{"id":11764,"date":"2026-06-08T14:51:55","date_gmt":"2026-06-08T12:51:55","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/06\/08\/camomille-des-champs\/"},"modified":"2026-06-24T17:22:06","modified_gmt":"2026-06-24T15:22:06","slug":"camomille-des-champs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/06\/08\/camomille-des-champs\/","title":{"rendered":"CAMOMILLE DES CHAMPS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/camomille-des-champs.jpg\" alt=\"Planche botanique Camomille des champs (Anthemis arvensis)\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Camomille des champs<\/strong> (<em>Anthemis arvensis<\/em> L., 1753) est une plante herbac\u00e9e annuelle de la famille des <strong>Asteraceae<\/strong> (Compos\u00e9es), tribu des <em>Anthemideae<\/em>. Le nom de genre <em>Anthemis<\/em> d\u00e9rive du grec <em>anthemon<\/em>, \u00ab fleur \u00bb, en raison de la floraison abondante du genre, tandis que l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique <em>arvensis<\/em> vient du latin <em>arvum<\/em>, \u00ab champ labour\u00e9 \u00bb, et la d\u00e9signe sans ambigu\u00eft\u00e9 comme une plante des cultures.<\/p>\n<p>Elle porte de nombreux noms vernaculaires : <strong>anth\u00e9mis des champs<\/strong>, <strong>fausse camomille<\/strong>, <strong>camomille sauvage<\/strong>, <strong>camomille b\u00e2tarde<\/strong> ou encore <strong>\u0153il-de-b\u0153uf des moissons<\/strong>. Cette profusion de noms traduit une longue familiarit\u00e9 paysanne, mais aussi la confusion fr\u00e9quente avec les v\u00e9ritables camomilles m\u00e9dicinales \u2014 la matricaire (<em>Matricaria chamomilla<\/em>) et la camomille romaine (<em>Chamaemelum nobile<\/em>) \u2014 dont elle se distingue pourtant nettement.<\/p>\n<p>Le crit\u00e8re botanique d\u00e9cisif tient au <strong>r\u00e9ceptacle floral<\/strong> : chez la camomille des champs, il est <em>plein<\/em> et <em>conique<\/em>, et surtout garni d&rsquo;<strong>\u00e9cailles (paillettes) sur toute sa longueur, jusqu&rsquo;\u00e0 la base<\/strong>. C&rsquo;est ce qui la s\u00e9pare \u00e0 la fois de la matricaire (r\u00e9ceptacle creux et sans paillettes) et de sa proche cousine l&rsquo;anth\u00e9mis f\u00e9tide (<em>Anthemis cotula<\/em>), dont les paillettes ne garnissent que le sommet du r\u00e9ceptacle et qui d\u00e9gage, au froissement, une odeur d\u00e9sagr\u00e9able que la camomille des champs ne poss\u00e8de pas.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>D&rsquo;origine euro-m\u00e9diterran\u00e9enne, la camomille des champs est aujourd&rsquo;hui largement r\u00e9pandue dans toute l&rsquo;Europe, le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, l&rsquo;Afrique du Nord et l&rsquo;Asie occidentale. Elle a \u00e9t\u00e9 introduite et naturalis\u00e9e sur d&rsquo;autres continents, notamment en Am\u00e9rique du Nord, o\u00f9 elle s&rsquo;est install\u00e9e comme adventice des terres cultiv\u00e9es.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une plante <strong>messicole<\/strong> typique, c&rsquo;est-\u00e0-dire inf\u00e9od\u00e9e aux moissons et aux cultures de c\u00e9r\u00e9ales. On la rencontre dans les champs de bl\u00e9, d&rsquo;orge et de seigle, mais aussi dans les jach\u00e8res, les friches, les bords de chemins, les talus et les terrains vagues. Elle marque une pr\u00e9f\u00e9rence pour les <strong>sols l\u00e9gers, sableux ou limoneux, plut\u00f4t acides \u00e0 neutres et d\u00e9calcifi\u00e9s<\/strong> : c&rsquo;est une esp\u00e8ce calcifuge, ce qui la distingue de bien d&rsquo;autres messicoles. On la trouve de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 000 m\u00e8tres d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p>Comme la plupart des plantes messicoles, elle a fortement r\u00e9gress\u00e9 au cours du dernier demi-si\u00e8cle sous l&rsquo;effet de l&rsquo;intensification agricole, du tri des semences et de l&#8217;emploi g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 des herbicides. L\u00e0 o\u00f9 elle subsiste, elle t\u00e9moigne de pratiques culturales extensives et de sols rest\u00e9s pauvres.