{"id":1183,"date":"2026-03-26T11:37:31","date_gmt":"2026-03-26T10:37:31","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/corydale-intermediaire\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"corydale-intermediaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/corydale-intermediaire\/","title":{"rendered":"CORYDALE INTERM\u00c9DIAIRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Corydale%20interm%C3%A9diaire.jpg\" alt=\"Planche botanique Corydale interm\u00e9diaire\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Corydalis intermedia<\/em> (L.) M\u00e9rat, commun\u00e9ment appel\u00e9e corydale interm\u00e9diaire, est une plante vivace printani\u00e8re de la famille des <strong>Papaveraceae<\/strong> (sous-famille des Fumarioideae). Le genre <em>Corydalis<\/em>, du grec <em>korydallis<\/em> (alouette hupp\u00e9e, allusion \u00e0 l&rsquo;\u00e9peron de la fleur), comprend environ 470 esp\u00e8ces principalement r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>intermedia<\/em> (interm\u00e9diaire) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ses caract\u00e8res morphologiques situ\u00e9s entre ceux de <em>C. solida<\/em> et <em>C. cava<\/em>. La corydale interm\u00e9diaire est l&rsquo;une des premi\u00e8res fleurs du printemps dans les for\u00eats europ\u00e9ennes, formant de petits tapis color\u00e9s dans les sous-bois encore d\u00e9nud\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La corydale interm\u00e9diaire est une plante vivace \u00e0 tubercule, haute de 5 \u00e0 15 cm. Le tubercule est globuleux, plein (non creux, contrairement \u00e0 <em>C. cava<\/em>), lisse, brun, de 1 \u00e0 2 cm de diam\u00e8tre. La tige est dress\u00e9e, simple, glabre, portant une \u00e9caille basale et 2 \u00e0 3 feuilles caulinaires. Les feuilles sont bitern\u00e9es (divis\u00e9es deux fois en trois), \u00e0 segments obovales-cun\u00e9iformes, entiers ou bilob\u00e9s, glauques. L&rsquo;inflorescence est une grappe terminale courte et dense de 2 \u00e0 8 fleurs. Les bract\u00e9es sont enti\u00e8res, ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, non divis\u00e9es (crit\u00e8re distinctif important). Les fleurs sont zygomorphes, longues de 15 \u00e0 20 mm, rouge-pourpre fonc\u00e9 \u00e0 violac\u00e9. La corolle est compos\u00e9e de 4 p\u00e9tales soud\u00e9s : le p\u00e9tale sup\u00e9rieur est \u00e9peronn\u00e9, l&rsquo;\u00e9peron est droit ou l\u00e9g\u00e8rement courb\u00e9 vers le bas, repr\u00e9sentant environ un tiers de la longueur totale de la fleur. Les p\u00e9tales internes sont soud\u00e9s au sommet et recouvrent les organes reproducteurs. Les 6 \u00e9tamines sont group\u00e9es en 2 faisceaux de 3. Le fruit est une capsule oblongue, pendante, contenant 2 \u00e0 5 graines noires, lisses, munies d&rsquo;un \u00e9la\u00efosome blanc.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La corydale interm\u00e9diaire est une esp\u00e8ce d&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e dont l&rsquo;aire couvre la Scandinavie m\u00e9ridionale, l&rsquo;Europe centrale et orientale, jusqu&rsquo;en France \u00e0 l&rsquo;ouest. En France, elle est pr\u00e9sente dans le nord-est du territoire : Alsace, Lorraine, Franche-Comt\u00e9, Bourgogne, avec des stations disjointes dans le Jura. Elle affectionne les for\u00eats caducifoli\u00e9es humides : h\u00eatraies, ch\u00eanaies-charmaies, for\u00eats alluviales, sur sols riches en humus, frais, neutres \u00e0 basiques. C&rsquo;est une esp\u00e8ce vernale typique, exploitant la lumi\u00e8re disponible au sol avant la feuillaison des arbres. Elle se rencontre de 200 \u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude. Elle est caract\u00e9ristique des communaut\u00e9s foresti\u00e8res du <em>Carpinion betuli<\/em> et des for\u00eats alluviales de l&rsquo;<em>Alno-Padion<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La corydale interm\u00e9diaire est une g\u00e9ophyte \u00e0 tubercule, \u00e0 cycle ph\u00e9nologique tr\u00e8s court. La lev\u00e9e a lieu en f\u00e9vrier-mars, d\u00e8s que les temp\u00e9ratures le permettent. La floraison, extr\u00eamement pr\u00e9coce, se d\u00e9roule de mars \u00e0 avril, profitant de la fen\u00eatre de