{"id":1158,"date":"2026-03-26T11:36:58","date_gmt":"2026-03-26T10:36:58","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lathree-clandestine\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"lathree-clandestine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lathree-clandestine\/","title":{"rendered":"LATHR\u00c9E CLANDESTINE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Lathr%C3%A9e%20clandestine.jpg\" alt=\"Planche botanique Lathr\u00e9e clandestine\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>lathr\u00e9e clandestine<\/strong> (<em>Lathraea clandestina<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Orobanchaceae<\/strong> (classification APG ; anciennement Scrophulariaceae). Le genre <em>Lathraea<\/em> comprend 5 \u00e0 7 esp\u00e8ces d&rsquo;Europe et d&rsquo;Asie. Le nombre chromosomique est 2n = 42. Le nom <em>Lathraea<\/em> d\u00e9rive du grec <em>lathraios<\/em> (cach\u00e9, secret), d\u00e9crivant le mode de vie souterrain de la plante. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>clandestina<\/em> renforce cette notion de vie cach\u00e9e. Noms vernaculaires : clandestine, lathr\u00e9e pourpre. En anglais : <em>purple toothwort<\/em>. La plante est un <strong>holoparasite<\/strong> totalement d\u00e9pourvu de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a>, parasite des racines d&rsquo;arbres feuillus. Contrairement \u00e0 <em>L. squamaria<\/em>, dont l&rsquo;inflorescence \u00e9merge sur une tige, la clandestine produit ses fleurs directement au ras du sol, sans tige a\u00e9rienne visible.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace holoparasite, presque enti\u00e8rement souterraine. <strong>Rhizome<\/strong> massif, charnu, ramifi\u00e9, blanc cr\u00e8me, couvert de feuilles-\u00e9cailles charnues, pouvant s&rsquo;\u00e9tendre sur plusieurs m\u00e8tres et peser plusieurs kilogrammes dans les vieux individus. Les \u00e9cailles poss\u00e8dent des <strong>chambres glandulaires labyrinthiques<\/strong> internes, identiques \u00e0 celles de <em>L. squamaria<\/em>. Des <strong>haustoria<\/strong> puissants p\u00e9n\u00e8trent les racines de l&rsquo;arbre-h\u00f4te, \u00e9tablissant des connexions vasculaires xyl\u00e9miques et phlo\u00e9miennes. La partie a\u00e9rienne se r\u00e9duit aux <strong>fleurs<\/strong>, qui \u00e9mergent directement du sol, seules ou en groupes denses, sans tige visible. <strong>Fleurs<\/strong> grandes (4 \u00e0 6 cm), bilabi\u00e9es, <strong>violet intense \u00e0 pourpre vif<\/strong>, parfois blanches ; calice tubuleux \u00e0 4 lobes poilus ; corolle \u00e0 l\u00e8vre sup\u00e9rieure en casque entier et l\u00e8vre inf\u00e9rieure trilob\u00e9e ; 4 \u00e9tamines didynames ; ovaire sup\u00e8re. <strong>Fruit<\/strong> : capsule ovo\u00efde, projetant les graines \u00e0 distance par d\u00e9hiscence explosive. <strong>Floraison<\/strong> : mars \u00e0 mai, spectaculaire par ses tapis pourpres au pied des arbres.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>ouest-europ\u00e9enne et m\u00e9diterran\u00e9enne<\/strong>. R\u00e9partie de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 la Belgique, la France, l&rsquo;Italie et la Croatie. L&rsquo;aire de r\u00e9partition est centr\u00e9e sur la France et l&rsquo;Espagne atlantique. En France, commune dans l&rsquo;<strong>ouest<\/strong> (Bretagne, fa\u00e7ade atlantique, bassin de la Loire, bassin aquitain), le <strong>centre<\/strong> et le <strong>sud-ouest<\/strong>. Plus rare dans l&rsquo;est et le nord, absente des Alpes internes et de la haute montagne. Pr\u00e9sente du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 800 m d&rsquo;altitude. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 introduite dans les jardins botaniques des \u00eeles Britanniques, o\u00f9 elle s&rsquo;est parfois naturalis\u00e9e. Elle a \u00e9t\u00e9 plant\u00e9e au jardin de Kew (Londres) au XIXe si\u00e8cle et s&rsquo;y est maintenue.