<\/p>\n<h3>III \u2013 Description morphologique d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>La camomille des champs est une <strong>annuelle<\/strong> (parfois bisannuelle) de 10 \u00e0 50 cm de hauteur, dress\u00e9e ou ascendante, ramifi\u00e9e d\u00e8s la base, donnant des touffes l\u00e2ches et buissonnantes. Toute la plante est <strong>finement pubescente<\/strong>, couverte de poils apprim\u00e9s gris-vert qui lui donnent un aspect un peu gris\u00e2tre, et elle est <strong>inodore ou tr\u00e8s faiblement aromatique<\/strong> \u2014 jamais f\u00e9tide.<\/p>\n<p>Les <strong>tiges<\/strong> sont stri\u00e9es, cannel\u00e9es, rameuses. Les <strong>feuilles<\/strong>, alternes, sont une \u00e0 deux fois pennatis\u00e9qu\u00e9es (d\u00e9coup\u00e9es en lani\u00e8res), \u00e0 segments courts, lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9s et mucron\u00e9s, l\u00e9g\u00e8rement velus, d&rsquo;un vert gris\u00e2tre. Le feuillage est plus dense et un peu plus charnu que celui de la matricaire.<\/p>\n<p>Les <strong>capitules<\/strong> sont solitaires au sommet de longs p\u00e9doncules, et mesurent 2 \u00e0 3 cm de diam\u00e8tre. L&rsquo;involucre est form\u00e9 de bract\u00e9es imbriqu\u00e9es, pubescentes, \u00e0 marge scarieuse (membraneuse et brun\u00e2tre). Chaque capitule r\u00e9unit deux types de fleurs : \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie, une dizaine \u00e0 une vingtaine de <strong>fleurs ligul\u00e9es blanches<\/strong> \u00e9tal\u00e9es, termin\u00e9es par trois petites dents ; au centre, un disque de <strong>fleurs tubul\u00e9es jaunes<\/strong>.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re diagnostique se r\u00e9v\u00e8le en coupe : le <strong>r\u00e9ceptacle est conique et plein<\/strong> (non creux), et il porte des <strong>paillettes lanc\u00e9ol\u00e9es, rigides et termin\u00e9es par une pointe, r\u00e9parties sur toute sa surface jusqu&rsquo;\u00e0 la base<\/strong>. Les <strong>ak\u00e8nes<\/strong> (cyps\u00e8les) sont obconiques, marqu\u00e9s de c\u00f4tes, surmont\u00e9s d&rsquo;une couronne tr\u00e8s r\u00e9duite ou nulle (pas d&rsquo;aigrette), \u00e0 surface tuberculeuse. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de <strong>mai \u00e0 octobre<\/strong>.<\/p>\n<h3>XII \u2013 Culture et multiplication<\/h3>\n<p>La camomille des champs est tr\u00e8s facile \u00e0 cultiver, ce qui en fait une bonne candidate pour les <strong>prairies fleuries et m\u00e9langes messicoles<\/strong> \u00e0 vocation ornementale ou \u00e9cologique. Elle se multiplie exclusivement par <strong>graines<\/strong>, abondamment produites et \u00e0 germination spontan\u00e9e.<\/p>\n<p>On la s\u00e8me <strong>au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne<\/strong>, en place, par simple dispersion sur un sol l\u00e9ger, drain\u00e9 et plut\u00f4t acide, en plein soleil. Elle ne demande ni arrosage ni fertilisation \u2014 un sol trop riche favorise d&rsquo;ailleurs son feuillage au d\u00e9triment de la floraison. Annuelle, elle se ress\u00e8me seule d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e si on laisse quelques capitules monter en graines. Dans un jardin naturaliste, elle accompagne id\u00e9alement coquelicots et bleuets pour recr\u00e9er une ambiance de moisson d&rsquo;autrefois.