{"id":11013,"date":"2026-05-16T11:41:13","date_gmt":"2026-05-16T09:41:13","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/16\/ces-asteracees-jaunes-qui-se-ressemblent-toutes-guide-de-terrain\/"},"modified":"2026-06-18T20:55:23","modified_gmt":"2026-06-18T18:55:23","slug":"ces-asteracees-jaunes-qui-se-ressemblent-toutes-guide-de-terrain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/16\/ces-asteracees-jaunes-qui-se-ressemblent-toutes-guide-de-terrain\/","title":{"rendered":"Ces Ast\u00e9rac\u00e9es jaunes qui se ressemblent toutes \u2014 Guide de terrain"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-style:italic;font-size:1.05em;line-height:1.8;margin-bottom:1.5em\">\nElles sont partout. Dans les pelouses, sur les talus, au bord des chemins, dans les friches, entre les dalles du trottoir. Des fleurs jaunes, en capitules, avec des ligules rayonnantes et un air de famille d\u00e9concertant. \u00ab Un pissenlit \u00bb, dit le promeneur, et il passe son chemin. Mais ce n&rsquo;est presque jamais un pissenlit. C&rsquo;est une cr\u00e9pide, ou un liondent, ou une porcelle, ou un laiteron, ou une \u00e9pervi\u00e8re, ou une picride, ou une lampsane \u2014 et la diff\u00e9rence n&rsquo;est pas anecdotique. Pour le botaniste d\u00e9butant, ces Ast\u00e9rac\u00e9es jaunes constituent le cauchemar num\u00e9ro un : des dizaines d&rsquo;esp\u00e8ces qui semblent identiques au premier regard, et dont la d\u00e9termination exige de savoir exactement o\u00f9 poser les yeux. Cet article est un guide de terrain. Il ne pr\u00e9tend pas \u00e0 l&rsquo;exhaustivit\u00e9 syst\u00e9matique \u2014 il existe en France plus de cent esp\u00e8ces de \u00ab compos\u00e9es jaunes \u00e0 ligules \u00bb \u2014 mais il couvre les dix-neuf esp\u00e8ces les plus courantes, celles que tout herborisateur rencontre dans les cinq premi\u00e8res minutes de chaque sortie, et il fournit les crit\u00e8res pratiques pour les diff\u00e9rencier \u00e0 coup s\u00fbr, sans microscope, avec une simple loupe de poche.\n<\/p>\n<div style=\"background-color:#FAF6E9;border:1px solid #C8A951;border-radius:8px;padding:1.2em 1.5em;margin:2em 0\">\n<p style=\"font-weight:bold;margin-bottom:0.5em\">Sommaire<\/p>\n<div style=\"column-count:2;column-gap:2em\">\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s1\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">I. Le \u00ab syndrome du pissenlit \u00bb<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s2\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">II. Anatomie d&rsquo;un capitule \u2014 le vocabulaire<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s3\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">III. Les sept crit\u00e8res de terrain<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s4\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">IV. Le pissenlit (<em>Taraxacum<\/em>)<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s5\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">V. Les cr\u00e9pides (<em>Crepis<\/em>)<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s6\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">VI. Les liondents (<em>Leontodon<\/em>)<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s7\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">VII. La porcelle (<em>Hypochaeris<\/em>)<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s8\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">VIII. Les \u00e9pervi\u00e8res (<em>Hieracium<\/em>)<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s9\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">IX. Les laiterons (<em>Sonchus<\/em>)<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s10\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">X. La lampsane (<em>Lapsana<\/em>)<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s11\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">XI. Les picrides (<em>Picris<\/em>)<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s12\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">XII. Le salsifis des pr\u00e9s (<em>Tragopogon<\/em>)<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s13\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">XIII. La laitue sauvage (<em>Lactuca<\/em>)<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s14\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">XIV. Les s\u00e9ne\u00e7ons (<em>Senecio<\/em>)<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s15\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">XV. Cl\u00e9 dichotomique de terrain<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s16\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">XVI. Les confusions classiques<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s17\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">XVII. Ph\u00e9nologie \u2014 qui fleurit quand ?<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s18\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">XVIII. Conseils pratiques et mat\u00e9riel<\/a><\/p>\n<p style=\"margin:0.25em 0\"><a href=\"#s19\" style=\"text-decoration:none;color:#5C3D1A\">XIX. Bibliographie<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2 id=\"s1\">I. Le \u00ab syndrome du pissenlit \u00bb<\/h2>\n<p>Demandez \u00e0 un promeneur de nommer une fleur jaune au bord du chemin et, neuf fois sur dix, la r\u00e9ponse sera \u00ab pissenlit \u00bb. Ce r\u00e9flexe \u2014 parfaitement compr\u00e9hensible \u2014 masque une r\u00e9alit\u00e9 botanique redoutable : la famille des Ast\u00e9rac\u00e9es (anciennement Compos\u00e9es) compte \u00e0 elle seule plus de 10 % de la flore fran\u00e7aise, et parmi ses membres, les esp\u00e8ces \u00e0 capitules enti\u00e8rement compos\u00e9s de fleurons ligul\u00e9s jaunes forment un bataillon de plus de cent esp\u00e8ces en France m\u00e9tropolitaine. La plupart appartiennent \u00e0 la tribu des Cichorieae (anciennement Lactuceae ou Liguliflorae) \u2014 un groupe caract\u00e9ris\u00e9 par la pr\u00e9sence de latex blanc dans tous les organes et par des capitules dont chaque fleuron porte une ligule allong\u00e9e \u00e0 cinq dents terminales. C&rsquo;est ce groupe qui cause l&rsquo;essentiel des confusions.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me n&rsquo;est pas que ces plantes soient impossibles \u00e0 distinguer \u2014 c&rsquo;est qu&rsquo;on ne sait pas o\u00f9 regarder. Le botaniste d\u00e9butant regarde la couleur (jaune \u2014 comme toutes les autres), la forme g\u00e9n\u00e9rale du capitule (radi\u00e9e \u2014 comme toutes les autres), et la taille de la plante (variable au sein de chaque esp\u00e8ce). Ce sont les mauvais crit\u00e8res. Les bons crit\u00e8res \u2014 ceux qui permettent une identification certaine en quelques secondes \u2014 sont cach\u00e9s : le type de pappus (les soies ou plumes qui surmontent le fruit), la structure de l&rsquo;involucre (l&rsquo;ensemble des bract\u00e9es qui entourent le capitule), la pr\u00e9sence ou l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9cailles sur le r\u00e9ceptacle, la forme de la base des feuilles sur la tige, le type de pilosit\u00e9. Ce sont des d\u00e9tails, mais des d\u00e9tails d\u00e9cisifs \u2014 et une fois qu&rsquo;on sait les chercher, l&rsquo;identification devient non seulement possible mais rapide et fiable.<\/p>\n<p>Cet article couvre dix-neuf esp\u00e8ces r\u00e9parties en onze genres. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une flore exhaustive mais d&rsquo;un guide de terrain centr\u00e9 sur les confusions les plus fr\u00e9quentes. Les genres trait\u00e9s sont : <em>Taraxacum<\/em> (pissenlit), <em>Crepis<\/em> (cr\u00e9pides), <em>Leontodon<\/em> (liondents), <em>Hypochaeris<\/em> (porcelle), <em>Hieracium<\/em> (\u00e9pervi\u00e8res), <em>Sonchus<\/em> (laiterons), <em>Lapsana<\/em> (lampsane), <em>Picris<\/em> (picrides), <em>Tragopogon<\/em> (salsifis), <em>Lactuca<\/em> (laitue sauvage) et <em>Senecio<\/em> (s\u00e9ne\u00e7ons). Ensemble, ces esp\u00e8ces repr\u00e9sentent plus de 90 % des \u00ab compos\u00e9es jaunes \u00bb qu&rsquo;un herborisateur rencontre dans une sortie ordinaire en plaine ou en moyenne montagne.<\/p>\n<h2 id=\"s2\">II. Anatomie d&rsquo;un capitule \u2014 le vocabulaire indispensable<\/h2>\n<p>Avant d&rsquo;aborder les esp\u00e8ces, il faut ma\u00eetriser le vocabulaire du capitule \u2014 cette inflorescence caract\u00e9ristique des Ast\u00e9rac\u00e9es o\u00f9 des dizaines, voire des centaines de fleurs minuscules sont serr\u00e9es sur un plateau commun et entour\u00e9es de bract\u00e9es protectrices, l&rsquo;ensemble mimant une fleur unique. Sans ces mots, la cl\u00e9 de d\u00e9termination est illisible.<\/p>\n<p><strong>Le capitule.<\/strong> C&rsquo;est l&rsquo;\u00ab inflorescence en t\u00eate \u00bb qui caract\u00e9rise toute la famille. Ce que le profane appelle \u00ab la fleur \u00bb est en r\u00e9alit\u00e9 un bouquet de dizaines de fleurs individuelles (les fleurons) ins\u00e9r\u00e9es sur un r\u00e9ceptacle commun et entour\u00e9es d&rsquo;un involucre de bract\u00e9es. Chez les Liguliflores (tribu des Cichorieae), tous les fleurons sont ligul\u00e9s \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire que chacun porte une corolle allong\u00e9e en languette, termin\u00e9e par cinq petites dents qui trahissent l&rsquo;origine de cinq p\u00e9tales soud\u00e9s. Chez les s\u00e9ne\u00e7ons (tribu des Senecioneae), les fleurons du centre sont tubuleux (en tube) et seuls ceux de la p\u00e9riph\u00e9rie portent des ligules \u2014 on parle alors de capitule radi\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;involucre.<\/strong> C&rsquo;est l&rsquo;ensemble des bract\u00e9es (petites feuilles modifi\u00e9es) qui entourent la base du capitule, comme un calice entoure une fleur ordinaire. Sa structure est l&rsquo;un des crit\u00e8res les plus importants pour la d\u00e9termination des genres. On distingue plusieurs architectures :<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Involucre \u00e0 calicule<\/strong> : un rang interne de bract\u00e9es longues et \u00e9gales, entour\u00e9 \u00e0 la base d&rsquo;un rang externe de bract\u00e9es nettement plus courtes (le \u00ab calicule \u00bb). C&rsquo;est le cas chez <em>Taraxacum<\/em>, <em>Crepis<\/em>, <em>Sonchus<\/em> et <em>Senecio<\/em>. Chez le pissenlit, les bract\u00e9es externes sont r\u00e9fl\u00e9chies vers le bas ; chez les cr\u00e9pides, elles sont appliqu\u00e9es ou \u00e9tal\u00e9es.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Involucre imbriqu\u00e9<\/strong> : les bract\u00e9es sont dispos\u00e9es sur plusieurs rangs de longueur croissante, comme les tuiles d&rsquo;un toit. C&rsquo;est le cas chez <em>Hieracium<\/em>, <em>Leontodon<\/em>, <em>Hypochaeris<\/em> et <em>Picris<\/em>.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Involucre unis\u00e9ri\u00e9<\/strong> : un seul rang de bract\u00e9es longues et \u00e9gales, sans calicule ni imbrication. C&rsquo;est le cas chez <em>Tragopogon<\/em> et, de fa\u00e7on simplifi\u00e9e, chez <em>Lapsana<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Le r\u00e9ceptacle.<\/strong> C&rsquo;est le plateau sur lequel sont ins\u00e9r\u00e9s les fleurons. Chez la grande majorit\u00e9 des genres trait\u00e9s ici, le r\u00e9ceptacle est nu \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;entre les fleurons, il n&rsquo;y a rien. Chez un seul genre de notre liste \u2014 <em>Hypochaeris<\/em> (la porcelle) \u2014 le r\u00e9ceptacle porte des \u00e9cailles membraneuses (des paillettes) entre les fleurons. Ce crit\u00e8re est absolument diagnostique : si vous trouvez des \u00e9cailles sur le r\u00e9ceptacle, c&rsquo;est une porcelle.<\/p>\n<p><strong>Le pappus.<\/strong> C&rsquo;est l&rsquo;aigrette qui surmonte le fruit (l&rsquo;ak\u00e8ne) et qui assure la diss\u00e9mination par le vent. C&rsquo;est le crit\u00e8re de terrain le plus puissant pour distinguer les genres, et il existe trois types fondamentaux :<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Pappus de soies simples<\/strong> (capillaires) : des poils fins, lisses, non ramifi\u00e9s, comme les fils d&rsquo;un pinceau. C&rsquo;est le cas chez <em>Taraxacum<\/em>, <em>Crepis<\/em>, <em>Sonchus<\/em>, <em>Hieracium<\/em>, <em>Senecio<\/em> et <em>Lactuca<\/em>.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Pappus de soies plumeuses<\/strong> : des poils portant des ramifications lat\u00e9rales, comme une plume d&rsquo;oiseau. Visible \u00e0 la loupe (\u00d710), ce caract\u00e8re est net et sans ambigu\u00eft\u00e9. C&rsquo;est le cas chez <em>Leontodon<\/em>, <em>Hypochaeris<\/em>, <em>Picris<\/em> et <em>Tragopogon<\/em>.<\/p>\n<p>\u2014 <strong>Pappus absent<\/strong> : le fruit est nu, sans aigrette. C&rsquo;est le cas chez un seul genre de notre liste : <em>Lapsana<\/em>.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;ak\u00e8ne.