{"id":11004,"date":"2026-05-07T21:29:08","date_gmt":"2026-05-07T19:29:08","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/07\/algues-deau-douce-et-de-mer-spiruline-chlorelle-wakame-nori-dulse-kombu-nutrition-iode-proteines-et-omega-3-dorigine-algale\/"},"modified":"2026-05-07T21:29:08","modified_gmt":"2026-05-07T19:29:08","slug":"algues-deau-douce-et-de-mer-spiruline-chlorelle-wakame-nori-dulse-kombu-nutrition-iode-proteines-et-omega-3-dorigine-algale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/07\/algues-deau-douce-et-de-mer-spiruline-chlorelle-wakame-nori-dulse-kombu-nutrition-iode-proteines-et-omega-3-dorigine-algale\/","title":{"rendered":"Algues d&rsquo;eau douce et de mer \u2014 spiruline, chlorelle, wakam\u00e9, nori, dulse, kombu : nutrition, iode, prot\u00e9ines et om\u00e9ga-3 d&rsquo;origine algale"},"content":{"rendered":"<p><em>Les algues sont les organismes photosynth\u00e9tiques les plus anciens de la plan\u00e8te \u2014 les cyanobact\u00e9ries, anc\u00eatres de la spiruline, produisent de l&rsquo;oxyg\u00e8ne depuis 3,5 milliards d&rsquo;ann\u00e9es et ont litt\u00e9ralement cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;atmosph\u00e8re respirable de la Terre. Les algues marines et d&rsquo;eau douce constituent un r\u00e9servoir nutritionnel d&rsquo;une densit\u00e9 sans \u00e9quivalent dans le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal terrestre : prot\u00e9ines compl\u00e8tes \u00e0 haute biodisponibilit\u00e9, fer, calcium, iode, magn\u00e9sium, zinc, s\u00e9l\u00e9nium, vitamines B12, A, C, E et K, acides gras om\u00e9ga-3 \u00e0 longue cha\u00eene (DHA et EPA \u2014 les m\u00eames que ceux des poissons, dont les poissons les tirent pr\u00e9cis\u00e9ment des algues), polysaccharides immunomodulateurs (fucanes, alginates, carragh\u00e9nanes, b\u00eata-glucanes), pigments antioxydants (phycocyanine, fucoxanthine, astaxanthine, chlorophylle). Les civilisations c\u00f4ti\u00e8res du monde entier \u2014 japonaise, cor\u00e9enne, chinoise, bretonne, irlandaise, islandaise, chilienne, polyn\u00e9sienne \u2014 consomment des algues depuis des mill\u00e9naires. Au Japon, les algues repr\u00e9sentent 10 % de l&rsquo;apport alimentaire total et contribuent \u00e0 l&rsquo;esp\u00e9rance de vie la plus longue du monde. En Europe, les algues ont \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9es au profit de l&rsquo;agriculture terrestre, mais elles reviennent en force \u2014 port\u00e9es par la recherche nutritionnelle, l&rsquo;aquaculture durable et la qu\u00eate de sources de prot\u00e9ines et de micronutriments non animales. Cette monographie explore les principales esp\u00e8ces comestibles, leur profil nutritionnel, leurs b\u00e9n\u00e9fices document\u00e9s, et les pr\u00e9cautions indispensables \u2014 notamment la gestion de l&rsquo;iode, nutriment critique dont les algues sont \u00e0 la fois la meilleure source et le pi\u00e8ge le plus dangereux en cas d&rsquo;exc\u00e8s.<\/em><\/p>\n<div style=\"background-color:#FAF6E9;border:1px solid #C8A951;border-radius:8px;padding:18px 24px;margin:28px 0;font-size:1.05em\">\n<strong style=\"text-align:center;margin-bottom:10px;font-size:1.15em\">Sommaire<\/strong><\/p>\n<div style=\"columns:2;column-gap:2.5em\">\n<a href=\"#histoire\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">I. Les algues dans l&rsquo;histoire humaine<\/a><br \/>\n<a href=\"#classification\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">II. Classification : micro-algues et macro-algues<\/a><br \/>\n<a href=\"#spiruline\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">III. La spiruline<\/a><br \/>\n<a href=\"#chlorelle\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">IV. La chlorelle<\/a><br \/>\n<a href=\"#wakame\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">V. Le wakam\u00e9<\/a><br \/>\n<a href=\"#kombu\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">VI. Le kombu<\/a><br \/>\n<a href=\"#nori\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">VII. Le nori<\/a><br \/>\n<a href=\"#dulse\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">VIII. La dulse<\/a><br \/>\n<a href=\"#laitue-de-mer\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">IX. La laitue de mer et les algues vertes<\/a><br \/>\n<a href=\"#lithothame\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">X. Le lithothame<\/a><br \/>\n<a href=\"#fucus\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XI. Le fucus v\u00e9siculeux<\/a><br \/>\n<a href=\"#proteines\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XII. Prot\u00e9ines et acides amin\u00e9s<\/a><br \/>\n<a href=\"#mineraux\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XIII. Min\u00e9raux et oligo-\u00e9l\u00e9ments<\/a><br \/>\n<a href=\"#vitamines\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XIV. Vitamines : B12, iode, fer<\/a><br \/>\n<a href=\"#omega3\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XV. Acides gras om\u00e9ga-3 d&rsquo;origine algale<\/a><br \/>\n<a href=\"#thyroide\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XVI. Algues et thyro\u00efde : l&rsquo;iode entre carence et exc\u00e8s<\/a><br \/>\n<a href=\"#precautions\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XVII. Pr\u00e9cautions et contre-indications<\/a><br \/>\n<a href=\"#synthese\" style=\"text-decoration:none;color:#5B3A1A\">XVIII. Synth\u00e8se<\/a>\n<\/div>\n<\/div>\n<figure style=\"margin:30px 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/algues-1.jpg\" alt=\"Spiruline en poudre vert fonc\u00e9 dans un bol en bois, avec des comprim\u00e9s de spiruline et une cuill\u00e8re \u00e0 c\u00f4t\u00e9\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-size:0.93em;color:#6B5B3E;margin-top:6px\">La spiruline (Arthrospira platensis), cyanobact\u00e9rie vieille de 3,5 milliards d&rsquo;ann\u00e9es \u2014 60 \u00e0 70 % de prot\u00e9ines compl\u00e8tes, fer hautement biodisponible, phycocyanine antioxydante et anti-inflammatoire, b\u00eata-carot\u00e8ne et vitamine B12.<\/figcaption><\/figure>\n<h2 id=\"histoire\">I. Les algues dans l&rsquo;histoire humaine<\/h2>\n<p>La consommation humaine d&rsquo;algues est attest\u00e9e depuis au moins <strong>14 000 ans<\/strong>. Le site arch\u00e9ologique de Monte Verde (Chili), dat\u00e9 de 12 500 avant notre \u00e8re, a livr\u00e9 des fragments de neuf esp\u00e8ces d&rsquo;algues marines \u2014 dont du cochayuyo (Durvillaea antarctica), du nori (Porphyra columbina) et des algues brunes non identifi\u00e9es \u2014 m\u00eal\u00e9s \u00e0 des restes alimentaires et \u00e0 des outils de pr\u00e9paration (Dillehay et al., 2008, Science). Les populations c\u00f4ti\u00e8res du Pacifique Sud consommaient donc des algues bien avant l&rsquo;invention de l&rsquo;agriculture.<\/p>\n<p>Au <strong>Japon<\/strong>, les algues sont document\u00e9es depuis le VII\u1d49 si\u00e8cle dans les textes l\u00e9gislatifs : le code Taih\u014d (701) les mentionne comme imp\u00f4t alimentaire. Le nori, le kombu et le wakam\u00e9 sont les trois piliers de la cuisine japonaise \u2014 le dashi (bouillon de base de toute la gastronomie nippone) est un extrait de kombu et de bonite s\u00e9ch\u00e9e. Les Japonais consomment en moyenne <strong>5 \u00e0 10 g d&rsquo;algues s\u00e8ches par jour<\/strong>, soit 1,5 \u00e0 3,5 kg par an \u2014 un apport qui contribue \u00e0 des taux exceptionnellement bas de maladies cardiovasculaires, de cancers du sein et de la prostate, et d&rsquo;ost\u00e9oporose.<\/p>\n<p>En <strong>Europe<\/strong>, la consommation d&rsquo;algues est plus ancienne qu&rsquo;on ne le croit. Les populations c\u00f4ti\u00e8res de Bretagne, d&rsquo;Irlande, d&rsquo;\u00c9cosse, de Norv\u00e8ge et d&rsquo;Islande r\u00e9coltaient et consommaient des algues depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Le <strong>carragheen<\/strong> (Chondrus crispus, mousse d&rsquo;Irlande) \u00e9tait utilis\u00e9 comme g\u00e9lifiant et comme rem\u00e8de contre la toux en Irlande depuis le XIX\u1d49 si\u00e8cle au moins. Le <strong>nori<\/strong> gallois (Porphyra umbilicalis) est la base du <strong>laverbread<\/strong>, un plat traditionnel du Pays de Galles (algue cuite en pur\u00e9e, roul\u00e9e dans la farine d&rsquo;avoine et frite). La <strong>dulse<\/strong> (Palmaria palmata) est consomm\u00e9e en Irlande et en Islande depuis des si\u00e8cles \u2014 s\u00e9ch\u00e9e et grignot\u00e9e comme en-cas. En Bretagne, le <strong>go\u00e9mon<\/strong> (algues brunes) \u00e9tait r\u00e9colt\u00e9 pour l&rsquo;engrais, l&rsquo;iode et l&rsquo;alimentation.<\/p>\n<p>La <strong>spiruline<\/strong> (Arthrospira platensis) \u00e9tait r\u00e9colt\u00e9e par les Azt\u00e8ques dans le lac Texcoco (Mexique) sous le nom de <strong>tecuitlatl<\/strong> \u2014 Cort\u00e9s et Bernal D\u00edaz del Castillo la d\u00e9crivent dans leurs chroniques de la conqu\u00eate (1519). Elle est encore r\u00e9colt\u00e9e aujourd&rsquo;hui sous forme de g\u00e2teaux s\u00e9ch\u00e9s (<strong>dih\u00e9<\/strong>) par les femmes Kanembou autour du lac Tchad, au Sahel \u2014 un aliment de subsistance riche en prot\u00e9ines et en fer pour une population souvent carenc\u00e9e.