{"id":1166,"date":"2026-03-26T11:37:09","date_gmt":"2026-03-26T10:37:09","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orobanche-du-serpolet\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"orobanche-du-serpolet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orobanche-du-serpolet\/","title":{"rendered":"OROBANCHE DU SERPOLET"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Orobanche%20blanche.jpg\" alt=\"Planche botanique Orobanche blanche\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> orobanche blanche.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Orobanche du serpolet, <em>Orobanche alba<\/em> Stephan ex Willd., est une plante holoparasite vivace ou bisannuelle appartenant \u00e0 la famille des Orobanchac\u00e9es (Orobanchaceae). Le genre <em>Orobanche<\/em>, riche d&rsquo;environ 200 esp\u00e8ces \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, regroupe des plantes enti\u00e8rement d\u00e9pourvues de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a>, incapables de photosynth\u00e8se et totalement d\u00e9pendantes de leurs h\u00f4tes pour leur alimentation. <em>Orobanche alba<\/em> est sp\u00e9cifiquement parasite des Lamiac\u00e9es, principalement du serpolet (<em>Thymus serpyllum<\/em> et esp\u00e8ces apparent\u00e9es) et du thym (<em>Thymus vulgaris<\/em>), mais peut \u00e9galement parasiter d&rsquo;autres Lamiac\u00e9es aromatiques comme l&rsquo;origan ou la sarriette. La plante se pr\u00e9sente comme une tige dress\u00e9e, haute de 10 \u00e0 30 centim\u00e8tres, charnue, rouge\u00e2tre \u00e0 pourpre fonc\u00e9, couverte de poils glanduleux, d\u00e9pourvue de feuilles vertes et portant uniquement des \u00e9cailles brun\u00e2tres. L&rsquo;inflorescence est un \u00e9pi terminal de fleurs tubuleuses bilabi\u00e9es, souvent parfum\u00e9es, de couleur rouge sombre \u00e0 pourpre, plus rarement jaun\u00e2tres. La plante d\u00e9gage une odeur aromatique caract\u00e9ristique, emprunt\u00e9e \u00e0 son h\u00f4te thymif\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Orobanche alba<\/em> est une esp\u00e8ce europ\u00e9enne \u00e0 distribution principalement m\u00e9dio-europ\u00e9enne et subm\u00e9diterran\u00e9enne. Son aire s&rsquo;\u00e9tend de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;Asie Mineure, englobant l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale. En France, elle est pr\u00e9sente dans une grande partie du territoire, particuli\u00e8rement dans les r\u00e9gions \u00e0 pelouses calcaires et m\u00e9diterran\u00e9ennes, mais elle peut \u00eatre localement rare et discr\u00e8te. Son habitat est directement d\u00e9termin\u00e9 par celui de ses h\u00f4tes : les pelouses s\u00e8ches calcicoles, les garrigues, les landes \u00e0 thym, les rocailles, les talus secs et les lisi\u00e8res thermophiles constituent ses milieux de pr\u00e9dilection. On la rencontre du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 2 000 m\u00e8tres d&rsquo;altitude dans les Alpes et les Pyr\u00e9n\u00e9es. Le substrat est g\u00e9n\u00e9ralement calcaire, sec et bien drain\u00e9. La plante est discr\u00e8te et passe souvent inaper\u00e7ue dans les pelouses rases, sa couleur sombre se confondant parfois avec la terre ou les pierres environnantes. Les populations fluctuent consid\u00e9rablement d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre selon les conditions climatiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p>La tige d&rsquo;<em>Orobanche alba<\/em> est dress\u00e9e, simple, cylindrique, charnue, haute de 10 \u00e0 30 centim\u00e8tres (rarement 40), de 5 \u00e0 10 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre, dens\u00e9ment couverte de poils glanduleux rouge\u00e2tres. La coloration est caract\u00e9ristiquement rouge\u00e2tre \u00e0 pourpre fonc\u00e9, parfois jaun\u00e2tre. Les \u00e9cailles caulinaires sont lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 10 \u00e0 20 millim\u00e8tres, \u00e9parses. L&rsquo;\u00e9pi floral est cylindrique, occupant le tiers \u00e0 la moiti\u00e9 sup\u00e9rieure de la tige, de densit\u00e9 moyenne \u00e0 l\u00e2che. Les bract\u00e9es sont lanc\u00e9ol\u00e9es, de m\u00eame couleur que la tige. Le calice est compos\u00e9 de deux pi\u00e8ces lat\u00e9rales bifides, \u00e0 