<\/strong> C&rsquo;est le fruit sec, ind\u00e9hiscent, contenant une seule graine. Sa forme fournit des crit\u00e8res compl\u00e9mentaires : certains ak\u00e8nes portent un long bec (un prolongement fin entre le corps de l&rsquo;ak\u00e8ne et le pappus) \u2014 c&rsquo;est le cas chez <em>Taraxacum<\/em>, <em>Tragopogon<\/em>, <em>Lactuca<\/em>, <em>Hypochaeris<\/em> et certains <em>Crepis<\/em>. D&rsquo;autres sont directement surmont\u00e9s du pappus, sans bec \u2014 c&rsquo;est le cas chez <em>Hieracium<\/em>, <em>Sonchus<\/em>, <em>Senecio<\/em> et la plupart des <em>Leontodon<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Le latex.<\/strong> Un suc laiteux, blanc et collant, qui s&rsquo;\u00e9coule quand on casse une tige ou une feuille. Tous les genres de la tribu des Cichorieae en produisent (<em>Taraxacum<\/em>, <em>Crepis<\/em>, <em>Leontodon<\/em>, <em>Hypochaeris<\/em>, <em>Hieracium<\/em>, <em>Sonchus<\/em>, <em>Lapsana<\/em>, <em>Picris<\/em>, <em>Tragopogon<\/em>, <em>Lactuca<\/em>). Les s\u00e9ne\u00e7ons (<em>Senecio<\/em>), qui appartiennent \u00e0 une autre tribu, n&rsquo;en produisent pas. Ce crit\u00e8re permet d&#8217;embl\u00e9e de s\u00e9parer les s\u00e9ne\u00e7ons du reste du groupe.<\/p>\n<h2 id=\"s3\">III. Les sept crit\u00e8res de terrain<\/h2>\n<p>Voici, dans l&rsquo;ordre de consultation recommand\u00e9, les sept caract\u00e8res qui permettent de d\u00e9terminer n&rsquo;importe quelle compos\u00e9e jaune ligul\u00e9e de France en moins de deux minutes avec une loupe \u00d710.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re 1 \u2014 Le latex.<\/strong> Cassez la tige ou une feuille. Un suc blanc s&rsquo;\u00e9coule ? Vous \u00eates chez les Liguliflores (Cichorieae). Pas de latex ? Cherchez du c\u00f4t\u00e9 des s\u00e9ne\u00e7ons (Senecioneae) ou sortez de cet article.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re 2 \u2014 Le type de fleurons.<\/strong> Regardez le capitule de face. Tous les fleurons sont-ils des ligules (languettes \u00e0 cinq dents) ? C&rsquo;est un Liguliflore. Y a-t-il un disque central de fleurons tubuleux entour\u00e9 de ligules p\u00e9riph\u00e9riques ? C&rsquo;est un capitule radi\u00e9 \u2014 pensez s\u00e9ne\u00e7on.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re 3 \u2014 Le pappus.<\/strong> Pr\u00e9levez un ak\u00e8ne m\u00fbr (ou un ak\u00e8ne en formation) et examinez l&rsquo;aigrette \u00e0 la loupe. Soies simples (lisses) ? Soies plumeuses (ramifi\u00e9es) ? Pas de pappus du tout ? Ce seul crit\u00e8re r\u00e9duit les possibilit\u00e9s \u00e0 trois ou quatre genres.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re 4 \u2014 L&rsquo;involucre.<\/strong> Examinez la base du capitule. Les bract\u00e9es sont-elles dispos\u00e9es en deux s\u00e9ries nettes (longues internes + courtes externes = calicule) ? Ou sont-elles imbriqu\u00e9es sur plusieurs rangs comme des tuiles ? Ou forment-elles un seul rang de bract\u00e9es \u00e9gales ?<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re 5 \u2014 Le r\u00e9ceptacle.<\/strong> Si le capitule est d\u00e9fleuri ou en fruit, \u00e9cartez les ak\u00e8nes et regardez le plateau central. Y a-t-il des petites \u00e9cailles membraneuses entre les insertions des fleurons ? Si oui, c&rsquo;est <em>Hypochaeris<\/em>. Sinon, passez au crit\u00e8re suivant.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re 6 \u2014 La tige.<\/strong> La plante a-t-elle une tige feuill\u00e9e et ramifi\u00e9e ? Ou la tige est-elle une simple hampe nue (scape) portant un ou quelques capitules sans feuilles caulinaires ? Les plantes \u00e0 hampe nue forment un groupe restreint : <em>Taraxacum<\/em>, <em>Leontodon<\/em>, <em>Hypochaeris<\/em>, <em>Hieracium pilosella<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re 7 \u2014 La pilosit\u00e9 et la base des feuilles.<\/strong> Poils simples ? Poils fourchus (bifides) ? Poils \u00e9toil\u00e9s ? Poils glanduleux ? Poils raides \u00e0 crochets ? Glabres ? Et la base des feuilles caulinaires : embrassante avec des oreillettes ? Att\u00e9nu\u00e9e en p\u00e9tiole ? Sagitt\u00e9e ? Ces d\u00e9tails tranchent les derni\u00e8res ambigu\u00eft\u00e9s.<\/p>\n<div style=\"background-color:#F0F5E8;border:1px solid #8BA86C;border-radius:8px;padding:1.2em 1.5em;margin:2em 0\">\n<p style=\"font-weight:bold;margin-bottom:0.5em\">R\u00e9sum\u00e9 express \u2014 le pappus comme boussole<\/p>\n<p style=\"margin:0.4em 0\"><strong>Pappus de soies simples (lisses) :<\/strong> <em>Taraxacum<\/em>, <em>Crepis<\/em>, <em>Sonchus<\/em>, <em>Hieracium<\/em>, <em>Senecio<\/em>, <em>Lactuca<\/em><\/p>\n<p style=\"margin:0.4em 0\"><strong>Pappus de soies plumeuses :<\/strong> <em>Leontodon<\/em>, <em>Hypochaeris<\/em>, <em>Picris<\/em>, <em>Tragopogon<\/em><\/p>\n<p style=\"margin:0.4em 0\"><strong>Pappus absent :<\/strong> <em>Lapsana<\/em><\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s4\">IV. Le pissenlit \u2014 <em>Taraxacum officinale<\/em> F.H. Wigg.<\/h2>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/pissenlit-officinal.jpg\" alt=\"Planche botanique de Taraxacum officinale \u2014 pissenlit officinal\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Taraxacum officinale<\/em> \u2014 le pissenlit officinal. Cliquer pour agrandir et examiner les d\u00e9tails diagnostiques : bract\u00e9es r\u00e9fl\u00e9chies, hampe creuse, ak\u00e8nes longuement beak\u00e9s, pappus de soies simples.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le pissenlit est le point de d\u00e9part oblig\u00e9 \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;esp\u00e8ce que tout le monde conna\u00eet (ou croit conna\u00eetre), et c&rsquo;est par rapport \u00e0 lui que toutes les autres esp\u00e8ces se d\u00e9finissent. En r\u00e9alit\u00e9, <em>Taraxacum officinale<\/em> au sens large est un agr\u00e9gat de centaines de micro-esp\u00e8ces apomictiques (se reproduisant sans f\u00e9condation), mais pour l&rsquo;identification de terrain, on le traite comme une seule entit\u00e9 reconnaissable \u00e0 un faisceau de caract\u00e8res constants.<\/p>\n<p><strong>Port et taille.<\/strong> Plante vivace, acaule, de 5 \u00e0 40 cm de hauteur. Toute la v\u00e9g\u00e9tation forme une rosette basale plaqu\u00e9e au sol ou \u00e9tal\u00e9e, d&rsquo;o\u00f9 partent une ou plusieurs hampes florales nues (scapes). Il n&rsquo;y a jamais de tige feuill\u00e9e \u2014 c&rsquo;est le premier crit\u00e8re de distinction avec les cr\u00e9pides, les laiterons et les picrides, qui ont tous une tige ramifi\u00e9e portant des feuilles.<\/p>\n<p><strong>Feuilles.<\/strong> En rosette basale, tr\u00e8s variables mais toujours roncin\u00e9es \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es en lobes triangulaires pointant vers la base de la feuille, comme les dents d&rsquo;un peigne invers\u00e9. Le lobe terminal est souvent le plus grand et de forme triangulaire. La texture est molle, la couleur vert moyen, la surface glabre ou avec quelques poils \u00e9pars. La nervure m\u00e9diane est blanch\u00e2tre et parfois teint\u00e9e de rouge.<\/p>\n<p><strong>Hampe florale.<\/strong> Cylindrique, creuse, parfaitement lisse et glabre, non ramifi\u00e9e, de 5 \u00e0 40 cm, portant un unique capitule terminal. Quand on la casse, un latex blanc abondant s&rsquo;\u00e9coule imm\u00e9diatement. C&rsquo;est un caract\u00e8re tr\u00e8s fiable : aucune des esp\u00e8ces \u00e0 hampe ramifi\u00e9e n&rsquo;est un pissenlit.<\/p>\n<p><strong>Capitule.<\/strong> Solitaire, large de 3 \u00e0 5 cm, avec 100 \u00e0 300 fleurons ligul\u00e9s d&rsquo;un jaune vif et lumineux. Les ligules ext\u00e9rieures sont souvent stri\u00e9es de gris-verd\u00e2tre sur la face inf\u00e9rieure.<\/p>\n<p><strong>Involucre.<\/strong> Deux s\u00e9ries de bract\u00e9es bien distinctes : les internes (12 \u00e0 20) sont longues, dress\u00e9es, appliqu\u00e9es ; les externes (8 \u00e0 14) sont nettement plus courtes et <strong>r\u00e9fl\u00e9chies vers le bas<\/strong> \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire recourb\u00e9es contre la hampe. Ce caract\u00e8re est quasi unique parmi les compos\u00e9es jaunes fran\u00e7aises et constitue un crit\u00e8re d&rsquo;identification imm\u00e9diat.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9ceptacle.<\/strong> Nu, sans \u00e9cailles.<\/p>\n<p><strong>Ak\u00e8nes.<\/strong> Fusiformes, de 3 \u00e0 4 mm, brun olive, finement c\u00f4tel\u00e9s, surmont\u00e9s d&rsquo;un long bec gr\u00eale (8 \u00e0 10 mm) qui porte le pappus. Le bec est nettement plus long que le corps de l&rsquo;ak\u00e8ne \u2014 un crit\u00e8re visible \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu sur les fruits m\u00fbrs.<\/p>\n<p><strong>Pappus.<\/strong> Soies simples (non plumeuses), blanches, soyeuses, formant la c\u00e9l\u00e8bre \u00ab boule \u00bb sph\u00e9rique qui permet la diss\u00e9mination par le vent. Le diam\u00e8tre de la sph\u00e8re de pappus atteint 3 \u00e0 5 cm.<\/p>\n<p><strong>Latex.<\/strong> Blanc, abondant, coulant imm\u00e9diatement de toute blessure.<\/p>\n<p><strong>Floraison.<\/strong> Principalement mars \u00e0 mai, mais des floraisons sporadiques toute l&rsquo;ann\u00e9e. Parmi les premi\u00e8res \u00ab compos\u00e9es jaunes \u00bb du printemps.<\/p>\n<p><strong>Habitat.<\/strong> Ubiquiste : pelouses, prairies, bords de chemins, friches, jardins, murs, pav\u00e9s. Du niveau de la mer \u00e0 2 500 m. Toute la France.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FFF8E1;border-left:4px solid #C8A951;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 diagnostique du pissenlit :<\/strong> rosette basale sans tige feuill\u00e9e + hampe creuse non ramifi\u00e9e + capitule solitaire + bract\u00e9es externes r\u00e9fl\u00e9chies + ak\u00e8nes longuement beak\u00e9s + pappus de soies simples + latex abondant.<\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s5\">V. Les cr\u00e9pides \u2014 <em>Crepis<\/em> L.<\/h2>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/crepide-capillaire.jpg\" alt=\"Planche botanique de Crepis capillaris \u2014 cr\u00e9pide capillaire\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Crepis capillaris<\/em> \u2014 la cr\u00e9pide capillaire, la plus courante des \u00ab faux pissenlits \u00bb. Cliquer pour voir les d\u00e9tails : tige ramifi\u00e9e, capitules petits, ak\u00e8nes sans bec.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les cr\u00e9pides sont probablement les plantes les plus souvent prises pour des pissenlits. Elles partagent avec <em>Taraxacum<\/em> le pappus de soies simples, le latex blanc et les capitules jaune vif \u2014 mais elles s&rsquo;en distinguent fondamentalement par la pr\u00e9sence d&rsquo;une <strong>tige feuill\u00e9e et ramifi\u00e9e<\/strong> portant <strong>plusieurs capitules<\/strong>. Un pissenlit n&rsquo;a jamais de tige : s&rsquo;il y a une tige avec des feuilles et des ramifications, ce n&rsquo;est pas un pissenlit.<\/p>\n<p><strong>Caract\u00e8res du genre <em>Crepis<\/em> :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Tige feuill\u00e9e, ramifi\u00e9e, dress\u00e9e<br \/>\n\u2014 Feuilles caulinaires \u00e0 base souvent sagitt\u00e9e ou embrassante<br \/>\n\u2014 Capitules multiples en corymbe ou en panicule<br \/>\n\u2014 Involucre \u00e0 calicule (bract\u00e9es externes courtes + internes longues)<br \/>\n\u2014 R\u00e9ceptacle nu<br \/>\n\u2014 Pappus de soies simples, blanches<br \/>\n\u2014 Latex blanc<\/p>\n<p>Trois esp\u00e8ces sont tr\u00e8s communes en France.<\/p>\n<h3><em>Crepis capillaris<\/em> (L.) Wallr. \u2014 cr\u00e9pide capillaire<\/h3>\n<p>La plus commune et la plus confondue avec le pissenlit. Petite plante annuelle de 20 \u00e0 80 cm, \u00e0 tige fine (d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>capillaris<\/em>, \u00ab en cheveu \u00bb), glabre ou presque glabre, ramifi\u00e9e d\u00e8s le milieu. Les feuilles basales forment une rosette de feuilles roncin\u00e9es assez semblables \u00e0 celles du pissenlit, mais plus petites et plus \u00e9troites. Les feuilles caulinaires sont sessiles, \u00e0 base sagitt\u00e9e-embrassante (avec deux petites pointes qui entourent la tige), lin\u00e9aires, \u00e0 bords entiers ou finement dent\u00e9s. Les capitules sont petits \u2014 10 \u00e0 15 mm de diam\u00e8tre \u2014, nombreux, dispos\u00e9s en corymbe l\u00e2che au sommet des rameaux. L&rsquo;involucre mesure 5 \u00e0 8 mm ; les bract\u00e9es internes sont glabres ou avec quelques poils apprim\u00e9s sur la face interne, les bract\u00e9es du calicule sont tr\u00e8s courtes et appliqu\u00e9es. Les ak\u00e8nes sont fusiformes, \u00e0 10 c\u00f4tes fines, <strong>sans bec<\/strong> \u2014 le pappus est directement ins\u00e9r\u00e9 au sommet de l&rsquo;ak\u00e8ne. Le pappus est de soies simples, blanches et souples.