{"id":11740,"date":"2026-05-26T17:10:55","date_gmt":"2026-05-26T15:10:55","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/26\/ces-poacees-qui-se-ressemblent-toutes-guide-de-terrain-pour-la-region-rhone-alpes\/"},"modified":"2026-06-18T20:15:04","modified_gmt":"2026-06-18T18:15:04","slug":"ces-poacees-qui-se-ressemblent-toutes-guide-de-terrain-pour-la-region-rhone-alpes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/05\/26\/ces-poacees-qui-se-ressemblent-toutes-guide-de-terrain-pour-la-region-rhone-alpes\/","title":{"rendered":"Ces Poac\u00e9es qui se ressemblent toutes \u2014 Guide de terrain pour la r\u00e9gion Rh\u00f4ne-Alpes"},"content":{"rendered":"<h2>I. Introduction \u2014 pourquoi les gramin\u00e9es d\u00e9couragent le botaniste<\/h2>\n<p>Les <strong>Poac\u00e9es<\/strong> (anciennement Gramin\u00e9es) forment la cinqui\u00e8me famille de plantes \u00e0 fleurs par le nombre d&rsquo;esp\u00e8ces \u2014 environ 12 000 dans le monde, plus de 300 en France \u2014 et sans doute la premi\u00e8re par l&rsquo;impact sur les paysages. En Rh\u00f4ne-Alpes, des plaines du Lyonnais aux alpages du Vercors et de la Vanoise, elles tapissent chaque prairie, chaque talus, chaque sous-bois. Et pourtant, la plupart des naturalistes avouent les esquiver : \u00ab Ce sont des herbes, elles se ressemblent toutes. \u00bb<\/p>\n<p>Ce guide de terrain veut d\u00e9montrer le contraire. Avec une poign\u00e9e de crit\u00e8res \u2014 le type de <strong>ligule<\/strong>, la forme de l&rsquo;<strong>inflorescence<\/strong>, la section du <strong>chaume<\/strong>, la pr\u00e9sence ou l&rsquo;absence d&rsquo;<strong>oreillettes<\/strong> \u2014 il devient possible de nommer la majorit\u00e9 des gramin\u00e9es qu&rsquo;on croise lors d&rsquo;une sortie. Le secret tient en une phrase : <em>ne regardez pas la plante dans son ensemble, regardez la jonction entre la gaine et le limbe<\/em>. C&rsquo;est l\u00e0, dans ce centim\u00e8tre carr\u00e9 que le n\u00e9ophyte ignore, que se cache presque toujours la cl\u00e9.<\/p>\n<p>Nous passerons en revue une quarantaine d&rsquo;esp\u00e8ces parmi les plus fr\u00e9quentes ou les plus remarquables de la r\u00e9gion Rh\u00f4ne-Alpes, regroup\u00e9es par habitat. Pour chacune, les crit\u00e8res discriminants sont mis en valeur, les confusions classiques signal\u00e9es, et les astuces de terrain soulign\u00e9es. Le vocabulaire n\u00e9cessaire est expliqu\u00e9 dans le chapitre suivant \u2014 il est indispensable de le ma\u00eetriser avant d&rsquo;aller plus loin.<\/p>\n<h2>II. Anatomie d&rsquo;une gramin\u00e9e \u2014 le vocabulaire indispensable<\/h2>\n<p>Avant d&rsquo;aborder les esp\u00e8ces, il faut parler la m\u00eame langue. Voici les termes que ce guide utilisera constamment.<\/p>\n<h3>L&rsquo;appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>Le <strong>chaume<\/strong> est la tige des gramin\u00e9es. Il est presque toujours creux (sauf chez le ma\u00efs et quelques autres) et divis\u00e9 en <strong>entre-n\u0153uds<\/strong> s\u00e9par\u00e9s par des <strong>n\u0153uds<\/strong> pleins. Sa section est ronde chez l&rsquo;immense majorit\u00e9 des esp\u00e8ces, mais comprim\u00e9e lat\u00e9ralement chez le p\u00e2turin (<em>Poa<\/em>) et nettement triangulaire chez les Cyp\u00e9rac\u00e9es \u2014 qui ne sont pas des Poac\u00e9es.<\/p>\n<p>La <strong>feuille<\/strong> se compose de deux parties : la <strong>gaine<\/strong>, qui enveloppe le chaume comme un manchon, et le <strong>limbe<\/strong>, la partie libre qui s&rsquo;en \u00e9carte. La gaine peut \u00eatre <strong>fendue<\/strong> (ouverte sur toute sa longueur, les bords se chevauchant simplement) ou <strong>soud\u00e9e<\/strong> (formant un tube ferm\u00e9). Ce caract\u00e8re est fondamental : il s\u00e9pare d&#8217;embl\u00e9e des genres entiers.<\/p>\n<p>\u00c0 la jonction de la gaine et du limbe se trouve la <strong>ligule<\/strong>. C&rsquo;est une petite membrane, une frange de poils, ou parfois un simple bourrelet. Sa forme, sa longueur et sa texture constituent le crit\u00e8re d&rsquo;identification le plus fiable des gramin\u00e9es. Pour l&rsquo;observer, tenez la feuille entre le pouce et l&rsquo;index, tirez doucement le limbe vers l&rsquo;arri\u00e8re : la ligule appara\u00eet, dress\u00e9e contre le chaume. Une <strong>ligule membraneuse<\/strong> est une languette translucide, souvent blanche, de 0,5 \u00e0 10 mm. Une <strong>ligule cili\u00e9e<\/strong> est r\u00e9duite \u00e0 une rang\u00e9e de poils courts.<\/p>\n<p>De part et d&rsquo;autre de la ligule, certaines esp\u00e8ces portent des <strong>oreillettes<\/strong> (ou auricules) : deux petits crochets ou lobes qui embrassent le chaume. Leur pr\u00e9sence, leur taille et leur pilosit\u00e9 sont des crit\u00e8res pr\u00e9cieux. L&rsquo;orge des rats et le ray-grass d&rsquo;Italie (<em>Lolium multiflorum<\/em>) en ont de bien d\u00e9velopp\u00e9es ; chez le ray-grass anglais (<em>Lolium perenne<\/em>) elles sont en revanche petites ou peu marqu\u00e9es, et la plupart des p\u00e2turins n&rsquo;en ont pas.<\/p>\n<p>La <strong>pr\u00e9foliation<\/strong> \u2014 la mani\u00e8re dont les jeunes feuilles sont pli\u00e9es dans le bourgeon \u2014 se v\u00e9rifie en coupant transversalement la base d&rsquo;une touffe. Si les jeunes feuilles sont <strong>pli\u00e9es en V<\/strong> (condupliqu\u00e9es), la section montre des V embo\u00eet\u00e9s ; si elles sont <strong>enroul\u00e9es<\/strong> (convolut\u00e9es), la section montre des cercles concentriques. Ce caract\u00e8re, stable et facile \u00e0 observer \u00e0 la loupe, s\u00e9pare notamment les f\u00e9tuques (pli\u00e9es) des ray-grass (pli\u00e9es aussi) et des agrostides (enroul\u00e9es).<\/p>\n<h3>L&rsquo;inflorescence<\/h3>\n<p>L&rsquo;unit\u00e9 de base de l&rsquo;inflorescence est l&rsquo;<strong>\u00e9pillet<\/strong>. Chaque \u00e9pillet contient une ou plusieurs <strong>fleurs<\/strong> (fleurons), prot\u00e9g\u00e9es \u00e0 la base par deux bract\u00e9es appel\u00e9es <strong>glumes<\/strong>. Chaque fleuron est lui-m\u00eame envelopp\u00e9 par deux pi\u00e8ces : la <strong>lemme<\/strong> (glumelle inf\u00e9rieure, qui porte souvent une <strong>ar\u00eate<\/strong>) et la <strong>pal\u00e9ole<\/strong> (glumelle sup\u00e9rieure, membraneuse).<\/p>\n<p>Les \u00e9pillets sont dispos\u00e9s selon trois grands types d&rsquo;inflorescence :<\/p>\n<p>\u2014 L&rsquo;<strong>\u00e9pi<\/strong> : les \u00e9pillets sont directement fix\u00e9s (sessiles) sur l&rsquo;axe central (le rachis), sans p\u00e9dicelle. L&rsquo;ivraie (<em>Lolium<\/em>) et le chiendent (<em>Elymus<\/em>) portent de vrais \u00e9pis.<\/p>\n<p>\u2014 La <strong>panicule<\/strong> : les \u00e9pillets sont port\u00e9s par des rameaux qui se ramifient eux-m\u00eames, formant une structure a\u00e9r\u00e9e, pyramidale ou ovo\u00efde. La panicule peut \u00eatre <strong>l\u00e2che<\/strong> (ouverte, les rameaux \u00e9cart\u00e9s) ou <strong>contract\u00e9e<\/strong> (resserr\u00e9e, les rameaux plaqu\u00e9s contre l&rsquo;axe, mimant un \u00e9pi). La fl\u00e9ole et le vulpin portent des panicules contract\u00e9es qu&rsquo;on prend souvent pour des \u00e9pis.<\/p>\n<p>\u2014 La <strong>grappe<\/strong> : les \u00e9pillets sont port\u00e9s par des p\u00e9dicelles simples (non ramifi\u00e9s) fix\u00e9s directement sur l&rsquo;axe. Le brome et le m\u00e9lique en portent.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence ou l&rsquo;absence d&rsquo;une <strong>ar\u00eate<\/strong> sur la lemme, sa position (terminale, dorsale, basale) et sa longueur sont des crit\u00e8res majeurs. L&rsquo;ar\u00eate dorsale et genouill\u00e9e de l&rsquo;avoine, l&rsquo;ar\u00eate terminale du brome, l&rsquo;absence d&rsquo;ar\u00eate chez le p\u00e2turin : autant de signatures reconnaissables.<\/p>\n<h3>Le port g\u00e9n\u00e9ral<\/h3>\n<p>On distingue les gramin\u00e9es <strong>cespiteuses<\/strong> (formant des touffes denses, sans stolons ni rhizomes) des gramin\u00e9es <strong>tra\u00e7antes<\/strong> (\u00e9mettant des <strong>stolons<\/strong> rampant \u00e0 la surface ou des <strong>rhizomes<\/strong> souterrains). Le dactyle est cespiteux ; le chiendent est tra\u00e7ant par rhizomes ; le p\u00e2turin des pr\u00e9s combine les deux strat\u00e9gies.<\/p>\n<h2>III. Cl\u00e9 de d\u00e9termination simplifi\u00e9e par type d&rsquo;inflorescence<\/h2>\n<p>Cette cl\u00e9 ne remplace pas une flore, mais elle oriente rapidement vers le bon groupe. Elle couvre les esp\u00e8ces trait\u00e9es dans ce guide.<\/p>\n<h3>A. Inflorescence en \u00e9pi vrai (\u00e9pillets sessiles sur le rachis)<\/h3>\n<p>\u2192 \u00c9pillets ins\u00e9r\u00e9s par leur <strong>c\u00f4t\u00e9 plat<\/strong> (une seule glume visible par \u00e9pillet, sauf l&rsquo;\u00e9pillet terminal) : <strong>Ivraie<\/strong> (<em>Lolium<\/em>)<br \/>\n\u2192 \u00c9pillets ins\u00e9r\u00e9s par leur <strong>c\u00f4t\u00e9 \u00e9troit<\/strong> (deux glumes visibles), solitaires \u00e0 chaque n\u0153ud : <strong>Chiendent<\/strong> (<em>Elymus<\/em>)<br \/>\n\u2192 \u00c9pillets group\u00e9s par <strong>2-3 \u00e0 chaque n\u0153ud<\/strong> : <strong>Orge<\/strong> (<em>Hordeum<\/em>)<br \/>\n\u2192 \u00c9pi unilat\u00e9ral, \u00e9pillets sur un seul c\u00f4t\u00e9 : <strong>Nard raide<\/strong> (<em>Nardus<\/em>)<br \/>\n\u2192 \u00c9pi cylindrique dense avec de longs cils, \u00ab queue de renard \u00bb : <strong>Vulpin<\/strong> (<em>Alopecurus<\/em>) \u2014 en r\u00e9alit\u00e9 panicule tr\u00e8s contract\u00e9e<\/p>\n<h3>B. Inflorescence en panicule contract\u00e9e, cylindrique ou ovo\u00efde (aspect d&rsquo;\u00e9pi mais \u00e9pillets p\u00e9dicell\u00e9s)<\/h3>\n<p>\u2192 Panicule cylindrique tr\u00e8s dense, ne se d\u00e9forme pas quand on la plie entre les doigts : <strong>Fl\u00e9ole<\/strong> (<em>Phleum<\/em>)<br \/>\n\u2192 Panicule cylindrique dense, se d\u00e9forme quand on la plie : <strong>Vulpin<\/strong> (<em>Alopecurus<\/em>)<br \/>\n\u2192 Panicule lob\u00e9e, en glom\u00e9rules unilat\u00e9raux serr\u00e9s : <strong>Dactyle<\/strong> (<em>Dactylis<\/em>)<br \/>\n\u2192 Panicule spiciforme \u00e9troite, dor\u00e9e : <strong>Koel\u00e9rie<\/strong> (<em>Koeleria<\/em>)<br \/>\n\u2192 Panicule spiciforme argent\u00e9e, soyeuse : <strong>Calamagrostide<\/strong> (<em>Calamagrostis<\/em>)<\/p>\n<h3>C. Inflorescence en panicule l\u00e2che et ouverte<\/h3>\n<p>\u2192 \u00c9pillets en forme de c\u0153ur, pendants, tremblants au moindre souffle : <strong>Brize<\/strong> (<em>Briza<\/em>)<br \/>\n\u2192 \u00c9pillets tr\u00e8s petits (2-3 mm), panicule vaporeuse : <strong>Agrostide<\/strong> (<em>Agrostis<\/em>)<br \/>\n\u2192 \u00c9pillets \u00e0 ar\u00eate dorsale genouill\u00e9e d\u00e9passant les glumes : <strong>Fromental<\/strong> (<em>Arrhenatherum<\/em>) ou <strong>Avoine<\/strong> (<em>Avena<\/em>)<br \/>\n\u2192 \u00c9pillets \u00e0 2 fleurons dont un arist\u00e9, panicule dense et velue au toucher : <strong>Houlque<\/strong> (<em>Holcus<\/em>)<br \/>\n\u2192 \u00c9pillets sans ar\u00eate, panicule pyramidale \u00e0 rameaux par 3-5, chaume comprim\u00e9 : <strong>P\u00e2turin<\/strong> (<em>Poa<\/em>)<br \/>\n\u2192 Panicule tr\u00e8s grande (20-50 cm), \u00e9pillets violac\u00e9s \u00e0 ar\u00eates droites : <strong>Brome<\/strong> (<em>Bromus<\/em>)<br \/>\n\u2192 Panicule diffuse, \u00e9pillets isol\u00e9s, gros (5-7 mm), grain visible : <strong>Millet diffus<\/strong> (<em>Milium<\/em>)<br \/>\n\u2192 Panicule \u00e0 rameaux dress\u00e9s puis retombants, \u00e9pillets dor\u00e9s, parfum de coumarine au froissement : <strong>Flouve<\/strong> (<em>Anthoxanthum<\/em>)<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/agrostide-commune.jpg\" alt=\"Planche botanique de Agrostis capillaris \u2014 Agrostide commune\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Agrostis capillaris<\/em> \u2014 Agrostide commune. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<h3>D. Inflorescence en grappe ou rac\u00e8me<\/h3>\n<p>\u2192 \u00c9pis digit\u00e9es (2-6 \u00e9pis partant d&rsquo;un m\u00eame point au sommet du chaume) : <strong>Digitaire<\/strong> (<em>Digitaria<\/em>)<br \/>\n\u2192 \u00c9pis en \u00e9couvillon, h\u00e9riss\u00e9s de soies : <strong>S\u00e9taire<\/strong> (<em>Setaria<\/em>)<br \/>\n\u2192 Grappe unilat\u00e9rale, \u00e9pillets pectin\u00e9s : <strong>Cr\u00e9telle<\/strong> (<em>Cynosurus<\/em>)<\/p>\n<h2>IV. Les gramin\u00e9es des prairies de fauche et des p\u00e2turages<\/h2>\n<p>Les prairies m\u00e9sophiles de Rh\u00f4ne-Alpes \u2014 des bords de Sa\u00f4ne aux vall\u00e9es alpines \u2014 abritent un cort\u00e8ge remarquablement constant de gramin\u00e9es fourrag\u00e8res. C&rsquo;est dans ce milieu que le d\u00e9butant doit commencer son apprentissage, car les esp\u00e8ces y sont abondantes, faciles d&rsquo;acc\u00e8s, et leur identification conditionne la lecture de tous les autres habitats.<\/p>\n<h3>Dactyle agglom\u00e9r\u00e9 \u2014 <em>Dactylis glomerata<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/dactyle-agglomere.jpg\" alt=\"Planche botanique de Dactylis glomerata \u2014 Dactyle agglom\u00e9r\u00e9\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Dactylis glomerata<\/em> \u2014 Dactyle agglom\u00e9r\u00e9. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>C&rsquo;est souvent la premi\u00e8re gramin\u00e9e qu&rsquo;un d\u00e9butant apprend \u00e0 reconna\u00eetre, tant son port est caract\u00e9ristique. Le dactyle forme des <strong>touffes robustes<\/strong> de 40 \u00e0 120 cm, aux chaumes raides et comprim\u00e9s lat\u00e9ralement \u00e0 la base \u2014 si vous pressez la base d&rsquo;une touffe entre vos doigts, vous sentez nettement les chaumes aplatis. Les feuilles sont larges (5-10 mm), vert-gris, rudes au toucher, \u00e0 gaine fortement car\u00e9n\u00e9e. La <strong>ligule<\/strong> est membraneuse, longue (5-10 mm), souvent d\u00e9chir\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est une <strong>panicule caract\u00e9ristique<\/strong> : les \u00e9pillets sont agglom\u00e9r\u00e9s en glom\u00e9rules denses, unilat\u00e9raux, port\u00e9s par des rameaux raides et \u00e9cart\u00e9s. On ne peut confondre cette architecture lob\u00e9e avec aucune autre gramin\u00e9e fran\u00e7aise. \u00c0 maturit\u00e9, les glom\u00e9rules deviennent violac\u00e9s ou paille, et les \u00e9pillets s&rsquo;\u00e9cartent, rendant chaque glom\u00e9rule h\u00e9riss\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re imparable :<\/strong> la base comprim\u00e9e de la touffe + les glom\u00e9rules unilat\u00e9raux. M\u00eame en hiver, sans inflorescence, la section aplatie des chaumes trahit le dactyle.<\/p>\n<p>Floraison : mai-septembre. Omnipr\u00e9sent de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (1 800 m).<\/p>\n<h3>Fromental \u00e9lev\u00e9 \u2014 <em>Arrhenatherum elatius<\/em> (L.) P.Beauv. ex J.Presl &amp; C.Presl<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/fromental-eleve.jpg\" alt=\"Planche botanique de Arrhenatherum elatius \u2014 Fromental \u00e9lev\u00e9\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Arrhenatherum elatius<\/em> \u2014 Fromental \u00e9lev\u00e9. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le fromental est le <strong>grand aristocrate des prairies de fauche<\/strong>. Il atteint 60 \u00e0 150 cm, avec des chaumes lisses et dress\u00e9s. Les feuilles sont planes, larges de 4-8 mm, vert franc, \u00e0 gaine lisse et glabre. La <strong>ligule<\/strong> est membraneuse, courte (1-3 mm), tronqu\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>grande<\/strong> (15-30 cm), l\u00e2che, brillante, aux reflets argent\u00e9s et dor\u00e9s. Chaque \u00e9pillet contient <strong>deux fleurons<\/strong> : le fleuron inf\u00e9rieur est m\u00e2le et porte une <strong>longue ar\u00eate dorsale genouill\u00e9e<\/strong> qui d\u00e9passe largement les glumes ; le fleuron sup\u00e9rieur est bisexu\u00e9, \u00e0 ar\u00eate courte ou nulle. C&rsquo;est cette ar\u00eate genouill\u00e9e, coud\u00e9e \u00e0 angle droit et vrill\u00e9e \u00e0 la base, qui signe le fromental.<\/p>\n<p><strong>Confusion possible :<\/strong> avec la <strong>folle avoine<\/strong> (<em>Avena fatua<\/em>), qui poss\u00e8de aussi des ar\u00eates genouill\u00e9es, mais dont les glumes sont beaucoup plus grandes (enveloppant tout l&rsquo;\u00e9pillet) et dont les fleurons portent tous une ar\u00eate. Le fromental est vivace et cespiteux ; la folle avoine est annuelle.<\/p>\n<p>Floraison : mai-juillet. Tr\u00e8s commun dans toutes les prairies de fauche, du Lyonnais au Gr\u00e9sivaudan.<\/p>\n<h3>Houlque laineuse \u2014 <em>Holcus lanatus<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/houlque-laineuse.jpg\" alt=\"Planche botanique de Holcus lanatus \u2014 Houlque laineuse\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Holcus lanatus<\/em> \u2014 Houlque laineuse. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La houlque se reconna\u00eet avant m\u00eame qu&rsquo;on l&rsquo;examine de pr\u00e8s : <strong>toute la plante est mollement velout\u00e9e<\/strong>. Passez la main sur les gaines et les limbes \u2014 la pubescence dense et douce est caract\u00e9ristique. Les touffes atteignent 30 \u00e0 80 cm. Les feuilles sont vert p\u00e2le, molles, larges de 4-10 mm. La <strong>ligule<\/strong> est membraneuse, courte (1-3 mm), tronqu\u00e9e et cili\u00e9e au sommet. Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>ovo\u00efde-oblongue<\/strong> (6-15 cm), dense, souvent ros\u00e9e ou blanch\u00e2tre, devenant paille \u00e0 maturit\u00e9. Les \u00e9pillets contiennent deux fleurons ; le fleuron sup\u00e9rieur porte une <strong>ar\u00eate dorsale courte et en crochet<\/strong>, ne d\u00e9passant pas les glumes. C&rsquo;est cette petite ar\u00eate recourb\u00e9e, cach\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9pillet, qui la distingue du fromental (ar\u00eate longue et genouill\u00e9e qui d\u00e9passe).<\/p>\n<p><strong>Confusion possible :<\/strong> avec la <strong>houlque molle<\/strong> (<em>Holcus mollis<\/em>), esp\u00e8ce foresti\u00e8re tra\u00e7ante dont les n\u0153uds portent une touffe de poils r\u00e9fl\u00e9chis caract\u00e9ristique \u2014 chez <em>H. lanatus<\/em>, la pilosit\u00e9 est uniform\u00e9ment r\u00e9partie.<\/p>\n<p>Floraison : juin-ao\u00fbt. Prairies, pelouses, bords de routes. Commune partout en Rh\u00f4ne-Alpes.<\/p>\n<h3>Flouve odorante \u2014 <em>Anthoxanthum odoratum<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/flouve-odorante.jpg\" alt=\"Planche botanique de Anthoxanthum odoratum \u2014 Flouve odorante\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Anthoxanthum odoratum<\/em> \u2014 Flouve odorante. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La flouve est la gramin\u00e9e <strong>qui sent bon<\/strong>. Froissez une feuille entre vos doigts : l&rsquo;odeur de <strong>coumarine<\/strong> \u2014 celle du foin fra\u00eechement coup\u00e9, de l&rsquo;asp\u00e9rule odorante, de la f\u00e8ve tonka \u2014 est imm\u00e9diate et prononc\u00e9e. C&rsquo;est elle qui donne son parfum au foin des prairies de montagne.<\/p>\n<p>Plante gr\u00eale, de 20 \u00e0 50 cm, en touffes l\u00e2ches. Feuilles \u00e9troites (3-5 mm), vert clair, \u00e0 poils \u00e9pars. La <strong>ligule<\/strong> est membraneuse, courte (1-2 mm), tronqu\u00e9e. L&rsquo;inflorescence est une <strong>panicule spiciforme<\/strong> ovo\u00efde-oblongue (3-7 cm), dense, dor\u00e9e \u00e0 maturit\u00e9. Chaque \u00e9pillet contient un seul fleuron fertile, flanqu\u00e9 de deux glumes tr\u00e8s in\u00e9gales et de deux lemmes st\u00e9riles dont l&rsquo;une porte une <strong>ar\u00eate genouill\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re imparable :<\/strong> l&rsquo;odeur de coumarine. Aucune autre gramin\u00e9e commune ne la poss\u00e8de \u00e0 ce point. En l&rsquo;absence de fleurs, froissez les feuilles basales \u2014 le parfum suffit.<\/p>\n<p>Floraison : avril-juin (une des premi\u00e8res \u00e0 fleurir). Prairies, pelouses, lisi\u00e8res. Commune de la plaine aux alpages (2 500 m).<\/p>\n<h3>P\u00e2turin des pr\u00e9s \u2014 <em>Poa pratensis<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/paturin-des-pres.jpg\" alt=\"Planche botanique de Poa pratensis \u2014 P\u00e2turin des pr\u00e9s\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Poa pratensis<\/em> \u2014 P\u00e2turin des pr\u00e9s. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le genre <em>Poa<\/em> est le cauchemar du d\u00e9butant : une dizaine d&rsquo;esp\u00e8ces communes, toutes \u00e0 panicule l\u00e2che, toutes sans ar\u00eate, toutes \u00e0 feuilles \u00e9troites. Mais <em>P. pratensis<\/em> a un caract\u00e8re exclusif facile \u00e0 v\u00e9rifier : c&rsquo;est une esp\u00e8ce <strong>tra\u00e7ante<\/strong>, produisant de longs <strong>rhizomes<\/strong> souterrains qui forment un gazon continu (jamais en touffes isol\u00e9es).<\/p>\n<p>Chaumes de 30 \u00e0 80 cm, lisses, dress\u00e9s. Feuilles planes ou pli\u00e9es, \u00e9troites (2-4 mm), vert franc, \u00e0 sommet <strong>en forme de proue de barque<\/strong> (naviculaire) \u2014 crit\u00e8re visible \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu si l&rsquo;on retourne la feuille. La <strong>ligule<\/strong> est membraneuse, tr\u00e8s courte (0,5-2 mm), tronqu\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes. Gaine lisse, non car\u00e9n\u00e9e.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>pyramidale<\/strong> (5-15 cm), les rameaux inf\u00e9rieurs group\u00e9s par 3-5, d&rsquo;abord dress\u00e9s puis \u00e9tal\u00e9s. Les \u00e9pillets sont petits (3-5 mm), ovales, \u00e0 3-5 fleurons, sans ar\u00eate. La base de chaque lemme porte souvent des <strong>poils laineux<\/strong> (poils de la calle) visibles \u00e0 la loupe \u2014 un crit\u00e8re qui diff\u00e9rencie <em>P. pratensis<\/em> de <em>P. trivialis<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Confusion classique :<\/strong> avec le <strong>p\u00e2turin commun<\/strong> (<em>Poa trivialis<\/em>), tr\u00e8s fr\u00e9quent aussi en prairie. <em>P. trivialis<\/em> est <strong>cespiteux<\/strong> (pas de rhizomes), sa gaine est fortement <strong>car\u00e9n\u00e9e et rude au toucher<\/strong> (passer le doigt de bas en haut), et sa ligule est <strong>longue<\/strong> (4-8 mm), aigu\u00eb. Chez <em>P. pratensis<\/em> : rhizomes, gaine lisse, ligule courte.<\/p>\n<p>Floraison : mai-juillet. Prairies, pelouses, bords de routes. Partout en Rh\u00f4ne-Alpes, de la plaine \u00e0 2 500 m.<\/p>\n<h3>F\u00e9tuque des pr\u00e9s \u2014 <em>Festuca pratensis<\/em> Huds.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/fetuque-des-pres.jpg\" alt=\"Planche botanique de Festuca pratensis \u2014 F\u00e9tuque des pr\u00e9s\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Festuca pratensis<\/em> \u2014 F\u00e9tuque des pr\u00e9s. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La f\u00e9tuque des pr\u00e9s est une grande gramin\u00e9e fourrag\u00e8re (40-120 cm), cespiteuse, aux feuilles planes, larges de 3-6 mm, vert fonc\u00e9, luisantes sur la face sup\u00e9rieure, lisses au toucher. La <strong>ligule<\/strong> est membraneuse, tr\u00e8s courte (0,5-1 mm), tronqu\u00e9e. De petites <strong>oreillettes<\/strong> sont pr\u00e9sentes, courtes, embrassant mollement le chaume, glabres.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>unilat\u00e9rale<\/strong> au d\u00e9but, puis \u00e9tal\u00e9e (10-20 cm), avec un rameau inf\u00e9rieur portant 1-2 \u00e9pillets seulement et un rameau portant 4-6 \u00e9pillets. Les \u00e9pillets sont oblongs, de 8-15 mm, \u00e0 5-10 fleurons, sans ar\u00eate (ou \u00e0 ar\u00eate tr\u00e8s courte, &lt; 1 mm).<\/p>\n<p><strong>Confusion classique :<\/strong> avec le <strong>ray-grass anglais<\/strong> (<em>Lolium perenne<\/em>) qui a aussi des oreillettes et des feuilles luisantes. Mais le ray-grass porte un <strong>\u00e9pi<\/strong> (\u00e9pillets sessiles) tandis que la f\u00e9tuque porte une <strong>panicule<\/strong> (\u00e9pillets p\u00e9dicell\u00e9s). Autre pi\u00e8ge : <em>Festuca arundinacea<\/em> (f\u00e9tuque \u00e9lev\u00e9e), plus grande (60-200 cm), aux feuilles plus larges et rudes, \u00e0 oreillettes cili\u00e9es.<\/p>\n<p>Floraison : juin-juillet. Prairies de fauche, pr\u00e9s humides. Commune dans les vall\u00e9es.