<\/p>\n<p>Le XX\u1d49 si\u00e8cle a vu l&rsquo;industrialisation de la culture d&rsquo;algues : le Japon produit 500 000 tonnes de nori par an, la Chine domine la production mondiale de kombu (8 millions de tonnes), et la spiruline est cultiv\u00e9e dans plus de 40 pays. En France, la fili\u00e8re algues alimentaires se d\u00e9veloppe rapidement \u2014 des fermes marines en Bretagne produisent du wakam\u00e9, de la dulse, de la laitue de mer et du nori de qualit\u00e9 premium.<\/p>\n<h2 id=\"classification\">II. Classification : micro-algues et macro-algues<\/h2>\n<p>Le terme \u00ab algue \u00bb recouvre une diversit\u00e9 taxonomique immense \u2014 ces organismes n&rsquo;ont en commun que la photosynth\u00e8se aquatique. On distingue deux grands groupes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat alimentaire.<\/p>\n<p>Les <strong>micro-algues<\/strong> sont des organismes unicellulaires ou coloniaux, microscopiques (1 \u00e0 100 \u00b5m), qui se cultivent en bassins ou en photobior\u00e9acteurs. Les deux esp\u00e8ces alimentaires majeures sont la <strong>spiruline<\/strong> (Arthrospira platensis, techniquement une cyanobact\u00e9rie \u2014 un procaryote, pas une algue eucaryote \u2014 mais class\u00e9e avec les micro-algues en nutrition) et la <strong>chlorelle<\/strong> (Chlorella vulgaris, une vraie algue verte eucaryote). Les micro-algues se consomment sous forme de poudre, de comprim\u00e9s ou de paillettes \u2014 jamais fra\u00eeches en Europe (conservation impossible sans s\u00e9chage ou cong\u00e9lation rapides).<\/p>\n<p>Les <strong>macro-algues<\/strong> (algues marines, go\u00e9mon) sont des organismes multicellulaires, visibles \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu, qui poussent fix\u00e9s aux rochers de l&rsquo;estran ou en culture sur cordes. Elles se r\u00e9partissent en trois embranchements selon leurs pigments photosynth\u00e9tiques. Les <strong>algues brunes<\/strong> (Phaeophyceae) \u2014 kombu, wakam\u00e9, fucus, ascophyllum, himanthalia (spaghetti de mer) \u2014 doivent leur couleur \u00e0 la fucoxanthine, un carot\u00e9no\u00efde brun qui masque la chlorophylle. Elles dominent les eaux froides et temp\u00e9r\u00e9es. Les <strong>algues rouges<\/strong> (Rhodophyta) \u2014 nori, dulse, lithothame, carragheen, agar-agar, gracilaire \u2014 doivent leur couleur \u00e0 la phyco\u00e9rythrine. Elles poussent plus profond\u00e9ment (la phyco\u00e9rythrine absorbe la lumi\u00e8re bleue qui p\u00e9n\u00e8tre en profondeur). Les <strong>algues vertes<\/strong> (Chlorophyta) \u2014 laitue de mer (Ulva lactuca), ent\u00e9romorphe (Ulva intestinalis) \u2014 n&rsquo;ont que de la chlorophylle a et b, comme les plantes terrestres dont elles sont les anc\u00eatres \u00e9volutifs.<\/p>\n<p>Chaque embranchement a un profil nutritionnel distinct : les algues brunes sont les plus riches en <strong>iode<\/strong>, en <strong>alginates<\/strong> (fibres g\u00e9lifiantes) et en <strong>fucoxanthine<\/strong> ; les algues rouges sont les plus riches en <strong>prot\u00e9ines<\/strong>, en <strong>calcium<\/strong> et en <strong>polysaccharides sulfat\u00e9s<\/strong> (carragh\u00e9nanes, agar) ; les algues vertes sont les plus riches en <strong>fer<\/strong>, en <strong>magn\u00e9sium<\/strong> et en <strong>vitamine C<\/strong>.<\/p>\n<h2 id=\"spiruline\">III. La spiruline<\/h2>\n<p>La spiruline (Arthrospira platensis, anciennement Spirulina platensis) est une cyanobact\u00e9rie filamenteuse qui forme des spirales microscopiques (d&rsquo;o\u00f9 son nom) dans les eaux alcalines chaudes des lacs tropicaux. C&rsquo;est l&rsquo;organisme vivant le plus ancien encore consomm\u00e9 par l&rsquo;\u00eatre humain \u2014 les cyanobact\u00e9ries sont apparues il y a 3,5 milliards d&rsquo;ann\u00e9es et la spiruline n&rsquo;a pratiquement pas chang\u00e9 depuis.<\/p>\n<p>Son profil nutritionnel est exceptionnel. La spiruline contient <strong>60 \u00e0 70 % de prot\u00e9ines<\/strong> sur mati\u00e8re s\u00e8che \u2014 le taux le plus \u00e9lev\u00e9 de tous les aliments connus (b\u0153uf : 26 %, soja : 36 %, \u0153uf : 13 %). Ces prot\u00e9ines sont <strong>compl\u00e8tes<\/strong> (tous les acides amin\u00e9s essentiels sont pr\u00e9sents) et <strong>hautement digestibles<\/strong> (83 \u00e0 90 % de digestibilit\u00e9 \u2014 la paroi de la spiruline est compos\u00e9e de peptidoglycane et de mureine, facilement d\u00e9grad\u00e9s par les enzymes humaines, contrairement \u00e0 la cellulose des plantes terrestres ou \u00e0 la sporopollenine de la chlorelle). Le score PDCAAS (Protein Digestibility Corrected Amino Acid Score) de la spiruline est de 0,84 \u2014 sup\u00e9rieur \u00e0 celui des lentilles (0,52) et comparable \u00e0 celui du b\u0153uf (0,92). Le facteur limitant est la m\u00e9thionine (acide amin\u00e9 soufr\u00e9), facilement compens\u00e9e par la consommation simultan\u00e9e de c\u00e9r\u00e9ales ou de noix.<\/p>\n<p>La spiruline contient <strong>28 mg de fer<\/strong> pour 100 g de poudre, sous une forme hautement biodisponible (12 \u00e0 18 % d&rsquo;absorption, contre 5 \u00e0 8 % pour le fer v\u00e9g\u00e9tal typique). Cette biodisponibilit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e s&rsquo;explique par l&rsquo;absence de phytates et d&rsquo;oxalates (inhibiteurs du fer) et par la pr\u00e9sence de la <strong>phycocyanine<\/strong>, un pigment prot\u00e9ique bleu qui ch\u00e9late le fer sous une forme facilement absorbable. Un essai clinique (Selmi et al., 2011, Cellular and Molecular Immunology) a montr\u00e9 que 3 g de spiruline par jour pendant 12 semaines augmentaient significativement l&rsquo;h\u00e9moglobine et la ferritine chez des femmes an\u00e9mi\u00e9es.<\/p>\n<p>La <strong>phycocyanine<\/strong> est le compos\u00e9 le plus \u00e9tudi\u00e9 de la spiruline. Ce pigment bleu (qui donne \u00e0 la spiruline sa couleur bleu-vert caract\u00e9ristique) est un antioxydant puissant (pi\u00e9geage de l&rsquo;anion superoxyde et du radical hydroxyle), un anti-inflammatoire (inhibition de COX-2 et de NF-\u03baB), un immunomodulateur (stimulation de la production de cellules NK et d&rsquo;interf\u00e9ron-gamma) et un h\u00e9patoprotecteur. La phycocyanine repr\u00e9sente 15 \u00e0 20 % de la masse s\u00e8che de la spiruline \u2014 un compl\u00e9ment de 5 g de spiruline par jour fournit donc 750 mg \u00e0 1 g de phycocyanine.<\/p>\n<p>La spiruline contient aussi du <strong>b\u00eata-carot\u00e8ne<\/strong> (170 mg\/100 g \u2014 le taux le plus \u00e9lev\u00e9 de tous les aliments, 30 fois plus que la carotte), de la <strong>vitamine K1<\/strong> (25 \u00b5g\/100 g), de la <strong>vitamine E<\/strong> (5 mg\/100 g), du <strong>calcium<\/strong> (120 mg\/100 g), du <strong>magn\u00e9sium<\/strong> (195 mg\/100 g), du <strong>potassium<\/strong> (1 363 mg\/100 g), du <strong>zinc<\/strong> (2 mg\/100 g) et de l&rsquo;<strong>acide gamma-linol\u00e9nique<\/strong> (GLA, om\u00e9ga-6 anti-inflammatoire : 1 g\/100 g).<\/p>\n<p>La question de la <strong>vitamine B12<\/strong> dans la spiruline est controvers\u00e9e. La spiruline contient des corrino\u00efdes (analogues de la B12) en grande quantit\u00e9 (200 \u00e0 300 \u00b5g\/100 g), mais 80 \u00e0 90 % de ces corrino\u00efdes sont des <strong>pseudo-B12<\/strong> (pseudocobalamine), biologiquement inactive chez l&rsquo;\u00eatre humain et qui peut m\u00eame interf\u00e9rer avec l&rsquo;absorption de la vraie B12 en comp\u00e9titionnant pour les r\u00e9cepteurs. La spiruline <strong>ne peut donc pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une source fiable de vitamine B12<\/strong> \u2014 c&rsquo;est un point critique pour les v\u00e9g\u00e9taliens.<\/p>\n<p>La dose quotidienne recommand\u00e9e de spiruline est de <strong>3 \u00e0 10 g par jour<\/strong> (1 \u00e0 3 cuiller\u00e9es \u00e0 caf\u00e9 de poudre), en commen\u00e7ant par 1 g et en augmentant progressivement (la spiruline est tr\u00e8s riche en nucl\u00e9otides puriques \u2014 une mont\u00e9e en charge trop rapide peut provoquer des troubles digestifs chez les personnes sensibles). Elle se m\u00e9lange aux smoothies, aux jus de fruits, aux salades ou se prend en comprim\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"chlorelle\">IV. La chlorelle<\/h2>\n<p>La chlorelle (Chlorella vulgaris, parfois C. pyrenoidosa) est une micro-algue verte unicellulaire sph\u00e9rique de 2 \u00e0 10 \u00b5m de diam\u00e8tre, qui se multiplie par division toutes les 20 heures dans des conditions optimales. Contrairement \u00e0 la spiruline (procaryote), la chlorelle est un <strong>eucaryote<\/strong> \u2014 elle poss\u00e8de un noyau, des chloroplastes et une paroi cellulaire rigide en cellulose et sporopollenine.<\/p>\n<p>La paroi cellulaire de la chlorelle est le facteur limitant de sa digestibilit\u00e9. Intacte, elle est quasiment imperm\u00e9able aux enzymes digestives humaines \u2014 la biodisponibilit\u00e9 des nutriments est alors inf\u00e9rieure \u00e0 50 %. La chlorelle alimentaire doit donc \u00eatre <strong>\u00e0 paroi bris\u00e9e<\/strong> (\u00ab cracked cell wall \u00bb) \u2014 un processus m\u00e9canique (broyage \u00e0 billes, haute pression) qui fracture la sporopollenine sans d\u00e9naturer les nutriments int\u00e9rieurs. La digestibilit\u00e9 passe alors \u00e0 80 \u00e0 85 %.