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 octobre \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;une des compos\u00e9es jaunes les plus durables de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> pelouses, prairies, bords de routes, murs, friches, jardins. Extr\u00eamement commune dans toute la France.<\/p>\n<p><strong>Distinction du pissenlit :<\/strong> tige ramifi\u00e9e feuill\u00e9e (vs hampe nue), capitules multiples et petits (vs capitule solitaire et grand), bract\u00e9es externes non r\u00e9fl\u00e9chies (vs r\u00e9fl\u00e9chies), ak\u00e8nes sans bec (vs longuement beak\u00e9s).<\/p>\n<h3><em>Crepis vesicaria<\/em><\/p>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/crepide-vesicaria.jpg\" alt=\"Planche botanique de Crepis vesicaria \u2014 cr\u00e9pide v\u00e9siculeuse\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Crepis vesicaria<\/em> \u2014 la cr\u00e9pide \u00e0 feuilles de pissenlit. Cliquer pour voir le tomentum gris\u00e2tre de l&rsquo;involucre, les ligules orang\u00e9es dessous et les ak\u00e8nes beak\u00e9s.<\/figcaption><\/figure>\n<p> L. subsp. <em>taraxacifolia<\/em> (Thuill.) Thell. \u2014 cr\u00e9pide \u00e0 feuilles de pissenlit<\/h3>\n<p>Plus robuste que <em>C. capillaris<\/em>, cette cr\u00e9pide bisannuelle ou vivace atteint 30 \u00e0 80 cm. La tige est dress\u00e9e, ramifi\u00e9e dans le tiers sup\u00e9rieur, avec une pilosit\u00e9 \u00e9parse. Les feuilles basales sont grandes, profond\u00e9ment roncin\u00e9es \u2014 ressemblant effectivement \u00e0 des feuilles de pissenlit, d&rsquo;o\u00f9 le nom de la sous-esp\u00e8ce. Les feuilles caulinaires sont lanc\u00e9ol\u00e9es, dent\u00e9es, \u00e0 base sagitt\u00e9e-embrassante. Les capitules sont nettement plus grands que ceux de <em>C. capillaris<\/em> \u2014 20 \u00e0 30 mm de diam\u00e8tre \u2014 et les ligules sont d&rsquo;un jaune plus soutenu, souvent orang\u00e9es sur la face inf\u00e9rieure. L&rsquo;involucre est caract\u00e9ristique : les bract\u00e9es internes sont couvertes d&rsquo;un tomentum gris\u00e2tre (duvet de poils courts et serr\u00e9s) sur la face interne, et les bract\u00e9es du calicule sont \u00e9tal\u00e9es, parfois un peu v\u00e9siculeuses (renfl\u00e9es \u00e0 la base \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le nom <em>vesicaria<\/em>). Les ak\u00e8nes portent un <strong>bec net<\/strong> \u2014 un prolongement fin d&rsquo;environ 3 \u00e0 5 mm entre le corps stri\u00e9 et le pappus. Le pappus est de soies simples, blanches.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> avril \u00e0 juillet.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> prairies, talus, bords de routes, friches. Commune dans toute la France, surtout dans la moiti\u00e9 sud.<\/p>\n<p><strong>Distinction de <em>C. capillaris<\/em> :<\/strong> plante plus grande, capitules plus grands (20-30 mm vs 10-15 mm), involucre tomenteux gris\u00e2tre, ligules souvent orang\u00e9es dessous, ak\u00e8nes beak\u00e9s (vs non beak\u00e9s), bract\u00e9es externes \u00e9tal\u00e9es.<\/p>\n<h3><em>Crepis biennis<\/em><\/p>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/crepide-bisannuelle.jpg\" alt=\"Planche botanique de Crepis biennis \u2014 cr\u00e9pide bisannuelle\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Crepis biennis<\/em> \u2014 la cr\u00e9pide bisannuelle. Cliquer pour voir les bract\u00e9es car\u00e9n\u00e9es, les 13 c\u00f4tes de l&rsquo;ak\u00e8ne et la tige hispide sillonn\u00e9e.<\/figcaption><\/figure>\n<p> L. \u2014 cr\u00e9pide bisannuelle<\/h3>\n<p>La plus grande des trois, cette bisannuelle robuste atteint 30 \u00e0 120 cm. La tige est dress\u00e9e, sillonn\u00e9e, hispide (\u00e0 poils raides) surtout dans la partie inf\u00e9rieure, ramifi\u00e9e au sommet. Les feuilles basales sont grandes (15 \u00e0 30 cm), profond\u00e9ment roncin\u00e9es, \u00e0 lobes dent\u00e9s. Les feuilles caulinaires sont lanc\u00e9ol\u00e9es, dent\u00e9es, \u00e0 base semi-embrassante mais non sagitt\u00e9e (pas de pointes). Les capitules sont moyens \u00e0 grands \u2014 25 \u00e0 35 mm de diam\u00e8tre \u2014 en corymbe au sommet. L&rsquo;involucre est couvert d&rsquo;un tomentum gris\u00e2tre dense, et les bract\u00e9es internes sont car\u00e9n\u00e9es (avec une ar\u00eate m\u00e9diane saillante). Les ak\u00e8nes portent 13 c\u00f4tes (vs 10 chez <em>C. capillaris<\/em>) et sont <strong>sans bec ou avec un bec tr\u00e8s court<\/strong>. Le pappus est de soies simples, blanches.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 juillet.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> prairies de fauche, bords de routes, talus. Plus fr\u00e9quente dans la moiti\u00e9 nord de la France et en montagne.<\/p>\n<p><strong>Distinction de <em>C. vesicaria<\/em> :<\/strong> feuilles caulinaires non sagitt\u00e9es \u00e0 la base, involucre plus dens\u00e9ment tomenteux, bract\u00e9es internes car\u00e9n\u00e9es, ak\u00e8nes \u00e0 13 c\u00f4tes (vs 10) et sans bec net.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FFF8E1;border-left:4px solid #C8A951;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 diagnostique des cr\u00e9pides :<\/strong> tige ramifi\u00e9e feuill\u00e9e + capitules multiples + involucre \u00e0 calicule (pas de bract\u00e9es r\u00e9fl\u00e9chies) + pappus de soies simples + r\u00e9ceptacle nu + latex blanc. Se distinguent du pissenlit par la tige et les capitules multiples, des laiterons par la taille modeste et l&rsquo;absence d&rsquo;oreillettes embrassantes.<\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s6\">VI. Les liondents \u2014 <em>Leontodon<\/em> L.<\/h2>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/liondent-automne.jpg\" alt=\"Planche botanique de Leontodon autumnalis \u2014 liondent d'automne\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Leontodon autumnalis<\/em> \u2014 le liondent d&rsquo;automne. Cliquer pour examiner le pappus plumeux, les hampes ramifi\u00e9es et les bract\u00e9oles du p\u00e9doncule.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les liondents forment le deuxi\u00e8me grand pi\u00e8ge pour le d\u00e9butant. Comme le pissenlit, ils ont une rosette basale et des hampes nues (ou presque nues). Comme le pissenlit, ils ont des capitules jaunes solitaires ou peu nombreux. Mais leur pappus est <strong>plumeux<\/strong> (soies ramifi\u00e9es comme des plumes), alors que celui du pissenlit est de soies simples. C&rsquo;est le crit\u00e8re d\u00e9cisif, visible \u00e0 la loupe \u00d710 en une seconde.<\/p>\n<p><strong>Caract\u00e8res du genre <em>Leontodon<\/em> :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Rosette basale de feuilles, pas de feuilles caulinaires (ou de simples \u00e9cailles sur la hampe)<br \/>\n\u2014 Hampes nues, simples ou parfois ramifi\u00e9es (chez <em>L. autumnalis<\/em>)<br \/>\n\u2014 Capitules solitaires ou peu nombreux<br \/>\n\u2014 Involucre imbriqu\u00e9 (bract\u00e9es sur plusieurs rangs, pas de calicule net)<br \/>\n\u2014 R\u00e9ceptacle nu<br \/>\n\u2014 Pappus de soies <strong>plumeuses<\/strong><br \/>\n\u2014 Latex blanc<br \/>\n\u2014 Poils souvent fourchus ou bifides (visible \u00e0 la loupe)<\/p>\n<h3><em>Scorzoneroides autumnalis<\/em> (L.) Moench \u2014 liondent d&rsquo;automne (syn. <em>Leontodon autumnalis<\/em>)<\/h3>\n<p>Vivace de 10 \u00e0 60 cm, \u00e0 souche courte. Les feuilles basales forment une rosette \u00e9tal\u00e9e ; elles sont \u00e9troitement lanc\u00e9ol\u00e9es, profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es en lobes lin\u00e9aires dirig\u00e9s vers la base (roncin\u00e9es), glabres ou avec quelques poils simples. Les hampes sont dress\u00e9es, glabres, souvent ramifi\u00e9es \u2014 portant deux \u00e0 cinq capitules (parfois plus). C&rsquo;est un caract\u00e8re important : le pissenlit n&rsquo;a jamais de hampe ramifi\u00e9e. Les p\u00e9doncules sont \u00e9paissis sous le capitule et portent de petites bract\u00e9oles (\u00e9cailles) lin\u00e9aires. Les capitules mesurent 20 \u00e0 35 mm de diam\u00e8tre. Les ligules sont d&rsquo;un jaune vif, souvent stri\u00e9es de rouge orang\u00e9 sur la face inf\u00e9rieure. L&rsquo;involucre est constitu\u00e9 de bract\u00e9es imbriqu\u00e9es, lanc\u00e9ol\u00e9es, glabres ou avec quelques poils noirs glanduleux. Les ak\u00e8nes sont fusiformes, non beak\u00e9s, \u00e0 c\u00f4tes longitudinales. Le pappus est form\u00e9 de soies plumeuses brunes, dispos\u00e9es en un seul rang \u2014 <strong>tous les ak\u00e8nes<\/strong> portent un pappus plumeux (contrairement \u00e0 <em>L. hispidus<\/em> o\u00f9 les ak\u00e8nes p\u00e9riph\u00e9riques ont un pappus r\u00e9duit).<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 octobre \u2014 c&rsquo;est le liondent de la seconde moiti\u00e9 de l&rsquo;ann\u00e9e (d&rsquo;o\u00f9 \u00ab autumnalis \u00bb).<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> prairies, pelouses, bords de routes, p\u00e2turages. Commun dans toute la France.<\/p>\n<h3><em>Leontodon hispidus<\/em><\/p>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/liondent-hispide.jpg\" alt=\"Planche botanique de Leontodon hispidus \u2014 liondent hispide\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Leontodon hispidus<\/em> \u2014 le liondent hispide. Cliquer pour voir les poils fourchus, le bouton nutant et le pappus dimorphe.<\/figcaption><\/figure>\n<p> L. \u2014 liondent hispide<\/h3>\n<p>Vivace de 10 \u00e0 40 cm, \u00e0 souche \u00e9paisse. Les feuilles basales forment une rosette dress\u00e9e ; elles sont oblanc\u00e9ol\u00e9es, dent\u00e9es \u00e0 superficiellement roncin\u00e9es, couvertes de <strong>poils fourchus<\/strong> (bifides) \u2014 un caract\u00e8re diagnostique du genre, visible \u00e0 la loupe. Chaque poil se divise en deux branches au sommet, comme un petit Y. Les hampes sont simples, non ramifi\u00e9es, portant un <strong>capitule solitaire<\/strong> \u2014 comme le pissenlit. Avant l&rsquo;anth\u00e8se, le bouton floral est nettement pench\u00e9 (nutant). Le p\u00e9doncule n&rsquo;est pas \u00e9paissi et ne porte pas de bract\u00e9oles. Les capitules mesurent 25 \u00e0 40 mm de diam\u00e8tre. L&rsquo;involucre est constitu\u00e9 de bract\u00e9es imbriqu\u00e9es, lanc\u00e9ol\u00e9es, hispides (\u00e0 poils sombres). Les ak\u00e8nes du centre ont un pappus plumeux bien d\u00e9velopp\u00e9 ; les ak\u00e8nes de la p\u00e9riph\u00e9rie ont un pappus r\u00e9duit \u00e0 une couronne de courtes \u00e9cailles \u2014 un dimorphisme caract\u00e9ristique. L&rsquo;ensemble de la plante est d&rsquo;un vert plus sombre que <em>L. autumnalis<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 ao\u00fbt \u2014 plus pr\u00e9coce que <em>L. autumnalis<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> prairies maigres, pelouses calcaires, talus. Pr\u00e9f\u00e8re les sols calcaires \u2014 plus fr\u00e9quent dans la moiti\u00e9 est et les zones montagneuses.<\/p>\n<p><strong>Distinction des deux liondents :<\/strong> <em>L. autumnalis<\/em> a des hampes ramifi\u00e9es (plusieurs capitules), des p\u00e9doncules avec des bract\u00e9oles, tous les ak\u00e8nes avec un pappus plumeux, et il est glabre ou \u00e0 poils simples. <em>L. hispidus<\/em> a des hampes simples (un seul capitule), pas de bract\u00e9oles, un pappus dimorphe (plumeux au centre, \u00e9cailles en p\u00e9riph\u00e9rie), et il est couvert de poils fourchus.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FFF8E1;border-left:4px solid #C8A951;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 diagnostique des liondents :<\/strong> rosette basale + hampes nues (comme le pissenlit) + involucre imbriqu\u00e9 (pas de calicule) + pappus <strong>plumeux<\/strong> (crit\u00e8re d\u00e9cisif vs pissenlit) + r\u00e9ceptacle nu + poils souvent fourchus.<\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s7\">VII. La porcelle \u2014 <em>Hypochaeris radicata<\/em> L.<\/h2>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/porcelle-enracinee.jpg\" alt=\"Planche botanique de Hypochaeris radicata \u2014 porcelle enracin\u00e9e\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Hypochaeris radicata<\/em> \u2014 la porcelle enracin\u00e9e. Cliquer pour voir le r\u00e9ceptacle \u00e9cailleux (crit\u00e8re unique), les ak\u00e8nes beak\u00e9s et le pappus plumeux.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La porcelle enracin\u00e9e est l&rsquo;un des sosies les plus pernicieux du pissenlit. Elle a une rosette basale, des feuilles roncin\u00e9es, des hampes dress\u00e9es, des capitules jaunes et un pappus plumeux. Mais elle poss\u00e8de un caract\u00e8re unique parmi toutes les esp\u00e8ces de cet article : <strong>des \u00e9cailles (paillettes) sur le r\u00e9ceptacle<\/strong> entre les fleurons. Ce crit\u00e8re, v\u00e9rifiable en \u00e9cartant les ak\u00e8nes d&rsquo;un capitule d\u00e9fleuri, est absolument diagnostique.<\/p>\n<p><strong>Port et taille.