<\/p>\n<h3>Ray-grass anglais \u2014 <em>Lolium perenne<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/ray-grass-anglais.jpg\" alt=\"Planche botanique de Lolium perenne \u2014 Ray-grass anglais\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Lolium perenne<\/em> \u2014 Ray-grass anglais. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le ray-grass est probablement la gramin\u00e9e la plus sem\u00e9e en Europe \u2014 pelouses, gazons, prairies temporaires. On le retrouve partout, y compris dans les interstices des trottoirs. C&rsquo;est une esp\u00e8ce <strong>cl\u00e9<\/strong> car son identification est facile et permet de calibrer son regard.<\/p>\n<p>Plante de 20 \u00e0 70 cm, cespiteuse, en touffes aplaties \u00e0 la base. Feuilles planes, \u00e9troites (2-4 mm), vert fonc\u00e9, <strong>luisantes sur le revers<\/strong> (face inf\u00e9rieure brillante comme vernie). La <strong>ligule<\/strong> est membraneuse, tr\u00e8s courte (1-2 mm). Les <strong>oreillettes<\/strong> sont bien d\u00e9velopp\u00e9es, embrassant nettement le chaume. Pr\u00e9foliation pli\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est un <strong>\u00e9pi distique<\/strong> caract\u00e9ristique : les \u00e9pillets sont ins\u00e9r\u00e9s alternativement sur deux rangs, <strong>par leur c\u00f4t\u00e9 \u00e9troit<\/strong> (tranche) contre le rachis, et chacun ne porte qu&rsquo;<strong>une seule glume<\/strong> (la glume interne est absente, sauf sur l&rsquo;\u00e9pillet terminal). Cette disposition donne \u00e0 l&rsquo;\u00e9pi un aspect aplati, en ar\u00eate de poisson.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re imparable :<\/strong> \u00e9pi distique + une seule glume par \u00e9pillet + feuilles luisantes dessous. Aucune autre gramin\u00e9e commune ne r\u00e9unit ces trois caract\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Confusion possible :<\/strong> avec l&rsquo;<strong>ivraie enivrante<\/strong> (<em>Lolium temulentum<\/em>), annuelle, \u00e0 \u00e9pillets plus gros et arist\u00e9s, devenue tr\u00e8s rare. Et avec le <strong>ray-grass d&rsquo;Italie<\/strong> (<em>Lolium multiflorum<\/em>), \u00e0 \u00e9pillets arist\u00e9s et feuilles enroul\u00e9es dans le bourgeon (vs pli\u00e9es chez <em>L. perenne<\/em>).<\/p>\n<p>Floraison : mai-octobre. Omnipr\u00e9sent en Rh\u00f4ne-Alpes, de la plaine aux fonds de vall\u00e9es alpines.<\/p>\n<h3>Vulpin des pr\u00e9s \u2014 <em>Alopecurus pratensis<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/vulpin-des-pres.jpg\" alt=\"Planche botanique de Alopecurus pratensis \u2014 Vulpin des pr\u00e9s\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Alopecurus pratensis<\/em> \u2014 Vulpin des pr\u00e9s. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le vulpin m\u00e9rite son nom : son inflorescence ressemble \u00e0 une <strong>queue de renard<\/strong>, cylindrique, dense, soyeuse au toucher, longue de 4-10 cm. Mais attention : ce n&rsquo;est pas un \u00e9pi. Les \u00e9pillets sont p\u00e9dicell\u00e9s \u2014 c&rsquo;est une <strong>panicule tr\u00e8s contract\u00e9e<\/strong>. Pour le v\u00e9rifier, \u00e9cartez d\u00e9licatement les \u00e9pillets : vous verrez les p\u00e9dicelles courts.<\/p>\n<p>Plante de 30 \u00e0 100 cm, cespiteuse ou \u00e0 rhizomes courts. Feuilles planes, larges de 3-8 mm, vert franc. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, courte (1-3 mm), tronqu\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes. La gaine sup\u00e9rieure est souvent un peu <strong>renfl\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n<p>Chaque \u00e9pillet contient <strong>un seul fleuron<\/strong>. Les deux glumes sont soud\u00e9es \u00e0 la base, pubescentes, et portent une car\u00e8ne ail\u00e9e cili\u00e9e. La lemme porte une <strong>ar\u00eate dorsale<\/strong> ins\u00e9r\u00e9e vers le tiers inf\u00e9rieur, genouill\u00e9e, d\u00e9passant nettement les glumes.<\/p>\n<p><strong>Confusion classique :<\/strong> avec la <strong>fl\u00e9ole des pr\u00e9s<\/strong> (<em>Phleum pratense<\/em>), autre \u00ab queue de cylindre \u00bb. Le test de la pliure les s\u00e9pare : pliez la panicule entre deux doigts \u2014 chez le <strong>vulpin<\/strong>, elle se d\u00e9forme et reprend sa forme (souple) ; chez la <strong>fl\u00e9ole<\/strong>, elle reste rigide (raide). De plus, les glumes de la fl\u00e9ole sont tronqu\u00e9es et portent une ar\u00eate apicale, tandis que celles du vulpin sont aigu\u00ebs et soud\u00e9es.<\/p>\n<p>Floraison : avril-juin (pr\u00e9coce). Prairies humides de fauche, bords de cours d&rsquo;eau. Tr\u00e8s commun dans les plaines et vall\u00e9es de Rh\u00f4ne-Alpes.<\/p>\n<h3>Fl\u00e9ole des pr\u00e9s \u2014 <em>Phleum pratense<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/fleole-des-pres.jpg\" alt=\"Planche botanique de Phleum pratense \u2014 Fl\u00e9ole des pr\u00e9s\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Phleum pratense<\/em> \u2014 Fl\u00e9ole des pr\u00e9s. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La fl\u00e9ole compl\u00e8te le duo des \u00ab queues de renard \u00bb. Son inflorescence est une <strong>panicule cylindrique<\/strong> tr\u00e8s dense, de 5-15 cm, vert p\u00e2le puis dor\u00e9e, <strong>raide au toucher<\/strong> \u2014 comme un petit goupillon. Elle ne se d\u00e9forme pas \u00e0 la pliure.<\/p>\n<p>Plante robuste, de 40 \u00e0 100 cm, cespiteuse, parfois \u00e0 base un peu renfl\u00e9e en bulbe (surtout chez la sous-esp\u00e8ce <em>nodosum<\/em>). Feuilles planes, larges de 4-8 mm, vert-gris, rudes sur les bords. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, moyenne (2-4 mm), tronqu\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>Les glumes sont le signe distinctif : <strong>tronqu\u00e9es au sommet<\/strong>, \u00e0 car\u00e8ne droite portant une <strong>ar\u00eate rigide<\/strong> courte (1-2 mm), donnant \u00e0 l&rsquo;\u00e9pi son aspect h\u00e9riss\u00e9 quand on le regarde de profil. Un seul fleuron par \u00e9pillet.<\/p>\n<p><strong>Comment distinguer fl\u00e9ole et vulpin :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 Fl\u00e9ole : panicule raide (ne se plie pas), glumes tronqu\u00e9es \u00e0 ar\u00eate terminale, pas d&rsquo;ar\u00eate dorsale sur la lemme.<br \/>\n\u2014 Vulpin : panicule souple (se plie), glumes aigu\u00ebs soud\u00e9es \u00e0 la base, ar\u00eate dorsale genouill\u00e9e sur la lemme.<\/p>\n<p>Floraison : juin-ao\u00fbt (plus tardive que le vulpin). Prairies, p\u00e2turages, bords de routes. Commune de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard.<\/p>\n<h3>Tris\u00e8te jaun\u00e2tre \u2014 <em>Trisetum flavescens<\/em> (L.) P.Beauv.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/trisete-jaunatre.jpg\" alt=\"Planche botanique de Trisetum flavescens \u2014 Tris\u00e8te jaun\u00e2tre\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Trisetum flavescens<\/em> \u2014 Tris\u00e8te jaun\u00e2tre. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le tris\u00e8te est la gramin\u00e9e dor\u00e9e des <strong>prairies de fauche de montagne<\/strong>. Sa panicule l\u00e2che, jaune d&rsquo;or \u00e0 maturit\u00e9, illumine les pr\u00e9s de fauche du Vercors, de la Chartreuse et des Bauges en juin-juillet.<\/p>\n<p>Plante de 30 \u00e0 80 cm, cespiteuse, gr\u00eale. Feuilles planes, \u00e9troites (2-5 mm), vert tendre, \u00e0 pubescence molle. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, tr\u00e8s courte (0,5-1,5 mm), tronqu\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>l\u00e2che \u00e0 semi-contract\u00e9e<\/strong> (8-15 cm), dor\u00e9e et brillante. Chaque \u00e9pillet contient <strong>2-4 fleurons<\/strong>, chacun portant une <strong>ar\u00eate dorsale genouill\u00e9e<\/strong>, fine, d\u00e9passant les glumes. Les glumes sont tr\u00e8s in\u00e9gales, la sup\u00e9rieure nettement plus grande.<\/p>\n<p><strong>Confusion possible :<\/strong> avec le <strong>fromental<\/strong>, autre gramin\u00e9e \u00e0 ar\u00eates genouill\u00e9es. Mais le fromental est beaucoup plus grand (jusqu&rsquo;\u00e0 150 cm), ses \u00e9pillets ne contiennent que 2 fleurons (un m\u00e2le arist\u00e9 + un bisexu\u00e9 peu arist\u00e9), et sa panicule est argent\u00e9e, non dor\u00e9e.<\/p>\n<p>Floraison : juin-juillet. Prairies de fauche, surtout en montagne (500-2 200 m). Esp\u00e8ce indicatrice des prairies bien g\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<h3>Cr\u00e9telle des pr\u00e9s \u2014 <em>Cynosurus cristatus<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/cretelle-des-pres.jpg\" alt=\"Planche botanique de Cynosurus cristatus \u2014 Cr\u00e9telle des pr\u00e9s\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Cynosurus cristatus<\/em> \u2014 Cr\u00e9telle des pr\u00e9s. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La cr\u00e9telle est une petite gramin\u00e9e discr\u00e8te (20-60 cm) qui passe souvent inaper\u00e7ue en prairie, mais dont l&rsquo;inflorescence est <strong>unique<\/strong>. Elle porte un <strong>\u00e9pi unilat\u00e9ral<\/strong> \u00e9troit (3-8 cm), raide et lin\u00e9aire, dont les \u00e9pillets sont tous tourn\u00e9s du m\u00eame c\u00f4t\u00e9. Vue de face, on distingue des paires : un \u00e9pillet fertile (\u00e0 fleurons normaux) flanqu\u00e9 d&rsquo;un \u00e9pillet <strong>st\u00e9rile en peigne<\/strong> \u2014 un \u00e9ventail de lemmes en dents de peigne, sans fleurons. Cette structure pectin\u00e9e est unique en France.<\/p>\n<p>Feuilles \u00e9troites (1-3 mm), vert fonc\u00e9, pli\u00e9es. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, tr\u00e8s courte (0,5-1 mm), tronqu\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes. Plante cespiteuse.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re imparable :<\/strong> l&rsquo;\u00e9pi unilat\u00e9ral avec les \u00e9pillets st\u00e9riles en peigne. Visible \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu avec un peu d&rsquo;attention.<\/p>\n<p>Floraison : juin-juillet. Prairies p\u00e2tur\u00e9es, pelouses, bords de routes. Commune en Rh\u00f4ne-Alpes jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m.<\/p>\n<h2>V. Les gramin\u00e9es des pelouses s\u00e8ches et des coteaux<\/h2>\n<p>Les coteaux calcaires du Bugey, les pelouses s\u00e8ches du sud de la Dr\u00f4me, les adrets rocheux du D\u00e9voluy : ces milieux x\u00e9riques abritent un cort\u00e8ge de gramin\u00e9es adapt\u00e9es \u00e0 la s\u00e9cheresse, souvent \u00e0 feuilles fines et enroul\u00e9es, en touffes denses.<\/p>\n<h3>Brome dress\u00e9 \u2014 <em>Bromus erectus<\/em> Huds.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/brome-dresse.jpg\" alt=\"Planche botanique de Bromus erectus \u2014 Brome dress\u00e9\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Bromus erectus<\/em> \u2014 Brome dress\u00e9. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le brome dress\u00e9 est la gramin\u00e9e <strong>dominante des pelouses s\u00e8ches calcaires<\/strong> de Rh\u00f4ne-Alpes. Robuste (40-100 cm), cespiteux, il forme des touffes denses reconnaissables m\u00eame en hiver. Les feuilles basales sont \u00e9troites (2-4 mm), souvent <strong>enroul\u00e9es par la s\u00e9cheresse<\/strong>, bord\u00e9es de cils r\u00e9guliers qui les rendent rudes au toucher. La <strong>ligule<\/strong> est membraneuse, courte (1-2 mm), denticul\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>dress\u00e9e et raide<\/strong> (10-20 cm), \u00e0 rameaux courts et dress\u00e9s. Les \u00e9pillets sont grands (15-30 mm), lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9s, contenant 5-10 fleurons, souvent teint\u00e9s de pourpre. Chaque lemme porte une <strong>ar\u00eate terminale droite<\/strong> de 3-6 mm.<\/p>\n<p><strong>Confusion possible :<\/strong> avec le <strong>brome mou<\/strong> (<em>Bromus hordeaceus<\/em>), annuel, plus petit, \u00e0 panicule contract\u00e9e et \u00e9pillets pubescents et ovales (non lin\u00e9aires). Et avec le <strong>brome st\u00e9rile<\/strong> (<em>Bromus sterilis<\/em>), \u00e0 panicule tr\u00e8s l\u00e2che et retombante, \u00e0 longues ar\u00eates (15-30 mm).