{"id":1154,"date":"2026-03-26T11:36:52","date_gmt":"2026-03-26T10:36:52","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/spiranthe-dautomne\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"spiranthe-dautomne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/spiranthe-dautomne\/","title":{"rendered":"SPIRANTHE D\u2019AUTOMNE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Spiranthe%20d%27automne.jpg\" alt=\"Planche botanique SPIRANTHE D\u2019AUTOMNE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>spiranthe d&rsquo;automne<\/strong> (<em>Spiranthes spiralis<\/em> (L.) Chevall.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Orchidaceae<\/strong>, sous-famille des Orchidoideae, tribu des Cranichideae. Le genre <em>Spiranthes<\/em> comprend une quarantaine d&rsquo;esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et tropicales de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. Le nombre chromosomique est 2n = 30. Le nom <em>Spiranthes<\/em> d\u00e9rive du grec <em>speira<\/em> (spirale) et <em>anthos<\/em> (fleur), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la disposition h\u00e9lico\u00efdale des fleurs sur l&rsquo;\u00e9pi. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>spiralis<\/em> insiste sur ce m\u00eame caract\u00e8re. Synonyme nomenclatural : <em>Ophrys spiralis<\/em> L. Noms vernaculaires : spiranthe spiral\u00e9e, orchis d&rsquo;automne, tresses de la bonne dame. En anglais : <em>autumn lady&rsquo;s-tresses<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Petite orchid\u00e9e vivace g\u00e9ophyte de 7 \u00e0 30 cm. <strong>Tubercules<\/strong> : 2 \u00e0 4 racines tub\u00e9ris\u00e9es fusiformes, charnues, longues de 2 \u00e0 5 cm, servant d&rsquo;organes de r\u00e9serve et de fixation mycorhizienne. <strong>Rosette foliaire<\/strong> : 3 \u00e0 6 feuilles basales ovales \u00e0 elliptiques, longues de 2 \u00e0 6 cm, larges de 1 \u00e0 3 cm, vert fonc\u00e9, apparaissant lat\u00e9ralement par rapport \u00e0 la tige florale et <strong>persistant pendant l&rsquo;hiver<\/strong> alors que la hampe a disparu. Cette particularit\u00e9 ph\u00e9nologique distingue nettement l&rsquo;esp\u00e8ce : la rosette de l&rsquo;ann\u00e9e suivante se d\u00e9veloppe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la hampe en fleur. <strong>Tige<\/strong> florale dress\u00e9e, gr\u00eale, pubescente-glanduleuse, portant de petites feuilles engainantes r\u00e9duites \u00e0 des bract\u00e9es. <strong>Inflorescence<\/strong> : \u00e9pi spiral dense de 5 \u00e0 15 cm, portant 10 \u00e0 30 fleurs dispos\u00e9es en h\u00e9lice unique (dextre ou senestre selon les individus). <strong>Fleurs<\/strong> petites (5-8 mm), blanc cr\u00e8me, odorantes (parfum vanill\u00e9-miell\u00e9), \u00e0 labelle oblong, bord cr\u00e9nel\u00e9-ondul\u00e9, verd\u00e2tre au centre ; les s\u00e9pales et p\u00e9tales lat\u00e9raux forment un tube incomplet. <strong>Gynost\u00e8me<\/strong> court, pollinies 2, sectiles, reli\u00e9es \u00e0 un viscidium. <strong>Fruit<\/strong> : capsule dress\u00e9e de 6-8 mm, contenant des milliers de graines microscopiques d\u00e9pourvues d&rsquo;endosperme. <strong>Floraison<\/strong> : ao\u00fbt \u00e0 octobre, ce qui en fait l&rsquo;une des orchid\u00e9es europ\u00e9ennes les plus tardives.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>eurasiatique et nord-africaine<\/strong>. R\u00e9partie de l&rsquo;Irlande et de la Scandinavie m\u00e9ridionale \u00e0 la Turquie, l&rsquo;Iran et l&rsquo;Afrique du Nord (Maroc, Alg\u00e9rie, Tunisie). En France, pr\u00e9sente dans la plupart des r\u00e9gions, mais en d\u00e9clin sensible depuis les ann\u00e9es 1970, notamment dans le nord et le centre. Stations souvent dispers\u00e9es et \u00e0 effectifs modestes. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m d&rsquo;altitude dans les Alpes m\u00e9ridionales, mais la majorit\u00e9 des populations fran\u00e7aises se situe en dessous de 800 m. L&rsquo;esp\u00e8ce est absente des \u00eeles atlantiques (A\u00e7ores, Canaries).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>Pelouses calcaires s\u00e8ches<\/strong>, <strong>prairies maigres de fauche<\/strong>, <strong>p\u00e2turages extensifs<\/strong>, <strong>cimeti\u00e8res<\/strong>, <strong>pelouses de parcs<\/strong>, <strong>talus routiers<\/strong>. La spiranthe d&rsquo;automne est un excellent indicateur des milieux oligotrophes (pauvres en nutriments) et des pratiques de gestion extensive. Les sols sont calcaires \u00e0 neutres, bien drain\u00e9s, superficiels. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile, thermophile et supporte la s\u00e9cheresse estivale. Elle appartient aux communaut\u00e9s des Festuco-Brometea (pelouses calcicoles m\u00e9so-x\u00e9rophiles). La pollinisation est assur\u00e9e par de petits hym\u00e9nopt\u00e8res, notamment les bourdons (<em>Bombus<\/em> spp.) et les abeilles solitaires. La germination des graines d\u00e9pend imp\u00e9rativement d&rsquo;une symbiose mycorhizienne avec des champignons du genre <em>Ceratobasidium<\/em> et apparent\u00e9s. La dispersion des graines est an\u00e9mochore (par le vent), les capsules dress\u00e9es fonctionnant comme des sali\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es phytochimiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Spiranthes spiralis<\/em> sont tr\u00e8s limit\u00e9es, refl\u00e9tant l&rsquo;absence d&rsquo;usage m\u00e9dicinal de cette esp\u00e8ce. Les analyses r\u00e9alis\u00e9es sur le genre <em>Spiranthes<\/em> et les Orchidaceae europ\u00e9ennes permettent n\u00e9anmoins de dresser un profil chimique probable. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et leurs glycosides. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>. Des <strong>polysaccharides<\/strong> mucilagineuses dans les tubercules (glucomannanes typiques des Orchidaceae). Des <strong>stilb\u00e9no\u00efdes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s chez certaines esp\u00e8ces nord-am\u00e9ricaines du genre (<em>S. sinensis<\/em>), notamment des d\u00e9riv\u00e9s du <strong>dihydroph\u00e9nanthr\u00e8ne<\/strong>, aux propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes. La pr\u00e9sence de <strong>saponines<\/strong> et de <strong>tanins<\/strong> est rapport\u00e9e dans les parties a\u00e9riennes. Les tubercules contiennent de l&rsquo;<strong>amidon<\/strong> et des <strong>prot\u00e9ines<\/strong>. Aucun <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a> significatif n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de <em>S. spiralis<\/em> sont essentiellement d\u00e9duites par analogie avec les esp\u00e8ces asiatiques du genre, notamment <em>Spiranthes sinensis<\/em>, qui fait l&rsquo;objet de recherches plus approfondies. Les <strong>dihydroph\u00e9nanthr\u00e8nes<\/strong> isol\u00e9s chez <em>S. sinensis<\/em> montrent une activit\u00e9 <strong>antimicrobienne<\/strong> contre <em>Staphylococcus aureus<\/em> et <em>Candida albicans<\/em>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> exercent des effets <strong>antioxydants<\/strong> (pi\u00e9geage des radicaux libres) et <strong>anti-inflammatoires<\/strong> (inhibition de la COX-2). Les <strong>glucomannanes<\/strong> des tubercules poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>\u00e9mollientes<\/strong> et <strong>immunomodulatrices<\/strong>. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>cicatrisante<\/strong> des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a> d&rsquo;Orchidaceae est bien document\u00e9e (le salep, pr\u00e9paration \u00e0 base de tubercules d&rsquo;orchid\u00e9es, \u00e9tait officinal). Aucune \u00e9tude pharmacologique sp\u00e9cifique \u00e0 <em>S. spiralis<\/em> n&rsquo;est publi\u00e9e \u00e0 ce jour.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>Aucun usage m\u00e9dicinal traditionnel n&rsquo;est solidement document\u00e9 pour <em>S. spiralis<\/em> en Europe. En revanche, le genre <em>Spiranthes<\/em> est utilis\u00e9 en m\u00e9decine traditionnelle chinoise \u00e0 travers l&rsquo;esp\u00e8ce <em>Spiranthes sinensis<\/em> (\u76d8\u9f99\u53c2, <em>pan long shen<\/em>), prescrite pour traiter les maux de gorge, les infections des voies urinaires, les morsures de serpent et les douleurs rhumatismales. En Europe, les tubercules d&rsquo;orchid\u00e9es \u00e9taient autrefois r\u00e9colt\u00e9s indiff\u00e9remment pour pr\u00e9parer le <strong>salep<\/strong>, une boisson \u00e9molliente et reconstituante utilis\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 jusqu&rsquo;au XIXe si\u00e8cle. Il est probable que les tubercules de <em>S. spiralis<\/em> aient \u00e9t\u00e9 inclus dans ces r\u00e9coltes, sans distinction d&rsquo;esp\u00e8ce. Le salep \u00e9tait employ\u00e9 comme antidiarrh\u00e9ique, \u00e9mollient et fortifiant pour les convalescents et les nourrissons.