{"id":10973,"date":"2026-05-05T11:24:59","date_gmt":"2026-05-05T09:24:59","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/05\/le-systeme-urinaire-reins-vessie-lithiases-et-cystites\/"},"modified":"2026-05-05T11:24:59","modified_gmt":"2026-05-05T09:24:59","slug":"le-systeme-urinaire-reins-vessie-lithiases-et-cystites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/05\/le-systeme-urinaire-reins-vessie-lithiases-et-cystites\/","title":{"rendered":"Le syst\u00e8me urinaire \u2014 reins, vessie, lithiases et cystites"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-size:1.05rem;line-height:1.7;text-align:justify\"><em>Le syst\u00e8me urinaire est l&rsquo;\u00e9purateur silencieux du corps humain. Chaque jour, les reins filtrent environ 180 litres de plasma, n&rsquo;en retenant qu&rsquo;un \u00e0 deux litres sous forme d&rsquo;urine \u2014 concentr\u00e9 pr\u00e9cis de d\u00e9chets m\u00e9taboliques, d&rsquo;exc\u00e8s ioniques, de toxines \u00e0 \u00e9liminer. Ce travail colossal, invisible et permanent, maintient l&rsquo;hom\u00e9ostasie : \u00e9quilibre acido-basique, pression art\u00e9rielle, vol\u00e9mie, concentration des \u00e9lectrolytes. Quand le syst\u00e8me urinaire dysfonctionne \u2014 infection, calcul, inflammation, insuffisance \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;ensemble de l&rsquo;organisme qui s&rsquo;en trouve d\u00e9stabilis\u00e9. La phytoth\u00e9rapie urinaire est l&rsquo;une des plus anciennes et des mieux fond\u00e9es de la tradition europ\u00e9enne. Bouleau, orthosiphon, busserole, canneberge, piloselle, aubier de tilleul, bruy\u00e8re : chacune de ces plantes agit sur un maillon pr\u00e9cis de la physiologie r\u00e9nale et v\u00e9sicale. Cet article propose une lecture anatomique et fonctionnelle du syst\u00e8me urinaire, puis un tour raisonn\u00e9 des plantes capables de le soutenir \u2014 diur\u00e9tiques, antiseptiques urinaires, antilithiasiques, anti-inflammatoires de la muqueuse v\u00e9sicale \u2014 en distinguant soigneusement pr\u00e9vention et traitement, terrain et \u00e9pisode aigu.<\/em><\/p>\n<div class=\"botanique-toc\" style=\"background:#fdfbf7;border:1px solid #d4b896;border-radius:6px;padding:1.5rem 2rem;margin:2.5rem 0;font-family:Georgia,serif\">\n<p style=\"font-variant:small-caps;color:#1b4332;font-size:1.2rem;letter-spacing:1px;margin:0 0 1rem 0;text-align:center;font-weight:bold\">\u2767 Sommaire \u2767<\/p>\n<ul style=\"padding:0;margin:0;column-count:2;column-gap:2rem;line-height:1.9\">\n<li><a href=\"#uri-anatomie\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">I. Anatomie du syst\u00e8me urinaire<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-nephron\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">II. Le n\u00e9phron \u2014 unit\u00e9 fonctionnelle du rein<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-filtration\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">III. Filtration, r\u00e9absorption, s\u00e9cr\u00e9tion<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-regulation\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">IV. R\u00e9gulation hydro-\u00e9lectrolytique<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-infections\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">V. Infections urinaires \u2014 cystites et py\u00e9lon\u00e9phrites<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-lithiases\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">VI. Lithiases urinaires<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-diuretiques\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">VII. Plantes diur\u00e9tiques<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-antiseptiques\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">VIII. Plantes antiseptiques urinaires<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-antilithiasiques\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">IX. Plantes antilithiasiques<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-antiinflammatoires\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">X. Plantes anti-inflammatoires v\u00e9sicales<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-prostate\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">XI. Hypertrophie prostatique et plantes<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-canneberge\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">XII. Canneberge et pr\u00e9vention des r\u00e9cidives<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-gemmo\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">XIII. Gemmoth\u00e9rapie urinaire<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-tisanes\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">XIV. Formulaire de tisanes<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-hygiene\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">XV. Hygi\u00e8ne urinaire<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-precautions\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">XVI. Pr\u00e9cautions et interactions<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-synthese\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">XVII. Synth\u00e8se en couches<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#uri-biblio\" style=\"color:#2d6a4f;text-decoration:none\">XVIII. Bibliographie<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<h2 id=\"uri-anatomie\">I. ANATOMIE DU SYST\u00c8ME URINAIRE<\/h2>\n<figure style=\"float:right;margin:0 0 1.5rem 2rem;max-width:380px\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/urinaire_anatomie.jpg\" alt=\"Planche anatomique du syst\u00e8me urinaire - reins, uret\u00e8res, vessie\" style=\"width:100%;height:auto;border:1px solid #d4b896\" \/><figcaption style=\"font-style:italic;font-size:0.9rem;color:#5c564e;text-align:center;margin-top:0.4rem\">Planche I. Le syst\u00e8me urinaire \u2014 reins, uret\u00e8res, vessie et ur\u00e8tre.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le syst\u00e8me urinaire comprend quatre organes principaux : les deux <strong>reins<\/strong>, les deux <strong>uret\u00e8res<\/strong>, la <strong>vessie<\/strong> et l&rsquo;<strong>ur\u00e8tre<\/strong>. Ensemble, ils assurent la formation, le transport, le stockage et l&rsquo;\u00e9limination de l&rsquo;urine \u2014 produit final de la filtration du sang.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les <strong>reins<\/strong> sont deux organes en forme de haricot, d&rsquo;environ 12 centim\u00e8tres de long, 6 de large et 3 d&rsquo;\u00e9paisseur, pesant chacun 120 \u00e0 150 grammes. Ils sont situ\u00e9s dans l&rsquo;espace r\u00e9trop\u00e9riton\u00e9al, de part et d&rsquo;autre de la colonne vert\u00e9brale, entre la douzi\u00e8me vert\u00e8bre thoracique et la troisi\u00e8me vert\u00e8bre lombaire. Le rein droit est l\u00e9g\u00e8rement plus bas que le gauche en raison de la pr\u00e9sence du foie. Chaque rein est coiff\u00e9 d&rsquo;une glande surr\u00e9nale (qui n&rsquo;appartient pas au syst\u00e8me urinaire mais au syst\u00e8me endocrinien).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">En coupe frontale, le rein pr\u00e9sente deux zones distinctes : le <strong>cortex<\/strong> (zone p\u00e9riph\u00e9rique, p\u00e2le, granuleuse) et la <strong>m\u00e9dullaire<\/strong> (zone centrale, organis\u00e9e en pyramides de Malpighi dont les sommets \u2014 les papilles \u2014 s&rsquo;ouvrent dans les calices). Les calices se r\u00e9unissent en bassinet (pelvis r\u00e9nal), qui se prolonge par l&rsquo;uret\u00e8re. C&rsquo;est dans le cortex et la m\u00e9dullaire que se trouvent les n\u00e9phrons \u2014 unit\u00e9s fonctionnelles du rein \u2014 au nombre d&rsquo;environ un million par rein.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La vascularisation r\u00e9nale est consid\u00e9rable : les reins re\u00e7oivent environ 20 \u00e0 25 % du d\u00e9bit cardiaque au repos, soit plus d&rsquo;un litre de sang par minute pour un organe qui ne p\u00e8se que 300 grammes au total. Cette hypervascularisation t\u00e9moigne de leur r\u00f4le de filtre permanent. L&rsquo;art\u00e8re r\u00e9nale se divise en art\u00e8res interlobaires, arciformes, interlobulaires, puis en art\u00e9rioles aff\u00e9rentes qui alimentent les glom\u00e9rules.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les <strong>uret\u00e8res<\/strong> sont deux conduits musculo-muqueux d&rsquo;environ 25 \u00e0 30 centim\u00e8tres qui acheminent l&rsquo;urine du bassinet r\u00e9nal vers la vessie par des ondes p\u00e9ristaltiques. Ils s&rsquo;abouchent dans la vessie par un trajet oblique dans la paroi v\u00e9sicale \u2014 cette obliquit\u00e9 forme un m\u00e9canisme anti-reflux passif qui emp\u00eache normalement l&rsquo;urine de remonter vers le rein lors de la miction.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La <strong>vessie<\/strong> est un r\u00e9servoir musculaire extensible situ\u00e9 dans le petit bassin, derri\u00e8re la symphyse pubienne. Sa paroi est constitu\u00e9e d&rsquo;un muscle lisse, le <strong>d\u00e9trusor<\/strong>, dont la contraction expulse l&rsquo;urine lors de la miction. Sa capacit\u00e9 physiologique est d&rsquo;environ 300 \u00e0 500 mL, mais elle peut se distendre bien au-del\u00e0 en cas de r\u00e9tention. La muqueuse v\u00e9sicale \u2014 l&rsquo;<strong>uroth\u00e9lium<\/strong> \u2014 est un \u00e9pith\u00e9lium transitionnel remarquablement imperm\u00e9able, capable de se distendre sans se rompre ni laisser filtrer l&rsquo;urine \u00e0 travers sa paroi.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">L&rsquo;<strong>ur\u00e8tre<\/strong> est le conduit terminal qui \u00e9vacue l&rsquo;urine de la vessie vers l&rsquo;ext\u00e9rieur. Chez la femme, il est court (3 \u00e0 4 centim\u00e8tres) et d\u00e9bouche entre le clitoris et l&rsquo;orifice vaginal \u2014 cette bri\u00e8vet\u00e9 anatomique explique la fr\u00e9quence beaucoup plus \u00e9lev\u00e9e des infections urinaires chez la femme. Chez l&rsquo;homme, l&rsquo;ur\u00e8tre mesure 16 \u00e0 20 centim\u00e8tres et traverse la prostate avant de parcourir le p\u00e9nis. L&rsquo;hypertrophie prostatique, fr\u00e9quente apr\u00e8s 50 ans, comprime l&rsquo;ur\u00e8tre et g\u00eane la miction.