<\/p>\n<h3>XIV \u2013 Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p>La camomille des champs ne b\u00e9n\u00e9ficie pas d&rsquo;une protection nationale en France, mais sa r\u00e9gression en fait une esp\u00e8ce <strong>suivie au titre de la conservation des messicoles<\/strong>, et elle figure sur plusieurs listes r\u00e9gionales de plantes des moissons \u00e0 pr\u00e9server. Elle n&rsquo;est inscrite \u00e0 aucune pharmacop\u00e9e et n&rsquo;a aucun statut m\u00e9dicinal officiel. Sa pr\u00e9servation passe avant tout par le maintien de pratiques agricoles extensives et par les dispositifs de bandes enherb\u00e9es et fleuries en bordure de culture.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Capitules (fleurs)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les capitules fleuris sont la partie employ\u00e9e, par analogie avec les camomilles m\u00e9dicinales \u2014 mais l\u2019anth\u00e9mis des champs en est une parente moins active.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de la camomille des champs est beaucoup moins \u00e9tudi\u00e9e que celle de la matricaire, et surtout beaucoup moins riche en principes actifs valorisables. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette pauvret\u00e9 chimique qui explique son faible int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal.<\/p>\n<p>La plante renferme une <strong>huile essentielle<\/strong> en faible quantit\u00e9, compos\u00e9e de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> et de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a>, mais <strong>d\u00e9pourvue ou tr\u00e8s pauvre en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chamazulene\/\">chamazul\u00e8ne<\/a> et en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/bisabolol\/\">bisabolol<\/a><\/strong>, ces deux compos\u00e9s qui font toute la valeur anti-inflammatoire de la vraie camomille et lui donnent sa couleur bleut\u00e9e et son parfum caract\u00e9ristique. Leur quasi-absence ici suffit \u00e0 expliquer l&rsquo;inodorit\u00e9 relative et l&rsquo;inefficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>On y trouve par ailleurs des <strong>lactones sesquiterp\u00e9niques<\/strong> (responsables du potentiel allergisant), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a>, lut\u00e9oline et leurs h\u00e9t\u00e9rosides), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> et des <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong>. Les flavono\u00efdes et acides ph\u00e9noliques conf\u00e8rent aux extraits une activit\u00e9 antioxydante mesurable in vitro, sans port\u00e9e th\u00e9rapeutique d\u00e9montr\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Il faut le dire clairement : la camomille des champs n&rsquo;a <strong>pas de vertus m\u00e9dicinales av\u00e9r\u00e9es<\/strong> et ne saurait remplacer la matricaire ou la camomille romaine. Son nom de \u00ab fausse camomille \u00bb r\u00e9sume bien son statut : une plante d&rsquo;aspect voisin, mais sans les qualit\u00e9s th\u00e9rapeutiques des camomilles officinales.<\/p>\n<p>La m\u00e9decine populaire lui a parfois pr\u00eat\u00e9, par analogie de forme, de faibles propri\u00e9t\u00e9s <strong>antispasmodiques<\/strong>, <strong>emm\u00e9nagogues<\/strong> et <strong>f\u00e9brifuges<\/strong>, mais ces usages reposent davantage sur la confusion avec les vraies camomilles que sur une efficacit\u00e9 propre. Aucune monographie de pharmacop\u00e9e ne la reconna\u00eet, et les rares essais men\u00e9s sur ses extraits (activit\u00e9s antioxydante et antimicrobienne in vitro) n&rsquo;ont pas d\u00e9bouch\u00e9 sur un usage valid\u00e9.