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>Berges de cours d&rsquo;eau ombrag\u00e9es<\/strong>, <strong>ripisylves<\/strong>, <strong>aulnaies<\/strong>, <strong>saulaies<\/strong>, <strong>peupleraies<\/strong>, <strong>parcs humides<\/strong>, <strong>jardins botaniques<\/strong>. La clandestine est sciaphile \u00e0 semi-sciaphile et strictement hygrophile, li\u00e9e aux sols humides \u00e0 d\u00e9tremp\u00e9s des bords de rivi\u00e8re et des zones inondables. Les sols sont riches en mati\u00e8re organique, humif\u00e8res, neutres \u00e0 acides, profonds. Les arbres-h\u00f4tes principaux sont : <strong>peuplier<\/strong> (<em>Populus<\/em> spp., h\u00f4te pr\u00e9f\u00e9r\u00e9), <strong>saule<\/strong> (<em>Salix<\/em> spp.), <strong>aulne<\/strong> (<em>Alnus glutinosa<\/em>), <strong>noisetier<\/strong> (<em>Corylus avellana<\/em>), <strong>fr\u00eane<\/strong> (<em>Fraxinus excelsior<\/em>), et <strong>orme<\/strong> (<em>Ulmus<\/em> spp.). L&rsquo;esp\u00e8ce peut parasiter plusieurs arbres simultan\u00e9ment via son rhizome \u00e9tendu. La pollinisation est assur\u00e9e par les <strong>bourdons<\/strong> pr\u00e9coces (<em>Bombus terrestris<\/em>, <em>B. lapidarius<\/em>). La dispersion des graines est balistique (d\u00e9hiscence explosive des capsules projetant les graines \u00e0 1-2 m) et hydrochore (transport par les crues).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es phytochimiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>L. clandestina<\/em> sont tr\u00e8s limit\u00e9es. Par extrapolation \u00e0 partir du genre <em>Lathraea<\/em> et de la famille des Orobanchaceae, les m\u00e9tabolites suivants sont attendus. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> : <strong>aucubine<\/strong> et <strong>catalpol<\/strong>, caract\u00e9ristiques de la famille. Des <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides<\/strong> : <strong>verbascoside<\/strong> (act\u00e9oside) et <strong>orobanchine<\/strong>. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong> et d\u00e9riv\u00e9s. Des <strong>anthocyanes<\/strong> : <strong>delphinidine<\/strong> et <strong>cyanidine<\/strong> (responsables de la coloration pourpre intense des fleurs). Des <strong>polysaccharides<\/strong> et de l&rsquo;<strong>amidon<\/strong> dans les rhizomes charnus. L&rsquo;absence de chlorophylle implique l&rsquo;absence de tous les m\u00e9tabolites li\u00e9s \u00e0 la photosynth\u00e8se (chlorophylles, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a> photosynth\u00e9tiques). La composition chimique est partiellement d\u00e9pendante de l&rsquo;esp\u00e8ce-h\u00f4te, puisque la plante pr\u00e9l\u00e8ve directement les assimilats du phlo\u00e8me de l&rsquo;arbre.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques sont d\u00e9duites des compos\u00e9s pr\u00e9sum\u00e9s. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong>, <strong>antimicrobiennes<\/strong> et <strong>cicatrisantes<\/strong>. Le <strong>catalpol<\/strong> exerce des effets <strong>neuroprotecteurs<\/strong> (protection des neurones contre le stress oxydatif, am\u00e9lioration des capacit\u00e9s cognitives dans des mod\u00e8les animaux de neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence) et <strong>hypoglyc\u00e9miants<\/strong>. Le <strong>verbascoside<\/strong> est un <strong>antioxydant<\/strong> puissant et un <strong>anti-inflammatoire<\/strong> efficace. Les <strong>anthocyanes<\/strong> des fleurs poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong> et <strong>vasoprotectrices<\/strong>. Cependant, aucune \u00e9tude pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sp\u00e9cifiquement sur <em>L. clandestina<\/em>. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique reste enti\u00e8rement th\u00e9orique et la plante n&rsquo;a aucune application en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>Aucun usage m\u00e9dicinal traditionnel solidement document\u00e9 n&rsquo;est connu pour <em>L. clandestina<\/em>. La plante est trop rare, trop discr\u00e8te et trop difficile \u00e0 r\u00e9colter (la partie utile \u00e9tant souterraine) pour avoir int\u00e9ress\u00e9 les herboristes. Quelques mentions anecdotiques dans la m\u00e9decine populaire du sud-ouest de la France rapportent l&rsquo;utilisation du rhizome comme cataplasme sur les tumeurs et les engorgements ganglionnaires, mais ces usages sont tr\u00e8s mal document\u00e9s et non v\u00e9rifiables. Le nom \u00ab