{"id":1164,"date":"2026-03-26T11:37:06","date_gmt":"2026-03-26T10:37:06","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orobanche-du-genet\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"orobanche-du-genet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orobanche-du-genet\/","title":{"rendered":"OROBANCHE DU GEN\u00caT"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Orobanche%20du%20gen%C3%AAt.jpg\" alt=\"Planche botanique Orobanche du gen\u00eat\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orobanche du gen\u00eat, <em>Orobanche rapum-genistae<\/em> Thuill., est une plante holoparasite vivace de grande taille, appartenant \u00e0 la famille des Orobanchac\u00e9es (Orobanchaceae). C&rsquo;est l&rsquo;une des plus imposantes orobanches europ\u00e9ennes, pouvant atteindre 30 \u00e0 80 centim\u00e8tres de hauteur. Le genre <em>Orobanche<\/em>, riche d&rsquo;environ 200 esp\u00e8ces, regroupe des plantes enti\u00e8rement d\u00e9pourvues de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a>, parasitant les racines de diverses plantes-h\u00f4tes. <em>Orobanche rapum-genistae<\/em> est sp\u00e9cifiquement associ\u00e9e aux Fabac\u00e9es ligneuses du genre <em>Cytisus<\/em> (gen\u00eats) et <em>Ulex<\/em> (ajoncs), plus rarement <em>Sarothamnus<\/em> et <em>Genista<\/em>. La plante se pr\u00e9sente comme une tige robuste, dress\u00e9e, charnue, jaun\u00e2tre \u00e0 brun dor\u00e9, couverte de poils glanduleux courts. L&rsquo;\u00e9pi floral est dense et imposant, portant de nombreuses fleurs tubuleuses bilabi\u00e9es jaune miel vein\u00e9es de brun rouge\u00e2tre. L&rsquo;ensemble d\u00e9gage une odeur de miel caract\u00e9ristique. Le nom vernaculaire fait directement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son h\u00f4te principal, le gen\u00eat \u00e0 balais.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Orobanche rapum-genistae<\/em> est une esp\u00e8ce atlantique \u00e0 subatlantique, dont l&rsquo;aire de r\u00e9partition couvre l&rsquo;Europe occidentale depuis la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique et les \u00eeles Britanniques jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Allemagne occidentale et l&rsquo;Italie du Nord. En France, elle est pr\u00e9sente dans une grande partie du territoire, principalement dans les r\u00e9gions \u00e0 substrat siliceux o\u00f9 croissent les gen\u00eats et les ajoncs : Bretagne, Massif central, Pyr\u00e9n\u00e9es, sud-ouest, Normandie et ponctuellement ailleurs. Son habitat est directement conditionn\u00e9 par celui de ses h\u00f4tes : landes \u00e0 gen\u00eats et \u00e0 ajoncs, lisi\u00e8res de bois sur sol acide, talus, bords de routes et de chemins, friches et coupes foresti\u00e8res colonis\u00e9es par les gen\u00eats. Le substrat est typiquement siliceux, acide \u00e0 neutre, sablonneux \u00e0 limoneux. On la rencontre du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 500 m\u00e8tres d&rsquo;altitude. Ses populations fluctuent d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre et elle peut \u00eatre localement abondante certaines ann\u00e9es avant de sembler dispara\u00eetre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p>La tige d&rsquo;<em>Orobanche rapum-genistae<\/em> est la plus robuste des orobanches fran\u00e7aises : dress\u00e9e, simple, cylindrique, charnue, haute de 30 \u00e0 80 centim\u00e8tres, de 15 \u00e0 25 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre \u00e0 la base, de couleur jaune miel \u00e0 brun dor\u00e9, dens\u00e9ment couverte de poils glanduleux courts. Les \u00e9cailles caulinaires sont lanc\u00e9ol\u00e9es, nombreuses et imbriqu\u00e9es dans la partie inf\u00e9rieure de la tige. L&rsquo;\u00e9pi floral est dense, long de 10 \u00e0 30 centim\u00e8tres, portant de nombreuses fleurs (30 \u00e0 80). Les bract\u00e9es sont