{"id":1187,"date":"2026-03-26T11:37:36","date_gmt":"2026-03-26T10:37:36","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/fumeterre-grimpante\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"fumeterre-grimpante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/fumeterre-grimpante\/","title":{"rendered":"FUMETERRE GRIMPANTE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Fumeterre%20grimpante.jpg\" alt=\"Planche botanique Fumeterre grimpante\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Fumeterre grimpante<\/strong> (<em>Fumaria capreolata<\/em>) est une plante herbac\u00e9e annuelle de la famille des <strong>Papaveraceae<\/strong> (sous-famille des Fumariac\u00e9es). Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Fumaria<\/em> vient du latin <em>fumus terrae<\/em>, \u00ab fum\u00e9e de terre \u00bb, allusion \u00e0 l&rsquo;aspect vaporeux de son feuillage finement d\u00e9coup\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;irritation oculaire provoqu\u00e9e par son suc. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>capreolata<\/em> d\u00e9rive du latin <em>capreolus<\/em> (vrille), faisant r\u00e9f\u00e9rence aux p\u00e9tioles des feuilles qui s&rsquo;enroulent autour des supports comme des vrilles, conf\u00e9rant \u00e0 cette esp\u00e8ce un port grimpant ou scandent unique parmi les fumeterres europ\u00e9ennes. D\u00e9crite par Linn\u00e9 en 1753, cette plante peut atteindre 50 \u00e0 100 centim\u00e8tres de longueur, voire davantage lorsqu&rsquo;elle trouve un support appropri\u00e9. Ses fleurs, parmi les plus grandes du genre (12 \u00e0 14 millim\u00e8tres), sont d&rsquo;un blanc cr\u00e8me \u00e0 roses, avec le sommet des p\u00e9tales pourpre fonc\u00e9. Elle est parfois appel\u00e9e Fumeterre \u00e0 vrilles, Fumeterre blanche ou Fumeterre capr\u00e9ol\u00e9e. C&rsquo;est l&rsquo;une des fumeterres les plus faciles \u00e0 identifier gr\u00e2ce \u00e0 sa combinaison de port grimpant et de grandes fleurs p\u00e2les.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La Fumeterre grimpante est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9o-atlantique, dont l&rsquo;aire de r\u00e9partition s&rsquo;\u00e9tend du Macaron\u00e8se (Canaries, Mad\u00e8re, A\u00e7ores) \u00e0 l&rsquo;ensemble du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en et aux c\u00f4tes atlantiques de l&rsquo;Europe, jusqu&rsquo;au sud de l&rsquo;Angleterre et \u00e0 l&rsquo;Irlande. Elle est \u00e9galement pr\u00e9sente en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Elle s&rsquo;est naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Am\u00e9rique du Sud, en Australie et en Afrique australe. En France, elle est commune dans tout le midi m\u00e9diterran\u00e9en, la fa\u00e7ade atlantique, la Bretagne et la Normandie. Elle devient rare dans le nord-est et les r\u00e9gions continentales, o\u00f9 elle est remplac\u00e9e par d&rsquo;autres esp\u00e8ces de fumeterres. Son habitat comprend les haies, les murs, les cl\u00f4tures, les jardins, les vignobles, les vergers, les terrains vagues et les bords de chemins. C&rsquo;est une plante des milieux perturb\u00e9s et des sols riches en azote. Elle affectionne les sols meubles, fertiles, l\u00e9g\u00e8rement humides, aussi bien calcaires que siliceux. Son port grimpant lui permet de s&rsquo;\u00e9lever dans la v\u00e9g\u00e9tation arbustive et les haies, la distinguant des autres fumeterres qui restent au niveau du sol. Comme les autres fumeterres, elle est une plante adventice des cultures mais n&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralement pas consid\u00e9r\u00e9e comme une mauvaise herbe probl\u00e9matique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Description