<\/p>\n<p>Le profil nutritionnel de la chlorelle est proche de celui de la spiruline avec quelques diff\u00e9rences notables. La teneur en prot\u00e9ines est l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieure (<strong>50 \u00e0 60 %<\/strong> de la masse s\u00e8che) mais le profil en acides amin\u00e9s est plus \u00e9quilibr\u00e9 (score PDCAAS : 0,79). La chlorelle contient davantage de <strong>chlorophylle<\/strong> (2 \u00e0 4 % de la masse s\u00e8che \u2014 le taux le plus \u00e9lev\u00e9 de tous les organismes vivants, 5 \u00e0 10 fois plus que la spiruline) \u2014 la chlorophylle est un d\u00e9toxifiant (ch\u00e9lation des m\u00e9taux lourds dans l&rsquo;intestin), un antioxydant et un promoteur de la cicatrisation.<\/p>\n<p>La chlorelle contient un compos\u00e9 unique : le <strong>Chlorella Growth Factor<\/strong> (CGF), un complexe de nucl\u00e9otides (ARN et ADN), d&rsquo;acides amin\u00e9s, de polysaccharides (b\u00eata-1,3-glucane) et de vitamines pr\u00e9sent dans le noyau cellulaire. Le CGF est responsable de la vitesse de reproduction extraordinaire de la chlorelle et stimule, chez l&rsquo;\u00eatre humain, la production de cellules immunitaires (lymphocytes T, macrophages, cellules NK) et la croissance des bact\u00e9ries b\u00e9n\u00e9fiques du microbiote intestinal (effet pr\u00e9biotique des b\u00eata-glucanes). Le b\u00eata-1,3-glucane de la chlorelle active les r\u00e9cepteurs Dectin-1 des macrophages, d\u00e9clenchant une r\u00e9ponse immunitaire inn\u00e9e sans inflammation excessive (Ooi &amp; Liu, 2000, Current Medicinal Chemistry).<\/p>\n<p>La chlorelle est riche en <strong>fer<\/strong> (130 mg\/100 g sec \u2014 le taux le plus \u00e9lev\u00e9 de toutes les algues, mais biodisponibilit\u00e9 non optimale avant broyage de la paroi), en <strong>vitamine B12<\/strong> (la chlorelle contient de la <strong>vraie<\/strong> m\u00e9thylcobalamine et ad\u00e9nosylcobalamine, contrairement \u00e0 la spiruline \u2014 Watanabe et al., 2002, Journal of Nutritional Science and Vitaminology \u2014 mais les teneurs sont variables selon les souches et les conditions de culture : 5 \u00e0 200 \u00b5g\/100 g sec), en <strong>vitamine D2<\/strong> (ergocalcif\u00e9rol, form\u00e9 par exposition aux UV : pr\u00e9sent dans certaines cultures expos\u00e9es au soleil), en <strong>folates<\/strong> (vitamine B9 : 100 \u00e0 300 \u00b5g\/100 g) et en <strong>om\u00e9ga-3<\/strong> (ALA : 1 \u00e0 3 % des lipides totaux).<\/p>\n<p>La propri\u00e9t\u00e9 la plus \u00e9tudi\u00e9e de la chlorelle est sa capacit\u00e9 de <strong>d\u00e9toxification des m\u00e9taux lourds<\/strong>. Sa paroi cellulaire (m\u00eame bris\u00e9e, les fragments restent actifs) fixe le mercure, le plomb, le cadmium et l&rsquo;arsenic dans la lumi\u00e8re intestinale, emp\u00eachant leur absorption et facilitant leur \u00e9limination f\u00e9cale. Des \u00e9tudes chez le rat (Uchikawa et al., 2010) et des \u00e9tudes humaines pr\u00e9liminaires (Merino et al., 2019) montrent une r\u00e9duction de 50 \u00e0 70 % de l&rsquo;absorption intestinale du m\u00e9thylmercure en pr\u00e9sence de chlorelle. C&rsquo;est un int\u00e9r\u00eat sp\u00e9cifique pour les consommateurs de poissons ou les personnes porteuses d&rsquo;amalgames dentaires.<\/p>\n<p>La dose recommand\u00e9e est de <strong>3 \u00e0 10 g par jour<\/strong>, en commen\u00e7ant par 1 g (les m\u00eames pr\u00e9cautions de mont\u00e9e en charge que la spiruline s&rsquo;appliquent). La chlorelle \u00e0 paroi bris\u00e9e se trouve en poudre, en comprim\u00e9s ou en g\u00e9lules.<\/p>\n<h2 id=\"wakame\">V. Le wakam\u00e9<\/h2>\n<p>Le wakam\u00e9 (Undaria pinnatifida) est une algue brune comestible, esp\u00e8ce phare de la cuisine japonaise (soupe miso, salades) et d\u00e9sormais cultiv\u00e9e avec succ\u00e8s sur les c\u00f4tes bretonnes et atlantiques europ\u00e9ennes. C&rsquo;est une grande algue (1 \u00e0 3 m\u00e8tres) \u00e0 lame penn\u00e9e (d&rsquo;o\u00f9 <em>pinnatifida<\/em>), vert olive \u00e0 brun, avec une nervure centrale pro\u00e9minente et un sporophylle ondul\u00e9 \u00e0 la base.<\/p>\n<p>Le wakam\u00e9 est nutritionnellement remarquable par sa richesse en <strong>fucoxanthine<\/strong>, un carot\u00e9no\u00efde brun sp\u00e9cifique des algues brunes (1 \u00e0 6 mg\/g de mati\u00e8re s\u00e8che \u2014 le taux le plus \u00e9lev\u00e9 parmi les algues comestibles). La fucoxanthine fait l&rsquo;objet de recherches intensives pour ses effets <strong>anti-ob\u00e9sit\u00e9<\/strong> (stimulation de la prot\u00e9ine d\u00e9couplante UCP1 dans le tissu adipeux blanc, induisant la thermogen\u00e8se \u2014 Maeda et al., 2005, Biochemical and Biophysical Research Communications), <strong>anti-diab\u00e9tiques<\/strong> (am\u00e9lioration de la sensibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuline), <strong>anti-inflammatoires<\/strong> (inhibition de NF-\u03baB et de la production de NO) et <strong>antitumoraux<\/strong> (induction de l&rsquo;apoptose dans les cellules canc\u00e9reuses mammaires, prostatiques et coliques in vitro).<\/p>\n<p>Le wakam\u00e9 contient <strong>150 mg de calcium<\/strong> pour 100 g frais (660 mg\/100 g sec), <strong>2 \u00e0 5 mg de fer<\/strong>\/100 g frais, <strong>107 mg de magn\u00e9sium<\/strong>\/100 g sec, et <strong>15 % de prot\u00e9ines<\/strong> sur mati\u00e8re s\u00e8che. Son profil en fibres est domin\u00e9 par les <strong>alginates<\/strong> (polysaccharides g\u00e9lifiants qui forment un gel dans l&rsquo;estomac, ralentissant l&rsquo;absorption des glucides et des lipides \u2014 effet sati\u00e9tog\u00e8ne et hypoglyc\u00e9miant) et les <strong>fucanes<\/strong> (polysaccharides sulfat\u00e9s aux propri\u00e9t\u00e9s anticoagulantes, anti-inflammatoires et immunomodulatrices).<\/p>\n<p>La teneur en <strong>iode<\/strong> du wakam\u00e9 est mod\u00e9r\u00e9e compar\u00e9e aux autres algues brunes : 30 \u00e0 100 \u00b5g\/g sec (soit 300 \u00e0 1 000 \u00b5g pour 10 g \u2014 une portion raisonnable de salade de wakam\u00e9 r\u00e9hydrat\u00e9). L&rsquo;apport journalier recommand\u00e9 en iode \u00e9tant de 150 \u00b5g (adulte), une portion de 5 g de wakam\u00e9 sec fournit 150 \u00e0 500 \u00b5g \u2014 suffisant sans exc\u00e8s si la consommation reste raisonn\u00e9e. C&rsquo;est l&rsquo;algue brune la plus s\u00fbre pour l&rsquo;iode au quotidien.<\/p>\n<p>En cuisine, le wakam\u00e9 sec se r\u00e9hydrate en 5 minutes dans l&rsquo;eau froide (il triple de volume), se coupe en lani\u00e8res et s&rsquo;ajoute aux soupes (miso, l\u00e9gumes), aux salades (avec s\u00e9same, vinaigre de riz et huile de s\u00e9same \u2014 la classique salade wakam\u00e9), aux saut\u00e9s de l\u00e9gumes et aux bowls. Le wakam\u00e9 frais de Bretagne (disponible en poissonneries et en ligne) se consomme cru en salade ou bri\u00e8vement blanchi.<\/p>\n<figure style=\"margin:30px 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/algues-2.jpg\" alt=\"Salade de wakam\u00e9 r\u00e9hydrat\u00e9, lani\u00e8res vert fonc\u00e9 brillant, parsem\u00e9e de graines de s\u00e9same blanc, dans un bol en c\u00e9ramique\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-size:0.93em;color:#6B5B3E;margin-top:6px\">Le wakam\u00e9 (Undaria pinnatifida) \u2014 algue brune cultiv\u00e9e en Bretagne et au Japon, riche en fucoxanthine anti-ob\u00e9sit\u00e9, en calcium (660 mg\/100 g sec) et en fibres g\u00e9lifiantes (alginates et fucanes).<\/figcaption><\/figure>\n<h2 id=\"kombu\">VI. Le kombu<\/h2>\n<p>Le kombu (Laminaria digitata en Europe, Saccharina japonica au Japon) est une grande algue brune (laminaire) qui forme des for\u00eats sous-marines dans les eaux froides de l&rsquo;Atlantique Nord et du Pacifique. Ses lames coriaces, brun fonc\u00e9, mesurent 1 \u00e0 5 m\u00e8tres de long. C&rsquo;est l&rsquo;algue la plus consomm\u00e9e au monde \u2014 8 millions de tonnes par an, principalement en Chine et au Japon.<\/p>\n<p>Le kombu est la base du <strong>dashi<\/strong>, le bouillon fondamental de la cuisine japonaise. La technique est simple : placer un morceau de kombu sec (10 \u00d7 10 cm, environ 10 g) dans un litre d&rsquo;eau froide, monter lentement \u00e0 60-70 \u00b0C (ne jamais faire bouillir \u2014 l&rsquo;\u00e9bullition lib\u00e8re des mucilages qui rendent le bouillon visqueux et amer), retirer le kombu, filtrer. Ce bouillon clair et savoureux est riche en <strong>acide glutamique<\/strong> libre \u2014 la mol\u00e9cule responsable du go\u00fbt <strong>umami<\/strong> (le \u00ab cinqui\u00e8me go\u00fbt \u00bb, d\u00e9couvert par le chimiste japonais Kikunae Ikeda en 1908 pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 partir du kombu). Le kombu contient 2 000 \u00e0 3 000 mg d&rsquo;acide glutamique libre pour 100 g sec \u2014 le taux le plus \u00e9lev\u00e9 de tous les aliments. Le glutamate naturel du kombu n&rsquo;a rien \u00e0 voir, en termes de contexte m\u00e9tabolique, avec le glutamate monosodique (MSG) ajout\u00e9 industriellement : il est accompagn\u00e9 de potassium, de magn\u00e9sium, d&rsquo;alginates et de fibres qui modulent son absorption.