lumi\u00e8re avant la feuillaison des arbres. La pollinisation est entomophile, principalement assur\u00e9e par les bourdons pr\u00e9coces (reines de <em>Bombus terrestris<\/em> et <em>B. pratorum<\/em>) dont la trompe est assez longue pour atteindre le nectar au fond de l&rsquo;\u00e9peron. La fructification se d\u00e9roule en avril-mai. Les graines, munies d&rsquo;un \u00e9la\u00efosome riche en lipides, sont dispers\u00e9es par les fourmis (myrm\u00e9cochorie). La plante entre en dormance d\u00e8s mai-juin, les parties a\u00e9riennes disparaissant compl\u00e8tement. Le tubercule reste dormant dans le sol pendant 8 \u00e0 9 mois, accumulant des r\u00e9serves pour le cycle suivant. La long\u00e9vit\u00e9 individuelle peut atteindre plusieurs d\u00e9cennies.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La corydale interm\u00e9diaire contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> isoquinol\u00e9iques<\/strong> caract\u00e9ristiques du genre <em>Corydalis<\/em>. Les principaux alcalo\u00efdes identifi\u00e9s dans le genre sont la <strong>bulbocapnine<\/strong>, la <strong>corydaline<\/strong>, la <strong>protopine<\/strong>, la <strong>t\u00e9trahydropalmatine<\/strong> et la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/berberine\/\">berb\u00e9rine<\/a><\/strong>. Le profil exact de <em>C. intermedia<\/em> est peu document\u00e9, mais ces alcalo\u00efdes sont probablement pr\u00e9sents. La <strong>bulbocapnine<\/strong>, alcalo\u00efde majeur de plusieurs corydales, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s s\u00e9datives et cataleptiques. La <strong>t\u00e9trahydropalmatine<\/strong> est un analg\u00e9sique naturel agissant sur les r\u00e9cepteurs dopaminergiques. Le tubercule est l&rsquo;organe le plus riche en alcalo\u00efdes. Les feuilles contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et de la <strong>vitamine C<\/strong>. L&rsquo;\u00e9la\u00efosome des graines est riche en <strong>lipides<\/strong> (acides gras) qui attirent les fourmis.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La corydale interm\u00e9diaire n&rsquo;est pas utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie moderne. Toutefois, d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques remarquables. La <em>Corydalis yanhusuo<\/em>, utilis\u00e9e en m\u00e9decine traditionnelle chinoise depuis des si\u00e8cles, contient des alcalo\u00efdes analg\u00e9siques dont la t\u00e9trahydropalmatine, aujourd&rsquo;hui \u00e9tudi\u00e9e comme alternative aux opio\u00efdes. La bulbocapnine poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s cataleptiques et anticholinergiques. La protopine est un spasmolytique et un antiarythmique. Si la corydale interm\u00e9diaire contient ces alcalo\u00efdes, elle pourrait th\u00e9oriquement partager certaines de ces propri\u00e9t\u00e9s, mais aucune \u00e9tude n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur cette esp\u00e8ce europ\u00e9enne. Sa raret\u00e9 relative et sa protection dans certaines r\u00e9gions interdisent toute exploitation th\u00e9rapeutique sauvage.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Bulbocapnine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Corydaline<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Protopine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>T\u00e9trahydropalmatine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Bulbocapnine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La corydale interm\u00e9diaire ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation commerciale en Europe. En horticulture, les tubercules sont commercialis\u00e9s en sec \u00e0 l&rsquo;automne par des bulbiculteurs sp\u00e9cialis\u00e9s. La production est confidentielle, les corydales \u00e9tant des plantes de niche pour les amateurs \u00e9clair\u00e9s. En herbier, les sp\u00e9cimens sont d\u00e9licats \u00e0 conserver car les parties a\u00e9riennes sont fragiles et les couleurs se perdent au s\u00e9chage. Les graines, r\u00e9colt\u00e9es en mai \u00e0 maturit\u00e9 des capsules, doivent \u00eatre sem\u00e9es imm\u00e9diatement car elles perdent rapidement leur viabilit\u00e9. La conservation en banque de semences est difficile en raison de cette faible long\u00e9vit\u00e9 des graines. Les collections vivantes des jardins botaniques constituent le principal mode de conservation ex situ.