<\/p>\n<p>Floraison : mai-juillet. Pelouses calcaires, coteaux secs, talus. Tr\u00e8s commun dans le Bugey, le Vercors, la basse vall\u00e9e du Rh\u00f4ne.<\/p>\n<h3>Brachypode penn\u00e9 \u2014 <em>Brachypodium pinnatum<\/em> (L.) P.Beauv.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/brachypode-penne.jpg\" alt=\"Planche botanique de Brachypodium pinnatum \u2014 Brachypode penn\u00e9\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Brachypodium pinnatum<\/em> \u2014 Brachypode penn\u00e9. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le brachypode penn\u00e9 est le compagnon fid\u00e8le du brome dress\u00e9 sur les pelouses s\u00e8ches. Plante tra\u00e7ante par <strong>rhizomes<\/strong> vigoureux (contrairement au brome, cespiteux), il forme des nappes denses, jaunissantes d\u00e8s l&rsquo;\u00e9t\u00e9, qui envahissent les pelouses abandonn\u00e9es.<\/p>\n<p>Chaumes de 30 \u00e0 80 cm, raides. Feuilles planes \u00e0 enroul\u00e9es, \u00e9troites (3-6 mm), vert jaun\u00e2tre, raides, \u00e0 pilosit\u00e9 \u00e9parse. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, tr\u00e8s courte (1-2 mm), tronqu\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes. La gaine inf\u00e9rieure porte souvent des poils r\u00e9fl\u00e9chis.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est une <strong>grappe raide<\/strong>, dress\u00e9e, de 4-10 \u00e9pillets alternes, sessiles ou subsessiles, dress\u00e9s et plaqu\u00e9s contre l&rsquo;axe. Chaque \u00e9pillet est long (20-40 mm), contenant 8-20 fleurons, \u00e0 ar\u00eates courtes (2-5 mm). L&rsquo;aspect g\u00e9n\u00e9ral rappelle un petit \u00e9pi de bl\u00e9 maigre.<\/p>\n<p><strong>Confusion classique :<\/strong> avec le <strong>brachypode des bois<\/strong> (<em>B. sylvaticum<\/em>), esp\u00e8ce foresti\u00e8re. <em>B. pinnatum<\/em> est tra\u00e7ant, \u00e0 feuilles raides et dress\u00e9es, \u00e0 grappe raide et dress\u00e9e ; <em>B. sylvaticum<\/em> est cespiteux, \u00e0 feuilles molles et retombantes, \u00e0 grappe souple et arqu\u00e9e-pendante.<\/p>\n<p>Floraison : juin-ao\u00fbt. Pelouses calcaires, ourlets, friches s\u00e8ches. Esp\u00e8ce envahissante des pelouses en d\u00e9prise pastorale.<\/p>\n<h3>Brize interm\u00e9diaire (Amourette) \u2014 <em>Briza media<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/brize-intermediaire.jpg\" alt=\"Planche botanique de Briza media \u2014 Brize interm\u00e9diaire\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Briza media<\/em> \u2014 Brize interm\u00e9diaire. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;amourette est la plus <strong>\u00e9l\u00e9gante<\/strong> des gramin\u00e9es de nos pelouses. On la reconna\u00eet instantan\u00e9ment : ses \u00e9pillets en forme de <strong>petit c\u0153ur<\/strong>, arrondis, bomb\u00e9s, vert p\u00e2le puis dor\u00e9s, pendent au bout de p\u00e9dicelles capillaires si fins qu&rsquo;ils <strong>tremblent au moindre souffle<\/strong>. L&rsquo;effet est celui d&rsquo;un mobile d\u00e9licat suspendu dans l&rsquo;air.<\/p>\n<p>Plante gr\u00eale, de 20 \u00e0 50 cm, cespiteuse. Feuilles \u00e9troites (2-4 mm), lisses, vert franc. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, tr\u00e8s courte (0,5-1 mm), tronqu\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes. Gaine lisse.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>l\u00e2che et pyramidale<\/strong> (5-12 cm), \u00e0 rameaux flexueux. Les \u00e9pillets sont <strong>ovales-cordiformes<\/strong>, de 4-7 mm, comprim\u00e9s lat\u00e9ralement, contenant 4-8 fleurons embo\u00eet\u00e9s comme les \u00e9cailles d&rsquo;un c\u00f4ne de pin miniature. Pas d&rsquo;ar\u00eate.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re imparable :<\/strong> les \u00e9pillets tremblants en c\u0153ur. Aucune confusion possible en France.<\/p>\n<p>Floraison : mai-juillet. Prairies maigres, pelouses s\u00e8ches et m\u00e9sophiles, talus. Commune en Rh\u00f4ne-Alpes jusqu&rsquo;\u00e0 2 300 m. Indicatrice de prairies pauvres en nutriments (oligotrophes).<\/p>\n<h3>Koel\u00e9rie pyramidale \u2014 <em>Koeleria pyramidata<\/em> (Lam.) P.Beauv.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/koelerie-pyramidale.jpg\" alt=\"Planche botanique de Koeleria pyramidata \u2014 Koel\u00e9rie pyramidale\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Koeleria pyramidata<\/em> \u2014 Koel\u00e9rie pyramidale. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La koel\u00e9rie est une gramin\u00e9e gr\u00eale (20-60 cm) des pelouses s\u00e8ches, reconnaissable \u00e0 son inflorescence en <strong>panicule spiciforme<\/strong> \u00e9troite (5-10 cm), argent\u00e9e \u00e0 dor\u00e9e, brillante, lobul\u00e9e (l\u00e9g\u00e8rement interrompue \u00e0 la base). Les \u00e9pillets sont petits (4-6 mm), \u00e0 2-3 fleurons, comprim\u00e9s lat\u00e9ralement, sans ar\u00eate ou \u00e0 ar\u00eate tr\u00e8s courte.<\/p>\n<p>Feuilles basales \u00e9troites (1-3 mm), souvent <strong>enroul\u00e9es et pubescentes<\/strong>. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, tr\u00e8s courte (&lt; 1 mm). Pas d&#039;oreillettes. Plante cespiteuse, \u00e0 base souvent renfl\u00e9e par les gaines persistantes dess\u00e9ch\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Confusion possible :<\/strong> avec la <strong>fl\u00e9ole<\/strong>, autre panicule cylindrique \u2014 mais la fl\u00e9ole est plus robuste, sa panicule est uniforme (non lobul\u00e9e), et ses glumes sont tronqu\u00e9es. La koel\u00e9rie est plus gr\u00eale, plus argent\u00e9e, et pr\u00e9f\u00e8re les sols secs.<\/p>\n<p>Floraison : juin-juillet. Pelouses calcaires, rocailles, talus secs. Commune sur les coteaux du Rh\u00f4ne, du Bugey, du Vercors.<\/p>\n<h3>F\u00e9tuque ovine \u2014 <em>Festuca ovina<\/em> L. s.l.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/fetuque-ovine.jpg\" alt=\"Planche botanique de Festuca ovina \u2014 F\u00e9tuque ovine\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Festuca ovina<\/em> \u2014 F\u00e9tuque ovine. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La f\u00e9tuque ovine forme des <strong>touffes denses et h\u00e9misph\u00e9riques<\/strong> de feuilles tr\u00e8s fines, raides et piquantes, vert glauque. C&rsquo;est la gramin\u00e9e en \u00ab coussin d&rsquo;aiguilles \u00bb qu&rsquo;on foule sur toutes les pelouses s\u00e8ches, du Lyonnais aux alpages.<\/p>\n<p>Chaumes gr\u00eales, de 15 \u00e0 40 cm. Feuilles basales <strong>s\u00e9tac\u00e9es<\/strong> (&lt; 1 mm de diam\u00e8tre), enroul\u00e9es, formant des fils rigides. En coupe transversale, elles montrent un faisceau de scl\u00e9renchyme continu \u2014 un crit\u00e8re microscopique qui s\u00e9pare les sous-esp\u00e8ces du complexe <em>ovina<\/em>. La <strong>ligule<\/strong> est membraneuse, extr\u00eamement courte (&lt; 0,5 mm). Pas d&#039;oreillettes. Gaine fendue.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>courte<\/strong> (3-8 cm), contract\u00e9e avant et apr\u00e8s floraison, bri\u00e8vement \u00e9tal\u00e9e pendant la floraison. \u00c9pillets de 5-7 mm, \u00e0 3-6 fleurons, lemmes \u00e0 ar\u00eate courte (1-3 mm).<\/p>\n<p><strong>Confusion classique :<\/strong> avec la <strong>f\u00e9tuque rouge<\/strong> (<em>Festuca rubra<\/em>), qui poss\u00e8de aussi des feuilles fines mais qui est <strong>tra\u00e7ante<\/strong> (rhizomes), alors que <em>F. ovina<\/em> est strictement cespiteuse. En tirant sur un chaume de <em>F. rubra<\/em>, on sent la r\u00e9sistance du rhizome ; chez <em>F. ovina<\/em>, la touffe vient en bloc.<\/p>\n<p>Floraison : mai-juillet. Pelouses s\u00e8ches, rocailles, landes, alpages. Omnipr\u00e9sente en Rh\u00f4ne-Alpes, de la plaine \u00e0 3 000 m.<\/p>\n<h3>Stipe penn\u00e9e \u2014 <em>Stipa pennata<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/stipe-pennee.jpg\" alt=\"Planche botanique de Stipa pennata \u2014 Stipe penn\u00e9e\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Stipa pennata<\/em> \u2014 Stipe penn\u00e9e. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La stipe est la reine spectaculaire des pelouses steppiques. Impossible \u00e0 confondre : chaque lemme porte une <strong>ar\u00eate de 15 \u00e0 30 cm<\/strong>, genouill\u00e9e, dont la partie terminale est <strong>plumeuse<\/strong> \u2014 garnie de poils soyeux de 3-6 mm, formant un panache argent\u00e9 qui ondule au vent. Par vent l\u00e9ger, une population de stipes offre un spectacle de vagues argent\u00e9es inoubliable.<\/p>\n<p>Plante cespiteuse, de 30 \u00e0 80 cm, en touffes denses. Feuilles enroul\u00e9es, filiformes, raides, vert-gris. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, longue (3-10 mm), aigu\u00eb. Pas d&rsquo;oreillettes. La panicule est \u00e9troite, \u00e0 peu d&rsquo;\u00e9pillets (5-15), chacun contenant un seul fleuron.<\/p>\n<p><strong>Statut :<\/strong> esp\u00e8ce <strong>prot\u00e9g\u00e9e<\/strong> dans plusieurs d\u00e9partements de Rh\u00f4ne-Alpes. Ne pas cueillir. Pelouses x\u00e9riques calcaires, adrets rocheux. Pr\u00e9sente dans le sud de la Dr\u00f4me, le Diois, le D\u00e9voluy, quelques stations dans le Bugey et la cluse de Chamb\u00e9ry.<\/p>\n<p>Floraison : mai-juin.<\/p>\n<h2>VI. Les gramin\u00e9es des zones humides<\/h2>\n<p>Des bords du Rh\u00f4ne aux marais de Lavours, des tourbi\u00e8res du Pilat aux rives du lac du Bourget, les zones humides de Rh\u00f4ne-Alpes h\u00e9bergent des gramin\u00e9es souvent imposantes qui structurent le paysage.<\/p>\n<h3>Roseau commun \u2014 <em>Phragmites australis<\/em> (Cav.) Trin. ex Steud.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/roseau-commun.jpg\" alt=\"Planche botanique de Phragmites australis \u2014 Roseau commun\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Phragmites australis<\/em> \u2014 Roseau commun. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le roseau est la plus <strong>grande gramin\u00e9e<\/strong> d&rsquo;Europe \u2014 ses chaumes atteignent 2 \u00e0 4 m\u00e8tres. Il forme des <strong>roseli\u00e8res<\/strong> denses et monospecifiques le long des cours d&rsquo;eau, des \u00e9tangs et des marais, gr\u00e2ce \u00e0 ses <strong>rhizomes<\/strong> puissants qui s&rsquo;\u00e9tendent sur plusieurs m\u00e8tres.<\/p>\n<p>Chaumes robustes, ligneux \u00e0 la base, vert glauque puis paille. Feuilles larges (1-3 cm), planes, glauques, \u00e0 bord coupant. <strong>Ligule<\/strong> r\u00e9duite \u00e0 une <strong>rang\u00e9e de poils<\/strong> courts (2-3 mm) \u2014 caract\u00e8re important : c&rsquo;est une ligule cili\u00e9e, pas membraneuse. Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>terminale, grande<\/strong> (15-40 cm), plumeuse, d&rsquo;abord pourpre-violac\u00e9e puis argent\u00e9e et soyeuse \u00e0 maturit\u00e9. Les \u00e9pillets contiennent 3-7 fleurons, le rachillet portant de longs poils soyeux qui donnent \u00e0 la panicule son aspect plumeux. Le fleuron inf\u00e9rieur est m\u00e2le ou st\u00e9rile, les suivants bisexu\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Confusion possible :<\/strong> avec la <strong>canne de Provence<\/strong> (<em>Arundo donax<\/em>), naturalis\u00e9e dans le sud de la Dr\u00f4me, encore plus grande (3-6 m), \u00e0 feuilles plus larges (3-6 cm) et \u00e0 ligule membraneuse courte (pas cili\u00e9e).<\/p>\n<p>Floraison : ao\u00fbt-octobre. Bords d&rsquo;eau, marais, foss\u00e9s, roseli\u00e8res. Omnipr\u00e9sent en Rh\u00f4ne-Alpes en dessous de 1 000 m.<\/p>\n<h3>Balding\u00e8re faux-roseau \u2014 <em>Phalaris arundinacea<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/baldingere-faux-roseau.jpg\" alt=\"Planche botanique de Phalaris arundinacea \u2014 Balding\u00e8re faux-roseau\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Phalaris arundinacea<\/em> \u2014 Balding\u00e8re faux-roseau. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La balding\u00e8re est l&rsquo;autre grande gramin\u00e9e des bords d&rsquo;eau (80-200 cm), mais elle se distingue du roseau par son inflorescence : une <strong>panicule lob\u00e9e<\/strong>, contract\u00e9e, de 8-20 cm, blanch\u00e2tre \u00e0 ros\u00e9e, qui s&rsquo;ouvre bri\u00e8vement \u00e0 la floraison puis se referme. Le roseau a une panicule plumeuse et \u00e9tal\u00e9e ; la balding\u00e8re a une panicule dense et lobul\u00e9e.