<\/p>\n<p>Le kombu est extraordinairement riche en <strong>iode<\/strong> : 1 500 \u00e0 8 000 \u00b5g\/g sec selon l&rsquo;esp\u00e8ce et l&rsquo;origine g\u00e9ographique. C&rsquo;est \u00e0 la fois sa force et son danger : <strong>1 g de kombu sec peut contenir 10 \u00e0 50 fois l&rsquo;apport journalier recommand\u00e9 en iode<\/strong> (150 \u00b5g). Au Japon, o\u00f9 la population est g\u00e9n\u00e9tiquement adapt\u00e9e \u00e0 des apports \u00e9lev\u00e9s en iode depuis des mill\u00e9naires (m\u00e9canisme de Wolff-Chaikoff : la thyro\u00efde japonaise r\u00e9gule efficacement l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;iode), cela ne pose pas de probl\u00e8me. En Europe, o\u00f9 la population est souvent en carence iod\u00e9e mod\u00e9r\u00e9e et la thyro\u00efde non adapt\u00e9e \u00e0 des apports massifs, la consommation quotidienne de kombu peut provoquer une <strong>thyrotoxicose<\/strong> (hyperthyro\u00efdie) ou paradoxalement une <strong>hypothyro\u00efdie<\/strong> (blocage de la thyro\u00efde par exc\u00e8s d&rsquo;iode \u2014 effet Wolff-Chaikoff prolong\u00e9). Le kombu doit donc \u00eatre consomm\u00e9 avec parcimonie en Europe : <strong>pas plus de 1 \u00e0 2 g de kombu sec par jour<\/strong>, et pas tous les jours.<\/p>\n<p>Outre l&rsquo;iode, le kombu contient du <strong>mannitol<\/strong> (polyol sucr\u00e9, 5 \u00e0 10 % de la masse s\u00e8che \u2014 \u00e9dulcorant naturel \u00e0 faible index glyc\u00e9mique), du <strong>calcium<\/strong> (80-120 mg\/100 g sec), du <strong>fer<\/strong> (3-7 mg\/100 g sec), des <strong>alginates<\/strong> (15-40 % de la masse s\u00e8che \u2014 les alginates de kombu sont la base de l&rsquo;industrie alimentaire des g\u00e9lifiants) et du <strong>fuco\u00efdane<\/strong> (polysaccharide sulfat\u00e9 aux propri\u00e9t\u00e9s anticoagulantes, antivirales et antitumorales \u00e9tudi\u00e9es intensivement \u2014 Fitton et al., 2015, Marine Drugs).<\/p>\n<p>En cuisine europ\u00e9enne, le kombu s&rsquo;utilise dans les bouillons (dashi), dans la cuisson des l\u00e9gumineuses (un morceau de kombu dans l&rsquo;eau de cuisson des haricots r\u00e9duit les flatulences en d\u00e9gradant les oligosaccharides \u2014 raffinose, stachyose \u2014 gr\u00e2ce \u00e0 ses enzymes \u03b1-galactosidases), et en condiment (kombu grill\u00e9 et broy\u00e9 en poudre, saupoudr\u00e9 sur les plats).<\/p>\n<h2 id=\"nori\">VII. Le nori<\/h2>\n<p>Le nori (Porphyra\/Pyropia spp. \u2014 la nomenclature a chang\u00e9 r\u00e9cemment, Porphyra \u00e9tant reclass\u00e9 en partie dans le genre Pyropia) est une algue rouge qui forme des lames fines, translucides, pourpre fonc\u00e9 \u00e0 noires, sur les rochers de l&rsquo;estran sup\u00e9rieur. C&rsquo;est l&rsquo;algue la plus consomm\u00e9e par personne au Japon \u2014 sous forme de feuilles s\u00e9ch\u00e9es et grill\u00e9es (yaki-nori) qui enveloppent les sushis et les onigiris.<\/p>\n<p>Le nori est l&rsquo;algue la plus riche en <strong>prot\u00e9ines<\/strong> parmi les macro-algues : <strong>30 \u00e0 50 %<\/strong> de la masse s\u00e8che (selon l&rsquo;esp\u00e8ce et la saison), avec un profil en acides amin\u00e9s remarquablement complet et un taux de taurine \u00e9lev\u00e9 (acide amin\u00e9 conditionnel important pour la fonction cardiaque et la conjugaison biliaire). La digestibilit\u00e9 prot\u00e9ique est de 75 \u00e0 85 %.<\/p>\n<p>Le nori est aussi la source marine la plus accessible de <strong>vitamine B12<\/strong> biodisponible. Les \u00e9tudes de Watanabe et al. (1999, 2002, Journal of Nutritional Science and Vitaminology) ont montr\u00e9 que le nori s\u00e9ch\u00e9 contient 55 \u00e0 80 \u00b5g de vitamine B12 pour 100 g sec, principalement sous forme de <strong>m\u00e9thylcobalamine<\/strong> et d&rsquo;<strong>ad\u00e9nosylcobalamine<\/strong> \u2014 les formes biologiquement actives, pas des analogues inactifs comme dans la spiruline. Deux feuilles de nori (6 g sec) fournissent 3 \u00e0 5 \u00b5g de B12, soit 125 \u00e0 200 % de l&rsquo;apport journalier recommand\u00e9 (2,4 \u00b5g). Cependant, des \u00e9tudes plus r\u00e9centes (Dagnelie et al., 1991 ; Miyamoto et al., 2009) ont montr\u00e9 une variabilit\u00e9 importante selon les lots et les conditions de culture \u2014 le nori <strong>peut<\/strong> contribuer aux apports en B12 mais ne devrait pas \u00eatre la source unique chez les v\u00e9g\u00e9taliens stricts sans v\u00e9rification biologique r\u00e9guli\u00e8re (dosage de l&rsquo;homocyst\u00e9ine et de l&rsquo;acide m\u00e9thylmalonique, marqueurs fonctionnels de la carence en B12).<\/p>\n<p>Le nori est riche en <strong>vitamine A<\/strong> (sous forme de b\u00eata-carot\u00e8ne : 2 500 \u00e0 5 000 \u00b5g\/100 g sec), en <strong>vitamine C<\/strong> (70 \u00e0 100 mg\/100 g sec \u2014 le grillage d\u00e9truit une partie de la vitamine C, le nori cru ou simplement s\u00e9ch\u00e9 en contient plus), en <strong>fer<\/strong> (10 \u00e0 20 mg\/100 g sec), en <strong>zinc<\/strong> (2 \u00e0 4 mg\/100 g sec) et en <strong>EPA<\/strong> (acide eicosapenta\u00e9no\u00efque, om\u00e9ga-3 \u00e0 longue cha\u00eene : 1 \u00e0 2 % des lipides totaux \u2014 les lipides totaux du nori sont de 2 \u00e0 4 % de la masse s\u00e8che).<\/p>\n<p>La teneur en <strong>iode<\/strong> du nori est faible pour une algue : 15 \u00e0 50 \u00b5g\/g sec \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;algue marine la plus pauvre en iode, ce qui la rend la plus s\u00fbre pour la consommation quotidienne. Dix grammes de nori sec fournissent 150 \u00e0 500 \u00b5g d&rsquo;iode, dans la fourchette de l&rsquo;apport recommand\u00e9.<\/p>\n<p>En cuisine, le nori grill\u00e9 s&rsquo;utilise pour les sushis et les onigiris, \u00e9miett\u00e9 sur les soupes et les riz, d\u00e9coup\u00e9 en lani\u00e8res dans les salades, ou grignot\u00e9 tel quel comme en-cas prot\u00e9in\u00e9 et sal\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"dulse\">VIII. La dulse<\/h2>\n<p>La dulse (Palmaria palmata) est une algue rouge atlantique, r\u00e9colt\u00e9e depuis des si\u00e8cles en Irlande, en \u00c9cosse, en Islande et en Bretagne. Ses lames plates, rouge pourpre \u00e0 violet fonc\u00e9, divis\u00e9es en lobes digitiformes, mesurent 20 \u00e0 50 cm. C&rsquo;est probablement l&rsquo;algue la plus savoureuse pour le palais europ\u00e9en \u2014 son go\u00fbt grill\u00e9 et fum\u00e9 rappelle le bacon (des chercheurs de l&rsquo;Oregon State University ont m\u00eame d\u00e9velopp\u00e9 une souche de dulse qui, po\u00eal\u00e9e dans l&rsquo;huile, a exactement le go\u00fbt du bacon fum\u00e9 \u2014 fait m\u00e9diatique qui a contribu\u00e9 \u00e0 sa notori\u00e9t\u00e9).<\/p>\n<p>La dulse contient <strong>15 \u00e0 25 % de prot\u00e9ines<\/strong> (masse s\u00e8che) avec un bon profil en acides amin\u00e9s essentiels. Elle est riche en <strong>fer<\/strong> (15 \u00e0 50 mg\/100 g sec \u2014 tr\u00e8s variable selon l&rsquo;origine), en <strong>potassium<\/strong> (7 000 \u00e0 12 000 mg\/100 g sec \u2014 l&rsquo;aliment le plus riche en potassium connu), en <strong>vitamine B6<\/strong> (pyridoxine : 0,6 mg\/100 g sec), en <strong>vitamine B12<\/strong> (quelques \u00b5g\/100 g \u2014 teneurs variables, pas suffisantes comme source unique) et en <strong>vitamine C<\/strong> (50 \u00e0 75 mg\/100 g sec).<\/p>\n<p>La teneur en <strong>iode<\/strong> de la dulse est mod\u00e9r\u00e9e : 50 \u00e0 200 \u00b5g\/g sec, soit 500 \u00e0 2 000 \u00b5g pour 10 g \u2014 prudence n\u00e9cessaire mais risque nettement inf\u00e9rieur \u00e0 celui du kombu. Une portion de 3 \u00e0 5 g de dulse s\u00e9ch\u00e9e par jour est consid\u00e9r\u00e9e comme s\u00fbre pour un adulte en bonne sant\u00e9 thyro\u00efdienne.<\/p>\n<p>La dulse contient des <strong>phycobiliprot\u00e9ines<\/strong> (phyco\u00e9rythrine, phycocyanine) qui, comme la phycocyanine de la spiruline, exercent des effets antioxydants et anti-inflammatoires. Elle est aussi riche en <strong>xylanes<\/strong> (polysaccharides de la paroi cellulaire) qui agissent comme fibres pr\u00e9biotiques dans le c\u00f4lon.<\/p>\n<p>En cuisine, la dulse s\u00e9ch\u00e9e se consomme telle quelle (grignot\u00e9e comme un en-cas sal\u00e9 et iod\u00e9), r\u00e9hydrat\u00e9e et ajout\u00e9e aux salades, po\u00eal\u00e9e bri\u00e8vement dans l&rsquo;huile d&rsquo;olive (croustillante et fum\u00e9e \u2014 le fameux \u00ab bacon de mer \u00bb), r\u00e9duite en poudre et saupoudr\u00e9e comme condiment sur les plats (en remplacement du sel, avec une touche iod\u00e9e et umami), ou incorpor\u00e9e dans les p\u00e2tes \u00e0 pain et \u00e0 cr\u00eapes.<\/p>\n<h2 id=\"laitue-de-mer\">IX. La laitue de mer et les algues vertes<\/h2>\n<p>La laitue de mer (Ulva lactuca) est une algue verte ubiquiste des c\u00f4tes europ\u00e9ennes, facilement reconnaissable \u00e0 ses lames vert vif, translucides, ondul\u00e9es, qui ressemblent \u00e0 des feuilles de salade flottant dans les flaques de l&rsquo;estran. C&rsquo;est l&rsquo;algue la plus facile \u00e0 identifier pour un d\u00e9butant \u2014 et l&rsquo;une des plus polyvalentes en cuisine.<\/p>\n<p>La laitue de mer est la macro-algue la plus riche en <strong>fer<\/strong> : <strong>40 \u00e0 150 mg\/100 g sec<\/strong> selon les analyses (Ruperez, 2002, Food Chemistry) \u2014 un chiffre spectaculaire, m\u00eame si la biodisponibilit\u00e9 est r\u00e9duite par les fibres et les polysaccharides de la paroi cellulaire (on estime 10 \u00e0 15 % d&rsquo;absorption). Elle est aussi riche en <strong>magn\u00e9sium<\/strong> (3 200 mg\/100 g sec \u2014 record absolu), en <strong>calcium<\/strong> (800 \u00e0 3 200 mg\/100 g sec selon les \u00e9tudes \u2014 chiffre tr\u00e8s variable), en <strong>vitamine C<\/strong> (50 \u00e0 200 mg\/100 g sec \u2014 sup\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;orange) et en <strong>prot\u00e9ines<\/strong> (15 \u00e0 25 % de la masse s\u00e8che).