morphologique d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>La Fumeterre grimpante est une plante annuelle robuste pour le genre, pouvant atteindre 50 \u00e0 100 centim\u00e8tres, voire 150 centim\u00e8tres lorsqu&rsquo;elle grimpe dans les haies. Les tiges sont anguleuses, glabres, ramifi\u00e9es, flexueuses, \u00e0 entre-n\u0153uds allong\u00e9s. Le caract\u00e8re le plus distinctif est la capacit\u00e9 des p\u00e9tioles et des rachis foliaires \u00e0 s&rsquo;enrouler autour des supports (branches, tiges d&rsquo;autres plantes, grillages), fonctionnant comme de v\u00e9ritables vrilles. Les feuilles sont bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments oblongs \u00e0 ovales, plus larges que chez la plupart des autres fumeterres, d&rsquo;un vert assez vif, non glauque. Les fleurs sont dispos\u00e9es en grappes de 12 \u00e0 25 fleurs. Chaque fleur mesure 12 \u00e0 14 millim\u00e8tres, ce qui en fait les plus grandes fleurs du genre en Europe. La corolle est blanc cr\u00e8me \u00e0 rose p\u00e2le, le p\u00e9tale sup\u00e9rieur ayant le sommet pourpre fonc\u00e9 \u00e0 noir\u00e2tre, formant un contraste saisissant. L&rsquo;\u00e9peron est long et courb\u00e9 vers le haut. Les s\u00e9pales sont ovales, de 3 \u00e0 5 millim\u00e8tres, dent\u00e9s, persistants. Le fruit est un ak\u00e8ne globuleux, lisse, de 2 \u00e0 2,5 millim\u00e8tres, port\u00e9 par un p\u00e9dicelle r\u00e9curv\u00e9, \u00e9paissi et rigide, ce dernier caract\u00e8re \u00e9tant diagnostique pour la d\u00e9termination. La floraison s&rsquo;\u00e9tend d&rsquo;avril \u00e0 octobre.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La Fumeterre grimpante partage le profil chimique caract\u00e9ristique du genre <em>Fumaria<\/em>, domin\u00e9 par les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> isoquinol\u00e9iques<\/strong>. La <strong>protopine<\/strong> est l&rsquo;alcalo\u00efde majeur, responsable des propri\u00e9t\u00e9s amphochol\u00e9r\u00e9tiques propres au genre. Des \u00e9tudes phytochimiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>F. capreolata<\/em> ont identifi\u00e9 un profil alcalo\u00efdique diversifi\u00e9 comprenant la <strong>cryptopine<\/strong>, la <strong>stylopine<\/strong>, la <strong>sanguinarine<\/strong>, la <strong>ch\u00e9lidamine<\/strong>, la <strong>canadine<\/strong>, la <strong>corycavine<\/strong> et la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/berberine\/\">berb\u00e9rine<\/a><\/strong>. Certains alcalo\u00efdes spirobenzylisoquinol\u00e9iques, relativement rares, comme la <strong>fumarophycine<\/strong> et la <strong>fumaricine<\/strong>, ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s de cette esp\u00e8ce. L&rsquo;<strong>acide fumarique<\/strong> est pr\u00e9sent en quantit\u00e9 notable, de m\u00eame que d&rsquo;autres <strong>acides organiques<\/strong> (acide malique, acide citrique). Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> identifi\u00e9s comprennent la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong> et l&rsquo;<strong>isoquercitrine<\/strong>. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> et des <strong>sels de potassium<\/strong> compl\u00e8tent le profil. Des \u00e9tudes comparatives ont montr\u00e9 que <em>F. capreolata<\/em> poss\u00e8de une teneur en alcalo\u00efdes totaux comparable \u00e0 celle de <em>F. officinalis<\/em>, ce qui justifie son utilisation th\u00e9rapeutique interchangeable dans certaines traditions. La richesse et la diversit\u00e9 de son profil alcalo\u00efdique en font un sujet d&rsquo;\u00e9tude phytochimique particuli\u00e8rement int\u00e9ressant.