{"id":10997,"date":"2026-05-07T09:04:49","date_gmt":"2026-05-07T07:04:49","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/07\/cuisiner-les-racines-sauvages-bardane-panais-pissenlit-chicoree-salsifis-des-pres-un-garde-manger-souterrain-oublie\/"},"modified":"2026-06-18T08:44:35","modified_gmt":"2026-06-18T06:44:35","slug":"cuisiner-les-racines-sauvages-bardane-panais-pissenlit-chicoree-salsifis-des-pres-un-garde-manger-souterrain-oublie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/07\/cuisiner-les-racines-sauvages-bardane-panais-pissenlit-chicoree-salsifis-des-pres-un-garde-manger-souterrain-oublie\/","title":{"rendered":"Cuisiner les racines sauvages \u2014 bardane, panais, pissenlit, chicor\u00e9e, salsifis des pr\u00e9s : un garde-manger souterrain oubli\u00e9"},"content":{"rendered":"<div style=\"border:2px solid #c0392b;background:#fdecea;padding:12px 16px;margin:0 0 1.5em;border-radius:6px;color:#2d2a26\"><strong>\u26a0\ufe0f S\u00e9curit\u00e9 \u2014 identification avant cueillette :<\/strong> au stade rosette ou racine, des confusions <strong>mortelles<\/strong> existent : panais et carotte sauvages \u2194 grande cigu\u00eb et \u0153nanthe safran\u00e9e ; bardane \u2194 belladone et digitale. Ne r\u00e9colter qu\u2019une plante formellement identifi\u00e9e (id\u00e9alement rep\u00e9r\u00e9e en fleur l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente).<\/div>\n<p><em>Avant la pomme de terre, avant la carotte orange des Hollandais, avant le navet rond des mara\u00eechers, l&rsquo;humanit\u00e9 europ\u00e9enne se nourrissait de racines sauvages. La bardane, dont le go\u00fbt rappelle l&rsquo;artichaut et le salsifis, est rest\u00e9e un l\u00e9gume courant au Japon sous le nom de gobo \u2014 alors que l&rsquo;Europe l&rsquo;a oubli\u00e9e. Le panais sauvage, anc\u00eatre de notre panais cultiv\u00e9, pousse dans les prairies calcaires et fournit une racine sucr\u00e9e et parfum\u00e9e que nos arri\u00e8re-grands-parents connaissaient. Le salsifis des pr\u00e9s, la raiponce, la carotte sauvage, la racine de pissenlit torr\u00e9fi\u00e9e, la racine de chicor\u00e9e : autant de saveurs disparues de nos assiettes. Ces racines ne sont pas seulement savoureuses \u2014 elles sont nutritionnellement remarquables. Riches en inuline pr\u00e9biotique, en min\u00e9raux puis\u00e9s en profondeur dans le sol, en vitamines et en compos\u00e9s bioactifs, elles surpassent souvent leurs descendantes cultiv\u00e9es sur le plan nutritionnel. Cette monographie explore les principales racines sauvages comestibles d&rsquo;Europe : leur identification, leur valeur nutritionnelle, leurs saisons de r\u00e9colte, leurs modes de pr\u00e9paration, et les pr\u00e9cautions indispensables pour \u00e9viter les confusions dangereuses.<\/em><\/p>\n<div style=\"background-color:#FAF6E9;border:1px solid #C8A951;border-radius:8px;padding:18px 24px;margin:28px 0;font-size:1.05em\">\n<strong style=\"text-align:center;margin-bottom:10px;font-size:1.15em\">Sommaire<\/strong><\/p>\n<div style=\"columns:2;column-gap:2.5em\">\n<a href=\"#racines-nutrition\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">I. Pourquoi les racines sauvages sont-elles si nutritives ?<\/a><br \/>\n<a href=\"#recolte-principes\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">II. Principes g\u00e9n\u00e9raux de la r\u00e9colte<\/a><br \/>\n<a href=\"#bardane\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">III. La bardane \u2014 le gobo europ\u00e9en oubli\u00e9<\/a><br \/>\n<a href=\"#panais\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">IV. Le panais sauvage \u2014 douceur des prairies calcaires<\/a><br \/>\n<a href=\"#pissenlit\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">V. La racine de pissenlit \u2014 du pr\u00e9biotique au caf\u00e9<\/a><br \/>\n<a href=\"#chicoree\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">VI. La chicor\u00e9e sauvage \u2014 amertume et inuline<\/a><br \/>\n<a href=\"#salsifis\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">VII. Le salsifis des pr\u00e9s \u2014 la barbe-de-bouc<\/a><br \/>\n<a href=\"#carotte\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">VIII. La carotte sauvage \u2014 anc\u00eatre et mod\u00e8le<\/a><br \/>\n<a href=\"#raiponce\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">IX. La raiponce \u2014 la racine de Raiponce<\/a><br \/>\n<a href=\"#consoude\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">X. La consoude \u2014 d\u00e9bat et prudence<\/a><br \/>\n<a href=\"#autres\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XI. Autres racines : r\u00e9glisse, guimauve, beno\u00eete<\/a><br \/>\n<a href=\"#mineraux\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XII. Min\u00e9raux et oligo-\u00e9l\u00e9ments des racines profondes<\/a><br \/>\n<a href=\"#inuline\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XIII. Inuline et pr\u00e9biotiques des racines d&rsquo;Ast\u00e9rac\u00e9es<\/a><br \/>\n<a href=\"#cuisson\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XIV. Techniques de cuisson<\/a><br \/>\n<a href=\"#recettes\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XV. Recettes<\/a><br \/>\n<a href=\"#confusions\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XVI. Confusions dangereuses<\/a><br \/>\n<a href=\"#precautions\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XVII. Pr\u00e9cautions et contre-indications<\/a><br \/>\n<a href=\"#synthese\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XVIII. Synth\u00e8se<\/a>\n<\/div>\n<\/div>\n<figure style=\"margin:30px 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/racines-1.jpg\" alt=\"Arctium lappa \u2014 racine de bardane fra\u00eechement d\u00e9terr\u00e9e, longue racine pivotante brune \u00e0 chair blanche\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-size:0.93em;color:#6B5B3E;margin-top:6px\">Arctium lappa \u2014 la grande bardane, d\u00e9terr\u00e9e en automne. Sa longue racine pivotante \u00e0 chair blanche et ferme est le \u00ab gobo \u00bb de la cuisine japonaise, un l\u00e9gume-racine oubli\u00e9 en Europe.<\/figcaption><\/figure>\n<h2 id=\"racines-nutrition\">I. Pourquoi les racines sauvages sont-elles si nutritives ?<\/h2>\n<p>Les racines des plantes sauvages remplissent deux fonctions vitales : l&rsquo;<strong>ancrage<\/strong> dans le sol et le <strong>stockage des r\u00e9serves<\/strong> pour la survie hivernale et la repousse printani\u00e8re. Cette double fonction explique leur richesse nutritionnelle exceptionnelle.<\/p>\n<p>En tant qu&rsquo;organes d&rsquo;ancrage, les racines plongent profond\u00e9ment dans le sol \u2014 la racine pivotante du pissenlit atteint 30 \u00e0 50 cm, celle de la bardane 60 \u00e0 90 cm, celle de la chicor\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 1 m\u00e8tre. \u00c0 ces profondeurs, elles acc\u00e8dent \u00e0 des couches min\u00e9rales que les racines superficielles des l\u00e9gumes cultiv\u00e9s ne peuvent atteindre. Elles puisent le <strong>potassium<\/strong>, le <strong>calcium<\/strong>, le <strong>magn\u00e9sium<\/strong>, le <strong>fer<\/strong>, le <strong>zinc<\/strong>, le <strong>mangan\u00e8se<\/strong>, le <strong>s\u00e9l\u00e9nium<\/strong> et les remontent jusqu&rsquo;\u00e0 leurs tissus. C&rsquo;est une forme de bioprospection min\u00e9rale : la plante sauvage fait remonter \u00e0 la surface ce que le sol profond contient.<\/p>\n<p>En tant qu&rsquo;organes de r\u00e9serve, les racines accumulent en automne les produits de la photosynth\u00e8se estivale sous forme de <strong>glucides de r\u00e9serve<\/strong> : amidon chez certaines esp\u00e8ces, <strong>inuline<\/strong> chez les Ast\u00e9rac\u00e9es (pissenlit, chicor\u00e9e, bardane, salsifis, topinambour). Ces r\u00e9serves seront mobilis\u00e9es au printemps pour alimenter la repousse \u2014 c&rsquo;est pourquoi la teneur en sucres et en inuline des racines est maximale en <strong>automne et en hiver<\/strong>, et minimale au printemps apr\u00e8s la mont\u00e9e en fleur.