<\/p>\n<h2 id=\"uri-nephron\">II. LE N\u00c9PHRON \u2014 UNIT\u00c9 FONCTIONNELLE DU REIN<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le n\u00e9phron est la structure microscopique qui accomplit le travail de filtration. Chaque rein en contient environ un million, et ce capital est fix\u00e9 \u00e0 la naissance : on ne fabrique pas de nouveaux n\u00e9phrons au cours de la vie. La perte progressive de n\u00e9phrons avec l&rsquo;\u00e2ge (environ 10 % par d\u00e9cennie apr\u00e8s 40 ans) explique le d\u00e9clin physiologique de la fonction r\u00e9nale au grand \u00e2ge.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Chaque n\u00e9phron comprend deux parties : le <strong>corpuscule r\u00e9nal<\/strong> (ou corpuscule de Malpighi) et le <strong>tubule r\u00e9nal<\/strong>. Le corpuscule est constitu\u00e9 du <strong>glom\u00e9rule<\/strong> \u2014 peloton de capillaires art\u00e9riels \u2014 envelopp\u00e9 par la <strong>capsule de Bowman<\/strong>, double feuillet \u00e9pith\u00e9lial qui recueille le filtrat. Le glom\u00e9rule re\u00e7oit le sang de l&rsquo;art\u00e9riole aff\u00e9rente et le restitue par l&rsquo;art\u00e9riole eff\u00e9rente : entre les deux, la pression hydrostatique force le plasma \u00e0 traverser la membrane de filtration.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La <strong>membrane de filtration glom\u00e9rulaire<\/strong> est un filtre biologique d&rsquo;une pr\u00e9cision remarquable. Elle laisse passer l&rsquo;eau, les ions, le glucose, les acides amin\u00e9s, l&rsquo;ur\u00e9e, la cr\u00e9atinine, et retient les prot\u00e9ines de haut poids mol\u00e9culaire (albumine et au-dessus) et les cellules sanguines. Sa s\u00e9lectivit\u00e9 repose sur trois couches : l&rsquo;endoth\u00e9lium fen\u00eatr\u00e9 des capillaires, la membrane basale glom\u00e9rulaire (charg\u00e9e n\u00e9gativement, ce qui repousse les prot\u00e9ines plasmatiques \u00e9galement charg\u00e9es n\u00e9gativement), et les podocytes dont les p\u00e9dicelles forment les fentes de filtration.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le <strong>tubule r\u00e9nal<\/strong> se divise en plusieurs segments successifs, chacun sp\u00e9cialis\u00e9 : le <strong>tube contourn\u00e9 proximal<\/strong> (TCP \u2014 r\u00e9absorption massive : 65 % de l&rsquo;eau, du sodium, du glucose, des acides amin\u00e9s, des bicarbonates), l&rsquo;<strong>anse de Henl\u00e9<\/strong> (branche descendante perm\u00e9able \u00e0 l&rsquo;eau, branche ascendante imperm\u00e9able \u00e0 l&rsquo;eau mais qui r\u00e9absorbe activement le sodium \u2014 ce gradient osmotique cortico-m\u00e9dullaire est le moteur de la concentration de l&rsquo;urine), le <strong>tube contourn\u00e9 distal<\/strong> (TCD \u2014 ajustement fin du sodium, du potassium et du calcium sous contr\u00f4le hormonal), et le <strong>tube collecteur<\/strong> (r\u00e9absorption d&rsquo;eau sous contr\u00f4le de l&rsquo;ADH \u2014 hormone antidiur\u00e9tique \u2014 qui d\u00e9termine la concentration finale de l&rsquo;urine).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Ce syst\u00e8me, d&rsquo;une \u00e9l\u00e9gance physiologique remarquable, permet au rein de produire aussi bien une urine tr\u00e8s dilu\u00e9e (en cas d&rsquo;exc\u00e8s hydrique \u2014 l&rsquo;ADH est basse, le tube collecteur reste imperm\u00e9able, l&rsquo;eau est perdue) qu&rsquo;une urine tr\u00e8s concentr\u00e9e (en cas de d\u00e9shydratation \u2014 l&rsquo;ADH est \u00e9lev\u00e9e, le tube collecteur devient perm\u00e9able, l&rsquo;eau est r\u00e9absorb\u00e9e massivement). La capacit\u00e9 de concentration maximale du rein humain est d&rsquo;environ 1200 mOsm\/L \u2014 quatre fois la concentration plasmatique.<\/p>\n<h2 id=\"uri-filtration\">III. FILTRATION, R\u00c9ABSORPTION, S\u00c9CR\u00c9TION<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La formation de l&rsquo;urine repose sur trois processus successifs et compl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La <strong>filtration glom\u00e9rulaire<\/strong> produit environ 180 litres de filtrat primitif par jour (soit 125 mL\/min \u2014 c&rsquo;est le \u00ab d\u00e9bit de filtration glom\u00e9rulaire \u00bb ou DFG, marqueur clinique fondamental de la fonction r\u00e9nale). Ce filtrat primitif est un ultrafiltrat du plasma : il contient exactement les m\u00eames substances que le plasma moins les prot\u00e9ines et les cellules. Si l&rsquo;on n&rsquo;avait que la filtration, on perdrait 180 litres d&rsquo;eau, tout le glucose, tout le sodium, tous les bicarbonates \u2014 ce qui est \u00e9videmment incompatible avec la vie.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La <strong>r\u00e9absorption tubulaire<\/strong> r\u00e9cup\u00e8re plus de 99 % de ce qui a \u00e9t\u00e9 filtr\u00e9. Le TCP r\u00e9cup\u00e8re 65 % du sodium et de l&rsquo;eau par transport actif et osmose. L&rsquo;anse de Henl\u00e9 r\u00e9cup\u00e8re encore 25 % du sodium. Le TCD et le tube collecteur ajustent finement le reste sous contr\u00f4le hormonal. Au final, sur les 180 litres filtr\u00e9s, seuls 1 \u00e0 2 litres deviennent de l&rsquo;urine. La r\u00e9absorption du glucose est normalement totale \u2014 la glycosurie n&rsquo;appara\u00eet que lorsque la glyc\u00e9mie d\u00e9passe le seuil r\u00e9nal (environ 1,8 g\/L), comme dans le diab\u00e8te non contr\u00f4l\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La <strong>s\u00e9cr\u00e9tion tubulaire<\/strong> est le processus inverse de la r\u00e9absorption : des substances sont activement transf\u00e9r\u00e9es du sang p\u00e9ritubulaire vers la lumi\u00e8re du tubule, pour \u00eatre \u00e9limin\u00e9es dans l&rsquo;urine. C&rsquo;est par cette voie que sont excr\u00e9t\u00e9s de nombreux m\u00e9dicaments, les ions H+ (r\u00e9gulation de l&rsquo;\u00e9quilibre acido-basique), le potassium en exc\u00e8s, l&rsquo;acide urique, certaines toxines. La s\u00e9cr\u00e9tion tubulaire est la voie par laquelle le rein \u00ab nettoie \u00bb le sang de substances qui n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 filtr\u00e9es (prot\u00e9ines liant les m\u00e9dicaments) ou qui doivent \u00eatre \u00e9limin\u00e9es en priorit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Ces trois processus \u2014 filtration, r\u00e9absorption, s\u00e9cr\u00e9tion \u2014 font du rein bien plus qu&rsquo;un simple filtre passif : c&rsquo;est un organe endocrinien actif, un r\u00e9gulateur m\u00e9tabolique, un gardien de l&rsquo;hom\u00e9ostasie. Il produit aussi de l&rsquo;<strong>\u00e9rythropo\u00ef\u00e9tine<\/strong> (EPO, qui stimule la production de globules rouges), du <strong>calcitriol<\/strong> (forme active de la vitamine D, qui r\u00e9gule l&rsquo;absorption intestinale du calcium) et de la <strong>r\u00e9nine<\/strong> (enzyme cl\u00e9 du syst\u00e8me r\u00e9nine-angiotensine-aldost\u00e9rone, qui r\u00e9gule la pression art\u00e9rielle).<\/p>\n<h2 id=\"uri-regulation\">IV. R\u00c9GULATION HYDRO-\u00c9LECTROLYTIQUE<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le rein est le gardien de l&rsquo;\u00e9quilibre de l&rsquo;eau et des \u00e9lectrolytes \u2014 un \u00e9quilibre dont la pr\u00e9cision est vitale. La natr\u00e9mie normale (concentration plasmatique de sodium) est maintenue entre 135 et 145 mmol\/L ; la kali\u00e9mie (potassium) entre 3,5 et 5 mmol\/L ; le pH sanguin entre 7,35 et 7,45. Des \u00e9carts m\u00eame modestes peuvent \u00eatre dangereux.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Trois syst\u00e8mes hormonaux principaux r\u00e9gulent le travail r\u00e9nal :<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">L&rsquo;<strong>ADH<\/strong> (hormone antidiur\u00e9tique, ou vasopressine), s\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par la neurohypophyse en r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;augmentation de l&rsquo;osmolarit\u00e9 plasmatique ou \u00e0 la baisse de la vol\u00e9mie, rend le tube collecteur perm\u00e9able \u00e0 l&rsquo;eau : l&rsquo;urine est alors concentr\u00e9e, et l&rsquo;eau est retenue. En l&rsquo;absence d&rsquo;ADH (diab\u00e8te insipide), le tube collecteur reste imperm\u00e9able et l&rsquo;on produit jusqu&rsquo;\u00e0 20 litres d&rsquo;urine dilu\u00e9e par jour.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">L&rsquo;<strong>aldost\u00e9rone<\/strong>, s\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par la corticosurr\u00e9nale sous contr\u00f4le du syst\u00e8me r\u00e9nine-angiotensine, stimule la r\u00e9absorption du sodium (et donc de l&rsquo;eau qui suit le sodium par osmose) dans le TCD et le tube collecteur, en \u00e9change de la s\u00e9cr\u00e9tion de potassium. L&rsquo;aldost\u00e9rone retient le sodium et l&rsquo;eau, augmente la vol\u00e9mie et la pression art\u00e9rielle. Un exc\u00e8s d&rsquo;aldost\u00e9rone provoque hypertension et hypokali\u00e9mie ; un d\u00e9ficit provoque hypotension et hyperkali\u00e9mie.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le <strong>peptide natriur\u00e9tique auriculaire<\/strong> (ANP), s\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par les oreillettes cardiaques en cas de distension (hypervol\u00e9mie), exerce l&rsquo;effet inverse de l&rsquo;aldost\u00e9rone : il inhibe la r\u00e9absorption du sodium, augmente la natriur\u00e8se, abaisse la pression art\u00e9rielle. C&rsquo;est le \u00ab frein \u00bb du syst\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Comprendre cette r\u00e9gulation est essentiel pour saisir l&rsquo;action des plantes diur\u00e9tiques : une plante qui augmente la diur\u00e8se agit forc\u00e9ment sur l&rsquo;un ou plusieurs de ces m\u00e9canismes \u2014 soit en augmentant la filtration (vasodilatation de l&rsquo;art\u00e9riole aff\u00e9rente), soit en inhibant la r\u00e9absorption tubulaire du sodium (effet de type \u00ab diur\u00e9tique de l&rsquo;anse \u00bb ou \u00ab thiazidique-like \u00bb), soit en agissant sur la perm\u00e9abilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;eau. Les plantes diur\u00e9tiques, contrairement aux diur\u00e9tiques de synth\u00e8se, agissent g\u00e9n\u00e9ralement de mani\u00e8re plus douce, par des m\u00e9canismes souvent multiples et moins brutaux, avec un risque moindre de d\u00e9sordre ionique \u2014 mais cela ne les dispense pas de pr\u00e9cautions.