<\/strong> Vivace de 20 \u00e0 80 cm, \u00e0 racine pivotante \u00e9paisse (d&rsquo;o\u00f9 <em>radicata<\/em>, \u00ab enracin\u00e9e \u00bb). La rosette basale est \u00e9tal\u00e9e, plaqu\u00e9e au sol. Les hampes sont dress\u00e9es, lisses, glabres, vertes, ramifi\u00e9es \u2014 souvent bifurqu\u00e9es une ou deux fois \u2014 et portent deux \u00e0 cinq capitules. Les hampes sont nues ou avec de toutes petites \u00e9cailles (pas de vraies feuilles caulinaires).<\/p>\n<p><strong>Feuilles.<\/strong> En rosette basale uniquement. Oblongues \u00e0 oblanc\u00e9ol\u00e9es, de 5 \u00e0 20 cm, \u00e0 bord grossi\u00e8rement dent\u00e9 \u00e0 roncin\u00e9, couvertes de poils raides (hispides) sur les deux faces. La texture est \u00e9paisse, presque coriace. Les feuilles sont souvent plaqu\u00e9es au sol dans les pelouses tondues, formant une \u00e9toile aplatie.<\/p>\n<p><strong>Capitules.<\/strong> De 25 \u00e0 40 mm de diam\u00e8tre, jaune vif. Les ligules sont deux \u00e0 trois fois plus longues que l&rsquo;involucre \u2014 le capitule est \u00ab rayonnant \u00bb. Les ligules ext\u00e9rieures sont souvent verd\u00e2tres ou stri\u00e9es de gris dessous.<\/p>\n<p><strong>Involucre.<\/strong> Bract\u00e9es imbriqu\u00e9es sur plusieurs rangs, lanc\u00e9ol\u00e9es, \u00e0 marge scarieuse (membraneuse blanch\u00e2tre), glabres ou avec une cr\u00eate de poils sombres sur la car\u00e8ne.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9ceptacle.<\/strong> Portant des <strong>\u00e9cailles membraneuses<\/strong> (paillettes) lin\u00e9aires, transparentes, ins\u00e9r\u00e9es entre les fleurons. C&rsquo;est le caract\u00e8re d\u00e9cisif du genre.<\/p>\n<p><strong>Ak\u00e8nes.<\/strong> Fusiformes, de 4 \u00e0 6 mm, finement c\u00f4tel\u00e9s, munis d&rsquo;un <strong>long bec<\/strong> (aussi long ou plus long que le corps de l&rsquo;ak\u00e8ne). Les ak\u00e8nes p\u00e9riph\u00e9riques sont parfois \u00e0 bec plus court.<\/p>\n<p><strong>Pappus.<\/strong> Soies plumeuses, en deux rangs : un rang externe de soies courtes simples et un rang interne de soies longues plumeuses. L&rsquo;aigrette est brun\u00e2tre \u00e0 maturit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 septembre.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> pelouses, prairies, bords de chemins, terrains sableux. Tr\u00e8s commune dans toute la France, surtout sur sols acides \u00e0 neutres.<\/p>\n<p><strong>Distinction du pissenlit :<\/strong> hampes ramifi\u00e9es (vs simples), pappus plumeux (vs soies simples), \u00e9cailles sur le r\u00e9ceptacle (vs r\u00e9ceptacle nu), feuilles hispides et coriaces (vs molles et glabres).<\/p>\n<p><strong>Distinction des liondents :<\/strong> hampes ramifi\u00e9es et glabres (vs simples chez <em>L. hispidus<\/em>), feuilles hispides \u00e0 poils simples (vs poils fourchus chez <em>Leontodon<\/em>), ak\u00e8nes longuement beak\u00e9s (vs non beak\u00e9s chez <em>Leontodon<\/em>), et surtout \u2014 les \u00e9cailles du r\u00e9ceptacle, absentes chez <em>Leontodon<\/em>.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FFF8E1;border-left:4px solid #C8A951;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 diagnostique de la porcelle :<\/strong> rosette basale + hampes nues ramifi\u00e9es + feuilles hispides coriaces + pappus plumeux + ak\u00e8nes longuement beak\u00e9s + <strong>\u00e9cailles sur le r\u00e9ceptacle<\/strong> (unique dans ce groupe).<\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s8\">VIII. Les \u00e9pervi\u00e8res \u2014 <em>Hieracium<\/em> L.<\/h2>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/eperviere-piloselle.jpg\" alt=\"Planche botanique de Hieracium pilosella \u2014 \u00e9pervi\u00e8re piloselle\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Hieracium pilosella<\/em> \u2014 l&rsquo;\u00e9pervi\u00e8re piloselle. Cliquer pour voir les stolons rampants, les feuilles bicolores et le pappus de soies simples cassantes.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les \u00e9pervi\u00e8res constituent le genre le plus redoutable de la flore fran\u00e7aise \u2014 avec plus de 150 esp\u00e8ces et sous-esp\u00e8ces reconnues, dont beaucoup sont apomictiques et morphologiquement tr\u00e8s proches. Pour le botaniste de terrain, deux esp\u00e8ces sont de loin les plus fr\u00e9quentes et les plus souvent confondues avec d&rsquo;autres genres.<\/p>\n<p><strong>Caract\u00e8res du genre <em>Hieracium<\/em> :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Plantes vivaces, souvent tr\u00e8s poilues<br \/>\n\u2014 Involucre imbriqu\u00e9, bract\u00e9es souvent noir\u00e2tres, souvent couvertes de poils glanduleux<br \/>\n\u2014 R\u00e9ceptacle nu<br \/>\n\u2014 Pappus de soies simples, cassantes, brun jaun\u00e2tre \u00e0 blanch\u00e2tres, dispos\u00e9es en un seul rang<br \/>\n\u2014 Ak\u00e8nes cylindriques, tronqu\u00e9s au sommet (non beak\u00e9s), \u00e0 10 c\u00f4tes<br \/>\n\u2014 Latex blanc<\/p>\n<p>Le pappus de soies simples mais de couleur brun jaun\u00e2tre et de texture cassante (fragile) est un bon crit\u00e8re de genre. Chez <em>Taraxacum<\/em> et <em>Crepis<\/em>, les soies sont blanches et souples.<\/p>\n<h3><em>Pilosella officinarum<\/em> Vaill. (syn. <em>Hieracium pilosella<\/em>) \u2014 \u00e9pervi\u00e8re piloselle<\/h3>\n<p>La plus reconnaissable des \u00e9pervi\u00e8res, et l&rsquo;une des compos\u00e9es jaunes les plus faciles \u00e0 identifier une fois qu&rsquo;on la conna\u00eet. Vivace basse de 5 \u00e0 30 cm, \u00e9mettant de longs <strong>stolons<\/strong> rampants (tiges horizontales radicantes) qui forment des tapis denses \u2014 un caract\u00e8re unique parmi les compos\u00e9es jaunes courantes. Les feuilles sont toutes basales, en rosette, oblanc\u00e9ol\u00e9es, enti\u00e8res (non dent\u00e9es, non roncin\u00e9es), de 3 \u00e0 10 cm, couvertes de longs poils blancs soyeux sur la face sup\u00e9rieure et d&rsquo;un tomentum blanc dense (feutrage) sur la face inf\u00e9rieure \u2014 la feuille est verte dessus, blanc argent\u00e9 dessous. Ce contraste bicolore est un crit\u00e8re visuel imm\u00e9diat.<\/p>\n<p>La hampe est unique, non ramifi\u00e9e, portant un <strong>capitule solitaire<\/strong> de 20 \u00e0 30 mm. Les ligules sont d&rsquo;un jaune p\u00e2le, citron, souvent teint\u00e9es de rouge ou de pourpre sur la face inf\u00e9rieure \u2014 un caract\u00e8re rare dans le groupe. L&rsquo;involucre est couvert de poils glanduleux sombres et de longs poils blancs. Les ak\u00e8nes sont petits (1,5 \u00e0 2 mm), cylindriques, noir\u00e2tres, avec un pappus de soies simples cassantes.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 ao\u00fbt.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> pelouses s\u00e8ches, talus, murs, rocailles, bords de chemins. Sols secs et pauvres. Commune dans toute la France.<\/p>\n<h3><em>Hieracium murorum<\/em><\/p>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/eperviere-murorum.jpg\" alt=\"Planche botanique de Hieracium murorum \u2014 \u00e9pervi\u00e8re des murs\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Hieracium murorum<\/em> \u2014 l&rsquo;\u00e9pervi\u00e8re des murs. Cliquer pour voir la base cord\u00e9e des feuilles, les poils glanduleux noirs de l&rsquo;involucre et le pappus cassant brun\u00e2tre.<\/figcaption><\/figure>\n<p> L. \u2014 \u00e9pervi\u00e8re des murs<\/h3>\n<p>Bien diff\u00e9rente de la piloselle par son port. Vivace dress\u00e9e de 20 \u00e0 60 cm, sans stolons. Les feuilles basales sont en rosette, ovales \u00e0 oblongues, de 5 \u00e0 15 cm, \u00e0 base tronqu\u00e9e ou cord\u00e9e (en c\u0153ur) \u2014 avec souvent de grandes dents grossi\u00e8res ou des lobes dans le tiers inf\u00e9rieur. La face sup\u00e9rieure est parsem\u00e9e de poils raides, la face inf\u00e9rieure est plus p\u00e2le, souvent teint\u00e9e de pourpre. La tige porte z\u00e9ro \u00e0 deux feuilles caulinaires, petites et sessiles, et se ramifie dans le tiers sup\u00e9rieur en un corymbe l\u00e2che de trois \u00e0 douze capitules.<\/p>\n<p>Les capitules mesurent 20 \u00e0 30 mm. Les ligules sont d&rsquo;un jaune franc. L&rsquo;involucre est caract\u00e9ristique : bract\u00e9es lanc\u00e9ol\u00e9es, noir\u00e2tres, couvertes de poils glanduleux noirs (visibles \u00e0 la loupe comme de petites baguettes tronqu\u00e9es \u00e0 sommet brillant). Les ak\u00e8nes sont cylindriques, brun noir, de 3 \u00e0 4 mm, avec un pappus de soies simples brun jaun\u00e2tre.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 juillet.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> murs, rochers, talus, lisi\u00e8res foresti\u00e8res, sous-bois clairs. Sols secs, souvent calcaires ou pierreux. Commun dans toute la France.<\/p>\n<p><strong>Distinction des deux \u00e9pervi\u00e8res :<\/strong> <em>H. pilosella<\/em> est tapissante avec des stolons, des feuilles enti\u00e8res blanc argent\u00e9 dessous, et un capitule solitaire jaune p\u00e2le. <em>H. murorum<\/em> est dress\u00e9e sans stolons, avec des feuilles dent\u00e9es\/lob\u00e9es \u00e0 base tronqu\u00e9e ou cord\u00e9e, souvent pourpre dessous, et des capitules multiples en corymbe.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FFF8E1;border-left:4px solid #C8A951;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 diagnostique des \u00e9pervi\u00e8res :<\/strong> pappus de soies simples <strong>cassantes et brun\u00e2tres<\/strong> (vs blanches et souples chez <em>Taraxacum<\/em>, <em>Crepis<\/em>, <em>Sonchus<\/em>) + involucre imbriqu\u00e9 \u00e0 bract\u00e9es noir\u00e2tres glanduleuses + ak\u00e8nes cylindriques non beak\u00e9s + latex blanc.<\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s9\">IX. Les laiterons \u2014 <em>Sonchus<\/em> L.<\/h2>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/laiteron-maraicher.jpg\" alt=\"Planche botanique de Sonchus oleraceus \u2014 laiteron mara\u00eecher\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Sonchus oleraceus<\/em> \u2014 le laiteron mara\u00eecher. Cliquer pour examiner les oreillettes aigu\u00ebs non enroul\u00e9es et les ak\u00e8nes rid\u00e9s transversalement.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les laiterons sont les \u00ab grands costauds \u00bb du groupe. Ce sont des plantes robustes, dress\u00e9es, \u00e0 tige souvent \u00e9paisse et creuse, \u00e0 feuilles charnues dont la base entoure la tige par des oreillettes (auricules) \u2014 un caract\u00e8re tr\u00e8s visible qui les distingue imm\u00e9diatement des pissenlits, liondents et \u00e9pervi\u00e8res. Leur latex est particuli\u00e8rement abondant : la tige cass\u00e9e laisse couler un flot de suc blanc laiteux (d&rsquo;o\u00f9 le nom \u00ab laiteron \u00bb, du latin <em>lac<\/em>, lait).<\/p>\n<p><strong>Caract\u00e8res du genre <em>Sonchus<\/em> :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Tige dress\u00e9e, robuste, creuse, glabre (sauf <em>S. arvensis<\/em>), ramifi\u00e9e au sommet<br \/>\n\u2014 Feuilles caulinaires \u00e0 base <strong>auricul\u00e9e-embrassante<\/strong> (oreillettes entourant la tige)<br \/>\n\u2014 Capitules en corymbe terminal<br \/>\n\u2014 Involucre \u00e0 calicule<br \/>\n\u2014 R\u00e9ceptacle nu<br \/>\n\u2014 Pappus de soies simples, blanches, souvent entrem\u00eal\u00e9es \u00e0 la base<br \/>\n\u2014 Latex blanc tr\u00e8s abondant<\/p>\n<h3><em>Sonchus oleraceus<\/em> L. \u2014 laiteron mara\u00eecher<\/h3>\n<p>Annuel, de 20 \u00e0 120 cm. La tige est dress\u00e9e, glabre, creuse, anguleuse. Les feuilles sont d&rsquo;un vert glauque (bleut\u00e9), molles, pennatilob\u00e9es \u00e0 roncin\u00e9es, avec un grand lobe terminal triangulaire et des lobes lat\u00e9raux in\u00e9gaux. Le caract\u00e8re cl\u00e9 est la base foliaire : les oreillettes sont <strong>aigu\u00ebs et dirig\u00e9es vers le bas<\/strong>, non enroul\u00e9es \u2014 elles forment deux pointes de chaque c\u00f4t\u00e9 de la tige. Le bord des feuilles est faiblement \u00e9pineux (dents souples, non piquantes au toucher). Les capitules mesurent 15 \u00e0 25 mm de diam\u00e8tre, en corymbe l\u00e2che, jaune p\u00e2le. L&rsquo;involucre est glabre. Les ak\u00e8nes sont aplatis, bruns, avec trois c\u00f4tes de chaque face, et <strong>rid\u00e9s transversalement<\/strong> entre les c\u00f4tes \u2014 un crit\u00e8re visible \u00e0 la loupe qui distingue <em>S. oleraceus<\/em> de <em>S. asper<\/em>. Le pappus est de soies simples, blanches.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mars \u00e0 novembre \u2014 presque toute l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> jardins, cultures, friches, murs, trottoirs. Nitrophile. Extr\u00eamement commun.<\/p>\n<h3><em>Sonchus asper<\/em><\/p>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/laiteron-epineux.jpg\" alt=\"Planche botanique de Sonchus asper \u2014 laiteron \u00e9pineux\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Sonchus asper<\/em> \u2014 le laiteron \u00e9pineux. Cliquer pour voir les oreillettes enroul\u00e9es, les dents \u00e9pineuses et les ak\u00e8nes lisses.