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La Fumeterre grimpante est utilis\u00e9e dans les pharmacop\u00e9es traditionnelles m\u00e9diterran\u00e9ennes de mani\u00e8re largement interchangeable avec les autres esp\u00e8ces de <em>Fumaria<\/em>, en particulier <em>F. officinalis<\/em>. Elle partage les m\u00eames grandes indications th\u00e9rapeutiques. Sa propri\u00e9t\u00e9 la plus remarquable est l&rsquo;action <strong>amphochol\u00e9r\u00e9tique<\/strong> (r\u00e9gulatrice du flux biliaire), attribu\u00e9e \u00e0 la protopine. La plante est traditionnellement utilis\u00e9e comme <strong>d\u00e9puratif<\/strong>, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour \u00ab purifier le sang \u00bb et le foie, en cure printani\u00e8re. Ses vertus <strong>cholagogues<\/strong> et <strong>choler\u00e9tiques<\/strong> en font un rem\u00e8de des <strong>insuffisances h\u00e9patiques fonctionnelles<\/strong>, des <strong>migraines d&rsquo;origine h\u00e9patique<\/strong> et des <strong>troubles digestifs<\/strong> li\u00e9s \u00e0 un mauvais fonctionnement biliaire. En dermatologie traditionnelle, la Fumeterre grimpante est employ\u00e9e contre les <strong>affections cutan\u00e9es chroniques<\/strong> : ecz\u00e9ma, psoriasis, acn\u00e9, dartres. Cette indication dermatologique est li\u00e9e \u00e0 la th\u00e9orie humorale qui associe les maladies de peau \u00e0 un exc\u00e8s de \u00ab bile noire \u00bb et \u00e0 un encrassement du foie. Les propri\u00e9t\u00e9s <strong>antispasmodiques<\/strong> de la protopine justifient son usage contre les <strong>coliques biliaires<\/strong> et les <strong>spasmes digestifs<\/strong>. La plante est aussi consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>laxative<\/strong> douce en d\u00e9but de cure et <strong>l\u00e9g\u00e8rement hypotensive<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche scientifique sur <em>Fumaria capreolata<\/em> est active, port\u00e9e notamment par des \u00e9quipes du Maghreb, de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique et du Moyen-Orient. En <strong>phytochimie<\/strong>, les travaux r\u00e9cents ont permis d&rsquo;isoler et de caract\u00e9riser de nouveaux alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques sp\u00e9cifiques \u00e0 cette esp\u00e8ce, enrichissant la connaissance de la diversit\u00e9 chimique du genre. Des \u00e9tudes sur l&rsquo;activit\u00e9 <strong>h\u00e9patoprotectrice<\/strong> des extraits de <em>F. capreolata<\/em> sur des mod\u00e8les murins d&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 ont montr\u00e9 des r\u00e9sultats significatifs, avec une normalisation des marqueurs h\u00e9patiques et une r\u00e9duction du stress oxydatif h\u00e9patocellulaire. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong> des extraits m\u00e9thanoliques et aqueux a \u00e9t\u00e9 quantifi\u00e9e par plusieurs m\u00e9thodes, confirmant un potentiel antioxydant significatif. Des recherches sur les propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> ont d\u00e9montr\u00e9 une inhibition de la production de m\u00e9diateurs pro-inflammatoires in vitro. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antimicrobienne<\/strong> a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e contre un panel de bact\u00e9ries pathog\u00e8nes avec des r\u00e9sultats prometteurs. Des \u00e9tudes de <strong>toxicit\u00e9 aigu\u00eb et subaigu\u00eb<\/strong> chez la souris ont montr\u00e9 une bonne tol\u00e9rance des extraits aqueux et m\u00e9thanoliques aux doses th\u00e9rapeutiques, avec une DL50 \u00e9lev\u00e9e. Enfin, des travaux sur l&rsquo;activit\u00e9 <strong>antidiab\u00e9tique<\/strong> des extraits, r\u00e9alis\u00e9s principalement en Alg\u00e9rie et en Iran, montrent un effet hypoglyc\u00e9miant prometteur chez les rats diab\u00e9tiques induits.