre d&rsquo;eau pendant 5 minutes, pour un usage externe (bains, compresses). La teinture-m\u00e8re se pr\u00e9pare par mac\u00e9ration de la plante fra\u00eeche dans l&rsquo;alcool \u00e9thylique \u00e0 60\u00b0. En Turquie et dans les Balkans, les sommit\u00e9s fleuries s\u00e9ch\u00e9es sont commercialis\u00e9es en vrac pour la pr\u00e9paration de \u00ab th\u00e9 de montagne \u00bb. En horticulture, les plants sont disponibles chez les p\u00e9pini\u00e9ristes sp\u00e9cialis\u00e9s en plantes de terrain sec. Les graines se conservent au frais et au sec pendant 2 \u00e0 3 ans.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9piaire droite est une esp\u00e8ce structurante des pelouses s\u00e8ches calcicoles, l&rsquo;un des habitats les plus riches en biodiversit\u00e9 d&rsquo;Europe. Elle participe \u00e0 la diversit\u00e9 floristique de ces milieux aux c\u00f4t\u00e9s de la sauge des pr\u00e9s, du brome \u00e9rig\u00e9, de l&rsquo;orchis pyramidal et de la la\u00eeche humble. Ses fleurs fournissent une ressource nectarif\u00e8re importante pour les pollinisateurs estivaux, \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 les ressources deviennent rares dans les milieux secs. Sa pr\u00e9sence indique des sols calcaires, secs, non fertilis\u00e9s, en bon \u00e9tat de conservation. Le d\u00e9clin des pelouses s\u00e8ches calcicoles sous l&rsquo;effet de l&rsquo;enfrichement (abandon pastoral), du boisement spontan\u00e9, de l&rsquo;intensification agricole et de l&rsquo;urbanisation menace indirectement les populations d&rsquo;\u00e9piaire droite. Les programmes de restauration et de gestion des pelouses s\u00e8ches (p\u00e2turage extensif, d\u00e9broussaillage) b\u00e9n\u00e9ficient directement \u00e0 cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9piaire droite est utilis\u00e9e en m\u00e9decine populaire dans de nombreux pays d&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale. En Italie, en Gr\u00e8ce et dans les Balkans, l&rsquo;infusion de sommit\u00e9s fleuries est consomm\u00e9e comme tisane digestive et calmante. En Turquie, la plante est commercialis\u00e9e comme \u00ab th\u00e9 de montagne \u00bb (<em>da\u011f \u00e7ay\u0131<\/em>), un terme englobant plusieurs Lamiaceae aromatiques des pelouses s\u00e8ches. En m\u00e9decine populaire fran\u00e7aise, l&rsquo;\u00e9piaire droite \u00e9tait utilis\u00e9e contre les maux d&rsquo;estomac, les coliques et les fi\u00e8vres intermittentes. Les bergers de Provence appliquaient des cataplasmes de feuilles sur les blessures du b\u00e9tail. En apiculture, l&rsquo;\u00e9piaire droite est reconnue comme plante mellif\u00e8re estivale, fournissant nectar et pollen aux abeilles pendant la p\u00e9riode difficile de juillet-ao\u00fbt lorsque d&rsquo;autres ressources se tarissent. Quelques r\u00e9gions utilisaient les tiges s\u00e8ches comme petits balais ou comme allume-feu.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9piaire droite est cultivable dans les jardins secs, les rocailles et les pelouses calcicoles reconstitu\u00e9es. Le semis se fait au printemps, en surface, sur un substrat calcaire bien drain\u00e9. La germination intervient en 2 \u00e0 4 semaines \u00e0 18-20 \u00b0C. La division des touffes est praticable au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne. L&rsquo;espacement recommand\u00e9 est de 25 \u00e0 35 cm. L&rsquo;\u00e9piaire droite exige le plein soleil et un sol calcaire, sec, pierreux, pauvre. Elle tol\u00e8re parfaitement la s\u00e9cheresse estivale et la chaleur. Elle craint les sols lourds, argileux et gorg\u00e9s d&rsquo;eau. Aucune fertilisation n&rsquo;est n\u00e9cessaire, un sol riche provoquant un \u00e9tiolement pr\u00e9judiciable. L&rsquo;arrosage est inutile sauf en p\u00e9riode de s\u00e9cheresse exceptionnelle. La rusticit\u00e9 est bonne, la plante r\u00e9sistant \u00e0 -15 \u00b0C. L&rsquo;\u00e9piaire droite est recommand\u00e9e dans les projets de jardinage \u00ab sec \u00bb (dry gardening) et de restauration de pelouses s\u00e8ches calcicoles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9piaire droite est une esp\u00e8ce globalement non menac\u00e9e en France, commune dans les r\u00e9gions calcaires du sud et de l&rsquo;est. Elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection national et ne figure sur aucune liste rouge nationale. Cependant, les pelouses s\u00e8ches calcicoles qui constituent son habitat principal sont des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire prioritaires (code 6210), b\u00e9n\u00e9ficiant de mesures de conservation dans le cadre du r\u00e9seau Natura 2000. En marge de son aire (nord-ouest de la France, Belgique), elle peut \u00eatre rare et figurer sur des listes de surveillance. Aucune r\u00e9glementation ne concerne sa cueillette ou sa commercialisation.