dents lanc\u00e9ol\u00e9es-subul\u00e9es, plus courtes que le tube de la corolle. La corolle, longue de 15 \u00e0 22 millim\u00e8tres, est tubuleuse, courb\u00e9e vers l&rsquo;avant, de couleur rouge sombre \u00e0 pourpre vineux, avec des veines plus fonc\u00e9es. La l\u00e8vre sup\u00e9rieure est bilob\u00e9e, l\u00e9g\u00e8rement \u00e9margin\u00e9e, \u00e0 lobes \u00e9tal\u00e9s. La l\u00e8vre inf\u00e9rieure est trilob\u00e9e, \u00e0 lobes sub\u00e9gaux, arrondis, finement cr\u00e9nel\u00e9s-dent\u00e9s. Les \u00e9tamines sont ins\u00e9r\u00e9es \u00e0 3-5 millim\u00e8tres de la base du tube ; les filets sont poilus dans leur partie inf\u00e9rieure, glabres au sommet. Le stigmate est bilob\u00e9, de couleur rouge fonc\u00e9 \u00e0 pourpre. Le fruit est une capsule ovo\u00efde contenant des milliers de graines microscopiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p><em>Orobanche alba<\/em> est une esp\u00e8ce p\u00e9rennante qui peut se maintenir plusieurs ann\u00e9es sur le m\u00eame h\u00f4te. Ses graines minuscules, produites en tr\u00e8s grand nombre, restent viables dans le sol pendant de nombreuses ann\u00e9es. La germination est induite par les <strong>strigolactones<\/strong> et autres signaux chimiques \u00e9mis par les racines de l&rsquo;h\u00f4te. Le radicule se dirige vers la racine h\u00f4te par chimiotactisme et forme un haustorium qui p\u00e9n\u00e8tre les tissus vasculaires. La phase souterraine, de dur\u00e9e variable, permet l&rsquo;accumulation de r\u00e9serves avant l&rsquo;\u00e9mergence de la tige a\u00e9rienne. La floraison survient de mai \u00e0 ao\u00fbt selon l&rsquo;altitude et l&rsquo;exposition. Les fleurs d\u00e9gagent un parfum agr\u00e9able, \u00e9voquant le miel ou le girofle, qui attire les pollinisateurs, principalement des bourdons et des abeilles. L&rsquo;autopollinisation est possible en l&rsquo;absence de visiteurs. La fructification intervient en \u00e9t\u00e9 ; les capsules lib\u00e8rent des graines extr\u00eamement fines dispers\u00e9es par le vent. La plante peut refleurir plusieurs ann\u00e9es cons\u00e9cutives \u00e0 partir de la m\u00eame connexion haustoriale, ce qui la distingue des orobanches strictement annuelles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>Les exigences \u00e9cologiques d&rsquo;<em>Orobanche alba<\/em> sont avant tout dict\u00e9es par la pr\u00e9sence de ses plantes-h\u00f4tes, principalement les thyms et serpolets. Elle se trouve donc dans les m\u00eames milieux que ces Lamiac\u00e9es aromatiques : pelouses s\u00e8ches calcicoles, garrigues, landes thermophiles sur substrat calcaire ou marneux. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile et thermophile, atteignant son optimum dans les situations chaudes et ensoleill\u00e9es. Le sol doit \u00eatre bien drain\u00e9, sec en \u00e9t\u00e9, souvent caillouteux ou rocheux. Le pH est g\u00e9n\u00e9ralement basique \u00e0 neutre. L&rsquo;orobanche du serpolet est sensible \u00e0 l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;humidit\u00e9 et aux sols compacts. Sa d\u00e9pendance absolue envers ses h\u00f4tes fait que sa distribution est une sous-distribution de celle des thyms \u2014 elle ne peut exister l\u00e0 o\u00f9 aucun thym ne pousse. La densit\u00e9 des populations est li\u00e9e \u00e0 la vigueur des colonies de thym parasit\u00e9es : un h\u00f4te vigoureux peut supporter plusieurs tiges d&rsquo;orobanche, tandis qu&rsquo;un h\u00f4te affaibli ne permettra qu&rsquo;un d\u00e9veloppement limit\u00e9 du parasite.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches pharmacologiques sur <em>Orobanche alba<\/em> sont encore limit\u00e9es mais les compos\u00e9s identifi\u00e9s dans cette esp\u00e8ce poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s biologiques document\u00e9es. L&rsquo;<strong>act\u00e9oside<\/strong>, ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efde majeur, est reconnu pour ses activit\u00e9s antioxydantes puissantes, anti-inflammatoires (inhibition de la lipooxyg\u00e9nase et de la cyclooxyg\u00e9nase), antimicrobiennes et cytoprotectrices. Les <strong>irido\u00efdes<\/strong> contribuent \u00e0 des effets h\u00e9patoprotecteurs et anti-inflammatoires. Les extraits m\u00e9thanoliques de la plante ont