<\/p>\n<h2 id=\"uri-infections\">V. INFECTIONS URINAIRES \u2014 CYSTITES ET PY\u00c9LON\u00c9PHRITES<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">L&rsquo;infection urinaire est l&rsquo;une des infections bact\u00e9riennes les plus fr\u00e9quentes, en particulier chez la femme : 50 \u00e0 60 % des femmes conna\u00eetront au moins un \u00e9pisode de cystite au cours de leur vie, et 20 \u00e0 30 % d&rsquo;entre elles feront des r\u00e9cidives. Chez l&rsquo;homme, les infections urinaires sont rares avant 50 ans (l&rsquo;ur\u00e8tre long prot\u00e8ge) et deviennent plus fr\u00e9quentes apr\u00e8s cet \u00e2ge en raison de l&rsquo;obstacle prostatique.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La <strong>cystite aigu\u00eb<\/strong> est une infection de la vessie \u2014 voies urinaires basses. Le germe responsable est <em>Escherichia coli<\/em> dans 80 \u00e0 85 % des cas (suivi de <em>Staphylococcus saprophyticus<\/em>, <em>Proteus mirabilis<\/em>, <em>Klebsiella<\/em>). La contamination se fait par voie ascendante : les bact\u00e9ries du p\u00e9rin\u00e9e remontent l&rsquo;ur\u00e8tre. Les sympt\u00f4mes sont caract\u00e9ristiques : br\u00fblures mictionnelles, pollakiurie (envies fr\u00e9quentes d&rsquo;uriner de petites quantit\u00e9s), urgenturies (besoins imp\u00e9rieux), douleurs sus-pubiennes, urines troubles ou malodorantes. Il n&rsquo;y a ni fi\u00e8vre ni douleurs lombaires dans la cystite simple.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La <strong>py\u00e9lon\u00e9phrite aigu\u00eb<\/strong> est une infection du rein lui-m\u00eame \u2014 voies urinaires hautes. Elle r\u00e9sulte habituellement d&rsquo;une cystite non ou mal trait\u00e9e dont les germes sont remont\u00e9s par l&rsquo;uret\u00e8re jusqu&rsquo;au bassinet et au parenchyme r\u00e9nal. Les signes sont une fi\u00e8vre \u00e9lev\u00e9e (39-40 \u00b0C), des frissons, des douleurs lombaires unilat\u00e9rales (fosse lombaire), un syndrome infectieux marqu\u00e9. La py\u00e9lon\u00e9phrite est une urgence m\u00e9dicale qui n\u00e9cessite des antibiotiques et parfois une hospitalisation. <strong>La phytoth\u00e9rapie n&rsquo;a aucune place comme traitement unique d&rsquo;une py\u00e9lon\u00e9phrite<\/strong> \u2014 elle peut \u00eatre un compl\u00e9ment mais ne remplace pas l&rsquo;antibioth\u00e9rapie dans cette indication.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les <strong>facteurs de risque<\/strong> de l&rsquo;infection urinaire chez la femme sont nombreux : rapports sexuels (la cystite \u00ab de la lune de miel \u00bb est un classique \u2014 la m\u00e9canique du co\u00eft propulse les bact\u00e9ries p\u00e9rin\u00e9ales vers l&rsquo;ur\u00e8tre), utilisation de spermicides (qui perturbent la flore vaginale protectrice), constipation (la stase f\u00e9cale entretient une prolif\u00e9ration bact\u00e9rienne p\u00e9rin\u00e9ale), hydratation insuffisante (le flux urinaire est un m\u00e9canisme de lavage naturel), v\u00eatements serr\u00e9s et sous-v\u00eatements synth\u00e9tiques (chaleur et humidit\u00e9), m\u00e9nopause (la carence \u0153strog\u00e9nique modifie le pH vaginal et la flore, favorisant la colonisation par les ent\u00e9robact\u00e9ries).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les <strong>cystites r\u00e9cidivantes<\/strong> (plus de trois \u00e9pisodes par an ou plus de deux en six mois) repr\u00e9sentent un vrai probl\u00e8me de sant\u00e9 publique. L&rsquo;antibioth\u00e9rapie r\u00e9p\u00e9t\u00e9e cr\u00e9e des r\u00e9sistances, perturbe le microbiote, et ne traite pas le terrain. C&rsquo;est ici que la phytoth\u00e9rapie prend toute sa valeur : pr\u00e9vention des r\u00e9cidives par la canneberge, modification du terrain par les plantes antiseptiques urinaires et les diur\u00e9tiques doux, restauration de la flore vaginale, correction des facteurs de risque.<\/p>\n<h2 id=\"uri-lithiases\">VI. LITHIASES URINAIRES<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les lithiases urinaires (\u00ab calculs r\u00e9naux \u00bb) touchent environ 10 % de la population au cours de la vie, avec un pic entre 30 et 50 ans et une pr\u00e9dominance masculine (2 \u00e0 3 hommes pour une femme). Leur fr\u00e9quence augmente dans les pays industrialis\u00e9s, en lien probable avec les modifications alimentaires (exc\u00e8s de prot\u00e9ines animales, de sel, de sucres, hydratation insuffisante).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Un calcul se forme quand une substance normalement dissoute dans l&rsquo;urine atteint une concentration telle qu&rsquo;elle cristallise. Les principaux types de calculs sont :<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">\u2014 Les calculs d&rsquo;<strong>oxalate de calcium<\/strong> (70 \u00e0 80 % des cas) : les plus fr\u00e9quents. Favoris\u00e9s par l&rsquo;hypercalciurie, l&rsquo;hyperoxalurie (consommation excessive d&rsquo;aliments riches en oxalates : \u00e9pinards, rhubarbe, betterave, chocolat, th\u00e9 noir), la d\u00e9shydratation.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">\u2014 Les calculs d&rsquo;<strong>acide urique<\/strong> (10 \u00e0 15 %) : favoris\u00e9s par les urines acides (pH &lt; 5,5), l&#039;hyperuric\u00e9mie (goutte), l&#039;exc\u00e8s de purines alimentaires (abats, charcuterie, bi\u00e8re). Particularit\u00e9 : ils sont radiotransparents (invisibles \u00e0 la radiographie simple, visibles \u00e0 l&#039;\u00e9chographie et au scanner) et peuvent se dissoudre par alcalinisation des urines.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">\u2014 Les calculs de <strong>phosphate de calcium<\/strong> (5 \u00e0 10 %) : favoris\u00e9s par les urines alcalines (pH &gt; 7), l&rsquo;hyperparathyro\u00efdie, les infections urinaires \u00e0 germes ur\u00e9asiques (<em>Proteus<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">\u2014 Les calculs de <strong>struvite<\/strong> (phosphate ammoniaco-magn\u00e9sien, 5 %) : toujours associ\u00e9s \u00e0 une infection urinaire par des germes producteurs d&rsquo;ur\u00e9ase. Calculs \u00ab coralliformes \u00bb qui moulent les cavit\u00e9s r\u00e9nales.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">\u2014 Les calculs de <strong>cystine<\/strong> (rares, 1 %) : maladie g\u00e9n\u00e9tique (cystinurie).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La colique n\u00e9phr\u00e9tique \u2014 douleur paroxystique caus\u00e9e par la migration d&rsquo;un calcul dans l&rsquo;uret\u00e8re \u2014 est l&rsquo;une des douleurs les plus intenses connues en m\u00e9decine. Elle se manifeste par une douleur lombaire unilat\u00e9rale irradiant vers l&rsquo;aine, intense, en vagues, accompagn\u00e9e d&rsquo;agitation (le patient ne trouve aucune position de soulagement), de naus\u00e9es, parfois d&rsquo;h\u00e9maturie. C&rsquo;est une urgence qui n\u00e9cessite une prise en charge antalgique rapide.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La pr\u00e9vention des r\u00e9cidives lithiasiques repose sur trois piliers : l&rsquo;<strong>hydratation abondante<\/strong> (objectif : diur\u00e8se sup\u00e9rieure \u00e0 2 litres par jour, soit boire 2,5 \u00e0 3 litres d&rsquo;eau), les <strong>modifications alimentaires<\/strong> (r\u00e9duction du sel, des prot\u00e9ines animales, des oxalates selon le type de calcul) et les <strong>plantes antilithiasiques<\/strong> qui augmentent la diur\u00e8se, modifient le pH urinaire, et inhibent la cristallisation.<\/p>\n<h2 id=\"uri-diuretiques\">VII. PLANTES DIUR\u00c9TIQUES<\/h2>\n<figure style=\"float:left;margin:0 2rem 1.5rem 0;max-width:340px\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/urinaire_bouleau.jpg\" alt=\"Planche botanique du Bouleau - Betula pendula\" style=\"width:100%;height:auto;border:1px solid #d4b896\" \/><figcaption style=\"font-style:italic;font-size:0.9rem;color:#5c564e;text-align:center;margin-top:0.4rem\">Planche II. Bouleau verruqueux \u2014 <em>Betula pendula<\/em>.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les plantes diur\u00e9tiques augmentent le volume d&rsquo;urine excr\u00e9t\u00e9, contribuant ainsi au \u00ab lavage \u00bb des voies urinaires, \u00e0 la pr\u00e9vention des infections par dilution et \u00e0 l&rsquo;\u00e9vacuation du sable et des microcristaux. Leur action est en g\u00e9n\u00e9ral plus douce que celle des diur\u00e9tiques de synth\u00e8se (furos\u00e9mide, hydrochlorothiazide) et s&rsquo;accompagne moins souvent de perturbations ioniques \u2014 mais elle est aussi moins puissante et inadapt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;urgence m\u00e9dicale (\u0153d\u00e8me aigu pulmonaire, insuffisance cardiaque d\u00e9compens\u00e9e).<\/p>\n<h3>Bouleau \u2014 <em>Betula pendula, B. pubescens<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les feuilles de bouleau sont l&rsquo;un des diur\u00e9tiques v\u00e9g\u00e9taux les mieux document\u00e9s de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Elles contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (hyp\u00e9roside, quercitrine), des <strong>triterp\u00e8nes<\/strong>, des <strong>saponines<\/strong> et des <strong>tanins<\/strong> qui augmentent le volume urinaire sans perturber significativement l&rsquo;excr\u00e9tion du potassium (\u00e0 la diff\u00e9rence des diur\u00e9tiques de l&rsquo;anse). La monographie de la Commission E allemande et celle de l&rsquo;ESCOP reconnaissent les feuilles de bouleau comme \u00ab diur\u00e9tique aquar\u00e9tique \u00bb dans les infections des voies urinaires et la pr\u00e9vention des calculs.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le terme \u00ab aquar\u00e9tique \u00bb est important : il d\u00e9signe un diur\u00e9tique qui augmente l&rsquo;excr\u00e9tion d&rsquo;eau sans augmenter proportionnellement l&rsquo;excr\u00e9tion de sodium \u2014 un \u00ab diur\u00e9tique de dilution \u00bb plus qu&rsquo;un \u00ab diur\u00e9tique salin \u00bb. Ce profil est id\u00e9al pour le lavage des voies urinaires.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Tisane : deux \u00e0 trois cuill\u00e8res \u00e0 soupe de feuilles s\u00e9ch\u00e9es pour 500 mL, d\u00e9part \u00e0 froid, fr\u00e9missement, infuser quinze minutes. Boire dans la journ\u00e9e. Cure de trois \u00e0 quatre semaines en pr\u00e9vention des r\u00e9cidives infectieuses ou lithiasiques. La s\u00e8ve de bouleau (r\u00e9colt\u00e9e au printemps) est aussi diur\u00e9tique et drainante, en cure de trois semaines.