{"id":1179,"date":"2026-03-26T11:37:25","date_gmt":"2026-03-26T10:37:25","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/rhinanthe-velu\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"rhinanthe-velu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/rhinanthe-velu\/","title":{"rendered":"RHINANTHE VELU"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Rhinanthe%20cr%C3%AAte-de-coq.jpg\" alt=\"Planche botanique Rhinanthe cr\u00eate-de-coq\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>rhinanthe velu<\/strong> (<em>Rhinanthus alectorolophus<\/em> (Scop.) Pollich) appartient \u00e0 la famille des <strong>Orobanchaceae<\/strong> (anciennement Scrophulariaceae). Le genre <em>Rhinanthus<\/em> comprend environ 30 esp\u00e8ces r\u00e9parties en Europe et en Asie temp\u00e9r\u00e9e. Le nombre chromosomique est 2n = 22. Le nom <em>Rhinanthus<\/em> d\u00e9rive du grec <em>rhis<\/em> (nez) et <em>anthos<\/em> (fleur), les fleurs rappelant un nez par leur forme bilabi\u00e9e comprim\u00e9e. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>alectorolophus<\/em> signifie \u00ab cr\u00eate de coq \u00bb (grec <em>alektor<\/em>, coq, et <em>lophos<\/em>, cr\u00eate), d\u00e9crivant le calice renfl\u00e9. Noms vernaculaires : rhinanthe cr\u00eate-de-coq velu, cr\u00eate-de-coq velue, tartarie velue. En anglais : <em>hairy yellow-rattle<\/em>. La plante est un <strong>h\u00e9miparasite<\/strong> facultatif : poss\u00e9dant de la <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a>, elle est capable de photosynth\u00e8se mais parasite les racines des gramin\u00e9es voisines pour compl\u00e9ter sa nutrition.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e annuelle de 20 \u00e0 60 cm. <strong>Racine<\/strong> pivotante courte, portant des <strong>haustoria<\/strong> qui se fixent sur les racines des gramin\u00e9es adjacentes. <strong>Tige<\/strong> dress\u00e9e, simple ou peu ramifi\u00e9e, <strong>pubescente-velue<\/strong> (poils blancs \u00e9tal\u00e9s, caract\u00e8re distinctif par rapport \u00e0 <em>R. minor<\/em> qui est glabre), \u00e0 entre-n\u0153uds marqu\u00e9s de lignes noires. <strong>Feuilles<\/strong> oppos\u00e9es, sessiles, lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 2 \u00e0 5 cm, cr\u00e9nel\u00e9es-dent\u00e9es, pubescentes. <strong>Inflorescence<\/strong> : \u00e9pi terminal feuill\u00e9, dense. <strong>Fleurs<\/strong> bilabi\u00e9es, de 15 \u00e0 20 mm ; calice fortement comprim\u00e9 lat\u00e9ralement, renfl\u00e9, velu, \u00e0 4 dents (ressemblant \u00e0 une bourse), verd\u00e2tre puis brun\u00e2tre \u00e0 maturit\u00e9 (produisant un bruit de hochet quand on le secoue, d&rsquo;o\u00f9 le nom anglais <em>yellow-rattle<\/em>) ; corolle jaune, \u00e0 l\u00e8vre sup\u00e9rieure en casque termin\u00e9e par une <strong>dent violette<\/strong> de chaque c\u00f4t\u00e9 (caract\u00e8re du genre), et l\u00e8vre inf\u00e9rieure trilob\u00e9e. 4 \u00e9tamines didynames sous la l\u00e8vre sup\u00e9rieure. <strong>Fruit<\/strong> : capsule arrondie, comprim\u00e9e, incluse dans le calice persistant. <strong>Graines<\/strong> aplaties, ail\u00e9es, de 3-4 mm. <strong>Floraison<\/strong> : mai \u00e0 juillet.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>europ\u00e9enne<\/strong>. R\u00e9partie de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique (sauf le sud) \u00e0 la Scandinavie m\u00e9ridionale, \u00e0 l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est et au Caucase. En France, pr\u00e9sente dans presque toutes les r\u00e9gions, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (0 \u00e0 2 000 m). Plus fr\u00e9quente dans les r\u00e9gions de prairies de fauche traditionnelles : Jura, Alpes du Nord, Massif central, Pyr\u00e9n\u00e9es, Lorraine. L&rsquo;esp\u00e8ce est en r\u00e9gression dans les r\u00e9gions d&rsquo;agriculture intensive o\u00f9 la fertilisation et le drainage ont \u00e9limin\u00e9 les prairies maigres. Naturalis\u00e9e localement en Am\u00e9rique du Nord et en Nouvelle-Z\u00e9lande.