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La corydale interm\u00e9diaire est une esp\u00e8ce indicatrice de for\u00eats anciennes, non perturb\u00e9es, sur sols riches. Sa capacit\u00e9 de colonisation de nouveaux sites est tr\u00e8s lente, limit\u00e9e par la myrm\u00e9cochorie (dispersion sur quelques m\u00e8tres seulement par an). Sa pr\u00e9sence dans un boisement indique une continuit\u00e9 foresti\u00e8re de longue date. La floraison pr\u00e9coce fournit une ressource nectarif\u00e8re vitale pour les bourdons sortant d&rsquo;hibernation, \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 peu d&rsquo;autres plantes sont en fleur. La myrm\u00e9cochorie \u00e9tablit une interaction mutualiste avec les fourmis, qui b\u00e9n\u00e9ficient de l&rsquo;\u00e9la\u00efosome nutritif tout en assurant la dispersion des graines. Les tubercules constituent une ressource alimentaire pour les rongeurs et les sangliers, qui les d\u00e9terrent en hiver. L&rsquo;esp\u00e8ce contribue \u00e0 la biodiversit\u00e9 des strates herbac\u00e9es des for\u00eats caducifoli\u00e9es et au fonctionnement des r\u00e9seaux d&rsquo;interactions entre plantes, pollinisateurs et disperseurs.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage ethnobotanique de la corydale interm\u00e9diaire en Europe est tr\u00e8s limit\u00e9. En Scandinavie, les tubercules de corydales \u00e9taient parfois consomm\u00e9s par les enfants comme friandise au go\u00fbt amer, pratique d\u00e9conseill\u00e9e en raison de la toxicit\u00e9 des alcalo\u00efdes. En m\u00e9decine populaire d&rsquo;Europe centrale, les tubercules de <em>Corydalis cava<\/em> et <em>C. solida<\/em>, esp\u00e8ces voisines, \u00e9taient utilis\u00e9s comme s\u00e9datifs et antispasmodiques, sans distinction claire entre les esp\u00e8ces. En Chine et en Asie orientale, les corydales occupent une place importante dans la pharmacop\u00e9e traditionnelle, les tubercules s\u00e9ch\u00e9s de <em>C. yanhusuo<\/em> \u00e9tant prescrits contre les douleurs, les troubles menstruels et les insomnies. L&rsquo;introduction de la corydale interm\u00e9diaire en jardinage est r\u00e9cente, sa floraison pr\u00e9coce et ses fleurs color\u00e9es en faisant une plante de sous-bois printani\u00e8re appr\u00e9ci\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La corydale interm\u00e9diaire est cultivable comme plante de sous-bois dans les jardins ombrag\u00e9s. Les tubercules se plantent en automne (septembre-octobre) \u00e0 5-8 cm de profondeur, dans un sol riche en humus, frais, neutre \u00e0 calcaire, en situation ombrag\u00e9e \u00e0 mi-ombrag\u00e9e. L&rsquo;espacement est de 10 \u00e0 15 cm. Le semis est possible mais lent : les graines, sem\u00e9es fra\u00eeches imm\u00e9diatement apr\u00e8s la r\u00e9colte (mai), germent au printemps suivant apr\u00e8s une p\u00e9riode de dormance. L&rsquo;\u00e9la\u00efosome doit \u00eatre conserv\u00e9 intact car il contient des substances stimulant la germination. Les plantules mettent 3 \u00e0 4 ans pour atteindre la maturit\u00e9 de floraison. Aucune fertilisation n&rsquo;est n\u00e9cessaire au-del\u00e0 d&rsquo;un paillage de feuilles mortes. L&rsquo;arrosage est superflu dans les conditions de sol forestier frais. La plante dispara\u00eet compl\u00e8tement en \u00e9t\u00e9, laissant la place \u00e0 d&rsquo;autres esp\u00e8ces. La rusticit\u00e9 est excellente (-25 \u00b0C).<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La corydale interm\u00e9diaire est une esp\u00e8ce rare et menac\u00e9e dans une partie de son aire. En France, elle est prot\u00e9g\u00e9e dans certaines r\u00e9gions (Alsace, Lorraine, Franche-Comt\u00e9) et figure sur des listes rouges r\u00e9gionales. Sa raret\u00e9 est principalement li\u00e9e \u00e0 la destruction de ses habitats forestiers (coupes rases, enr\u00e9sinement, drainage) et \u00e0 la fragmentation des for\u00eats anciennes. Comme esp\u00e8ce de for\u00eat ancienne \u00e0 dispersion lente, elle est incapable de recoloniser les boisements r\u00e9cents. En