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>Le genre <em>Stachys<\/em> a donn\u00e9 son nom au stachyose, un oligosaccharide (t\u00e9trasaccharide) d\u00e9couvert pour la premi\u00e8re fois dans les racines de <em>Stachys<\/em>. Ce sucre complexe, pr\u00e9sent dans de nombreuses l\u00e9gumineuses (soja, pois chiches), est responsable de flatulences car il n&rsquo;est pas hydrolys\u00e9 par les enzymes digestives humaines et fermente dans le c\u00f4lon. L&rsquo;\u00e9piaire droite fut longtemps confondue avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces jaunes du genre, la taxonomie des <em>Stachys<\/em> \u00e9tant notoirement complexe. Le botaniste fran\u00e7ais Gaston Bonnier lui consacre une illustration d\u00e9taill\u00e9e dans sa c\u00e9l\u00e8bre <em>Flore compl\u00e8te illustr\u00e9e<\/em>, notant sa fr\u00e9quence dans les \u00ab lieux secs et pierreux de presque toute la France \u00bb. En Provence, les pelouses \u00e0 \u00e9piaire droite et \u00e0 thym sont parmi les habitats les plus embl\u00e9matiques des garrigues et constituent le d\u00e9cor typique des paysages c\u00e9l\u00e9br\u00e9s par Jean Giono et Marcel Pagnol.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9piaire droite peut \u00eatre confondue avec d&rsquo;autres \u00e9piaires \u00e0 fleurs jaunes. La <em>Stachys annua<\/em> (\u00e9piaire annuelle) est une plante annuelle, plus petite, \u00e0 corolle blanche \u00e0 jaune p\u00e2le. La <em>Stachys officinalis<\/em> (b\u00e9toine officinale) poss\u00e8de des fleurs roses \u00e0 pourpres. La <em>Stachys byzantina<\/em> (\u00e9piaire laineuse) a un feuillage argent\u00e9 tomenteux tr\u00e8s caract\u00e9ristique. Le <em>Sideritis hyssopifolia<\/em> (crapaudine \u00e0 feuilles d&rsquo;hysope), Lamiaceae des pelouses s\u00e8ches, a des fleurs jaunes mais des bract\u00e9es florales larges et \u00e9pineuses. Le <em>Phlomis herba-venti<\/em> (phlomis herbe-au-vent) poss\u00e8de des verticilles plus denses et des feuilles plus larges. La <em>Ballota nigra<\/em> (ballote noire) a des fleurs ros\u00e2tres et une odeur f\u00e9tide. Le crit\u00e8re distinctif de l&rsquo;\u00e9piaire droite est la combinaison de fleurs jaune p\u00e2le en verticilles espac\u00e9s sur une tige quadrangulaire pubescente, avec des feuilles oppos\u00e9es cr\u00e9nel\u00e9es-dent\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9piaire droite est une esp\u00e8ce repr\u00e9sentative des pelouses s\u00e8ches calcicoles europ\u00e9ennes, dont la richesse phytochimique et l&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique m\u00e9ritent une attention accrue. Ses propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et antioxydantes, li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;act\u00e9oside et \u00e0 l&rsquo;harpagide, en font une plante m\u00e9dicinale potentielle qui gagnerait \u00e0 \u00eatre valid\u00e9e par des \u00e9tudes pharmacologiques et cliniques. Les perspectives incluent la valorisation de cette esp\u00e8ce comme \u00ab th\u00e9 de montagne \u00bb de qualit\u00e9, la caract\u00e9risation de ses compos\u00e9s bioactifs, et son int\u00e9gration dans les programmes de restauration des pelouses s\u00e8ches. La conservation de son habitat, les pelouses calcicoles, est un enjeu majeur de biodiversit\u00e9 en Europe, ces milieux abritant une richesse sp\u00e9cifique exceptionnelle en plantes, papillons et orthopt\u00e8res. L&rsquo;\u00e9piaire droite est un t\u00e9moin vivant de ces paysages ancestraux de garrigues et de pelouses que les soci\u00e9t\u00e9s europ\u00e9ennes ont fa\u00e7onn\u00e9s pendant des mill\u00e9naires.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Stachys%20recta\">Plants of the World Online, Kew : <em>Stachys recta<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Stachys+recta\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Stachys recta<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Stachys recta L., commun\u00e9ment appel\u00e9e \u00e9piaire droite, \u00e9piaire dress\u00e9e ou b\u00e9toine droite, est une plante vivace de la famille des Lamiaceae [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-1077","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lamiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1077","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1077"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1077\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13584,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1077\/revisions\/13584"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1077"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1077"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1077"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}