<\/p>\n<h3>Orthosiphon \u2014 <em>Orthosiphon stamineus<\/em> (th\u00e9 de Java)<\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">L&rsquo;orthosiphon est une Lamiac\u00e9e tropicale d&rsquo;Asie du Sud-Est, largement utilis\u00e9e dans la m\u00e9decine traditionnelle malaise et indon\u00e9sienne pour les affections r\u00e9nales et v\u00e9sicales. Ses feuilles contiennent des <strong>diterp\u00e8nes<\/strong>, des <strong>flavono\u00efdes lipophiles<\/strong> (sinens\u00e9tine, eupatorine) et des <strong>sels de potassium<\/strong> abondants. Son action diur\u00e9tique est puissante et bien document\u00e9e (augmentation du volume urinaire de 30 \u00e0 60 % dans les \u00e9tudes). Il est aussi l\u00e9g\u00e8rement <strong>hypouric\u00e9miant<\/strong> (il favorise l&rsquo;excr\u00e9tion de l&rsquo;acide urique) et <strong>antilithiasique<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Tisane : deux cuill\u00e8res \u00e0 soupe de feuilles s\u00e9ch\u00e9es pour 500 mL, d\u00e9part \u00e0 froid, fr\u00e9missement, infuser quinze minutes. Boire dans la journ\u00e9e, de pr\u00e9f\u00e9rence entre les repas. Cure de trois \u00e0 quatre semaines. Association classique avec le bouleau et la piloselle pour une action diur\u00e9tique synergique.<\/p>\n<h3>Piloselle \u2014 <em>Hieracium pilosella<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La piloselle est une petite Ast\u00e9rac\u00e9e commune des terrains secs et ensoleill\u00e9s, reconnaissable \u00e0 sa rosette de feuilles velues et \u00e0 son capitule jaune citron solitaire. Ses feuilles et sa plante enti\u00e8re sont utilis\u00e9es depuis le Moyen \u00c2ge comme diur\u00e9tique puissant. Elle contient des <strong>coumarines<\/strong> (ombellif\u00e9rone), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>. Son action diur\u00e9tique est consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;une des plus marqu\u00e9es parmi les plantes europ\u00e9ennes \u2014 la tradition rapporte qu&rsquo;elle peut doubler le volume urinaire. Elle est aussi l\u00e9g\u00e8rement antibact\u00e9rienne urinaire.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Tisane : une cuill\u00e8re \u00e0 soupe de plante enti\u00e8re s\u00e9ch\u00e9e pour 250 mL, d\u00e9part \u00e0 froid, fr\u00e9missement, infuser dix minutes. Deux \u00e0 trois tasses par jour. Aussi disponible en teinture-m\u00e8re et en extrait fluide. Cure de deux \u00e0 trois semaines. Pr\u00e9caution : son effet diur\u00e9tique puissant impose de boire suffisamment d&rsquo;eau en parall\u00e8le.<\/p>\n<h3>Reine-des-pr\u00e9s \u2014 <em>Filipendula ulmaria<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La reine-des-pr\u00e9s, Rosac\u00e9e des prairies humides, est surtout connue comme anti-inflammatoire et antalgique (pr\u00e9curseur de l&rsquo;aspirine \u2014 l&rsquo;acide spirique, devenu acide ac\u00e9tylsalicylique, tire son nom de <em>Spiraea<\/em>, ancien genre de la plante). Mais elle est aussi un diur\u00e9tique mod\u00e9r\u00e9 et un d\u00e9puratif urinaire. Ses d\u00e9riv\u00e9s salicyl\u00e9s ont une action anti-inflammatoire qui prot\u00e8ge la muqueuse v\u00e9sicale, et son effet diur\u00e9tique doux contribue au lavage. Tisane : une cuill\u00e8re \u00e0 soupe de sommit\u00e9s fleuries pour 250 mL, d\u00e9part \u00e0 froid, fr\u00e9missement tr\u00e8s doux (ne pas bouillir \u2014 les salicyl\u00e9s sont volatils), infuser dix minutes. Deux \u00e0 trois tasses par jour. Contre-indication : allergie \u00e0 l&rsquo;aspirine.<\/p>\n<h3>Verge-d&rsquo;or \u2014 <em>Solidago virgaurea<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La verge-d&rsquo;or est reconnue par la Commission E allemande et par l&rsquo;ESCOP comme traitement adjuvant des infections urinaires et de la pr\u00e9vention des calculs. Ses <strong>saponines<\/strong>, ses <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et ses <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> exercent une action diur\u00e9tique, anti-inflammatoire et l\u00e9g\u00e8rement antiseptique urinaire. Plusieurs \u00e9tudes in vitro et cliniques confirment cette triple action. Tisane : une cuill\u00e8re \u00e0 soupe de sommit\u00e9s fleuries pour 250 mL, d\u00e9part \u00e0 froid, fr\u00e9missement, infuser quinze minutes. Trois tasses par jour. Excellente tol\u00e9rance, aucune contre-indication majeure.<\/p>\n<h2 id=\"uri-antiseptiques\">VIII. PLANTES ANTISEPTIQUES URINAIRES<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les plantes antiseptiques urinaires exercent une action antibact\u00e9rienne directe au niveau des voies urinaires, apr\u00e8s m\u00e9tabolisation et excr\u00e9tion r\u00e9nale de leurs principes actifs. Leur m\u00e9canisme d&rsquo;action est diff\u00e9rent de celui des antibiotiques de synth\u00e8se : elles ne visent pas une cible bact\u00e9rienne unique mais perturbent l&rsquo;adh\u00e9sion, le m\u00e9tabolisme ou la membrane des bact\u00e9ries uropathog\u00e8nes.<\/p>\n<h3>Busserole \u2014 <em>Arctostaphylos uva-ursi<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La busserole (raisin d&rsquo;ours) est la plante antiseptique urinaire de r\u00e9f\u00e9rence en phytoth\u00e9rapie europ\u00e9enne. Ses feuilles contiennent 6 \u00e0 12 % d&rsquo;<strong>arbutine<\/strong>, h\u00e9t\u00e9roside ph\u00e9nolique qui est hydrolys\u00e9 en <strong>hydroquinone libre<\/strong> dans les voies urinaires. L&rsquo;hydroquinone est un antiseptique urinaire puissant, actif sur <em>E. coli<\/em>, <em>Proteus<\/em>, <em>Klebsiella<\/em>, <em>Staphylococcus<\/em>. Son action n\u00e9cessite un <strong>pH urinaire alcalin<\/strong> (sup\u00e9rieur \u00e0 7) pour que l&rsquo;arbutine soit correctement hydrolys\u00e9e \u2014 c&rsquo;est pourquoi on recommande d&rsquo;alcaliniser les urines pendant le traitement (bicarbonate de sodium, eau de Vichy, r\u00e9gime v\u00e9g\u00e9tarien riche en l\u00e9gumes).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La Commission E allemande, l&rsquo;ESCOP et la monographie HMPC\/EMA reconnaissent la busserole comme traitement des \u00ab infections urinaires basses non compliqu\u00e9es \u00bb. Tisane : une cuill\u00e8re \u00e0 soupe de feuilles s\u00e9ch\u00e9es pour 250 mL, id\u00e9alement en <strong>mac\u00e9ration \u00e0 froid<\/strong> (douze heures \u2014 pour limiter l&rsquo;extraction des tanins qui irritent l&rsquo;estomac), ti\u00e9dir l\u00e9g\u00e8rement avant de boire. Trois \u00e0 quatre tasses par jour pendant cinq \u00e0 sept jours maximum. Ne pas d\u00e9passer une semaine de cure ni plus de cinq cures par an (l&rsquo;hydroquinone \u00e0 forte dose et prolong\u00e9e est h\u00e9patotoxique).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Pr\u00e9cautions : ne pas utiliser pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement, ni chez l&rsquo;enfant de moins de 12 ans. Ne pas associer \u00e0 des acidifiants urinaires (vitamine C \u00e0 forte dose, canneberge \u2014 qui acidifie) car cela neutralise l&rsquo;effet de la busserole.<\/p>\n<h3>Bruy\u00e8re \u2014 <em>Calluna vulgaris, Erica cinerea<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les sommit\u00e9s fleuries de bruy\u00e8re (callune commune ou bruy\u00e8re cendr\u00e9e) contiennent de l&rsquo;arbutine (en quantit\u00e9 moindre que la busserole), des <strong>proanthocyanidines<\/strong>, des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong>triterp\u00e8nes<\/strong>. Son action antiseptique urinaire est plus douce que celle de la busserole, ce qui permet des cures plus longues (trois \u00e0 quatre semaines). Elle est aussi diur\u00e9tique et l\u00e9g\u00e8rement anti-inflammatoire v\u00e9sicale. La bruy\u00e8re est la plante id\u00e9ale de la pr\u00e9vention des r\u00e9cidives chez les femmes sujettes aux cystites \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition \u2014 en alternance avec la busserole pour les \u00e9pisodes aigus.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Tisane : une cuill\u00e8re \u00e0 soupe de sommit\u00e9s fleuries pour 250 mL, d\u00e9part \u00e0 froid, fr\u00e9missement, infuser dix minutes. Trois tasses par jour. Cure de trois \u00e0 quatre semaines, renouvelable apr\u00e8s une pause d&rsquo;une semaine. Tol\u00e9rance excellente, aucune contre-indication majeure.<\/p>\n<h3>Gen\u00e9vrier \u2014 <em>Juniperus communis<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les baies (c\u00f4nes charnus) de gen\u00e9vrier commun contiennent une huile essentielle riche en <strong>alpha-pin\u00e8ne<\/strong>, <strong>myrc\u00e8ne<\/strong> et <strong>terpin\u00e9ol<\/strong>, qui s&rsquo;excr\u00e8te partiellement par voie r\u00e9nale et exerce une action antiseptique et diur\u00e9tique directe au niveau des voies urinaires. Le gen\u00e9vrier est un \u00ab diur\u00e9tique chaud \u00bb \u2014 il augmente la filtration glom\u00e9rulaire par vasodilatation de l&rsquo;art\u00e9riole aff\u00e9rente. Son usage est ancien (il est mentionn\u00e9 par Dioscoride et Galien).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Tisane : une cuill\u00e8re \u00e0 caf\u00e9 de baies l\u00e9g\u00e8rement \u00e9cras\u00e9es pour 250 mL, d\u00e9part \u00e0 froid, d\u00e9coction douce cinq minutes, infuser dix minutes. Deux tasses par jour maximum. Cure courte (dix \u00e0 quinze jours). Pr\u00e9caution importante : le gen\u00e9vrier est <strong>contre-indiqu\u00e9 en cas de n\u00e9phrite ou d&rsquo;insuffisance r\u00e9nale<\/strong> (l&rsquo;huile essentielle peut aggraver une inflammation r\u00e9nale pr\u00e9existante). Contre-indiqu\u00e9 aussi pendant la grossesse. Ne pas utiliser en cas de calculs r\u00e9naux obstructifs (le gen\u00e9vrier augmente la filtration et peut mobiliser un calcul pr\u00e9matur\u00e9ment).<\/p>\n<h3>Thym (rappel urinaire)<\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le thymol et le carvacrol du thym s&rsquo;excr\u00e8tent partiellement par voie r\u00e9nale sous forme de m\u00e9tabolites conservant une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne. Le thym, bien que principalement respiratoire, contribue aussi au versant antiseptique urinaire quand il est pris en tisane. Il s&rsquo;associe tr\u00e8s bien \u00e0 la busserole et \u00e0 la bruy\u00e8re.