<\/p>\n<p>Les plantes sauvages n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9es pour la tendret\u00e9, la taille ou la douceur. Leurs racines sont souvent plus fibreuses, plus am\u00e8res et plus coriaces que celles des l\u00e9gumes cultiv\u00e9s \u2014 mais aussi plus denses en nutriments. La s\u00e9lection agronomique, en cherchant \u00e0 produire des racines plus grosses, plus tendres et moins am\u00e8res, a syst\u00e9matiquement dilu\u00e9 la concentration en min\u00e9raux, en fibres et en compos\u00e9s bioactifs. La carotte cultiv\u00e9e moderne contient deux fois moins de magn\u00e9sium et trois fois moins de fer que la carotte sauvage dont elle descend.<\/p>\n<p>Les racines sauvages contiennent aussi des <strong>compos\u00e9s bioactifs<\/strong> que les vari\u00e9t\u00e9s cultiv\u00e9es ont perdus : l&rsquo;inuline pr\u00e9biotique du pissenlit, les sesquiterp\u00e8nes lactones amers de la chicor\u00e9e (lactucopicrine, lactucine), les lignanes de la bardane (arctigenine, arctiine), les furanocoumarines du panais, le taraxac\u00e9rol et les triterp\u00e8nes du pissenlit. Ces substances, souvent \u00e9limin\u00e9es par la s\u00e9lection parce qu&rsquo;elles donnent de l&rsquo;amertume, sont pr\u00e9cis\u00e9ment celles qui exercent les effets m\u00e9dicinaux.<\/p>\n<h2 id=\"recolte-principes\">II. Principes g\u00e9n\u00e9raux de la r\u00e9colte<\/h2>\n<p>La r\u00e9colte des racines sauvages ob\u00e9it \u00e0 des r\u00e8gles simples mais imp\u00e9ratives.<\/p>\n<p><strong>La saison.<\/strong> La plupart des racines se r\u00e9coltent d&rsquo;<strong>octobre \u00e0 mars<\/strong>, lorsque la partie a\u00e9rienne de la plante est en repos v\u00e9g\u00e9tatif et que les r\u00e9serves souterraines sont maximales. Une racine de pissenlit r\u00e9colt\u00e9e en juillet, pendant la floraison, est creuse, fibreuse et pauvre en inuline \u2014 la plante a mobilis\u00e9 ses r\u00e9serves pour fleurir. La m\u00eame racine r\u00e9colt\u00e9e en novembre est pleine, charnue et gorg\u00e9e de sucres de r\u00e9serve.<\/p>\n<p><strong>Le sol.<\/strong> R\u00e9colter dans un sol meuble et humide (apr\u00e8s une pluie) facilite consid\u00e9rablement l&rsquo;extraction. Dans un sol sec et compact\u00e9, les racines pivotantes se cassent immanquablement. L&rsquo;outil id\u00e9al est une <strong>fourche-b\u00eache<\/strong> \u00e9troite ou un transplantoir long \u2014 enfoncer l&rsquo;outil \u00e0 10-15 cm de la tige et faire levier pour soulever la motte enti\u00e8re sans casser la racine.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;identification.<\/strong> C&rsquo;est le point critique. Les racines se ressemblent beaucoup entre elles \u2014 elles sont toutes plus ou moins cylindriques, brunes \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, blanch\u00e2tres \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. L&rsquo;identification doit se faire sur la <strong>partie a\u00e9rienne<\/strong> avant l&rsquo;arrachage. C&rsquo;est pourquoi il est conseill\u00e9 de rep\u00e9rer les plantes en \u00e9t\u00e9, lorsque les feuilles et les fleurs permettent une identification certaine, et de noter l&#8217;emplacement pour y revenir en automne.<\/p>\n<p><strong>Le lavage.<\/strong> Brosser les racines sous l&rsquo;eau courante imm\u00e9diatement apr\u00e8s la r\u00e9colte \u2014 la terre s\u00e9ch\u00e9e adh\u00e8re et s&rsquo;incruste dans les anfractuosit\u00e9s. Ne pas \u00e9plucher si la peau est fine (pissenlit, salsifis) \u2014 les compos\u00e9s bioactifs sont concentr\u00e9s sous la peau. \u00c9plucher si la peau est \u00e9paisse et coriace (bardane, panais de gros calibre).<\/p>\n<p><strong>La conservation.<\/strong> Les racines fra\u00eeches se conservent au r\u00e9frig\u00e9rateur, envelopp\u00e9es dans un linge humide, pendant 1 \u00e0 2 semaines. Pour une conservation plus longue : couper en rondelles fines et faire s\u00e9cher au d\u00e9shydrateur ou au four (50\u00b0C, porte entrouverte) pendant 6 \u00e0 12 heures \u2014 les racines s\u00e9ch\u00e9es se conservent 12 mois en bocal herm\u00e9tique.<\/p>\n<h2 id=\"bardane\">III. La bardane \u2014 le gobo europ\u00e9en oubli\u00e9<\/h2>\n<p>La <strong>grande bardane<\/strong> (<em>Arctium lappa<\/em> L., Ast\u00e9rac\u00e9es) est une plante bisannuelle robuste \u00e0 tr\u00e8s grandes feuilles cordiformes (jusqu&rsquo;\u00e0 50 cm de long), \u00e0 tiges ramifi\u00e9es portant des capitules \u00e0 bract\u00e9es crochues (les \u00ab gratteaux \u00bb qui s&rsquo;accrochent aux v\u00eatements et aux poils d&rsquo;animaux). Elle pousse dans les terrains vagues, les d\u00e9combres, les bords de rivi\u00e8re, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res et les haies dans toute la France.<\/p>\n<p>Sa racine pivotante atteint <strong>60 \u00e0 90 cm de longueur<\/strong> et 2 \u00e0 4 cm de diam\u00e8tre. L&rsquo;ext\u00e9rieur est brun fonc\u00e9, rugueux. L&rsquo;int\u00e9rieur est blanc, ferme, l\u00e9g\u00e8rement fibreux, avec un go\u00fbt doux rappelant l&rsquo;artichaut, le salsifis et la ch\u00e2taigne. C&rsquo;est le <strong>gobo<\/strong> (\u725b\u84a1) de la cuisine japonaise, o\u00f9 il est consomm\u00e9 quotidiennement en kinpira (saut\u00e9 sucr\u00e9-sal\u00e9), en tempura, en soupe miso ou en pickles.<\/p>\n<p>La racine de bardane est remarquablement nutritive. Elle contient <strong>10 \u00e0 15 % d&rsquo;inuline<\/strong> sur poids frais (pr\u00e9biotique), 1,5 \u00e0 2 % de prot\u00e9ines, des quantit\u00e9s significatives de <strong>potassium<\/strong> (308 mg\/100 g), de <strong>calcium<\/strong> (41 mg\/100 g), de <strong>magn\u00e9sium<\/strong> (38 mg\/100 g), de <strong>phosphore<\/strong> (51 mg\/100 g), de <strong>fer<\/strong> (0,8 mg\/100 g) et de <strong>mangan\u00e8se<\/strong>.<\/p>\n<p>Elle contient aussi des compos\u00e9s bioactifs uniques : l&rsquo;<strong>arctigenine<\/strong> et l&rsquo;<strong>arctiine<\/strong> (lignanes aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et antivirales), des <strong>acides caf\u00e9oylquiniques<\/strong> (antioxydants), du <strong>sitost\u00e9rol<\/strong> et du <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong> (phytost\u00e9rols hypocholest\u00e9rol\u00e9miants). En m\u00e9decine traditionnelle chinoise et japonaise, la bardane (<em>ni\u00fab\u00e0ng<\/em>) est utilis\u00e9e depuis plus de mille ans comme d\u00e9puratif, diur\u00e9tique et anti-infectieux.<\/p>\n<p>La r\u00e9colte se fait en <strong>automne de la premi\u00e8re ann\u00e9e<\/strong> ou au <strong>tout d\u00e9but du printemps de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e<\/strong>, avant la mont\u00e9e en fleur. Pour distinguer un plant de premi\u00e8re ann\u00e9e (racine exploitable) d&rsquo;un plant de deuxi\u00e8me ann\u00e9e (racine creuse et fibreuse) : le plant de premi\u00e8re ann\u00e9e ne forme qu&rsquo;une rosette de feuilles basales, sans tige florale. D\u00e8s que la tige commence \u00e0 s&rsquo;\u00e9lever, la racine est perdue.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9paration.<\/strong> Brosser sous l&rsquo;eau, \u00e9plucher finement (couteau ou \u00e9plucheur). La chair brunit tr\u00e8s vite \u00e0 l&rsquo;air \u2014 plonger imm\u00e9diatement dans de l&rsquo;eau citronn\u00e9e ou vinaigr\u00e9e. Couper en b\u00e2tonnets fins ou en rondelles. Cuire saut\u00e9 \u00e0 la po\u00eale (kinpira : huile de s\u00e9same, sauce soja, mirin, graines de s\u00e9same), en soupe, r\u00f4ti au four, ou en gratin. Crue, r\u00e2p\u00e9e, elle se consomme en salade avec une vinaigrette relev\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"panais\">IV. Le panais sauvage \u2014 douceur des prairies calcaires<\/h2>\n<p>Le <strong>panais sauvage<\/strong> (<em>Pastinaca sativa<\/em> L. subsp. <em>sylvestris<\/em>, Apiac\u00e9es) est l&rsquo;anc\u00eatre direct du panais cultiv\u00e9. C&rsquo;est une plante bisannuelle \u00e0 tige cannel\u00e9e, \u00e0 feuilles pennatis\u00e9qu\u00e9es \u00e0 segments dent\u00e9s, \u00e0 ombelles de petites fleurs jaunes. Il pousse dans les prairies calcaires, les talus, les bords de route et les friches dans toute la France, surtout dans la moiti\u00e9 nord.