clandestine \u00bb \u00e9voque davantage le myst\u00e8re botanique que l&rsquo;usage m\u00e9dicinal. En l&rsquo;\u00e9tat des connaissances, la lathr\u00e9e clandestine est exclusivement une esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat botanique et \u00e9cologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches portent sur la <strong>biologie du parasitisme<\/strong> chez les Orobanchaceae : m\u00e9canismes mol\u00e9culaires de p\u00e9n\u00e9tration des haustoria, signaux chimiques de reconnaissance entre parasite et h\u00f4te (strigolactones), transfert horizontal de g\u00e8nes entre le parasite et l&rsquo;h\u00f4te. La <strong>g\u00e9nomique<\/strong> des plantes parasites montre une <strong>perte massive de g\u00e8nes chloroplastiques<\/strong> et mitochondriaux chez les holoparasites, le g\u00e9nome plastidial \u00e9tant r\u00e9duit \u00e0 moins de 50 % de sa taille ancestrale. Les <strong>cavit\u00e9s labyrinthiques<\/strong> des \u00e9cailles sont \u00e9tudi\u00e9es en microscopie confocale et \u00e9lectronique, montrant des s\u00e9cr\u00e9tions enzymatiques (prot\u00e9ases, phosphatases) compatibles avec une fonction de digestion extracellulaire. Des \u00e9tudes d&rsquo;<strong>\u00e9cologie des populations<\/strong> utilisent le g\u00e9notypage mol\u00e9culaire pour cartographier l&rsquo;\u00e9tendue souterraine des individus (un seul rhizome peut couvrir plusieurs dizaines de m\u00e8tres carr\u00e9s). La <strong>phylog\u00e9ographie<\/strong> du genre est reconstruite par les marqueurs chloroplastiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Aucubine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Catalpol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Verbascoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Orobanchine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie n&rsquo;est \u00e9tablie. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e, ni dans aucune monographie officielle. Aucune forme gal\u00e9nique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la clandestine r\u00e9side dans son extraordinaire biologie (parasitisme obligatoire, cavit\u00e9s labyrinthiques, floraison spectaculaire directement au niveau du sol) et dans son usage croissant en <strong>horticulture naturaliste<\/strong> : la plante est introduite dans les parcs et jardins botaniques humides pour son int\u00e9r\u00eat esth\u00e9tique et p\u00e9dagogique. Sa culture est possible en transplantant des fragments de rhizome au contact des racines d&rsquo;un peuplier ou d&rsquo;un saule, mais l&rsquo;\u00e9tablissement est lent (3 \u00e0 5 ans avant la premi\u00e8re floraison).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>L. clandestina<\/em>. La plante n&rsquo;est pas r\u00e9pertori\u00e9e dans les bases de donn\u00e9es toxicologiques. L&rsquo;aucubine, si elle est pr\u00e9sente, lib\u00e8re de l&rsquo;aucubig\u00e9nine par hydrolyse enzymatique, un compos\u00e9 poss\u00e9dant une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne et une cytotoxicit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e, mais \u00e0 des concentrations insuffisantes pour poser un risque toxicologique. Les rhizomes charnus, riches en eau et en amidon, ne contiennent pas d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> connus. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine ou animale n&rsquo;est rapport\u00e9. L&rsquo;arrachage des rhizomes endommagerait gravement les populations, et la cueillette est d\u00e9conseill\u00e9e. Aucune contre-indication formelle n&rsquo;est \u00e9tablie.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La lathr\u00e9e clandestine est l&rsquo;une des plantes les plus spectaculaires et les plus myst\u00e9rieuses de la flore fran\u00e7aise. Sa floraison printani\u00e8re, qui transforme le pied des arbres en tapis pourpre, a suscit\u00e9 l&rsquo;\u00e9merveillement des naturalistes depuis des si\u00e8cles. <strong>Linn\u00e9<\/strong> la nomma <em>clandestina<\/em> pour souligner sa vie secr\u00e8te, presque enti\u00e8rement souterraine. <strong>Charles Darwin<\/strong> s&rsquo;int\u00e9ressa aux cavit\u00e9s labyrinthiques des \u00e9cailles de <em>Lathraea<\/em>, y voyant un