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Protopine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cryptopine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Stylopine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sanguinarine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ch\u00e9lidamine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les pr\u00e9parations \u00e0 base de Fumeterre grimpante suivent les m\u00eames protocoles que ceux \u00e9tablis pour la Fumeterre officinale, la r\u00e8gle de la cure courte s&rsquo;appliquant de la m\u00eame mani\u00e8re. En <strong>infusion<\/strong> de plante enti\u00e8re s\u00e9ch\u00e9e (parties a\u00e9riennes fleuries), 1,5 \u00e0 2 grammes par tasse de 200 millilitres d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infus\u00e9s 10 minutes, couverts. Deux \u00e0 trois tasses par jour avant les repas, en cure de 8 \u00e0 10 jours maximum. En <strong>extrait sec<\/strong>, 200 \u00e0 400 milligrammes par jour en deux prises avant les repas. En <strong>teinture-m\u00e8re<\/strong>, 30 \u00e0 50 gouttes dans un demi-verre d&rsquo;eau, deux \u00e0 trois fois par jour avant les repas. En <strong>suc frais<\/strong> de plante (pr\u00e9paration traditionnelle), 15 \u00e0 30 millilitres par jour \u00e0 jeun, en cure de 8 jours. En <strong>g\u00e9lules de poudre<\/strong>, 300 \u00e0 600 milligrammes par jour. La r\u00e8gle fondamentale de l&rsquo;usage des fumeterres est le respect de la <strong>dur\u00e9e de cure limit\u00e9e<\/strong> : au-del\u00e0 de 10 jours cons\u00e9cutifs, les effets b\u00e9n\u00e9fiques s&rsquo;inversent (la plante laxative devient constipante, la plante diur\u00e9tique devient r\u00e9tentrice). Les herboristes pr\u00e9conisent des cures de 8 \u00e0 10 jours, renouvelables apr\u00e8s une pause d&rsquo;au moins une semaine. Le go\u00fbt amer de la plante peut \u00eatre att\u00e9nu\u00e9 par l&rsquo;ajout de miel ou de r\u00e9glisse.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les contre-indications de la Fumeterre grimpante sont identiques \u00e0 celles de toutes les fumeterres. La plante est <strong>contre-indiqu\u00e9e en cas d&rsquo;obstruction biliaire<\/strong> (calcul obstruant le canal chol\u00e9doque), bien que son action r\u00e9gulatrice soit favorable en cas de lithiase non obstructive. La <strong>grossesse<\/strong> est une contre-indication en raison de la pr\u00e9sence d&rsquo;alcalo\u00efdes potentiellement ut\u00e9rotoniques. L&rsquo;<strong>allaitement<\/strong> est d\u00e9conseill\u00e9 par pr\u00e9caution. L&rsquo;usage chez les <strong>enfants de moins de 12 ans<\/strong> est d\u00e9conseill\u00e9. Le <strong>glaucome \u00e0 angle ferm\u00e9<\/strong> constitue une contre-indication th\u00e9orique. Les personnes souffrant d&rsquo;<strong>hypotension art\u00e9rielle<\/strong> doivent \u00eatre prudentes, la protopine ayant des effets vasodilatateurs. L&rsquo;usage <strong>prolong\u00e9 au-del\u00e0 de 10 jours<\/strong> est formellement d\u00e9conseill\u00e9 sans avis m\u00e9dical. Les effets ind\u00e9sirables potentiels aux doses recommand\u00e9es sont des douleurs abdominales l\u00e9g\u00e8res, des diarrh\u00e9es transitoires et rarement des c\u00e9phal\u00e9es. En cas de surdosage, des naus\u00e9es, vomissements, s\u00e9dation et troubles du rythme cardiaque peuvent survenir. La plante ne doit pas \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 la consommation d&rsquo;<strong>alcool<\/strong>, qui potentialise l&rsquo;effet s\u00e9datif des alcalo\u00efdes. La cueillette requiert une identification botanique certaine, les fumeterres pouvant \u00eatre