<\/p>\n<p>La teneur en <strong>iode<\/strong> de la laitue de mer est mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 faible : 10 \u00e0 50 \u00b5g\/g sec \u2014 c&rsquo;est, avec le nori, l&rsquo;algue la plus pauvre en iode. Elle peut donc \u00eatre consomm\u00e9e quotidiennement sans risque thyro\u00efdien.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me de la laitue de mer est environnemental : c&rsquo;est l&rsquo;algue responsable des <strong>mar\u00e9es vertes<\/strong> qui frappent les c\u00f4tes bretonnes et normandes depuis les ann\u00e9es 1970. La prolif\u00e9ration d&rsquo;Ulva est caus\u00e9e par l&rsquo;exc\u00e8s de nitrates (agriculture intensive, lisiers) dans les eaux c\u00f4ti\u00e8res. Les algues vertes \u00e9chou\u00e9es en masse fermentent sur les plages et produisent du <strong>sulfure d&rsquo;hydrog\u00e8ne<\/strong> (H\u2082S) \u2014 un gaz toxique qui a tu\u00e9 des animaux et menac\u00e9 des promeneurs. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne concerne les algues \u00e9chou\u00e9es en d\u00e9composition, pas les algues fra\u00eeches r\u00e9colt\u00e9es en mer \u2014 mais il est prudent de ne r\u00e9colter la laitue de mer que dans des <strong>eaux propres<\/strong>, loin des zones d&rsquo;\u00e9levage intensif et des \u00e9missaires d&rsquo;eaux us\u00e9es. Les produits commerciaux d&rsquo;algues bretonnes certifi\u00e9es (Bio ou Label Rouge) sont r\u00e9colt\u00e9s dans des zones contr\u00f4l\u00e9es.<\/p>\n<p>En cuisine, la laitue de mer fra\u00eeche se mange crue en salade (go\u00fbt de noisette et d&rsquo;hu\u00eetre), blanchie 30 secondes et ajout\u00e9e aux plats de p\u00e2tes, de riz ou de poisson, ou s\u00e9ch\u00e9e et r\u00e9duite en paillettes vertes qui se saupoudrent sur tous les plats \u2014 un condiment iod\u00e9, min\u00e9ral et color\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"lithothame\">X. Le lithothame<\/h2>\n<p>Le lithothame (Lithothamnium calcareum, syn. Phymatolithon calcareum) n&rsquo;est pas une algue au sens culinaire habituel \u2014 c&rsquo;est une <strong>algue rouge calcaire<\/strong> qui forme des concr\u00e9tions coralliennes roses dans les eaux froides de l&rsquo;Atlantique Nord (c\u00f4tes bretonnes, irlandaises, islandaises, norv\u00e9giennes). Son thalle n&rsquo;est pas charnu mais min\u00e9ralis\u00e9 \u2014 constitu\u00e9 de <strong>carbonate de calcium<\/strong> (32 %) et de <strong>carbonate de magn\u00e9sium<\/strong> (3 %), avec des traces de 70 oligo-\u00e9l\u00e9ments (strontium, fer, mangan\u00e8se, zinc, s\u00e9l\u00e9nium, bore, silice, cuivre).<\/p>\n<p>Le lithothame est la meilleure source v\u00e9g\u00e9tale de <strong>calcium<\/strong> en termes de biodisponibilit\u00e9 : 40 \u00e0 50 % d&rsquo;absorption, sup\u00e9rieure au carbonate de calcium synth\u00e9tique (25-35 %) et comparable aux Brassicac\u00e9es (49-54 %). Cette biodisponibilit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e s&rsquo;explique par la <strong>structure microporeuse<\/strong> du squelette calcaire (grande surface de contact avec les sucs digestifs), par la pr\u00e9sence de <strong>magn\u00e9sium<\/strong> (cofacteur de l&rsquo;absorption calcique) et par les <strong>oligo-\u00e9l\u00e9ments<\/strong> en synergie.<\/p>\n<p>Une cuiller\u00e9e \u00e0 caf\u00e9 de poudre de lithothame (3 g) fournit environ <strong>960 mg de calcium<\/strong> brut, soit 380 \u00e0 480 mg de calcium absorbable \u2014 l&rsquo;\u00e9quivalent de 4 \u00e0 5 verres de lait. C&rsquo;est la source de calcium la plus concentr\u00e9e et la plus pratique pour les personnes ne consommant pas de produits laitiers.<\/p>\n<p>Le lithothame est naturellement <strong>alcalinisant<\/strong> (pH 9 \u00e0 10) \u2014 il neutralise l&rsquo;acidit\u00e9 gastrique exc\u00e9dentaire et contribue \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre acido-basique global. Des \u00e9tudes pr\u00e9liminaires (Adluri et al., 2010, Nutrition and Cancer ; Aslam et al., 2010, Nutrition Journal) sugg\u00e8rent des effets protecteurs contre les polypes coliques et l&rsquo;ost\u00e9oporose, mais les donn\u00e9es cliniques restent limit\u00e9es.<\/p>\n<p>Le lithothame se consomme en <strong>poudre<\/strong> (1 \u00e0 3 g\/jour), m\u00e9lang\u00e9e aux soupes, aux smoothies, aux yaourts v\u00e9g\u00e9taux ou aux compotes. Son go\u00fbt est neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement crayeux et iod\u00e9. Il est disponible en herboristeries, en magasins bio et en pharmacies. La teneur en iode du lithothame est faible (5 \u00e0 15 \u00b5g\/g), sans risque thyro\u00efdien.<\/p>\n<h2 id=\"fucus\">XI. Le fucus v\u00e9siculeux<\/h2>\n<p>Le fucus v\u00e9siculeux (Fucus vesiculosus) est une algue brune extr\u00eamement commune sur les c\u00f4tes atlantiques europ\u00e9ennes \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;algue \u00e0 \u00ab v\u00e9sicules \u00bb (flotteurs) que tout le monde a d\u00e9j\u00e0 vue sur les rochers \u00e0 mar\u00e9e basse. Ses frondes dichotomes, vert olive \u00e0 brun, portent des paires de v\u00e9sicules d&rsquo;air qui leur permettent de flotter \u00e0 mar\u00e9e haute pour capter la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Le fucus est historiquement la premi\u00e8re source commerciale d&rsquo;<strong>iode<\/strong> : c&rsquo;est en br\u00fblant du go\u00e9mon (dont le fucus) que le chimiste Bernard Courtois a d\u00e9couvert l&rsquo;iode en 1811. Le fucus contient 500 \u00e0 2 000 \u00b5g d&rsquo;iode par gramme sec \u2014 des teneurs interm\u00e9diaires entre le kombu (tr\u00e8s riche) et le wakam\u00e9 (mod\u00e9r\u00e9). Son utilisation principale en phytoth\u00e9rapie est la stimulation de la <strong>thyro\u00efde<\/strong> en cas d&rsquo;hypothyro\u00efdie li\u00e9e \u00e0 une carence iod\u00e9e \u2014 mais cette indication est strictement r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 un usage encadr\u00e9 m\u00e9dicalement.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de l&rsquo;iode, le fucus contient des <strong>fucanes<\/strong> (polysaccharides sulfat\u00e9s : 10 \u00e0 20 % de la masse s\u00e8che) aux propri\u00e9t\u00e9s anticoagulantes (inhibition du facteur Xa et de la thrombine \u2014 activit\u00e9 comparable \u00e0 celle de l&rsquo;h\u00e9parine \u00e0 faible dose), anti-inflammatoires (inhibition de la s\u00e9lectine et du recrutement leucocytaire), et antivirales (inhibition de l&rsquo;entr\u00e9e virale par interaction avec les glycoprot\u00e9ines d&rsquo;enveloppe \u2014 activit\u00e9 document\u00e9e contre le VIH, le HSV et le SARS-CoV-2 in vitro). Les <strong>phlorotanins<\/strong> (polyph\u00e9nols sp\u00e9cifiques des algues brunes : eckol, dieckol, phlorofucofuroeckol) sont des antioxydants et des inhibiteurs de l&rsquo;\u03b1-glucosidase (enzyme de digestion des glucides \u2014 effet hypoglyc\u00e9miant postprandial document\u00e9 par Roy et al., 2011, Food Chemistry).<\/p>\n<p>Le fucus contient aussi de l&rsquo;<strong>acide alginique<\/strong> (20 \u00e0 30 % de la masse s\u00e8che) qui forme un gel protecteur sur la muqueuse gastrique \u2014 d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;utilisation traditionnelle du fucus contre les reflux gastro-\u0153sophagiens (le m\u00e9dicament Gaviscon est \u00e0 base d&rsquo;alginate de sodium, initialement extrait du fucus).<\/p>\n<p>En <strong>alimentation<\/strong>, le fucus est surtout consomm\u00e9 s\u00e9ch\u00e9 et r\u00e9duit en poudre, comme condiment iod\u00e9 ou comme compl\u00e9ment alimentaire (g\u00e9lules). Il est trop coriace et trop iod\u00e9 pour \u00eatre mang\u00e9 frais en quantit\u00e9. La dose recommand\u00e9e est de <strong>1 \u00e0 3 g de poudre de fucus sec par jour<\/strong>, sans d\u00e9passer 5 g \u2014 et uniquement chez les personnes sans pathologie thyro\u00efdienne, sans traitement par l\u00e9vothyroxine, et sans ant\u00e9c\u00e9dent de maladie de Basedow ou de thyro\u00efdite de Hashimoto.<\/p>\n<h2 id=\"proteines\">XII. Prot\u00e9ines et acides amin\u00e9s<\/h2>\n<p>Les algues sont des sources de prot\u00e9ines d&rsquo;une qualit\u00e9 souvent sous-estim\u00e9e. Leur teneur en prot\u00e9ines varie de 5 % (algues brunes) \u00e0 70 % (spiruline) de la masse s\u00e8che, et leur profil en acides amin\u00e9s est g\u00e9n\u00e9ralement plus complet que celui des l\u00e9gumineuses.<\/p>\n<p>Le classement par teneur prot\u00e9ique (masse s\u00e8che) est le suivant : <strong>spiruline<\/strong> 60-70 %, <strong>chlorelle<\/strong> 50-60 %, <strong>nori<\/strong> 30-50 %, <strong>dulse<\/strong> 15-25 %, <strong>laitue de mer<\/strong> 15-25 %, <strong>wakam\u00e9<\/strong> 12-20 %, <strong>kombu<\/strong> 5-15 %, <strong>fucus<\/strong> 5-10 %. Les micro-algues (spiruline, chlorelle) sont des concentr\u00e9s prot\u00e9iques comparables au soja et au blanc d&rsquo;\u0153uf ; les algues rouges (nori, dulse) sont des sources prot\u00e9iques significatives ; les algues brunes (kombu, wakam\u00e9, fucus) sont pauvres en prot\u00e9ines mais riches en polysaccharides et en min\u00e9raux.