{"id":1159,"date":"2026-03-26T11:37:00","date_gmt":"2026-03-26T10:37:00","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lathree-ecailleuse\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"lathree-ecailleuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lathree-ecailleuse\/","title":{"rendered":"LATHR\u00c9E \u00c9CAILLEUSE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Lathr%C3%A9e%20%C3%A9cailleuse.jpg\" alt=\"Planche botanique Lathr\u00e9e \u00e9cailleuse\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>lathr\u00e9e \u00e9cailleuse<\/strong> (<em>Lathraea squamaria<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Orobanchaceae<\/strong> (classification APG ; anciennement plac\u00e9e dans les Scrophulariaceae). Le genre <em>Lathraea<\/em> comprend 5 \u00e0 7 esp\u00e8ces r\u00e9parties en Europe et en Asie temp\u00e9r\u00e9e. Le nombre chromosomique est 2n = 36 (42 chez certaines populations). Le nom <em>Lathraea<\/em> d\u00e9rive du grec <em>lathraios<\/em> (cach\u00e9, secret), en r\u00e9f\u00e9rence au mode de vie essentiellement souterrain de la plante. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>squamaria<\/em> signifie \u00ab \u00e9cailleuse \u00bb, d\u00e9crivant les feuilles r\u00e9duites en \u00e9cailles qui couvrent le rhizome. Noms vernaculaires : lathr\u00e9e commune, dent-de-loup, herbe cach\u00e9e, clandestine \u00e9cailleuse. En anglais : <em>common toothwort<\/em>. La lathr\u00e9e est une plante <strong>holoparasite<\/strong>, totalement d\u00e9pourvue de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a>, d\u00e9pendant enti\u00e8rement de son h\u00f4te pour sa nutrition carbon\u00e9e et min\u00e9rale.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace holoparasite de 10 \u00e0 25 cm (partie a\u00e9rienne), la grande majorit\u00e9 de l&rsquo;appareil v\u00e9g\u00e9tatif \u00e9tant souterraine. <strong>Rhizome<\/strong> massif, charnu, ramifi\u00e9, blanc cr\u00e8me, couvert de feuilles-\u00e9cailles charnues imbriqu\u00e9es, pouvant atteindre 50 cm de longueur et vivre plusieurs d\u00e9cennies. Les \u00e9cailles rhizomateuses poss\u00e8dent des <strong>chambres glandulaires internes<\/strong> complexes (cavit\u00e9s labyrinthiques) dont la fonction reste d\u00e9battue : pi\u00e9geage d&rsquo;animaux microscopiques (hypoth\u00e8se protocarnivore), absorption de nutriments, ou r\u00e9gulation hydrique. Des <strong>haustoria<\/strong> (su\u00e7oirs) se d\u00e9veloppent \u00e0 partir du rhizome et p\u00e9n\u00e8trent les racines de l&rsquo;h\u00f4te, \u00e9tablissant une connexion vasculaire xyl\u00e9mique et phlo\u00e9mienne. <strong>Tige<\/strong> florale dress\u00e9e, \u00e9paisse, charnue, blanch\u00e2tre \u00e0 ros\u00e9e, glabre, \u00e9mergeant du sol au printemps. <strong>Feuilles<\/strong> caulinaires r\u00e9duites \u00e0 des \u00e9cailles ovales, imbriqu\u00e9es, blanches \u00e0 ros\u00e9es, d\u00e9pourvues de chlorophylle. <strong>Inflorescence<\/strong> : grappe dense, unilat\u00e9rale (tourn\u00e9e d&rsquo;un seul c\u00f4t\u00e9), de 10 \u00e0 20 fleurs. <strong>Fleurs<\/strong> de 14 \u00e0 18 mm, bilabi\u00e9es, rose p\u00e2le \u00e0 violet clair ; calice tubuleux \u00e0 4 lobes ; corolle \u00e0 l\u00e8vre sup\u00e9rieure en casque et l\u00e8vre inf\u00e9rieure trilob\u00e9e ; 4 \u00e9tamines didynames ; ovaire sup\u00e8re. <strong>Fruit<\/strong> : capsule ovo\u00efde contenant de nombreuses graines tr\u00e8s petites. <strong>Floraison<\/strong> : mars \u00e0 mai.