montr\u00e9 une activit\u00e9 inhibitrice sur les radicaux libres dans des tests DPPH et ABTS. Des propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes mod\u00e9r\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es contre des bact\u00e9ries pathog\u00e8nes. Les terp\u00e8nes volatils transf\u00e9r\u00e9s depuis l&rsquo;h\u00f4te (thymol, carvacrol) poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques bien connues. Cependant, ces r\u00e9sultats restent pr\u00e9liminaires et aucune application th\u00e9rapeutique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e. L&rsquo;occurrence sporadique et impr\u00e9visible de cette esp\u00e8ce, combin\u00e9e \u00e0 sa relative raret\u00e9, rend toute exploitation pharmaceutique impraticable. La recherche sur les orobanches se concentre davantage sur la compr\u00e9hension des m\u00e9canismes de parasitisme que sur la valorisation pharmacologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<p>Aucun compos\u00e9 n\u2019est document\u00e9 de fa\u00e7on suffisante pour dresser un tableau phytochimique fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>En tant qu&rsquo;holoparasite, <em>Orobanche alba<\/em> pr\u00e9l\u00e8ve la totalit\u00e9 de ses ressources nutritives sur son h\u00f4te, ce qui peut r\u00e9duire la vigueur des plants de thym ou de serpolet parasit\u00e9s. Toutefois, dans les milieux naturels, cette interaction reste g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9quilibr\u00e9e et ne menace pas la survie des populations d&rsquo;h\u00f4tes. Les fleurs parfum\u00e9es de l&rsquo;orobanche du serpolet attirent une faune pollinisatrice diversifi\u00e9e, notamment les bourdons, les abeilles solitaires et certains papillons, qui visitent les corolles pour le nectar. La mouche <em>Phytomyza orobanchia<\/em>, sp\u00e9cialis\u00e9e dans le parasitisme des orobanches, peut attaquer les capsules et d\u00e9truire une proportion significative des graines. Certaines esp\u00e8ces de col\u00e9opt\u00e8res et de chenilles de microl\u00e9pidopt\u00e8res se nourrissent occasionnellement des tiges charnues. L&rsquo;orobanche contribue \u00e0 la complexit\u00e9 trophique des pelouses s\u00e8ches calcicoles, ces \u00e9cosyst\u00e8mes d&rsquo;une exceptionnelle richesse en biodiversit\u00e9. Sa pr\u00e9sence t\u00e9moigne du bon \u00e9tat de conservation des communaut\u00e9s de Lamiac\u00e9es aromatiques et, par extension, de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;habitat.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p>La composition chimique d&rsquo;<em>Orobanche alba<\/em> est influenc\u00e9e par celle de ses h\u00f4tes thymif\u00e8res. Des analyses ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la pr\u00e9sence de compos\u00e9s ph\u00e9noliques significatifs dans les parties a\u00e9riennes, notamment des <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosidiques<\/strong> tels que l&rsquo;<strong>act\u00e9oside<\/strong> et l&rsquo;<strong>orobanch\u00e9oside<\/strong>, dot\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong>, caract\u00e9ristiques de la famille des Orobanchac\u00e9es, sont pr\u00e9sents, dont l&rsquo;<strong>orobanchine<\/strong> et des d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;<strong>aucubine<\/strong>. La plante contient des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a>, lut\u00e9oline) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>. L&rsquo;odeur aromatique caract\u00e9ristique de cette orobanche est due \u00e0 des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/terpenes\/\">terp\u00e8nes<\/a> volatils<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/thymol\/\">thymol<\/a>, carvacrol et leurs d\u00e9riv\u00e9s) transf\u00e9r\u00e9s depuis l&rsquo;h\u00f4te via la connexion haustoriale. Ce transfert de m\u00e9tabolites secondaires entre h\u00f4te et parasite constitue un ph\u00e9nom\u00e8ne biochimique remarquable, illustrant l&rsquo;intimit\u00e9 de la connexion vasculaire. Des <strong>sucres solubles<\/strong> et des <strong>acides amin\u00e9s<\/strong> en proportion \u00e9lev\u00e9e t\u00e9moignent de l&rsquo;alimentation h\u00e9t\u00e9rotrophe de la plante.