<\/p>\n<p>Son int\u00e9r\u00eat r\u00e9el, pour l&rsquo;amateur de plantes, est surtout <strong>n\u00e9gatif et p\u00e9dagogique<\/strong> : savoir la reconna\u00eetre pour ne pas la cueillir \u00e0 la place de la matricaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche consacr\u00e9e \u00e0 <em>Anthemis arvensis<\/em> demeure limit\u00e9e et porte essentiellement sur trois axes. Le premier concerne sa <strong>phytochimie compar\u00e9e<\/strong> au sein du genre <em>Anthemis<\/em>, riche d&rsquo;esp\u00e8ces aux profils en lactones sesquiterp\u00e9niques et en huiles essentielles tr\u00e8s variables. Le deuxi\u00e8me explore les <strong>activit\u00e9s antioxydante et antimicrobienne<\/strong> de ses extraits, mesur\u00e9es in vitro, sans application clinique \u00e0 ce jour. Le troisi\u00e8me, le plus actif, rel\u00e8ve de l&rsquo;<strong>\u00e9cologie de la conservation<\/strong> : la camomille des champs sert d&rsquo;esp\u00e8ce mod\u00e8le dans les \u00e9tudes sur le d\u00e9clin et la restauration des communaut\u00e9s messicoles europ\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Terp\u00e8nes<\/td>\n<td>Aromatique (peu de chamazul\u00e8ne, \u2260 vraie camomille)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lactones sesquiterp\u00e9niques<\/td>\n<td>Sesquiterp\u00e8nes<\/td>\n<td>Amers, anti-inflammatoires (potentiellement allergisants)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Anti-inflammatoires, antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>Polyph\u00e9nols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>En raison de l&rsquo;absence de principes actifs utiles et du risque allergique, <strong>aucun usage m\u00e9dicinal n&rsquo;est recommand\u00e9<\/strong> pour la camomille des champs. Elle ne figure dans aucune posologie officielle.<\/p>\n<p>Si, dans un cadre purement traditionnel, on souhaitait en pr\u00e9parer une infusion, il conviendrait \u2014 comme pour toutes les plantes \u2014 de proc\u00e9der par <strong>d\u00e9part \u00e0 froid<\/strong> : d\u00e9poser les sommit\u00e9s fleuries dans l&rsquo;eau froide, porter doucement \u00e0 fr\u00e9missement puis laisser infuser hors du feu, plut\u00f4t que de verser de l&rsquo;eau bouillante sur la plante. Mais il faut redire que cette pr\u00e9paration n&rsquo;aurait aucune valeur th\u00e9rapeutique et serait \u00e0 d\u00e9conseiller au profit de la v\u00e9ritable matricaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La principale pr\u00e9caution concerne l&rsquo;<strong>allergie aux Ast\u00e9rac\u00e9es<\/strong>. Comme ses cousines, la camomille des champs contient des lactones sesquiterp\u00e9niques susceptibles de provoquer des <strong>dermatites de contact<\/strong> et des r\u00e9actions crois\u00e9es chez les personnes sensibilis\u00e9es \u00e0 l&rsquo;armoise, \u00e0 l&rsquo;ambroisie, \u00e0 l&rsquo;arnica ou au pyr\u00e8thre.<\/p>\n<p>Son emploi traditionnel comme emm\u00e9nagogue invite \u00e0 la <strong>prudence pendant la grossesse<\/strong>. Mais la pr\u00e9caution la plus utile reste d&rsquo;ordre identitaire : <strong>ne pas la confondre<\/strong> avec la matricaire, ni avec l&rsquo;anth\u00e9mis f\u00e9tide (toxique au contact), au moment de la r\u00e9colte. En cas de doute, le test du r\u00e9ceptacle (plein et garni de paillettes jusqu&rsquo;\u00e0 la base) tranche la question.<\/p>\n<h3>IX \u2013 Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Du fait de son absence d&rsquo;usage th\u00e9rapeutique, les interactions m\u00e9dicamenteuses de la camomille des champs n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifiquement \u00e9tudi\u00e9es. Par analogie avec les autres Ast\u00e9rac\u00e9es riches en coumarines et en flavono\u00efdes, on peut th\u00e9oriquement \u00e9voquer une <strong>prudence en association avec les anticoagulants<\/strong> (potentialisation par les coumarines) et avec les <strong>s\u00e9datifs<\/strong>, mais ces interactions restent hypoth\u00e9tiques et sans port\u00e9e pratique puisque la plante n&rsquo;est pas consomm\u00e9e \u00e0 vis\u00e9e m\u00e9dicinale.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Compagne imm\u00e9moriale des moissons, la camomille des champs est intimement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;histoire de l&rsquo;agriculture c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re europ\u00e9enne. Les flores anciennes la mentionnent sous le nom de \u00ab camomille b\u00e2tarde \u00bb ou \u00ab camomille puante des champs \u00bb, souvent pour avertir le cueilleur de ne pas la confondre avec la camomille v\u00e9ritable.