{"id":1153,"date":"2026-03-26T11:36:51","date_gmt":"2026-03-26T10:36:51","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sabot-de-venus\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"sabot-de-venus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sabot-de-venus\/","title":{"rendered":"SABOT DE V\u00c9NUS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Sabot%20de%20V%C3%A9nus.jpg\" alt=\"Planche botanique Sabot de V\u00e9nus\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Cypripedium calceolus<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Orchidaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> sabot de V\u00e9nus, sabot de Notre-Dame, sabot de la Vierge, pantoufle de V\u00e9nus, soulier de V\u00e9nus, Gelber Frauenschuh (allemand), lady&rsquo;s slipper orchid (anglais), zueco de Venus (espagnol).<\/p>\n<p>Le sabot de V\u00e9nus est la plus grande, la plus spectaculaire et la plus mythique orchid\u00e9e sauvage d&rsquo;Europe. Sa fleur unique \u2014 un labelle renfl\u00e9 en sabot jaune vif, d&rsquo;une forme presque animale, bord\u00e9 de t\u00e9pales brun-pourpre torsad\u00e9s comme des rubans de soie \u2014 est un chef-d&rsquo;oeuvre de l&rsquo;\u00e9volution florale, adapt\u00e9 \u00e0 un m\u00e9canisme de pollinisation par pi\u00e8ge d&rsquo;une ing\u00e9niosit\u00e9 remarquable : les insectes, attir\u00e9s par la couleur et le parfum subtil du sabot, p\u00e9n\u00e8trent dans la cavit\u00e9, s&rsquo;y trouvent captifs, et ne peuvent en ressortir qu&rsquo;en passant devant les pollinies, transportant ainsi involontairement le pollen vers une autre fleur. Cette m\u00e9canique florale, conjugu\u00e9e \u00e0 une beaut\u00e9 stup\u00e9fiante, a fait du sabot de V\u00e9nus l&rsquo;objet de toutes les convoitises \u2014 et la victime d&rsquo;une cueillette d\u00e9vastatrice qui a failli le faire dispara\u00eetre d&rsquo;Europe occidentale. Strictement prot\u00e9g\u00e9 au niveau europ\u00e9en (Directive Habitats, annexe II ; Convention de Berne, annexe I ; CITES, annexe II), il est aujourd&rsquo;hui l&#8217;embl\u00e8me de la conservation des orchid\u00e9es sauvages et un tr\u00e9sor de la biodiversit\u00e9 foresti\u00e8re montagnarde. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal du sabot de V\u00e9nus est marginal en Europe, mais l&rsquo;esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine apparent\u00e9e (<em>C. pubescens<\/em>) a \u00e9t\u00e9 largement utilis\u00e9e en herboristerie am\u00e9rindienne comme s\u00e9datif nerveux \u2014 un usage historique qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre connu.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Orchidaceae, sous-famille Cypripedioideae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Cypripedium<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Cypripedium calceolus<\/em> L., 1753<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Cypripedium<\/em> vient du grec <em>Kypris<\/em> (Aphrodite, n\u00e9e \u00e0 Chypre) et <em>pedion<\/em> (sandale) \u2014 \u00ab la sandale de V\u00e9nus \u00bb. <em>Calceolus<\/em> (latin : petit soulier) redouble l&rsquo;image. Le sabot de V\u00e9nus est la seule esp\u00e8ce europ\u00e9enne de ce genre essentiellement asiatique et nord-am\u00e9ricain (~50 esp\u00e8ces).<\/p>\n<p><strong>Position phylog\u00e9n\u00e9tique :<\/strong> les Cypripedioideae constituent l&rsquo;une des cinq sous-familles d&rsquo;Orchidaceae. Elles se distinguent des autres orchid\u00e9es par leur labelle sacculiforme (en forme de sac ou de sabot) et leurs deux \u00e9tamines fertiles (vs. une seule chez la plupart des orchid\u00e9es). Le genre <em>Cypripedium<\/em> est le seul de la sous-famille pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat sauvage en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante vivace rhizomateuse de 20 \u00e0 60 cm de hauteur. Le rhizome est horizontal, court, ramifi\u00e9, \u00e9mettant des racines \u00e9paisses et charnues. La tige est dress\u00e9e, pubescente-glanduleuse, portant 3-5 feuilles alternes, largement ovales-elliptiques (8-17 cm \u00d7 5-10 cm), sessiles, engainantes, \u00e0 nervation parall\u00e8le bien marqu\u00e9e, d&rsquo;un vert clair, pubescentes sur les deux faces. La fleur, g\u00e9n\u00e9ralement solitaire (rarement 2), est terminale, grande (6-9 cm de diam\u00e8tre), port\u00e9e par un p\u00e9doncule glanduleux. Elle comprend :<\/p>\n<ul>\n<li>Trois t\u00e9pales externes et un t\u00e9pale interne (les \u00ab rubans \u00bb) brun-pourpre fonc\u00e9 \u00e0 brun-acajou, lanc\u00e9ol\u00e9s, torsad\u00e9s, de 4-6 cm de long.