<\/p>\n<p>Plante fortement tra\u00e7ante par rhizomes. Feuilles planes, larges (8-18 mm), vert franc, \u00e0 bord rude. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, longue (3-8 mm), tronqu\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes. Les n\u0153uds sont glabres.<\/p>\n<p>\u00c9pillets petits (5-6 mm), \u00e0 un seul fleuron fertile flanqu\u00e9 de 2 lemmes st\u00e9riles r\u00e9duites \u00e0 des \u00e9cailles poilues. Pas d&rsquo;ar\u00eate.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re de terrain :<\/strong> grande gramin\u00e9e des bords d&rsquo;eau + panicule lob\u00e9e contract\u00e9e (ni plumeuse comme le roseau, ni en \u00e9pi comme le vulpin). La forme ornementale panach\u00e9e (<em>var. picta<\/em>, \u00ab herbe-aux-rubans \u00bb) s&rsquo;\u00e9chappe parfois des jardins.<\/p>\n<p>Floraison : juin-juillet. Bords de rivi\u00e8res, foss\u00e9s, prairies inondables. Commune dans toute la r\u00e9gion.<\/p>\n<h3>Glyc\u00e9rie flottante \u2014 <em>Glyceria fluitans<\/em> (L.) R.Br.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/glycerie-flottante.jpg\" alt=\"Planche botanique de Glyceria fluitans \u2014 Glyc\u00e9rie flottante\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Glyceria fluitans<\/em> \u2014 Glyc\u00e9rie flottante. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La glyc\u00e9rie est une gramin\u00e9e <strong>semi-aquatique<\/strong>, souvent couch\u00e9e \u00e0 la surface de l&rsquo;eau, enracin\u00e9e dans la vase. Ses chaumes de 30 \u00e0 80 cm sont couch\u00e9s puis redress\u00e9s aux n\u0153uds. Les feuilles sont planes, vert clair, flottant parfois \u00e0 la surface, larges de 4-10 mm. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, longue (5-10 mm), aigu\u00eb. Pas d&rsquo;oreillettes. Gaine <strong>ferm\u00e9e<\/strong> (soud\u00e9e) sur la majeure partie de sa longueur \u2014 un caract\u00e8re rare chez les Poac\u00e9es et facile \u00e0 v\u00e9rifier.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>\u00e9troite et allong\u00e9e<\/strong> (15-40 cm), \u00e0 rameaux appliqu\u00e9s contre l&rsquo;axe, s&rsquo;ouvrant bri\u00e8vement \u00e0 la floraison. Les \u00e9pillets sont <strong>longs et \u00e9troits<\/strong> (15-30 mm), cylindriques, contenant 8-16 fleurons. Pas d&rsquo;ar\u00eate. Les lemmes portent 7 nervures saillantes, parall\u00e8les \u2014 un crit\u00e8re visible \u00e0 la loupe.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re de terrain :<\/strong> gramin\u00e9e des eaux peu profondes + gaine soud\u00e9e + \u00e9pillets tr\u00e8s longs et cylindriques. En l&rsquo;absence de fleurs, la gaine ferm\u00e9e suffit pour orienter vers le genre <em>Glyceria<\/em>.<\/p>\n<p>Floraison : mai-ao\u00fbt. Foss\u00e9s, mares, ruisseaux lents, prairies inond\u00e9es. Commune en Rh\u00f4ne-Alpes en dessous de 1 500 m.<\/p>\n<h3>Molinie bleue \u2014 <em>Molinia caerulea<\/em> (L.) Moench<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/molinie-bleue.jpg\" alt=\"Planche botanique de Molinia caerulea \u2014 Molinie bleue\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Molinia caerulea<\/em> \u2014 Molinie bleue. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La molinie est la gramin\u00e9e des <strong>landes humides et des tourbi\u00e8res<\/strong>. Elle forme des touffes \u00e9normes et denses, caract\u00e9ristiques, dont les chaumes atteignent 30 \u00e0 100 cm (jusqu&rsquo;\u00e0 200 cm chez la sous-esp\u00e8ce <em>arundinacea<\/em>). Son trait le plus remarquable : les chaumes ne portent <strong>aucun n\u0153ud visible<\/strong> au-dessus de la base \u2014 tous les n\u0153uds sont concentr\u00e9s \u00e0 la base de la touffe, et la longue tige qui porte la panicule est un entre-n\u0153ud unique, lisse et raide. Aucune autre gramin\u00e9e commune ne pr\u00e9sente cette architecture.<\/p>\n<p>Feuilles longues, \u00e9troites (3-8 mm), vert fonc\u00e9 virant au jaune d&rsquo;or en automne (les moliniaies automnales sont spectaculaires). <strong>Ligule<\/strong> r\u00e9duite \u00e0 une <strong>rang\u00e9e de poils<\/strong> courts (0,5-1 mm). Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>\u00e9troite et contract\u00e9e<\/strong> (5-20 cm), violac\u00e9e \u00e0 brun\u00e2tre, \u00e0 rameaux dress\u00e9s. \u00c9pillets de 4-7 mm, \u00e0 1-4 fleurons, sans ar\u00eate.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re imparable :<\/strong> la touffe dense + l&rsquo;absence de n\u0153uds sur le chaume au-dessus de la base. En automne, les feuilles dor\u00e9es sont reconnaissables de loin.<\/p>\n<p>Floraison : juillet-septembre. Landes humides, tourbi\u00e8res, sous-bois acides, prairies tourbeuses. Commune dans le Pilat, le Bugey, les Alpes internes.<\/p>\n<h3>Calamagrostide commune \u2014 <em>Calamagrostis epigejos<\/em> (L.) Roth<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/calamagrostide-commune.jpg\" alt=\"Planche botanique de Calamagrostis epigejos \u2014 Calamagrostide commune\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Calamagrostis epigejos<\/em> \u2014 Calamagrostide commune. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La calamagrostide est une grande gramin\u00e9e (80-180 cm) tra\u00e7ante par rhizomes, qui forme des peuplements denses et envahissants dans les clairi\u00e8res, les coupes foresti\u00e8res et les friches humides. Son inflorescence est une <strong>grande panicule<\/strong> (15-30 cm), dense et contract\u00e9e, <strong>plumeuse et argent\u00e9e<\/strong>, souvent teint\u00e9e de pourpre, spectaculaire en contre-jour.<\/p>\n<p>Feuilles larges (5-12 mm), rudes, vert-gris. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, longue (4-10 mm), souvent lac\u00e9r\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>Chaque \u00e9pillet contient un seul fleuron. La lemme porte une <strong>ar\u00eate dorsale droite<\/strong>, courte, ins\u00e9r\u00e9e vers le milieu. Le callus (base du fleuron) porte de longs <strong>poils soyeux<\/strong> qui d\u00e9passent la lemme \u2014 c&rsquo;est ce qui donne \u00e0 la panicule son aspect plumeux argent\u00e9, \u00e0 ne pas confondre avec les poils du rachillet chez le roseau.<\/p>\n<p><strong>Confusion possible :<\/strong> avec le roseau (plus grand, ligule cili\u00e9e, panicule terminale) et avec d&rsquo;autres <em>Calamagrostis<\/em> alpines (<em>C. varia<\/em>, <em>C. villosa<\/em>), \u00e0 panicules plus l\u00e2ches et plus petites.<\/p>\n<p>Floraison : juillet-ao\u00fbt. Clairi\u00e8res, lisi\u00e8res, coupes foresti\u00e8res, friches humides. Commune dans toute la r\u00e9gion.<\/p>\n<h2>VII. Les gramin\u00e9es foresti\u00e8res<\/h2>\n<p>Les sous-bois de Rh\u00f4ne-Alpes \u2014 h\u00eatraies du Vercors, ch\u00eanaies du Lyonnais, for\u00eats mixtes du Jura \u2014 abritent un cort\u00e8ge discret de gramin\u00e9es sciaphiles, adapt\u00e9es \u00e0 la p\u00e9nombre. Elles fleurissent souvent t\u00f4t (mai-juin), avant que la canop\u00e9e ne se referme compl\u00e8tement.<\/p>\n<h3>Brachypode des bois \u2014 <em>Brachypodium sylvaticum<\/em> (Huds.) P.Beauv.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/brachypode-des-bois.jpg\" alt=\"Planche botanique de Brachypodium sylvaticum \u2014 Brachypode des bois\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Brachypodium sylvaticum<\/em> \u2014 Brachypode des bois. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le brachypode des bois est la gramin\u00e9e foresti\u00e8re la plus commune en Rh\u00f4ne-Alpes. Cespiteux, de 40 \u00e0 90 cm, il se reconna\u00eet \u00e0 ses feuilles <strong>molles et retombantes<\/strong>, planes, larges (6-12 mm), vert vif, \u00e0 pilosit\u00e9 \u00e9parse, qui forment des arcs gracieux. Le contraste avec le brachypode penn\u00e9 des pelouses s\u00e8ches est frappant : feuilles molles et souples vs raides et dress\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Ligule<\/strong> membraneuse, courte (1-3 mm), tronqu\u00e9e, souvent cili\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes. Gaine \u00e0 poils \u00e9tal\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est une <strong>grappe de 5-12 \u00e9pillets<\/strong>, l\u00e2che et <strong>pench\u00e9e-arqu\u00e9e<\/strong> (souvent le sommet retombe). Les \u00e9pillets sont longs (15-30 mm), \u00e0 6-14 fleurons, \u00e0 ar\u00eates terminales de 5-10 mm, plus longues que chez <em>B. pinnatum<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re de terrain :<\/strong> sous-bois + feuilles molles retombantes + grappe pench\u00e9e = <em>B. sylvaticum<\/em>. Pelouse s\u00e8che + feuilles raides + grappe raide = <em>B. pinnatum<\/em>.<\/p>\n<p>Floraison : juin-ao\u00fbt. Sous-bois, lisi\u00e8res, haies. Omnipr\u00e9sent dans toutes les for\u00eats de Rh\u00f4ne-Alpes, de la plaine \u00e0 1 500 m.<\/p>\n<h3>M\u00e9lique uniflore \u2014 <em>Melica uniflora<\/em> Retz.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/melique-uniflore.jpg\" alt=\"Planche botanique de Melica uniflora \u2014 M\u00e9lique uniflore\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Melica uniflora<\/em> \u2014 M\u00e9lique uniflore. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La m\u00e9lique uniflore est une gramin\u00e9e gr\u00eale et discr\u00e8te (20-50 cm) des sous-bois frais, reconnaissable \u00e0 un caract\u00e8re unique : \u00e0 la jonction de la gaine et du limbe, du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 \u00e0 la ligule, se dresse un <strong>petit appendice pointu<\/strong>, l&rsquo;<strong>anti-ligule<\/strong> (ou contre-ligule) \u2014 une pointe membraneuse aigu\u00eb de 2-5 mm. Aucune autre gramin\u00e9e commune de France ne poss\u00e8de ce caract\u00e8re. Pour le trouver, retournez la feuille : la ligule est devant, l&rsquo;anti-ligule est derri\u00e8re.<\/p>\n<p>Feuilles planes, \u00e9troites (3-5 mm), vert tendre, molles. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, tr\u00e8s courte (&lt; 1 mm). La gaine est lisse. Plante \u00e0 rhizomes gr\u00eales.<\/p>\n<p>La panicule est tr\u00e8s l\u00e2che, unilat\u00e9rale, \u00e0 rameaux longs et flexueux portant chacun 1-3 \u00e9pillets. Chaque \u00e9pillet contient <strong>un seul fleuron fertile<\/strong> (d&rsquo;o\u00f9 le nom <em>uniflora<\/em>), surmont\u00e9 d&rsquo;une masse claviforme de lemmes st\u00e9riles embo\u00eet\u00e9es \u2014 un petit \u00ab bonnet \u00bb marron au sommet de l&rsquo;\u00e9pillet. Pas d&rsquo;ar\u00eate.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re imparable :<\/strong> l&rsquo;anti-ligule. M\u00eame sans fleurs, ce caract\u00e8re suffit.<\/p>\n<p>Floraison : mai-juin. H\u00eatraies, ch\u00eanaies, bois frais sur sol neutre \u00e0 calcaire. Commune dans toute la r\u00e9gion.<\/p>\n<h3>Millet diffus \u2014 <em>Milium effusum<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/millet-diffus.jpg\" alt=\"Planche botanique de Milium effusum \u2014 Millet diffus\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Milium effusum<\/em> \u2014 Millet diffus. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le millet diffus est une belle gramin\u00e9e foresti\u00e8re (60-130 cm), la plus grande des esp\u00e8ces de sous-bois. Sa panicule est <strong>tr\u00e8s l\u00e2che et \u00e9tal\u00e9e<\/strong> (15-30 cm), \u00e0 rameaux fins, flexueux, longuement nus avant de porter les \u00e9pillets \u2014 l&rsquo;ensemble a un aspect a\u00e9rien et diffus. Les \u00e9pillets sont <strong>ovo\u00efdes<\/strong>, petits (3-4 mm), ne contenant qu&rsquo;un seul fleuron, lisses et luisants, vert p\u00e2le devenant dor\u00e9s. Pas d&rsquo;ar\u00eate.<\/p>\n<p>Feuilles planes, larges (6-15 mm), vert clair, molles, lisses et luisantes. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, longue (3-8 mm), aigu\u00eb ou obtuse. Pas d&rsquo;oreillettes. Gaine lisse.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re de terrain :<\/strong> grande gramin\u00e9e de sous-bois + panicule tr\u00e8s l\u00e2che et a\u00e9rienne + \u00e9pillets ovo\u00efdes, lisses et brillants, sans ar\u00eate. Aucune confusion en contexte forestier.