lanc\u00e9ol\u00e9es, de m\u00eame couleur que la tige. Le calice est compos\u00e9 de deux pi\u00e8ces lat\u00e9rales, enti\u00e8res ou faiblement bifides, \u00e0 une seule dent principale. La corolle, longue de 20 \u00e0 25 millim\u00e8tres, est tubuleuse, l\u00e9g\u00e8rement courb\u00e9e, de couleur jaune miel \u00e0 brun dor\u00e9, vein\u00e9e de brun rouge\u00e2tre sur la face externe. La l\u00e8vre sup\u00e9rieure est bilob\u00e9e, en casque, les lobes \u00e9rig\u00e9s. La l\u00e8vre inf\u00e9rieure est trilob\u00e9e, \u00e0 lobes arrondis, \u00e9tal\u00e9s. Les \u00e9tamines sont ins\u00e9r\u00e9es \u00e0 5-7 millim\u00e8tres de la base du tube ; les filets sont velus \u00e0 la base. Le stigmate est bilob\u00e9, jaune \u00e0 orang\u00e9. La capsule est ovo\u00efde, contenant des milliers de graines minuscules.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p><em>Orobanche rapum-genistae<\/em> est une esp\u00e8ce p\u00e9rennante, capable de se maintenir pendant plusieurs ann\u00e9es sur le m\u00eame h\u00f4te gr\u00e2ce \u00e0 une connexion haustoriale durable. Les graines microscopiques germent au contact des exsudats racinaires de l&rsquo;h\u00f4te, riches en <strong>strigolactones<\/strong>. L&rsquo;haustorium primaire se d\u00e9veloppe et p\u00e9n\u00e8tre les racines du gen\u00eat, \u00e9tablissant une connexion vasculaire compl\u00e8te. La phase souterraine peut durer un \u00e0 trois ans avant l&rsquo;\u00e9mergence de la premi\u00e8re tige florif\u00e8re. La floraison survient de mai \u00e0 juillet, parfois d\u00e8s avril dans les stations les plus chaudes. Les fleurs d\u00e9gagent un parfum de miel qui attire les pollinisateurs, principalement les bourdons. L&rsquo;autopollinisation est possible en cas de d\u00e9faut de visiteurs. La fructification produit des capsules lib\u00e9rant des milliers de graines extr\u00eamement fines, dispers\u00e9es par le vent. La plante peut refleurir plusieurs ann\u00e9es successives \u00e0 partir du m\u00eame haustorium, produisant des tiges de plus en plus vigoureuses si l&rsquo;h\u00f4te reste en bonne sant\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>Les exigences \u00e9cologiques d&rsquo;<em>Orobanche rapum-genistae<\/em> sont dict\u00e9es par celles de ses h\u00f4tes obligatoires. Elle se trouve donc exclusivement dans les milieux o\u00f9 croissent les gen\u00eats \u00e0 balais (<em>Cytisus scoparius<\/em>) et les ajoncs (<em>Ulex europaeus<\/em>, <em>U. minor<\/em>) : landes atlantiques et subatlantiques sur sol siliceux acide, talus et bords de routes, coupes foresti\u00e8res en r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration. Le sol est typiquement acide (pH 4,5 \u00e0 6,5), sablonneux \u00e0 limoneux, bien drain\u00e9. L&rsquo;esp\u00e8ce est mod\u00e9r\u00e9ment h\u00e9liophile et peut se d\u00e9velopper dans des situations semi-ombrag\u00e9es, pourvu que l&rsquo;h\u00f4te y soit vigoureux. La disponibilit\u00e9 en eau est mod\u00e9r\u00e9e : les sols trop secs ou trop humides sont d\u00e9favorables. La vigueur de l&rsquo;h\u00f4te conditionne directement celle du parasite : un gen\u00eat vigoureux peut supporter plusieurs tiges d&rsquo;orobanche, tandis qu&rsquo;un h\u00f4te affaibli limitera le d\u00e9veloppement du parasite.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les \u00e9tudes pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Orobanche rapum-genistae<\/em> sont limit\u00e9es mais les compos\u00e9s identifi\u00e9s poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s biologiques document\u00e9es. L&rsquo;<strong>act\u00e9oside<\/strong> est reconnu pour ses activit\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong> puissantes, <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong> et <strong>neuroprotectrices<\/strong>. Les <strong>irido\u00efdes<\/strong> contribuent \u00e0 des effets h\u00e9patoprotecteurs et anti-inflammatoires. La pr\u00e9sence \u00e9ventuelle d&rsquo;<strong>alcalo\u00efdes quinolizidiniques<\/strong> transf\u00e9r\u00e9s depuis l&rsquo;h\u00f4te pourrait conf\u00e9rer des propri\u00e9t\u00e9s cardiotoniques (la spart\u00e9ine \u00e9tait autrefois utilis\u00e9e en cardiologie), mais en concentrations probablement trop faibles pour un effet th\u00e9rapeutique significatif. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante globale des extraits m\u00e9thanoliques a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par des tests DPPH. Aucune application th\u00e9rapeutique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 partir de cette esp\u00e8ce, et elle n&rsquo;entre dans aucune pharmacop\u00e9e officielle.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<p>Aucun compos\u00e9 n\u2019est document\u00e9 de fa\u00e7on suffisante pour dresser un tableau phytochimique fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>En tant que parasite obligatoire des gen\u00eats et ajoncs, <em>Orobanche rapum-genistae<\/em> exerce une pression sur ses h\u00f4tes, r\u00e9duisant leur croissance et leur reproduction. Dans les landes atlantiques, cette interaction participe \u00e0 la r\u00e9gulation des populations de gen\u00eats, esp\u00e8ces pionni\u00e8res parfois envahissantes apr\u00e8s des perturbations foresti\u00e8res. Les fleurs parfum\u00e9es de l&rsquo;orobanche attirent une faune pollinisatrice diversifi\u00e9e : bourdons, abeilles, syrphes et papillons visitent les corolles pour le nectar. La mouche <em>Phytomyza orobanchia<\/em> est un parasite r\u00e9gulier des capsules. La stature imposante de cette orobanche en fait un \u00e9l\u00e9ment visuel remarquable dans les landes fleuries, contribuant \u00e0 la complexit\u00e9 structurale de la v\u00e9g\u00e9tation. Sa pr\u00e9sence t\u00e9moigne de la bonne sant\u00e9 \u00e9cologique des communaut\u00e9s de landes \u00e0 gen\u00eats, habitats patrimoniaux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire. Les graines minuscules font partie de la pluie de semences qui enrichit la banque de graines du sol des landes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p>La composition chimique d&rsquo;<em>Orobanche rapum-genistae<\/em> refl\u00e8te \u00e0 la fois sa propre biochimie et les m\u00e9tabolites transf\u00e9r\u00e9s depuis son h\u00f4te. Les analyses r\u00e9v\u00e8lent la pr\u00e9sence de <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosidiques<\/strong>, dont l&rsquo;<strong>act\u00e9oside<\/strong> et l&rsquo;<strong>orobanch\u00e9oside<\/strong>, dot\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes puissantes. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a> glycosidiques<\/strong> caract\u00e9ristiques des Orobanchac\u00e9es sont pr\u00e9sents. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a>, lut\u00e9oline) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a>) compl\u00e8tent le profil polyph\u00e9nolique. Les sucres solubles (glucose, fructose, saccharose) sont en concentration \u00e9lev\u00e9e, t\u00e9moignant du transfert massif de photoassimilats depuis l&rsquo;h\u00f4te. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>quinolizidine<\/strong> (spart\u00e9ine, lupanine), caract\u00e9ristiques des gen\u00eats, peuvent \u00eatre transf\u00e9r\u00e9s via l&rsquo;haustorium et d\u00e9tect\u00e9s dans les tissus du parasite. Ce transfert d&rsquo;alcalo\u00efdes de l&rsquo;h\u00f4te au parasite est un ph\u00e9nom\u00e8ne biochimique remarquable illustrant l&rsquo;intimit\u00e9 de la connexion vasculaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p><em>Orobanche rapum-genistae<\/em> n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme une plante toxique pour l&rsquo;homme. Ses tiges charnues sont comestibles et ont \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9es traditionnellement sans effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s. Cependant, la prudence est de mise en raison du possible transfert d&rsquo;alcalo\u00efdes quinolizidiniques (spart\u00e9ine, lupanine) depuis les gen\u00eats parasit\u00e9s. Ces alcalo\u00efdes, bien que probablement pr\u00e9sents en tr\u00e8s faible quantit\u00e9 dans le parasite, poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s cardioactives et neurotoxiques \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es. Une consommation mod\u00e9r\u00e9e et occasionnelle ne devrait poser aucun probl\u00e8me, mais une consommation r\u00e9guli\u00e8re ou en grande quantit\u00e9 est d\u00e9conseill\u00e9e par pr\u00e9caution. La manipulation de la plante ne pr\u00e9sente aucun risque de contact. Aucune allergie ni r\u00e9action cutan\u00e9e n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orobanche du gen\u00eat a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans certaines traditions populaires europ\u00e9ennes comme l\u00e9gume sauvage. Ses tiges charnues, r\u00e9colt\u00e9es jeunes avant la pleine floraison, \u00e9taient consomm\u00e9es crues ou cuites dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Europe occidentale, notamment en Grande-Bretagne et en France atlantique. La saveur est d\u00e9crite comme douce, sucr\u00e9e et l\u00e9g\u00e8rement miell\u00e9e. En Angleterre, cette orobanche \u00e9tait connue sous le nom de \u00ab broomrape \u00bb (viol du gen\u00eat), un terme qui d\u00e9signe aujourd&rsquo;hui le genre entier en anglais. En m\u00e9decine populaire, les tiges charnues \u00e9taient parfois utilis\u00e9es comme \u00e9mollient et adoucissant, en cataplasmes contre les inflammations cutan\u00e9es. Des d\u00e9coctions \u00e9taient employ\u00e9es comme astringent intestinal. Toutefois, ces usages restent anecdotiques et mal document\u00e9s. La taille impressionnante de cette orobanche, \u00e9mergeant soudainement au milieu d&rsquo;une lande \u00e0 gen\u00eats, a toujours frapp\u00e9 l&rsquo;imagination des observateurs et suscit\u00e9 des l\u00e9gendes sur les plantes \u00ab vampires \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>La culture de l&rsquo;Orobanche du gen\u00eat est une curiosit\u00e9 botanique rarement tent\u00e9e. Elle n\u00e9cessite imp\u00e9rativement la pr\u00e9sence de gen\u00eats \u00e0 balais vigoureux comme h\u00f4tes. Les graines, r\u00e9colt\u00e9es sur des plants matures, sont dispers\u00e9es au pied de gen\u00eats en pleine croissance, id\u00e9alement dans un sol acide, sablonneux et bien drain\u00e9. La germination et l&rsquo;\u00e9tablissement du parasitisme prennent un \u00e0 trois ans avant qu&rsquo;une tige n&rsquo;\u00e9merge. La r\u00e9ussite est al\u00e9atoire et d\u00e9pend de facteurs mal ma\u00eetris\u00e9s. Aucun arrosage ni entretien n&rsquo;est n\u00e9cessaire. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal de cette culture r\u00e9side dans la d\u00e9monstration p\u00e9dagogique du parasitisme v\u00e9g\u00e9tal dans un jardin botanique ou un cadre \u00e9ducatif.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La grande taille et la couleur jaune miel caract\u00e9ristique d&rsquo;<em>Orobanche rapum-genistae<\/em> la distinguent de la plupart des autres orobanches fran\u00e7aises. <em>Orobanche gracilis<\/em> (Orobanche gr\u00eale), aussi parasite des Fabac\u00e9es, est plus petite, \u00e0 fleurs jaune rouge\u00e2tre avec une l\u00e8vre inf\u00e9rieure \u00e0 lobes aigus. <em>Orobanche lutea<\/em> a des fleurs jaunes mais parasite des Fabac\u00e9es herbac\u00e9es (tr\u00e8fles, lotiers). <em>Orobanche crenata<\/em> (Orobanche cr\u00e9nel\u00e9e), parasite des cultures de f\u00e8ves en M\u00e9diterran\u00e9e, a des fleurs blanches vein\u00e9es de bleu. La combinaison de la grande taille (souvent plus de 50 centim\u00e8tres), de la couleur jaune miel, du parfum miell\u00e9 et surtout de l&rsquo;h\u00f4te (gen\u00eats ou ajoncs) permet une identification fiable. L&rsquo;observation de l&rsquo;h\u00f4te est le crit\u00e8re le plus d\u00e9terminant pour l&rsquo;identification de la plupart des orobanches.