Suisse, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00ab Near Threatened \u00bb. En Allemagne, elle est prot\u00e9g\u00e9e dans plusieurs L\u00e4nder. La conservation de la corydale interm\u00e9diaire passe par la protection des for\u00eats anciennes, le maintien de la gestion foresti\u00e8re douce (futaie jardin\u00e9e, pas de coupes rases) et la pr\u00e9servation de la continuit\u00e9 foresti\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>Les corydales figurent parmi les plantes printani\u00e8res les plus anciennes de la flore europ\u00e9enne, t\u00e9moins de la recolonisation postglaciaire des for\u00eats. Leur pr\u00e9sence dans un boisement est parfois consid\u00e9r\u00e9e comme un indice de l&rsquo;anciennet\u00e9 de la for\u00eat, au m\u00eame titre que la jacinthe des bois ou l&rsquo;an\u00e9mone des bois. Le nom \u00ab corydale \u00bb vient du grec <em>korydallis<\/em> (alouette hupp\u00e9e), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;\u00e9peron de la fleur qui \u00e9voque la huppe de l&rsquo;oiseau. La distinction entre les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de corydales europ\u00e9ennes (C. cava, C. solida, C. intermedia) a longtemps constitu\u00e9 un d\u00e9fi taxonomique, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te \u00ab interm\u00e9diaire \u00bb. Le botaniste fran\u00e7ais Andr\u00e9 M\u00e9rat, qui transf\u00e9ra l&rsquo;esp\u00e8ce dans le genre <em>Corydalis<\/em> en 1812, \u00e9tait m\u00e9decin et botaniste \u00e0 Paris, auteur d&rsquo;une <em>Nouvelle Flore des environs de Paris<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La corydale interm\u00e9diaire est le plus souvent confondue avec les deux autres corydales europ\u00e9ennes communes. La <em>Corydalis solida<\/em> (corydale \u00e0 bulbe plein) se distingue par ses bract\u00e9es profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es (enti\u00e8res chez <em>C. intermedia<\/em>), ses grappes plus fournies (10-20 fleurs) et ses fleurs roses \u00e0 pourpres. La <em>Corydalis cava<\/em> (corydale creuse) est plus grande (20-30 cm), avec un tubercule creux, des bract\u00e9es enti\u00e8res et des fleurs blanches ou pourpres. La <em>Fumaria officinalis<\/em> (fumeterre officinale), apparent\u00e9e, est une plante annuelle grimpante \u00e0 fleurs plus petites en grappes allong\u00e9es. Les <em>Dicentra<\/em> (c\u0153urs-de-Marie), cultiv\u00e9s dans les jardins, ont des fleurs \u00e0 2 \u00e9perons sym\u00e9triques. Le crit\u00e8re le plus fiable pour identifier la corydale interm\u00e9diaire est la combinaison de bract\u00e9es enti\u00e8res, d&rsquo;un tubercule plein, de 2-8 fleurs par grappe et d&rsquo;un \u00e9peron droit.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La corydale interm\u00e9diaire est une esp\u00e8ce discr\u00e8te mais pr\u00e9cieuse des for\u00eats anciennes europ\u00e9ennes. Sa biologie \u2014 g\u00e9ophytisme, cycle printanier tr\u00e8s court, myrm\u00e9cochorie, pollinisation par les bourdons pr\u00e9coces \u2014 illustre les adaptations complexes des plantes vernales foresti\u00e8res. Sa valeur comme indicatrice de for\u00eats anciennes en fait un outil pour les \u00e9cologues et les gestionnaires forestiers. Le potentiel pharmacologique des alcalo\u00efdes du genre <em>Corydalis<\/em>, notamment la t\u00e9trahydropalmatine comme analg\u00e9sique non opio\u00efde, ouvre des perspectives de recherche sur les esp\u00e8ces europ\u00e9ennes. La conservation de la corydale interm\u00e9diaire est ins\u00e9parable de celle des for\u00eats anciennes, patrimoine naturel dont la valeur ne cesse d&rsquo;\u00eatre r\u00e9\u00e9valu\u00e9e \u00e0 la hausse. Chaque station de corydale interm\u00e9diaire est un t\u00e9moignage vivant de l&rsquo;histoire mill\u00e9naire des for\u00eats europ\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Corydalis%20intermedia\">Plants of the World Online, Kew : <em>Corydalis intermedia<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Corydalis+intermedia\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Corydalis intermedia<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Corydalis intermedia (L.) 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