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p><em>Orobanche alba<\/em> n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme une plante toxique. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine ou animale n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 apr\u00e8s sa consommation ou sa manipulation. Les parties a\u00e9riennes charnues sont comestibles, bien que leur int\u00e9r\u00eat gustatif soit limit\u00e9. Les irido\u00efdes et les compos\u00e9s ph\u00e9noliques qu&rsquo;elle contient ne pr\u00e9sentent pas de toxicit\u00e9 significative aux doses qui seraient ing\u00e9r\u00e9es lors d&rsquo;une consommation alimentaire occasionnelle. La manipulation de la plante ne provoque aucune irritation cutan\u00e9e ni r\u00e9action allergique connue. La principale pr\u00e9caution \u00e0 observer est d&rsquo;ordre \u00e9cologique : l&rsquo;arrachage des orobanches dans les milieux naturels doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9 car il peut perturber les communaut\u00e9s de pelouses s\u00e8ches calcicoles, habitats souvent patrimoniaux. De plus, la d\u00e9termination des orobanches \u00e9tant notoirement difficile, il convient de ne pas confondre cette esp\u00e8ce avec d&rsquo;autres orobanches dont la comestibilit\u00e9 n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les orobanches en g\u00e9n\u00e9ral ont \u00e9t\u00e9 peu utilis\u00e9es dans les traditions ethnobotaniques europ\u00e9ennes, leur nature parasitaire les rendant suspectes et leur occurrence impr\u00e9visible limitant leur disponibilit\u00e9. <em>Orobanche alba<\/em>, en raison de son association avec les thyms aromatiques, a cependant suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat particulier. Son parfum agr\u00e9able et sa couleur sombre lui ont valu une place dans certaines traditions populaires m\u00e9diterran\u00e9ennes. Dans le sud de la France et en Espagne, les tiges charnues de certaines orobanches \u00e9taient occasionnellement consomm\u00e9es crues ou grill\u00e9es, comme un l\u00e9gume sauvage de curiosit\u00e9. La saveur est d\u00e9crite comme fade \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9e, avec des notes aromatiques li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;h\u00f4te. En m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, les orobanches \u00e9taient parfois employ\u00e9es en d\u00e9coction comme tonique et astringent, notamment pour les affections digestives. La croyance que les orobanches \u00ab volaient la force \u00bb des plantes aromatiques conduisait parfois les bergers \u00e0 les arracher pour prot\u00e9ger les thyms dont se nourrissaient leurs troupeaux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>La culture intentionnelle d&rsquo;<em>Orobanche alba<\/em> est exceptionnelle et rel\u00e8ve essentiellement de la recherche ou de la curiosit\u00e9 botanique. Elle n\u00e9cessite imp\u00e9rativement la pr\u00e9sence de plants de thym ou de serpolet vigoureux comme h\u00f4tes. Les graines, extr\u00eamement fines, sont sem\u00e9es directement au pied des thyms, \u00e0 la surface du sol ou l\u00e9g\u00e8rement enfouies, de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;automne. La germination et l&rsquo;\u00e9tablissement du parasitisme peuvent prendre un \u00e0 deux ans avant qu&rsquo;une tige a\u00e9rienne n&rsquo;apparaisse. Le substrat doit \u00eatre calcaire, drainant, pauvre, similaire aux conditions naturelles des pelouses s\u00e8ches. Un emplacement chaud et ensoleill\u00e9 est essentiel. L&rsquo;arrosage doit \u00eatre minimal apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9tablissement. La r\u00e9ussite de la culture est tr\u00e8s al\u00e9atoire et d\u00e9pend de facteurs mal ma\u00eetris\u00e9s, notamment la r\u00e9ceptivit\u00e9 de l&rsquo;h\u00f4te et la synchronisation chimique entre germination du parasite et croissance racinaire de l&rsquo;h\u00f4te. Cette culture constitue davantage une exp\u00e9rimentation botanique qu&rsquo;une pratique horticole reproductible.