<\/p>\n<h2 id=\"uri-antilithiasiques\">IX. PLANTES ANTILITHIASIQUES<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les plantes antilithiasiques agissent par plusieurs m\u00e9canismes : augmentation de la diur\u00e8se (dilution des solut\u00e9s cristallisables), modification du pH urinaire (dissolution des calculs d&rsquo;acide urique en milieu alcalin), inhibition de la nucl\u00e9ation et de la croissance cristalline, et \u00e9limination du sable urinaire avant qu&rsquo;il ne devienne calcul.<\/p>\n<h3>Aubier de tilleul \u2014 <em>Tilia sapwood<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">L&rsquo;aubier de tilleul (la partie vivante du bois, entre l&rsquo;\u00e9corce et le c\u0153ur) est le rem\u00e8de antilithiasique majeur de la pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise traditionnelle. Il contient des <strong>phloroglucinols<\/strong> (tiliadine), des <strong>coumarines<\/strong> (fraxoside) et des <strong>tanins cat\u00e9chiques<\/strong>. Son action est triple : <strong>antispasmodique<\/strong> des voies urinaires (il rel\u00e2che les muscles lisses des uret\u00e8res et facilite la migration des petits calculs), <strong>chol\u00e9r\u00e9tique<\/strong> (il stimule la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire \u2014 b\u00e9n\u00e9fice indirect sur le m\u00e9tabolisme des oxalates et du cholest\u00e9rol) et <strong>diur\u00e9tique mod\u00e9r\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La tradition clinique fran\u00e7aise rapporte de nombreux cas de dissolution ou d&rsquo;expulsion de petits calculs sous cure d&rsquo;aubier de tilleul. L&rsquo;usage le plus document\u00e9 est celui de l&rsquo;aubier de tilleul du Roussillon (<em>Tilia platyphyllos<\/em> var. <em>argentea<\/em>), r\u00e9colt\u00e9 sur des arbres sauvages des Pyr\u00e9n\u00e9es orientales. D\u00e9coction : 40 \u00e0 50 grammes d&rsquo;aubier en copeaux pour un litre d&rsquo;eau froide, porter \u00e0 fr\u00e9missement et laisser r\u00e9duire d&rsquo;un tiers (environ vingt minutes de d\u00e9coction douce), filtrer. Boire ce litre dans la journ\u00e9e, entre les repas. Cure de vingt et un jours, \u00e0 renouveler apr\u00e8s une pause de dix jours. En pr\u00e9vention chez le lithiasique r\u00e9cidivant : une cure de trois semaines \u00e0 chaque changement de saison.<\/p>\n<h3>Chiendent \u2014 <em>Elymus repens<\/em> (syn. <em>Agropyron repens<\/em>)<\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le rhizome de chiendent, mauvaise herbe universellement d\u00e9test\u00e9e des jardiniers, est un diur\u00e9tique et antilithiasique traditionnel de premier plan. Il contient des <strong>fructanes<\/strong> (polysaccharides), des <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong>, du <strong>mannitol<\/strong> et des <strong>sels de potassium<\/strong>. Son action diur\u00e9tique douce, son absence quasi totale de toxicit\u00e9, et sa disponibilit\u00e9 en font une plante de base de toute cure de \u00ab drainage r\u00e9nal \u00bb. La Commission E allemande reconna\u00eet le chiendent dans les \u00ab irrigations des voies urinaires lors d&rsquo;infections et de la pr\u00e9vention des calculs \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">D\u00e9coction : deux cuill\u00e8res \u00e0 soupe de rhizomes coup\u00e9s pour 500 mL d&rsquo;eau froide, porter au fr\u00e9missement, d\u00e9coction douce dix minutes, infuser dix minutes, filtrer. Boire dans la journ\u00e9e. Cure de trois \u00e0 quatre semaines. Peut se combiner \u00e0 toutes les autres plantes urinaires sans restriction.<\/p>\n<h3>Pr\u00eale des champs \u2014 <em>Equisetum arvense<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La pr\u00eale des champs est une plante diur\u00e9tique et remin\u00e9ralisante, riche en <strong>silice<\/strong> (jusqu&rsquo;\u00e0 10 % de mati\u00e8re s\u00e8che), en <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et en <strong>sels de potassium<\/strong>. Son action diur\u00e9tique est reconnue par la Commission E et l&rsquo;ESCOP. Elle est aussi l\u00e9g\u00e8rement antilithiasique \u2014 la silice collo\u00efdale pourrait inhiber la cristallisation de l&rsquo;oxalate de calcium (hypoth\u00e8se en cours d&rsquo;\u00e9tude). La pr\u00eale est surtout int\u00e9ressante comme remin\u00e9ralisante (silice biodisponible pour os, tendons, phan\u00e8res) en association avec son effet diur\u00e9tique.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Tisane : une cuill\u00e8re \u00e0 soupe de tiges s\u00e9ch\u00e9es pour 250 mL, d\u00e9part \u00e0 froid, d\u00e9coction cinq minutes (la silice n\u00e9cessite un peu de chaleur pour \u00eatre extraite), infuser dix minutes. Deux \u00e0 trois tasses par jour. Cure de trois semaines maximum (des cas de carence en thiamine par destruction de la thiaminase ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s en usage tr\u00e8s prolong\u00e9). Pr\u00e9caution : ne pas confondre avec la pr\u00eale des marais (<em>Equisetum palustre<\/em>), toxique \u2014 r\u00e9colter uniquement <em>E. arvense<\/em> ou acheter en herboristerie contr\u00f4l\u00e9e.<\/p>\n<h3>Desmodium \u2014 <em>Desmodium adscendens<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le desmodium, Fabac\u00e9e tropicale d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, est surtout connu comme h\u00e9patoprotecteur. Mais la m\u00e9decine traditionnelle ghan\u00e9enne et togolaise l&rsquo;utilise aussi dans les coliques n\u00e9phr\u00e9tiques et la pr\u00e9vention des calculs. Ses <strong>alcalo\u00efdes<\/strong> (tryptamine) et ses <strong>saponines<\/strong> exercent un effet antispasmodique sur les muscles lisses urinaires, facilitant le passage des petits calculs. En association avec l&rsquo;aubier de tilleul, le desmodium est un compl\u00e9ment int\u00e9ressant lors des crises de colique n\u00e9phr\u00e9tique (en compl\u00e9ment du traitement antalgique m\u00e9dical, non en remplacement).<\/p>\n<h2 id=\"uri-antiinflammatoires\">X. PLANTES ANTI-INFLAMMATOIRES V\u00c9SICALES<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">L&rsquo;inflammation de la muqueuse v\u00e9sicale \u2014 qu&rsquo;elle soit infectieuse (cystite bact\u00e9rienne) ou non infectieuse (cystite interstitielle, cystite radique, cystite irritative) \u2014 provoque br\u00fblures, urgenturies, pollakiurie. Au-del\u00e0 de l&rsquo;antisepsie, des plantes protectrices et anti-inflammatoires de la muqueuse v\u00e9sicale sont pr\u00e9cieuses.<\/p>\n<h3>Guimauve \u2014 <em>Althaea officinalis<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les mucilages de la racine de guimauve, en mac\u00e9ration \u00e0 froid, exercent un effet protecteur et adoucissant sur les muqueuses \u2014 y compris la muqueuse urinaire. Apr\u00e8s absorption, une partie des polysaccharides est excr\u00e9t\u00e9e par voie r\u00e9nale et taisse un film protecteur sur l&rsquo;uroth\u00e9lium irrit\u00e9. La guimauve est particuli\u00e8rement indiqu\u00e9e dans les cystites \u00e0 br\u00fblures intenses, les cystites post-infectieuses o\u00f9 la douleur persiste apr\u00e8s disparition des germes, et la cystite interstitielle (syndrome douloureux v\u00e9sical chronique). Mac\u00e9ration \u00e0 froid : une cuill\u00e8re \u00e0 soupe de racines pour 250 mL, repos une nuit, filtrer. Trois tasses par jour.<\/p>\n<h3>Mauve \u2014 <em>Malva sylvestris<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Comme la guimauve, la mauve est riche en mucilages protecteurs. Ses fleurs et feuilles, en tisane, adoucissent les muqueuses irrit\u00e9es. Elle est plus douce et plus disponible que la guimauve (tr\u00e8s commune dans les friches). Tisane : deux cuill\u00e8res \u00e0 soupe de fleurs et feuilles pour 250 mL, d\u00e9part \u00e0 froid, fr\u00e9missement doux, infuser quinze minutes. Trois tasses par jour.<\/p>\n<h3>Plantain \u2014 <em>Plantago lanceolata<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le plantain lanc\u00e9ol\u00e9 combine mucilages, irido\u00efdes anti-inflammatoires et tanins astringents. Il est aussi bien adapt\u00e9 aux muqueuses respiratoires que v\u00e9sicales. Dans la cystite aigu\u00eb, il calme l&rsquo;inflammation et adoucit la muqueuse. Deux \u00e0 trois tasses par jour, en association avec un antiseptique urinaire (busserole, bruy\u00e8re).<\/p>\n<h3>Reine-des-pr\u00e9s (rappel anti-inflammatoire)<\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les d\u00e9riv\u00e9s salicyl\u00e9s de la reine-des-pr\u00e9s exercent une action anti-inflammatoire douce sur les voies urinaires, en compl\u00e9ment de leur effet diur\u00e9tique. Particuli\u00e8rement int\u00e9ressante dans les cystites r\u00e9cidivantes \u00e0 composante inflammatoire marqu\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"uri-prostate\">XI. HYPERTROPHIE PROSTATIQUE ET PLANTES<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">L&rsquo;<strong>hypertrophie b\u00e9nigne de la prostate<\/strong> (HBP) touche 50 % des hommes apr\u00e8s 50 ans et 80 % apr\u00e8s 80 ans. La prostate, qui entoure l&rsquo;ur\u00e8tre comme un anneau, grossit progressivement sous l&rsquo;effet de la dihydrotestost\u00e9rone (DHT) et comprime le canal ur\u00e9tral. Les sympt\u00f4mes (SBAU \u2014 sympt\u00f4mes du bas appareil urinaire) comprennent : jet faible, mictions fr\u00e9quentes (surtout nocturnes \u2014 nycturie), sensation de vidange incompl\u00e8te, urgenturies, gouttes retardataires. L&rsquo;HBP n&rsquo;est pas un cancer, mais elle peut coexister avec un cancer prostatique (\u00e0 d\u00e9pister s\u00e9par\u00e9ment par le PSA et le toucher rectal).<\/p>\n<h3>Palmier nain \u2014 <em>Serenoa repens<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le palmier nain (saw palmetto) est la plante la mieux \u00e9tudi\u00e9e dans l&rsquo;HBP. Ses baies contiennent des <strong>acides gras<\/strong>, des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> et des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> qui inhibent la <strong>5-alpha-r\u00e9ductase<\/strong> (enzyme qui convertit la testost\u00e9rone en DHT), bloquent les r\u00e9cepteurs alpha-1-adr\u00e9nergiques du stroma prostatique (effet de rel\u00e2chement du col v\u00e9sical), et exercent une action anti-inflammatoire locale. Plusieurs m\u00e9ta-analyses (dont Cochrane 2012) donnent des r\u00e9sultats contradictoires \u2014 les \u00e9tudes les plus anciennes montrent un b\u00e9n\u00e9fice significatif, les plus r\u00e9centes (STEP et CAMUS, grandes \u00e9tudes am\u00e9ricaines) n&rsquo;ont pas confirm\u00e9 de sup\u00e9riorit\u00e9 sur le placebo aux doses et formulations test\u00e9es. Le d\u00e9bat reste ouvert. Les extraits lipido-st\u00e9roliques standardis\u00e9s (320 mg\/jour) restent largement prescrits en Europe avec une satisfaction clinique r\u00e9elle chez de nombreux patients \u2014 effet r\u00e9el ou effet placebo robuste, les deux hypoth\u00e8ses coexistent.