<\/li>\n<li>Un labelle (le \u00ab sabot \u00bb) jaune vif, parfois mouchet\u00e9 de rouge \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, renfl\u00e9 en sabot ou en pantoufle, de 3-4 cm de long, \u00e0 ouverture sup\u00e9rieure \u00e9troite.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le fruit est une capsule allong\u00e9e contenant des millions de graines microscopiques, dispers\u00e9es par le vent. La germination d\u00e9pend d&rsquo;une association mycorhizienne obligatoire avec des champignons du sol (principalement <em>Tulasnella<\/em> spp.).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce eurasiatique, distribu\u00e9e de l&rsquo;Europe occidentale (Grande-Bretagne, France, Suisse) \u00e0 l&rsquo;Asie orientale (Japon, Chine du Nord), \u00e0 travers la Scandinavie, la Russie et la Sib\u00e9rie. En Europe occidentale, les populations sont fragment\u00e9es et souvent relictuelles.<\/p>\n<p><strong>Habitats :<\/strong> h\u00eatraies-sapini\u00e8res calcaires, pin\u00e8des claires de montagne, lisi\u00e8res foresti\u00e8res, pentes bois\u00e9es \u00e0 substrat calcaire (pH 6,5-8,0), entre 300 et 2 000 m d&rsquo;altitude. Le sabot de V\u00e9nus exige un sol calcaire humif\u00e8re, frais mais bien drain\u00e9, une lumi\u00e8re tamis\u00e9e (lisi\u00e8res, clairi\u00e8res, trou\u00e9es foresti\u00e8res) et une perturbation minimale.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9partition en France :<\/strong> Alpes (principalement Savoie, Haute-Savoie, Is\u00e8re, Hautes-Alpes), Jura, rares stations dans les Pyr\u00e9n\u00e9es orientales et dans l&rsquo;est du Massif Central. Les stations sont toujours localis\u00e9es et comptent souvent peu d&rsquo;individus.<\/p>\n<p><strong>Biologie reproductive :<\/strong> la pollinisation est assur\u00e9e par de petites abeilles solitaires (genres <em>Andrena<\/em>, <em>Lasioglossum<\/em>) et de petits col\u00e9opt\u00e8res, attir\u00e9s dans le sabot par le parfum et la couleur, puis pi\u00e9g\u00e9s et forc\u00e9s de sortir par une fente lat\u00e9rale qui les fait passer sous les pollinies. Le taux de fructification est faible (5-30 %). La plante met 10 \u00e0 15 ans \u00e0 fleurir pour la premi\u00e8re fois \u00e0 partir de la germination.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Le sabot de V\u00e9nus europ\u00e9en (<em>C. calceolus<\/em>) n&rsquo;a pas d&rsquo;usage m\u00e9dicinal \u00e9tabli en Europe. Sa raret\u00e9 et sa protection interdisent toute r\u00e9colte.<\/p>\n<p>En revanche, le <strong>rhizome<\/strong> de l&rsquo;esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine apparent\u00e9e, <em>Cypripedium pubescens<\/em> Willd. (= <em>C. parviflorum<\/em> var. <em>pubescens<\/em>), a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 en herboristerie am\u00e9rindienne et en m\u00e9decine \u00e9clectique am\u00e9ricaine sous le nom de \u00ab nerve root \u00bb ou \u00ab lady&rsquo;s slipper \u00bb. Cet usage historique \u00e9claire la biologie du genre.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie des <em>Cypripedium<\/em> a \u00e9t\u00e9 principalement \u00e9tudi\u00e9e sur les esp\u00e8ces nord-am\u00e9ricaines et asiatiques. Les donn\u00e9es sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>C. calceolus<\/em> sont limit\u00e9es en raison de la protection de l&rsquo;esp\u00e8ce :<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quinones\/\">Quinones<\/a> et ph\u00e9nanthr\u00e8nes :<\/strong> les racines de <em>Cypripedium<\/em> spp. contiennent des <strong>cyprip\u00e9dines<\/strong> (ph\u00e9nanthraquinones), compos\u00e9s ph\u00e9noliques sp\u00e9cifiques du genre, aux propri\u00e9t\u00e9s s\u00e9datives et anxiolytiques suppos\u00e9es. La <strong>cyprip\u00e9dine<\/strong> est un pigment jaune-brun qui conf\u00e8re \u00e0 la racine sa coloration caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques :<\/strong> <strong>acide