possible caract\u00e8re proto-carnivore. En <strong>botanique<\/strong>, la clandestine illustre de fa\u00e7on spectaculaire le ph\u00e9nom\u00e8ne du <strong>parasitisme v\u00e9g\u00e9tal obligatoire<\/strong> et la perte totale de la photosynth\u00e8se, un \u00e9v\u00e9nement \u00e9volutif rare mais r\u00e9current dans le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal. En <strong>horticulture<\/strong>, elle est de plus en plus plant\u00e9e dans les jardins de style naturaliste pour sa floraison pr\u00e9coce et sa valeur p\u00e9dagogique. Le jardin du Luxembourg \u00e0 Paris h\u00e9berge des pieds c\u00e9l\u00e8bres au pied de peupliers centenaires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Lathraea clandestina<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9e au niveau mondial (UICN : LC). En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est commune dans l&rsquo;ouest et le sud-ouest mais peut \u00eatre localement rare dans le nord et l&rsquo;est. Elle n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national mais est d\u00e9terminante ZNIEFF dans plusieurs r\u00e9gions. Les menaces incluent la <strong>destruction des ripisylves<\/strong>, le <strong>recalibrage des cours d&rsquo;eau<\/strong>, l&rsquo;<strong>abattage des vieux peupliers et saules<\/strong> et l&rsquo;<strong>ass\u00e8chement des zones humides<\/strong>. La conservation passe par la protection des ripisylves et des zones humides riveraines. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e. La culture est possible en milieu humide au pied d&rsquo;arbres-h\u00f4tes adapt\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Aucune monographie pharmacognosique officielle. L&rsquo;identification est imm\u00e9diate sur le terrain : grandes fleurs violet pourpre \u00e9mergeant directement du sol au pied d&rsquo;arbres riverains, sans tige a\u00e9rienne visible. La distinction avec <em>L. squamaria<\/em> est ais\u00e9e : <em>L. squamaria<\/em> poss\u00e8de une tige a\u00e9rienne ros\u00e9e de 10-25 cm portant une grappe de fleurs rose p\u00e2le, tandis que <em>L. clandestina<\/em> n&rsquo;a pas de tige visible et poss\u00e8de des fleurs violet intense beaucoup plus grandes. L&rsquo;examen du rhizome montre les m\u00eames cavit\u00e9s labyrinthiques que chez <em>L. squamaria<\/em>, mais les fleurs contiennent des anthocyanes (absentes chez <em>L. squamaria<\/em>). Les haustoria montrent une zone de transition vasculaire entre le parasite et l&rsquo;h\u00f4te, observable en coupes histologiques color\u00e9es au safranine-vert rapide.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Lathraea clandestina<\/em>, la plante cach\u00e9e qui illumine de pourpre les berges printani\u00e8res, est l&rsquo;un des organismes les plus fascinants de la flore europ\u00e9enne. Holoparasite obligatoire, d\u00e9pourvue de chlorophylle, elle incarne une voie \u00e9volutive radicale o\u00f9 la photosynth\u00e8se a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement abandonn\u00e9e au profit du parasitisme. Si ses propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques restent th\u00e9oriques, les irido\u00efdes et le verbascoside du genre m\u00e9ritent une exploration chimique. Son int\u00e9r\u00eat principal r\u00e9side dans la biologie du parasitisme, la g\u00e9nomique \u00e9volutive et l&rsquo;\u00e9cologie des milieux riverains. La clandestine rappelle que les organismes les plus surprenants de la nature vivent parfois sous nos pieds, dans l&rsquo;obscurit\u00e9 du sol, et que la conservation des ripisylves et des zones humides est indispensable au maintien de cette biodiversit\u00e9 souterraine remarquable.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Lathraea%20clandestina\">Plants of the World Online, Kew : <em>Lathraea clandestina<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Lathraea+clandestina\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Lathraea clandestina<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La lathr\u00e9e clandestine (Lathraea clandestina L.) appartient \u00e0 la famille des Orobanchaceae (classification APG ; anciennement Scrophulariaceae). 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