<\/p>\n<p>Sa racine pivotante est plus mince et plus fibreuse que celle du panais cultiv\u00e9 (1,5 \u00e0 3 cm de diam\u00e8tre contre 5 \u00e0 8 cm), mais plus parfum\u00e9e et plus sucr\u00e9e proportionnellement. Elle contient des <strong>sucres<\/strong> (5 \u00e0 7 g\/100 g), de l&rsquo;<strong>amidon<\/strong>, des <strong>fibres<\/strong> (4,9 g\/100 g), du <strong>potassium<\/strong> (375 mg\/100 g), de l&rsquo;<strong>acide folique<\/strong> (67 \u00b5g\/100 g), de la <strong>vitamine C<\/strong> (17 mg\/100 g) et de la <strong>vitamine K<\/strong>.<\/p>\n<p>Le panais sauvage contient des <strong>furanocoumarines<\/strong> \u2014 bergapt\u00e8ne, xanthotoxine, isopimpinelline \u2014 concentr\u00e9es surtout dans les feuilles et la tige, et \u00e0 moindre concentration dans la peau de la racine. Ces substances sont <strong>phototoxiques<\/strong> : au contact de la peau, en pr\u00e9sence de rayonnement UV (soleil), elles provoquent des br\u00fblures cutan\u00e9es s\u00e9v\u00e8res (<strong>phytophotodermatite<\/strong>). Porter des gants et des manches longues lors de la r\u00e9colte, et \u00e9viter de manipuler les parties a\u00e9riennes par temps ensoleill\u00e9. La racine elle-m\u00eame, \u00e9pluch\u00e9e et cuite, est parfaitement s\u00fbre \u2014 les furanocoumarines sont d\u00e9truites par la cuisson.<\/p>\n<p>La r\u00e9colte se fait d&rsquo;<strong>octobre \u00e0 mars<\/strong>, sur les plants de premi\u00e8re ann\u00e9e (rosette de feuilles basales sans tige florale). La racine est plus facile \u00e0 arracher dans un sol humide et meuble. Dans un sol argileux compact, elle casse \u2014 utiliser une fourche-b\u00eache.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9paration.<\/strong> \u00c9plucher soigneusement (\u00e9liminer la peau qui concentre les furanocoumarines). Couper en morceaux. Le panais sauvage est excellent <strong>r\u00f4ti au four<\/strong> (200\u00b0C, 30 min, avec un filet d&rsquo;huile d&rsquo;olive et du thym \u2014 les sucres caram\u00e9lisent et d\u00e9veloppent des ar\u00f4mes de noisette et de miel), en <strong>pur\u00e9e<\/strong> (seul ou m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 de la pomme de terre), en <strong>soupe<\/strong> (panais, pomme, gingembre), ou en <strong>chips<\/strong> (tranches fines, four 180\u00b0C, 15 min).<\/p>\n<h2 id=\"pissenlit\">V. La racine de pissenlit \u2014 du pr\u00e9biotique au caf\u00e9<\/h2>\n<p>La racine de <strong>pissenlit<\/strong> (<em>Taraxacum officinale<\/em> F.H. Wigg., Ast\u00e9rac\u00e9es) est un organe de r\u00e9serve remarquable. Longue de 20 \u00e0 50 cm, brune \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, blanche et laiteuse \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur (le latex blanc est caract\u00e9ristique), elle accumule en automne 12 \u00e0 15 % d&rsquo;inuline sur poids frais \u2014 jusqu&rsquo;\u00e0 40 \u00e0 50 % sur mati\u00e8re s\u00e8che.<\/p>\n<p>La racine de pissenlit est le <strong>pr\u00e9biotique sauvage<\/strong> le plus accessible d&rsquo;Europe. L&rsquo;inuline qu&rsquo;elle contient nourrit s\u00e9lectivement les bifidobact\u00e9ries et les lactobacilles du c\u00f4lon, stimule la production d&rsquo;acides gras \u00e0 cha\u00eene courte (butyrate) et am\u00e9liore l&rsquo;absorption du calcium et du magn\u00e9sium. La dose efficace d&rsquo;inuline est de 5 \u00e0 10 g par jour \u2014 atteignable avec 30 \u00e0 50 g de racine fra\u00eeche.<\/p>\n<p>La racine contient aussi des <strong>sesquiterp\u00e8nes lactones amers<\/strong> (taraxacoside, 11,13-dihydrotaraxinic acid glucoside) qui stimulent les s\u00e9cr\u00e9tions digestives \u2014 salive, bile, suc gastrique, suc pancr\u00e9atique. Ces principes amers sont des cholagogues et des chol\u00e9r\u00e9tiques naturels : ils augmentent la production de bile par le foie (chol\u00e9r\u00e8se) et sa lib\u00e9ration par la v\u00e9sicule biliaire (cholagogie), favorisant la digestion des graisses.<\/p>\n<p>La racine contient \u00e9galement des <strong>triterp\u00e8nes<\/strong> (taraxast\u00e9rol, tarax\u00e9rol) aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et h\u00e9patoprotectrices, du <strong>potassium<\/strong> (397 mg\/100 g de racine fra\u00eeche), du <strong>fer<\/strong> et de la <strong>vitamine C<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Tisane de racine de pissenlit.<\/strong> Couper 10 g de racine fra\u00eeche (ou 5 g de racine s\u00e9ch\u00e9e) en petits morceaux. Placer dans 500 mL d&rsquo;eau froide. Porter lentement \u00e0 fr\u00e9missement, laisser fr\u00e9mir 5 minutes, couper le feu et infuser 10 minutes. Filtrer. Boire 2 \u00e0 3 tasses par jour, de pr\u00e9f\u00e9rence avant les repas (effet amer digestif).<\/p>\n<p><strong>Caf\u00e9 de pissenlit.<\/strong> Couper la racine fra\u00eeche en petits d\u00e9s de 5 mm. Faire s\u00e9cher au four \u00e0 80\u00b0C pendant 2 heures. Augmenter \u00e0 180\u00b0C et torr\u00e9fier 15 \u00e0 20 minutes en remuant r\u00e9guli\u00e8rement, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que les morceaux soient brun fonc\u00e9 et craquants. Moudre au moulin \u00e0 caf\u00e9. Pr\u00e9parer comme un caf\u00e9 filtre \u2014 2 cuill\u00e8res \u00e0 caf\u00e9 pour une tasse. Le go\u00fbt est riche, l\u00e9g\u00e8rement caram\u00e9lis\u00e9, sans amertume excessive, avec des notes de noisette et de cacao. C&rsquo;est une alternative sans caf\u00e9ine qui \u00e9tait largement consomm\u00e9e en Europe pendant les p\u00e9riodes de p\u00e9nurie.<\/p>\n<h2 id=\"chicoree\">VI. La chicor\u00e9e sauvage \u2014 amertume et inuline<\/h2>\n<p>La <strong>chicor\u00e9e sauvage<\/strong> (<em>Cichorium intybus<\/em> L., Ast\u00e9rac\u00e9es) est une plante vivace \u00e0 tige rigide tr\u00e8s ramifi\u00e9e, \u00e0 feuilles basales profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es (semblables au pissenlit), et \u00e0 grandes fleurs ligul\u00e9es <strong>bleu intense<\/strong> \u2014 l&rsquo;un des bleus les plus purs du monde v\u00e9g\u00e9tal. Elle pousse dans les terrains calcaires, les bords de route, les jach\u00e8res et les prairies s\u00e8ches dans toute la France.<\/p>\n<p>Sa racine pivotante, blanch\u00e2tre et ramifi\u00e9e, atteint 30 \u00e0 60 cm. Elle est la <strong>source v\u00e9g\u00e9tale la plus riche en inuline au monde<\/strong> : 15 \u00e0 20 % d&rsquo;inuline sur poids frais, 40 \u00e0 75 % sur mati\u00e8re s\u00e8che. C&rsquo;est \u00e0 partir de chicor\u00e9e cultiv\u00e9e que l&rsquo;industrie agroalimentaire produit la quasi-totalit\u00e9 de l&rsquo;inuline et des fructo-oligosaccharides (FOS) commerciaux \u2014 les entreprises Cosucra (Belgique), Beneo-Orafti (Belgique) et Sensus (Pays-Bas) transforment des centaines de milliers de tonnes de racines de chicor\u00e9e par an.<\/p>\n<p>La racine de chicor\u00e9e sauvage est plus am\u00e8re que celle du pissenlit, en raison de sa richesse en <strong>sesquiterp\u00e8nes lactones<\/strong> \u2014 lactucine, lactucopicrine, 8-d\u00e9oxylactucine. Ces principes amers stimulent puissamment les s\u00e9cr\u00e9tions digestives et exercent des effets s\u00e9datifs l\u00e9gers et analg\u00e9siques d\u00e9montr\u00e9s exp\u00e9rimentalement. Ils ont aussi un effet <strong>pr\u00e9biotique indirect<\/strong> : en stimulant la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire, ils am\u00e9liorent l&rsquo;\u00e9mulsification des graisses et l&rsquo;absorption des vitamines liposolubles (A, D, E, K).