{"id":1186,"date":"2026-03-26T11:37:35","date_gmt":"2026-03-26T10:37:35","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/dicentra-a-capuchon\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"dicentra-a-capuchon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/dicentra-a-capuchon\/","title":{"rendered":"DICENTRA \u00c0 CAPUCHON"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Dicentra%20%C3%A0%20capuchon.jpg\" alt=\"Planche botanique Dicentra \u00e0 capuchon\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Dicentra cucullaria<\/em> (L.) Bernh.<br \/><strong>Famille :<\/strong> Papaveraceae (sous-famille Fumarioideae)<br \/><strong>Genre :<\/strong> <em>Dicentra<\/em><br \/><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Dicentra \u00e0 capuchon, C\u0153ur-saignant \u00e0 capuchon, Dutchman&rsquo;s breeches (en), Kapuzen-Herzblume (de)<\/p>\n<p>Le nom <em>Dicentra<\/em> d\u00e9rive du grec <em>dis<\/em> (deux) et <em>kentron<\/em> (\u00e9peron), les fleurs poss\u00e9dant deux \u00e9perons sym\u00e9triques. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>cucullaria<\/em> (\u00e0 capuchon) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme des fleurs qui \u00e9voquent des culottes bouffantes invers\u00e9es (d&rsquo;o\u00f9 le nom anglais Dutchman&rsquo;s breeches, culottes de Hollandais). Cette esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine est cultiv\u00e9e dans les jardins europ\u00e9ens comme plante ornementale printani\u00e8re. Elle est native de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, des Appalaches au sud des Grands Lacs. Le genre <em>Dicentra<\/em> comprend environ 8 esp\u00e8ces, toutes nord-am\u00e9ricaines ou est-asiatiques, dont le c\u00e9l\u00e8bre C\u0153ur-de-Marie (<em>Lamprocapnos spectabilis<\/em>, anciennement <em>Dicentra spectabilis<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace, g\u00e9ophyte \u00e0 bulbe compos\u00e9 de petits bulbilles granuleux (bulbe form\u00e9 de nombreux grains), de 15 \u00e0 30 cm de hauteur. Le feuillage est basal, bi- \u00e0 triternatis\u00e9qu\u00e9, \u00e0 segments finement d\u00e9coup\u00e9s, d&rsquo;un vert glauque d\u00e9licat, rappelant celui d&rsquo;une foug\u00e8re ou d&rsquo;un <em>Thalictrum<\/em>. Les feuilles sont \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, disparaissant en \u00e9t\u00e9 (g\u00e9ophyte \u00e0 repos estival).<\/p>\n<p>Les fleurs sont pendantes, dispos\u00e9es en grappe terminale arqu\u00e9e de 3 \u00e0 12 fleurs. Chaque fleur, de 12 \u00e0 20 mm de long, est bilat\u00e9rale, blanche (parfois ros\u00e9e), en forme de pantalon invers\u00e9 : les 2 p\u00e9tales externes sont prolong\u00e9s chacun par un \u00e9peron divergent, tandis que les 2 p\u00e9tales internes sont connivents au sommet, formant une cr\u00eate. Les s\u00e9pales sont 2, minuscules et caducs. Le fruit est une capsule allong\u00e9e, contenant des graines noires munies d&rsquo;un \u00e9la\u00efosome. La floraison intervient en avril-mai, tr\u00e8s bri\u00e8vement (2-3 semaines).<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et \u00e9cologie<\/h3>\n<p>Dans son aire native (est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord), <em>Dicentra cucullaria<\/em> est une spring ephemeral (\u00e9ph\u00e9m\u00e8re printani\u00e8re) des sous-bois de for\u00eats \u00e0 feuilles caduques riches et humides (for\u00eats m\u00e9siques mixtes d&rsquo;\u00e9rables, de h\u00eatres, de fr\u00eanes et de tilleuls). Elle pousse sur des sols profonds, humif\u00e8res, riches en bases, calcaires ou neutres, frais et bien drain\u00e9s. Elle fleurit et fructifie en 3-4 semaines avant la fermeture de la canop\u00e9e, puis entre en dormance souterraine pour le reste de l&rsquo;ann\u00e9e. La pollinisation est assur\u00e9e par les bourdons \u00e0 longue langue (<em>Bombus<\/em> spp.) capables d&rsquo;atteindre le nectar au fond des longs \u00e9perons. La diss\u00e9mination est myrm\u00e9cochore.<\/p>\n<p>En Europe, la plante est exclusivement cultiv\u00e9e dans les jardins ombrag\u00e9s et les sous-bois de parcs. Elle ne s&rsquo;est pas naturalis\u00e9e en dehors de son aire native.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>Native de l&rsquo;est de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, de la Nouvelle-\u00c9cosse au Minnesota et du Qu\u00e9bec \u00e0 la G\u00e9orgie et \u00e0 l&rsquo;Arkansas. Cultiv\u00e9e en Europe occidentale comme plante ornementale depuis le XIXe si\u00e8cle, mais non naturalis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les bulbilles et les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> isoquinol\u00e9iques<\/strong> : <strong>protopine<\/strong> (majoritaire), <strong>canadine<\/strong>, <strong>allocryptopine<\/strong>, <strong>sanguinarine<\/strong>, <strong>ch\u00e9lidonine<\/strong> et <strong>bicuculline<\/strong>. La <strong>bicuculline<\/strong> est un antagoniste comp\u00e9titif des r\u00e9cepteurs GABA-A, utilis\u00e9 comme outil pharmacologique en neurosciences. La <strong>sanguinarine<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes. Les concentrations en alcalo\u00efdes sont significatives (0,5-2 % du poids sec des bulbilles).