{"id":1122,"date":"2026-03-26T11:36:11","date_gmt":"2026-03-26T10:36:11","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/circee-de-paris\/"},"modified":"2026-06-24T17:41:21","modified_gmt":"2026-06-24T15:41:21","slug":"circee-de-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/circee-de-paris\/","title":{"rendered":"CIRC\u00c9E DE PARIS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Circ%C3%A9e%20de%20Paris.jpg\" alt=\"Planche botanique Circ\u00e9e de Paris\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Circaea lutetiana<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille (classification morphologique traditionnelle) : Onagraceae (Onagrac\u00e9es).<\/p>\n<p>La circ\u00e9e de Paris est l\u2019une des plantes les plus communes \u2014 et les plus discr\u00e8tes \u2014 des sous-bois frais de l\u2019Europe temp\u00e9r\u00e9e. Sa floraison minuscule, blanche et sans \u00e9clat, la fait passer inaper\u00e7ue, alors qu\u2019elle tapisse parfois des pans entiers de h\u00eatraies et de ch\u00eanaies ombrag\u00e9es. Cette banalit\u00e9 de terrain contraste avec un nom charg\u00e9 de mythologie : <em>Circaea<\/em> renvoie \u00e0 Circ\u00e9, l\u2019enchanteresse de l\u2019Odyss\u00e9e, et la tradition anglaise la nomme encore \u00ab morelle de l\u2019enchanteur \u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant, derri\u00e8re ce nom magique, la plante n\u2019a rien d\u2019une esp\u00e8ce toxique ni d\u2019une grande plante m\u00e9dicinale. Son int\u00e9r\u00eat est d\u2019abord botanique et \u00e9cologique : sciaphilie extr\u00eame, dispersion par fruits crochus, valeur d\u2019indicatrice des sols forestiers riches. Sur le plan pharmacognosique, elle illustre un cas fr\u00e9quent et instructif \u2014 celui d\u2019une plante au profil chimique coh\u00e9rent (tanins ellagiques, flavono\u00efdes) mais sans usage m\u00e9dicinal \u00e9tabli, qu\u2019il faut d\u00e9crire avec exactitude plut\u00f4t que parer de vertus qu\u2019elle n\u2019a pas.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Myrtales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Onagraceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Circaea<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Circaea lutetiana<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> circ\u00e9e de Paris, circ\u00e9e commune, herbe aux sorci\u00e8res, herbe de Circ\u00e9, herbe enchant\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Remarque taxonomique :<\/strong> le genre <em>Circaea<\/em> ne compte qu\u2019environ sept esp\u00e8ces, disjointes entre l\u2019Eurasie et l\u2019Am\u00e9rique du Nord (nombre chromosomique 2n = 22). Le nom de genre honore <strong>Circ\u00e9<\/strong>, fille d\u2019H\u00e9lios, en raison de la r\u00e9putation magique anciennement pr\u00eat\u00e9e \u00e0 la plante ; l\u2019\u00e9pith\u00e8te <em>lutetiana<\/em> renvoie \u00e0 <em>Lutetia<\/em>, nom latin de Paris, sans que l\u2019esp\u00e8ce soit pour autant propre \u00e0 cette r\u00e9gion. Malgr\u00e9 le nom anglais <em>enchanter\u2019s nightshade<\/em>, la circ\u00e9e n\u2019a aucune parent\u00e9 avec les morelles (Solanaceae) : elle appartient bien aux Onagrac\u00e9es, aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019onagre et du fuchsia.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace de 20 \u00e0 60 cm, \u00e0 <strong>rhizome<\/strong> gr\u00eale, rampant, blanc et ramifi\u00e9, formant des colonies \u00e9tendues. La <strong>tige<\/strong> est dress\u00e9e, simple ou peu ramifi\u00e9e, cylindrique, l\u00e9g\u00e8rement pubescente, souvent rouge\u00e2tre \u00e0 la base. Les <strong>feuilles<\/strong> sont oppos\u00e9es, ovales \u00e0 ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es (5 \u00e0 12 cm), acumin\u00e9es, finement dent\u00e9es, \u00e0 base arrondie ou un peu cord\u00e9e, p\u00e9tiol\u00e9es, vert sombre dessus et plus p\u00e2les dessous, pubescentes sur les nervures.