<\/p>\n<p>La r\u00e9colte de la racine se fait d&rsquo;<strong>octobre \u00e0 f\u00e9vrier<\/strong>. La chicor\u00e9e sauvage \u00e9tant vivace (contrairement au pissenlit, qui est vivace aussi mais se ress\u00e8me surtout), ne pas arracher tous les pieds d&rsquo;un m\u00eame site \u2014 en laisser au moins la moiti\u00e9 pour la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p><strong>Caf\u00e9 de chicor\u00e9e.<\/strong> M\u00eame proc\u00e9d\u00e9 que le caf\u00e9 de pissenlit : laver, couper en d\u00e9s, s\u00e9cher puis torr\u00e9fier au four, moudre. Le go\u00fbt est plus intense et plus amer que le caf\u00e9 de pissenlit, avec des notes de caramel br\u00fbl\u00e9 et de r\u00e9glisse. Le caf\u00e9 de chicor\u00e9e est une tradition du nord de la France et de la Belgique \u2014 pendant les deux guerres mondiales, il a largement remplac\u00e9 le caf\u00e9 import\u00e9. M\u00e9lang\u00e9 \u00e0 du caf\u00e9 (moiti\u00e9-moiti\u00e9), il en att\u00e9nue l&rsquo;amertume et y ajoute de la rondeur.<\/p>\n<figure style=\"margin:30px 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/racines-2.jpg\" alt=\"Pastinaca sativa \u2014 panais sauvage, racine pivotante cr\u00e8me et feuilles pennatis\u00e9qu\u00e9es, dans une prairie calcaire\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-size:0.93em;color:#6B5B3E;margin-top:6px\">Pastinaca sativa \u2014 le panais sauvage en prairie calcaire. Sa racine cr\u00e8me, plus mince et plus parfum\u00e9e que celle du panais cultiv\u00e9, caram\u00e9lise magnifiquement au four.<\/figcaption><\/figure>\n<h2 id=\"salsifis\">VII. Le salsifis des pr\u00e9s \u2014 la barbe-de-bouc<\/h2>\n<p>Le <strong>salsifis des pr\u00e9s<\/strong> (<em>Tragopogon pratensis<\/em> L., Ast\u00e9rac\u00e9es) est une plante bisannuelle \u00e0 feuilles lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9es engainantes (ressemblant \u00e0 des feuilles de gramin\u00e9e large), \u00e0 tige glabre et \u00e0 grands capitules jaunes solitaires qui se ferment \u00e0 midi \u2014 d&rsquo;o\u00f9 son nom anglais \u00ab Jack-go-to-bed-at-noon \u00bb. Il pousse dans les prairies, les bords de route et les pelouses calcaires de toute la France.<\/p>\n<p>Sa racine pivotante, blanche, cylindrique, de 15 \u00e0 30 cm de long et 1 \u00e0 2 cm de diam\u00e8tre, est l&rsquo;anc\u00eatre du <strong>salsifis cultiv\u00e9<\/strong> (<em>Tragopogon porrifolius<\/em>, \u00e0 fleurs violettes). Son go\u00fbt est d\u00e9licat, l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9, avec une saveur d&rsquo;hu\u00eetre qui lui vaut parfois le surnom de \u00ab plante \u00e0 hu\u00eetres \u00bb \u2014 un go\u00fbt subtil que l&rsquo;on ne retrouve pas dans le salsifis cultiv\u00e9, plus fade.<\/p>\n<p>La racine contient de l&rsquo;inuline (8 \u00e0 12 % sur poids frais), du potassium, du calcium, du fer et de la vitamine C. Comme toutes les racines d&rsquo;Ast\u00e9rac\u00e9es riches en inuline, elle exerce un effet pr\u00e9biotique significatif.<\/p>\n<p>La r\u00e9colte se fait d&rsquo;<strong>octobre \u00e0 mars<\/strong> sur les plants de premi\u00e8re ann\u00e9e (rosette de feuilles basales sans tige florale). La racine est fragile et casse facilement \u2014 creuser profond\u00e9ment et soulever la motte enti\u00e8re. Elle laisse couler un <strong>latex blanc<\/strong> abondant \u00e0 la cassure \u2014 c&rsquo;est normal et sans danger.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9paration.<\/strong> La racine brunit rapidement \u00e0 l&rsquo;air \u2014 la plonger dans de l&rsquo;eau citronn\u00e9e d\u00e8s l&rsquo;\u00e9pluchage. Cuire \u00e0 l&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid, 15 \u00e0 20 minutes) puis po\u00ealer au beurre, ou r\u00f4tir directement au four. En beignets (enrob\u00e9s de p\u00e2te \u00e0 frire et frits) \u2014 une recette classique du XIX\u1d49 si\u00e8cle. Crues, r\u00e2p\u00e9es, en salade avec une vinaigrette \u00e0 la moutarde.<\/p>\n<h2 id=\"carotte\">VIII. La carotte sauvage \u2014 anc\u00eatre et mod\u00e8le<\/h2>\n<p>La <strong>carotte sauvage<\/strong> (<em>Daucus carota<\/em> L. subsp. <em>carota<\/em>, Apiac\u00e9es) est la plante dont descend la carotte orange que nous connaissons \u2014 une cr\u00e9ation des horticulteurs hollandais du XVII\u1d49 si\u00e8cle, qui ont s\u00e9lectionn\u00e9 un mutant riche en b\u00eata-carot\u00e8ne (d&rsquo;o\u00f9 la couleur orange) \u00e0 partir de vari\u00e9t\u00e9s blanches, jaunes et violettes. La carotte sauvage originelle a une racine <strong>blanche<\/strong>, mince (1 \u00e0 2 cm de diam\u00e8tre), fibreuse et fortement aromatique.<\/p>\n<p>La carotte sauvage se reconna\u00eet \u00e0 ses <strong>ombelles compos\u00e9es<\/strong> de petites fleurs blanches avec, au centre, une unique <strong>fleur st\u00e9rile pourpre fonc\u00e9<\/strong> \u2014 un signal visuel remarquable, quasi pathognomonique. \u00c0 maturit\u00e9, l&rsquo;ombelle se referme en \u00ab nid d&rsquo;oiseau \u00bb. Les feuilles sont finement d\u00e9coup\u00e9es, bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es. En froissant les feuilles ou la racine, on per\u00e7oit une odeur caract\u00e9ristique de <strong>carotte<\/strong> \u2014 c&rsquo;est le test olfactif le plus fiable pour distinguer la carotte sauvage de ses sosies dangereux.<\/p>\n<p>La racine sauvage est comestible mais tr\u00e8s diff\u00e9rente de la carotte cultiv\u00e9e. Elle est <strong>dure, fibreuse et petite<\/strong> \u2014 il faut en r\u00e9colter plusieurs dizaines pour faire un repas. Son int\u00e9r\u00eat r\u00e9side dans son <strong>ar\u00f4me<\/strong> : les huiles essentielles de la racine (carotol, daucol, g\u00e9raniol, \u03b1-pin\u00e8ne) sont beaucoup plus concentr\u00e9es que dans la carotte cultiv\u00e9e, o\u00f9 la s\u00e9lection a privil\u00e9gi\u00e9 la douceur au d\u00e9triment du parfum. Utilis\u00e9e en petite quantit\u00e9, la racine de carotte sauvage aromatise les soupes, les bouillons et les rago\u00fbts avec une profondeur de go\u00fbt in\u00e9galable.<\/p>\n<p>La racine contient du <strong>carot\u00e8ne<\/strong> (en quantit\u00e9 inf\u00e9rieure \u00e0 la carotte orange, mais pr\u00e9sent), de la <strong>vitamine C<\/strong>, des <strong>fibres<\/strong>, du <strong>potassium<\/strong> et des <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> (falcarinol, falcarindiol) \u2014 des compos\u00e9s anticanc\u00e9reux d\u00e9montr\u00e9s en laboratoire qui sont presque absents des vari\u00e9t\u00e9s cultiv\u00e9es modernes.<\/p>\n<p>La r\u00e9colte se fait en <strong>automne-hiver de la premi\u00e8re ann\u00e9e<\/strong>. <strong>Attention<\/strong> : la carotte sauvage appartient \u00e0 la famille des Apiac\u00e9es, qui comprend des esp\u00e8ces mortellement toxiques. L&rsquo;identification doit \u00eatre absolue \u2014 voir la section XVI (Confusions dangereuses).<\/p>\n<h2 id=\"raiponce\">IX. La raiponce \u2014 la racine de Raiponce<\/h2>\n<p>La <strong>raiponce<\/strong> (<em>Campanula rapunculus<\/em> L., Campanulac\u00e9es) est une plante bisannuelle \u00e0 tige gr\u00eale, \u00e0 feuilles basales spatul\u00e9es et \u00e0 fleurs en clochettes bleu-violet, qui pousse dans les prairies s\u00e8ches, les talus, les lisi\u00e8res et les haies de toute la France. C&rsquo;est elle qui a donn\u00e9 son nom au conte de Grimm \u00ab Raiponce \u00bb (Rapunzel) \u2014 dans l&rsquo;histoire originale, la m\u00e8re enceinte de Raiponce est prise d&rsquo;une envie irr\u00e9sistible de manger les racines de raiponce du jardin de la sorci\u00e8re voisine, et le p\u00e8re, surpris en train d&rsquo;en voler, doit c\u00e9der sa fille en \u00e9change.<\/p>\n<p>La racine de raiponce est un petit <strong>radis blanc<\/strong> fusiforme de 5 \u00e0 15 cm de long et 1 \u00e0 2 cm de diam\u00e8tre. Sa chair est blanche, croquante, juteuse, avec un go\u00fbt doux et sucr\u00e9 rappelant la noisette et le radis blanc japonais. C&rsquo;est l&rsquo;une des racines sauvages les plus agr\u00e9ables \u00e0 manger crues \u2014 pas d&rsquo;amertume, pas de fibrosit\u00e9, une texture croquante et un go\u00fbt d\u00e9licat.