<\/figcaption><\/figure>\n<p> (L.) Hill \u2014 laiteron \u00e9pineux<\/h3>\n<p>Annuel, tr\u00e8s semblable \u00e0 <em>S. oleraceus<\/em> mais s&rsquo;en distinguant par plusieurs caract\u00e8res. Les feuilles sont d&rsquo;un vert fonc\u00e9 brillant (vs vert glauque mat), plus coriaces, et surtout <strong>\u00e9pineuses au toucher<\/strong> \u2014 les dents marginales sont rigides et piquantes. Les feuilles sont souvent moins d\u00e9coup\u00e9es que chez <em>S. oleraceus<\/em> \u2014 enti\u00e8res ou superficiellement lob\u00e9es. Le caract\u00e8re le plus fiable concerne les oreillettes : elles sont <strong>arrondies et enroul\u00e9es sur elles-m\u00eames<\/strong>, formant deux petites \u00ab coquilles d&rsquo;escargot \u00bb \u00e0 la base de chaque feuille. Ce crit\u00e8re est visible sans loupe et absolument diagnostique. Les ak\u00e8nes sont aplatis, avec trois c\u00f4tes de chaque face, mais <strong>lisses<\/strong> (non rid\u00e9s transversalement) \u2014 c&rsquo;est le crit\u00e8re ultime de confirmation.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> avril \u00e0 octobre.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> m\u00eames milieux que <em>S. oleraceus<\/em>. Commun dans toute la France.<\/p>\n<h3><em>Sonchus arvensis<\/em><\/p>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/laiteron-des-champs.jpg\" alt=\"Planche botanique de Sonchus arvensis \u2014 laiteron des champs\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Sonchus arvensis<\/em> \u2014 le laiteron des champs. Cliquer pour voir les poils glanduleux jaunes, les rhizomes tra\u00e7ants et les grands capitules.<\/figcaption><\/figure>\n<p> L. \u2014 laiteron des champs<\/h3>\n<p>Vivace (les deux pr\u00e9c\u00e9dents sont annuels), \u00e0 <strong>rhizomes tra\u00e7ants<\/strong> formant des colonies. Nettement plus grand : 60 \u00e0 150 cm. La tige est robuste, creuse, glabre dans la partie inf\u00e9rieure mais couverte dans la partie sup\u00e9rieure de <strong>poils glanduleux jaunes<\/strong> \u2014 des poils courts termin\u00e9s par une petite goutte de s\u00e9cr\u00e9tion brillante. Ce caract\u00e8re est tr\u00e8s visible et diagnostique. Les feuilles sont grandes, pennatilob\u00e9es, \u00e0 oreillettes arrondies. Les capitules sont les plus grands du genre : 40 \u00e0 50 mm de diam\u00e8tre, d&rsquo;un jaune soutenu et lumineux. L&rsquo;involucre et les p\u00e9doncules sont couverts des m\u00eames poils glanduleux jaunes. Les ak\u00e8nes sont aplatis, rid\u00e9s transversalement, bruns, avec un pappus de soies simples blanches.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juillet \u00e0 octobre.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> champs cultiv\u00e9s (surtout les moissons et les cultures sarcl\u00e9es), friches, bords de routes. Adventice redout\u00e9e des agriculteurs \u00e0 cause de ses rhizomes tra\u00e7ants.<\/p>\n<p><strong>Distinction des trois laiterons :<\/strong> <em>S. oleraceus<\/em> \u2014 oreillettes aigu\u00ebs, feuilles glauques molles, ak\u00e8nes rid\u00e9s. <em>S. asper<\/em> \u2014 oreillettes enroul\u00e9es, feuilles luisantes \u00e9pineuses, ak\u00e8nes lisses. <em>S. arvensis<\/em> \u2014 vivace rhizomateuse, grands capitules (40-50 mm), p\u00e9doncules glanduleux jaunes.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FFF8E1;border-left:4px solid #C8A951;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 diagnostique des laiterons :<\/strong> plantes robustes + tige creuse + feuilles caulinaires \u00e0 <strong>base auricul\u00e9e-embrassante<\/strong> + capitules en corymbe + pappus de soies simples + latex tr\u00e8s abondant. Reconnaissables aux oreillettes foliaires, absentes chez les cr\u00e9pides et les pissenlits.<\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s10\">X. La lampsane \u2014 <em>Lapsana communis<\/em> L.<\/h2>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/lampsane-commune.jpg\" alt=\"Planche botanique de Lapsana communis \u2014 lampsane commune\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Lapsana communis<\/em> \u2014 la lampsane commune, seul genre sans pappus. Cliquer pour voir les ak\u00e8nes nus et les feuilles lyr\u00e9es.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La lampsane est une esp\u00e8ce \u00e0 part dans ce guide, car elle poss\u00e8de un caract\u00e8re unique : elle n&rsquo;a <strong>pas de pappus<\/strong>. Les ak\u00e8nes sont nus \u2014 pas de soies, pas d&rsquo;aigrette, rien. Ce seul crit\u00e8re suffit \u00e0 la s\u00e9parer de tous les autres genres trait\u00e9s ici.<\/p>\n<p><strong>Port et taille.<\/strong> Annuelle, de 20 \u00e0 120 cm. La tige est dress\u00e9e, finement stri\u00e9e, glabre dans la partie sup\u00e9rieure, parfois poilue \u00e0 la base, rameuse d\u00e8s le milieu avec des branches \u00e9tal\u00e9es-dress\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Feuilles.<\/strong> Les feuilles basales sont lyr\u00e9es \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9coup\u00e9es en lobes in\u00e9gaux dont le terminal est beaucoup plus grand que les lat\u00e9raux, l&rsquo;ensemble \u00e9voquant une lyre. Ce lobe terminal est ovale, dent\u00e9, de 5 \u00e0 10 cm. Les feuilles caulinaires sup\u00e9rieures sont ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, simplement dent\u00e9es, r\u00e9tr\u00e9cies en p\u00e9tiole (non embrassantes).<\/p>\n<p><strong>Capitules.<\/strong> Petits \u2014 8 \u00e0 12 mm de diam\u00e8tre seulement \u2014, tr\u00e8s nombreux, dispos\u00e9s en panicule ramifi\u00e9e l\u00e2che. Chaque capitule porte seulement 8 \u00e0 15 fleurons ligul\u00e9s, d&rsquo;un jaune p\u00e2le. Les capitules se ferment syst\u00e9matiquement en d\u00e9but d&rsquo;apr\u00e8s-midi et par temps couvert \u2014 un comportement partag\u00e9 avec <em>Tragopogon<\/em> mais rare dans le groupe.<\/p>\n<p><strong>Involucre.<\/strong> Cylindrique et \u00e9troit. Huit \u00e0 dix bract\u00e9es internes longues, dress\u00e9es, car\u00e9n\u00e9es, avec quelques bract\u00e9oles basales tr\u00e8s petites formant un calicule rudimentaire.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9ceptacle.<\/strong> Nu.<\/p>\n<p><strong>Ak\u00e8nes.<\/strong> De 3 \u00e0 4 mm, l\u00e9g\u00e8rement courb\u00e9s, \u00e0 environ 20 c\u00f4tes fines, jaune paille, <strong>sans pappus<\/strong>. Ils tombent au pied de la plante (pas de diss\u00e9mination par le vent).<\/p>\n<p><strong>Latex.<\/strong> Blanc, pr\u00e9sent mais moins abondant que chez <em>Sonchus<\/em> ou <em>Taraxacum<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 septembre.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> haies, lisi\u00e8res, sous-bois clairs, murs, friches. Semi-ombrag\u00e9e \u2014 plus fr\u00e9quente \u00e0 l&rsquo;ombre que les autres genres. Tr\u00e8s commune dans toute la France.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FFF8E1;border-left:4px solid #C8A951;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 diagnostique de la lampsane :<\/strong> tige ramifi\u00e9e + feuilles basales lyr\u00e9es + petits capitules (8-12 mm) nombreux + <strong>pas de pappus<\/strong> (ak\u00e8nes nus) + involucre cylindrique \u00e9troit + latex blanc. Le crit\u00e8re unique : l&rsquo;absence totale de pappus.<\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s11\">XI. Les picrides \u2014 <em>Picris<\/em> L.<\/h2>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/picride-hieracioides.jpg\" alt=\"Planche botanique de Picris hieracioides \u2014 picride fausse-\u00e9pervi\u00e8re\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Picris hieracioides<\/em> \u2014 la picride fausse-\u00e9pervi\u00e8re. Cliquer pour voir les poils crochus en hame\u00e7on et le pappus plumeux.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les picrides sont les \u00ab r\u00eaches \u00bb du groupe. Leur pilosit\u00e9 agressive \u2014 poils raides, crochus ou tubercul\u00e9s, qui accrochent les doigts et les v\u00eatements \u2014 est un premier indice tactile avant m\u00eame l&rsquo;examen visuel. Leur pappus est plumeux, comme celui des liondents et de la porcelle, mais leur port est celui d&rsquo;une plante \u00e0 tige feuill\u00e9e ramifi\u00e9e, ce qui les place dans un registre morphologique diff\u00e9rent.<\/p>\n<p><strong>Caract\u00e8res du genre <em>Picris<\/em> :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Tige feuill\u00e9e, dress\u00e9e, ramifi\u00e9e, tr\u00e8s hispide (\u00e0 poils raides)<br \/>\n\u2014 Poils souvent crochus au sommet (visibles \u00e0 la loupe) ou \u00e0 base tuberculeuse<br \/>\n\u2014 Involucre \u00e0 calicule de bract\u00e9es externes \u00e9tal\u00e9es<br \/>\n\u2014 R\u00e9ceptacle nu<br \/>\n\u2014 Pappus de soies <strong>plumeuses<\/strong><br \/>\n\u2014 Latex blanc<\/p>\n<h3><em>Picris hieracioides<\/em> L. \u2014 picride fausse-\u00e9pervi\u00e8re<\/h3>\n<p>Bisannuelle \u00e0 vivace, de 30 \u00e0 90 cm. La tige est dress\u00e9e, cannel\u00e9e, rameuse au sommet, couverte de <strong>poils raides \u00e0 sommet crochu<\/strong> (en hame\u00e7on) \u2014 un caract\u00e8re diagnostique imm\u00e9diat par le toucher : passez la main le long de la tige, elle accroche comme du velcro. Les feuilles sont lanc\u00e9ol\u00e9es, dent\u00e9es, hispides sur les deux faces, les basales p\u00e9tiol\u00e9es, les caulinaires sessiles et semi-embrassantes. Les capitules mesurent 25 \u00e0 35 mm de diam\u00e8tre, en corymbe au sommet, jaune vif. L&rsquo;involucre pr\u00e9sente des bract\u00e9es externes (calicule) \u00e9tal\u00e9es, hispides. Les ak\u00e8nes sont fusiformes, \u00e0 c\u00f4tes transversales, surmont\u00e9s d&rsquo;un pappus de <strong>soies plumeuses<\/strong> blanches.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 octobre.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> bords de routes, talus, friches, pelouses calcaires. Pr\u00e9f\u00e8re les sols calcaires et secs. Commune surtout dans la moiti\u00e9 sud et l&rsquo;est.<\/p>\n<p><strong>Confusion fr\u00e9quente :<\/strong> avec <em>Hieracium<\/em> (d&rsquo;o\u00f9 le nom \u00ab fausse-\u00e9pervi\u00e8re \u00bb). Se distingue par le pappus plumeux (vs soies simples chez <em>Hieracium<\/em>) et les poils crochus (vs poils simples ou glanduleux chez <em>Hieracium<\/em>).<\/p>\n<h3><em>Helminthotheca echioides<\/em> (L.) Holub (syn. <em>Picris echioides<\/em>)<\/h3>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/picride-echioides.jpg\" alt=\"Planche botanique de Picris echioides \u2014 picride fausse-vip\u00e9rine\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Picris echioides<\/em> \u2014 la picride fausse-vip\u00e9rine. Cliquer pour voir les bract\u00e9es foliac\u00e9es \u00e9pineuses spectaculaires et les poils \u00e0 base tuberculeuse.<\/figcaption><\/figure>\n<p> L. \u2014 picride fausse-vip\u00e9rine (helminthie)<\/h3>\n<p>Annuelle, robuste, de 30 \u00e0 90 cm. Toute la plante est couverte de poils raides \u00e0 <strong>base tuberculeuse<\/strong> (renfl\u00e9e en petit bouton blanc) \u2014 visibles \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu et tr\u00e8s caract\u00e9ristiques au toucher (la plante est extr\u00eamement rugueuse). Le crit\u00e8re le plus spectaculaire concerne l&rsquo;involucre : les trois \u00e0 cinq bract\u00e9es externes du calicule sont <strong>tr\u00e8s grandes, ovales, foliac\u00e9es, \u00e9pineuses<\/strong>, bien plus larges que les bract\u00e9es internes \u2014 elles forment une sorte de coupe \u00e9pineuse autour du capitule. Aucune autre compos\u00e9e jaune fran\u00e7aise n&rsquo;a cette structure. Les feuilles sont oblongues, ondul\u00e9es, \u00e0 bord faiblement dent\u00e9, h\u00e9riss\u00e9es de pustules blanches (les bases des poils). Les capitules mesurent 20 \u00e0 30 mm. Les ak\u00e8nes sont courb\u00e9s, transversalement rid\u00e9s, surmont\u00e9s d&rsquo;un pappus plumeux.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 octobre.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> friches, bords de champs, talus, d\u00e9combres. Sols argileux et calcaires. Plus fr\u00e9quente dans le sud-ouest et le long de la c\u00f4te atlantique.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FFF8E1;border-left:4px solid #C8A951;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 diagnostique des picrides :<\/strong> tige feuill\u00e9e hispide + poils crochus ou tubercul\u00e9s (au toucher : \u00e7a accroche) + pappus <strong>plumeux<\/strong> + involucre \u00e0 calicule \u00e9tal\u00e9. <em>P. echioides<\/em> a en plus des bract\u00e9es externes foliac\u00e9es \u00e9pineuses spectaculaires.<\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s12\">XII. Le salsifis des pr\u00e9s \u2014 <em>Tragopogon pratensis<\/em> L.