<\/p>\n<p>Floraison : mai-juin. H\u00eatraies, ch\u00eanaies-charmaies, bois frais et humides. Commune dans les for\u00eats de Rh\u00f4ne-Alpes, surtout en montagne (500-1 800 m).<\/p>\n<h3>P\u00e2turin des bois \u2014 <em>Poa nemoralis<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/paturin-des-bois.jpg\" alt=\"Planche botanique de Poa nemoralis \u2014 P\u00e2turin des bois\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Poa nemoralis<\/em> \u2014 P\u00e2turin des bois. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le p\u00e2turin des bois est le <em>Poa<\/em> des for\u00eats. Gr\u00eale (30-70 cm), cespiteux, il se reconna\u00eet \u00e0 sa <strong>ligule tr\u00e8s courte ou quasi nulle<\/strong> (&lt; 0,5 mm, la plus courte de tous les p\u00e2turins) et \u00e0 sa panicule l\u00e2che, \u00e0 rameaux fins et flexueux, portant de petits \u00e9pillets (3-5 mm) \u00e0 2-4 fleurons. Les lemmes sont souvent teint\u00e9es de violet.<\/p>\n<p>Feuilles \u00e9troites (1-3 mm), vert fonc\u00e9, molles. Gaine lisse. Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p><strong>Comment le s\u00e9parer des autres p\u00e2turins :<\/strong><\/p>\n<p>\u2014 <em>P. nemoralis<\/em> : ligule quasi nulle, sous-bois, cespiteux.<br \/>\n\u2014 <em>P. pratensis<\/em> : ligule courte (1-2 mm), prairies, tra\u00e7ant (rhizomes).<br \/>\n\u2014 <em>P. trivialis<\/em> : ligule longue (4-8 mm), gaine car\u00e9n\u00e9e et rude, prairies humides.<br \/>\n\u2014 <em>P. annua<\/em> : ligule longue (2-5 mm), annuel, panicule petite, trottoirs et friches.<\/p>\n<p>Floraison : juin-juillet. Sous-bois, murs, rochers ombrag\u00e9s. Commun dans toute la r\u00e9gion.<\/p>\n<h2>VIII. Les gramin\u00e9es des montagnes alpines<\/h2>\n<p>Des pelouses alpines de la Vanoise aux p\u00e2turages du Beaufortain, des \u00e9boulis du mont Ventoux aux cr\u00eates du Vercors, l&rsquo;\u00e9tage montagnard et alpin de Rh\u00f4ne-Alpes abrite des gramin\u00e9es adapt\u00e9es au froid, au vent et \u00e0 la neige. Beaucoup forment des touffes denses en \u00ab coussin \u00bb ou en \u00ab gazon ras \u00bb.<\/p>\n<h3>Nard raide \u2014 <em>Nardus stricta<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/nard-raide.jpg\" alt=\"Planche botanique de Nardus stricta \u2014 Nard raide\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Nardus stricta<\/em> \u2014 Nard raide. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le nard est une gramin\u00e9e <strong>redout\u00e9e des \u00e9leveurs<\/strong> : ses feuilles sont si raides et si coriaces que le b\u00e9tail les refuse. Il envahit les p\u00e2turages acides surp\u00e2tur\u00e9s et forme un gazon ras, dense, gris\u00e2tre, qui exclut les autres esp\u00e8ces.<\/p>\n<p>Plante basse (10-30 cm), dens\u00e9ment cespiteuse. Feuilles <strong>s\u00e9tac\u00e9es<\/strong> (&lt; 1 mm), raides comme des aiguilles, vert-gris, dress\u00e9es, lisses mais tr\u00e8s r\u00e9sistantes. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, courte (0,5-1 mm). Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est un <strong>\u00e9pi unilat\u00e9ral<\/strong> gr\u00eale et raide (3-8 cm), tous les \u00e9pillets ins\u00e9r\u00e9s du <strong>m\u00eame c\u00f4t\u00e9<\/strong> du rachis. Chaque \u00e9pillet contient un seul fleuron, \u00e0 lemme arist\u00e9e. L&rsquo;\u00e9pi est souvent violac\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re imparable :<\/strong> touffe d&rsquo;aiguilles grises + \u00e9pi unilat\u00e9ral. Le nard est le seul genre de gramin\u00e9es europ\u00e9ennes \u00e0 \u00e9pi strictement unilat\u00e9ral (les \u00e9pillets sont ins\u00e9r\u00e9s dans des encoches sur un seul c\u00f4t\u00e9 du rachis).<\/p>\n<p>Floraison : juin-juillet. P\u00e2turages acides, landes \u00e0 myrtilles, pelouses de cr\u00eate. Abondant sur les sols siliceux des Alpes internes (Vanoise, Beaufortain, Oisans), plus rare sur calcaire.<\/p>\n<h3>Sesl\u00e9rie bleue \u2014 <em>Sesleria caerulea<\/em> (L.) Ard.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/seslerie-bleue.jpg\" alt=\"Planche botanique de Sesleria caerulea \u2014 Sesl\u00e9rie bleue\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Sesleria caerulea<\/em> \u2014 Sesl\u00e9rie bleue. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La sesl\u00e9rie est la gramin\u00e9e embl\u00e9matique des <strong>pelouses calcaires de montagne<\/strong>. Elle forme des touffes denses de feuilles planes, courtes (2-4 mm de large), vert glauque, \u00e0 sommet brusquement r\u00e9tr\u00e9ci en pointe. La <strong>ligule<\/strong> est membraneuse, tr\u00e8s courte (&lt; 1 mm), tronqu\u00e9e, cili\u00e9e.<\/p>\n<p>Chaumes de 10 \u00e0 40 cm, raides. L&rsquo;inflorescence est un <strong>\u00e9pi ovo\u00efde \u00e0 cylindrique<\/strong> (1-3 cm), dense, bleu\u00e2tre \u00e0 violac\u00e9, unilat\u00e9ral. Les \u00e9pillets contiennent 2-3 fleurons, la lemme portant 3-5 ar\u00eates terminales courtes.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re de terrain :<\/strong> pelouse calcaire de montagne + \u00e9pi court, ovo\u00efde et bleu\u00e2tre + feuilles glauques. La sesl\u00e9rie est l&rsquo;une des premi\u00e8res gramin\u00e9es \u00e0 fleurir en montagne (avril-juin), souvent d\u00e8s la fonte des neiges.<\/p>\n<p><strong>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique :<\/strong> la \u00ab sesl\u00e9raie \u00bb est un habitat prioritaire en Rh\u00f4ne-Alpes, abritant des orchid\u00e9es et des esp\u00e8ces rares. La sesl\u00e9rie domine les pelouses calcaires de l&rsquo;\u00e9tage montagnard au subalpin (800-2 500 m) \u2014 Vercors, Chartreuse, Bauges, Jura m\u00e9ridional.<\/p>\n<p>Floraison : avril-juin. Pelouses calcaires, rochers, lapiaz.<\/p>\n<h3>P\u00e2turin des Alpes \u2014 <em>Poa alpina<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/paturin-des-alpes.jpg\" alt=\"Planche botanique de Poa alpina \u2014 P\u00e2turin des Alpes\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Poa alpina<\/em> \u2014 P\u00e2turin des Alpes. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le p\u00e2turin des Alpes est un petit <em>Poa<\/em> trapu (5-30 cm) des pelouses alpines, remarquable par une particularit\u00e9 biologique : il est souvent <strong>vivipare<\/strong>. Dans la forme vivipare (<em>f. vivipara<\/em>), les \u00e9pillets ne produisent pas de graines mais des <strong>bulbilles<\/strong> \u2014 de petites plantules vertes qui se d\u00e9veloppent directement sur la panicule, donnant \u00e0 celle-ci un aspect de petit bouquet vert \u00e9bouriff\u00e9. Cette viviparit\u00e9 est une adaptation au climat alpin, o\u00f9 la saison de v\u00e9g\u00e9tation est trop courte pour que les graines m\u00fbrissent.<\/p>\n<p>Feuilles basales planes, courtes et larges (3-5 mm), vert franc, \u00e0 sommet en proue de barque. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, moyenne (2-4 mm), aigu\u00eb \u2014 plus longue que chez la plupart des p\u00e2turins. Plante cespiteuse.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>courte et ouverte<\/strong> (2-6 cm), \u00e0 rameaux \u00e9tal\u00e9s. \u00c9pillets assez grands pour le genre (5-8 mm), souvent violac\u00e9s et vert. Pas d&rsquo;ar\u00eate.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re de terrain :<\/strong> alpage + petite touffe trapue + panicule souvent vivipare (plantules vertes rempla\u00e7ant les fleurs). La forme vivipare est caract\u00e9ristique ; la forme normale se distingue des autres <em>Poa<\/em> par ses feuilles larges et courtes et sa ligule relativement longue.<\/p>\n<p>Floraison : juin-ao\u00fbt. Pelouses alpines et subalpines, \u00e9boulis stabilis\u00e9s, bords de sentiers. Commune au-dessus de 1 500 m dans tous les massifs de Rh\u00f4ne-Alpes.<\/p>\n<h3>F\u00e9tuque violac\u00e9e \u2014 <em>Festuca violacea<\/em> Schleich. ex Gaudin<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/fetuque-violacee.jpg\" alt=\"Planche botanique de Festuca violacea \u2014 F\u00e9tuque violac\u00e9e\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Festuca violacea<\/em> \u2014 F\u00e9tuque violac\u00e9e. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La f\u00e9tuque violac\u00e9e est une esp\u00e8ce de l&rsquo;\u00e9tage alpin (1 800-3 000 m), formant des touffes l\u00e2ches de 15 \u00e0 40 cm. Elle se distingue des autres f\u00e9tuques alpines par ses feuilles \u00e0 la fois <strong>fines<\/strong> (1-2 mm, pli\u00e9es) mais <strong>souples<\/strong> (non piquantes comme <em>F. ovina<\/em>), et surtout par ses \u00e9pillets abondamment <strong>teint\u00e9s de violet<\/strong> \u2014 d&rsquo;o\u00f9 son nom. La panicule est l\u00e2che, ouverte, \u00e0 rameaux flexueux, souvent unilat\u00e9rale.<\/p>\n<p><strong>Ligule<\/strong> membraneuse, courte (0,5-1 mm). Pas d&rsquo;oreillettes. Gaine fendue.<\/p>\n<p>Les lemmes sont violac\u00e9es, \u00e0 ar\u00eate courte (1-3 mm). Les glumes aussi sont violac\u00e9es, \u00e0 marge membraneuse translucide.<\/p>\n<p><strong>Confusion possible :<\/strong> avec d&rsquo;autres f\u00e9tuques alpines (<em>F. nigrescens<\/em>, <em>F. halleri<\/em>). La coloration violette intense et le port souple sont les meilleurs crit\u00e8res de terrain.<\/p>\n<p>Floraison : juillet-ao\u00fbt. Pelouses alpines, combes \u00e0 neige, p\u00e2turages d&rsquo;altitude. Alpes internes et externes de Rh\u00f4ne-Alpes.<\/p>\n<h3>Fl\u00e9ole des Alpes \u2014 <em>Phleum alpinum<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/fleole-des-alpes.jpg\" alt=\"Planche botanique de Phleum alpinum \u2014 Fl\u00e9ole des Alpes\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Phleum alpinum<\/em> \u2014 Fl\u00e9ole des Alpes. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La fl\u00e9ole des Alpes est le pendant montagnard de la fl\u00e9ole des pr\u00e9s. Plus petite (10-40 cm), elle se reconna\u00eet \u00e0 sa panicule cylindrique <strong>courte et trapue<\/strong> (1-4 cm, presque aussi large que longue), souvent <strong>violac\u00e9e \u00e0 noir\u00e2tre<\/strong>. Les glumes portent de longs <strong>cils raides<\/strong> sur la car\u00e8ne, donnant \u00e0 l&rsquo;\u00e9pi un aspect h\u00e9riss\u00e9 et sombre.<\/p>\n<p><strong>Ligule<\/strong> membraneuse, moyenne (2-4 mm), tronqu\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes. Plante cespiteuse.<\/p>\n<p><strong>Distinction avec la fl\u00e9ole des pr\u00e9s :<\/strong> la fl\u00e9ole des Alpes est plus basse, sa panicule est plus courte et plus large (rapport longueur\/largeur  5 chez <em>P. pratense<\/em>), et elle est souvent violac\u00e9e. Elles ne se c\u00f4toient que rarement \u2014 <em>P. alpinum<\/em> au-dessus de 1 500 m, <em>P. pratense<\/em> en dessous.<\/p>\n<p>Floraison : juillet-ao\u00fbt. P\u00e2turages alpins, pelouses de cr\u00eate, bords de sentiers d&rsquo;altitude. Commune dans tous les massifs alpins de Rh\u00f4ne-Alpes.<\/p>\n<h2>IX. Les gramin\u00e9es rud\u00e9rales et adventices<\/h2>\n<p>Les friches, les d\u00e9combres, les trottoirs, les cultures : ces milieux perturb\u00e9s abritent des gramin\u00e9es opportunistes, souvent annuelles, qui colonisent rapidement les sols nus. Les reconna\u00eetre est utile pour le botaniste amateur comme pour l&rsquo;agriculteur.<\/p>\n<h3>Chiendent rampant \u2014 <em>Elymus repens<\/em> (L.) Gould<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/chiendent-rampant.jpg\" alt=\"Planche botanique de Elymus repens \u2014 Chiendent rampant\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Elymus repens<\/em> \u2014 Chiendent rampant. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le chiendent est l&rsquo;<strong>ennemi intime du jardinier<\/strong>. Ses <strong>rhizomes<\/strong> blancs, pointus et vigoureux s&rsquo;enfoncent dans le sol et traversent m\u00eame les mottes compactes. Un fragment de quelques centim\u00e8tres suffit \u00e0 r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer une plante enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Plante de 30 \u00e0 120 cm, aux feuilles planes, \u00e9troites \u00e0 moyennes (3-10 mm), vert franc ou glauques, rudes sur la face sup\u00e9rieure. La <strong>ligule<\/strong> est membraneuse, tr\u00e8s courte (&lt; 1 mm). Les <strong>oreillettes<\/strong> sont bien d\u00e9velopp\u00e9es, embrassantes, souvent violac\u00e9es \u2014 un bon crit\u00e8re.