{"id":1169,"date":"2026-03-26T11:37:12","date_gmt":"2026-03-26T10:37:12","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orobanche-pourpree\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"orobanche-pourpree","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/orobanche-pourpree\/","title":{"rendered":"OROBANCHE POURPR\u00c9E"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Orobanche%20pourpre.jpg\" alt=\"Planche botanique Orobanche pourpre\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Orobanche purpurea<\/em> Jacq.<br \/><strong>Famille :<\/strong> Orobanchaceae<br \/><strong>Genre :<\/strong> <em>Orobanche<\/em><br \/><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Phelipanche purpurea<\/em> (Jacq.) Soj\u00e1k<br \/><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Orobanche pourpr\u00e9e, Orobanche pourpre, Orobanche de l&rsquo;achill\u00e9e, Purple broomrape (en), Purpur-Sommerwurz (de), Succiamele purpurea (it)<\/p>\n<p>Le nom <em>Orobanche<\/em> d\u00e9rive du grec <em>orobos<\/em> (vesce, ers) et <em>anchein<\/em> (\u00e9trangler), car certaines esp\u00e8ces parasitent les l\u00e9gumineuses et semblent les \u00e9touffer. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>purpurea<\/em> (pourpr\u00e9e) d\u00e9crit la couleur violac\u00e9e de l&rsquo;ensemble de la plante. Les orobanches sont des plantes holoparasites, d\u00e9pourvues de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a>, qui se nourrissent enti\u00e8rement aux d\u00e9pens de leurs plantes-h\u00f4tes via des haustoria (su\u00e7oirs racinaires). L&rsquo;Orobanche pourpr\u00e9e parasite sp\u00e9cifiquement les Asteraceae du genre <em>Achillea<\/em> (achill\u00e9es) et parfois <em>Artemisia<\/em> (armoises). Le genre <em>Orobanche<\/em> sensu lato comprend environ 200 esp\u00e8ces, certaines \u00e9tant des ravageurs agricoles majeurs (l&rsquo;orobanche rameuse <em>Phelipanche ramosa<\/em> parasite le tournesol, le colza, le tabac et le chanvre). La classification du genre est complexe : certains auteurs s\u00e9parent les esp\u00e8ces \u00e0 \u00e9tamines ins\u00e9r\u00e9es haut dans le tube (sous-genre <em>Phelipanche<\/em>) et les \u00e9l\u00e8vent au rang de genre distinct.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace (ou annuelle selon la dur\u00e9e de vie de l&rsquo;h\u00f4te), holoparasite, enti\u00e8rement d\u00e9pourvue de chlorophylle, de 15 \u00e0 45 cm de hauteur. La tige est dress\u00e9e, simple, robuste, charnue, de couleur bleu-violac\u00e9 \u00e0 pourpre fonc\u00e9, glanduleuse-pubescente. Elle \u00e9merge du sol au printemps, directement de la connexion parasitaire avec les racines de la plante-h\u00f4te. Le syst\u00e8me souterrain consiste en un renflement (tubercule de connexion) fix\u00e9 par un haustorium aux racines de l&rsquo;h\u00f4te.<\/p>\n<p>Les feuilles sont r\u00e9duites \u00e0 des \u00e9cailles alternes, lanc\u00e9ol\u00e9es, pourpres \u00e0 brun\u00e2tres, de 10 \u00e0 20 mm, plaqu\u00e9es contre la tige. L&rsquo;inflorescence est un \u00e9pi terminal cylindrique, dense, de 5 \u00e0 15 cm, portant 10 \u00e0 30 fleurs. Chaque fleur est bilabi\u00e9e, tubuleuse, de 18 \u00e0 25 mm de long, d&rsquo;un bleu-violac\u00e9 \u00e0 pourpre vif, \u00e0 l\u00e8vre sup\u00e9rieure bilob\u00e9e et l\u00e8vre inf\u00e9rieure trilob\u00e9e, pubescente-glanduleuse. Le calice est \u00e0 4 lobes (2 lat\u00e9raux bifides). Les \u00e9tamines sont 4, didynames, ins\u00e9r\u00e9es \u00e0 la base du tube. Le fruit est une capsule contenant des milliers de graines minuscules (0,2 \u00e0 0,4 mm), brunes, poussi\u00e9reuses, dispers\u00e9es par le vent. La floraison intervient de mai \u00e0 juillet.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et \u00e9cologie<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orobanche pourpr\u00e9e se rencontre exclusivement l\u00e0 o\u00f9 pousse sa plante-h\u00f4te, principalement <em>Achillea millefolium<\/em> (Achill\u00e9e millefeuille) et <em>Achillea ptarmica<\/em>, parfois <em>Artemisia vulgaris<\/em>. Elle est pr\u00e9sente dans les prairies s\u00e8ches \u00e0 m\u00e9sophiles, les pelouses calcicoles, les talus, les bords de chemins et les friches o\u00f9 l&rsquo;achill\u00e9e est abondante. Elle affectionne les sols calcaires \u00e0 neutres, secs \u00e0 mod\u00e9r\u00e9ment frais, bien drain\u00e9s.<\/p>\n<p>Le cycle parasitaire est complexe : les graines microscopiques, dispers\u00e9es par le vent en quantit\u00e9s astronomiques (une plante peut produire 50 000 \u00e0 500 000 graines), ne germent qu&rsquo;en r\u00e9ponse \u00e0 des signaux chimiques (strigolactones) \u00e9mis par les racines de la plante-h\u00f4te \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate (quelques millim\u00e8tres). La radicule p\u00e9n\u00e8tre alors les racines de l&rsquo;h\u00f4te et \u00e9tablit la connexion vasculaire. La plante parasite cro\u00eet ensuite enti\u00e8rement aux d\u00e9pens de l&rsquo;h\u00f4te pendant plusieurs mois avant de fleurir et de produire des graines. La pollinisation est entomophile (bourdons, abeilles).<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;Orobanche pourpr\u00e9e est une esp\u00e8ce europ\u00e9enne, distribu\u00e9e de l&rsquo;Espagne et de la France \u00e0 l&rsquo;ouest jusqu&rsquo;\u00e0 la Russie et le Caucase \u00e0 l&rsquo;est, et du sud de la Scandinavie au nord jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Italie et les Balkans au sud. En France, elle est pr\u00e9sente dans la plupart des r\u00e9gions mais diss\u00e9min\u00e9e et localement rare, sa pr\u00e9sence \u00e9tant conditionn\u00e9e par celle de l&rsquo;achill\u00e9e millefeuille en densit\u00e9 suffisante. Elle est plus fr\u00e9quente dans l&rsquo;est, le centre et le sud du pays.