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>eurasiatique<\/strong>. R\u00e9partie de l&rsquo;Irlande et de la Scandinavie m\u00e9ridionale au Caucase, \u00e0 l&rsquo;Iran septentrional et au Japon. En France, assez commune dans les for\u00eats feuillues temp\u00e9r\u00e9es de presque toutes les r\u00e9gions, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (0 \u00e0 1 500 m). Plus fr\u00e9quente dans les for\u00eats humides de fond de vall\u00e9e. Pr\u00e9sente dans toutes les grandes r\u00e9gions foresti\u00e8res : bassin parisien, Normandie, Bourgogne, Massif central, Alpes du Nord, Pyr\u00e9n\u00e9es. Plus rare en r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne o\u00f9 elle est remplac\u00e9e par <em>Lathraea clandestina<\/em> dans les stations les plus humides. L&rsquo;esp\u00e8ce atteint sa limite occidentale en Irlande et sa limite orientale au Japon.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>For\u00eats feuillues humides<\/strong>, <strong>h\u00eatraies-ch\u00eanaies<\/strong>, <strong>fr\u00eanaies<\/strong>, <strong>aulnaies-fr\u00eanaies<\/strong>, <strong>ripisylves<\/strong>, <strong>lisi\u00e8res foresti\u00e8res ombrag\u00e9es<\/strong>, <strong>haies anciennes<\/strong>. La lathr\u00e9e \u00e9cailleuse est sciaphile (tol\u00e8re l&rsquo;ombre dense) et hygrophile (sols frais \u00e0 humides). Les sols sont riches en mati\u00e8re organique, humif\u00e8res, neutres \u00e0 calcaires, profonds et bien structur\u00e9s. L&rsquo;esp\u00e8ce est indicatrice des <strong>for\u00eats anciennes<\/strong> \u00e0 continuit\u00e9 \u00e9cologique : sa pr\u00e9sence signale souvent un boisement continu depuis plusieurs si\u00e8cles. Les arbres-h\u00f4tes principaux sont : <strong>noisetier<\/strong> (<em>Corylus avellana<\/em>), <strong>h\u00eatre<\/strong> (<em>Fagus sylvatica<\/em>), <strong>aulne<\/strong> (<em>Alnus glutinosa<\/em>), <strong>fr\u00eane<\/strong> (<em>Fraxinus excelsior<\/em>), <strong>orme<\/strong> (<em>Ulmus<\/em> spp.) et <strong>tilleul<\/strong> (<em>Tilia<\/em> spp.). La pollinisation est assur\u00e9e par les bourdons (<em>Bombus<\/em> spp.) et les abeilles pr\u00e9coces. La dispersion des graines est myrm\u00e9cochore (fourmis) et barochore (gravit\u00e9).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es phytochimiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Lathraea squamaria<\/em> sont limit\u00e9es, la plante n&rsquo;ayant jamais fait l&rsquo;objet d&rsquo;un usage m\u00e9dicinal significatif. Les analyses du genre <em>Lathraea<\/em> et de la famille des Orobanchaceae permettent d&rsquo;identifier les classes de m\u00e9tabolites suivantes. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> : <strong>aucubine<\/strong> et <strong>catalpol<\/strong>, m\u00e9tabolites caract\u00e9ristiques des Orobanchaceae et ex-Scrophulariaceae, pr\u00e9sents dans les tiges et les fleurs. Des <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides<\/strong> : <strong>verbascoside<\/strong> (act\u00e9oside) et <strong>orobanchine<\/strong>, identifi\u00e9s chez les esp\u00e8ces apparent\u00e9es (<em>Orobanche<\/em> spp.). Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a><\/strong> : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong> et d\u00e9riv\u00e9s. Des <strong>saponines<\/strong> en faible quantit\u00e9. Des <strong>acides amin\u00e9s<\/strong> et <strong>sucres simples<\/strong> d\u00e9riv\u00e9s du phlo\u00e8me de l&rsquo;h\u00f4te (la plante \u00e9tant holoparasite, sa composition refl\u00e8te en partie celle de l&rsquo;h\u00f4te). La pr\u00e9sence d&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e. Les rhizomes charnus sont riches en <strong>amidon<\/strong> de r\u00e9serve et en <strong>eau<\/strong> (tissu parenchymateux succulent).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de <em>L. squamaria<\/em> sont essentiellement d\u00e9duites de la pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> et de <strong>verbascoside<\/strong>, mol\u00e9cules bien \u00e9tudi\u00e9es chez d&rsquo;autres esp\u00e8ces. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> (inhibition de NF-\u03baB, r\u00e9duction de TNF-\u03b1 et IL-6), <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong> (protection contre le t\u00e9trachlorure de carbone chez le rat), <strong>antimicrobiennes<\/strong> (activ\u00e9e en aucubig\u00e9nine par la \u03b2-glucosidase) et <strong>cicatrisantes<\/strong>. Le <strong>verbascoside<\/strong> est un <strong>antioxydant<\/strong> puissant (pi\u00e9geage des radicaux libres, protection des membranes lipidiques) et exerce des effets <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>neuroprotecteurs<\/strong> et <strong>antimicrobiens<\/strong>. Le <strong>catalpol<\/strong> poss\u00e8de des effets <strong>neuroprotecteurs<\/strong> et <strong>hypoglyc\u00e9miants<\/strong> document\u00e9s chez l&rsquo;animal. Aucune \u00e9tude pharmacologique sp\u00e9cifique \u00e0 <em>L. squamaria<\/em> n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique de cette esp\u00e8ce reste th\u00e9orique et limit\u00e9 par sa raret\u00e9 relative et la difficult\u00e9 de sa culture (plante parasite obligatoire).<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>Les usages m\u00e9dicinaux traditionnels de <em>L. squamaria<\/em> sont tr\u00e8s peu document\u00e9s. En <strong>m\u00e9decine populaire d&rsquo;Europe centrale<\/strong>, le rhizome \u00e9cras\u00e9 \u00e9tait appliqu\u00e9 en cataplasme sur les tumeurs et les abc\u00e8s (rapport\u00e9 en Pologne et en Roumanie). En <strong>m\u00e9decine populaire russe<\/strong>, la plante \u00e9tait mentionn\u00e9e comme rem\u00e8de contre l&rsquo;\u00e9pilepsie et les convulsions (usage non valid\u00e9). Le nom anglais <em>toothwort<\/em> (herbe \u00e0 dents) provient de la ressemblance des \u00e9cailles rhizomateuses avec des dents, sugg\u00e9rant un usage contre les maux de dents selon la th\u00e9orie des signatures, mais cet usage est peu attest\u00e9. En <strong>m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire populaire<\/strong>, le rhizome \u00e9tait parfois donn\u00e9 au b\u00e9tail comme vermifuge. L&rsquo;ensemble de ces usages est anecdotique et aucun n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une validation scientifique. La lathr\u00e9e n&rsquo;a jamais figur\u00e9 dans les pharmacop\u00e9es officielles.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches portent sur la <strong>biologie du parasitisme<\/strong> : les m\u00e9canismes mol\u00e9culaires de l&rsquo;\u00e9tablissement des haustoria, le transfert de nutriments entre l&rsquo;h\u00f4te et le parasite (\u00e9tudes isotopiques au 13C et 15N), et la sp\u00e9cificit\u00e9 parasitaire (la lathr\u00e9e peut parasiter plus de 20 esp\u00e8ces d&rsquo;arbres). Les <strong>cavit\u00e9s labyrinthiques<\/strong> continuent de susciter des d\u00e9bats : des \u00e9tudes ultrastructurales (microscopie \u00e9lectronique \u00e0 balayage et transmission) montrent des s\u00e9cr\u00e9tions de nature enzymatique, mais l&rsquo;hypoth\u00e8se protocarnivore reste controvers\u00e9e. La <strong>g\u00e9nomique<\/strong> des Orobanchaceae parasites progresse rapidement, avec le s\u00e9quen\u00e7age de plusieurs g\u00e9nomes de plantes parasites apparent\u00e9es (perte massive de g\u00e8nes photosynth\u00e9tiques). Des \u00e9tudes d&rsquo;<strong>\u00e9cologie des for\u00eats anciennes<\/strong> utilisent la lathr\u00e9e comme esp\u00e8ce indicatrice dans les protocoles de diagnostic forestier. La <strong>dynamique des populations<\/strong> est \u00e9tudi\u00e9e par marquage individuel des hampes florales.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Aucubine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Catalpol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Verbascoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Orobanchine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie officielle n&rsquo;est \u00e9tablie pour <em>L. squamaria<\/em>. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e, ni dans les monographies de la Commission E ou de l&rsquo;ESCOP. \u00c0 titre strictement historique, les usages populaires rapportent : <strong>cataplasme de rhizome frais \u00e9cras\u00e9<\/strong> appliqu\u00e9 sur les tumeurs, <strong>d\u00e9coction de rhizome<\/strong> (quantit\u00e9 non pr\u00e9cis\u00e9e) en usage interne contre les convulsions. Ces emplois ne sont pas recommand\u00e9s et rel\u00e8vent d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat purement ethnobotanique. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal de cette esp\u00e8ce r\u00e9side dans sa biologie (parasitisme, cavit\u00e9s labyrinthiques) et son r\u00f4le d&rsquo;indicatrice des for\u00eats anciennes, plut\u00f4t que dans d&rsquo;\u00e9ventuelles applications th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 significative n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>L. squamaria<\/em>. La plante n&rsquo;est pas r\u00e9pertori\u00e9e comme toxique dans les bases de donn\u00e9es des centres antipoison. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong>, pr\u00e9sente dans la plante, lib\u00e8re de l&rsquo;<strong>aucubig\u00e9nine<\/strong> par hydrolyse, un compos\u00e9 poss\u00e9dant une certaine cytotoxicit\u00e9 et des propri\u00e9t\u00e9s antibact\u00e9riennes, mais les concentrations dans la plante enti\u00e8re sont jug\u00e9es faibles. Les rhizomes, riches en amidon et en eau, ne contiennent pas d&rsquo;alcalo\u00efdes dangereux connus. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine ou animale n&rsquo;est rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature. La r\u00e9colte de cette plante dans la nature est d\u00e9conseill\u00e9e car elle pourrait compromettre la survie de populations d\u00e9j\u00e0 fragiles et fragment\u00e9es. Aucune contre-indication formelle n&rsquo;est \u00e9tablie.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La lathr\u00e9e \u00e9cailleuse a fascin\u00e9 les botanistes depuis le XVIe si\u00e8cle par son mode de vie cach\u00e9. <strong>Charles Darwin<\/strong> (1880) a consacr\u00e9 des observations aux cavit\u00e9s labyrinthiques des \u00e9cailles, y voyant un possible caract\u00e8re carnivore (hypoth\u00e8se jamais confirm\u00e9e mais jamais compl\u00e8tement r\u00e9fut\u00e9e). <strong>Linnaeus<\/strong> a nomm\u00e9 le genre <em>Lathraea<\/em> pour souligner la vie secr\u00e8te de la plante. En <strong>folklore europ\u00e9en<\/strong>, la lathr\u00e9e \u00e9tait associ\u00e9e aux esprits des for\u00eats et aux plantes magiques en raison de son apparition printani\u00e8re soudaine (la hampe florale \u00e9merge du sol en quelques jours). Le nom anglais <em>toothwort<\/em> illustre la th\u00e9orie des signatures m\u00e9di\u00e9vale. En <strong>\u00e9cologie foresti\u00e8re moderne<\/strong>, la lathr\u00e9e est devenue un indicateur reconnu des <strong>for\u00eats anciennes<\/strong> (old-growth forests), utilis\u00e9 dans les inventaires de continuit\u00e9 foresti\u00e8re en France, en Belgique et au Royaume-Uni. Sa pr\u00e9sence dans une for\u00eat sugg\u00e8re une continuit\u00e9 bois\u00e9e d&rsquo;au moins 200 \u00e0 300 ans.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Lathraea squamaria<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9e au niveau mondial (UICN : LC). En France, l&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national mais est consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>d\u00e9terminante ZNIEFF<\/strong> dans plusieurs r\u00e9gions (indicatrice de zones naturelles d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique). Elle est localement rare dans les r\u00e9gions fortement d\u00e9bois\u00e9es (Nord-Pas-de-Calais, \u00cele-de-France). Les menaces sont la <strong>d\u00e9forestation<\/strong>, la <strong>fragmentation des massifs forestiers<\/strong> et l&rsquo;<strong>ass\u00e8chement des sols forestiers<\/strong> (drainage). La conservation passe par la protection des for\u00eats anciennes et le maintien de l&rsquo;hygromorphie des sols. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle. La culture est impossible en pratique (plante holoparasite obligatoire n\u00e9cessitant un arbre-h\u00f4te vivant et un temps d&rsquo;\u00e9tablissement de plusieurs ann\u00e9es avant la premi\u00e8re floraison).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Aucune monographie pharmacognosique officielle. L&rsquo;identification repose sur les caract\u00e8res morphologiques uniques : rhizome souterrain massif couvert d&rsquo;\u00e9cailles charnues \u00e0 chambres internes, hampe florale achlorophyllienne ros\u00e9e, inflorescence unilat\u00e9rale. L&rsquo;examen microscopique des \u00e9cailles rhizomateuses r\u00e9v\u00e8le les fameuses <strong>cavit\u00e9s labyrinthiques<\/strong> : invaginations \u00e9pidermiques complexes formant un r\u00e9seau de chambres communiquantes, tapiss\u00e9es de cellules s\u00e9cr\u00e9trices. Ces structures, uniques dans le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal, sont interpr\u00e9t\u00e9es diversement : glandes s\u00e9cr\u00e9tant des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a>, organes d&rsquo;absorption de nutriments, ou pi\u00e8ges \u00e0 micro-organismes (hypoth\u00e8se protocarnivore de Darwin, 1880). Le parenchyme rhizomateux est riche en grains d&rsquo;amidon compos\u00e9s. Les haustoria pr\u00e9sentent un tissu de transition entre le xyl\u00e8me de l&rsquo;h\u00f4te et celui du parasite. L&rsquo;identification dans l&rsquo;habitat est facilit\u00e9e par la floraison printani\u00e8re pr\u00e9coce et l&rsquo;association syst\u00e9matique avec des arbres-h\u00f4tes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Lathraea squamaria<\/em>, la plante cach\u00e9e des for\u00eats anciennes, est un organisme remarquable \u00e0 plus d&rsquo;un titre. Son mode de vie holoparasite, son appareil v\u00e9g\u00e9tatif essentiellement souterrain et ses cavit\u00e9s labyrinthiques \u00e9nigmatiques en font un objet d&rsquo;\u00e9tude fascinant pour la biologie du parasitisme et l&rsquo;anatomie v\u00e9g\u00e9tale. Si ses propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques restent th\u00e9oriques, la pr\u00e9sence d&rsquo;aucubine et de verbascoside dans le genre m\u00e9rite une exploration phytochimique approfondie. Son r\u00f4le d&rsquo;indicatrice des for\u00eats anciennes conf\u00e8re \u00e0 la lathr\u00e9e une valeur \u00e9cologique et patrimoniale consid\u00e9rable dans un contexte de prise de conscience de l&rsquo;importance des vieilles for\u00eats pour la biodiversit\u00e9. La lathr\u00e9e \u00e9cailleuse rappelle que la vie v\u00e9g\u00e9tale ne se r\u00e9duit pas \u00e0 la photosynth\u00e8se et que le parasitisme constitue une strat\u00e9gie \u00e9volutive sophistiqu\u00e9e, dont les m\u00e9canismes mol\u00e9culaires restent largement \u00e0 \u00e9lucider.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Lathraea%20squamaria\">Plants of the World Online, Kew : <em>Lathraea squamaria<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Lathraea+squamaria\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Lathraea squamaria<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La lathr\u00e9e \u00e9cailleuse (Lathraea squamaria L.) appartient \u00e0 la famille des Orobanchaceae (classification APG ; anciennement plac\u00e9e dans les Scrophulariaceae). 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