<\/p>\n<p>Tous les <strong>acides amin\u00e9s essentiels<\/strong> sont pr\u00e9sents dans les algues, mais certains sont limitants : la <strong>lysine<\/strong> est souvent limitante dans les algues brunes (comme dans les c\u00e9r\u00e9ales), la <strong>m\u00e9thionine<\/strong> et la <strong>cyst\u00e9ine<\/strong> (acides amin\u00e9s soufr\u00e9s) sont limitantes dans la spiruline et le nori. La combinaison algues + c\u00e9r\u00e9ales ou algues + ol\u00e9agineux compense ces limitations \u2014 par exemple, nori + riz (sushi) est une combinaison prot\u00e9ique quasi parfaite.<\/p>\n<p>La <strong>digestibilit\u00e9<\/strong> prot\u00e9ique varie selon l&rsquo;esp\u00e8ce et la pr\u00e9paration : 83-90 % pour la spiruline (pas de cellulose), 75-85 % pour le nori (paroi fine), 65-80 % pour la chlorelle \u00e0 paroi bris\u00e9e, 50-70 % pour les macro-algues brunes (paroi \u00e9paisse en alginates et cellulose). La cuisson et le s\u00e9chage am\u00e9liorent la digestibilit\u00e9 en d\u00e9structurant les parois cellulaires.<\/p>\n<p>La <strong>taurine<\/strong> est un acide amin\u00e9 conditionnel (non essentiel mais souvent insuffisant dans les r\u00e9gimes v\u00e9g\u00e9taliens) abondant dans les algues marines \u2014 le nori en contient 1 \u00e0 3 mg\/g sec. La taurine est n\u00e9cessaire \u00e0 la conjugaison des acides biliaires, \u00e0 la fonction cardiaque, \u00e0 la r\u00e9tine et au d\u00e9veloppement neurologique du f\u0153tus.<\/p>\n<h2 id=\"mineraux\">XIII. Min\u00e9raux et oligo-\u00e9l\u00e9ments<\/h2>\n<p>Les algues concentrent les min\u00e9raux dissous dans l&rsquo;eau de mer \u2014 leur teneur en cendres (r\u00e9sidu min\u00e9ral apr\u00e8s calcination) est de 15 \u00e0 40 % de la masse s\u00e8che, contre 5 \u00e0 10 % pour les plantes terrestres. Elles sont les aliments les plus riches en min\u00e9raux du r\u00e8gne vivant.<\/p>\n<p>Le <strong>calcium<\/strong> est abondant dans les algues rouges calcaires (lithothame : 320 000 mg\/kg) et dans la laitue de mer (800-3 200 mg\/100 g sec). Le <strong>magn\u00e9sium<\/strong> est exceptionnel dans la laitue de mer (3 200 mg\/100 g sec) et le wakam\u00e9 (107 mg\/100 g sec). Le <strong>fer<\/strong> est concentr\u00e9 dans la laitue de mer (40-150 mg\/100 g sec), la chlorelle (130 mg\/100 g sec), la spiruline (28 mg\/100 g), la dulse (15-50 mg\/100 g sec) et le nori (10-20 mg\/100 g sec). Le <strong>potassium<\/strong> est exceptionnel dans la dulse (7 000-12 000 mg\/100 g sec) et le kombu (6 000-8 000 mg\/100 g sec). Le <strong>zinc<\/strong> est pr\u00e9sent en quantit\u00e9s significatives dans la spiruline (2 mg\/100 g), le nori (2-4 mg\/100 g sec) et la chlorelle (3-5 mg\/100 g sec). Le <strong>s\u00e9l\u00e9nium<\/strong> est variable mais souvent \u00e9lev\u00e9 dans les algues marines (1 \u00e0 10 \u00b5g\/g sec).<\/p>\n<p>Le <strong>sodium<\/strong> est naturellement \u00e9lev\u00e9 dans les algues marines (2 000 \u00e0 8 000 mg\/100 g sec) \u2014 c&rsquo;est un point \u00e0 surveiller pour les personnes hypertendues ou sous r\u00e9gime hyposod\u00e9. Le rin\u00e7age et le trempage des algues s\u00e8ches avant consommation r\u00e9duisent la teneur en sodium de 30 \u00e0 50 %.<\/p>\n<p>La biodisponibilit\u00e9 des min\u00e9raux algaux est globalement bonne : l&rsquo;absence de phytates (pr\u00e9sents dans les c\u00e9r\u00e9ales et les l\u00e9gumineuses) et la pr\u00e9sence d&rsquo;acides organiques (acide alginique, acide fuco\u00efdique) maintiennent les min\u00e9raux en solution dans la lumi\u00e8re intestinale. Le fer de la spiruline est particuli\u00e8rement bien absorb\u00e9 (12-18 %) gr\u00e2ce \u00e0 la phycocyanine. Le calcium du lithothame a une biodisponibilit\u00e9 de 40-50 %. En revanche, les alginates des algues brunes peuvent <strong>ch\u00e9later<\/strong> certains min\u00e9raux (fer, zinc) et r\u00e9duire leur absorption \u2014 un effet paradoxal qui explique pourquoi les algues brunes, malgr\u00e9 leur richesse en fer, ne sont pas les meilleures sources de fer biodisponible.<\/p>\n<p>Un point critique : les algues marines peuvent aussi concentrer des <strong>m\u00e9taux lourds<\/strong> (arsenic, cadmium, plomb, mercure) et des <strong>polluants<\/strong> pr\u00e9sents dans l&rsquo;eau de mer. L&rsquo;<strong>arsenic<\/strong> est le contaminant le plus pr\u00e9occupant : les algues brunes (hijiki en particulier \u2014 Sargassum fusiforme) peuvent contenir des teneurs en arsenic inorganique (toxique) d\u00e9passant les normes alimentaires. Le hijiki est d&rsquo;ailleurs <strong>d\u00e9conseill\u00e9 par les agences sanitaires europ\u00e9ennes<\/strong> (EFSA, ANSES). Les autres algues comestibles (wakam\u00e9, nori, dulse, kombu) contiennent principalement de l&rsquo;arsenic organique (arsenosucres, arsenolipides) qui est beaucoup moins toxique. Toujours acheter des algues alimentaires <strong>certifi\u00e9es<\/strong>, avec analyses de contaminants.<\/p>\n<figure style=\"margin:30px 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/algues-3.jpg\" alt=\"Vari\u00e9t\u00e9 d'algues marines s\u00e9ch\u00e9es \u00e9tal\u00e9es sur une surface en ardoise \u2014 wakam\u00e9, nori, dulse, laitue de mer, kombu \u2014 couleurs vari\u00e9es du vert au brun au pourpre\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-size:0.93em;color:#6B5B3E;margin-top:6px\">La diversit\u00e9 des algues comestibles europ\u00e9ennes : du vert vif de la laitue de mer au pourpre fonc\u00e9 de la dulse, en passant par le brun du kombu et le noir du nori \u2014 chaque couleur traduit un profil pigmentaire et nutritionnel distinct.<\/figcaption><\/figure>\n<h2 id=\"vitamines\">XIV. Vitamines : B12, iode, fer<\/h2>\n<p>Les algues sont des sources de vitamines souvent sup\u00e9rieures aux plantes terrestres, avec quelques particularit\u00e9s critiques \u00e0 comprendre.<\/p>\n<p>La <strong>vitamine B12<\/strong> (cobalamine) est la vitamine la plus d\u00e9battue. Elle est synth\u00e9tis\u00e9e exclusivement par des micro-organismes (bact\u00e9ries et arch\u00e9es) \u2014 ni les plantes terrestres ni les algues eucaryotes ne la produisent elles-m\u00eames. Sa pr\u00e9sence dans les algues r\u00e9sulte de la symbiose avec des bact\u00e9ries productrices de B12 qui vivent \u00e0 la surface ou \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des thalles. Le probl\u00e8me est que certains micro-organismes produisent des <strong>analogues inactifs<\/strong> (pseudocobalamine, facteur III) qui sont d\u00e9tect\u00e9s par les dosages microbiologiques classiques mais qui n&rsquo;ont aucune activit\u00e9 vitaminique chez l&rsquo;\u00eatre humain \u2014 et qui peuvent m\u00eame interf\u00e9rer avec l&rsquo;absorption et le m\u00e9tabolisme de la vraie B12.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tat des connaissances par esp\u00e8ce est le suivant. Le <strong>nori<\/strong> (Porphyra\/Pyropia) contient de la vraie B12 active (m\u00e9thylcobalamine + ad\u00e9nosylcobalamine) : 55-80 \u00b5g\/100 g sec. Deux feuilles de nori (6 g) peuvent fournir l&rsquo;apport journalier recommand\u00e9 (2,4 \u00b5g). Mais la teneur varie selon les lots, la saison et les conditions de culture. La <strong>chlorelle<\/strong> contient de la vraie B12 : 5-200 \u00b5g\/100 g sec selon les souches (C. vulgaris est g\u00e9n\u00e9ralement plus riche que C. pyrenoidosa). La <strong>spiruline<\/strong> contient 80-90 % de pseudocobalamine inactive \u2014 elle ne peut pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une source de B12. Les <strong>macro-algues brunes<\/strong> (kombu, wakam\u00e9, fucus) contiennent des traces de B12, insuffisantes pour contribuer aux apports.<\/p>\n<p>La recommandation prudente pour les v\u00e9g\u00e9taliens est de <strong>ne pas compter uniquement sur les algues pour la vitamine B12<\/strong> mais de les consid\u00e9rer comme un compl\u00e9ment \u00e0 une suppl\u00e9mentation en cyanocobalamine ou m\u00e9thylcobalamine (comprim\u00e9s sublinguaux : 1 000 \u00b5g\/jour ou 2 000 \u00b5g\/semaine). Le dosage de l&rsquo;<strong>acide m\u00e9thylmalonique<\/strong> (MMA) urinaire ou s\u00e9rique est le marqueur le plus fiable de la carence fonctionnelle en B12 \u2014 plus sensible que le dosage de la B12 s\u00e9rique.<\/p>\n<p>Le <strong>b\u00eata-carot\u00e8ne<\/strong> (provitamine A) est exceptionnel dans la spiruline (170 mg\/100 g \u2014 record absolu) et le nori (2 500-5 000 \u00b5g\/100 g sec sous forme de b\u00eata-carot\u00e8ne et de zeaxanthine). La <strong>vitamine C<\/strong> est \u00e9lev\u00e9e dans la laitue de mer (50-200 mg\/100 g sec), le nori frais (70-100 mg\/100 g sec) et la dulse (50-75 mg\/100 g sec) \u2014 mais elle est partiellement d\u00e9grad\u00e9e par le s\u00e9chage et le grillage. La <strong>vitamine E<\/strong> (tocoph\u00e9rols) est pr\u00e9sente dans la spiruline (5 mg\/100 g), la chlorelle (3-5 mg\/100 g) et les algues brunes (1-3 mg\/100 g sec). La <strong>vitamine K1<\/strong> (phylloquinone) est abondante dans les algues vertes et rouges (100-500 \u00b5g\/100 g sec).<\/p>\n<h2 id=\"omega3\">XV. Acides gras om\u00e9ga-3 d&rsquo;origine algale<\/h2>\n<p>Les algues sont la <strong>source primaire<\/strong> de tous les om\u00e9ga-3 marins. Les poissons ne synth\u00e9tisent pas l&rsquo;EPA et le DHA \u2014 ils les obtiennent en mangeant des micro-algues (phytoplancton) qui les produisent, ou en mangeant des poissons plus petits qui ont eux-m\u00eames mang\u00e9 des algues. La cha\u00eene trophique marine est : micro-algues \u2192 zooplancton \u2192 petits poissons \u2192 gros poissons \u2192 humains. En consommant directement les algues productrices d&rsquo;om\u00e9ga-3, on court-circuite cette cha\u00eene et on \u00e9vite les polluants (mercure, PCB, dioxines) qui se concentrent \u00e0 chaque niveau trophique (<strong>bioamplification<\/strong>).