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Orobanche purpurea<\/em> est tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9e. Les orobanches en g\u00e9n\u00e9ral contiennent des <strong>ph\u00e9nylpropano\u00efdes glycosidiques<\/strong> (orobanchine, act\u00e9oside\/verbascoside, isoact\u00e9oside), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong>, des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>. Les pigments pourpres sont des <strong>anthocyanes<\/strong>. En tant que plante holoparasite d\u00e9pourvue de chlorophylle, le m\u00e9tabolisme photosynth\u00e9tique est absent et la plante d\u00e9pend enti\u00e8rement des photosynth\u00e9tats de l&rsquo;h\u00f4te, ce qui peut influencer son profil m\u00e9tabolique secondaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les \u00e9tudes pharmacologiques sur les orobanches sont rares. Les ph\u00e9nylpropano\u00efdes (act\u00e9oside) pr\u00e9sents dans le genre poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong>, <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>neuroprotectrices<\/strong> et <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong> document\u00e9es dans d&rsquo;autres esp\u00e8ces et genres (Orobanchaceae, Plantaginaceae). L&rsquo;act\u00e9oside est un compos\u00e9 bioactif prometteur, mais son extraction \u00e0 partir d&rsquo;<em>O. purpurea<\/em> n&rsquo;est pas envisag\u00e9e en raison de la raret\u00e9 de la plante et de la difficult\u00e9 de la cultiver (parasite obligatoire). Aucune \u00e9tude pharmacologique sp\u00e9cifique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e sur <em>O. purpurea<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune indication th\u00e9rapeutique n&rsquo;est reconnue.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Ph\u00e9nylpropano\u00efdes glycosidiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Anthocyanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Sans objet.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 connue. La r\u00e9colte en milieu naturel est fortement d\u00e9conseill\u00e9e en raison de la raret\u00e9 de l&rsquo;esp\u00e8ce dans de nombreuses r\u00e9gions.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Sans objet.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>Aucune donn\u00e9e toxicologique sp\u00e9cifique. Les orobanches sont consid\u00e9r\u00e9es comme non toxiques. Certaines esp\u00e8ces (notamment <em>O. crenata<\/em>) sont consomm\u00e9es comme l\u00e9gume dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en oriental (Cr\u00e8te, Turquie, Liban) sans toxicit\u00e9 rapport\u00e9e, mais cette pratique ne concerne pas <em>O. purpurea<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les orobanches en g\u00e9n\u00e9ral n&rsquo;ont jamais jou\u00e9 de r\u00f4le significatif en m\u00e9decine traditionnelle europ\u00e9enne, contrairement \u00e0 certaines esp\u00e8ces asiatiques utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle chinoise (<em>Cistanche deserticola<\/em>, <em>Orobanche<\/em> spp.). L&rsquo;Orobanche pourpr\u00e9e n&rsquo;a aucun usage document\u00e9 en alimentation ou en phytoth\u00e9rapie. Son int\u00e9r\u00eat est exclusivement botanique (biologie du parasitisme, taxonomie, \u00e9cologie des interactions plante-plante) et esth\u00e9tique (les inflorescences pourpres sont spectaculaires dans les prairies calcaires).<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p>La culture d&rsquo;<em>Orobanche purpurea<\/em> est impossible en dehors de la pr\u00e9sence de sa plante-h\u00f4te. Des essais de culture en conditions contr\u00f4l\u00e9es (inoculation de graines d&rsquo;orobanche sur des racines d&rsquo;achill\u00e9e en pot) sont possibles \u00e0 des fins de recherche, mais la culture \u00e0 grande \u00e9chelle n&rsquo;est pas envisageable. En milieu naturel, la conservation passe par le maintien des prairies calcicoles riches en achill\u00e9e, par une fauche tardive (apr\u00e8s la fructification de l&rsquo;orobanche) et par l&rsquo;absence de traitement herbicide.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h3>\n<p><em>Orobanche purpurea<\/em> est class\u00e9e LC (Pr\u00e9occupation mineure) \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne mais figure sur les listes rouges r\u00e9gionales de plusieurs r\u00e9gions fran\u00e7aises et europ\u00e9ennes (Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas) o\u00f9 elle est rare et en r\u00e9gression. En France, elle ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de protection nationale mais est prot\u00e9g\u00e9e dans certaines r\u00e9gions (\u00cele-de-France, Nord-Pas-de-Calais). Elle n&rsquo;est inscrite \u00e0 aucune pharmacop\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>OROBANCHE POURPR\u00c9E pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Orobanche%20purpurea\">Plants of the World Online, Kew : <em>Orobanche purpurea<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Orobanche+purpurea\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Orobanche purpurea<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Nom scientifique : Orobanche purpurea Jacq.Famille : OrobanchaceaeGenre : OrobancheSynonymes : Phelipanche purpurea (Jacq.) 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