<\/h2>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/salsifis-des-pres.jpg\" alt=\"Planche botanique de Tragopogon pratensis \u2014 salsifis des pr\u00e9s\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Tragopogon pratensis<\/em> \u2014 le salsifis des pr\u00e9s. Cliquer pour voir les bract\u00e9es d\u00e9passant les ligules et la sph\u00e8re de pappus g\u00e9ante.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le salsifis des pr\u00e9s est la compos\u00e9e jaune la plus facile \u00e0 identifier de tout ce guide \u2014 \u00e0 condition de le voir en fruit. Sa sph\u00e8re de pappus, d\u00e9mesur\u00e9e (8 \u00e0 10 cm de diam\u00e8tre), est la plus spectaculaire de toute la flore fran\u00e7aise. Mais m\u00eame en fleur, il est reconnaissable gr\u00e2ce \u00e0 ses feuilles lin\u00e9aires et \u00e0 ses bract\u00e9es plus longues que les ligules.<\/p>\n<p><strong>Port et taille.<\/strong> Bisannuel, de 30 \u00e0 70 cm. La tige est dress\u00e9e, simple ou peu ramifi\u00e9e, glabre, pleine (non creuse), souvent \u00e9paissie sous le capitule.<\/p>\n<p><strong>Feuilles.<\/strong> Longues, lin\u00e9aires (en forme de ruban), de 15 \u00e0 30 cm sur 1 \u00e0 2 cm de large, enti\u00e8res, \u00e0 nervure m\u00e9diane marqu\u00e9e, d&rsquo;un vert glauque. La base est <strong>largement engainante<\/strong> \u2014 la feuille entoure la tige sur toute sa circonf\u00e9rence, comme une feuille de gramin\u00e9e. Ce caract\u00e8re est unique parmi les compos\u00e9es jaunes trait\u00e9es ici. Les feuilles sup\u00e9rieures sont dress\u00e9es et acumin\u00e9es (effil\u00e9es en pointe).<\/p>\n<p><strong>Capitules.<\/strong> Solitaires, terminaux, de 30 \u00e0 50 mm de diam\u00e8tre. Les ligules sont jaune vif, mais le caract\u00e8re le plus frappant concerne les bract\u00e9es : l&rsquo;involucre est form\u00e9 d&rsquo;un <strong>seul rang de 8 \u00e0 12 bract\u00e9es longues<\/strong>, lin\u00e9aires, qui <strong>d\u00e9passent nettement les ligules<\/strong> en longueur \u2014 elles forment une \u00e9toile verte autour et au-dessus du capitule. Aucune autre esp\u00e8ce de notre liste n&rsquo;a cette architecture. Les capitules s&rsquo;ouvrent le matin et se referment en d\u00e9but d&rsquo;apr\u00e8s-midi (g\u00e9n\u00e9ralement avant midi par temps chaud).<\/p>\n<p><strong>R\u00e9ceptacle.<\/strong> Nu.<\/p>\n<p><strong>Ak\u00e8nes.<\/strong> Tr\u00e8s longs (15 \u00e0 25 mm avec le bec), fusiformes, finement \u00e9cailleux-muric\u00e9s, prolong\u00e9s par un <strong>tr\u00e8s long bec<\/strong> \u2014 le bec est aussi long ou plus long que le corps de l&rsquo;ak\u00e8ne. Les ak\u00e8nes externes sont souvent plus \u00e9pais et plus rugueux que les internes.<\/p>\n<p><strong>Pappus.<\/strong> Soies <strong>plumeuses<\/strong>, tr\u00e8s longues, formant \u00e0 maturit\u00e9 une sph\u00e8re de diss\u00e9mination de 8 \u00e0 10 cm de diam\u00e8tre \u2014 bien plus grande que celle du pissenlit. Chaque soie porte des ramifications lat\u00e9rales si longues qu&rsquo;elles s&rsquo;entrem\u00ealent avec celles des ak\u00e8nes voisins, cr\u00e9ant une structure coh\u00e9sive remarquable.<\/p>\n<p><strong>Latex.<\/strong> Blanc, pr\u00e9sent mais peu abondant.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 juillet.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> prairies de fauche, talus, bords de routes. Pr\u00e9f\u00e8re les sols frais et assez riches. Toute la France.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FFF8E1;border-left:4px solid #C8A951;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 diagnostique du salsifis des pr\u00e9s :<\/strong> feuilles lin\u00e9aires engainantes + involucre d&rsquo;un seul rang de bract\u00e9es <strong>d\u00e9passant les ligules<\/strong> + ak\u00e8nes tr\u00e8s longuement beak\u00e9s + pappus plumeux g\u00e9ant + tige pleine glabre glauque.<\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s13\">XIII. La laitue sauvage \u2014 <em>Lactuca serriola<\/em> L.<\/h2>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/laitue-sauvage.jpg\" alt=\"Planche botanique de Lactuca serriola \u2014 laitue sauvage\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Lactuca serriola<\/em> \u2014 la laitue sauvage. Cliquer pour voir la nervure \u00e9pineuse, les feuilles verticales et les capitules minuscules.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La laitue sauvage est l&rsquo;anc\u00eatre de la laitue cultiv\u00e9e (<em>Lactuca sativa<\/em>). C&rsquo;est une plante de grande taille, \u00e0 port raide et architectural, que l&rsquo;on confond rarement avec un pissenlit \u2014 mais souvent avec un laiteron ou une cr\u00e9pide de grande taille. Son trait le plus remarquable est la position de ses feuilles : elles sont tourn\u00e9es verticalement et orient\u00e9es dans le plan nord-sud, ce qui lui vaut le surnom de \u00ab plante boussole \u00bb (<em>compass plant<\/em>).<\/p>\n<p><strong>Port et taille.<\/strong> Annuelle \u00e0 bisannuelle, de 50 \u00e0 200 cm. La tige est dress\u00e9e, robuste, raide, cylindrique, glabre, souvent teint\u00e9e de rouge dans la partie inf\u00e9rieure, ramifi\u00e9e en une grande panicule au sommet.<\/p>\n<p><strong>Feuilles.<\/strong> Oblongues, pennatilob\u00e9es \u00e0 roncin\u00e9es, de 10 \u00e0 25 cm, \u00e0 bord souvent \u00e9pineux. Le caract\u00e8re diagnostique majeur est la <strong>nervure m\u00e9diane \u00e9pineuse<\/strong> sur la face inf\u00e9rieure : une rang\u00e9e de petits aiguillons raides le long de la nervure centrale. Les feuilles caulinaires sont sessiles, \u00e0 base sagitt\u00e9e-embrassante avec des oreillettes aigu\u00ebs. Chez les individus bien d\u00e9velopp\u00e9s et en plein soleil, les feuilles se disposent <strong>verticalement<\/strong>, avec leur tranche orient\u00e9e dans le plan nord-sud \u2014 un h\u00e9liotropisme n\u00e9gatif qui minimise l&rsquo;exposition au soleil de midi.<\/p>\n<p><strong>Capitules.<\/strong> Tr\u00e8s petits \u2014 10 \u00e0 15 mm de diam\u00e8tre \u2014, tr\u00e8s nombreux, dispos\u00e9s en grande panicule pyramidale l\u00e2che. Chaque capitule ne contient que 5 \u00e0 12 fleurons ligul\u00e9s, d&rsquo;un jaune tr\u00e8s p\u00e2le, presque cr\u00e8me. L&rsquo;involucre est cylindrique et \u00e9troit (3 \u00e0 5 mm de large), \u00e0 bract\u00e9es imbriqu\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9ceptacle.<\/strong> Nu.<\/p>\n<p><strong>Ak\u00e8nes.<\/strong> Aplatis, gris olive, \u00e0 5 \u00e0 7 c\u00f4tes de chaque face, finement muriqu\u00e9s (h\u00e9riss\u00e9s de petites pointes), surmont\u00e9s d&rsquo;un <strong>long bec blanc<\/strong> (aussi long que le corps de l&rsquo;ak\u00e8ne), termin\u00e9 par un pappus de soies simples, blanches et tr\u00e8s fines.<\/p>\n<p><strong>Latex.<\/strong> Blanc, tr\u00e8s abondant \u2014 la tige cass\u00e9e laisse couler un flot de suc laiteux \u00e2cre.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juillet \u00e0 septembre.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> friches, d\u00e9combres, murs, bords de routes, voies ferr\u00e9es. Thermophile \u2014 plus fr\u00e9quente dans le sud et en milieu urbain.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FFF8E1;border-left:4px solid #C8A951;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 diagnostique de la laitue sauvage :<\/strong> grande taille (50-200 cm) + feuilles verticales \u00e0 <strong>nervure \u00e9pineuse dessous<\/strong> + capitules tr\u00e8s petits (10-15 mm) et tr\u00e8s nombreux + seulement 5-12 ligules par capitule + ak\u00e8nes aplatis longuement beak\u00e9s + pappus de soies simples + latex tr\u00e8s abondant.<\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s14\">XIV. Les s\u00e9ne\u00e7ons \u2014 <em>Senecio<\/em> L.<\/h2>\n<div style=\"background-color:#FBE9E7;border-left:4px solid #C0392B;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>\u26a0\ufe0f Danger \u2014 cueillette :<\/strong> au stade rosette, les jeunes feuilles de s\u00e9ne\u00e7on (<em>Senecio vulgaris<\/em>, <em>Jacobaea vulgaris<\/em>) peuvent se m\u00ealer \u00e0 celles du pissenlit ou du laiteron. Or les s\u00e9ne\u00e7ons renferment des <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong>, toxiques pour le foie (atteintes graves et cumulatives). Indice qui sauve : le s\u00e9ne\u00e7on n&rsquo;a <strong>pas de latex blanc<\/strong> \u00e0 la cassure, contrairement aux Cichorieae comestibles. Dans le doute, ne jamais r\u00e9colter une rosette douteuse.<\/p>\n<\/div>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/senecon-commun.jpg\" alt=\"Planche botanique de Senecio vulgaris \u2014 s\u00e9ne\u00e7on commun\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Senecio vulgaris<\/em> \u2014 le s\u00e9ne\u00e7on commun. Cliquer pour voir les capitules sans ligules, les bract\u00e9oles \u00e0 pointe noire et l&rsquo;absence de latex.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les s\u00e9ne\u00e7ons ne sont pas des Liguliflores. Ils appartiennent \u00e0 la tribu des Senecioneae, pas \u00e0 celle des Cichorieae. Ils n&rsquo;ont <strong>pas de latex<\/strong>. Leurs capitules, quand ils ont des ligules (<em>S. jacobaea<\/em>), sont <strong>radi\u00e9s<\/strong> \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire compos\u00e9s d&rsquo;un disque central de fleurons tubuleux (\u00e0 cinq lobes courts et dress\u00e9s) entour\u00e9 d&rsquo;un anneau de ligules p\u00e9riph\u00e9riques. Chez les vrais Liguliflores, tous les fleurons sans exception sont ligul\u00e9s. Malgr\u00e9 ces diff\u00e9rences fondamentales, les s\u00e9ne\u00e7ons se retrouvent dans ce guide parce que <em>Senecio jacobaea<\/em>, avec ses capitules jaune vif \u00e0 ligules rayonnantes, est r\u00e9guli\u00e8rement confondu par les d\u00e9butants avec certaines cr\u00e9pides ou certains liondents.<\/p>\n<p><strong>Caract\u00e8res du genre <em>Senecio<\/em> :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 <strong>Pas de latex<\/strong> (la tige cass\u00e9e n&rsquo;exsude pas de suc laiteux)<br \/>\n\u2014 Capitules tubuleux (sans ligules) ou radi\u00e9s (avec ligules + disque tubuleux)<br \/>\n\u2014 Involucre \u00e0 calicule : un rang de bract\u00e9es internes longues et \u00e9gales + un calicule de bract\u00e9oles courtes souvent \u00e0 pointe noire<br \/>\n\u2014 Pappus de soies simples, blanches, tr\u00e8s soyeuses (rappelant des cheveux blancs \u2014 <em>senecio<\/em> vient de <em>senex<\/em>, \u00ab vieillard \u00bb)<br \/>\n\u2014 R\u00e9ceptacle nu<\/p>\n<h3><em>Senecio vulgaris<\/em> L. \u2014 s\u00e9ne\u00e7on commun<\/h3>\n<p>Le plus commun des s\u00e9ne\u00e7ons, et le plus facile \u00e0 distinguer des Liguliflores : il n&rsquo;a <strong>aucune ligule<\/strong>. Ses capitules sont enti\u00e8rement compos\u00e9s de fleurons tubuleux, et l&rsquo;involucre cylindrique et \u00e9troit donne \u00e0 chaque capitule l&rsquo;aspect d&rsquo;un petit tube jaune surmont\u00e9 d&rsquo;un pinceau de styles. C&rsquo;est le \u00ab non-pissenlit \u00bb par excellence \u2014 mais le d\u00e9butant qui ne fait pas attention peut le prendre pour un bouton floral non encore ouvert.<\/p>\n<p><strong>Port et taille.<\/strong> Annuel, de 10 \u00e0 40 cm. La tige est molle, charnue, ramifi\u00e9e d\u00e8s la base, souvent rouge\u00e2tre \u00e0 la base, glabre ou avec quelques poils aran\u00e9eux (en toile d&rsquo;araign\u00e9e).<\/p>\n<p><strong>Feuilles.<\/strong> Pennatilob\u00e9es, \u00e0 lobes irr\u00e9guliers, dent\u00e9s, molles, d&rsquo;un vert assez sombre. Les feuilles caulinaires sont sessiles, semi-embrassantes avec de petites oreillettes. Pas de rosette basale visible \u00e0 la floraison.<\/p>\n<p><strong>Capitules.<\/strong> Petits (5 \u00e0 8 mm de diam\u00e8tre), en corymbe dense. L&rsquo;involucre est cylindrique, form\u00e9 d&rsquo;un rang de bract\u00e9es longues et \u00e9gales, avec un calicule de bract\u00e9oles courtes dont les pointes sont <strong>noires<\/strong> \u2014 un crit\u00e8re visible \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu et tr\u00e8s caract\u00e9ristique du genre. Les fleurons sont tous tubuleux, jaunes, d\u00e9passant \u00e0 peine de l&rsquo;involucre.<\/p>\n<p><strong>Pappus.<\/strong> Soies simples, blanches, tr\u00e8s fines et soyeuses, formant de petits pompons cotonneux \u00e0 maturit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> toute l&rsquo;ann\u00e9e \u2014 y compris en plein hiver dans les r\u00e9gions douces. C&rsquo;est l&rsquo;une des rares compos\u00e9es jaunes que l&rsquo;on peut trouver en fleur en janvier.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> jardins, cultures, friches, murs, pav\u00e9s. Nitrophile et rud\u00e9ral. Toute la France.<\/p>\n<h3><em>Senecio jacobaea<\/em><\/p>\n<figure style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asteracees-jaunes\/senecon-jacobee.jpg\" alt=\"Planche botanique de Senecio jacobaea \u2014 s\u00e9ne\u00e7on jacob\u00e9e\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Senecio jacobaea<\/em> \u2014 le s\u00e9ne\u00e7on jacob\u00e9e (TOXIQUE). Cliquer pour voir le disque tubuleux central, les ligules p\u00e9riph\u00e9riques et les bract\u00e9oles \u00e0 pointe noire.