{"id":1181,"date":"2026-03-26T11:37:28","date_gmt":"2026-03-26T10:37:28","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/coquelicot\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:49","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:49","slug":"coquelicot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/coquelicot\/","title":{"rendered":"COQUELICOT"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Coquelicot.jpg\" alt=\"Planche botanique Coquelicot\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Papaver rhoeas<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Papaveraceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> coquelicot, pavot rouge, ponceau, pavot coquelicot, gravesolle.<\/p>\n<p>Le coquelicot est l&rsquo;une des fleurs les plus embl\u00e9matiques des paysages agricoles europ\u00e9ens. Ses p\u00e9tales d&rsquo;un rouge vif et froiss\u00e9, ses capsules \u00e0 disque stigmatique radi\u00e9 et sa silhouette fragile dans les bl\u00e9s en font une plante universellement reconnue, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par les peintres impressionnistes et adopt\u00e9e comme symbole du souvenir des soldats tomb\u00e9s au combat (In Flanders Fields, 1915). Plante messicole par excellence, le coquelicot a accompagn\u00e9 la civilisation agricole depuis le N\u00e9olithique, partout o\u00f9 l&rsquo;homme a labour\u00e9 la terre.<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9dicinal, le coquelicot occupe une place modeste mais constante dans la pharmacop\u00e9e populaire europ\u00e9enne. Ses p\u00e9tales, riches en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> isoquinol\u00e9iques<\/strong> (rh\u0153adine, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/papaverine\/\">papav\u00e9rine<\/a> en traces) et en <strong>anthocyanes<\/strong> (pigments rouges), sont utilis\u00e9s en infusion comme <strong>s\u00e9datif l\u00e9ger<\/strong>, <strong>antitussif<\/strong> et <strong>adoucissant<\/strong> des voies respiratoires. Contrairement au pavot somnif\u00e8re (<em>Papaver somniferum<\/em>), le coquelicot ne contient ni <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/morphine\/\">morphine<\/a> ni cod\u00e9ine en quantit\u00e9 significative, ce qui lui conf\u00e8re un profil de s\u00e9curit\u00e9 bien plus favorable, adapt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;usage familial et p\u00e9diatrique traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Papaveraceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Papaver<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Papaver rhoeas<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> coquelicot, pavot rouge, ponceau.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Papaver<\/em> est le nom latin du pavot. <em>Rhoeas<\/em> d\u00e9rive du grec <em>rhein<\/em> (couler), allusion au latex qui s&rsquo;\u00e9coule de la plante bless\u00e9e, ou \u00e0 la chute rapide des p\u00e9tales. Le genre <em>Papaver<\/em> comprend environ 80 esp\u00e8ces. <em>P. rhoeas<\/em> est la messicole la plus commune du genre en Europe. Elle se distingue du pavot somnif\u00e8re par ses capsules glabres plus petites, ses p\u00e9tales rouge vif (non violets), son port annuel gr\u00eale et l&rsquo;absence d&rsquo;opiac\u00e9s significatifs.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e annuelle, de 20 \u00e0 80 cm, \u00e0 port dress\u00e9, gr\u00eale, h\u00e9riss\u00e9e de poils raides. Tige cylindrique, ramifi\u00e9e, fragile, contenant un latex blanc-jaun\u00e2tre. Feuilles alternes, pennatilob\u00e9es \u00e0 pennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments irr\u00e9guli\u00e8rement dent\u00e9s, velues. Les feuilles basales sont p\u00e9tiol\u00e9es, les caulinaires sessiles.