<\/p>\n<p>L\u2019<strong>inflorescence<\/strong> est une grappe terminale simple et allong\u00e9e (5 \u00e0 15 cm), sans bract\u00e9es. Les <strong>fleurs<\/strong>, tr\u00e8s petites (4 \u00e0 6 mm), blanches \u00e0 rose p\u00e2le, pr\u00e9sentent une formule remarquable : 2 s\u00e9pales r\u00e9fl\u00e9chis, 2 p\u00e9tales profond\u00e9ment bifides, 2 \u00e9tamines et un ovaire inf\u00e8re \u00e0 2 loges. Le <strong>fruit<\/strong> est une capsule piriforme de 3 \u00e0 4 mm, ind\u00e9hiscente, h\u00e9riss\u00e9e de <strong>poils crochus<\/strong> blancs assurant la dispersion par accrochage (\u00e9pizoochorie), et contenant 1 \u00e0 2 graines.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 ao\u00fbt<\/li>\n<li><strong>Pollinisation :<\/strong> entomophile (petits dipt\u00e8res, syrphes), avec autopollinisation fr\u00e9quente<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> sous-bois de for\u00eats feuillues et mixtes, haies, lisi\u00e8res et berges ombrag\u00e9es, parcs et jardins frais ; esp\u00e8ce nettement sciaphile, parmi les plus tol\u00e9rantes \u00e0 l\u2019ombre de la flore europ\u00e9enne, sur sols frais, humif\u00e8res, riches, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale (Europe, Asie temp\u00e9r\u00e9e, Afrique du Nord, naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord) ; tr\u00e8s commune dans toute la France, de la plaine \u00e0 l\u2019\u00e9tage montagnard (0 \u00e0 1 500 m)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Feuilles (usage populaire externe, marginal)<\/li>\n<li>Partie a\u00e9rienne fleurie (observation et d\u00e9termination)<\/li>\n<li>Rhizome (int\u00e9r\u00eat biologique, dispersion v\u00e9g\u00e9tative)<\/li>\n<\/ul>\n<p>La circ\u00e9e n\u2019a pas de drogue officinale au sens pharmaceutique. Dans les usages populaires anciens, ce sont les <strong>feuilles fra\u00eeches<\/strong> qui \u00e9taient employ\u00e9es, en application externe. La plante rel\u00e8ve donc davantage de la botanique de terrain et de l\u2019\u00e9cologie que de la mati\u00e8re m\u00e9dicale proprement dite.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es phytochimiques propres \u00e0 <em>Circaea lutetiana<\/em> restent limit\u00e9es ; les analyses disponibles dessinent n\u00e9anmoins un profil coh\u00e9rent, domin\u00e9 par les tanins et les compos\u00e9s ph\u00e9noliques, sans aucun alcalo\u00efde toxique.<\/p>\n<h3>A. Tanins<\/h3>\n<ul>\n<li>Tanins galliques<\/li>\n<li>Tanins ellagiques (acide ellagique libre et combin\u00e9)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ils conf\u00e8rent \u00e0 la plante son astringence et constituent la fraction la plus caract\u00e9ristique de son profil.<\/p>\n<h3>B. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/li>\n<li>kaempf\u00e9rol, myric\u00e9tine et leurs h\u00e9t\u00e9rosides<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ils soutiennent la lecture antioxydante du profil, commune \u00e0 de nombreuses Onagrac\u00e9es.<\/p>\n<h3>C. Acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<ul>\n<li>acide gallique<\/li>\n<li>acide ellagique<\/li>\n<li>acide caf\u00e9ique<\/li>\n<\/ul>\n<h3>D. Triterp\u00e8nes et st\u00e9rols<\/h3>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a>, acide ol\u00e9anolique<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h3>E. Mucilages et polysaccharides<\/h3>\n<p>Pr\u00e9sents notamment dans les rhizomes. L\u2019<strong>absence d\u2019<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> toxiques<\/strong> est notable : sur le plan chimique, la circ\u00e9e est bien plus proche des Onagrac\u00e9es comestibles (onagre, fuchsia) que des Solanaceae, contrairement \u00e0 ce que son nom anglais laisse croire.