<\/figcaption><\/figure>\n<p> L. \u2014 s\u00e9ne\u00e7on jacob\u00e9e<\/h3>\n<p>C&rsquo;est le s\u00e9ne\u00e7on qui pose un vrai probl\u00e8me de confusion avec les Liguliflores, car ses capitules <strong>ont des ligules<\/strong> \u2014 12 \u00e0 15 ligules jaune vif, rayonnantes, qui donnent \u00e0 chaque capitule l&rsquo;aspect d&rsquo;une petite marguerite jaune de 15 \u00e0 25 mm. C&rsquo;est l&rsquo;esp\u00e8ce que les d\u00e9butants confondent parfois avec un liondent ou une cr\u00e9pide en fleur.<\/p>\n<p><strong>Port et taille.<\/strong> Bisannuel \u00e0 vivace, de 30 \u00e0 100 cm. La tige est dress\u00e9e, stri\u00e9e, robuste, glabre ou avec des poils aran\u00e9eux \u00e9pars, ramifi\u00e9e au sommet en un corymbe dense et \u00e9tal\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Feuilles.<\/strong> Profond\u00e9ment pennatilob\u00e9es (pennatifides) \u2014 les lobes sont \u00e9troits, eux-m\u00eames lob\u00e9s ou dent\u00e9s, et le <strong>lobe terminal est arrondi et non nettement plus grand que les lat\u00e9raux<\/strong>. Cela donne \u00e0 la feuille un aspect r\u00e9guli\u00e8rement d\u00e9coup\u00e9, diff\u00e9rent de la feuille roncin\u00e9e du pissenlit (o\u00f9 le lobe terminal est triangulaire et dominant). Les feuilles basales sont p\u00e9tiol\u00e9es et souvent fan\u00e9es \u00e0 la floraison. Les caulinaires sont sessiles, semi-embrassantes.<\/p>\n<p><strong>Capitules.<\/strong> Nombreux (souvent 20 \u00e0 60), de 15 \u00e0 25 mm de diam\u00e8tre, en corymbe terminal dense et \u00e9tal\u00e9. Chaque capitule est radi\u00e9 : 12 \u00e0 15 ligules jaune vif en p\u00e9riph\u00e9rie et des fleurons tubuleux au centre. L&rsquo;involucre pr\u00e9sente un calicule de bract\u00e9oles courtes \u00e0 pointe noire.<\/p>\n<p><strong>Comment le distinguer d&rsquo;un Liguliflore :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 <strong>Le disque central<\/strong> : en regardant le capitule de face, on voit au centre un disque de fleurons tubuleux (petits tubes \u00e0 cinq lobes). Chez un vrai Liguliflore, il n&rsquo;y a pas de disque \u2014 tous les fleurons sont des ligules identiques du centre \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie.<br \/>\n\u2014 <strong>Le latex<\/strong> : cassez la tige \u2014 pas de suc laiteux. Tous les Liguliflores ont du latex blanc.<br \/>\n\u2014 <strong>Les bract\u00e9es \u00e0 pointe noire<\/strong> : un calicule de bract\u00e9oles courtes \u00e0 extr\u00e9mit\u00e9 noir\u00e2tre \u2014 caract\u00e9ristique de <em>Senecio<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 octobre.<\/p>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> prairies, p\u00e2turages, bords de routes, friches, dunes. Toute la France.<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 :<\/strong> le s\u00e9ne\u00e7on jacob\u00e9e contient des alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques h\u00e9patotoxiques, dangereux pour le b\u00e9tail (bovins et chevaux surtout). C&rsquo;est l&rsquo;une des plantes les plus toxiques des prairies europ\u00e9ennes \u2014 une information qui motive son identification correcte bien au-del\u00e0 de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat botanique.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FFF8E1;border-left:4px solid #C8A951;padding:0.8em 1.2em;margin:1.5em 0\">\n<p style=\"margin:0\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 diagnostique des s\u00e9ne\u00e7ons :<\/strong> <strong>pas de latex<\/strong> + capitules tubuleux (<em>S. vulgaris<\/em>) ou radi\u00e9s avec disque tubuleux central (<em>S. jacobaea<\/em>) + calicule \u00e0 bract\u00e9oles \u00e0 pointe noire + pappus de soies simples blanches soyeuses. Deux tests imm\u00e9diats : casser la tige (pas de latex) et regarder le centre du capitule (fleurons tubuleux).<\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s15\">XV. Cl\u00e9 dichotomique de terrain<\/h2>\n<p>Cette cl\u00e9 permet d&rsquo;identifier les onze genres et les dix-neuf esp\u00e8ces trait\u00e9es dans cet article. Elle utilise exclusivement des crit\u00e8res observables sur le terrain avec une loupe \u00d710. Suivez-la pas \u00e0 pas, en commen\u00e7ant par le num\u00e9ro 1.<\/p>\n<div style=\"background-color:#FAF6E9;border:1px solid #C8A951;border-radius:8px;padding:1.2em 1.5em;margin:2em 0;font-size:0.98em;line-height:1.7\">\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>1a.<\/strong> Tige cass\u00e9e : pas de latex blanc \u2192 <strong>2<\/strong> (Senecioneae)<\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>1b.<\/strong> Tige cass\u00e9e : latex blanc \u2192 <strong>3<\/strong> (Cichorieae)<\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>2a.<\/strong> Capitules sans ligules (tous les fleurons tubuleux) \u2192 <strong><em>Senecio vulgaris<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>2b.<\/strong> Capitules avec ligules p\u00e9riph\u00e9riques + disque tubuleux central \u2192 <strong><em>Senecio jacobaea<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>3a.<\/strong> Pappus absent (ak\u00e8nes nus) \u2192 <strong><em>Lapsana communis<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>3b.<\/strong> Pappus pr\u00e9sent \u2192 <strong>4<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>4a.<\/strong> Pappus de soies plumeuses (ramifi\u00e9es, visibles \u00e0 la loupe \u00d710) \u2192 <strong>5<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>4b.<\/strong> Pappus de soies simples (lisses, non ramifi\u00e9es) \u2192 <strong>9<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>5a.<\/strong> Tige feuill\u00e9e, dress\u00e9e, ramifi\u00e9e \u2192 <strong>6<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>5b.<\/strong> Rosette basale et hampes nues (sans feuilles caulinaires) \u2192 <strong>7<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>6a.<\/strong> Feuilles lin\u00e9aires engainantes ; bract\u00e9es en 1 rang d\u00e9passant les ligules ; sph\u00e8re de pappus g\u00e9ante (8-10 cm) \u2192 <strong><em>Tragopogon pratensis<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>6b.<\/strong> Feuilles lanc\u00e9ol\u00e9es dent\u00e9es, hispides ; poils de la tige crochus ou tubercul\u00e9s \u2192 <strong><em>Picris<\/em><\/strong> \u2192 <strong>8<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>7a.<\/strong> R\u00e9ceptacle avec des \u00e9cailles membraneuses entre les fleurons ; ak\u00e8nes longuement beak\u00e9s ; feuilles hispides coriaces \u2192 <strong><em>Hypochaeris radicata<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>7b.<\/strong> R\u00e9ceptacle nu ; ak\u00e8nes non ou peu beak\u00e9s ; feuilles souvent \u00e0 poils fourchus \u2192 <strong><em>Leontodon<\/em><\/strong> \u2192 aller en <strong>7c<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>7c.<\/strong> Hampe ramifi\u00e9e (2-5 capitules), p\u00e9doncules avec bract\u00e9oles, tous les ak\u00e8nes \u00e0 pappus plumeux \u2192 <strong><em>Leontodon autumnalis<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>7d.<\/strong> Hampe simple (1 capitule), pas de bract\u00e9oles, poils fourchus abondants, ak\u00e8nes p\u00e9riph\u00e9riques \u00e0 pappus d&rsquo;\u00e9cailles \u2192 <strong><em>Leontodon hispidus<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>8a.<\/strong> Bract\u00e9es externes du calicule tr\u00e8s grandes, ovales, foliac\u00e9es, \u00e9pineuses ; poils \u00e0 base tuberculeuse \u2192 <strong><em>Picris echioides<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>8b.<\/strong> Bract\u00e9es externes du calicule \u00e9troites, \u00e9tal\u00e9es ; poils \u00e0 sommet crochu (accrochent les v\u00eatements) \u2192 <strong><em>Picris hieracioides<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>9a.<\/strong> Rosette basale et hampe nue, sans tige feuill\u00e9e \u2192 <strong>10<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>9b.<\/strong> Tige feuill\u00e9e et ramifi\u00e9e \u2192 <strong>12<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>10a.<\/strong> Bract\u00e9es externes de l&rsquo;involucre <strong>r\u00e9fl\u00e9chies<\/strong> vers le bas ; ak\u00e8nes \u00e0 long bec ; hampe creuse non ramifi\u00e9e \u2192 <strong><em>Taraxacum officinale<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>10b.<\/strong> Bract\u00e9es imbriqu\u00e9es, non r\u00e9fl\u00e9chies ; soies du pappus cassantes, brun\u00e2tres \u2192 <strong>11<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>11a.<\/strong> Stolons rampants ; feuilles enti\u00e8res, blanc argent\u00e9 dessous ; capitule solitaire jaune p\u00e2le \u2192 <strong><em>Hieracium pilosella<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>11b.<\/strong> Pas de stolons ; feuilles dent\u00e9es\/lob\u00e9es \u00e0 base tronqu\u00e9e ou cord\u00e9e ; capitules en corymbe \u2192 <strong><em>Hieracium murorum<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>12a.<\/strong> Feuilles caulinaires \u00e0 base auricul\u00e9e-embrassante (oreillettes entourant la tige) \u2192 <strong>13<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>12b.<\/strong> Feuilles caulinaires non embrassantes ou faiblement sagitt\u00e9es \u2192 <strong>15<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>13a.<\/strong> Capitules tr\u00e8s petits (10-15 mm), tr\u00e8s nombreux en grande panicule ; seulement 5-12 ligules ; nervure m\u00e9diane \u00e9pineuse dessous ; feuilles souvent verticales \u2192 <strong><em>Lactuca serriola<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>13b.<\/strong> Capitules plus grands (15-50 mm) ; feuilles molles ou coriaces ; pas de nervure \u00e9pineuse \u2192 <strong><em>Sonchus<\/em><\/strong> \u2192 <strong>14<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>14a.<\/strong> Vivace \u00e0 rhizomes tra\u00e7ants ; capitules 40-50 mm ; p\u00e9doncules \u00e0 poils glanduleux jaunes \u2192 <strong><em>Sonchus arvensis<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>14b.<\/strong> Annuel ; feuilles vert glauque molles ; oreillettes aigu\u00ebs non enroul\u00e9es ; ak\u00e8nes rid\u00e9s transversalement \u2192 <strong><em>Sonchus oleraceus<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>14c.<\/strong> Annuel ; feuilles vert fonc\u00e9 brillant, \u00e9pineuses au toucher ; oreillettes arrondies et enroul\u00e9es ; ak\u00e8nes lisses \u2192 <strong><em>Sonchus asper<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>15a.<\/strong> Involucre tomenteux gris\u00e2tre ; bract\u00e9es internes car\u00e9n\u00e9es ; ak\u00e8nes \u00e0 13 c\u00f4tes ; base foliaire semi-embrassante non sagitt\u00e9e \u2192 <strong><em>Crepis biennis<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>15b.<\/strong> Involucre glabre ou peu poilu ; base foliaire sagitt\u00e9e \u2192 <strong>16<\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>16a.<\/strong> Capitules petits (10-15 mm) ; plante gr\u00eale ; ak\u00e8nes sans bec ; glabre \u2192 <strong><em>Crepis capillaris<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"margin:0.5em 0\"><strong>16b.<\/strong> Capitules plus grands (20-30 mm) ; involucre tomenteux ; ak\u00e8nes avec un bec net ; ligules souvent orang\u00e9es dessous \u2192 <strong><em>Crepis vesicaria<\/em><\/strong><\/p>\n<\/div>\n<h2 id=\"s16\">XVI. Les confusions classiques \u2014 qui prendre pour qui<\/h2>\n<p>Voici les paires et les groupes d&rsquo;esp\u00e8ces les plus fr\u00e9quemment confondus, avec les crit\u00e8res d\u00e9cisifs pour les d\u00e9partager.<\/p>\n<p><strong>Pissenlit ou cr\u00e9pide capillaire ?<\/strong> C&rsquo;est la confusion num\u00e9ro un. La cr\u00e9pide capillaire est plus commune que le pissenlit dans bien des pelouses d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Le crit\u00e8re imm\u00e9diat : le pissenlit n&rsquo;a <strong>jamais<\/strong> de tige feuill\u00e9e. Si la plante a une tige qui se ramifie et porte des feuilles \u2014 m\u00eame petites \u2014 c&rsquo;est une cr\u00e9pide. Confirmation : les bract\u00e9es externes du pissenlit sont r\u00e9fl\u00e9chies, celles de la cr\u00e9pide sont appliqu\u00e9es ou \u00e9tal\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Pissenlit ou liondent hispide ?<\/strong> Confusion fr\u00e9quente car les deux ont une rosette basale et un capitule solitaire sur une hampe nue. Le crit\u00e8re d\u00e9cisif : le pappus. \u00c0 la loupe, les soies du liondent sont plumeuses (ramifi\u00e9es), celles du pissenlit sont simples (lisses). En compl\u00e9ment : les feuilles du liondent portent des poils fourchus (en Y), celles du pissenlit sont glabres ou presque.<\/p>\n<p><strong>Liondent ou porcelle ?