{"id":1137,"date":"2026-03-26T11:36:30","date_gmt":"2026-03-26T10:36:30","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ophrys-abeille\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"ophrys-abeille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ophrys-abeille\/","title":{"rendered":"OPHRYS ABEILLE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Ophrys%20abeille.jpg\" alt=\"Planche botanique Ophrys abeille\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>ophrys abeille<\/strong> (<em>Ophrys apifera<\/em> Huds.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Orchidaceae<\/strong>, sous-famille des Orchidoideae, tribu des Orchideae. Le genre <em>Ophrys<\/em> comprend environ 250 \u00e0 300 esp\u00e8ces (nombre tr\u00e8s variable selon les concepts taxonomiques), principalement r\u00e9parties dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en et l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e. Le nombre chromosomique est 2n = 36. Le nom <em>Ophrys<\/em> d\u00e9rive du grec <em>ophrys<\/em> (sourcil), r\u00e9f\u00e9rence ancienne dont le lien avec la plante est obscur. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>apifera<\/em> signifie \u00ab qui porte des abeilles \u00bb (latin <em>apis<\/em>, abeille, et <em>fera<\/em>, qui porte), le labelle imitant l&rsquo;abdomen d&rsquo;une abeille. Noms vernaculaires : ophrys abeille, orchis abeille. En anglais : <em>bee orchid<\/em>. Cette orchid\u00e9e est c\u00e9l\u00e8bre pour son <strong>mim\u00e9tisme sexuel<\/strong> : le labelle imite l&rsquo;apparence et l&rsquo;odeur d&rsquo;un insecte femelle pour attirer les m\u00e2les pollinisateurs.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace g\u00e9ophyte de 15 \u00e0 50 cm. <strong>Tubercules<\/strong> : 2 tubercules ovo\u00efdes, l&rsquo;un en activit\u00e9, l&rsquo;autre en formation pour l&rsquo;ann\u00e9e suivante. <strong>Tige<\/strong> dress\u00e9e, glabre, cylindrique. <strong>Feuilles<\/strong> basales en rosette, 3 \u00e0 7, oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 5 \u00e0 15 cm, vert clair, apparaissant \u00e0 l&rsquo;automne et persistant jusqu&rsquo;\u00e0 la floraison ; les caulinaires r\u00e9duites, engainantes. <strong>Inflorescence<\/strong> : \u00e9pi l\u00e2che de 2 \u00e0 10 fleurs. <strong>Fleurs<\/strong> grandes et spectaculaires : 3 s\u00e9pales \u00e9tal\u00e9s, roses \u00e0 blancs (parfois verd\u00e2tres), de 10 \u00e0 15 mm, les lat\u00e9raux plus grands que le dorsal ; 2 p\u00e9tales lat\u00e9raux tr\u00e8s petits (3-5 mm), triangulaires, verd\u00e2tres \u00e0 brun\u00e2tres, pubescents. <strong>Labelle<\/strong> trilob\u00e9, convexe, de 10 \u00e0 14 mm, velout\u00e9, brun fonc\u00e9 bord\u00e9 de jaune-verd\u00e2tre, \u00e0 motif en forme de H ou de U (speculum) ; lobes lat\u00e9raux en forme de gibbosit\u00e9s velues ; lobe m\u00e9dian repli\u00e9 sous le labelle, termin\u00e9 par un appendice verd\u00e2tre point\u00e9 vers l&rsquo;avant. <strong>Gynost\u00e8me<\/strong> allong\u00e9, \u00e0 bec effil\u00e9 ; pollinies 2, sur caudicules longs. <strong>Particularit\u00e9<\/strong> : les caudicules se dess\u00e8chent rapidement, provoquant la chute des pollinies sur le stigmate, permettant l&rsquo;<strong>autopollinisation<\/strong> (autogamie syst\u00e9matique en Europe du Nord). <strong>Floraison<\/strong> : mai \u00e0 juillet.