<\/p>\n<p>Les micro-algues productrices de <strong>DHA<\/strong> (acide docosahexa\u00e9no\u00efque, om\u00e9ga-3 \u00e0 22 carbones) les plus utilis\u00e9es en compl\u00e9ment alimentaire sont <strong>Schizochytrium<\/strong> sp. et <strong>Crypthecodinium cohnii<\/strong> \u2014 ce sont des protistes h\u00e9t\u00e9rotrophes (pas de photosynth\u00e8se), cultiv\u00e9s en fermenteur sur substrat glucose, qui produisent une huile contenant 30 \u00e0 50 % de DHA. Les compl\u00e9ments de DHA algal sont dos\u00e9s \u00e0 200 \u00e0 500 mg de DHA par g\u00e9lule \u2014 l&rsquo;apport recommand\u00e9 est de 250 mg de DHA par jour (EFSA). C&rsquo;est la source de DHA standard pour les v\u00e9g\u00e9taliens et les femmes enceintes qui souhaitent \u00e9viter les huiles de poisson.<\/p>\n<p>Les micro-algues productrices d&rsquo;<strong>EPA<\/strong> (acide eicosapenta\u00e9no\u00efque, om\u00e9ga-3 \u00e0 20 carbones) incluent <strong>Nannochloropsis<\/strong> sp. et <strong>Phaeodactylum tricornutum<\/strong>. Des compl\u00e9ments combinant EPA + DHA d&rsquo;origine algale sont d\u00e9sormais disponibles (200-300 mg EPA + DHA par g\u00e9lule).<\/p>\n<p>Parmi les macro-algues comestibles, le nori est la plus riche en EPA : 1 \u00e0 2 % des lipides totaux (les lipides totaux du nori \u00e9tant de 2 \u00e0 4 % de la masse s\u00e8che, une portion de 10 g de nori sec fournit 2 \u00e0 8 mg d&rsquo;EPA \u2014 n\u00e9gligeable par rapport aux besoins). Le wakam\u00e9 et la dulse contiennent aussi des traces d&rsquo;EPA et de st\u00e9aridonique (SDA, pr\u00e9curseur de l&rsquo;EPA). Les macro-algues ne sont donc pas des sources significatives d&rsquo;om\u00e9ga-3 \u00e0 longue cha\u00eene \u2014 leur int\u00e9r\u00eat est ailleurs (min\u00e9raux, fibres, polysaccharides bioactifs).<\/p>\n<p>L&rsquo;huile de micro-algues (DHA de Schizochytrium) est la meilleure alternative v\u00e9g\u00e9tale aux huiles de poisson. Elle est produite en milieu contr\u00f4l\u00e9 (sans mercure, sans PCB, sans dioxines, sans microplastiques), sa teneur en DHA est standardis\u00e9e, et elle est stable (contrairement \u00e0 l&rsquo;huile de lin qui s&rsquo;oxyde en quelques semaines). La dose recommand\u00e9e pour un adulte est de <strong>250 \u00e0 500 mg de DHA par jour<\/strong>, soit 1 \u00e0 2 g\u00e9lules d&rsquo;huile algale \u2014 indispensable pour les v\u00e9g\u00e9taliens, recommand\u00e9e pour tous ceux qui ne consomment pas de poisson gras au moins 2 fois par semaine.<\/p>\n<h2 id=\"thyroide\">XVI. Algues et thyro\u00efde : l&rsquo;iode entre carence et exc\u00e8s<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>iode<\/strong> est le nutriment le plus critique dans la consommation d&rsquo;algues. C&rsquo;est \u00e0 la fois le principal int\u00e9r\u00eat nutritionnel des algues marines (elles sont la source d&rsquo;iode la plus concentr\u00e9e qui existe) et leur principal risque (l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;iode est aussi dangereux que la carence). Le sujet m\u00e9rite une section enti\u00e8re.<\/p>\n<p>L&rsquo;iode est un oligo-\u00e9l\u00e9ment essentiel \u00e0 la synth\u00e8se des <strong>hormones thyro\u00efdiennes<\/strong> \u2014 thyroxine (T4, 4 atomes d&rsquo;iode) et triiodothyronine (T3, 3 atomes d&rsquo;iode). Ces hormones r\u00e9gulent le m\u00e9tabolisme basal, la thermogen\u00e8se, la croissance, le d\u00e9veloppement neurologique du f\u0153tus et du nourrisson, et la fonction cognitive. La carence en iode est la premi\u00e8re cause mondiale de <strong>retard mental \u00e9vitable<\/strong> (cr\u00e9tinisme) et de <strong>goitre<\/strong> (hypertrophie thyro\u00efdienne compensatoire).<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>apport journalier recommand\u00e9<\/strong> en iode est de 150 \u00b5g pour un adulte, 200 \u00b5g pour une femme enceinte ou allaitante, 90 \u00e0 120 \u00b5g pour un enfant. La <strong>limite sup\u00e9rieure de s\u00e9curit\u00e9<\/strong> (UL) fix\u00e9e par l&rsquo;EFSA est de 600 \u00b5g\/jour pour un adulte \u2014 au-del\u00e0, le risque de dysfonction thyro\u00efdienne augmente significativement chez les populations non adapt\u00e9es (c&rsquo;est-\u00e0-dire non japonaises ou non cor\u00e9ennes).<\/p>\n<p>Les teneurs en iode des algues alimentaires sont les suivantes (\u00b5g par gramme de mati\u00e8re s\u00e8che, valeurs moyennes) : <strong>kombu<\/strong> 1 500-8 000 (extr\u00eame \u2014 une seule portion peut d\u00e9passer 10 fois l&rsquo;UL), <strong>fucus<\/strong> 500-2 000, <strong>ascophyllum<\/strong> 500-1 500, <strong>himanthalia<\/strong> (spaghetti de mer) 100-300, <strong>wakam\u00e9<\/strong> 30-100, <strong>dulse<\/strong> 50-200, <strong>nori<\/strong> 15-50, <strong>laitue de mer<\/strong> 10-50, <strong>lithothame<\/strong> 5-15. Le gradient est clair : algues brunes &gt;&gt; algues rouges &gt; algues vertes.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>exc\u00e8s d&rsquo;iode<\/strong> peut provoquer deux types de dysfonction thyro\u00efdienne oppos\u00e9s. L&rsquo;<strong>hyperthyro\u00efdie iodo-induite<\/strong> (effet Jod-Basedow) survient lorsqu&rsquo;un apport massif d&rsquo;iode stimule une thyro\u00efde autonome (nodules \u00ab chauds \u00bb) ou pr\u00e9dispos\u00e9e (maladie de Basedow latente) \u2014 c&rsquo;est le sc\u00e9nario le plus fr\u00e9quent chez les personnes de plus de 50 ans consommant du kombu ou du fucus sans mod\u00e9ration. L&rsquo;<strong>hypothyro\u00efdie iodo-induite<\/strong> (effet Wolff-Chaikoff prolong\u00e9) survient lorsque l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;iode bloque la thyro\u00efde chez des personnes dont le m\u00e9canisme d&rsquo;adaptation est d\u00e9ficient \u2014 notamment en cas de thyro\u00efdite de Hashimoto (la plus fr\u00e9quente des thyro\u00efdites auto-immunes, qui touche 5 \u00e0 10 % des femmes).<\/p>\n<p>Les <strong>r\u00e8gles pratiques<\/strong> pour la consommation d&rsquo;algues en Europe sont les suivantes. Privil\u00e9gier les algues <strong>pauvres en iode<\/strong> pour la consommation quotidienne : nori, laitue de mer, lithothame. Consommer les algues \u00e0 <strong>teneur mod\u00e9r\u00e9e en iode<\/strong> (wakam\u00e9, dulse) avec mod\u00e9ration : 3 \u00e0 5 g sec par jour maximum. Consommer les algues <strong>tr\u00e8s riches en iode<\/strong> (kombu, fucus) de mani\u00e8re ponctuelle et en tr\u00e8s petite quantit\u00e9 : 1 \u00e0 2 g maximum, pas tous les jours. <strong>Ne jamais consommer d&rsquo;algues<\/strong> (sauf nori et laitue de mer) sans avis m\u00e9dical en cas de maladie thyro\u00efdienne (Hashimoto, Basedow, nodules, cancer thyro\u00efdien), de traitement par l\u00e9vothyroxine (Levothyrox, L-Thyroxine) ou d&rsquo;antithyro\u00efdiens de synth\u00e8se. Faire doser la <strong>TSH<\/strong> (thyr\u00e9ostimuline) avant de commencer une consommation r\u00e9guli\u00e8re d&rsquo;algues, et la contr\u00f4ler apr\u00e8s 3 mois.<\/p>\n<h2 id=\"precautions\">XVII. Pr\u00e9cautions et contre-indications<\/h2>\n<p>Au-del\u00e0 de l&rsquo;iode (trait\u00e9 en section XVI), plusieurs pr\u00e9cautions s&rsquo;imposent dans la consommation d&rsquo;algues.<\/p>\n<p>Les <strong>m\u00e9taux lourds et contaminants<\/strong> sont la premi\u00e8re pr\u00e9occupation. Les algues concentrent les \u00e9l\u00e9ments dissous dans l&rsquo;eau de mer \u2014 y compris les polluants. L&rsquo;<strong>arsenic inorganique<\/strong> est particuli\u00e8rement pr\u00e9occupant dans le hijiki (Sargassum fusiforme), d\u00e9conseill\u00e9 par les agences sanitaires europ\u00e9ennes (ANSES, 2006). Le <strong>cadmium<\/strong> peut s&rsquo;accumuler dans certaines algues brunes r\u00e9colt\u00e9es en eaux pollu\u00e9es. Le <strong>plomb<\/strong> et le <strong>mercure<\/strong> sont g\u00e9n\u00e9ralement faibles dans les algues commerciales certifi\u00e9es. Toujours acheter des algues alimentaires avec <strong>certification de qualit\u00e9<\/strong> (analyses de contaminants) et provenant de <strong>zones de r\u00e9colte contr\u00f4l\u00e9es<\/strong> (c\u00f4tes bretonnes certifi\u00e9es, cultures japonaises certifi\u00e9es).<\/p>\n<p>Les <strong>interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> sont significatives. Les algues riches en iode (kombu, fucus) interagissent avec les <strong>m\u00e9dicaments thyro\u00efdiens<\/strong> (l\u00e9vothyroxine, carbimazole, propylthiouracile) \u2014 ne jamais les associer sans avis m\u00e9dical. Les <strong>fucanes<\/strong> et les <strong>alginates<\/strong> des algues brunes ont une activit\u00e9 <strong>anticoagulante<\/strong> \u2014 prudence chez les personnes sous warfarine, ac\u00e9nocoumarol, h\u00e9parine ou anticoagulants oraux directs (AOD). La <strong>vitamine K1<\/strong> des algues vertes et rouges peut r\u00e9duire l&rsquo;efficacit\u00e9 de la warfarine (antagonisme vitamine K \/ antivitamines K). Le <strong>potassium<\/strong> \u00e9lev\u00e9 de la dulse et du kombu est contre-indiqu\u00e9 chez les personnes en <strong>insuffisance r\u00e9nale<\/strong> (risque d&rsquo;hyperkali\u00e9mie) ou sous <strong>diur\u00e9tiques \u00e9pargneurs de potassium<\/strong> (spironolactone, amiloride) ou sous <strong>IEC\/sartans<\/strong> (inhibiteurs de l&rsquo;enzyme de conversion ou antagonistes de l&rsquo;angiotensine II).