confondues entre elles ou avec d&rsquo;autres plantes du genre <em>Corydalis<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les interactions m\u00e9dicamenteuses de la Fumeterre grimpante sont celles du genre <em>Fumaria<\/em>, li\u00e9es \u00e0 son profil alcalo\u00efdique. La <strong>protopine<\/strong>, alcalo\u00efde majeur, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antiarythmiques et vasodilatatrices qui contre-indiquent l&rsquo;association avec des <strong>antiarythmiques<\/strong> et des <strong>antihypertenseurs<\/strong>, par risque de potentialisation. La <strong>berb\u00e9rine<\/strong>, pr\u00e9sente en quantit\u00e9 variable, est un inhibiteur bien document\u00e9 du <strong>CYP3A4<\/strong> et de la <strong>glycoprot\u00e9ine P<\/strong>, pouvant augmenter significativement les concentrations plasmatiques de m\u00e9dicaments comme la <strong>ciclosporine<\/strong>, la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/digoxine\/\">digoxine<\/a><\/strong> et certaines <strong>statines<\/strong>. L&rsquo;action <strong>amphochol\u00e9r\u00e9tique<\/strong> peut modifier l&rsquo;absorption des m\u00e9dicaments \u00e0 m\u00e9tabolisme ent\u00e9roh\u00e9patique. L&rsquo;effet <strong>s\u00e9datif<\/strong> l\u00e9ger des alcalo\u00efdes d\u00e9conseille l&rsquo;association avec les <strong>benzodiaz\u00e9pines<\/strong>, les <strong>opio\u00efdes<\/strong> et les <strong>antihistaminiques<\/strong> s\u00e9datifs. La potentialisation de l&rsquo;effet des <strong>anticoagulants oraux<\/strong> est th\u00e9oriquement possible via les flavono\u00efdes. L&rsquo;association avec d&rsquo;autres plantes <strong>chol\u00e9r\u00e9tiques<\/strong> ou <strong>cholagogues<\/strong> (artichaut, radis noir, boldo) n\u00e9cessite de la prudence pour \u00e9viter une stimulation biliaire excessive. L&rsquo;interaction avec les <strong>IMAO<\/strong> (inhibiteurs de la monoamine oxydase) est th\u00e9oriquement possible en raison de la pr\u00e9sence de berb\u00e9rine et doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;histoire m\u00e9dicinale de la Fumeterre grimpante se confond largement avec celle du genre <em>Fumaria<\/em> dans son ensemble. Dans la tradition herboristique m\u00e9diterran\u00e9enne, les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de fumeterres n&rsquo;\u00e9taient pas toujours distingu\u00e9es et \u00e9taient utilis\u00e9es indiff\u00e9remment. Cependant, <em>F. capreolata<\/em> \u00e9tant l&rsquo;esp\u00e8ce dominante dans de nombreuses r\u00e9gions du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en occidental, elle constituait de facto la fumeterre la plus r\u00e9colt\u00e9e et utilis\u00e9e dans ces r\u00e9gions. En Afrique du Nord, la plante est connue sous le nom arabe de <em>chahtrij<\/em> et fait partie de la pharmacop\u00e9e traditionnelle maghr\u00e9bine, utilis\u00e9e en d\u00e9coction pour les troubles h\u00e9patiques, les affections cutan\u00e9es et comme vermifuge. Au Portugal et en Espagne, elle est employ\u00e9e en m\u00e9decine populaire comme d\u00e9puratif printanier et comme rem\u00e8de des probl\u00e8mes digestifs. Aux Canaries et \u00e0 Mad\u00e8re, o\u00f9 l&rsquo;esp\u00e8ce est abondante, les populations locales l&rsquo;utilisaient traditionnellement en tisane pour \u00ab nettoyer le foie \u00bb. En ethnobotanique, le port grimpant distinctif de cette esp\u00e8ce lui conf\u00e8re une dimension symbolique particuli\u00e8re : elle \u00e9tait parfois associ\u00e9e \u00e0 la pers\u00e9v\u00e9rance et \u00e0 la capacit\u00e9 de s&rsquo;\u00e9lever malgr\u00e9 les obstacles. En teinturerie, la plante produit un colorant jaune utilis\u00e9 artisanalement.