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Orobanche rapum-genistae<\/em> n&rsquo;est pas globalement menac\u00e9e en France et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection national. Cependant, elle est en r\u00e9gression dans certaines r\u00e9gions, principalement en raison de la disparition des landes \u00e0 gen\u00eats qui constituent son habitat. L&rsquo;urbanisation, la conversion des landes en terres agricoles ou en plantations foresti\u00e8res, et l&rsquo;abandon du p\u00e2turage extensif qui favorisait les milieux ouverts r\u00e9duisent les surfaces favorables. En Grande-Bretagne, l&rsquo;esp\u00e8ce est plus menac\u00e9e et fait l&rsquo;objet de mesures de conservation sp\u00e9cifiques. Les landes atlantiques, habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire, b\u00e9n\u00e9ficient de programmes de conservation dans le cadre de Natura 2000, ce qui contribue indirectement \u00e0 la pr\u00e9servation de cette orobanche.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orobanche du gen\u00eat est probablement l&rsquo;orobanche la plus spectaculaire de la flore fran\u00e7aise, v\u00e9ritable \u00ab colonne d&rsquo;or \u00bb jaillissant au milieu des gen\u00eats en fleur. Sa taille peut d\u00e9passer les attentes : des sp\u00e9cimens de 80 centim\u00e8tres ont \u00e9t\u00e9 document\u00e9s, ce qui est consid\u00e9rable pour une plante sans la moindre feuille verte. Le nom anglais \u00ab broomrape \u00bb (viol du gen\u00eat) est devenu le terme g\u00e9n\u00e9rique pour toutes les orobanches dans la langue de Shakespeare, illustrant la notori\u00e9t\u00e9 de cette esp\u00e8ce outre-Manche. Son parfum de miel, puissant et caract\u00e9ristique, peut \u00eatre per\u00e7u \u00e0 plusieurs m\u00e8tres de distance par temps calme. Cette odeur, produite par une plante incapable de photosynth\u00e8se, est un paradoxe biologique savoureux : le parasite utilise les ressources vol\u00e9es \u00e0 son h\u00f4te pour fabriquer un parfum destin\u00e9 \u00e0 attirer les pollinisateurs qui assureront sa reproduction. L&rsquo;orobanche du gen\u00eat, vampire dor\u00e9 des landes, incarne \u00e0 merveille la beaut\u00e9 troublante du parasitisme v\u00e9g\u00e9tal.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>OROBANCHE DU GEN\u00caT pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Orobanche%20rapum-genistae\">Plants of the World Online, Kew : <em>Orobanche rapum-genistae<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Orobanche+rapum-genistae\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Orobanche rapum-genistae<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Orobanche du gen\u00eat, Orobanche rapum-genistae Thuill., est une plante holoparasite vivace de grande taille, appartenant \u00e0 la famille des Orobanchac\u00e9es (Orobanchaceae). [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[83],"tags":[],"class_list":["post-1164","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-orobanchacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1164","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1164"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1164\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13868,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1164\/revisions\/13868"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1164"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1164"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1164"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}