<\/p>\n<p>Fleurs solitaires au sommet de longs p\u00e9doncules, grandes (5 \u00e0 10 cm), \u00e0 4 p\u00e9tales <strong>rouge vif<\/strong>, souvent marqu\u00e9s d&rsquo;une tache noire \u00e0 la base, froiss\u00e9s comme du papier de soie dans le bouton. Deux s\u00e9pales caducs (tombant \u00e0 l&rsquo;ouverture de la fleur). \u00c9tamines nombreuses, \u00e0 anth\u00e8res bleu-noir. Ovaire sup\u00e8re, globuleux. <strong>Capsule<\/strong> (fruit) glabre, subglobuleuse, de 10 \u00e0 20 mm, coiff\u00e9e d&rsquo;un <strong>disque stigmatique<\/strong> plat \u00e0 8-12 rayons (stigmates radi\u00e9s) \u2014 crit\u00e8re distinctif du genre <em>Papaver<\/em>. Les pores sous le disque lib\u00e8rent les graines minuscules (0,5 mm) par un m\u00e9canisme de \u00ab sali\u00e8re \u00bb quand le vent agite la tige s\u00e8che.<\/p>\n<p>Floraison : mai \u00e0 juillet. Pollinisation entomophile (abeilles, syrphes). Un pied peut produire 10 000 \u00e0 60 000 graines, viables dans le sol pendant des d\u00e9cennies.<\/p>\n<hr>\n<h3>HABITAT, \u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Messicole par excellence : champs de c\u00e9r\u00e9ales, jach\u00e8res, friches, bords de champs, remblais, terres remu\u00e9es. Sols argileux \u00e0 limoneux, riches, neutres \u00e0 calcaires. Esp\u00e8ce h\u00e9liophile, thermophile mod\u00e9r\u00e9e, li\u00e9e aux perturbations du sol (labours, hersages). R\u00e9partition : Eurasie, Afrique du Nord. Cosmopolite par introduction. Tr\u00e8s commun en France dans tous les d\u00e9partements de plaine et colline.<\/p>\n<p>Le coquelicot est en r\u00e9gression dans les cultures intensives (herbicides) mais abonde dans les friches, les bords de route et les zones de compensation \u00e9cologique. Sa banque de graines exceptionnellement long\u00e9vive (50 \u00e0 100 ans dans le sol) lui permet de r\u00e9appara\u00eetre massivement d\u00e8s que le sol est retourn\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>P\u00e9tales :<\/strong> partie officinale. R\u00e9colt\u00e9s au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9panouissement, s\u00e9ch\u00e9s rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre. Couleur rouge virant au violet-brun au s\u00e9chage. Saveur mucilagineuse, faiblement am\u00e8re.<\/li>\n<li><strong>Capsules :<\/strong> usage populaire (infusion s\u00e9dative), plus riche en alcalo\u00efdes que les p\u00e9tales.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left; margin:5px 25px 15px 0; max-width:280px; border:1px solid #c9b99a; padding:6px; background:#faf6ee; border-radius:4px; cursor:pointer;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/papaver_rhoeas.jpg\" alt=\"Papaver rhoeas \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%; height:auto; display:block;\" \/><figcaption style=\"text-align:center; font-size:0.78em; color:#5a4e3c; margin-top:5px; font-style:italic;\">Papaver rhoeas<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les p\u00e9tales et les capsules contiennent des <strong>alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques<\/strong> en faible concentration (0,02 \u00e0 0,12 %). Le principal est la <strong>rh\u0153adine<\/strong>, alcalo\u00efde \u00e0 activit\u00e9 s\u00e9dative l\u00e9g\u00e8re et antitussive. D&rsquo;autres alcalo\u00efdes incluent l&rsquo;<strong>isorh\u0153adine<\/strong>, la <strong>papav\u00e9rine<\/strong> (en traces), la <strong>rh\u0153ag\u00e9nine<\/strong> et la <strong>protopine<\/strong>. Contrairement au pavot somnif\u00e8re, le coquelicot ne contient <strong>ni morphine ni cod\u00e9ine<\/strong> en quantit\u00e9 d\u00e9tectable.<\/p>\n<h3>B. Anthocyanes<\/h3>\n<p>Les p\u00e9tales sont riches en <strong>anthocyanes<\/strong> (cyanidine-3-glucoside, cyanidine-3-sophoroside), pigments responsables de la couleur rouge intense. Ces compos\u00e9s poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires.<\/p>\n<h3>C. Mucilages<\/h3>\n<p>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> abondants dans les p\u00e9tales contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s adoucissantes et \u00e9mollientes de l&rsquo;infusion.