<\/p>\n<p>Les <strong>allergies<\/strong> aux algues sont rares mais existent \u2014 principalement des r\u00e9actions aux prot\u00e9ines algales ou aux polysaccharides sulfat\u00e9s (carragh\u00e9nanes, fucanes). Les personnes allergiques aux fruits de mer (crustac\u00e9s, mollusques) ne sont pas n\u00e9cessairement allergiques aux algues \u2014 les allerg\u00e8nes sont diff\u00e9rents \u2014 mais une prudence initiale (test de petite quantit\u00e9) est recommand\u00e9e.<\/p>\n<p>La <strong>grossesse et l&rsquo;allaitement<\/strong> imposent une vigilance particuli\u00e8re sur l&rsquo;iode. Les besoins en iode sont augment\u00e9s (200 \u00b5g\/jour) mais l&rsquo;exc\u00e8s est dangereux pour la thyro\u00efde f\u0153tale (l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;iode maternel peut provoquer une hypothyro\u00efdie n\u00e9onatale). Le nori et la laitue de mer sont s\u00fbrs en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e ; le kombu et le fucus sont d\u00e9conseill\u00e9s.<\/p>\n<p>Les <strong>enfants<\/strong> sont plus sensibles que les adultes \u00e0 l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;iode et aux contaminants (les m\u00e9taux lourds sont plus toxiques sur un organisme en d\u00e9veloppement). Limiter les portions d&rsquo;algues marines chez les enfants de moins de 3 ans ; introduire progressivement apr\u00e8s 3 ans en commen\u00e7ant par le nori (le plus pauvre en iode).<\/p>\n<h2 id=\"synthese\">XVIII. Synth\u00e8se<\/h2>\n<p>Les algues sont un continent nutritionnel largement inexplor\u00e9 en Europe \u2014 alors qu&rsquo;elles sont la base de l&rsquo;alimentation des populations les plus long\u00e9vives de la plan\u00e8te (Okinawa, Cor\u00e9e, c\u00f4te ouest du Japon). Leur densit\u00e9 nutritionnelle est sans \u00e9quivalent : prot\u00e9ines compl\u00e8tes (spiruline, chlorelle, nori), fer hautement biodisponible (spiruline, laitue de mer), calcium (lithothame, laitue de mer), magn\u00e9sium (laitue de mer, spiruline), iode (toutes les algues marines), vitamines B12 (nori, chlorelle), A (spiruline, nori), C (laitue de mer, nori), om\u00e9ga-3 DHA (huile de Schizochytrium), polysaccharides bioactifs (fucanes, alginates, b\u00eata-glucanes, carragh\u00e9nanes), pigments antioxydants (phycocyanine, fucoxanthine, chlorophylle).<\/p>\n<p>Les algues les plus s\u00fbres et les plus polyvalentes pour une consommation quotidienne europ\u00e9enne sont le <strong>nori<\/strong> (prot\u00e9ines, B12, fer \u2014 iode faible), la <strong>laitue de mer<\/strong> (fer, magn\u00e9sium, vitamine C \u2014 iode faible), la <strong>dulse<\/strong> (go\u00fbt, prot\u00e9ines, potassium \u2014 iode mod\u00e9r\u00e9), le <strong>wakam\u00e9<\/strong> (fucoxanthine, calcium, fibres \u2014 iode mod\u00e9r\u00e9), le <strong>lithothame<\/strong> en poudre (calcium, magn\u00e9sium \u2014 iode faible), la <strong>spiruline<\/strong> (prot\u00e9ines, fer, phycocyanine \u2014 pas d&rsquo;iode) et la <strong>chlorelle<\/strong> (d\u00e9toxification, B12, b\u00eata-glucanes \u2014 pas d&rsquo;iode). Le <strong>kombu<\/strong> et le <strong>fucus<\/strong> sont \u00e0 r\u00e9server aux usages ponctuels et aux personnes inform\u00e9es de leur teneur en iode.<\/p>\n<p>L&rsquo;iode est le param\u00e8tre critique. Les populations europ\u00e9ennes, souvent en carence iod\u00e9e mod\u00e9r\u00e9e, ont une thyro\u00efde non adapt\u00e9e aux apports massifs \u2014 contrairement aux Japonais qui consomment 1 \u00e0 3 mg d&rsquo;iode par jour depuis des mill\u00e9naires sans pathologie thyro\u00efdienne. La prudence est de r\u00e8gle : commencer par les algues pauvres en iode (nori, laitue de mer, lithothame), doser la TSH avant et apr\u00e8s 3 mois de consommation r\u00e9guli\u00e8re, et ne jamais consommer d&rsquo;algues riches en iode (kombu, fucus) sans avis m\u00e9dical en cas de pathologie thyro\u00efdienne.<\/p>\n<p>Les algues ne sont pas un superaliment miracle \u2014 ce sont des aliments ancestraux, consomm\u00e9s par l&rsquo;humanit\u00e9 c\u00f4ti\u00e8re depuis 14 000 ans, qui apportent des nutriments sp\u00e9cifiques (iode, B12, DHA, fer, polysaccharides bioactifs) difficiles ou impossibles \u00e0 trouver dans les plantes terrestres. Les int\u00e9grer \u00e0 une alimentation d\u00e9j\u00e0 riche en plantes sauvages terrestres cr\u00e9e une compl\u00e9mentarit\u00e9 nutritionnelle remarquable : les plantes terrestres fournissent les polyph\u00e9nols, les fibres pr\u00e9biotiques, les om\u00e9ga-3 ALA et les vitamines K et C ; les algues fournissent l&rsquo;iode, la B12, le DHA, le fer concentr\u00e9 et les polysaccharides immunomodulateurs. Ensemble, elles couvrent la quasi-totalit\u00e9 des besoins humains en micronutriments \u2014 sans aucun produit animal.<\/p>\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<ol style=\"font-size:0.97em\">\n<li>Dillehay, T. D. et al. (2008). <em>Monte Verde: seaweed, food, medicine, and the peopling of South America.<\/em> Science, 320(5877), 784-786.<\/li>\n<li>Watanabe, F. et al. (1999). <em>Pseudovitamin B12 is the predominant cobamide of an algal health food, spirulina tablets.<\/em> Journal of Agricultural and Food Chemistry, 47(11), 4736-4741.<\/li>\n<li>Watanabe, F. et al. (2002). <em>Characterization and bioavailability of vitamin B12-compounds from edible algae.<\/em> Journal of Nutritional Science and Vitaminology, 48(5), 325-331.<\/li>\n<li>Maeda, H. et al. (2005). <em>Fucoxanthin from edible seaweed, Undaria pinnatifida, shows antiobesity effect through UCP1 expression in white adipose tissue.<\/em> Biochemical and Biophysical Research Communications, 332(2), 392-397.<\/li>\n<li>Selmi, C. et al. (2011). <em>The effects of Spirulina on anemia and immune function in senior citizens.<\/em> Cellular and Molecular Immunology, 8(3), 248-254.<\/li>\n<li>Ooi, V. E. &amp; Liu, F. (2000). <em>Immunomodulation and anti-cancer activity of polysaccharide-protein complexes.<\/em> Current Medicinal Chemistry, 7(7), 715-729.<\/li>\n<li>Fitton, J. H. et al. (2015). <em>Therapies from fucoidan: an update.<\/em> Marine Drugs, 13(9), 5920-5946.<\/li>\n<li>Roy, M. C. et al. (2011). <em>Phlorotannins from edible brown algae: chemistry and biological activities.<\/em> Food Chemistry, 128(1), 20-25.<\/li>\n<li>Ruperez, P. (2002). <em>Mineral content of edible marine seaweeds.<\/em> Food Chemistry, 79(1), 23-26.<\/li>\n<li>Adluri, R. S. et al. (2010). <em>Comparative effects of a novel plant-based calcium supplement with two dietary calcium salts on proliferation and mineralization in human osteoblast cells.<\/em> Nutrition and Cancer, 62(8), 1040-1048.<\/li>\n<li>Dagnelie, P. C. et al. (1991). <em>Vitamin B-12 from algae appears not to be bioavailable.<\/em> American Journal of Clinical Nutrition, 53(3), 695-697.<\/li>\n<li>Uchikawa, T. et al. (2010). <em>The influence of Parachlorella beyerinckiana on mercury accumulation in methylmercury-administered mice.<\/em> Journal of Toxicological Sciences, 35(1), 101-109.<\/li>\n<li>MacArtain, P. et al. (2007). <em>Nutritional value of edible seaweeds.<\/em> Nutrition Reviews, 65(12), 535-543.<\/li>\n<li>Cherry, P. et al. (2019). <em>Risks and benefits of consuming edible seaweeds.<\/em> Nutrition Reviews, 77(5), 307-329.<\/li>\n<li>Teas, J. et al. (2004). <em>Dietary seaweed and mammary carcinogenesis in rats.<\/em> Cancer Letters, 208(2), 215-222.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"margin-top:36px;padding:16px;background:#F5F0E6;border-radius:8px;font-size:0.95em;color:#6B5B3E\">\n<strong>Avertissement<\/strong> \u2014 Cet article est propos\u00e9 \u00e0 titre informatif et \u00e9ducatif. Il ne constitue en aucun cas un avis m\u00e9dical. Les algues contiennent des principes actifs puissants \u2014 notamment l&rsquo;iode \u2014 qui peuvent provoquer des dysfonctions thyro\u00efdiennes graves en cas de consommation excessive ou inadapt\u00e9e. Les personnes atteintes de maladies thyro\u00efdiennes, sous traitement m\u00e9dicamenteux, enceintes ou allaitantes, doivent imp\u00e9rativement consulter un m\u00e9decin avant de consommer des algues r\u00e9guli\u00e8rement. Toujours acheter des algues alimentaires certifi\u00e9es, avec analyses de contaminants (m\u00e9taux lourds, arsenic).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les algues sont les organismes photosynth\u00e9tiques les plus anciens de la plan\u00e8te \u2014 les cyanobact\u00e9ries, anc\u00eatres de la spiruline, produisent de l&rsquo;oxyg\u00e8ne depuis 3,5 milliards [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[50],"tags":[],"class_list":["post-11004","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nutrition"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11004","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11004"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11004\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11004"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11004"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11004"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}