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La d\u00e9termination des orobanches est r\u00e9put\u00e9e difficile et les confusions sont fr\u00e9quentes. <em>Orobanche alba<\/em> peut \u00eatre confondue avec plusieurs esp\u00e8ces du genre. <em>Orobanche reticulata<\/em> (Orobanche r\u00e9ticul\u00e9e), parasite des Ast\u00e9rac\u00e9es, poss\u00e8de des fleurs de couleur et de taille similaires mais se distingue par son h\u00f4te diff\u00e9rent, ses stigmates jaunes (pourpres chez <em>O. alba<\/em>) et sa pilosit\u00e9 moins glanduleuse. <em>Orobanche gracilis<\/em> (Orobanche gr\u00eale), parasite des Fabac\u00e9es, a des fleurs jaune rouge\u00e2tre avec une l\u00e8vre inf\u00e9rieure \u00e0 lobes plus aigus. <em>Orobanche caryophyllacea<\/em> se reconna\u00eet \u00e0 son odeur de girofle et ses stigmates jaunes. L&rsquo;identification d&rsquo;<em>O. alba<\/em> repose sur la combinaison des crit\u00e8res suivants : couleur pourpre fonc\u00e9 de la tige et des fleurs, stigmate rouge sombre \u00e0 pourpre, parfum agr\u00e9able, pilosit\u00e9 glanduleuse dense, et surtout parasitisme exclusif sur les Lamiac\u00e9es aromatiques (thyms, serpolets). L&rsquo;identification de l&rsquo;h\u00f4te est souvent la cl\u00e9 de d\u00e9termination la plus fiable pour les orobanches.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Orobanche alba<\/em> n&rsquo;est pas globalement menac\u00e9e et ne figure sur aucune liste rouge nationale en France. Cependant, la r\u00e9gression des pelouses s\u00e8ches calcicoles, son habitat principal, constitue une menace indirecte significative. L&rsquo;abandon du p\u00e2turage extensif, l&#8217;embroussaillement des pelouses, la conversion en cultures ou en plantations foresti\u00e8res, et l&rsquo;urbanisation r\u00e9duisent progressivement les surfaces favorables. La diminution des populations de thyms et serpolets, ses h\u00f4tes obligatoires, entra\u00eene m\u00e9caniquement une rar\u00e9faction de l&rsquo;orobanche. Dans les r\u00e9gions les plus anthropis\u00e9es, l&rsquo;esp\u00e8ce peut \u00eatre localement rare et m\u00e9riter une attention particuli\u00e8re. Les pelouses s\u00e8ches calcicoles sont des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire au titre de la Directive Habitats europ\u00e9enne (code 6210), ce qui contribue indirectement \u00e0 la pr\u00e9servation de cette orobanche. La gestion conservatoire de ces milieux par le p\u00e2turage extensif ou la fauche avec exportation est la mesure la plus efficace pour maintenir les conditions favorables \u00e0 <em>O. alba<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orobanche du serpolet est peut-\u00eatre la plus esth\u00e9tique des orobanches fran\u00e7aises, avec ses teintes de vin rouge et son parfum suave, deux qualit\u00e9s inattendues pour une plante parasite. Son odeur agr\u00e9able, emprunt\u00e9e \u00e0 son h\u00f4te thymif\u00e8re par transfert vasculaire de terp\u00e8nes volatils, constitue un cas remarquable de \u00ab vol de parfum \u00bb entre plantes. Cette appropriation chimique illustre la profondeur de l&rsquo;int\u00e9gration physiologique entre le parasite et son h\u00f4te : l&rsquo;orobanche ne se contente pas de pr\u00e9lever eau et sucres, elle absorbe aussi les huiles essentielles qui font la renomm\u00e9e aromatique des thyms. Les botanistes de terrain connaissent bien l&rsquo;exp\u00e9rience de percevoir une odeur de thym en manipulant une orobanche \u2014 une sensation d\u00e9routante face \u00e0 une plante sans la moindre feuille verte. Les orobanches fascinent les biologistes contemporains comme mod\u00e8les d&rsquo;\u00e9tude des interactions mol\u00e9culaires plante-parasite : comment une graine minuscule d\u00e9tecte-t-elle la pr\u00e9sence d&rsquo;une racine d&rsquo;h\u00f4te \u00e0 quelques millim\u00e8tres de distance ? Comment le parasite d\u00e9tourne-t-il les flux de s\u00e8ve \u00e0 son profit ? Ces questions fondamentales, \u00e9tudi\u00e9es activement dans les laboratoires du monde entier, font des orobanches des vedettes discr\u00e8tes de la biologie v\u00e9g\u00e9tale moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>OROBANCHE DU SERPOLET pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Orobanche%20alba\">Plants of the World Online, Kew : <em>Orobanche alba<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Orobanche+alba\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Orobanche alba<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Noms vernaculaires : orobanche blanche. I. 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