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches actuelles sur <em>S. spiralis<\/em> portent principalement sur l&rsquo;<strong>\u00e9cologie des mycorhizes<\/strong> : l&rsquo;esp\u00e8ce d\u00e9pend de champignons du complexe <em>Ceratobasidium<\/em>\/<em>Rhizoctonia<\/em> pour sa germination et sa survie, et les travaux de Jacquemyn et al. (2014, 2017) montrent une sp\u00e9cificit\u00e9 mycorhizienne mod\u00e9r\u00e9e. La <strong>dynamique des populations<\/strong> est \u00e9tudi\u00e9e par marquage individuel sur le long terme, r\u00e9v\u00e9lant des fluctuations interannuelles consid\u00e9rables (certaines ann\u00e9es, plus de 80 % des individus restent dormants sous terre). La <strong>g\u00e9n\u00e9tique des populations<\/strong> (microsatellites) montre un isolement g\u00e9n\u00e9tique entre populations fragment\u00e9es. La <strong>phytochimie<\/strong> du genre est explor\u00e9e principalement \u00e0 travers <em>S. sinensis<\/em>, avec l&rsquo;isolement de nouveaux stilb\u00e9no\u00efdes et ph\u00e9nanthr\u00e8nes bioactifs. Des \u00e9tudes de <strong>biologie de la conservation<\/strong> \u00e9valuent l&rsquo;impact de la fertilisation et de l&rsquo;abandon du p\u00e2turage sur les populations.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide p-coumarique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie sp\u00e9cifique n&rsquo;est \u00e9tablie pour <em>S. spiralis<\/em>. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle, ni dans les monographies de la Commission E ou de l&rsquo;ESCOP. \u00c0 titre historique, le <strong>salep<\/strong> (poudre de tubercules d&rsquo;orchid\u00e9es) s&#8217;employait \u00e0 raison de 5 \u00e0 20 g par litre d&rsquo;eau ou de lait, en d\u00e9coction. Les formes d&#8217;emploi potentielles seraient : <strong>infusion des parties a\u00e9riennes<\/strong> (usage non valid\u00e9), <strong>cataplasme de tubercules frais \u00e9cras\u00e9s<\/strong> (usage ethnobotanique non europ\u00e9en). En l&rsquo;\u00e9tat actuel des connaissances, aucune forme gal\u00e9nique ne peut \u00eatre recommand\u00e9e. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette esp\u00e8ce r\u00e9side dans l&rsquo;\u00e9cologie et la conservation plut\u00f4t que dans la th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 notable n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>S. spiralis<\/em>. Les Orchidaceae europ\u00e9ennes sont g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9es comme non toxiques. Les tubercules riches en mucilages et en amidon ne contiennent pas d&rsquo;alcalo\u00efdes dangereux. Les <strong>stilb\u00e9no\u00efdes<\/strong> pr\u00e9sents chez certaines esp\u00e8ces du genre poss\u00e8dent une cytotoxicit\u00e9 in vitro \u00e0 haute concentration, mais les teneurs dans la plante enti\u00e8re sont faibles. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine ou animale n&rsquo;est rapport\u00e9. Le risque principal li\u00e9 \u00e0 cette esp\u00e8ce est d&rsquo;ordre \u00e9cologique : la r\u00e9colte des tubercules dans la nature contribuerait \u00e0 la rar\u00e9faction d&rsquo;une esp\u00e8ce d\u00e9j\u00e0 en d\u00e9clin. Aucune contre-indication formelle, mais l&rsquo;usage m\u00e9dicinal n&rsquo;est pas recommand\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La spiranthe d&rsquo;automne fascine par sa floraison tardive et sa disposition florale en spirale, ph\u00e9nom\u00e8ne de phyllotaxie h\u00e9lico\u00efdale remarquable. En <strong>Angleterre<\/strong>, elle est l&rsquo;une des orchid\u00e9es sauvages les mieux connues du grand public et fait l&rsquo;objet d&rsquo;un suivi participatif (Botanical Society of Britain and Ireland). Son nom anglais <em>autumn lady&rsquo;s-tresses<\/em> \u00e9voque les tresses d&rsquo;une dame, m\u00e9taphore de la spirale florale. La spiranthe a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e comme indicatrice de la qualit\u00e9 des pelouses calcaires dans les programmes de conservation britanniques. En <strong>France<\/strong>, elle est souvent la premi\u00e8re orchid\u00e9e identifi\u00e9e par les naturalistes d\u00e9butants, sa floraison automnale la rendant facilement rep\u00e9rable quand les autres esp\u00e8ces ont disparu. En <strong>Turquie<\/strong>, les tubercules d&rsquo;orchid\u00e9es (dont possiblement <em>S. spiralis<\/em>) \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9s pour le salep, boisson chaude traditionnelle, pratique d\u00e9sormais interdite en raison de la menace sur les populations sauvages.