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>S\u00e9datif l\u00e9ger :<\/strong> la rh\u0153adine exerce une action s\u00e9dative centrale mod\u00e9r\u00e9e, facilitant l&rsquo;endormissement sans provoquer de d\u00e9pendance ni de somnolence marqu\u00e9e. Le m\u00e9canisme n&rsquo;est pas opio\u00efde (pas d&rsquo;action sur les r\u00e9cepteurs \u00b5).<\/li>\n<li><strong>Antitussif :<\/strong> la rh\u0153adine et les mucilages exercent un effet antitussif par action centrale (rh\u0153adine) et p\u00e9riph\u00e9rique (mucilages adoucissant les muqueuses irrit\u00e9es).<\/li>\n<li><strong>\u00c9mollient respiratoire :<\/strong> les mucilages forment un film protecteur sur les muqueuses pharyng\u00e9es et trach\u00e9ales irrit\u00e9es, r\u00e9duisant le stimulus tussig\u00e8ne.<\/li>\n<li><strong>Antioxydant :<\/strong> les anthocyanes exercent une activit\u00e9 de pi\u00e9geage des radicaux libres significative in vitro.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel du coquelicot est reconnu (usage traditionnel) pour le soulagement des irritations de la gorge et de la toux associ\u00e9e, et comme s\u00e9datif l\u00e9ger favorisant le sommeil. Les donn\u00e9es cliniques modernes sont insuffisantes pour un statut \u00ab bien \u00e9tabli \u00bb, mais l&rsquo;usage s\u00e9culaire et constant en Europe, combin\u00e9 \u00e0 un profil de s\u00e9curit\u00e9 favorable, justifie le maintien de cet usage traditionnel.<\/p>\n<p>Le coquelicot entre dans la composition de nombreux m\u00e9langes de plantes pour le sommeil et la toux (tisanes \u00ab Nuit tranquille \u00bb, \u00ab Bonne nuit \u00bb, m\u00e9langes pectoraux).<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Rh\u0153adine<\/strong><\/td>\n<td>Alcalo\u00efde isoquinol\u00e9ique<\/td>\n<td>S\u00e9datif l\u00e9ger, antitussif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Anthocyanes (cyanidine)<\/td>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Pigment rouge, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Mucilages<\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollient, adoucissant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Protopine<\/td>\n<td>Alcalo\u00efde isoquinol\u00e9ique<\/td>\n<td>Spasmolytique l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Rhoeadine, rh\u00e9adine<\/td>\n<td>Alcalo\u00efdes<\/td>\n<td>S\u00e9datifs l\u00e9gers<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients, antitussifs<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines\/\">Anthocyane<\/a> (m\u00e9cocyanine)<\/td>\n<td>Anthocyane<\/td>\n<td>Colorante, antioxydante<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion de p\u00e9tales :<\/strong> 1 \u00e0 2 cuill\u00e8res \u00e0 caf\u00e9 (2 \u00e0 4 g) de p\u00e9tales s\u00e9ch\u00e9s pour 200 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infusion 10 minutes. 1 \u00e0 3 tasses par jour. Usage s\u00e9datif et antitussif.<\/li>\n<li><strong>Sirop de coquelicot :<\/strong> pr\u00e9paration traditionnelle \u00e0 base d&rsquo;infusion concentr\u00e9e et de sucre. Adapt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;usage p\u00e9diatrique (toux, agitation l\u00e9g\u00e8re).<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> en hom\u00e9opathie et en phytoth\u00e9rapie.<\/li>\n<li><strong>M\u00e9lange de plantes :<\/strong> souvent associ\u00e9 \u00e0 la passiflore, au tilleul, \u00e0 la m\u00e9lisse dans les tisanes pour le sommeil.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le coquelicot est consid\u00e9r\u00e9 comme <strong>bien tol\u00e9r\u00e9<\/strong> aux doses traditionnelles. La toxicit\u00e9 est tr\u00e8s faible par rapport aux autres Papaveraceae. Toutefois :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Capsules :<\/strong> plus riches en alcalo\u00efdes que les p\u00e9tales, elles peuvent provoquer des troubles digestifs et une somnolence excessive \u00e0 forte dose.