<\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9e avant tout comme une <strong>mauvaise herbe des cultures<\/strong>, elle a parfois servi, dans le commerce des simples, de substitut frauduleux ou de diluant de la camomille m\u00e9dicinale \u2014 pratique d\u00e9nonc\u00e9e d\u00e8s le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle par les pharmacognostes. Dans certaines campagnes, on en faisait des bouquets ou des couronnes d\u00e9coratives, et son abondance dans les bl\u00e9s en faisait une fleur famili\u00e8re des paysages ruraux d&rsquo;autrefois.<\/p>\n<h3>X \u2013 Usages alimentaires et culinaires<\/h3>\n<p>La camomille des champs <strong>n&rsquo;a pas d&rsquo;usage alimentaire<\/strong>. Contrairement \u00e0 la matricaire, dont les capitules parfument tisanes et desserts, elle n&rsquo;entre dans aucune pr\u00e9paration culinaire : son ar\u00f4me est faible, son int\u00e9r\u00eat gustatif nul, et son potentiel allergisant la rend peu recommandable. On la classe parmi les plantes simplement non comestibles, sans toxicit\u00e9 majeure par ingestion mais sans aucun attrait pour la table.<\/p>\n<h3>XI \u2013 Aspects \u00e9cologiques et biodiversit\u00e9<\/h3>\n<p>Plante messicole embl\u00e9matique, la camomille des champs joue un r\u00f4le \u00e9cologique r\u00e9el dans les agrosyst\u00e8mes traditionnels. Ses capitules sont <strong>mellif\u00e8res<\/strong> : ils attirent abeilles domestiques et sauvages, syrphes et petits col\u00e9opt\u00e8res floricoles, contribuant \u00e0 la ressource en pollen et nectar des bordures de champs.<\/p>\n<p>Elle constitue aussi une <strong>plante indicatrice<\/strong> de sols acides et d\u00e9calcifi\u00e9s, utile au diagnostic p\u00e9dologique. Comme l&rsquo;ensemble du cort\u00e8ge messicole (coquelicot, bleuet, nielle, miroir de V\u00e9nus), elle est en <strong>forte r\u00e9gression<\/strong> et fait l&rsquo;objet de programmes de conservation : semis de bandes fleuries, jach\u00e8res mellif\u00e8res, gestion extensive des bordures. Sa pr\u00e9sence est aujourd&rsquo;hui un signe de qualit\u00e9 \u00e9cologique des paysages agricoles.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La camomille des champs (<em>Anthemis arvensis<\/em>) est la \u00ab fausse camomille \u00bb des moissons : morphologiquement proche des camomilles officinales mais bien plus pauvre en principes actifs (peu de chamazul\u00e8ne). Son usage m\u00e9dicinal est marginal et son int\u00e9r\u00eat surtout celui d\u2019une messicole \u00e0 distinguer des vraies camomilles.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Anthemis%20arvensis\">Plants of the World Online, Kew : <em>Anthemis arvensis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Anthemis+arvensis\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Anthemis arvensis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Camomille des champs (Anthemis arvensis L., 1753) est une plante herbac\u00e9e annuelle de la famille des Asteraceae (Compos\u00e9es), tribu des [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56],"tags":[],"class_list":["post-11764","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-asteracees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11764","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11764"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11764\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13481,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11764\/revisions\/13481"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11764"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11764"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11764"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}