{"id":1175,"date":"2026-03-26T11:37:20","date_gmt":"2026-03-26T10:37:20","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/pediculaire-feuillee\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"pediculaire-feuillee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/pediculaire-feuillee\/","title":{"rendered":"P\u00c9DICULAIRE FEUILL\u00c9E"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/P%C3%A9diculaire%20feuill%C3%A9e.jpg\" alt=\"Planche botanique P\u00e9diculaire feuill\u00e9e\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La P\u00e9diculaire feuill\u00e9e, <em>Pedicularis foliosa<\/em> L., appartient \u00e0 la famille des <strong>Orobanchaceae<\/strong> (anciennement Scrophulariaceae), genre <em>Pedicularis<\/em> L. Ce genre vaste, avec environ 600 esp\u00e8ces, est surtout diversifi\u00e9 dans les montagnes de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord, en particulier en Himalaya et en Asie orientale. <em>P. foliosa<\/em> est une esp\u00e8ce des montagnes d&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale. Les noms vernaculaires incluent P\u00e9diculaire feuill\u00e9e et P\u00e9diculaire \u00e0 grandes bract\u00e9es. Sur le plan de la classification APG IV, le transfert du genre <em>Pedicularis<\/em> des Scrophulariaceae vers les Orobanchaceae a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par les analyses mol\u00e9culaires. L&rsquo;ordre des Lamiales, dans lequel s&rsquo;inscrivent les Orobanchaceae, est l&rsquo;un des plus vastes de la classification. <em>P. foliosa<\/em> se distingue par sa grande taille, ses \u00e9pis de fleurs jaune p\u00e2le et ses grandes bract\u00e9es foliac\u00e9es d\u00e9passant les fleurs. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9miparasite, pr\u00e9levant eau et nutriments min\u00e9raux sur les racines des plantes voisines via des haustoria.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante vivace herbac\u00e9e, h\u00e9micryptophyte h\u00e9miparasite, haute de 20 \u00e0 60 cm, \u00e0 souche \u00e9paisse et racines portant des haustoria (su\u00e7oirs) se fixant sur les racines des plantes h\u00f4tes. La tige est dress\u00e9e, robuste, simple, glabre \u00e0 faiblement pubescente, feuill\u00e9e sur toute sa longueur. Les feuilles sont alternes, pennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments lanc\u00e9ol\u00e9s dent\u00e9s, glabres, d&rsquo;un vert clair, les basales longuement p\u00e9tiol\u00e9es, les caulinaires sessiles. L&rsquo;inflorescence est un \u00e9pi terminal dense, court et large, de 5 \u00e0 15 cm, caract\u00e9ristiquement entour\u00e9 de grandes bract\u00e9es foliac\u00e9es pennatis\u00e9qu\u00e9es, plus longues que les fleurs, donnant \u00e0 l&rsquo;\u00e9pi un aspect feuillu distinctif. Les fleurs sont zygomorphes, \u00e0 calice tubuleux dent\u00e9 et \u00e0 corolle bilabi\u00e9e jaune p\u00e2le \u00e0 jaune soufre, longue de 15 \u00e0 25 mm, \u00e0 l\u00e8vre sup\u00e9rieure en casque et l\u00e8vre inf\u00e9rieure trilob\u00e9e. Le fruit est une capsule ovale comprim\u00e9e, contenant des graines ail\u00e9es. La floraison a lieu de juin \u00e0 ao\u00fbt. L&rsquo;esp\u00e8ce habite les prairies humides, m\u00e9gaphorbiaies, bas-marais et prairies de fauche montagnardes sur sols frais \u00e0 humides, riches, calcaires ou neutres.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET HABITAT<\/h3>\n<p><em>Pedicularis foliosa<\/em> est une esp\u00e8ce montagnarde \u00e0 subalpine, habitant les prairies fra\u00eeches \u00e0 humides, les m\u00e9gaphorbiaies, les bas-marais alcalins et les prairies de fauche sur sols frais, riches, calcaires ou neutres. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9mi-sciaphile, m\u00e9sohygrophile et calcicole. Son aire de r\u00e9partition couvre les montagnes d&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale, des Pyr\u00e9n\u00e9es aux Carpates, en passant par les Alpes, le Jura et les Apennins. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est pr\u00e9sente dans les Pyr\u00e9n\u00e9es, les Alpes et le Jura, entre 800 et 2200 m d&rsquo;altitude. Le caract\u00e8re h\u00e9miparasite est un trait \u00e9cologique majeur : la plante se connecte aux racines des gramin\u00e9es et des dicotyl\u00e9dones voisines via des haustoria, pr\u00e9levant eau et sels min\u00e9raux. Ce parasitisme racinaire lui conf\u00e8re un avantage comp\u00e9titif dans les prairies denses et r\u00e9duit la biomasse des esp\u00e8ces h\u00f4tes, jouant ainsi un r\u00f4le r\u00e9gulateur dans les communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales. La pollinisation est entomogame, assur\u00e9e principalement par les bourdons.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La P\u00e9diculaire feuill\u00e9e n&rsquo;a <strong>pas d&rsquo;usage m\u00e9dicinal courant<\/strong> dans la phytoth\u00e9rapie moderne. Le genre <em>Pedicularis<\/em> est toutefois utilis\u00e9 en m\u00e9decine traditionnelle tib\u00e9taine et chinoise, o\u00f9 plusieurs esp\u00e8ces sont employ\u00e9es comme s\u00e9datives, analg\u00e9siques et h\u00e9patoprotectrices. En Europe, le nom \u00ab P\u00e9diculaire \u00bb (du latin <em>pediculus<\/em> = pou) refl\u00e8te l&rsquo;ancienne croyance que le b\u00e9tail contractait des poux en broutant ces plantes \u2014 croyance infond\u00e9e mais ayant marqu\u00e9 la nomenclature. Les <strong>parties a\u00e9riennes fleuries<\/strong> constituent la drogue potentielle, r\u00e9colt\u00e9e en \u00e9t\u00e9 pendant la floraison. La plante enti\u00e8re est am\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Irido\u00efdes glycosidiques<\/h3>\n<p>Le genre <em>Pedicularis<\/em> est riche en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> : <strong>aucubine<\/strong>, <strong>catalpol<\/strong>, <strong>harpagide<\/strong> et leurs d\u00e9riv\u00e9s glycosidiques. Ces compos\u00e9s, amers et hydrosolubles, sont caract\u00e9ristiques des Orobanchaceae et des anciennes Scrophulariaceae. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s h\u00e9patoprotectrices, anti-inflammatoires et antimicrobiennes document\u00e9es.<\/p>\n<h3>B. Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosidiques<\/h3>\n<p>Les <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosidiques<\/strong> (<strong>act\u00e9oside<\/strong> = verbascoside, <strong>martynoside<\/strong>) sont des compos\u00e9s polyph\u00e9noliques hautement antioxydants isol\u00e9s de plusieurs esp\u00e8ces de <em>Pedicularis<\/em>. L&rsquo;<strong>act\u00e9oside<\/strong> est l&rsquo;un des antioxydants naturels les plus puissants connus, surpassant la vitamine C dans les tests in vitro.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong> et leurs glycosides), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">lignanes<\/a><\/strong>. Ces compos\u00e9s contribuent au potentiel antioxydant global de la plante.<\/p>\n<h3>D. Alcalo\u00efdes<\/h3>\n<p>Certaines esp\u00e8ces de <em>Pedicularis<\/em> contiennent des traces d&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> de type pyrrolizidine ou indolizidine, mais la pr\u00e9sence et la quantit\u00e9 de ces compos\u00e9s chez <em>P. foliosa<\/em> ne sont pas document\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les m\u00e9canismes pharmacologiques du genre <em>Pedicularis<\/em> sont principalement \u00e9tudi\u00e9s sur des esp\u00e8ces asiatiques (<em>P. longiflora<\/em>, <em>P. muscicola<\/em>, <em>P. kansuensis<\/em>). L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> exerce un effet h\u00e9patoprotecteur par r\u00e9duction du stress oxydatif h\u00e9patique et inhibition de la peroxydation lipidique. L&rsquo;<strong>act\u00e9oside<\/strong> est un antioxydant puissant agissant par pi\u00e9geage des radicaux libres et ch\u00e9lation des m\u00e9taux pro-oxydants. Les <strong>irido\u00efdes<\/strong> contribuent \u00e0 un effet anti-inflammatoire par inhibition de la voie NF-\u03baB et r\u00e9duction de la production de cytokines pro-inflammatoires. L&rsquo;effet <strong>s\u00e9datif<\/strong> attribu\u00e9 traditionnellement aux p\u00e9diculaires pourrait \u00eatre li\u00e9 aux irido\u00efdes et aux flavono\u00efdes agissant sur les r\u00e9cepteurs GABAergiques, mais ce m\u00e9canisme reste hypoth\u00e9tique. L&rsquo;ensemble dessine un profil de plante potentiellement antioxydante, h\u00e9patoprotectrice et anti-inflammatoire, dont les applications restent exp\u00e9rimentales.