<\/p>\n<hr>\n<h3>Usages alimentaires et culinaires<\/h3>\n<p>La Fumeterre grimpante, comme les autres fumeterres, n&rsquo;est pas \u00e0 proprement parler une plante alimentaire, bien qu&rsquo;elle ait des usages marginaux dans certaines traditions culinaires m\u00e9diterran\u00e9ennes. En Cr\u00e8te et dans d&rsquo;autres \u00eeles grecques, les jeunes pousses de fumeterres, dont <em>F. capreolata<\/em>, sont parfois int\u00e9gr\u00e9es en tr\u00e8s petites quantit\u00e9s dans les m\u00e9langes de verdures sauvages bouillies (<em>horta<\/em>), un plat traditionnel de la cuisine cr\u00e9toise. Au Maroc et en Tunisie, la plante entre occasionnellement dans la composition de soupes aux herbes sauvages. Ces usages impliquent toujours une cuisson pr\u00e9alable et des quantit\u00e9s mod\u00e9r\u00e9es, la plante \u00e9tant tr\u00e8s am\u00e8re et contenant des alcalo\u00efdes. En Sardaigne, les jeunes parties a\u00e9riennes de fumeterres \u00e9taient parfois ajout\u00e9es aux soupes de l\u00e9gumes printani\u00e8res. Le caract\u00e8re amer de la plante, d\u00fb aux alcalo\u00efdes et aux acides organiques, limite naturellement la quantit\u00e9 consomm\u00e9e. Il est important de souligner que ces usages alimentaires sont marginaux, li\u00e9s \u00e0 une tradition de cueillette de subsistance, et ne constituent pas des pratiques culinaires recommand\u00e9es. La plante est avant tout m\u00e9dicinale et sa consommation alimentaire r\u00e9guli\u00e8re n&rsquo;est pas souhaitable en raison de sa teneur en alcalo\u00efdes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et biodiversit\u00e9<\/h3>\n<p>La Fumeterre grimpante joue un r\u00f4le \u00e9cologique original parmi les plantes adventices m\u00e9diterran\u00e9ennes, gr\u00e2ce \u00e0 son port grimpant qui lui permet d&rsquo;occuper une niche verticale au sein des haies et de la v\u00e9g\u00e9tation arbustive. Ses fleurs relativement grandes et nectarif\u00e8res attirent plusieurs esp\u00e8ces d&rsquo;insectes pollinisateurs, en particulier des <strong>bourdons<\/strong> (genre <em>Bombus<\/em>) dont la trompe est assez longue pour atteindre le nectar au fond de l&rsquo;\u00e9peron. Les <strong>abeilles solitaires<\/strong> du genre <em>Anthophora<\/em> sont \u00e9galement des visiteurs r\u00e9guliers. La pollinisation est principalement entomogame, bien que l&rsquo;autogamie soit possible. Les graines sont dispers\u00e9es par gravit\u00e9 (barochorie), le p\u00e9dicelle fructif\u00e8re se recourbant vers le bas \u00e0 maturit\u00e9. Les fourmis participent aussi \u00e0 la dispersion (myrm\u00e9cochorie), attir\u00e9es par un petit \u00e9la\u00efosome pr\u00e9sent sur les graines de certaines fumeterres. En tant que plante annuelle des haies et des lisi\u00e8res, elle contribue \u00e0 la diversit\u00e9 floristique des habitats semi-naturels m\u00e9diterran\u00e9ens. Son enracinement dans les sols meubles des haies et des murs contribue modestement \u00e0 la pr\u00e9vention de l&rsquo;\u00e9rosion. L&rsquo;esp\u00e8ce sert de plante nourrici\u00e8re pour les chenilles de certains <strong>l\u00e9pidopt\u00e8res<\/strong>, bien que les donn\u00e9es sp\u00e9cifiques soient limit\u00e9es. Sa r\u00e9gression dans les paysages agricoles intensifi\u00e9s accompagne celle des haies et des bordures riches en biodiversit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>La Fumeterre grimpante n&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralement pas cultiv\u00e9e intentionnellement, sauf dans les jardins botaniques et les collections de plantes m\u00e9dicinales. C&rsquo;est cependant une plante qui appara\u00eet spontan\u00e9ment dans de nombreux jardins du midi de la France et de la fa\u00e7ade atlantique. Sa multiplication se