vanillique<\/strong>, <strong>acide syringique<\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sine :<\/strong> une r\u00e9sine \u00e2cre, irritante pour la peau et les muqueuses, est pr\u00e9sente dans les racines et les parties a\u00e9riennes pubescentes. Elle peut provoquer une dermite de contact (analogue \u00e0 celle du sumac v\u00e9n\u00e9neux) chez les personnes sensibles \u2014 raison pour laquelle la manipulation de la plante \u00e0 mains nues est d\u00e9conseill\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle :<\/strong> en tr\u00e8s faible quantit\u00e9 dans les parties a\u00e9riennes, \u00e0 composition peu document\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Mycorhizes :<\/strong> la biologie du sabot de V\u00e9nus est indissociable de ses champignons mycorhiziens (<em>Tulasnella<\/em>, <em>Epulorhiza<\/em>), sans lesquels la germination des graines et la survie du protocorme sont impossibles. La plante est mycoh\u00e9t\u00e9rotrophe pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie (elle d\u00e9pend enti\u00e8rement du champignon pour sa nutrition carbon\u00e9e et min\u00e9rale).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage europ\u00e9en est quasi inexistant. Les propri\u00e9t\u00e9s suivantes proviennent de la m\u00e9decine am\u00e9rindienne et de la m\u00e9decine \u00e9clectique nord-am\u00e9ricaine, appliqu\u00e9es \u00e0 <em>C. pubescens<\/em> :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>S\u00e9datif et nerveux :<\/strong> la racine de \u00ab lady&rsquo;s slipper \u00bb \u00e9tait prescrite comme calmant nerveux dans l&rsquo;insomnie, l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, la neurasth\u00e9nie, les spasmes nerveux et l&rsquo;hyst\u00e9rie. Elle \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme un substitut am\u00e9ricain de la val\u00e9riane europ\u00e9enne.<\/li>\n<li><strong>Antispasmodique :<\/strong> utilis\u00e9e contre les n\u00e9vralgies, les douleurs menstruelles et les coliques spasmodiques.<\/li>\n<li><strong>F\u00e9brifuge :<\/strong> en m\u00e9decine am\u00e9rindienne (Cherokee, Iroquois), la racine \u00e9tait administr\u00e9e contre la fi\u00e8vre.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;Eclectique King&rsquo;s American Dispensatory (1898) consacre une longue monographie au <em>Cypripedium<\/em>, le pla\u00e7ant parmi les \u00ab nervins \u00bb de premier plan. Cet usage a d\u00e9clin\u00e9 au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle en raison de la rar\u00e9faction des populations sauvages et de l&rsquo;absence de validation clinique moderne.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES PHARMACOLOGIQUES MODERNES<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques modernes sur <em>Cypripedium<\/em> sont tr\u00e8s limit\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 s\u00e9dative :<\/strong> aucun essai clinique n&rsquo;a valid\u00e9 l&rsquo;effet s\u00e9datif des <em>Cypripedium<\/em>. Les quelques \u00e9tudes <em>in vitro<\/em> sugg\u00e8rent une faible affinit\u00e9 des cyprip\u00e9dines pour les r\u00e9cepteurs GABA<sub>A<\/sub> \u2014 ce qui pourrait th\u00e9oriquement expliquer un effet anxiolytique, mais les preuves restent tr\u00e8s pr\u00e9liminaires.<\/li>\n<li><strong>Dermite de contact :<\/strong> la r\u00e9sine de la plante peut provoquer une dermatite allergique de contact chez les sujets sensibles, avec \u00e9ryth\u00e8me, v\u00e9sicules et prurit (analogue \u00e0 la dermatite au sumac). Cet effet est bien document\u00e9 chez les jardiniers et les botanistes manipulant la plante (Mitchell &amp; Rook, 1979).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> les ph\u00e9nanthr\u00e8nes et les quinones des Orchidaceae poss\u00e8dent une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne et antifongique <em>in vitro<\/em>, mais cet aspect n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 pour <em>Cypripedium<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le principal int\u00e9r\u00eat scientifique du sabot de V\u00e9nus r\u00e9side dans sa biologie reproductive (m\u00e9canisme de pollinisation par pi\u00e8ge), sa symbiose mycorhizienne obligatoire et sa biologie de la conservation \u2014 pas dans un usage