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est un <strong>\u00e9pi distique<\/strong> de 5-15 cm. Les \u00e9pillets sont solitaires \u00e0 chaque n\u0153ud, ins\u00e9r\u00e9s par leur <strong>c\u00f4t\u00e9 large<\/strong> contre le rachis (contrairement au ray-grass, ins\u00e9r\u00e9 par le c\u00f4t\u00e9 \u00e9troit). Chaque \u00e9pillet porte <strong>deux glumes<\/strong> bien visibles. Les \u00e9pillets contiennent 3-7 fleurons, \u00e0 ar\u00eates courtes ou nulles.<\/p>\n<p><strong>Distinction avec le ray-grass :<\/strong> le chiendent ins\u00e8re ses \u00e9pillets par le c\u00f4t\u00e9 large (2 glumes visibles de face) ; le ray-grass par le c\u00f4t\u00e9 \u00e9troit (1 seule glume visible). Le chiendent est tra\u00e7ant (rhizomes) ; le ray-grass est cespiteux.<\/p>\n<p>Floraison : juin-ao\u00fbt. Jardins, cultures, friches, bords de routes. Omnipr\u00e9sent.<\/p>\n<h3>Brome st\u00e9rile \u2014 <em>Bromus sterilis<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/brome-sterile.jpg\" alt=\"Planche botanique de Bromus sterilis \u2014 Brome st\u00e9rile\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Bromus sterilis<\/em> \u2014 Brome st\u00e9rile. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le brome st\u00e9rile est une grande gramin\u00e9e annuelle (30-100 cm) des friches et des d\u00e9combres, spectaculaire par son inflorescence : une <strong>grande panicule l\u00e2che et retombante<\/strong> (10-25 cm), \u00e0 rameaux longs et pendants, portant des \u00e9pillets \u00e9troits munis de <strong>tr\u00e8s longues ar\u00eates<\/strong> (15-30 mm), droites et divergentes. \u00c0 maturit\u00e9, la panicule dess\u00e9ch\u00e9e forme un rideau de fils dor\u00e9s.<\/p>\n<p>Feuilles molles, pubescentes, larges de 3-6 mm. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, moyenne (2-4 mm), lac\u00e9r\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes. Gaine poilue.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re imparable :<\/strong> panicule pendante + ar\u00eates tr\u00e8s longues (&gt; 15 mm). Le brome des toits (<em>B. tectorum<\/em>), esp\u00e8ce proche, a des \u00e9pillets plus petits et plus dens\u00e9ment group\u00e9s, et une pilosit\u00e9 plus courte.<\/p>\n<p>Floraison : mai-juillet. Friches, d\u00e9combres, pieds de murs, talus. Tr\u00e8s commun en milieu urbain et p\u00e9ri-urbain.<\/p>\n<h3>Orge des rats \u2014 <em>Hordeum murinum<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/orge-des-rats.jpg\" alt=\"Planche botanique de Hordeum murinum \u2014 Orge des rats\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Hordeum murinum<\/em> \u2014 Orge des rats. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;orge des rats est la gramin\u00e9e des <strong>trottoirs et des pieds de murs<\/strong>. Annuelle, basse (10-40 cm), elle forme des touffes denses le long des caniveaux et dans les interstices des pav\u00e9s. Son \u00e9pi est <strong>compact, h\u00e9riss\u00e9 d&rsquo;ar\u00eates raides<\/strong> (2-4 cm), vert puis dor\u00e9, rappelant un \u00e9pi d&rsquo;orge miniature.<\/p>\n<p>Les \u00e9pillets sont group\u00e9s par <strong>trois \u00e0 chaque n\u0153ud<\/strong> du rachis : un \u00e9pillet central sessile, fertile, flanqu\u00e9 de deux \u00e9pillets lat\u00e9raux p\u00e9dicell\u00e9s, souvent r\u00e9duits. Les glumes portent de longues ar\u00eates (20-30 mm), raides et scabres, qui rendent l&rsquo;\u00e9pi piquant au toucher.<\/p>\n<p>Feuilles planes, molles, pubescentes, larges de 3-8 mm. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, courte (0,5-1 mm). <strong>Oreillettes<\/strong> bien d\u00e9velopp\u00e9es, embrassantes.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re imparable :<\/strong> trottoir + \u00e9pi h\u00e9riss\u00e9 + 3 \u00e9pillets par n\u0153ud. On peut le confondre de loin avec un \u00e9pi de bl\u00e9, mais la taille (miniature) et l&rsquo;habitat (urbain) ne trompent pas.<\/p>\n<p>Floraison : mai-juillet. Trottoirs, pieds de murs, friches urbaines, terrains vagues. Omnipr\u00e9sent en ville.<\/p>\n<h3>Folle avoine \u2014 <em>Avena fatua<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/folle-avoine.jpg\" alt=\"Planche botanique de Avena fatua \u2014 Folle avoine\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Avena fatua<\/em> \u2014 Folle avoine. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La folle avoine est la grande <strong>adventice des cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res<\/strong>, redout\u00e9e des agriculteurs car ses graines m\u00fbrissent avant la moisson et contaminent les r\u00e9coltes. C&rsquo;est aussi une gramin\u00e9e tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gante, qu&rsquo;il est important de savoir reconna\u00eetre.<\/p>\n<p>Plante annuelle, robuste (60-150 cm), dress\u00e9e. Feuilles larges (5-15 mm), planes, rudes, tordues dans le sens antihoraire. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, longue (3-6 mm), tronqu\u00e9e, denticul\u00e9e. Pas d&rsquo;oreillettes. Gaine glabre ou faiblement poilue.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>grande et l\u00e2che<\/strong> (15-30 cm), \u00e0 rameaux \u00e9tal\u00e9s. Les \u00e9pillets sont <strong>gros<\/strong> (20-25 mm), pendants, contenant 2-3 fleurons. Chaque lemme est poilue \u00e0 la base (poils bruns, raides) et porte une <strong>longue ar\u00eate dorsale genouill\u00e9e<\/strong> (30-40 mm), vrill\u00e9e dans sa moiti\u00e9 inf\u00e9rieure. Par temps sec, l&rsquo;ar\u00eate se tord et se d\u00e9tord, propulsant la graine dans le sol \u2014 un m\u00e9canisme hygroscopique fascinant.<\/p>\n<p><strong>Distinction avec le fromental :<\/strong> la folle avoine est <strong>annuelle<\/strong> (racine fibreuse, pas de touffe p\u00e9renne), ses <strong>3 fleurons sont tous arist\u00e9s<\/strong> (chez le fromental, un seul fleuron est fortement arist\u00e9), et les lemmes sont poilues \u00e0 la base (lisses chez le fromental). Enfin, les glumes de la folle avoine sont plus grandes, enveloppant presque tout l&rsquo;\u00e9pillet.<\/p>\n<p>Floraison : juin-ao\u00fbt. Cultures de c\u00e9r\u00e9ales, jach\u00e8res, friches. Commune dans les plaines c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res (Lyonnais, Bresse, vall\u00e9e du Rh\u00f4ne).<\/p>\n<h3>S\u00e9taire verte \u2014 <em>Setaria viridis<\/em> (L.) P.Beauv.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/setaire-verte.jpg\" alt=\"Planche botanique de Setaria viridis \u2014 S\u00e9taire verte\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Setaria viridis<\/em> \u2014 S\u00e9taire verte. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La s\u00e9taire est une petite gramin\u00e9e annuelle (10-50 cm) des cultures sarcl\u00e9es et des jardins, reconnaissable \u00e0 son inflorescence en <strong>\u00e9pi cylindrique dense<\/strong> (2-8 cm), h\u00e9riss\u00e9 de <strong>soies vertes<\/strong> (parfois violac\u00e9es) d\u00e9passant longuement les \u00e9pillets. Ces soies sont des rameaux st\u00e9riles modifi\u00e9s, pas des ar\u00eates : elles naissent sous chaque \u00e9pillet, pas de la lemme.<\/p>\n<p>Feuilles planes, \u00e9troites (5-10 mm), vert franc, \u00e0 gaine comprim\u00e9e. <strong>Ligule<\/strong> r\u00e9duite \u00e0 une <strong>rang\u00e9e de poils<\/strong> (1-2 mm). Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>Les \u00e9pillets contiennent 2 fleurons : un inf\u00e9rieur st\u00e9rile et un sup\u00e9rieur fertile, \u00e0 lemme finement rid\u00e9e transversalement (visible \u00e0 la loupe).<\/p>\n<p><strong>Confusion possible :<\/strong> avec la <strong>s\u00e9taire glauque<\/strong> (<em>S. pumila<\/em>), \u00e0 soies rousses-dor\u00e9es et feuilles plus larges ; et le <strong>panic pied-de-coq<\/strong> (<em>Echinochloa crus-galli<\/em>), plus grand, \u00e0 panicule ramifi\u00e9e (non cylindrique), sans soies.<\/p>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/panic-pied-de-coq.jpg\" alt=\"Planche botanique de Echinochloa crus-galli \u2014 Panic pied-de-coq\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Echinochloa crus-galli<\/em> \u2014 Panic pied-de-coq. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Floraison : juillet-octobre. Cultures sarcl\u00e9es (ma\u00efs, vignes), jardins, friches. Commune dans les plaines chaudes de Rh\u00f4ne-Alpes.<\/p>\n<h3>Digitaire sanguine \u2014 <em>Digitaria sanguinalis<\/em> (L.) Scop.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/digitaire-sanguine.jpg\" alt=\"Planche botanique de Digitaria sanguinalis \u2014 Digitaire sanguine\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Digitaria sanguinalis<\/em> \u2014 Digitaire sanguine. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La digitaire est une gramin\u00e9e annuelle couch\u00e9e-ascendante (10-50 cm), s&rsquo;\u00e9talant en nappes \u00e0 partir de chaumes radicants aux n\u0153uds. Son inflorescence est caract\u00e9ristique : <strong>3 \u00e0 8 \u00e9pis digit\u00e9es<\/strong> (divergeant d&rsquo;un point commun au sommet du chaume, comme les doigts d&rsquo;une main). Chaque \u00e9pi est lin\u00e9aire (5-15 cm), unilat\u00e9ral, portant des \u00e9pillets dispos\u00e9s par 2-3 sur un rachis ail\u00e9.<\/p>\n<p>Feuilles planes, larges (4-10 mm), souvent \u00e0 pilosit\u00e9 \u00e9parse. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, courte (1-3 mm), tronqu\u00e9e. Gaines poilues.<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8re imparable :<\/strong> les \u00e9pis digit\u00e9es partant d&rsquo;un m\u00eame point. D&rsquo;autres gramin\u00e9es portent des inflorescences digit\u00e9es (le cynodon, le panic), mais la digitaire est la seule commune dans les cultures estivales de Rh\u00f4ne-Alpes avec ce port \u00e9tal\u00e9 et cette taille modeste.<\/p>\n<p>Floraison : juillet-octobre. Cultures sarcl\u00e9es, vignes, jardins, pelouses urbaines, terrains de sport. Commune dans les zones chaudes de la r\u00e9gion.<\/p>\n<h3>P\u00e2turin annuel \u2014 <em>Poa annua<\/em> L.<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure\" style=\"margin:2em 0;text-align:center\">\n<img decoding=\"async\" class=\"planche-zoom\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/poacees\/paturin-annuel.jpg\" alt=\"Planche botanique de Poa annua \u2014 P\u00e2turin annuel\" style=\"width:100%;border-radius:6px\"><figcaption style=\"font-style:italic;margin-top:0.5em;color:#555\"><em>Poa annua<\/em> \u2014 P\u00e2turin annuel. Cliquer pour agrandir.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le p\u00e2turin annuel est probablement la <strong>gramin\u00e9e la plus ubiquiste au monde<\/strong>. Annuel (ou bisannuel), nain (5-25 cm), il pousse dans la moindre fissure de trottoir, le moindre interstice de dallage, le moindre pot de fleur. Il fleurit <strong>toute l&rsquo;ann\u00e9e<\/strong>, m\u00eame en plein hiver dans les zones urbaines abrit\u00e9es.<\/p>\n<p>Touffe vert clair, aplatie, \u00e0 chaumes comprim\u00e9s lat\u00e9ralement, souvent couch\u00e9s \u00e0 la base. Feuilles courtes, planes, molles, vert clair (parfois jaun\u00e2tre), larges de 2-4 mm, \u00e0 sommet en proue de barque. <strong>Ligule<\/strong> membraneuse, longue pour sa taille (2-5 mm), aigu\u00eb. Pas d&rsquo;oreillettes.<\/p>\n<p>La panicule est <strong>petite<\/strong> (2-8 cm), triangulaire-pyramidale, \u00e0 rameaux \u00e9tal\u00e9s puis r\u00e9fl\u00e9chis. \u00c9pillets de 3-5 mm, \u00e0 3-5 fleurons, sans ar\u00eate, souvent verd\u00e2tres.<\/p>\n<p><strong>Comment le reconna\u00eetre :<\/strong> c&rsquo;est le seul <em>Poa<\/em> annuel, nain, vert clair, fleurissant toute l&rsquo;ann\u00e9e, poussant dans les fissures. Aucune autre gramin\u00e9e commune ne combine ces caract\u00e8res.<\/p>\n<p>Floraison : janvier-d\u00e9cembre. Trottoirs, jardins, cultures, bords de routes. Omnipr\u00e9sent.