<\/li>\n<li><strong>Enfants :<\/strong> l&rsquo;usage est traditionnel et bien tol\u00e9r\u00e9, mais doit rester mod\u00e9r\u00e9 et limit\u00e9 dans le temps.<\/li>\n<li><strong>Grossesse :<\/strong> prudence par d\u00e9faut de donn\u00e9es suffisantes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La confusion avec le pavot somnif\u00e8re est th\u00e9oriquement possible mais peu probable en pratique (le pavot somnif\u00e8re est plus grand, \u00e0 feuilles glauques embrassantes, \u00e0 capsule beaucoup plus grosse).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le coquelicot est associ\u00e9 aux champs de bl\u00e9 depuis le N\u00e9olithique. Les Romains l&rsquo;offraient \u00e0 C\u00e9r\u00e8s, d\u00e9esse des moissons. Les p\u00e9tales servaient de colorant alimentaire et de base pour des sirops adoucissants. En m\u00e9decine populaire, l&rsquo;infusion de coquelicot \u00e9tait le \u00ab somnif\u00e8re des pauvres \u00bb, administr\u00e9e aux enfants agit\u00e9s et aux personnes insomniaques.<\/p>\n<p>Le coquelicot est devenu le symbole du souvenir des soldats morts au combat apr\u00e8s la publication du po\u00e8me \u00ab In Flanders Fields \u00bb par le m\u00e9decin militaire canadien John McCrae (1915), inspir\u00e9 par les coquelicots fleurissant sur les champs de bataille de Belgique. Le Poppy Day (Remembrance Day, 11 novembre) est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans les pays du Commonwealth avec des coquelicots en papier rouge.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS ET DISTINCTIONS<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Papaver somniferum<\/em> (pavot somnif\u00e8re) :<\/strong> plus grand, feuilles glauques embrassantes, capsule tr\u00e8s grosse (3-5 cm), p\u00e9tales violets \u00e0 blancs ou roses. Contient morphine et cod\u00e9ine. Ne pas confondre.<\/li>\n<li><strong><em>Papaver dubium<\/em> (coquelicot douteux) :<\/strong> p\u00e9tales orange plus p\u00e2le, capsule allong\u00e9e. Moins commun.<\/li>\n<li><strong><em>Papaver argemone<\/em> (pavot arg\u00e9mone) :<\/strong> capsule h\u00e9riss\u00e9e de poils raides. P\u00e9tales rouge clair.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Papaver rhoeas<\/em> est une Papav\u00e9rac\u00e9e annuelle messicole, \u00e0 fleurs rouge vif \u00e0 p\u00e9tales froiss\u00e9s et \u00e0 capsules glabres \u00e0 disque stigmatique radi\u00e9. Son profil phytochimique associe des alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques l\u00e9gers (rh\u0153adine), des anthocyanes (pigments rouges antioxydants) et des mucilages \u00e9mollients. Le coquelicot est un s\u00e9datif l\u00e9ger et un antitussif adoucissant d&rsquo;usage traditionnel s\u00e9culaire, adapt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;usage familial y compris p\u00e9diatrique, avec un profil de s\u00e9curit\u00e9 favorable.<\/p>\n<p>Symbole des moissons, de la m\u00e9moire des guerres et de la beaut\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, le coquelicot rappelle que les plantes les plus humbles et les plus communes peuvent porter \u00e0 la fois une charge m\u00e9dicinale r\u00e9elle, une symbolique universelle et une histoire culturelle immense.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>POWO, Kew. <em>Papaver rhoeas<\/em> L.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. Biotope, 2014.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. Monographie \u00ab Coquelicot (p\u00e9tale de) \u00bb.<\/li>\n<li>Fournier P. <em>Plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses<\/em>. Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif l\u00e9ger \/ inducteur du sommeil<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antitussif (toux s\u00e8che)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Papaver rhoeas L. Famille : Papaveraceae. Noms vernaculaires : coquelicot, pavot rouge, ponceau, pavot coquelicot, gravesolle. 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