th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Cyprip\u00e9dines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cyprip\u00e9dine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide vanillique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide syringique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les posologies suivantes concernent <em>C. pubescens<\/em> (esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine) et sont purement historiques. L&rsquo;esp\u00e8ce europ\u00e9enne ne doit faire l&rsquo;objet d&rsquo;aucune r\u00e9colte :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Poudre de rhizome :<\/strong> 1-2 g, 2-3 fois par jour (King&rsquo;s American Dispensatory, 1898).<\/li>\n<li><strong>Teinture :<\/strong> 30-60 gouttes (2-4 mL) 2-3 fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Extrait fluide :<\/strong> 1-2 mL, 2-3 fois par jour.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Dermite de contact :<\/strong> la r\u00e9sine de <em>Cypripedium<\/em> peut provoquer une dermatite allergique de contact. Porter des gants lors de la manipulation (transplantation, entretien horticole).<\/li>\n<li><strong>Usage interne :<\/strong> d\u00e9conseill\u00e9 en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9. Les cyprip\u00e9dines n&rsquo;ont pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes toxicologiques compl\u00e8tes.<\/li>\n<li><strong>Protection l\u00e9gale :<\/strong> toute cueillette, arrachage, transport ou commerce de <em>C. calceolus<\/em> est interdit dans toute l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Les contrevenants s&rsquo;exposent \u00e0 des sanctions p\u00e9nales.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Mythologie :<\/strong> le nom de \u00ab sabot de V\u00e9nus \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la l\u00e9gende selon laquelle la d\u00e9esse Aphrodite\/V\u00e9nus, surprise dans les bois par une temp\u00eate, aurait perdu sa pantoufle dor\u00e9e, transform\u00e9e par Herm\u00e8s en orchid\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Cueillette destructrice :<\/strong> au XIX<sup>e<\/sup> et au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le sabot de V\u00e9nus a \u00e9t\u00e9 massivement cueilli dans toute l&rsquo;Europe pour la d\u00e9coration, les herbiers et le commerce horticole. En Angleterre, l&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 quasiment extermin\u00e9e d\u00e8s les ann\u00e9es 1930 ; une unique station subsiste dans le Yorkshire, gard\u00e9e secr\u00e8te et surveill\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>M\u00e9decine \u00e9clectique am\u00e9ricaine :<\/strong> le rhizome de <em>C. pubescens<\/em> figurait dans la <em>United States Pharmacopeia<\/em> de 1863 \u00e0 1916 sous le nom de <em>Cypripedium<\/em>. L&rsquo;extrait fluide et la teinture \u00e9taient prescrits comme nervins (30-60 gouttes).<\/li>\n<li><strong>Horticulture :<\/strong> la culture du sabot de V\u00e9nus est un d\u00e9fi majeur de l&rsquo;horticulture des orchid\u00e9es. Des r\u00e9sultats prometteurs ont \u00e9t\u00e9 obtenus en germination asymbiotique <em>in vitro<\/em>, mais la culture reste lente et difficile (10-15 ans avant la premi\u00e8re floraison).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CULTURE ET MULTIPLICATION<\/h3>\n<p>La culture du sabot de V\u00e9nus est extr\u00eamement difficile mais pas impossible :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Sol :<\/strong> calcaire, humif\u00e8re, frais, bien drain\u00e9. M\u00e9lange de terreau de feuilles, de calcite broy\u00e9e et de gravier fin. pH 7-8.<\/li>\n<li><strong>Exposition :<\/strong> ombre l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mi-ombre (sous couvert forestier a\u00e9r\u00e9).<\/li>\n<li><strong>Plantation :<\/strong> les plantes de p\u00e9pini\u00e8re (uniquement des plantes multipli\u00e9es <em>in vitro<\/em> ou par division, jamais pr\u00e9lev\u00e9es dans la nature) se plantent en automne, le rhizome enterr\u00e9 \u00e0 2-3 cm de profondeur.<\/li>\n<li><strong>Germination <em>in vitro<\/em> :<\/strong> les graines, d\u00e9pourvues d&rsquo;endosperme, ne germent qu&rsquo;en association avec un champignon mycorhizien ou sur milieu de culture artificiel (germination asymbiotique sur milieu de Malmgren). Le protocorme met 2-3 ans \u00e0 devenir une plantule viable.