<\/p>\n<h2>X. Confusions fr\u00e9quentes \u2014 les pi\u00e8ges \u00e0 \u00e9viter<\/h2>\n<p>Certaines paires d&rsquo;esp\u00e8ces provoquent des erreurs syst\u00e9matiques chez les d\u00e9butants. Voici les confusions les plus courantes en Rh\u00f4ne-Alpes, r\u00e9sum\u00e9es en un crit\u00e8re d\u00e9cisif pour chacune.<\/p>\n<h3>Vulpin ou fl\u00e9ole ?<\/h3>\n<p>Deux \u00ab queues de renard \u00bb cylindriques. <strong>Pliez l&rsquo;inflorescence :<\/strong> souple et reprend sa forme = vulpin ; rigide et ne se d\u00e9forme pas = fl\u00e9ole. Compl\u00e9ment : les glumes du vulpin sont soud\u00e9es \u00e0 la base ; celles de la fl\u00e9ole sont libres et tronqu\u00e9es.<\/p>\n<h3>Ray-grass ou f\u00e9tuque des pr\u00e9s ?<\/h3>\n<p>Deux esp\u00e8ces \u00e0 oreillettes et feuilles luisantes. <strong>Regardez l&rsquo;inflorescence :<\/strong> \u00e9pi distique (\u00e9pillets sessiles sur le rachis) = ray-grass ; panicule ramifi\u00e9e (\u00e9pillets p\u00e9dicell\u00e9s) = f\u00e9tuque. Sans inflorescence : le ray-grass a les feuilles pli\u00e9es dans le bourgeon ; la f\u00e9tuque les a enroul\u00e9es.<\/p>\n<h3>Fromental ou folle avoine ?<\/h3>\n<p>Deux grandes esp\u00e8ces \u00e0 ar\u00eates genouill\u00e9es. <strong>Arrachez la plante :<\/strong> vivace en touffe p\u00e9renne = fromental ; annuelle \u00e0 racine fibreuse = folle avoine. Les lemmes de la folle avoine portent des poils bruns \u00e0 la base ; celles du fromental sont glabres.<\/p>\n<h3>P\u00e2turin des pr\u00e9s ou p\u00e2turin commun ?<\/h3>\n<p><strong>Passez le doigt sur la gaine de bas en haut :<\/strong> lisse = <em>P. pratensis<\/em> ; rugueuse et car\u00e9n\u00e9e = <em>P. trivialis<\/em>. Et tirez sur un chaume : rhizome qui r\u00e9siste = <em>pratensis<\/em> ; touffe qui vient en bloc = <em>trivialis<\/em>.<\/p>\n<h3>F\u00e9tuque ovine ou f\u00e9tuque rouge ?<\/h3>\n<p>Deux f\u00e9tuques \u00e0 feuilles fines et s\u00e9tac\u00e9es. <strong>Tirez sur un chaume :<\/strong> touffe compacte qui vient en bloc = <em>F. ovina<\/em> ; r\u00e9sistance du rhizome, le chaume s&rsquo;\u00e9tire sans venir = <em>F. rubra<\/em>.<\/p>\n<h3>Brachypode penn\u00e9 ou brachypode des bois ?<\/h3>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> pelouse s\u00e8che en plein soleil = <em>B. pinnatum<\/em> ; sous-bois ombrag\u00e9 = <em>B. sylvaticum<\/em>. Port : feuilles raides et dress\u00e9es, grappe raide = penn\u00e9 ; feuilles molles et retombantes, grappe pench\u00e9e = des bois. Penn\u00e9 est tra\u00e7ant, des bois est cespiteux.<\/p>\n<h3>Chiendent ou ray-grass ?<\/h3>\n<p>Deux esp\u00e8ces \u00e0 \u00e9pi distique et oreillettes. <strong>Comptez les glumes visibles par \u00e9pillet :<\/strong> 2 glumes = chiendent ; 1 seule glume = ray-grass. Le chiendent pr\u00e9sente le c\u00f4t\u00e9 large de l&rsquo;\u00e9pillet ; le ray-grass pr\u00e9sente le c\u00f4t\u00e9 \u00e9troit.<\/p>\n<h3>Dactyle ou\u2026 rien d&rsquo;autre<\/h3>\n<p>Le dactyle ne se confond avec aucune autre gramin\u00e9e fran\u00e7aise. Ses glom\u00e9rules unilat\u00e9raux sont uniques. C&rsquo;est la valeur s\u00fbre du d\u00e9butant, le rep\u00e8re fixe \u00e0 partir duquel calibrer son regard.<\/p>\n<h2>XI. Conseils de r\u00e9colte et d&rsquo;observation sur le terrain<\/h2>\n<h3>Quand herboriser les gramin\u00e9es<\/h3>\n<p>La p\u00e9riode optimale en Rh\u00f4ne-Alpes est <strong>mai-juillet<\/strong> pour les esp\u00e8ces de plaine et de colline, <strong>juillet-ao\u00fbt<\/strong> pour les esp\u00e8ces alpines. Quelques esp\u00e8ces pr\u00e9coces (flouve, vulpin, sesl\u00e9rie) fleurissent d\u00e8s avril. Les esp\u00e8ces rud\u00e9rales estivales (s\u00e9taire, digitaire, panic) ne sont identifiables qu&rsquo;en <strong>ao\u00fbt-octobre<\/strong>.<\/p>\n<p>R\u00e9coltez toujours l&rsquo;inflorescence \u00e0 maturit\u00e9 (\u00e9pillets bien form\u00e9s, \u00e9tamines souvent d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9es) plut\u00f4t qu&rsquo;en bouton. Les \u00e9pillets immatures manquent de caract\u00e8res diagnostiques.<\/p>\n<h3>Que r\u00e9colter<\/h3>\n<p>Un bon \u00e9chantillon d&rsquo;herbier comprend :<\/p>\n<p>\u2014 L&rsquo;<strong>inflorescence compl\u00e8te<\/strong>, avec quelques centim\u00e8tres de chaume sous le dernier n\u0153ud.<br \/>\n\u2014 Deux ou trois <strong>feuilles compl\u00e8tes<\/strong> avec leur gaine \u2014 c&rsquo;est l\u00e0 que se trouvent la ligule, les oreillettes et la pr\u00e9foliation.<br \/>\n\u2014 La <strong>base de la plante<\/strong>, pour v\u00e9rifier le port (cespiteux ou tra\u00e7ant) et la pr\u00e9sence de rhizomes ou de stolons. Arrachez d\u00e9licatement plut\u00f4t que de couper.<\/p>\n<h3>Le mat\u00e9riel indispensable<\/h3>\n<p>\u2014 Une <strong>loupe \u00d7 10<\/strong> : indispensable pour la ligule, les glumes, les ar\u00eates, les poils du callus.<br \/>\n\u2014 Un <strong>couteau<\/strong> ou un canif : pour faire des coupes transversales de gaine et v\u00e9rifier la pr\u00e9foliation.<br \/>\n\u2014 Des <strong>sachets en papier<\/strong> (pas en plastique) : les gramin\u00e9es moisissent vite en sachet ferm\u00e9. Num\u00e9rotez chaque sachet avec le lieu, la date et l&rsquo;habitat.<br \/>\n\u2014 Un <strong>carnet<\/strong> : notez la taille de la plante en place (elle se d\u00e9forme au s\u00e9chage), la couleur de l&rsquo;inflorescence (elle p\u00e2lit), l&rsquo;habitat et le sol.<\/p>\n<h3>La m\u00e9thode d&rsquo;observation<\/h3>\n<p>Face \u00e0 une gramin\u00e9e inconnue, proc\u00e9dez toujours dans cet ordre :<\/p>\n<p>1. <strong>Port<\/strong> : taille, touffe ou tapis, dress\u00e9 ou couch\u00e9 ?<br \/>\n2. <strong>Base<\/strong> : rhizomes, stolons, bulbe basal ? Section du chaume (ronde ou comprim\u00e9e) ?<br \/>\n3. <strong>Jonction gaine-limbe<\/strong> : ligule (type, longueur), oreillettes (pr\u00e9sence, forme), gaine (fendue ou soud\u00e9e, lisse ou car\u00e9n\u00e9e, glabre ou poilue) ?<br \/>\n4. <strong>Feuille<\/strong> : largeur du limbe, pli\u00e9e ou enroul\u00e9e, face sup\u00e9rieure lisse ou stri\u00e9e, bords lisses ou rudes ?<br \/>\n5. <strong>Inflorescence<\/strong> : \u00e9pi, panicule l\u00e2che ou contract\u00e9e, grappe ? Taille, forme, couleur ?<br \/>\n6. <strong>\u00c9pillet<\/strong> : nombre de fleurons, glumes (taille relative, nombre de nervures), lemme (ar\u00eate ou non, position de l&rsquo;ar\u00eate, pilosit\u00e9), callus ?<\/p>\n<p>En suivant cet ordre, vous pourrez identifier la majorit\u00e9 des esp\u00e8ces de ce guide sans microscope.<\/p>\n<h2>XII. Glossaire de terrain<\/h2>\n<p><strong>Anti-ligule :<\/strong> appendice membraneux situ\u00e9 \u00e0 la face externe de la jonction gaine-limbe, face oppos\u00e9e \u00e0 la ligule. Caract\u00e9ristique du genre <em>Melica<\/em>.<br \/>\n<strong>Ar\u00eate :<\/strong> prolongement filiforme de la lemme ou de la glume. Peut \u00eatre terminale, dorsale ou basale, droite ou genouill\u00e9e.<br \/>\n<strong>Auricule :<\/strong> voir Oreillette.<br \/>\n<strong>Callus :<\/strong> base durcie du fleuron, \u00e0 la jonction avec le rachillet. Porte parfois des poils longs (calamagrostide).<br \/>\n<strong>Cespiteux :<\/strong> qui forme une touffe compacte, sans rhizomes ni stolons.<br \/>\n<strong>Chaume :<\/strong> tige des Poac\u00e9es, g\u00e9n\u00e9ralement creuse et cloisonn\u00e9e aux n\u0153uds.<br \/>\n<strong>Condupliqu\u00e9 :<\/strong> pli\u00e9 en deux dans le sens de la longueur (pr\u00e9foliation des f\u00e9tuques).<br \/>\n<strong>Convolut :<\/strong> enroul\u00e9 en spirale (pr\u00e9foliation des agrostides).<br \/>\n<strong>Digit\u00e9e :<\/strong> inflorescence dont les \u00e9pis ou les rac\u00e8mes partent d&rsquo;un m\u00eame point, comme les doigts d&rsquo;une main.<br \/>\n<strong>Distique :<\/strong> dispos\u00e9 sur deux rangs oppos\u00e9s (\u00e9pi du ray-grass).<br \/>\n<strong>Fleuron :<\/strong> fleur individuelle d&rsquo;un \u00e9pillet, compos\u00e9e de la lemme, la pal\u00e9ole, les \u00e9tamines et le pistil.<br \/>\n<strong>Gaine :<\/strong> partie inf\u00e9rieure de la feuille qui enveloppe le chaume.<br \/>\n<strong>Genouill\u00e9 :<\/strong> coud\u00e9 \u00e0 angle marqu\u00e9 (ar\u00eate du fromental).<br \/>\n<strong>Glume :<\/strong> bract\u00e9e st\u00e9rile \u00e0 la base de l&rsquo;\u00e9pillet (g\u00e9n\u00e9ralement 2 par \u00e9pillet).<br \/>\n<strong>Glom\u00e9rule :<\/strong> groupe dense d&rsquo;\u00e9pillets (dactyle).<br \/>\n<strong>Lemme :<\/strong> glumelle inf\u00e9rieure, enveloppant le fleuron. Porte souvent l&rsquo;ar\u00eate.<br \/>\n<strong>Ligule :<\/strong> appendice membraneux ou cili\u00e9 \u00e0 la jonction interne gaine-limbe. Crit\u00e8re d&rsquo;identification majeur.<br \/>\n<strong>Naviculaire :<\/strong> en forme de proue de barque (sommet des feuilles de <em>Poa<\/em>).<br \/>\n<strong>Oreillette :<\/strong> petit prolongement de la gaine de part et d&rsquo;autre de la ligule, embrassant le chaume.<br \/>\n<strong>Pal\u00e9ole :<\/strong> glumelle sup\u00e9rieure, membraneuse, bi-car\u00e9n\u00e9e.<br \/>\n<strong>Panicule :<\/strong> inflorescence ramifi\u00e9e o\u00f9 les \u00e9pillets sont port\u00e9s par des p\u00e9dicelles ramifi\u00e9s.<br \/>\n<strong>Rachis :<\/strong> axe central d&rsquo;un \u00e9pi ou d&rsquo;une inflorescence.<br \/>\n<strong>Rhizome :<\/strong> tige souterraine horizontale permettant la propagation v\u00e9g\u00e9tative (chiendent).<br \/>\n<strong>S\u00e9tac\u00e9 :<\/strong> fin comme une soie, filiforme (feuilles de f\u00e9tuque ovine).<br \/>\n<strong>Spiciforme :<\/strong> en forme d&rsquo;\u00e9pi, mais de structure paniculaire (fl\u00e9ole, koel\u00e9rie).<br \/>\n<strong>Stolon :<\/strong> tige rampante \u00e0 la surface du sol, s&rsquo;enracinant aux n\u0153uds.<br \/>\n<strong>Unilat\u00e9ral :<\/strong> tous les \u00e9l\u00e9ments tourn\u00e9s du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 (\u00e9pi du nard, panicule du dactyle).<\/p>\n<h2>XIII. Bibliographie<\/h2>\n<p>Hubbard C.E. (1954, r\u00e9\u00e9d. 1984). <em>Grasses: a guide to their structure, identification, uses and distribution in the British Isles.<\/em> Penguin Books, Londres. \u2014 L&rsquo;ouvrage fondateur, clair et illustr\u00e9, qui a rendu les gramin\u00e9es accessibles aux amateurs.<br \/>\nJauzein P., Nawrot O. (2011). <em>Flore d&rsquo;\u00cele-de-France.<\/em> Qu\u00e6, Paris. \u2014 Cl\u00e9s rigoureuses pour toutes les Poac\u00e9es de France temp\u00e9r\u00e9e.<br \/>\nKergu\u00e9len M. (1975). <em>Les Gramineae (Poaceae) de la flore fran\u00e7aise. Essai de mise au point taxonomique et nomenclaturale.<\/em> Lejeunia, n.s., 75 : 1-343.<br \/>\nLambinon J., Delvosalle L., Duvigneaud J. (2012). <em>Nouvelle Flore de la Belgique, du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, du Nord de la France et des R\u00e9gions voisines.<\/em> 6<sup>e<\/sup> \u00e9d. Jardin botanique de Meise. \u2014 Cl\u00e9s analytiques tr\u00e8s compl\u00e8tes pour les Poac\u00e9es.<br \/>\nCope T., Gray A. (2009). <em>Grasses of the British Isles.<\/em> BSBI Handbook 13. Botanical Society of the British Isles, Londres.<br \/>\nPortal R. (1999). <em>Festuca de France.<\/em> Vals-pr\u00e8s-le-Puy. \u2014 Monographie de r\u00e9f\u00e9rence du genre <em>Festuca<\/em> en France.<br \/>\nPortal R. (2002). <em>Bromus de France.<\/em> Vals-pr\u00e8s-le-Puy. \u2014 Idem pour les bromes.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. (coord.) (2014). <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France.<\/em> Biotope \u00c9ditions, M\u00e8ze. \u2014 La flore de r\u00e9f\u00e9rence actuelle pour la France, cl\u00e9s compl\u00e8tes des Poac\u00e9es.<br \/>\nBonnier G. (1911-1935). <em>Flore compl\u00e8te illustr\u00e9e en couleurs de France, Suisse et Belgique.<\/em> Librairie g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;enseignement, Paris. \u2014 Planches botaniques en couleur, toujours utiles pour la reconnaissance visuelle.<br \/>\nRameau J.-C., Mansion D., Dum\u00e9 G. (2008). <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise. Tome 1 : Plaines et collines. Tome 2 : Montagnes.<\/em> IDF, Paris. \u2014 Descriptions d\u00e9taill\u00e9es des gramin\u00e9es foresti\u00e8res et montagnardes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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