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>euro-m\u00e9diterran\u00e9enne<\/strong>. R\u00e9partie de l&rsquo;Irlande et de l&rsquo;Angleterre au bassin m\u00e9diterran\u00e9en, \u00e0 l&rsquo;Asie Mineure et au Caucase. En France, pr\u00e9sente dans presque toutes les r\u00e9gions, de la plaine au montagnard (0 \u00e0 1 500 m), plus fr\u00e9quente dans le centre, l&rsquo;ouest et le sud. C&rsquo;est l&rsquo;un des ophrys les plus r\u00e9pandus en France. L&rsquo;esp\u00e8ce est en expansion notable vers le nord (Angleterre, Belgique, Pays-Bas), probablement favoris\u00e9e par le r\u00e9chauffement climatique et sa capacit\u00e9 d&rsquo;autopollinisation (ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des pollinisateurs). Les populations sont souvent impr\u00e9visibles, apparaissant soudainement dans des stations nouvelles puis disparaissant apr\u00e8s quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>Pelouses calcaires<\/strong>, <strong>prairies maigres<\/strong>, <strong>friches calcaires<\/strong>, <strong>talus routiers<\/strong>, <strong>dunes fix\u00e9es<\/strong>, <strong>garrigues ouvertes<\/strong>, <strong>cimeti\u00e8res<\/strong>, <strong>pelouses urbaines<\/strong>. L&rsquo;ophrys abeille est calcicole, h\u00e9liophile et thermophile. Les sols sont calcaires, secs \u00e0 frais, bien drain\u00e9s, pauvres en nutriments. L&rsquo;esp\u00e8ce est pionni\u00e8re et colonise facilement les milieux perturb\u00e9s (carri\u00e8res, remblais, bordures de routes). Elle appartient aux communaut\u00e9s des Festuco-Brometea (pelouses calcicoles) et des Mesobromion (prairies maigres). La pollinisation est un cas remarquable de <strong>pseudocopulation<\/strong> : dans les populations m\u00e9diterran\u00e9ennes, le labelle imite l&rsquo;apparence visuelle et les ph\u00e9romones sexuelles d&rsquo;hym\u00e9nopt\u00e8res femelles (<em>Eucera<\/em> spp.), attirant les m\u00e2les qui tentent de s&rsquo;accoupler avec la fleur et transportent ainsi les pollinies. En Europe du Nord, l&rsquo;autopollinisation est syst\u00e9matique, les pollinisateurs sp\u00e9cifiques \u00e9tant absents. La germination d\u00e9pend d&rsquo;une symbiose mycorhizienne.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es phytochimiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>O. apifera<\/em> sont limit\u00e9es. Les analyses des Orchidaceae europ\u00e9ennes et du genre <em>Ophrys<\/em> permettent de dresser le profil suivant. Des <strong>glucomannanes<\/strong> (polysaccharides mucilagineuses) dans les tubercules, constituant le composant principal du <strong>salep<\/strong>. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>lut\u00e9oline<\/strong>. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>. Des <strong>compos\u00e9s volatils<\/strong> (pseudoph\u00e9romones) \u00e9mis par le labelle : alc\u00e8nes, alcools, esters et hydrocarbures \u00e0 longue cha\u00eene imitant les ph\u00e9romones sexuelles d&rsquo;hym\u00e9nopt\u00e8res. Des <strong>pigments anthocyaniques<\/strong> dans les s\u00e9pales et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>. Des <strong>prot\u00e9ines<\/strong> et de l&rsquo;<strong>amidon<\/strong> dans les tubercules. Aucun <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a> significatif n&rsquo;est connu.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de <em>O. apifera<\/em> sont essentiellement d\u00e9duites de la composition chimique des Orchidaceae. Les <strong>glucomannanes<\/strong> sont <strong>\u00e9mollients<\/strong>, <strong>antidiarrh\u00e9iques<\/strong> et <strong>immunomodulateurs<\/strong>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> sont <strong>antioxydants<\/strong> et <strong>anti-inflammatoires<\/strong>. Le profil en pseudoph\u00e9romones est sans int\u00e9r\u00eat pharmacologique direct, mais constitue un objet d&rsquo;\u00e9tude fascinant en \u00e9cologie chimique. Aucune \u00e9tude pharmacologique sp\u00e9cifique \u00e0 <em>O. apifera<\/em> n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette esp\u00e8ce r\u00e9side enti\u00e8rement dans sa biologie (mim\u00e9tisme sexuel, autopollinisation) et sa conservation, et non dans ses propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>Aucun usage m\u00e9dicinal traditionnel sp\u00e9cifique n&rsquo;est document\u00e9 pour <em>O. apifera<\/em>. Comme toutes les orchid\u00e9es \u00e0 tubercules, l&rsquo;esp\u00e8ce