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 astringente :<\/strong> attribu\u00e9e aux tanins galliques et ellagiques (pr\u00e9cipitation des prot\u00e9ines de surface), coh\u00e9rente avec l\u2019usage externe traditionnel sur plaies et irritations.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> li\u00e9e aux flavono\u00efdes et acides ph\u00e9noliques (donn\u00e9e in vitro g\u00e9n\u00e9rale aux compos\u00e9s, non sp\u00e9cifique \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce).<\/li>\n<li><strong>Pistes signal\u00e9es sur l\u2019acide ellagique et l\u2019acide ursolique :<\/strong> propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et antiprolif\u00e9ratives d\u00e9crites pour ces mol\u00e9cules isol\u00e9es dans la litt\u00e9rature, sans aucune \u00e9tude conduite sur la circ\u00e9e elle-m\u00eame.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces m\u00e9canismes sont d\u00e9duits de la composition et de donn\u00e9es portant sur des mol\u00e9cules isol\u00e9es, non d\u2019une pharmacologie propre \u00e0 la plante. Ils doivent donc \u00eatre lus comme un potentiel chimique, et non comme une activit\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e de <em>C. lutetiana<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Il n\u2019existe <strong>aucune donn\u00e9e clinique humaine<\/strong> concernant la circ\u00e9e de Paris, ni aucune \u00e9tude pharmacologique sp\u00e9cifique \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e et n\u2019a fait l\u2019objet d\u2019aucune monographie officielle.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Usage retenu :<\/strong> uniquement traditionnel et externe (vuln\u00e9raire), sans validation exp\u00e9rimentale.<\/li>\n<li><strong>Niveau de preuve :<\/strong> nul sur le plan clinique ; l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019esp\u00e8ce est botanique, \u00e9cologique et historique, non th\u00e9rapeutique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette absence de donn\u00e9es n\u2019est pas un d\u00e9faut de la fiche mais un fait \u00e0 \u00e9noncer clairement : pr\u00e9senter la circ\u00e9e comme une plante m\u00e9dicinale serait une survalorisation infond\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acide ellagique<\/td>\n<td>Tanin ellagique<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant (donn\u00e9e sur mol\u00e9cule isol\u00e9e)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide gallique<\/td>\n<td>Tanin gallique<\/td>\n<td>Astringent, antimicrobien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">Querc\u00e9tine<\/a><\/td>\n<td>Flavonol<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">Acide ursolique<\/a><\/td>\n<td>Triterp\u00e8ne<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire (donn\u00e9e sur mol\u00e9cule isol\u00e9e)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/td>\n<td>Phytost\u00e9rol<\/td>\n<td>Constituant de fond<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Cataplasme de feuilles fra\u00eeches :<\/strong> feuilles \u00e9cras\u00e9es appliqu\u00e9es sur plaies, coupures et inflammations (usage populaire ancien).<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction de feuilles :<\/strong> en lavages externes sur dermatoses et irritations cutan\u00e9es (tradition r\u00e9gionale).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Aucune posologie n\u2019est \u00e9tablie et aucune forme gal\u00e9nique moderne n\u2019existe. Ces emplois rel\u00e8vent du t\u00e9moignage ethnobotanique, non d\u2019une pratique recommand\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<ul>\n<li>Plante <strong>non toxique<\/strong> ; aucun alcalo\u00efde dangereux identifi\u00e9, malgr\u00e9 le nom trompeur de \u00ab morelle de l\u2019enchanteur \u00bb.