<\/p>\n<h3>Prunier d&rsquo;Afrique \u2014 <em>Prunus africana<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">L&rsquo;\u00e9corce de prunier d&rsquo;Afrique contient des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> (b\u00eata-sitost\u00e9rol), des <strong>triterp\u00e8nes pentacycliques<\/strong> et des <strong>acides gras<\/strong>. Son efficacit\u00e9 dans l&rsquo;HBP est document\u00e9e par une m\u00e9ta-analyse Cochrane (Wilt et al., 2002) qui conclut \u00e0 une am\u00e9lioration modeste mais significative des sympt\u00f4mes urinaires par rapport au placebo. Posologie : extrait standardis\u00e9 100 mg\/jour en une prise. Pr\u00e9caution \u00e9cologique : l&rsquo;esp\u00e8ce est surexploit\u00e9e en Afrique et class\u00e9e en annexe II de la CITES \u2014 privil\u00e9gier les sources certifi\u00e9es durables.<\/p>\n<h3>Racine d&rsquo;ortie \u2014 <em>Urtica dioica<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La racine d&rsquo;ortie (\u00e0 distinguer des feuilles, utilis\u00e9es comme diur\u00e9tique et anti-allergique) contient des <strong>lectines<\/strong>, des <strong>lignanes<\/strong> et des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> qui inhibent l&rsquo;aromatase et la SHBG (Sex Hormone-Binding Globulin), r\u00e9duisant la stimulation androg\u00e9nique de la prostate. Plusieurs \u00e9tudes cliniques confirment une am\u00e9lioration des sympt\u00f4mes urinaires de l&rsquo;HBP, surtout en association avec le palmier nain (la combinaison Serenoa + Urtica est l&rsquo;une des plus prescrites en Allemagne). Posologie : extrait de racine 300 \u00e0 600 mg\/jour.<\/p>\n<h3>Courge (graines) \u2014 <em>Cucurbita pepo<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les graines de courge sont riches en <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> (delta-7-st\u00e9rols sp\u00e9cifiques des Cucurbitac\u00e9es), en <strong>zinc<\/strong> (cofacteur de la 5-alpha-r\u00e9ductase), en <strong>acides gras insatur\u00e9s<\/strong> et en <strong>vitamine E<\/strong>. Leur usage dans les troubles prostatiques est reconnu par la Commission E allemande. Une \u00e0 deux cuill\u00e8res \u00e0 soupe de graines d\u00e9cortiqu\u00e9es par jour, en collation, suffisent comme pr\u00e9vention. Des extraits standardis\u00e9s existent pour un usage th\u00e9rapeutique. Excellente tol\u00e9rance, aucun effet secondaire connu.<\/p>\n<h3>\u00c9pilobe \u2014 <em>Epilobium parviflorum<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">L&rsquo;\u00e9pilobe \u00e0 petites fleurs est une plante traditionnellement utilis\u00e9e en Europe centrale pour les troubles prostatiques, popularis\u00e9e par Maria Treben. Ses <strong>tanins ellagiques<\/strong> (\u0153noth\u00e9ine B) inhibent la 5-alpha-r\u00e9ductase et l&rsquo;aromatase in vitro. Les donn\u00e9es cliniques sont encore limit\u00e9es mais la tradition d&rsquo;usage est solide. Tisane : une cuill\u00e8re \u00e0 soupe de plante enti\u00e8re (parties a\u00e9riennes) pour 250 mL, d\u00e9part \u00e0 froid, fr\u00e9missement, infuser dix minutes. Deux tasses par jour en cure continue.<\/p>\n<h2 id=\"uri-canneberge\">XII. CANNEBERGE ET PR\u00c9VENTION DES R\u00c9CIDIVES<\/h2>\n<figure style=\"float:right;margin:0 0 1.5rem 2rem;max-width:340px\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/urinaire_canneberge.jpg\" alt=\"Planche botanique de la Canneberge - Vaccinium macrocarpon\" style=\"width:100%;height:auto;border:1px solid #d4b896\" \/><figcaption style=\"font-style:italic;font-size:0.9rem;color:#5c564e;text-align:center;margin-top:0.4rem\">Planche III. Canneberge \u00e0 gros fruits \u2014 <em>Vaccinium macrocarpon<\/em>.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La canneberge d&rsquo;Am\u00e9rique (<em>cranberry<\/em>) est probablement la plante urinaire la plus \u00e9tudi\u00e9e au monde, avec des dizaines d&rsquo;essais cliniques et plusieurs m\u00e9ta-analyses. Son m\u00e9canisme d&rsquo;action est original et bien \u00e9lucid\u00e9 : les <strong>proanthocyanidines de type A<\/strong> (PAC-A), sp\u00e9cifiques de la canneberge, emp\u00eachent l&rsquo;adh\u00e9sion d&rsquo;<em>Escherichia coli<\/em> aux cellules de l&rsquo;uroth\u00e9lium en bloquant les fimbriae de type P (les \u00ab crochets \u00bb bact\u00e9riens qui s&rsquo;accrochent \u00e0 la paroi v\u00e9sicale). Sans adh\u00e9sion, les bact\u00e9ries sont emport\u00e9es par le flux urinaire et ne peuvent coloniser la vessie.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Cet effet <strong>anti-adh\u00e9sion<\/strong> est pr\u00e9ventif, non curatif : la canneberge n&rsquo;a pas d&rsquo;effet antibact\u00e9rien direct et ne traite pas une cystite d\u00e9j\u00e0 install\u00e9e. Son indication est la <strong>pr\u00e9vention des r\u00e9cidives<\/strong> chez les femmes sujettes aux cystites \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Les donn\u00e9es cliniques sont globalement positives mais variables selon les \u00e9tudes et les pr\u00e9parations utilis\u00e9es. La m\u00e9ta-analyse Cochrane la plus r\u00e9cente (Jepson et al., 2012, mise \u00e0 jour 2023) conclut \u00e0 une r\u00e9duction d&rsquo;environ 25 \u00e0 30 % du risque de r\u00e9cidive chez les femmes jeunes avec cystites r\u00e9cidivantes. La dose efficace est estim\u00e9e \u00e0 au moins <strong>36 mg de PAC-A par jour<\/strong> \u2014 c&rsquo;est le seuil au-dessous duquel l&rsquo;effet devient incertain. Certaines pr\u00e9parations du commerce sont sous-dos\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Formes d&rsquo;utilisation : jus de canneberge pur (non sucr\u00e9 \u2014 250 \u00e0 500 mL par jour, saveur tr\u00e8s acide), g\u00e9lules d&rsquo;extrait standardis\u00e9 en PAC-A (36 mg\/jour minimum), comprim\u00e9s, poudre. Le jus \u00ab cocktail cranberry \u00bb du commerce, dilu\u00e9 et sucr\u00e9, est insuffisamment dos\u00e9. Cure longue (trois \u00e0 six mois minimum pour juger de l&rsquo;efficacit\u00e9 en pr\u00e9vention).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Pr\u00e9cautions : la canneberge <strong>acidifie les urines<\/strong> \u2014 ne pas associer simultan\u00e9ment \u00e0 la busserole (qui n\u00e9cessite des urines alcalines). Espacer les prises : canneberge le matin, busserole le soir, ou alterner les semaines. La canneberge peut potentialiser les anticoagulants oraux (AVK \u2014 warfarine) par inhibition du CYP2C9 \u2014 surveiller l&rsquo;INR en d\u00e9but de cure. Contre-indication : lithiase oxalique (la canneberge augmente l&rsquo;excr\u00e9tion d&rsquo;oxalate \u2014 elle est d\u00e9conseill\u00e9e chez les formateurs de calculs d&rsquo;oxalate de calcium).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le <strong>D-mannose<\/strong>, un sucre simple naturellement pr\u00e9sent dans la canneberge et dans d&rsquo;autres fruits, agit par un m\u00e9canisme similaire (inhibition de l&rsquo;adh\u00e9sion des fimbriae de type 1 d&rsquo;<em>E. coli<\/em>). Plusieurs \u00e9tudes r\u00e9centes (Kranj\u010dec et al., 2014) montrent une efficacit\u00e9 comparable \u00e0 celle de la nitrofuranto\u00efne en pr\u00e9vention des r\u00e9cidives. Posologie : 2 grammes par jour en poudre dilu\u00e9e dans un verre d&rsquo;eau, en cure de trois \u00e0 six mois.<\/p>\n<h2 id=\"uri-gemmo\">XIII. GEMMOTH\u00c9RAPIE URINAIRE<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La gemmoth\u00e9rapie offre plusieurs mac\u00e9rats de bourgeons \u00e0 tropisme r\u00e9nal et v\u00e9sical, en compl\u00e9ment ou en alternative aux tisanes.<\/p>\n<h3>Bourgeon de bouleau \u2014 <em>Betula pendula<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le bourgeon de bouleau est le draineur r\u00e9nal par excellence de la gemmoth\u00e9rapie. Il stimule la diur\u00e8se, favorise l&rsquo;\u00e9limination de l&rsquo;acide urique et des d\u00e9chets azot\u00e9s, et exerce un effet anti-inflammatoire mod\u00e9r\u00e9 sur les voies urinaires. Posologie : 5 \u00e0 15 gouttes de mac\u00e9rat-m\u00e8re par jour. Cure de trois semaines \u00e0 chaque changement de saison, ou en continu pendant un \u00e0 deux mois en cas de terrain lithiasique ou de goutte.<\/p>\n<h3>Bourgeon de gen\u00e9vrier \u2014 <em>Juniperus communis<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le bourgeon de gen\u00e9vrier est un draineur h\u00e9patique et r\u00e9nal profond. Il est traditionnellement indiqu\u00e9 dans les insuffisances r\u00e9nales mod\u00e9r\u00e9es, les r\u00e9tentions hydriques, les terrains goutteux. Son action est plus douce que celle des baies en tisane, ce qui permet un usage prolong\u00e9 sans les pr\u00e9cautions li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;huile essentielle des baies. 5 \u00e0 15 gouttes par jour. Association classique avec le bourgeon de bouleau pour un drainage r\u00e9nal complet.<\/p>\n<h3>Bourgeon de bruy\u00e8re \u2014 <em>Calluna vulgaris<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le bourgeon de bruy\u00e8re concentre les propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques et anti-inflammatoires des sommit\u00e9s fleuries. Il est indiqu\u00e9 dans les cystites r\u00e9cidivantes, en cure de fond. 5 \u00e0 15 gouttes par jour, en alternance avec le bourgeon de bouleau. Particuli\u00e8rement adapt\u00e9 aux femmes en p\u00e9riode p\u00e9ri-m\u00e9nopausique, quand la carence \u0153strog\u00e9nique favorise les r\u00e9cidives infectieuses.<\/p>\n<h3>Bourgeon de s\u00e9quoia \u2014 <em>Sequoiadendron giganteum<\/em><\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Le bourgeon de s\u00e9quoia g\u00e9ant est le sp\u00e9cifique gemmoth\u00e9rapique de la prostate. Il est traditionnellement prescrit chez l&rsquo;homme de plus de 50 ans en pr\u00e9vention et en traitement des sympt\u00f4mes de l&rsquo;HBP. Son action est \u00e0 la fois anti-inflammatoire prostatique et tonique g\u00e9n\u00e9ral (le s\u00e9quoia est consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab gemmoth\u00e9rapique de la s\u00e9nescence masculine \u00bb). 