<\/li>\n<li><strong>Dur\u00e9e avant floraison :<\/strong> 10 \u00e0 15 ans \u00e0 partir de la germination.<\/li>\n<li><strong>Rusticit\u00e9 :<\/strong> excellente. Supporte -30 \u00b0C et au-del\u00e0 (plante de montagne).<\/li>\n<li><strong>Sources l\u00e9gales :<\/strong> quelques p\u00e9pini\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es proposent des <em>Cypripedium<\/em> multipli\u00e9s <em>in vitro<\/em> (Frosch Orchideen en Allemagne, par exemple).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION<\/h3>\n<p>Le sabot de V\u00e9nus est l&rsquo;orchid\u00e9e la mieux prot\u00e9g\u00e9e d&rsquo;Europe :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Directive Habitats (92\/43\/CEE) :<\/strong> annexes II et IV (esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire dont la conservation n\u00e9cessite la d\u00e9signation de ZSC).<\/li>\n<li><strong>Convention de Berne :<\/strong> annexe I (esp\u00e8ce strictement prot\u00e9g\u00e9e).<\/li>\n<li><strong>CITES :<\/strong> annexe II (commerce international r\u00e9glement\u00e9).<\/li>\n<li><strong>France :<\/strong> protection nationale (arr\u00eat\u00e9 du 20 janvier 1982). Esp\u00e8ce inscrite en cat\u00e9gorie \u00ab vuln\u00e9rable \u00bb (VU) sur la liste rouge nationale.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les principales menaces sont la destruction des habitats forestiers (coupes rases, enr\u00e9sinement), la cueillette ill\u00e9gale (encore pratiqu\u00e9e), le pi\u00e9tinement (tourisme, sylviculture) et le changement climatique (modification des conditions de fra\u00eecheur et d&rsquo;humidit\u00e9 dans les h\u00eatraies de montagne). Des programmes de r\u00e9introduction existent en Angleterre (Kew Gardens) et en Su\u00e8de.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT EN JARDIN NATUREL ET PERMACULTURE<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Orchid\u00e9e de sous-bois calcaire :<\/strong> le sabot de V\u00e9nus peut th\u00e9oriquement \u00eatre cultiv\u00e9 dans un jardin forestier sur sol calcaire humif\u00e8re, \u00e0 condition de cr\u00e9er les conditions d&rsquo;ombre, de fra\u00eecheur et de drainage requises.<\/li>\n<li><strong>Indicateur de qualit\u00e9 foresti\u00e8re :<\/strong> la pr\u00e9sence spontan\u00e9e du sabot de V\u00e9nus dans un bois indique un \u00e9cosyst\u00e8me forestier ancien, stable et de haute valeur biologique.<\/li>\n<li><strong>Valeur p\u00e9dagogique :<\/strong> la biologie du sabot de V\u00e9nus (pollinisation par pi\u00e8ge, mycorhize obligatoire, lenteur de d\u00e9veloppement) est un support exceptionnel pour l&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 l&rsquo;\u00e9cologie et \u00e0 la conservation.<\/li>\n<li><strong>Achat responsable :<\/strong> n&rsquo;acheter que des plantes de p\u00e9pini\u00e8re certifi\u00e9es \u00ab multipli\u00e9es <em>in vitro<\/em> \u00bb ou \u00ab issues de division \u00bb. Refuser toute plante d&rsquo;origine sauvage.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>SABOT DE V\u00c9NUS pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Fournier P., <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<li>Bourn\u00e9rias M. &amp; Prat D. (dir.), <em>Les Orchid\u00e9es de France, Belgique et Luxembourg<\/em>, 2<sup>e<\/sup> \u00e9d., Biotope, 2005.<\/li>\n<li>Cribb P., <em>The Genus Cypripedium<\/em>, Timber Press, 1997.<\/li>\n<li>Mitchell J.C. &amp; Rook A.J., <em>Botanical Dermatology: Plants and Plant Products Injurious to the Skin<\/em>, Greengrass, 1979.<\/li>\n<li>King&rsquo;s American Dispensatory, 18<sup>e<\/sup> \u00e9d., 1898, monographie <em>Cypripedium<\/em>.<\/li>\n<li>Kull T. &amp; Arditti J. (\u00e9ds), <em>Orchid Biology: Reviews and Perspectives<\/em>, vol. IX, Springer, 2009.<\/li>\n<li>Fay M.F. &amp; Taylor I., \u00ab <em>Cypripedium calceolus<\/em> L. Biological flora of the British Isles \u00bb, <em>Journal of Ecology<\/em>, 103, 2015, p. 1595-1613.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antibact\u00e9rien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cypripedium calceolus L. Famille : Orchidaceae. 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