<\/li>\n<li>Jeunes feuilles r\u00e9put\u00e9es comestibles ; aucun cas d\u2019intoxication rapport\u00e9.<\/li>\n<li>\u00c0 forte dose, les tanins pourraient occasionner une irritation gastrique.<\/li>\n<li>Aucune contre-indication ni interaction connue.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La confusion de nom avec les Solanaceae n\u2019a aucun fondement botanique ni toxicologique : il convient simplement de ne pas se fier au nom vernaculaire anglais.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L\u2019histoire de la circ\u00e9e est avant tout celle d\u2019un nom. <strong>Circ\u00e9<\/strong> (\u039a\u03af\u03c1\u03ba\u03b7), fille d\u2019H\u00e9lios et enchanteresse de l\u2019Odyss\u00e9e, transformait par ses plantes les compagnons d\u2019Ulysse ; la circ\u00e9e passait pour l\u2019une de ces herbes magiques, entrant dans les philtres et les enchantements. Le nom <em>enchanter\u2019s nightshade<\/em> a perp\u00e9tu\u00e9 cette aura, et Linn\u00e9 a conserv\u00e9 l\u2019appellation <em>Circaea<\/em> h\u00e9rit\u00e9e des botanistes de la Renaissance.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, l\u2019\u00ab herbe aux sorci\u00e8res \u00bb a surtout servi de <strong>vuln\u00e9raire<\/strong> : feuilles \u00e9cras\u00e9es sur les plaies, cataplasmes sur les inflammations en Angleterre, lavages d\u00e9coct\u00e9s contre les irritations cutan\u00e9es en France. L\u2019esp\u00e8ce n\u2019a jamais figur\u00e9 dans les pharmacop\u00e9es officielles : son usage est rest\u00e9 domestique et marginal, plus li\u00e9 \u00e0 la symbolique qu\u2019\u00e0 une efficacit\u00e9 reconnue.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La circ\u00e9e de Paris est un bel exemple de plante dont la valeur ne se mesure pas \u00e0 l\u2019aune de la mati\u00e8re m\u00e9dicale. Son profil chimique \u2014 tanins ellagiques et galliques, flavono\u00efdes, acide ursolique, \u03b2-sitost\u00e9rol \u2014 est coh\u00e9rent et plut\u00f4t favorable, mais il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 traduit en usage th\u00e9rapeutique valid\u00e9 : pas de pharmacologie propre, pas de donn\u00e9e clinique, pas de monographie.<\/p>\n<p>Son int\u00e9r\u00eat v\u00e9ritable est ailleurs : sciaphilie remarquable, dispersion \u00e9pizoochore par fruits crochus, statut d\u2019indicatrice des sols forestiers riches et frais, et un h\u00e9ritage mythologique unique dans la flore europ\u00e9enne. D\u00e9crite honn\u00eatement, la circ\u00e9e rappelle qu\u2019une plante peut \u00eatre \u00e0 la fois tr\u00e8s commune, chimiquement int\u00e9ressante et sans vertu m\u00e9dicinale \u00e9tablie \u2014 et que la rigueur consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 le dire.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Circaea%20lutetiana\">Plants of the World Online, Kew : <em>Circaea lutetiana<\/em><\/a> \u2014 nom accept\u00e9, synonymie et r\u00e9partition.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Circaea+lutetiana\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Circaea lutetiana<\/em><\/a> \u2014 r\u00e9partition et nomenclature francophones.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. \u2014 <em>Flora Gallica. Flore de France<\/em>, Biotope \u00e9ditions \u2014 traitement du genre <em>Circaea<\/em>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/?term=Circaea+lutetiana\">Litt\u00e9rature index\u00e9e sur PubMed : <em>Circaea lutetiana<\/em><\/a> \u2014 donn\u00e9es phytochimiques et \u00e9cologiques.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Circaea lutetiana L. Famille (classification morphologique traditionnelle) : Onagraceae (Onagrac\u00e9es). 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