5 \u00e0 15 gouttes par jour en cure longue (deux \u00e0 trois mois).<\/p>\n<h2 id=\"uri-tisanes\">XIV. FORMULAIRE DE TISANES<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Toutes les pr\u00e9parations suivantes se font en <strong>d\u00e9part \u00e0 froid<\/strong> : plantes dans l&rsquo;eau froide, mont\u00e9e en temp\u00e9rature jusqu&rsquo;au fr\u00e9missement (ne jamais atteindre l&rsquo;\u00e9bullition franche), retirer du feu, couvrir, laisser infuser le temps indiqu\u00e9, filtrer. Sauf mention contraire (mac\u00e9rations froides).<\/p>\n<h3>Tisane de la cystite aigu\u00eb \u2014 antiseptique et adoucissante<\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Composition :<\/strong> Busserole (feuilles) 30 g \u2014 Bruy\u00e8re (sommit\u00e9s fleuries) 25 g \u2014 Guimauve (racine) 20 g \u2014 Thym (sommit\u00e9s) 15 g \u2014 R\u00e9glisse (racine) 10 g.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Pr\u00e9paration :<\/strong> Une cuill\u00e8re \u00e0 soupe du m\u00e9lange pour 250 mL d&rsquo;eau froide. Mac\u00e9ration \u00e0 froid douze heures (pour la busserole et la guimauve), ti\u00e9dir l\u00e9g\u00e8rement avant de boire. Filtrer.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Posologie :<\/strong> Quatre tasses par jour pendant cinq \u00e0 sept jours. Alcaliniser les urines en parall\u00e8le (eau de Vichy, bicarbonate).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Indication :<\/strong> Cystite aigu\u00eb non compliqu\u00e9e (sans fi\u00e8vre ni douleur lombaire). Consulter si pas d&rsquo;am\u00e9lioration en 48 heures.<\/p>\n<h3>Tisane de la pr\u00e9vention des r\u00e9cidives \u2014 drainage et terrain<\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Composition :<\/strong> Bruy\u00e8re (sommit\u00e9s fleuries) 30 g \u2014 Bouleau (feuilles) 25 g \u2014 Verge-d&rsquo;or (sommit\u00e9s) 20 g \u2014 Orthosiphon (feuilles) 15 g \u2014 Reine-des-pr\u00e9s (sommit\u00e9s fleuries) 10 g.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Pr\u00e9paration :<\/strong> Deux cuill\u00e8res \u00e0 soupe du m\u00e9lange pour 500 mL d&rsquo;eau froide. Fr\u00e9missement, couvrir, infuser quinze minutes. Filtrer.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Posologie :<\/strong> Boire dans la journ\u00e9e. Cure de trois \u00e0 quatre semaines par mois, pendant trois \u00e0 six mois.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Indication :<\/strong> Cystites r\u00e9cidivantes (en alternance avec la canneberge). Pr\u00e9vention chez la femme m\u00e9nopaus\u00e9e.<\/p>\n<h3>Tisane antilithiasique \u2014 pr\u00e9vention des calculs<\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Composition :<\/strong> Aubier de tilleul (copeaux) 40 g \u2014 Chiendent (rhizome) 25 g \u2014 Bouleau (feuilles) 20 g \u2014 Pr\u00eale (tiges) 15 g.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Pr\u00e9paration :<\/strong> Trois cuill\u00e8res \u00e0 soupe du m\u00e9lange pour 750 mL d&rsquo;eau froide. Porter au fr\u00e9missement, d\u00e9coction douce quinze minutes, infuser dix minutes. Filtrer.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Posologie :<\/strong> Boire dans la journ\u00e9e (en plus de l&rsquo;eau plate \u2014 objectif total de 2,5 \u00e0 3 litres de liquide par jour). Cure de vingt et un jours, pause dix jours, renouveler. Quatre cures par an chez le lithiasique r\u00e9cidivant.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Indication :<\/strong> Pr\u00e9vention des r\u00e9cidives de lithiase urinaire (oxalate et urate). Drainage post-colique n\u00e9phr\u00e9tique.<\/p>\n<h3>Tisane prostatique \u2014 confort urinaire masculin<\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Composition :<\/strong> \u00c9pilobe (parties a\u00e9riennes) 30 g \u2014 Ortie racine 25 g \u2014 Verge-d&rsquo;or (sommit\u00e9s) 20 g \u2014 Piloselle (plante enti\u00e8re) 15 g \u2014 R\u00e9glisse (racine) 10 g.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Pr\u00e9paration :<\/strong> Une cuill\u00e8re \u00e0 soupe du m\u00e9lange pour 250 mL d&rsquo;eau froide. Fr\u00e9missement, couvrir, infuser douze minutes. Filtrer.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Posologie :<\/strong> Trois tasses par jour, en cure de fond de deux \u00e0 trois mois. Associer \u00e9ventuellement des graines de courge en collation et un extrait de palmier nain.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Indication :<\/strong> Troubles urinaires de l&rsquo;hypertrophie b\u00e9nigne de la prostate (jet faible, nycturie, pollakiurie). Ne dispense pas du suivi urologique.<\/p>\n<h3>Tisane du drainage r\u00e9nal printanier<\/h3>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Composition :<\/strong> Bouleau (feuilles) 30 g \u2014 Piloselle (plante enti\u00e8re) 25 g \u2014 Orthosiphon (feuilles) 25 g \u2014 Cassis (feuilles) 20 g.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Pr\u00e9paration :<\/strong> Deux cuill\u00e8res \u00e0 soupe du m\u00e9lange pour 500 mL d&rsquo;eau froide. Fr\u00e9missement, couvrir, infuser quinze minutes. Filtrer.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Posologie :<\/strong> Boire dans la journ\u00e9e. Cure de trois semaines au printemps et \u00e0 l&rsquo;automne.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Indication :<\/strong> Drainage r\u00e9nal saisonnier, r\u00e9tention hydrique l\u00e9g\u00e8re, pr\u00e9vention des r\u00e9cidives lithiasiques, accompagnement de la goutte.<\/p>\n<h2 id=\"uri-hygiene\">XV. HYGI\u00c8NE URINAIRE<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">Comme pour tous les syst\u00e8mes, les plantes m\u00e9dicinales ne donnent leur pleine mesure que sur un socle d&rsquo;hygi\u00e8ne de vie solide.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Hydratation.<\/strong> C&rsquo;est le premier pilier. L&rsquo;objectif est une diur\u00e8se d&rsquo;au moins 1,5 litre par jour (2 litres chez le lithiasique). Cela implique de boire 2 \u00e0 2,5 litres de liquide par jour (eau, tisanes, bouillons \u2014 pas d&rsquo;alcool ni de boissons sucr\u00e9es qui ne comptent pas de la m\u00eame mani\u00e8re). Les urines doivent \u00eatre claires, p\u00e2les \u2014 des urines fonc\u00e9es et concentr\u00e9es sont le signe d&rsquo;une hydratation insuffisante. L&rsquo;hydratation dilue les solut\u00e9s cristallisables (pr\u00e9vention des calculs), maintient un flux de lavage (pr\u00e9vention des infections), et pr\u00e9serve la fonction r\u00e9nale.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Mictions r\u00e9guli\u00e8res.<\/strong> Ne jamais retenir ses urines pendant des heures. La stase urinaire favorise la multiplication bact\u00e9rienne. Uriner toutes les trois \u00e0 quatre heures est un rythme physiologique. Uriner syst\u00e9matiquement apr\u00e8s les rapports sexuels chez la femme (\u00e9vacuation m\u00e9canique des bact\u00e9ries propuls\u00e9es vers l&rsquo;ur\u00e8tre pendant le co\u00eft \u2014 mesure simple dont l&rsquo;efficacit\u00e9 pr\u00e9ventive est bien d\u00e9montr\u00e9e).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Hygi\u00e8ne intime.<\/strong> Chez la femme : toilette externe uniquement (pas de douche vaginale qui d\u00e9truit la flore protectrice), essuyage d&rsquo;avant en arri\u00e8re (pas de l&rsquo;arri\u00e8re vers l&rsquo;avant qui ram\u00e8ne les bact\u00e9ries f\u00e9cales vers l&rsquo;ur\u00e8tre), sous-v\u00eatements en coton, \u00e9viter les produits irritants (savons parfum\u00e9s, lingettes, d\u00e9odorants intimes). Chez l&rsquo;homme : d\u00e9calottage et rin\u00e7age quotidien suffisent.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Alimentation.<\/strong> Pour la pr\u00e9vention des calculs : limiter les prot\u00e9ines animales (qui augmentent l&rsquo;excr\u00e9tion de calcium, d&rsquo;oxalate et d&rsquo;acide urique), limiter le sel (qui augmente la calciurie), limiter les oxalates alimentaires (\u00e9pinards, rhubarbe, betterave, chocolat, th\u00e9 noir) chez les formateurs de calculs oxaliques, maintenir un apport calcique normal (le calcium alimentaire fixe l&rsquo;oxalate dans l&rsquo;intestin et r\u00e9duit son absorption \u2014 un r\u00e9gime pauvre en calcium augmente paradoxalement le risque de calculs oxaliques). Consommer des fruits et l\u00e9gumes en abondance (effet alcalinisant des urines \u2014 pr\u00e9vention des calculs uriques). Limiter le fructose (boissons sucr\u00e9es) qui augmente l&rsquo;uric\u00e9mie.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Transit intestinal.<\/strong> La constipation est un facteur de risque d&rsquo;infection urinaire chez la femme (stase f\u00e9cale \u2192 prolif\u00e9ration bact\u00e9rienne p\u00e9rin\u00e9ale \u2192 contamination ur\u00e9trale). Maintenir un transit r\u00e9gulier par les fibres, l&rsquo;hydratation et l&rsquo;activit\u00e9 physique contribue \u00e0 la pr\u00e9vention des cystites.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Activit\u00e9 physique.<\/strong> L&rsquo;exercice r\u00e9gulier am\u00e9liore la perfusion r\u00e9nale, stimule la diur\u00e8se, r\u00e9duit la r\u00e9tention hydrique, et pr\u00e9vient la stase urinaire. Chez l&rsquo;homme, il contribue aussi \u00e0 la sant\u00e9 prostatique (plusieurs \u00e9tudes montrent un lien entre s\u00e9dentarit\u00e9 et s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des sympt\u00f4mes d&rsquo;HBP).<\/p>\n<h2 id=\"uri-precautions\">XVI. PR\u00c9CAUTIONS ET INTERACTIONS<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">La phytoth\u00e9rapie urinaire est globalement bien tol\u00e9r\u00e9e, mais plusieurs points de vigilance sont indispensables.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Insuffisance r\u00e9nale.<\/strong> Chez l&rsquo;insuffisant r\u00e9nal (DFG abaiss\u00e9), toute plante diur\u00e9tique doit \u00eatre utilis\u00e9e avec prudence et sous surveillance m\u00e9dicale. Le gen\u00e9vrier est formellement contre-indiqu\u00e9. Le bouleau, l&rsquo;orthosiphon et la piloselle sont en g\u00e9n\u00e9ral bien tol\u00e9r\u00e9s aux stades mod\u00e9r\u00e9s mais d\u00e9conseill\u00e9s en insuffisance r\u00e9nale s\u00e9v\u00e8re (stade 4-5). La pr\u00eale, par sa teneur en silice et potassium, est \u00e0 \u00e9viter en cas d&rsquo;IRC avanc\u00e9e (risque d&rsquo;hyperkali\u00e9mie).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Grossesse.