<\/p>\n<p>La raiponce \u00e9tait un <strong>l\u00e9gume courant<\/strong> en Europe jusqu&rsquo;au XVIII\u1d49 si\u00e8cle. Elle figurait dans les potagers et sur les march\u00e9s. Elle a \u00e9t\u00e9 progressivement remplac\u00e9e par le radis, la carotte et le navet, plus productifs. En Italie, elle reste localement consomm\u00e9e sous le nom de \u00ab raperonzolo \u00bb.<\/p>\n<p>La racine se r\u00e9colte d&rsquo;<strong>octobre \u00e0 mars<\/strong> sur les plants de premi\u00e8re ann\u00e9e. Les feuilles basales, en rosette, sont aussi comestibles en salade. La plante enti\u00e8re (racine + feuilles) se consomme comme un radis \u2014 crue, croqu\u00e9e telle quelle, en salade, ou l\u00e9g\u00e8rement cuite \u00e0 l&rsquo;\u00e9touff\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"consoude\">X. La consoude \u2014 d\u00e9bat et prudence<\/h2>\n<p>La <strong>grande consoude<\/strong> (<em>Symphytum officinale<\/em> L., Boraginac\u00e9es) est une plante vivace robuste \u00e0 larges feuilles rugueuses et \u00e0 fleurs en clochettes pendantes blanches, roses ou violettes, qui pousse dans les prairies humides, les bords de rivi\u00e8re et les foss\u00e9s. Sa racine est \u00e9paisse, noire \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, blanche et mucilagineuse \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur \u2014 elle contient tellement de mucilage qu&rsquo;elle \u00e9tait autrefois utilis\u00e9e comme colle.<\/p>\n<p>La racine de consoude est riche en <strong>allanto\u00efne<\/strong> (0,6 \u00e0 0,8 %), une substance qui stimule la prolif\u00e9ration cellulaire et acc\u00e9l\u00e8re la cicatrisation \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le nom \u00ab consoude \u00bb (de <em>consolidare<\/em>, consolider). Elle est utilis\u00e9e en m\u00e9decine traditionnelle depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 pour les fractures, les entorses et les plaies, en application externe (cataplasme de racine r\u00e2p\u00e9e).<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est que la consoude contient des <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> (AP) \u2014 symphytine, lasiocarpine, interm\u00e9dine, lycopsamine. Ces alcalo\u00efdes sont h\u00e9patotoxiques : m\u00e9tabolis\u00e9s par le foie, ils forment des interm\u00e9diaires r\u00e9actifs (esters pyrroliques) qui alkylent l&rsquo;ADN des h\u00e9patocytes et provoquent une maladie veino-occlusive h\u00e9patique. Des cas d&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 grave, voire mortelle, ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s apr\u00e8s consommation prolong\u00e9e de racine ou de feuilles de consoude par voie orale.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, la consommation de consoude par voie orale est <strong>d\u00e9conseill\u00e9e par les autorit\u00e9s sanitaires<\/strong> (ANSES, EMA, BfR). L&rsquo;usage externe (cataplasme, pommade) reste autoris\u00e9 et efficace \u2014 les alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques traversent peu la peau intacte.<\/p>\n<p>Mentionner la consoude dans un article sur les racines comestibles est n\u00e9cessaire pr\u00e9cis\u00e9ment pour <strong>mettre en garde<\/strong>. Certains guides anciens la pr\u00e9sentent encore comme un l\u00e9gume \u2014 elle ne doit plus \u00eatre consomm\u00e9e comme tel. L&rsquo;usage interne de la racine de consoude est un risque h\u00e9patique injustifi\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"autres\">XI. Autres racines : r\u00e9glisse, guimauve, beno\u00eete<\/h2>\n<p>La <strong>r\u00e9glisse<\/strong> (<em>Glycyrrhiza glabra<\/em> L., Fabac\u00e9es) est un sous-arbrisseau vivace dont les racines et les stolons contiennent de la <strong>glycyrrhizine<\/strong> \u2014 un saponoside 50 fois plus sucr\u00e9 que le saccharose. La r\u00e9glisse pousse spontan\u00e9ment dans le sud de la France (Languedoc, Provence, Corse). Ses racines se r\u00e9coltent sur des plants de 3 \u00e0 4 ans minimum \u2014 m\u00e2ch\u00e9es telles quelles (les fameux \u00ab b\u00e2tons de r\u00e9glisse \u00bb) ou d\u00e9coction. La glycyrrhizine est anti-inflammatoire, antitussive, antiulc\u00e9reuse et antivirale, mais \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es (&gt;50 g de racine\/jour pendant plus de 2 semaines) elle provoque une pseudo-hyperaldost\u00e9ronisme : r\u00e9tention d&rsquo;eau, hypertension, hypokali\u00e9mie. Les personnes hypertendues doivent s&rsquo;abstenir.<\/p>\n<p>La <strong>guimauve<\/strong> (<em>Althaea officinalis<\/em> L., Malvac\u00e9es) est une plante vivace \u00e0 feuilles velout\u00e9es et \u00e0 fleurs rose p\u00e2le des prairies humides et des marais sal\u00e9s. Sa racine est exceptionnellement riche en <strong>mucilages<\/strong> (25 \u00e0 35 % sur mati\u00e8re s\u00e8che) \u2014 des polysaccharides qui forment un gel protecteur sur les muqueuses digestives et respiratoires. C&rsquo;est la racine de guimauve qui a donn\u00e9 son nom \u00e0 la confiserie (les guimauves originelles \u00e9taient fabriqu\u00e9es avec le mucilage de la racine, remplac\u00e9 aujourd&rsquo;hui par de la g\u00e9latine). La racine se r\u00e9colte en automne sur des plants de 2 ans minimum. Pel\u00e9e et s\u00e9ch\u00e9e, elle se donne aux b\u00e9b\u00e9s \u00e0 m\u00e2chonner pour soulager les douleurs de dentition \u2014 un usage mill\u00e9naire.<\/p>\n<p>La <strong>beno\u00eete commune<\/strong> (<em>Geum urbanum<\/em> L., Rosac\u00e9es) est une plante vivace \u00e0 fleurs jaunes \u00e0 5 p\u00e9tales des lisi\u00e8res, des haies et des sous-bois. Son rhizome d\u00e9gage, une fois arrach\u00e9, une <strong>odeur de clou de girofle<\/strong> caract\u00e9ristique \u2014 il contient de l&rsquo;eug\u00e9nol, le m\u00eame compos\u00e9 aromatique que le clou de girofle (<em>Syzygium aromaticum<\/em>). Le rhizome de beno\u00eete \u00e9tait autrefois utilis\u00e9 pour aromatiser le vin (en Scandinavie, on le mettait dans la bi\u00e8re) et comme substitut du clou de girofle. Il se consomme en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid, 5 g de rhizome s\u00e9ch\u00e9 pour 500 mL) ou comme aromate dans les compotes, les vins chauds et les bouillons.<\/p>\n<h2 id=\"mineraux\">XII. Min\u00e9raux et oligo-\u00e9l\u00e9ments des racines profondes<\/h2>\n<p>Les racines pivotantes des plantes sauvages plongent dans des horizons du sol que les syst\u00e8mes racinaires superficiels des l\u00e9gumes cultiv\u00e9s n&rsquo;atteignent pas. \u00c0 50 cm, 80 cm, parfois plus d&rsquo;un m\u00e8tre de profondeur, elles acc\u00e8dent \u00e0 des r\u00e9serves min\u00e9rales inaccessibles en surface \u2014 surtout dans les sols o\u00f9 le lessivage par les pluies a appauvri les couches sup\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Le <strong>potassium<\/strong> est le min\u00e9ral le plus abondant dans les racines sauvages. La racine de pissenlit en contient 397 mg\/100 g, celle de bardane 308 mg\/100 g, celle de panais 375 mg\/100 g \u2014 des teneurs comparables \u00e0 la banane (358 mg\/100 g), souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme la r\u00e9f\u00e9rence en potassium. Le potassium est essentiel pour la r\u00e9gulation de la pression art\u00e9rielle, la contraction musculaire et la conduction nerveuse. L&rsquo;apport recommand\u00e9 est de 3 500 mg\/jour \u2014 la plupart des Europ\u00e9ens n&rsquo;en consomment que 2 500 \u00e0 3 000 mg.<\/p>\n<p>Le <strong>calcium<\/strong> est pr\u00e9sent en quantit\u00e9s significatives dans les racines de bardane (41 mg\/100 g), de panais (36 mg\/100 g) et de chicor\u00e9e (41 mg\/100 g). Ces teneurs sont modestes compar\u00e9es aux feuilles vertes (l&rsquo;ortie en contient 480 mg\/100 g), mais elles s&rsquo;ajoutent \u00e0 l&rsquo;apport global dans une alimentation diversifi\u00e9e.