fait par <strong>semis<\/strong>. Les graines, r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 maturit\u00e9 en \u00e9t\u00e9, sont sem\u00e9es en automne (septembre-octobre) directement en place ou au d\u00e9but du printemps (mars-avril). Le semis en automne donne de meilleurs r\u00e9sultats, la stratification naturelle par le froid hivernal am\u00e9liorant la germination. Les graines sont sem\u00e9es \u00e0 1 \u00e0 2 centim\u00e8tres de profondeur dans un sol meuble et riche. La germination intervient au bout de 3 \u00e0 6 semaines \u00e0 une temp\u00e9rature de 10 \u00e0 15 degr\u00e9s. La plante pr\u00e9f\u00e8re une exposition ensoleill\u00e9e \u00e0 mi-ombrag\u00e9e, un sol fertile, frais, meuble, neutre \u00e0 calcaire. Elle n\u00e9cessite un support pour grimper : haie, treillis, cl\u00f4ture, mur ou autre v\u00e9g\u00e9tation. L&rsquo;arrosage est mod\u00e9r\u00e9 et la plante se contente souvent des pr\u00e9cipitations naturelles. Aucun entretien particulier n&rsquo;est n\u00e9cessaire. La plante se ress\u00e8me abondamment si les conditions sont favorables. La r\u00e9colte \u00e0 des fins m\u00e9dicinales s&rsquo;effectue en pleine floraison et le s\u00e9chage doit \u00eatre rapide pour pr\u00e9server les alcalo\u00efdes. Elle peut apporter une touche de gr\u00e2ce sauvage aux jardins naturalistes et aux haies champ\u00eatres.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p>La Fumeterre grimpante ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection en France ni en Europe, \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9e comme une esp\u00e8ce commune et sans menace identifi\u00e9e. Elle n&rsquo;est inscrite sur aucune liste rouge nationale ou r\u00e9gionale. Son statut de conservation est \u00e9valu\u00e9 comme <strong>pr\u00e9occupation mineure<\/strong> (LC) \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne et mondiale. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est inscrite \u00e0 aucune annexe de la Convention de Berne ni de la Directive Habitats. Sur le plan r\u00e9glementaire phytoth\u00e9rapeutique, <em>F. capreolata<\/em> n&rsquo;a pas de monographie propre dans la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, la monographie de r\u00e9f\u00e9rence \u00e9tant celle de <em>Fumaria officinalis<\/em>. En France, la Fumeterre officinale est inscrite sur la liste A des plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise, et les autres esp\u00e8ces du genre sont parfois utilis\u00e9es en substitution sans cadre r\u00e9glementaire sp\u00e9cifique. En herboristerie, la vente de parties a\u00e9riennes s\u00e9ch\u00e9es de fumeterres est libre. Les compl\u00e9ments alimentaires \u00e0 base de fumeterre sont autoris\u00e9s dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne. En mati\u00e8re de conservation, la Fumeterre grimpante, comme toutes les plantes adventices des milieux anthropis\u00e9s, voit ses populations fluctuer en fonction des pratiques agricoles et urbanistiques. L&rsquo;intensification agricole et la disparition des haies constituent des facteurs de r\u00e9gression locaux.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>FUMETERRE GRIMPANTE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Fumaria%20capreolata\">Plants of the World Online, Kew : <em>Fumaria capreolata<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Fumaria+capreolata\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Fumaria capreolata<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Fumeterre grimpante (Fumaria capreolata) est une plante herbac\u00e9e annuelle de la famille des Papaveraceae (sous-famille des Fumariac\u00e9es). 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