a probablement \u00e9t\u00e9 incluse dans les r\u00e9coltes indiff\u00e9renci\u00e9es de tubercules pour la pr\u00e9paration du <strong>salep<\/strong>, boisson \u00e9molliente et fortifiante utilis\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 au Moyen-Orient et dans l&rsquo;Empire ottoman. Le salep \u00e9tait prescrit comme antidiarrh\u00e9ique, \u00e9mollient et reconstructuant. Les tubercules d&rsquo;orchid\u00e9es \u00e9taient \u00e9galement utilis\u00e9s en <strong>m\u00e9decine des signatures<\/strong> : leur forme testiculaire (grec <em>orchis<\/em> = testicule) les associait aux maladies de l&rsquo;appareil reproducteur masculin et aux aphrodisiaques. L&rsquo;usage du salep a \u00e9t\u00e9 interdit dans la plupart des pays europ\u00e9ens en raison de la menace sur les populations d&rsquo;orchid\u00e9es sauvages.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches portent sur l&rsquo;<strong>\u00e9cologie chimique<\/strong> du mim\u00e9tisme sexuel (identification des compos\u00e9s volatils attractifs, sp\u00e9cificit\u00e9 des pseudoph\u00e9romones, m\u00e9canismes de la s\u00e9lection pollinisateur), la <strong>g\u00e9nomique<\/strong> des ophrys (s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome de r\u00e9f\u00e9rence, g\u00e8nes contr\u00f4lant la biosynth\u00e8se des pseudoph\u00e9romones), l&rsquo;<strong>\u00e9volution de l&rsquo;autopollinisation<\/strong> (pourquoi et comment <em>O. apifera<\/em> est devenu autogame en Europe du Nord), la <strong>dynamique des populations<\/strong> (fluctuations interannuelles spectaculaires, r\u00f4le du champignon mycorhizien) et la <strong>phylog\u00e9ographie<\/strong> (histoire postglaciaire, voies de colonisation). Des travaux de <strong>biologie de la conservation<\/strong> \u00e9valuent l&rsquo;impact de la gestion des pelouses calcaires (fauche, p\u00e2turage) sur les populations d&rsquo;ophrys.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucomannanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Salep<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline<\/td>\n<td>Flavone<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie n&rsquo;est \u00e9tablie. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e. La r\u00e9colte de tubercules d&rsquo;orchid\u00e9es sauvages est interdite dans toute l&rsquo;Europe (CITES, annexe B). \u00c0 titre historique, le salep se pr\u00e9parait \u00e0 raison de 5 \u00e0 20 g de poudre de tubercules s\u00e9ch\u00e9s par litre d&rsquo;eau ou de lait. Aucune forme gal\u00e9nique moderne n&rsquo;existe pour cette esp\u00e8ce. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;ophrys abeille r\u00e9side dans sa valeur patrimoniale, \u00e9cologique et esth\u00e9tique, non dans ses applications th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>O. apifera<\/em>. Les orchid\u00e9es europ\u00e9ennes sont g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9es comme non toxiques. Les tubercules riches en glucomannanes et en amidon sont comestibles. Aucun cas d&rsquo;intoxication n&rsquo;est rapport\u00e9. Le risque principal li\u00e9 \u00e0 cette esp\u00e8ce est d&rsquo;ordre \u00e9cologique : la r\u00e9colte des tubercules dans la nature d\u00e9truirait des populations d\u00e9j\u00e0 fragiles et soumises \u00e0 des fluctuations naturelles importantes. La manipulation de la plante ne provoque pas d&rsquo;irritation cutan\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;ophrys abeille est l&rsquo;une des orchid\u00e9es sauvages europ\u00e9ennes les plus embl\u00e9matiques et les plus photographi\u00e9es. Le <strong>mim\u00e9tisme sexuel<\/strong> des ophrys fut d\u00e9crit pour la premi\u00e8re fois par <strong>Pouyanne<\/strong> (1917) en Alg\u00e9rie et confirm\u00e9 par <strong>Kullenberg<\/strong> (1961) en Su\u00e8de. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, o\u00f9 la fleur imite l&rsquo;apparence, la texture et les ph\u00e9romones d&rsquo;un insecte femelle pour leurrer les m\u00e2les, est l&rsquo;un des exemples les plus spectaculaires de <strong>co\u00e9volution<\/strong> plante-insecte. <strong>Darwin<\/strong> avait d\u00e9j\u00e0 pressenti ces m\u00e9canismes dans son ouvrage <em>On the Various Contrivances by Which Orchids are Fertilised by Insects<\/em> (1862). En <strong>culture populaire<\/strong>, l&rsquo;ophrys abeille est devenu un embl\u00e8me de la conservation de la nature et de la fragilit\u00e9 des pelouses calcaires. En <strong>Angleterre<\/strong>, la d\u00e9couverte d&rsquo;une station d&rsquo;ophrys abeille est un \u00e9v\u00e9nement naturaliste c\u00e9l\u00e9br\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Ophrys apifera<\/em> est inscrit \u00e0 l&rsquo;<strong>annexe B de la CITES<\/strong> (comme toutes les Orchidaceae). En France, l&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national (elle est consid\u00e9r\u00e9e comme assez commune) mais est prot\u00e9g\u00e9e dans plusieurs r\u00e9gions (Nord-Pas-de-Calais, Alsace). L&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e LC (pr\u00e9occupation mineure) par l&rsquo;UICN en France. Les menaces incluent la destruction des pelouses calcaires (urbanisation, mise en culture, enfrichement), l&rsquo;utilisation d&rsquo;herbicides et la fertilisation des prairies. La conservation passe par le maintien de la gestion extensive des pelouses calcaires (p\u00e2turage, fauche tardive). Le commerce de plantes sauvages est interdit (CITES).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Aucune monographie officielle. L&rsquo;identification est imm\u00e9diate sur le terrain gr\u00e2ce aux fleurs caract\u00e9ristiques : s\u00e9pales roses \u00e9tal\u00e9s, labelle velout\u00e9 brun imitant un abdomen d&rsquo;abeille, gynost\u00e8me allong\u00e9 en bec. La distinction avec les autres ophrys est bas\u00e9e sur la forme et les motifs du labelle : <em>O. scolopax<\/em> (labelle \u00e0 appendice recourb\u00e9), <em>O. fuciflora<\/em> (labelle plus large, \u00e0 appendice large), <em>O. insectifera<\/em> (labelle \u00e9troit, s\u00e9pales verts). La microscopie des tubercules montre un parenchyme amylif\u00e8re et mucilagineux. La chimie des compos\u00e9s volatils du labelle (pseudoph\u00e9romones) est analys\u00e9e par GC-MS et constitue un outil chimiotaxonomique pour la d\u00e9limitation des esp\u00e8ces.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Ophrys apifera<\/em>, l&rsquo;orchid\u00e9e qui se d\u00e9guise en abeille, est l&rsquo;un des organismes les plus fascinants de la flore europ\u00e9enne. Son mim\u00e9tisme sexuel, sa capacit\u00e9 d&rsquo;autopollinisation et ses fluctuations de populations spectaculaires en font un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude en \u00e9cologie \u00e9volutive, en \u00e9cologie chimique et en biologie de la conservation. Si ses propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques sont n\u00e9gligeables, les m\u00e9canismes mol\u00e9culaires de la production de pseudoph\u00e9romones ouvrent des perspectives en chimie des substances naturelles. La conservation de cette orchid\u00e9e embl\u00e9matique passe par celle des pelouses calcaires, milieux d&rsquo;une richesse biologique exceptionnelle dont la sauvegarde est un enjeu majeur de la politique environnementale europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Ophrys%20apifera\">Plants of the World Online, Kew : <em>Ophrys apifera<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Ophrys+apifera\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Ophrys apifera<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;ophrys abeille (Ophrys apifera Huds.) appartient \u00e0 la famille des Orchidaceae, sous-famille des Orchidoideae, tribu des Orchideae. 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