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune \u00e9tude clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour <em>Pedicularis foliosa<\/em>. Le genre <em>Pedicularis<\/em> ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. En m\u00e9decine traditionnelle tib\u00e9taine, <em>Pedicularis<\/em> spp. sont employ\u00e9es pour les troubles h\u00e9patiques, les douleurs et l&rsquo;insomnie. Des \u00e9tudes pharmacologiques pr\u00e9cliniques, principalement chinoises, ont document\u00e9 des activit\u00e9s h\u00e9patoprotectrices, antioxydantes et analg\u00e9siques pour des extraits de <em>P. longiflora<\/em> et <em>P. kansuensis<\/em>. L&rsquo;act\u00e9oside, compos\u00e9 partag\u00e9 par de nombreuses esp\u00e8ces du genre, fait l&rsquo;objet de recherches en neuroprotection et en anti-vieillissement. Ces donn\u00e9es encourageantes ne sont pas directement transposables \u00e0 <em>P. foliosa<\/em> sans \u00e9tudes sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Aucubine<\/strong><\/td>\n<td>Irido\u00efde glycoside<\/td>\n<td>H\u00e9patoprotecteur, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Catalpol<\/strong><\/td>\n<td>Irido\u00efde glycoside<\/td>\n<td>Neuroprotecteur potentiel<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Act\u00e9oside (verbascoside)<\/strong><\/td>\n<td>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efde glycoside<\/td>\n<td>Antioxydant puissant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Lut\u00e9oline<\/strong><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">Flavone<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Harpagide<\/strong><\/td>\n<td>Irido\u00efde glycoside<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Aucubine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Catalpol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Harpagide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Aucubine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosidiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune forme gal\u00e9nique standardis\u00e9e n&rsquo;est disponible pour <em>P. foliosa<\/em>. Les usages potentiels, par analogie avec les esp\u00e8ces asiatiques, pourraient inclure :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Infusion de parties a\u00e9riennes :<\/strong> usage traditionnel tib\u00e9tain, non standardis\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Extrait hydroalcoolique :<\/strong> pour la recherche pharmacologique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 et d&rsquo;efficacit\u00e9 pour cette esp\u00e8ce, aucune recommandation d&rsquo;usage ne peut \u00eatre formul\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicologie de <em>P. foliosa<\/em> n&rsquo;est pas document\u00e9e. Le genre <em>Pedicularis<\/em> est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9 comme non alimentaire en raison de son amertume et de son statut d&rsquo;h\u00e9miparasite. Certaines esp\u00e8ces contiennent des traces d&rsquo;<strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> h\u00e9patotoxiques, ce qui impose la prudence. Le b\u00e9tail \u00e9vite g\u00e9n\u00e9ralement les p\u00e9diculaires, et leur pr\u00e9sence dans les prairies a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 une diminution de la qualit\u00e9 du fourrage (d&rsquo;o\u00f9 le nom populaire \u00ab herbe aux poux \u00bb). L&rsquo;utilisation m\u00e9dicinale sans donn\u00e9es toxicologiques sp\u00e9cifiques est d\u00e9conseill\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les p\u00e9diculaires n&rsquo;ont pas jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne. Leur nom, associ\u00e9 aux poux et \u00e0 la malpropret\u00e9 du b\u00e9tail, les a stigmatis\u00e9es. Matthiole (1554) mentionne les p\u00e9diculaires comme plantes nuisibles aux p\u00e2turages. En m\u00e9decine traditionnelle tib\u00e9taine et mongole, en revanche, le genre <em>Pedicularis<\/em> est valoris\u00e9 : les esp\u00e8ces \u00e0 fleurs jaunes sont employ\u00e9es pour les troubles h\u00e9patiques, celles \u00e0 fleurs rouges pour les douleurs et les fi\u00e8vres. <em>Pedicularis foliosa<\/em>, esp\u00e8ce europ\u00e9enne, n&rsquo;a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cette tradition d&rsquo;usage. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat ethnobotanique de l&rsquo;esp\u00e8ce r\u00e9side surtout dans la perception n\u00e9gative qu&rsquo;elle a suscit\u00e9e chez les \u00e9leveurs europ\u00e9ens, illustrant comment la nomenclature vernaculaire refl\u00e8te les croyances et les pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION ET PROTECTION<\/h3>\n<p><em>Pedicularis foliosa<\/em> n&rsquo;est pas globalement menac\u00e9e mais est localement rare aux limites de son aire. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national mais peut figurer sur des listes rouges r\u00e9gionales. Les prairies humides montagnardes qui constituent son habitat sont des milieux en r\u00e9gression en raison du drainage, de l&rsquo;intensification agricole et de la d\u00e9prise pastorale (abandon de la fauche). Les programmes de gestion conservatoire des prairies de fauche montagnardes (contrats agro-environnementaux) b\u00e9n\u00e9ficient \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce. L&rsquo;habitat 6520 (Prairies de fauche de montagne) de la Directive Habitats est favorable \u00e0 la p\u00e9diculaire feuill\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La P\u00e9diculaire feuill\u00e9e est une esp\u00e8ce montagnarde h\u00e9miparasite dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacognosique est principalement acad\u00e9mique et comparatif. Sa phytochimie, inf\u00e9r\u00e9e du genre, est prometteuse avec des irido\u00efdes h\u00e9patoprotecteurs (aucubine, catalpol) et des ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes antioxydants puissants (act\u00e9oside), mais ces compos\u00e9s n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9s chez cette esp\u00e8ce pr\u00e9cise. L&rsquo;absence de tradition d&rsquo;usage m\u00e9dicinal en Europe, contrairement aux p\u00e9diculaires asiatiques utilis\u00e9es en m\u00e9decine tib\u00e9taine, constitue une lacune ethnobotanique int\u00e9ressante. La plante illustre le paradoxe des v\u00e9g\u00e9taux stigmatis\u00e9s par leur nom mais rec\u00e9lant des potentialit\u00e9s pharmacologiques r\u00e9elles. Une \u00e9tude phytochimique de <em>P. foliosa<\/em> serait bienvenue pour \u00e9valuer son potentiel dans le contexte de la valorisation de la biodiversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale montagnarde europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Li M.H. et al., 2012. Chemical constituents and biological activities of the genus <em>Pedicularis<\/em>. <em>Chemistry &amp; Biodiversity<\/em>, 9(12), 2627-2660.<\/li>\n<li>Jiangseubchatveera N. et al., 2015. Phenylethanoid glycosides from <em>Pedicularis<\/em>. <em>Phytochemistry Letters<\/em>, 11, 149-154.<\/li>\n<li>Teslov L.S., 1997. Iridoid glycosides of some <em>Pedicularis<\/em> species. <em>Chemistry of Natural Compounds<\/em>, 33(6), 627-630.<\/li>\n<li>Plants of the World Online \u2014 Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Pedicularis foliosa<\/em>.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 eFlore : Fiche <em>Pedicularis foliosa<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La P\u00e9diculaire feuill\u00e9e, Pedicularis foliosa L., appartient \u00e0 la famille des Orobanchaceae (anciennement Scrophulariaceae), genre Pedicularis L. 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