<\/strong> La busserole est contre-indiqu\u00e9e (l&rsquo;hydroquinone est un toxique potentiel). Le gen\u00e9vrier est contre-indiqu\u00e9 (ut\u00e9rotonique). La canneberge semble s\u00fbre aux doses alimentaires mais manque d&rsquo;\u00e9tudes formelles \u00e0 doses th\u00e9rapeutiques. Le bouleau et la bruy\u00e8re sont consid\u00e9r\u00e9s comme s\u00fbrs. En cas de cystite pendant la grossesse : consulter syst\u00e9matiquement (risque de py\u00e9lon\u00e9phrite et de pr\u00e9maturit\u00e9).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses.<\/strong> La canneberge peut potentialiser les AVK (warfarine) \u2014 surveiller l&rsquo;INR. La r\u00e9glisse (si pr\u00e9sente dans les m\u00e9langes) interagit avec les antihypertenseurs et les diur\u00e9tiques. La busserole peut th\u00e9oriquement interf\u00e9rer avec les traitements acidifiants ou alcalinisants. Les plantes diur\u00e9tiques peuvent potentialiser les diur\u00e9tiques de synth\u00e8se (risque de d\u00e9shydratation, d&rsquo;hypotension, de perturbations ioniques) \u2014 signaler au m\u00e9decin.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Busserole : limites de dur\u00e9e.<\/strong> L&rsquo;hydroquinone lib\u00e9r\u00e9e par l&rsquo;arbutine est h\u00e9patotoxique en usage prolong\u00e9. Ne jamais d\u00e9passer une semaine de cure ni plus de cinq cures par an. Ne pas utiliser la busserole en continu comme pr\u00e9ventif \u2014 pr\u00e9f\u00e9rer la bruy\u00e8re ou la canneberge pour les cures longues.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Lithiase obstructive.<\/strong> En cas de calcul bloqu\u00e9 dans l&rsquo;uret\u00e8re (colique n\u00e9phr\u00e9tique aigu\u00eb), les plantes diur\u00e9tiques peuvent aggraver la douleur en augmentant la pression en amont de l&rsquo;obstacle. Attendre la r\u00e9solution de la crise (antispasmodiques, AINS) avant de reprendre les tisanes de drainage. L&rsquo;aubier de tilleul, par son effet antispasmodique, fait exception partielle mais ne dispense pas du traitement m\u00e9dical de la crise.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>H\u00e9maturie.<\/strong> Toute pr\u00e9sence de sang dans les urines (visible \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu ou d\u00e9tect\u00e9e \u00e0 la bandelette) impose une consultation m\u00e9dicale avant toute autom\u00e9dication par les plantes. L&rsquo;h\u00e9maturie peut r\u00e9v\u00e9ler un cancer v\u00e9sical, un calcul, une glom\u00e9rulon\u00e9phrite \u2014 conditions qui n\u00e9cessitent un diagnostic pr\u00e9cis.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Limites de la phytoth\u00e9rapie.<\/strong> Toute py\u00e9lon\u00e9phrite, toute cystite f\u00e9brile ou compliqu\u00e9e, toute r\u00e9tention aigu\u00eb d&rsquo;urine, toute colique n\u00e9phr\u00e9tique avec fi\u00e8vre (urgence chirurgicale potentielle), toute insuffisance r\u00e9nale aigu\u00eb, rel\u00e8vent de la m\u00e9decine conventionnelle en urgence. La phytoth\u00e9rapie est un compl\u00e9ment pr\u00e9cieux dans les affections chroniques et r\u00e9cidivantes, un traitement de premi\u00e8re intention raisonnable dans la cystite simple de la femme jeune, mais elle ne remplace ni l&rsquo;antibioth\u00e9rapie quand celle-ci est n\u00e9cessaire, ni la chirurgie quand un calcul est obstructif.<\/p>\n<h2 id=\"uri-synthese\">XVII. SYNTH\u00c8SE EN COUCHES<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">L&rsquo;approche phytoth\u00e9rapique du syst\u00e8me urinaire se structure en couches concentriques :<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Couche 1 \u2014 Hygi\u00e8ne urinaire de base.<\/strong> Hydratation abondante (2 \u00e0 2,5 L\/jour), mictions r\u00e9guli\u00e8res, hygi\u00e8ne intime adapt\u00e9e, miction post-co\u00eftale chez la femme, transit intestinal r\u00e9gulier, activit\u00e9 physique. Ce socle pr\u00e9vient \u00e0 lui seul une grande partie des infections et des calculs.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Couche 2 \u2014 Terrain et drainage de fond.<\/strong> Cures saisonni\u00e8res de plantes diur\u00e9tiques douces (bouleau + orthosiphon + piloselle) trois semaines \u00e0 chaque changement de saison. Gemmoth\u00e9rapie : bourgeon de bouleau + bourgeon de gen\u00e9vrier. Alimentation adapt\u00e9e au type de calcul (si lithiasique). Canneberge ou D-mannose en cure longue chez la femme \u00e0 cystites r\u00e9cidivantes.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Couche 3 \u2014 Traitement de l&rsquo;\u00e9pisode aigu.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">\u2014 Cystite aigu\u00eb simple : busserole + bruy\u00e8re + guimauve (antiseptique + adoucissant), cinq \u00e0 sept jours. Alcaliniser les urines. Si pas d&rsquo;am\u00e9lioration en 48 heures : consultation.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">\u2014 Pr\u00e9vention lithiasique : aubier de tilleul + chiendent + bouleau en cure de vingt et un jours. Hydratation renforc\u00e9e (3 L\/jour).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">\u2014 Troubles prostatiques : \u00e9pilobe + ortie racine + palmier nain, cure de deux \u00e0 trois mois. Bourgeon de s\u00e9quoia. Graines de courge quotidiennes.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Couche 4 \u2014 Restauration post-infectieuse.<\/strong> Apr\u00e8s une infection urinaire ou un \u00e9pisode lithiasique : guimauve + plantain (restauration de la muqueuse), bouleau + verge-d&rsquo;or (drainage doux), cure de deux \u00e0 trois semaines.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\"><strong>Couche 5 \u2014 Situations sp\u00e9cifiques.<\/strong> M\u00e9nopause et cystites r\u00e9cidivantes : bruy\u00e8re + canneberge + gemmoth\u00e9rapie (bruy\u00e8re + cassis). Goutte : orthosiphon + bouleau + cassis (feuilles). R\u00e9tention hydrique : piloselle + orthosiphon + reine-des-pr\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"uri-biblio\">XVIII. BIBLIOGRAPHIE<\/h2>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">1. Jepson RG, Williams G, Craig JC. Cranberries for preventing urinary tract infections. <em>Cochrane Database of Systematic Reviews<\/em>. 2012;(10):CD001321.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">2. Kranj\u010dec B, Pape\u0161 D, Altarac S. D-mannose powder for prophylaxis of recurrent urinary tract infections in women. <em>World Journal of Urology<\/em>. 2014;32(1):79-84.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">3. Wilt T, Ishani A, MacDonald R, Stark G, Mulrow C, Lau J. Pygeum africanum for benign prostatic hyperplasia. <em>Cochrane Database of Systematic Reviews<\/em>. 2002;(1):CD001044.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">4. Tacklind J, MacDonald R, Rutks I, Stanke JU, Wilt TJ. Serenoa repens for benign prostatic hyperplasia. <em>Cochrane Database of Systematic Reviews<\/em>. 2012;(12):CD001423.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">5. Schindler G, Patzak U, Brinkhaus B, von Nieciecki A, Wittig J, Kr\u00e4hmer N, Gl\u00f6ckl I, Veit M. Urinary excretion and metabolism of arbutin after oral administration of Arctostaphylos uvae ursi extract as film-coated tablets. <em>Journal of Clinical Pharmacology<\/em>. 2002;42(8):920-927.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">6. Yarnell E. Botanical medicines for the urinary tract. <em>World Journal of Urology<\/em>. 2002;20(5):285-293.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">7. ESCOP Monographs: Betulae folium, Uvae ursi folium, Solidaginis virgaureae herba. <em>The Scientific Foundation for Herbal Medicinal Products<\/em>. 2e \u00e9d. Exeter: ESCOP; 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">8. Blumenthal M, Goldberg A, Brinckmann J. <em>Herbal Medicine: Expanded Commission E Monographs<\/em>. Newton: Integrative Medicine Communications; 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">9. Bruneton J. <em>Pharmacognosie \u2014 Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris: Lavoisier Tec &amp; Doc; 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">10. Wichtl M, Anton R. <em>Plantes th\u00e9rapeutiques \u2014 Tradition, pratique officinale, science et th\u00e9rapeutique<\/em>. 2e \u00e9d. Paris: Lavoisier Tec &amp; Doc; 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">11. Guyton AC, Hall JE. Renal physiology. In: <em>Textbook of Medical Physiology<\/em>. 14e \u00e9d. Philadelphia: Elsevier; 2021.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">12. Eaton DC, Pooler JP. <em>Vander&rsquo;s Renal Physiology<\/em>. 9e \u00e9d. New York: McGraw-Hill; 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">13. Foxman B. Epidemiology of urinary tract infections: incidence, morbidity, and economic costs. <em>The American Journal of Medicine<\/em>. 2002;113(Suppl 1A):5S-13S.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">14. Romero V, Akpinar H, Assimos DG. Kidney stones: a global picture of prevalence, incidence, and associated risk factors. <em>Reviews in Urology<\/em>. 2010;12(2-3):e86-e96.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7\">15. Cai T, Caola I, Tessarolo F, Piccoli F, D&rsquo;Elia C, Caciagli P, Nollo G, Malossini G, Nesi G, Mazzoli S, Bartoletti R. Solidago, orthosiphon, birch and cranberry extracts can decrease microbial colonization and biofilm development in indwelling urinary catheter. <em>World Journal of Urology<\/em>. 2014;32(4):1019-1024.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify;line-height:1.7;font-style:italic;margin-top:3rem;padding-top:1.5rem;border-top:1px solid #d4b896\">Cet article est propos\u00e9 \u00e0 titre informatif et \u00e9ducatif. Il ne se substitue en aucun cas \u00e0 un diagnostic m\u00e9dical ni \u00e0 un traitement prescrit par un professionnel de sant\u00e9. Toute infection urinaire f\u00e9brile, toute h\u00e9maturie, toute colique n\u00e9phr\u00e9tique, toute r\u00e9tention aigu\u00eb d&rsquo;urine, rel\u00e8vent d&rsquo;une prise en charge m\u00e9dicale. L&rsquo;usage des plantes m\u00e9dicinales, m\u00eame traditionnelles, engage la responsabilit\u00e9 individuelle et doit s&rsquo;inscrire dans une d\u00e9marche de sant\u00e9 globale, en dialogue avec les soignants.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le syst\u00e8me urinaire est l&rsquo;\u00e9purateur silencieux du corps humain. 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