<\/p>\n<p>Le <strong>fer<\/strong> des racines sauvages (0,8 \u00e0 3 mg\/100 g selon les esp\u00e8ces) est du fer non h\u00e9minique, dont l&rsquo;absorption est am\u00e9lior\u00e9e par la vitamine C pr\u00e9sente dans les m\u00eames racines et dans les feuilles sauvages consomm\u00e9es en accompagnement.<\/p>\n<p>Le <strong>mangan\u00e8se<\/strong>, le <strong>zinc<\/strong>, le <strong>cuivre<\/strong> et le <strong>s\u00e9l\u00e9nium<\/strong> sont pr\u00e9sents en traces dans les racines sauvages \u2014 en quantit\u00e9s variables selon la composition du sol. C&rsquo;est un point important : la teneur en oligo-\u00e9l\u00e9ments d&rsquo;une racine sauvage refl\u00e8te la g\u00e9ochimie locale. Une racine de pissenlit poussant sur un sol granitique riche en s\u00e9l\u00e9nium contiendra plus de s\u00e9l\u00e9nium qu&rsquo;une racine poussant sur un sol calcaire qui en est d\u00e9pourvu. Cette variabilit\u00e9 est un avantage de la diversification : en r\u00e9coltant dans des lieux diff\u00e9rents, on diversifie l&rsquo;apport en oligo-\u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<h2 id=\"inuline\">XIII. Inuline et pr\u00e9biotiques des racines d&rsquo;Ast\u00e9rac\u00e9es<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>inuline<\/strong> est le glucide de r\u00e9serve caract\u00e9ristique de la famille des <strong>Ast\u00e9rac\u00e9es<\/strong> (ex-Compos\u00e9es). L\u00e0 o\u00f9 les Poac\u00e9es (gramin\u00e9es) stockent de l&rsquo;amidon, les Ast\u00e9rac\u00e9es stockent de l&rsquo;inuline \u2014 un polym\u00e8re de fructose li\u00e9 en \u03b2(2\u21921) que l&rsquo;amylase humaine ne peut pas hydrolyser. L&rsquo;inuline traverse l&rsquo;estomac et l&rsquo;intestin gr\u00eale sans \u00eatre dig\u00e9r\u00e9e et arrive intacte dans le c\u00f4lon, o\u00f9 elle est ferment\u00e9e par le microbiote.<\/p>\n<p>Les principales racines sauvages riches en inuline sont, par ordre d\u00e9croissant de teneur : la <strong>chicor\u00e9e sauvage<\/strong> (15-20 % sur poids frais), le <strong>pissenlit<\/strong> (12-15 %), la <strong>bardane<\/strong> (10-15 %), le <strong>salsifis des pr\u00e9s<\/strong> (8-12 %), le <strong>topinambour<\/strong> (<em>Helianthus tuberosus<\/em>, 14-19 % \u2014 mais c&rsquo;est un tubercule, pas une racine pivotante, et il est plus cultiv\u00e9 que sauvage en France).<\/p>\n<p>La fermentation de l&rsquo;inuline par les bifidobact\u00e9ries et les lactobacilles produit des <strong>acides gras \u00e0 cha\u00eene courte<\/strong> (AGCC) \u2014 principalement ac\u00e9tate, propionate et butyrate. Le butyrate est le carburant pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des colonocytes (cellules de la muqueuse colique) ; il maintient l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la barri\u00e8re intestinale, exerce un effet anti-inflammatoire local et inhibe la prolif\u00e9ration des cellules canc\u00e9reuses in vitro.<\/p>\n<p>L&rsquo;effet pr\u00e9biotique de l&rsquo;inuline est dose-d\u00e9pendant. Les \u00e9tudes cliniques montrent un effet bifidog\u00e8ne significatif \u00e0 partir de <strong>5 g d&rsquo;inuline par jour<\/strong>. Cet apport est atteint avec 30 \u00e0 40 g de racine fra\u00eeche de pissenlit, ou 25 \u00e0 35 g de racine de chicor\u00e9e \u2014 des quantit\u00e9s facilement atteignables dans une tisane ou un plat de racines.<\/p>\n<p>La teneur en inuline varie fortement avec la <strong>saison<\/strong>. Elle est maximale en automne (octobre-novembre), lorsque la plante a accumul\u00e9 ses r\u00e9serves pour l&rsquo;hiver, et minimale au printemps (avril-mai), lorsque la plante a mobilis\u00e9 ses r\u00e9serves pour fleurir. Une racine de pissenlit r\u00e9colt\u00e9e en novembre contient deux \u00e0 trois fois plus d&rsquo;inuline qu&rsquo;une racine r\u00e9colt\u00e9e en mai.<\/p>\n<h2 id=\"cuisson\">XIV. Techniques de cuisson<\/h2>\n<p>Les racines sauvages sont g\u00e9n\u00e9ralement plus dures et plus fibreuses que les l\u00e9gumes cultiv\u00e9s. Elles n\u00e9cessitent des <strong>temps de cuisson plus longs<\/strong> et des techniques adapt\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>R\u00f4tissage au four.<\/strong> C&rsquo;est la technique reine pour les racines sauvages. Couper en morceaux de taille uniforme (b\u00e2tonnets de 5-7 cm ou rondelles de 1 cm), enrober d&rsquo;un filet d&rsquo;huile d&rsquo;olive, saler, poivrer, ajouter du thym ou du romarin. Four \u00e0 200\u00b0C pendant 30 \u00e0 45 minutes, en retournant \u00e0 mi-cuisson. La chaleur s\u00e8che caram\u00e9lise les sucres et l&rsquo;inuline, d\u00e9veloppant des ar\u00f4mes de noisette, de caramel et de miel. C&rsquo;est la meilleure m\u00e9thode pour le panais, la bardane et la carotte sauvage.<\/p>\n<p><strong>Cuisson \u00e0 l&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid).<\/strong> Placer les racines enti\u00e8res ou en gros morceaux dans l&rsquo;eau froide, porter lentement \u00e0 fr\u00e9missement, cuire 20 \u00e0 40 minutes selon la taille et la duret\u00e9. Ne pas jeter l&rsquo;eau de cuisson \u2014 elle contient des min\u00e9raux et de l&rsquo;inuline solubilis\u00e9s. L&rsquo;utiliser comme base de soupe ou de bouillon. Cette m\u00e9thode est adapt\u00e9e au salsifis (fragile) et \u00e0 la raiponce (petite et tendre).<\/p>\n<p><strong>Saut\u00e9 \u00e0 la po\u00eale (kinpira).<\/strong> Technique japonaise parfaite pour la bardane. Couper en julienne fine (b\u00e2tonnets de 3 mm), faire sauter \u00e0 feu vif dans de l&rsquo;huile de s\u00e9same pendant 5 minutes, d\u00e9glacer avec de la sauce soja et du mirin (ou du miel), saupoudrer de graines de s\u00e9same. La julienne fine expose plus de surface au feu, ce qui acc\u00e9l\u00e8re la cuisson et la caram\u00e9lisation.<\/p>\n<p><strong>Pur\u00e9e.<\/strong> Cuire les racines \u00e0 l&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), \u00e9goutter (r\u00e9server l&rsquo;eau), \u00e9craser au presse-pur\u00e9e ou au moulin. Ajouter du beurre, du sel, un peu d&rsquo;eau de cuisson pour la consistance. Les pur\u00e9es de racines sauvages sont plus parfum\u00e9es que les pur\u00e9es de l\u00e9gumes cultiv\u00e9s \u2014 celle de panais sauvage est particuli\u00e8rement savoureuse, avec des notes de noisette.<\/p>\n<p><strong>Soupe.<\/strong> Faire revenir un oignon \u00e9minc\u00e9, ajouter les racines coup\u00e9es en morceaux, couvrir d&rsquo;eau froide, cuire 30 minutes, mixer. Les combinaisons classiques : panais-pomme-gingembre, bardane-poireau-pomme de terre, pissenlit-carotte-curcuma.<\/p>\n<p><strong>S\u00e9chage et poudre.<\/strong> Couper en rondelles fines (2-3 mm), s\u00e9cher au d\u00e9shydrateur ou au four (50\u00b0C, 8-12 heures). R\u00e9duire en poudre au moulin \u00e0 caf\u00e9. La poudre de racine se conserve 12 mois et s&rsquo;ajoute aux soupes, aux sauces, aux smoothies. C&rsquo;est aussi la premi\u00e8re \u00e9tape de la torr\u00e9faction pour le caf\u00e9 de pissenlit ou de chicor\u00e9e.<\/p>\n<figure style=\"margin:30px 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/racines-3.jpg\" alt=\"Assortiment de racines sauvages comestibles fra\u00eechement r\u00e9colt\u00e9es \u2014 bardane, panais sauvage, pissenlit, salsifis des pr\u00e9s\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-size:0.93em;color:#6B5B3E;margin-top:6px\">Racines sauvages d&rsquo;automne fra\u00eechement r\u00e9colt\u00e9es : bardane, panais sauvage, pissenlit et salsifis des pr\u00e9s \u2014 un garde-manger souterrain oubli\u00e9 par l&rsquo;alimentation moderne.<\/figcaption><\/figure>\n<h2 id=\"recettes\">XV. Recettes<\/h2>\n<p><strong>Kinpira de bardane et carotte sauvage.