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Spiranthes spiralis<\/em> est inscrite \u00e0 l&rsquo;<strong>annexe B de la CITES<\/strong> (Convention sur le commerce international des esp\u00e8ces menac\u00e9es), comme toutes les Orchidaceae. En France, elle ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de protection nationale mais est prot\u00e9g\u00e9e dans plusieurs r\u00e9gions (\u00cele-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Alsace). Elle est class\u00e9e <strong>LC<\/strong> (pr\u00e9occupation mineure) sur la Liste rouge de l&rsquo;UICN au niveau mondial, mais <strong>NT<\/strong> (quasi menac\u00e9e) dans plusieurs pays europ\u00e9ens (Pays-Bas, Belgique). Les menaces principales sont l&rsquo;<strong>intensification agricole<\/strong> (fertilisation des prairies), l&rsquo;<strong>abandon du p\u00e2turage extensif<\/strong>, l&rsquo;<strong>urbanisation<\/strong> et le <strong>changement climatique<\/strong>. La conservation passe par le maintien du p\u00e2turage extensif et de la fauche tardive sur les pelouses calcaires. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Aucune monographie pharmacognosique officielle n&rsquo;existe pour <em>S. spiralis<\/em>. L&rsquo;identification repose sur des crit\u00e8res botaniques : \u00e9pi floral spiral\u00e9 blanc cr\u00e8me \u00e0 floraison automnale, rosette foliaire lat\u00e9rale apparaissant apr\u00e8s la floraison, tubercules fusiformes. En microscopie, les feuilles pr\u00e9sentent un \u00e9piderme \u00e0 cellules allong\u00e9es, des stomates anomocytiques et l&rsquo;absence de poils tecteurs sur les feuilles basales (pr\u00e9sence de poils glanduleux sur la tige). Les tubercules montrent un parenchyme amylif\u00e8re riche en grains d&rsquo;amidon ovo\u00efdes et en cellules mucilagineuses. Le dosage \u00e9ventuel des flavono\u00efdes (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol) se fait par HPLC-UV. La distinction avec <em>Spiranthes aestivalis<\/em> (esp\u00e8ce rare prot\u00e9g\u00e9e, \u00e0 floraison estivale et feuilles pr\u00e9sentes \u00e0 la floraison) est essentielle et repose sur la ph\u00e9nologie et l&rsquo;habitat (milieux humides pour <em>S. aestivalis<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Spiranthes spiralis<\/em>, unique orchid\u00e9e europ\u00e9enne \u00e0 floraison automnale, est avant tout une esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique et patrimonial majeur. Sa d\u00e9pendance aux mycorhizes, sa ph\u00e9nologie d\u00e9cal\u00e9e et sa sensibilit\u00e9 aux changements d&rsquo;usage des sols en font un excellent bioindicateur de la qualit\u00e9 des pelouses calcaires. Si ses propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques restent largement inexplor\u00e9es, les travaux men\u00e9s sur les esp\u00e8ces asiatiques du genre (stilb\u00e9no\u00efdes, ph\u00e9nanthr\u00e8nes) ouvrent des pistes int\u00e9ressantes pour la recherche phytochimique. La priorit\u00e9 pour cette esp\u00e8ce reste la conservation de ses habitats, dans un contexte de d\u00e9clin g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 des prairies oligotrophes en Europe. La spiranthe d&rsquo;automne incarne parfaitement la richesse discr\u00e8te de la flore des pelouses calcaires, un patrimoine naturel fragile dont la pr\u00e9servation conditionne celle d&rsquo;un cort\u00e8ge floristique et faunistique irrempla\u00e7able.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Spiranthes%20spiralis\">Plants of the World Online, Kew : <em>Spiranthes spiralis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Spiranthes+spiralis\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Spiranthes spiralis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La spiranthe d&rsquo;automne (Spiranthes spiralis (L.) Chevall.) appartient \u00e0 la famille des Orchidaceae, sous-famille des Orchidoideae, tribu des Cranichideae. 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