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La <strong>bicuculline<\/strong> est un antagoniste comp\u00e9titif du r\u00e9cepteur GABA-A, le principal r\u00e9cepteur inhibiteur du syst\u00e8me nerveux central. Elle provoque des convulsions chez l&rsquo;animal et est utilis\u00e9e comme outil exp\u00e9rimental en neuropharmacologie pour l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;\u00e9pilepsie et de la neurotransmission GABAergique. La <strong>protopine<\/strong> exerce un effet spasmolytique. La <strong>sanguinarine<\/strong> est antimicrobienne et anti-inflammatoire. Ces propri\u00e9t\u00e9s sont d&rsquo;int\u00e9r\u00eat en recherche fondamentale mais les alcalo\u00efdes sont trop toxiques pour un usage th\u00e9rapeutique direct.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune indication th\u00e9rapeutique n&rsquo;est reconnue. L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 en raison de la toxicit\u00e9 des alcalo\u00efdes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Protopine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Canadine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Allocryptopine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sanguinarine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ch\u00e9lidonine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie ne peut \u00eatre recommand\u00e9e. L&rsquo;usage th\u00e9rapeutique est d\u00e9conseill\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Plante toxique. La bicuculline est un convulsivant puissant. L&rsquo;ingestion des bulbilles peut provoquer des convulsions, surtout chez les enfants et les animaux domestiques. L&rsquo;usage est formellement contre-indiqu\u00e9 chez la femme enceinte, allaitante et chez l&rsquo;enfant.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>La bicuculline antagonise l&rsquo;effet des benzodiaz\u00e9pines et de tous les agonistes GABA-A, ce qui pourrait th\u00e9oriquement r\u00e9duire l&rsquo;efficacit\u00e9 des s\u00e9datifs et des anti\u00e9pileptiques GABAergiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p><em>Dicentra cucullaria<\/em> est class\u00e9e comme plante toxique. Les alcalo\u00efdes (en particulier la bicuculline) provoquent des convulsions chez l&rsquo;animal. L&rsquo;ingestion des bulbilles par le b\u00e9tail (bovins, moutons) peut provoquer des tremblements, des convulsions et la mort. Chez l&rsquo;homme, l&rsquo;ingestion accidentelle provoque des naus\u00e9es, des vomissements, de la diarrh\u00e9e et, dans les cas graves, des convulsions. La DL50 de la bicuculline est de 3,7 mg\/kg chez la souris (voie intraveineuse). La manipulation de la plante ne pr\u00e9sente pas de risque de toxicit\u00e9 cutan\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les Am\u00e9rindiens (Menominees, Ojibwas, Cherokees) utilisaient <em>Dicentra cucullaria<\/em> en m\u00e9decine traditionnelle. Les bulbilles s\u00e9ch\u00e9s \u00e9taient r\u00e9duits en poudre et appliqu\u00e9s en cataplasme sur les plaies et les furoncles. Une infusion faible de bulbilles \u00e9tait utilis\u00e9e comme diaphor\u00e9tique (sudorifique), diur\u00e9tique et rem\u00e8de contre la syphilis. Les Menominees utilisaient la fum\u00e9e des bulbilles s\u00e9ch\u00e9s pour attirer l&rsquo;\u00eatre aim\u00e9 (usage aphrodisiaque magique). La plante \u00e9tait \u00e9galement r\u00e9put\u00e9e vermifuge chez certaines tribus. Tous ces usages sont anciens et non valid\u00e9s par la science moderne. La plante est consid\u00e9r\u00e9e comme toxique et son usage m\u00e9dicinal est abandonn\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Dicentra cucullaria<\/em> est cultiv\u00e9e comme plante ornementale printani\u00e8re dans les jardins ombrag\u00e9s d&rsquo;Europe. Les bulbilles se plantent \u00e0 l&rsquo;automne, \u00e0 5-8 cm de profondeur, en sol humif\u00e8re, frais et drain\u00e9, sous des feuillus \u00e0 feuilles caduques. La plante est rustique (zone USDA 3-7) et dispara\u00eet en \u00e9t\u00e9 (repos). La multiplication se fait par division des amas de bulbilles \u00e0 l&rsquo;automne. Dans son aire native, l&rsquo;esp\u00e8ce est commune et non menac\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h3>\n<p><em>Dicentra cucullaria<\/em> est class\u00e9e LC (Pr\u00e9occupation mineure) dans son aire native. Elle n&rsquo;est pas indig\u00e8ne en Europe et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection dans ce continent. Elle ne figure \u00e0 aucune pharmacop\u00e9e. Sa commercialisation comme plante ornementale est libre.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>DICENTRA \u00c0 CAPUCHON pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Dicentra%20cucullaria\">Plants of the World Online, Kew : <em>Dicentra cucullaria<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Dicentra+cucullaria\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Dicentra cucullaria<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Nom scientifique : Dicentra cucullaria (L.) 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