<\/strong> 200 g de racine de bardane en julienne fine, 100 g de racine de carotte sauvage en julienne. Faire tremper la bardane 10 minutes dans de l&rsquo;eau vinaigr\u00e9e (anti-brunissement). \u00c9goutter. Dans un wok ou une po\u00eale large, chauffer 2 cuill\u00e8res \u00e0 soupe d&rsquo;huile de s\u00e9same. Sauter la bardane 3 minutes \u00e0 feu vif, ajouter la carotte, sauter 2 minutes. D\u00e9glacer avec 2 cuill\u00e8res \u00e0 soupe de sauce soja et 1 cuill\u00e8re \u00e0 soupe de miel. Cuire en remuant jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le liquide soit absorb\u00e9. Saupoudrer de graines de s\u00e9same grill\u00e9es et d&rsquo;un filet d&rsquo;huile de s\u00e9same. Servir ti\u00e8de ou froid.<\/p>\n<p><strong>Gratin de panais sauvage.<\/strong> 500 g de racines de panais sauvage, \u00e9pluch\u00e9es, coup\u00e9es en rondelles de 5 mm. Placer dans un plat \u00e0 gratin, en couches altern\u00e9es avec 100 g de comt\u00e9 r\u00e2p\u00e9, du sel, du poivre et de la muscade. Verser 200 mL de cr\u00e8me fra\u00eeche m\u00e9lang\u00e9e \u00e0 1 \u0153uf battu. Enfourner \u00e0 180\u00b0C pendant 40 minutes, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le dessus soit dor\u00e9. Les sucres du panais caram\u00e9lisent sous le fromage \u2014 le r\u00e9sultat est spectaculaire.<\/p>\n<p><strong>Soupe de racines sauvages.<\/strong> 150 g de racine de bardane, 150 g de racine de panais sauvage, 100 g de racine de pissenlit, 1 oignon, 1 gousse d&rsquo;ail, 1 L d&rsquo;eau, sel, poivre, thym. \u00c9plucher et couper les racines en morceaux. Faire revenir l&rsquo;oignon \u00e9minc\u00e9 dans un peu d&rsquo;huile d&rsquo;olive. Ajouter les racines et l&rsquo;ail \u00e9cras\u00e9. Couvrir d&rsquo;eau froide. Porter \u00e0 fr\u00e9missement, cuire 30 minutes. Mixer. Assaisonner. Servir avec un filet d&rsquo;huile de cameline (om\u00e9ga-3) et des graines de s\u00e9same.<\/p>\n<p><strong>Chips de racines sauvages.<\/strong> Trancher finement au mandoline des racines de panais, de bardane et de pissenlit (2 mm d&rsquo;\u00e9paisseur). Badigeonner d&rsquo;un filet d&rsquo;huile d&rsquo;olive. Disposer en une seule couche sur une plaque de four recouverte de papier sulfuris\u00e9. Enfourner \u00e0 180\u00b0C pendant 12 \u00e0 15 minutes, en surveillant \u2014 les chips passent vite du dor\u00e9 au br\u00fbl\u00e9. Saler \u00e0 la sortie du four. Chaque racine donne une chips de couleur et de saveur diff\u00e9rente.<\/p>\n<p><strong>Racines lactoferment\u00e9es.<\/strong> Couper 500 g de racines m\u00e9lang\u00e9es (bardane, panais, pissenlit) en b\u00e2tonnets. Pr\u00e9parer une saumure \u00e0 3 % (30 g de sel pour 1 L d&rsquo;eau froide). Placer les racines dans un bocal en verre, tasser, verser la saumure jusqu&rsquo;\u00e0 couvrir (les racines doivent \u00eatre immerg\u00e9es). Fermer le bocal avec un couvercle non herm\u00e9tique (ou un tissu maintenu par un \u00e9lastique pour les premiers jours). Laisser fermenter \u00e0 temp\u00e9rature ambiante (18-22\u00b0C) pendant 2 \u00e0 3 semaines. Go\u00fbter \u2014 les racines doivent \u00eatre acidul\u00e9es et croquantes. Fermer herm\u00e9tiquement et conserver au r\u00e9frig\u00e9rateur (6 mois). La lactofermentation conserve les vitamines, enrichit en probiotiques (lactobacilles) et attendrit les fibres.<\/p>\n<h2 id=\"confusions\">XVI. Confusions dangereuses<\/h2>\n<p>La r\u00e9colte de racines sauvages impose une vigilance absolue en mati\u00e8re d&rsquo;identification. Plusieurs Apiac\u00e9es mortellement toxiques ressemblent superficiellement aux esp\u00e8ces comestibles de la m\u00eame famille.<\/p>\n<p>La <strong>grande cigu\u00eb<\/strong> (<em>Conium maculatum<\/em>) est la plus dangereuse. Sa racine blanche ressemble \u00e0 celle du panais sauvage ou de la carotte sauvage. Les crit\u00e8res de distinction : la tige de la cigu\u00eb est <strong>tach\u00e9e de pourpre<\/strong> (macules rouge-violac\u00e9), glabre et glauque (pruineuse). Toute la plante d\u00e9gage une <strong>odeur f\u00e9tide<\/strong> \u2014 souvent compar\u00e9e \u00e0 l&rsquo;urine de souris \u2014 en froissant les feuilles. Le panais, en revanche, sent l&rsquo;anis et le c\u00e9leri. La cigu\u00eb contient de la conicine et de la coniine \u2014 alcalo\u00efdes qui provoquent une paralysie ascendante mortelle. C&rsquo;est le poison qui a tu\u00e9 Socrate.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>\u0153nanthe safran\u00e9e<\/strong> (<em>Oenanthe crocata<\/em>) est une autre Apiac\u00e9e mortelle dont les tubercules fascicul\u00e9s pourraient \u00eatre confondus avec des racines comestibles. Elle pousse dans les foss\u00e9s humides et les bords de ruisseaux de l&rsquo;ouest de la France. Ses racines, en faisceau, laissent couler un <strong>latex jaune safran<\/strong> \u00e0 la coupe \u2014 d&rsquo;o\u00f9 son nom. L&rsquo;\u0153nanthotoxine qu&rsquo;elles contiennent provoque des convulsions violentes et la mort en quelques heures. Quelques grammes de tubercule suffisent.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>aethuse<\/strong> ou petite cigu\u00eb (<em>Aethusa cynapium<\/em>) ressemble au persil et \u00e0 la carotte sauvage jeune. Ses feuilles portent \u00e0 la face inf\u00e9rieure de longues <strong>bract\u00e9oles pendantes<\/strong> caract\u00e9ristiques (3 longues lani\u00e8res dirig\u00e9es vers le bas sous l&rsquo;ombellule) \u2014 un crit\u00e8re fiable. Elle sent mauvais quand on la froisse.<\/p>\n<p><strong>R\u00e8gles de s\u00e9curit\u00e9 absolues :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Ne jamais r\u00e9colter une racine d&rsquo;Apiac\u00e9e (panais, carotte sauvage) sans avoir formellement identifi\u00e9 la partie a\u00e9rienne.<br \/>\n\u2014 Le test olfactif est le premier r\u00e9flexe : froisser les feuilles. La carotte sauvage sent la carotte, le panais sent l&rsquo;anis-c\u00e9leri, la cigu\u00eb sent l&rsquo;urine de souris.<br \/>\n\u2014 En cas de doute, m\u00eame minime, <strong>ne pas r\u00e9colter<\/strong>. Aucune racine ne vaut un empoisonnement.<br \/>\n\u2014 Les racines d&rsquo;Ast\u00e9rac\u00e9es (pissenlit, chicor\u00e9e, bardane, salsifis) sont beaucoup plus s\u00fbres : leur latex blanc et leur morphologie caract\u00e9ristique les rendent difficiles \u00e0 confondre avec des esp\u00e8ces toxiques.<br \/>\n\u2014 Pour un d\u00e9butant : commencer par les Ast\u00e9rac\u00e9es (pissenlit, bardane) et ne s&rsquo;aventurer dans les Apiac\u00e9es (panais, carotte) qu&rsquo;apr\u00e8s avoir acquis une exp\u00e9rience solide de l&rsquo;identification.<\/p>\n<h2 id=\"precautions\">XVII. Pr\u00e9cautions et contre-indications<\/h2>\n<p>Les racines riches en <strong>inuline<\/strong> (pissenlit, chicor\u00e9e, bardane, salsifis) peuvent provoquer des <strong>ballonnements<\/strong>, des <strong>flatulences<\/strong> et des <strong>crampes abdominales<\/strong> chez les personnes peu habitu\u00e9es aux fibres fermentescibles. L&rsquo;inuline est rapidement ferment\u00e9e par le microbiote, ce qui produit du gaz (CO\u2082, H\u2082, CH\u2084). L&rsquo;inconfort est transitoire \u2014 le microbiote s&rsquo;adapte en 1 \u00e0 2 semaines. Commencer par de petites quantit\u00e9s (10 \u00e0 20 g de racine par jour) et augmenter progressivement.<\/p>\n<p>Les personnes souffrant du <strong>syndrome de l&rsquo;intestin irritable<\/strong> (SII) doivent \u00eatre particuli\u00e8rement prudentes avec les racines riches en inuline et en FOS : ces fibres font partie des <strong>FODMAPs<\/strong> (Fermentable Oligo-, Di-, Mono-saccharides And Polyols) qui peuvent aggraver les sympt\u00f4mes du SII chez les sujets sensibles.<\/p>\n<p>Le <strong>panais sauvage<\/strong> contient des furanocoumarines phototoxiques dans ses parties a\u00e9riennes et la peau de sa racine. Porter des gants pour la r\u00e9colte et l&rsquo;\u00e9pluchage, surtout par temps ensoleill\u00e9. \u00c9plucher soigneusement la racine avant de la consommer.<\/p>\n<p>La <strong>r\u00e9glisse<\/strong> est contre-indiqu\u00e9e en cas d&rsquo;<strong>hypertension<\/strong>, d&rsquo;<strong>insuffisance r\u00e9nale<\/strong>, d&rsquo;<strong>hypokali\u00e9mie<\/strong> et pendant la <strong>grossesse<\/strong>. Ne pas d\u00e9passer 50 g de racine fra\u00eeche par jour ni une consommation quotidienne au-del\u00e0 de 4 \u00e0 6 semaines.