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>Prairies de fauche<\/strong>, <strong>p\u00e2turages<\/strong>, <strong>pelouses maigres<\/strong>, <strong>bords de chemins<\/strong>, <strong>clairi\u00e8res<\/strong>. Le rhinanthe velu est caract\u00e9ristique des prairies m\u00e9sophiles \u00e0 m\u00e9sohygrophiles, non ou peu fertilis\u00e9es. Les sols sont vari\u00e9s (calcaires \u00e0 acides), frais, bien drain\u00e9s. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile. Elle appartient aux communaut\u00e9s des Arrhenatheretea (prairies de fauche) et des Cynosurion (p\u00e2turages). Le rhinanthe est un <strong>h\u00e9miparasite racinaire<\/strong> : il se fixe par des haustoria sur les racines des gramin\u00e9es voisines (principalement <em>Lolium<\/em>, <em>Festuca<\/em>, <em>Dactylis<\/em>) et leur soutire de l&rsquo;eau et des nutriments min\u00e9raux. Ce parasitisme r\u00e9duit la vigueur des gramin\u00e9es dominantes de 20 \u00e0 50 %, favorisant la diversit\u00e9 floristique en lib\u00e9rant de la niche \u00e9cologique pour les esp\u00e8ces compagnes. Le rhinanthe est ainsi un <strong>ing\u00e9nieur \u00e9cosyst\u00e9mique<\/strong> majeur des prairies. La pollinisation est entomophile (bourdons). Les graines sont dispers\u00e9es par le vent (ailes) et par le bruit de hochet du calice secou\u00e9 par le vent ou les animaux.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es phytochimiques de <em>R. alectorolophus<\/em> sont limit\u00e9es. Les analyses du genre <em>Rhinanthus<\/em> et des Orobanchaceae r\u00e9v\u00e8lent : des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a> glycosidiques<\/strong> : <strong>aucubine<\/strong>, <strong>catalpol<\/strong> (caract\u00e9ristiques de la famille). Des <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides<\/strong> : <strong>verbascoside<\/strong>. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong> et glycosides. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>. Des <strong>saponines<\/strong> en faible quantit\u00e9. Un glucoside toxique, l&rsquo;<strong>aucuboside<\/strong> (aucubine), peut s&rsquo;accumuler dans les feuilles. La plante \u00e9tant h\u00e9miparasite, sa composition chimique est partiellement influenc\u00e9e par celle des plantes-h\u00f4tes. Les graines contiennent des <strong>lipides<\/strong> et des <strong>prot\u00e9ines<\/strong>. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> constitue le principal compos\u00e9 d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique et toxicologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques sont d\u00e9duites des compos\u00e9s identifi\u00e9s dans le genre. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> (inhibition de NF-\u03baB), <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong>, <strong>antimicrobiennes<\/strong> (apr\u00e8s activation en aucubig\u00e9nine) et <strong>laxatives<\/strong> l\u00e9g\u00e8res. Le <strong>catalpol<\/strong> exerce des effets <strong>neuroprotecteurs<\/strong> et <strong>hypoglyc\u00e9miants<\/strong>. Le <strong>verbascoside<\/strong> est <strong>antioxydant<\/strong> et <strong>anti-inflammatoire<\/strong>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> ajoutent des effets antioxydants. Aucune \u00e9tude pharmacologique sp\u00e9cifique au rhinanthe n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette plante r\u00e9side principalement dans son r\u00f4le \u00e9cologique (h\u00e9miparasitisme des gramin\u00e9es) plut\u00f4t que dans ses propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>Les usages m\u00e9dicinaux du rhinanthe sont tr\u00e8s peu document\u00e9s et r\u00e9gionaux. En <strong>m\u00e9decine populaire scandinave<\/strong>, l&rsquo;infusion de parties a\u00e9riennes servait de rem\u00e8de contre la toux et le rhume. En <strong>m\u00e9decine populaire germanique<\/strong>, la plante \u00e9tait utilis\u00e9e comme collyre (d\u00e9coction pour les lavages oculaires, d&rsquo;o\u00f9 le nom dialectal <em>Augentrost<\/em>, consolation des yeux, partag\u00e9 avec l&rsquo;euphraise). En <strong>m\u00e9decine populaire des Alpes<\/strong>, les rhinanthes \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme des plantes \u00ab nuisibles aux foins \u00bb (elles r\u00e9duisent la production fourrag\u00e8re) mais sans usage m\u00e9dicinal notable. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;a jamais figur\u00e9 dans les pharmacop\u00e9es officielles et aucun usage ne s&rsquo;est maintenu en phytoth\u00e9rapie moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches se concentrent sur l&rsquo;<strong>\u00e9cologie de l&rsquo;h\u00e9miparasitisme<\/strong> et la <strong>restauration des prairies<\/strong>. Les travaux montrent que l&rsquo;introduction de <em>Rhinanthus<\/em> dans des prairies domin\u00e9es par les gramin\u00e9es r\u00e9duit la biomasse des gramin\u00e9es de 40 \u00e0 60 % et augmente la richesse sp\u00e9cifique floristique de 30 \u00e0 50 % en 3 \u00e0 5 ans. Les m\u00e9canismes du parasitisme sont \u00e9tudi\u00e9s : perception des exsudats racinaires de l&rsquo;h\u00f4te (strigolactones), d\u00e9veloppement des haustoria, transfert de nutriments. La <strong>g\u00e9n\u00e9tique des populations<\/strong> montre une diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique \u00e9lev\u00e9e, refl\u00e9tant l&rsquo;adaptation locale aux communaut\u00e9s de gramin\u00e9es-h\u00f4tes. Des \u00e9tudes de <strong>changement climatique<\/strong> examinent l&rsquo;impact du r\u00e9chauffement sur la ph\u00e9nologie de la floraison et la synchronisation avec les pollinisateurs. La <strong>biologie de la conservation<\/strong> utilise le rhinanthe comme outil de restauration des prairies d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire (Directive Habitats).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Aucubine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Catalpol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Verbascoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie officielle n&rsquo;est \u00e9tablie. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e, ni monographie officielle. Les rares usages populaires rapportent : <strong>infusion de parties a\u00e9riennes<\/strong> (dosage non pr\u00e9cis\u00e9) comme antitussif, <strong>d\u00e9coction pour lavages oculaires<\/strong> (usage non valid\u00e9 et potentiellement dangereux). Aucune forme gal\u00e9nique moderne n&rsquo;existe. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat actuel du rhinanthe r\u00e9side dans son utilisation en <strong>restauration \u00e9cologique<\/strong> des prairies : les graines de rhinanthe sont sem\u00e9es dans les prairies d\u00e9grad\u00e9es par la fertilisation pour r\u00e9duire la dominance des gramin\u00e9es et restaurer la diversit\u00e9 floristique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le rhinanthe est consid\u00e9r\u00e9 comme <strong>l\u00e9g\u00e8rement toxique<\/strong> pour le b\u00e9tail. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong>, activ\u00e9e en <strong>aucubig\u00e9nine<\/strong> par les enzymes digestives, poss\u00e8de une certaine toxicit\u00e9 h\u00e9patique et provoque une amertume prononc\u00e9e du lait lorsque les vaches broutent du foin riche en rhinanthe. Le foin contenant une forte proportion de rhinanthe est consid\u00e9r\u00e9 comme de mauvaise qualit\u00e9 fourrag\u00e8re. Chez l&rsquo;homme, aucun cas d&rsquo;intoxication grave n&rsquo;est rapport\u00e9. L&rsquo;ingestion en grande quantit\u00e9 pourrait provoquer des troubles digestifs l\u00e9gers (naus\u00e9es, diarrh\u00e9e). Aucune contre-indication formelle n&rsquo;est \u00e9tablie, mais l&rsquo;usage interne n&rsquo;est pas recommand\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le rhinanthe est intimement li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;histoire des <strong>prairies de fauche europ\u00e9ennes<\/strong>. Son nom anglais <em>yellow-rattle<\/em> (hochet jaune) \u00e9voque le bruit caract\u00e9ristique des graines dans le calice sec, que les faucheurs utilisaient comme indicateur de maturit\u00e9 des prairies : quand le rhinanthe \u00ab cr\u00e9pite \u00bb, le foin est pr\u00eat \u00e0 \u00eatre fauch\u00e9. En <strong>agronomie traditionnelle<\/strong>, le rhinanthe \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab parasite des pr\u00e9s \u00bb nuisible au rendement fourrager. Paradoxalement, la biologie moderne a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 son r\u00f4le d&rsquo;<strong>ing\u00e9nieur \u00e9cosyst\u00e9mique<\/strong> b\u00e9n\u00e9fique : en affaiblissant les gramin\u00e9es dominantes, il favorise la diversit\u00e9 floristique des prairies, permettant l&rsquo;installation de dizaines d&rsquo;esp\u00e8ces de dicotyl\u00e9dones et d&rsquo;orchid\u00e9es. Le rhinanthe est ainsi devenu un outil de <strong>restauration \u00e9cologique<\/strong> dans les pays anglo-saxons, o\u00f9 des semis de <em>Rhinanthus<\/em> sont pratiqu\u00e9s pour diversifier les prairies appauvries par l&rsquo;agriculture intensive.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Rhinanthus alectorolophus<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 au niveau mondial (UICN : LC). En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est commune dans les r\u00e9gions de prairies traditionnelles mais en r\u00e9gression dans les zones d&rsquo;agriculture intensive. Elle n&rsquo;est prot\u00e9g\u00e9e dans aucune r\u00e9gion fran\u00e7aise. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle. Les graines de rhinanthe sont commercialis\u00e9es en Angleterre et en Europe du Nord comme semences pour la restauration \u00e9cologique des prairies. L&rsquo;esp\u00e8ce est incluse dans les m\u00e9langes grainiers pour les mesures agro-environnementales de restauration des prairies fleuries.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Aucune monographie officielle. L&rsquo;identification repose sur les caract\u00e8res morphologiques : tige velue, feuilles oppos\u00e9es dent\u00e9es, calice renfl\u00e9 comprim\u00e9 (rattling sound), fleurs jaunes bilabi\u00e9es \u00e0 dents violettes sur la l\u00e8vre sup\u00e9rieure. La distinction avec <em>Rhinanthus minor<\/em> (tige glabre, plante plus petite, calice glabre) est essentielle. L&rsquo;examen microscopique r\u00e9v\u00e8le des poils tecteurs multicellulaires sur la tige et les feuilles, des stomates anomocytiques, des cellules s\u00e9cr\u00e9trices d&rsquo;irido\u00efdes dans le parenchyme. Les haustoria, observables sur les racines, montrent une zone de transition entre les syst\u00e8mes vasculaires du parasite et de l&rsquo;h\u00f4te. Le dosage de l&rsquo;aucubine se fait par HPLC-UV.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Rhinanthus alectorolophus<\/em>, le hochet jaune des prairies, est bien plus qu&rsquo;une mauvaise herbe des foins. Son r\u00f4le d&rsquo;h\u00e9miparasite des gramin\u00e9es en fait un ing\u00e9nieur \u00e9cosyst\u00e9mique dont l&rsquo;importance pour la biodiversit\u00e9 des prairies est d\u00e9sormais reconnue. Si ses propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques restent marginales, les irido\u00efdes et le verbascoside du genre offrent des pistes de recherche. La valeur \u00e9cologique du rhinanthe transcende largement son int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique : en affaiblissant les gramin\u00e9es dominantes, il ouvre la porte \u00e0 la diversit\u00e9 floristique et permet la restauration de prairies fleuries riches en orchid\u00e9es et en plantes mellif\u00e8res. Le rhinanthe incarne une nouvelle vision de l&rsquo;\u00e9cologie, o\u00f9 le \u00ab parasite \u00bb devient un alli\u00e9 de la conservation.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Rhinanthus%20alectorolophus\">Plants of the World Online, Kew : <em>Rhinanthus alectorolophus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Rhinanthus+alectorolophus\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Rhinanthus alectorolophus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le rhinanthe velu (Rhinanthus alectorolophus (Scop.) Pollich) appartient \u00e0 la famille des Orobanchaceae (anciennement Scrophulariaceae). 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