<\/strong> Les deux ont un pappus plumeux et des hampes nues. Le crit\u00e8re d\u00e9cisif : le r\u00e9ceptacle. Chez la porcelle, des \u00e9cailles membraneuses sont ins\u00e9r\u00e9es entre les ak\u00e8nes \u2014 on les voit en \u00e9cartant les fruits sur un capitule d\u00e9fleuri. Chez le liondent, le r\u00e9ceptacle est nu. En compl\u00e9ment : les hampes de la porcelle sont glabres et ramifi\u00e9es ; celles du liondent hispide sont simples et velues.<\/p>\n<p><strong>Porcelle ou \u00e9pervi\u00e8re piloselle ?<\/strong> Les deux ont des rosettes basales. Le crit\u00e8re d\u00e9cisif : le pappus. Chez la porcelle, il est plumeux ; chez l&rsquo;\u00e9pervi\u00e8re, il est de soies simples et cassantes. En compl\u00e9ment : la porcelle a des feuilles hispides vertes sur les deux faces ; l&rsquo;\u00e9pervi\u00e8re piloselle a des feuilles blanc argent\u00e9 dessous et des stolons rampants.<\/p>\n<p><strong>\u00c9pervi\u00e8re des murs ou cr\u00e9pide ?<\/strong> Les deux ont une tige feuill\u00e9e et des capitules en corymbe. Le crit\u00e8re d\u00e9cisif : le pappus \u2014 cassant et brun\u00e2tre chez l&rsquo;\u00e9pervi\u00e8re, souple et blanc chez la cr\u00e9pide. En compl\u00e9ment : l&rsquo;involucre de l&rsquo;\u00e9pervi\u00e8re est couvert de poils glanduleux noir\u00e2tres (aspect sombre) ; celui de la cr\u00e9pide capillaire est glabre et vert.<\/p>\n<p><strong>Laiteron ou cr\u00e9pide ?<\/strong> Les deux ont une tige feuill\u00e9e et des capitules en corymbe. Le crit\u00e8re d\u00e9cisif : la base des feuilles caulinaires. Chez le laiteron, les feuilles ont des oreillettes d\u00e9velopp\u00e9es qui embrassent la tige. Chez la cr\u00e9pide, la base est au plus sagitt\u00e9e (deux petites pointes) mais jamais auricul\u00e9e-embrassante. En compl\u00e9ment : le laiteron est nettement plus robuste et charnu.<\/p>\n<p><strong>Laiteron ou laitue sauvage ?<\/strong> Les deux sont grands, \u00e0 tige robuste, \u00e0 feuilles embrassantes et \u00e0 latex abondant. Le crit\u00e8re d\u00e9cisif : le nombre de ligules par capitule. La laitue sauvage n&rsquo;a que 5 \u00e0 12 ligules par capitule (capitules tr\u00e8s petits, 10-15 mm) ; le laiteron en a bien plus (capitules plus grands, 15-50 mm). En compl\u00e9ment : la nervure m\u00e9diane de la laitue porte des aiguillons dessous ; celle du laiteron est lisse.<\/p>\n<p><strong>Picride fausse-\u00e9pervi\u00e8re ou \u00e9pervi\u00e8re des murs ?<\/strong> Le nom m\u00eame de <em>Picris hieracioides<\/em> dit tout : elle imite une \u00e9pervi\u00e8re. Le crit\u00e8re d\u00e9cisif : le pappus \u2014 plumeux chez la picride, de soies simples cassantes chez l&rsquo;\u00e9pervi\u00e8re. Le crit\u00e8re tactile : passez la main sur la tige \u2014 si \u00e7a accroche (poils crochus), c&rsquo;est la picride.<\/p>\n<p><strong>S\u00e9ne\u00e7on jacob\u00e9e ou liondent d&rsquo;automne ?<\/strong> Les deux ont des capitules jaunes multiples et sont fr\u00e9quents dans les m\u00eames prairies d&rsquo;\u00e9t\u00e9-automne. Le crit\u00e8re d\u00e9cisif : regardez le centre du capitule. Chez le s\u00e9ne\u00e7on, vous voyez un disque de fleurons tubuleux entour\u00e9s de ligules ; chez le liondent, tous les fleurons sont des ligules. Confirmation : cassez la tige \u2014 le liondent a du latex, pas le s\u00e9ne\u00e7on.<\/p>\n<p><strong>S\u00e9ne\u00e7on jacob\u00e9e ou cr\u00e9pide v\u00e9siculeuse ?<\/strong> M\u00eame diagnostic : le centre du capitule du s\u00e9ne\u00e7on montre un disque tubuleux ; celui de la cr\u00e9pide est enti\u00e8rement ligul\u00e9. Et la tige de la cr\u00e9pide exsude du latex, pas celle du s\u00e9ne\u00e7on.<\/p>\n<h2 id=\"s17\">XVII. Ph\u00e9nologie \u2014 qui fleurit quand ?<\/h2>\n<p>Savoir quand chaque esp\u00e8ce fleurit aide \u00e0 r\u00e9duire les possibilit\u00e9s avant m\u00eame de toucher la plante. Voici un calendrier synth\u00e9tique pour la France de plaine.<\/p>\n<p><strong>Floraisons pr\u00e9coces (mars-avril) :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 <em>Taraxacum officinale<\/em> : pic de floraison en avril, souvent d\u00e8s mars<br \/>\n\u2014 <em>Senecio vulgaris<\/em> : toute l&rsquo;ann\u00e9e, y compris en hiver doux<br \/>\n\u2014 <em>Sonchus oleraceus<\/em> : d\u00e8s mars dans le sud<br \/>\n\u2014 <em>Crepis vesicaria<\/em> : d\u00e8s avril<\/p>\n<p><strong>Floraisons printani\u00e8res (mai-juin) :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 <em>Crepis capillaris<\/em> : \u00e0 partir de mai (pic en juin-juillet)<br \/>\n\u2014 <em>Crepis biennis<\/em> : mai \u00e0 juillet<br \/>\n\u2014 <em>Leontodon hispidus<\/em> : mai \u00e0 ao\u00fbt<br \/>\n\u2014 <em>Hypochaeris radicata<\/em> : \u00e0 partir de mai<br \/>\n\u2014 <em>Hieracium pilosella<\/em> : mai \u00e0 ao\u00fbt<br \/>\n\u2014 <em>Hieracium murorum<\/em> : mai \u00e0 juillet<br \/>\n\u2014 <em>Tragopogon pratensis<\/em> : mai \u00e0 juillet<br \/>\n\u2014 <em>Lapsana communis<\/em> : \u00e0 partir de juin<\/p>\n<p><strong>Floraisons estivales et tardives (juillet-octobre) :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 <em>Leontodon autumnalis<\/em> : juin \u00e0 octobre (pic en ao\u00fbt-septembre)<br \/>\n\u2014 <em>Sonchus arvensis<\/em> : juillet \u00e0 octobre<br \/>\n\u2014 <em>Picris hieracioides<\/em> : juin \u00e0 octobre<br \/>\n\u2014 <em>Picris echioides<\/em> : juin \u00e0 octobre<br \/>\n\u2014 <em>Lactuca serriola<\/em> : juillet \u00e0 septembre<br \/>\n\u2014 <em>Senecio jacobaea<\/em> : juin \u00e0 octobre<\/p>\n<p>Certaines esp\u00e8ces ont une p\u00e9riode de floraison tr\u00e8s \u00e9tal\u00e9e (<em>Senecio vulgaris<\/em>, <em>Sonchus oleraceus<\/em>, <em>Crepis capillaris<\/em>) qui les rend \u00ab toujours pr\u00e9sentes \u00bb. D&rsquo;autres sont nettement saisonni\u00e8res : <em>Tragopogon pratensis<\/em> ne fleurit quasiment qu&rsquo;en mai-juin, <em>Leontodon autumnalis<\/em> est absent au printemps. Cette saisonnalit\u00e9 est un indice compl\u00e9mentaire utile.<\/p>\n<h2 id=\"s18\">XVIII. Conseils pratiques et mat\u00e9riel de terrain<\/h2>\n<p><strong>La loupe \u00d710.<\/strong> C&rsquo;est l&rsquo;outil indispensable. Sans elle, il est impossible de distinguer un pappus simple d&rsquo;un pappus plumeux, des poils fourchus de poils simples, ou des poils glanduleux de poils ordinaires. Une loupe de botaniste \u00d710, achromate, en m\u00e9tal, co\u00fbte entre 10 et 30 euros et dure toute une vie. C&rsquo;est l&rsquo;investissement le plus rentable de la botanique de terrain. Les loupes pliantes \u00d710 \u00e0 \u00d720 en laiton (type \u00ab loupe de g\u00e9ologue \u00bb) sont les plus pratiques.<\/p>\n<p><strong>Quand examiner le pappus.<\/strong> Le pappus est le crit\u00e8re num\u00e9ro un \u2014 mais il n&rsquo;est visible que sur les ak\u00e8nes m\u00fbrs ou en cours de maturation. Sur une plante en pleine fleur, les ak\u00e8nes ne sont pas encore form\u00e9s et le pappus n&rsquo;est pas visible. La solution : cherchez sur la m\u00eame plante (ou sur une plante voisine de la m\u00eame esp\u00e8ce) des capitules d\u00e9fleuris ou en fruit \u2014 il y en a presque toujours. Les capitules les plus anciens, en bas de la tige ou au centre du corymbe, sont souvent d\u00e9j\u00e0 en fruit quand les capitules sup\u00e9rieurs sont encore en fleur.<\/p>\n<p><strong>Le test du latex.<\/strong> Cassez un morceau de tige ou d\u00e9chirez une feuille. Le latex \u2014 un suc blanc, laiteux, collant \u2014 appara\u00eet en quelques secondes. Chez les Liguliflores, il est toujours pr\u00e9sent (plus ou moins abondant selon les genres). Chez les s\u00e9ne\u00e7ons, il est absent : la cassure est s\u00e8che ou exsude un suc aqueux verd\u00e2tre, jamais blanc laiteux.<\/p>\n<p><strong>Le test du r\u00e9ceptacle.<\/strong> Pour v\u00e9rifier la pr\u00e9sence d&rsquo;\u00e9cailles sur le r\u00e9ceptacle (crit\u00e8re de <em>Hypochaeris<\/em>), il faut un capitule d\u00e9fleuri. \u00c9cartez les ak\u00e8nes avec la pointe d&rsquo;un couteau ou d&rsquo;une aiguille : si des petites languettes membraneuses translucides sont ins\u00e9r\u00e9es entre eux, ce sont les \u00e9cailles (paillettes). Chez tous les autres genres de ce guide, le r\u00e9ceptacle est nu \u2014 lisse et cribl\u00e9 de petites alv\u00e9oles (les points d&rsquo;insertion des fleurons).<\/p>\n<p><strong>Le test tactile des picrides.<\/strong> Passez la main le long de la tige, de bas en haut. Si la tige accroche comme du velcro (poils \u00e0 sommet crochu), c&rsquo;est <em>Picris hieracioides<\/em>. Si elle est couverte de pustules blanches rugueuses au toucher, c&rsquo;est <em>Picris echioides<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Le comptage des ligules.<\/strong> Chez la plupart des esp\u00e8ces, le nombre de ligules ne sert pas \u00e0 la d\u00e9termination. Mais un capitule avec seulement 5 \u00e0 12 ligules signe imm\u00e9diatement <em>Lactuca serriola<\/em> \u2014 les autres esp\u00e8ces en ont toutes au moins 15 \u00e0 20.<\/p>\n<p><strong>Le carnet de terrain.<\/strong> Pour chaque plante examin\u00e9e, notez : la date, le lieu, la taille de la plante, le type de tige (feuill\u00e9e ou hampe nue), la pilosit\u00e9 (glabre, poils simples, fourchus, glanduleux, crochus), la base des feuilles caulinaires, la taille du capitule, le type de pappus, la pr\u00e9sence de latex, la pr\u00e9sence d&rsquo;\u00e9cailles sur le r\u00e9ceptacle. Ces sept informations suffisent \u00e0 d\u00e9terminer le genre, et souvent l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p><strong>Ne pas se fier \u00e0 la couleur du jaune.<\/strong> La nuance de jaune (p\u00e2le, vif, orang\u00e9) varie consid\u00e9rablement au sein d&rsquo;une m\u00eame esp\u00e8ce selon l&rsquo;\u00e2ge de la fleur, l&rsquo;exposition au soleil et les conditions du sol. Ce n&rsquo;est jamais un crit\u00e8re fiable pour la d\u00e9termination au genre, et rarement pour l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p><strong>Ne pas se fier \u00e0 la taille de la plante.<\/strong> Un pissenlit de trottoir peut mesurer 5 cm ; un pissenlit de prairie grasse peut atteindre 40 cm. Un <em>Sonchus oleraceus<\/em> peut \u00eatre un avorton de 15 cm ou un g\u00e9ant de 120 cm. La taille est un compl\u00e9ment, jamais un crit\u00e8re d\u00e9cisif.<\/p>\n<h2 id=\"s19\">XIX. Bibliographie<\/h2>\n<p><strong>Flores de d\u00e9termination :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Tison J.-M. &amp; de Foucault B. (dir.), <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>, Biotope \u00c9ditions, M\u00e8ze, 2014. La r\u00e9f\u00e9rence pour la flore fran\u00e7aise compl\u00e8te, y compris les cl\u00e9s de d\u00e9termination des <em>Crepis<\/em>, <em>Hieracium<\/em>, <em>Leontodon<\/em>, etc.<\/p>\n<p>\u2014 Bonnier G. &amp; de Layens G., <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin (r\u00e9\u00e9ditions). Cl\u00e9s simples, accessibles au d\u00e9butant, avec planches en couleur.<\/p>\n<p>\u2014 Tison J.-M., Jauzein P. &amp; Michaud H., <em>Flore de la France m\u00e9diterran\u00e9enne continentale<\/em>, Naturalia Publications, 2014. Indispensable pour le sud de la France.<\/p>\n<p><strong>Ouvrages sp\u00e9cialis\u00e9s sur les Ast\u00e9rac\u00e9es :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Sell P.D. &amp; Murrell G., <em>Flora of Great Britain and Ireland<\/em>, vol. 4 (Campanulaceae\u2013Asteraceae), Cambridge University Press, 2006. Traitement d\u00e9taill\u00e9 des Cichorieae avec cl\u00e9s et descriptions.<\/p>\n<p>\u2014 Kilian N., Gemeinholzer B. &amp; Grund C., \u00ab Cichorieae \u00bb, in Funk V.A. et al. (eds), <em>Systematics, Evolution, and Biogeography of Compositae<\/em>, IAPT, 2009. Synth\u00e8se phylog\u00e9n\u00e9tique et morphologique de la tribu.<\/p>\n<p><strong>Guides de terrain :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Streeter D. et al., <em>Guide Delachaux des fleurs de France et d&rsquo;Europe<\/em>, Delachaux et Niestl\u00e9, 2011. Illustrations de qualit\u00e9 et cl\u00e9s simplifi\u00e9es.<\/p>\n<p>\u2014 Eggenberg S. &amp; M\u00f6hl A., <em>Flora Vegetativa \u2014 Un guide pour d\u00e9terminer les plantes de Suisse \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif<\/em>, Haupt, 2013. Indispensable pour identifier les compos\u00e9es en l&rsquo;absence de fleurs.<\/p>\n<p><strong>Ressources en ligne :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Tela Botanica (tela-botanica.org) : base de donn\u00e9es de la flore fran\u00e7aise, avec fiches esp\u00e8ces, photographies et forums d&rsquo;identification.<\/p>\n<p>\u2014 GBIF (gbif.org) : donn\u00e9es de r\u00e9partition g\u00e9ographique.<\/p>\n<p>\u2014 InfoFlora (infoflora.ch) : fiches \u00e9cologiques d\u00e9taill\u00e9es, valeurs d&rsquo;Ellenberg.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elles sont partout. Dans les pelouses, sur les talus, au bord des chemins, dans les friches, entre les dalles du trottoir. 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