<\/p>\n<p>La <strong>consoude<\/strong> ne doit pas \u00eatre consomm\u00e9e par voie orale \u2014 ses alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques sont h\u00e9patotoxiques. L&rsquo;usage externe (cataplasme) est s\u00fbr sur peau intacte.<\/p>\n<p>Toujours <strong>bien laver<\/strong> les racines \u2014 elles poussent dans le sol et peuvent \u00eatre contamin\u00e9es par des parasites (ascaris, toxocara) ou des bact\u00e9ries telluriques (Clostridium). La cuisson \u00e9limine ces risques ; la consommation crue n\u00e9cessite un brossage et un lavage minutieux.<\/p>\n<p>R\u00e9colter loin des <strong>routes<\/strong> (plomb, cadmium, hydrocarbures), des <strong>champs trait\u00e9s<\/strong> (pesticides) et des <strong>zones industrielles<\/strong> (m\u00e9taux lourds). Les racines pivotantes concentrent les polluants du sol \u2014 elles sont de v\u00e9ritables bio-indicateurs de la qualit\u00e9 du milieu.<\/p>\n<h2 id=\"synthese\">XVIII. Synth\u00e8se<\/h2>\n<p>Les racines sauvages comestibles d&rsquo;Europe constituent un patrimoine alimentaire oubli\u00e9 d&rsquo;une richesse nutritionnelle remarquable. La bardane, le panais sauvage, le pissenlit, la chicor\u00e9e, le salsifis des pr\u00e9s, la raiponce, la carotte sauvage : toutes ces plantes ont nourri les Europ\u00e9ens pendant des mill\u00e9naires avant d&rsquo;\u00eatre remplac\u00e9es par quelques l\u00e9gumes cultiv\u00e9s s\u00e9lectionn\u00e9s pour la productivit\u00e9 au d\u00e9triment de la densit\u00e9 nutritionnelle.<\/p>\n<p>Ces racines se distinguent par leur richesse en <strong>inuline pr\u00e9biotique<\/strong> (pour les Ast\u00e9rac\u00e9es), en <strong>min\u00e9raux<\/strong> puis\u00e9s dans les couches profondes du sol, en <strong>fibres<\/strong> insolubles et solubles, et en <strong>compos\u00e9s bioactifs<\/strong> (principes amers, lignanes, triterp\u00e8nes, polyac\u00e9tyl\u00e8nes) que la s\u00e9lection agronomique a \u00e9limin\u00e9s.<\/p>\n<p>Leur r\u00e9colte est accessible \u00e0 toute personne capable d&rsquo;identifier les esp\u00e8ces avec certitude \u2014 en commen\u00e7ant par les Ast\u00e9rac\u00e9es (pissenlit, bardane), dont l&rsquo;identification est simple et les confusions dangereuses inexistantes, avant de s&rsquo;aventurer dans les Apiac\u00e9es (panais, carotte sauvage), qui exigent une vigilance absolue vis-\u00e0-vis des esp\u00e8ces toxiques mortelles de la m\u00eame famille.<\/p>\n<p>Leur cuisine est un terrain d&rsquo;exploration savoureux : r\u00f4ties au four, saut\u00e9es \u00e0 la po\u00eale, en soupe, en pur\u00e9e, en gratin, torr\u00e9fi\u00e9es en caf\u00e9, lactoferment\u00e9es \u2014 les racines sauvages offrent des saveurs profondes et complexes que les l\u00e9gumes cultiv\u00e9s modernes ne peuvent reproduire. Le gobo de bardane, le caf\u00e9 de pissenlit, le gratin de panais sauvage, les chips de racines m\u00e9lang\u00e9es : autant de recettes qui m\u00e9ritent de sortir de l&rsquo;oubli.<\/p>\n<p>Cuisiner les racines sauvages, c&rsquo;est renouer avec une alimentation profonde \u2014 au sens propre et au sens figur\u00e9. C&rsquo;est acc\u00e9der aux couches min\u00e9rales du sol que l&rsquo;agriculture de surface ne touche plus. C&rsquo;est nourrir un microbiote intestinal affam\u00e9 par l&rsquo;alimentation ultra-transform\u00e9e. C&rsquo;est retrouver des saveurs que nos anc\u00eatres connaissaient et que nous avons perdues en \u00e9change de l\u00e9gumes gros, tendres et fades.<\/p>\n<hr style=\"margin:40px 0;border:none;border-top:1px solid #C8A951\">\n<h3>Bibliographie<\/h3>\n<ol style=\"font-size:0.95em;color:#4A3B2A\">\n<li>Sch\u00fctz K. et al. (2006). \u00ab Taraxacum \u2014 a review on its phytochemical and pharmacological profile \u00bb. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 107(3), 313-323.<\/li>\n<li>Chan Y.-S. et al. (2011). \u00ab A review of the pharmacological effects of Arctium lappa (burdock) \u00bb. <em>Inflammopharmacology<\/em>, 19(5), 245-254.<\/li>\n<li>Niness K.R. (1999). \u00ab Inulin and oligofructose: what are they? \u00bb. <em>The Journal of Nutrition<\/em>, 129(7), 1402S-1406S.<\/li>\n<li>Gibson G.R. &amp; Roberfroid M.B. (1995). \u00ab Dietary modulation of the human colonic microbiota: introducing the concept of prebiotics \u00bb. <em>The Journal of Nutrition<\/em>, 125(6), 1401-1412.<\/li>\n<li>Roberfroid M.B. (2007). \u00ab Inulin-type fructans: functional food ingredients \u00bb. <em>The Journal of Nutrition<\/em>, 137(11), 2493S-2502S.<\/li>\n<li>Street R.A. et al. (2013). \u00ab Cichorium intybus: traditional uses, phytochemistry, pharmacology, and toxicology \u00bb. <em>Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine<\/em>, 2013, 579319.<\/li>\n<li>Leonti M. et al. (2006). \u00ab Wild gathered food plants in the European Mediterranean \u00bb. <em>Economic Botany<\/em>, 60(2), 130-142.<\/li>\n<li>\u0141uczaj \u0141. et al. (2012). \u00ab Wild food plant use in 21st century Europe \u00bb. <em>Acta Societatis Botanicorum Poloniae<\/em>, 81(4), 359-370.<\/li>\n<li>Turner N.J. et al. (2011). \u00ab Edible and tended wild plants, traditional ecological knowledge and agroecology \u00bb. <em>Critical Reviews in Plant Sciences<\/em>, 30(1-2), 198-225.<\/li>\n<li>S\u00f5ukand R. &amp; Kalle R. (2016). \u00ab Changes in the use of wild food plants in Estonia \u00bb. <em>Appetite<\/em>, 107, 44-55.<\/li>\n<li>ANSES (2017). \u00ab Plantes susceptibles d&rsquo;\u00eatre employ\u00e9es dans les compl\u00e9ments alimentaires \u00bb. Avis de l&rsquo;ANSES.<\/li>\n<li>Rode J. (2002). \u00ab Pyrrolizidine alkaloids and the liver \u00bb. <em>Molecular Aspects of Medicine<\/em>, 23(1-3), 155-162.<\/li>\n<li>Christensen L.P. &amp; Brandt K. (2006). \u00ab Bioactive polyacetylenes in food plants of the Apiaceae family \u00bb. <em>Journal of Pharmaceutical and Biomedical Analysis<\/em>, 41(3), 683-693.<\/li>\n<li>Davis D.R. et al. (2004). \u00ab Changes in USDA food composition data for 43 garden crops, 1950 to 1999 \u00bb. <em>Journal of the American College of Nutrition<\/em>, 23(6), 669-682.<\/li>\n<li>Ceccanti C. et al. (2018). \u00ab Comparative phytochemical and nutritional profiles of wild and cultivated vegetables \u00bb. <em>Food Chemistry<\/em>, 245, 294-302.<\/li>\n<\/ol>\n<hr style=\"margin:40px 0;border:none;border-top:1px solid #C8A951\">\n<p style=\"font-size:0.9em;color:#7A6B5A;text-align:center;font-style:italic\">Les informations pr\u00e9sent\u00e9es dans cet article sont fournies \u00e0 titre \u00e9ducatif et ne remplacent en aucun cas l&rsquo;avis d&rsquo;un professionnel de sant\u00e9. L&rsquo;auteur d\u00e9cline toute responsabilit\u00e9 quant \u00e0 l&rsquo;usage qui pourrait en \u00eatre fait. Consultez un m\u00e9decin ou un pharmacien avant toute utilisation de plantes \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques, et un botaniste confirm\u00e9 avant toute cueillette sauvage.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u26a0\ufe0f S\u00e9curit\u00e9 \u2014 identification avant cueillette : au stade rosette ou racine, des confusions mortelles existent : panais et carotte sauvages \u2194 grande cigu\u00eb et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[50],"tags":[],"class_list":["post-10997","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nutrition"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10997","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10997"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10997\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11948,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10997\/revisions\/11948"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10997"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10997"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10997"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}