{"id":1188,"date":"2026-03-26T11:37:37","date_gmt":"2026-03-26T10:37:37","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/fumeterre-officinale\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"fumeterre-officinale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/fumeterre-officinale\/","title":{"rendered":"FUMETERRE OFFICINALE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Fumeterre%20officinale.jpg\" alt=\"Planche botanique Fumeterre officinale\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La fumeterre officinale est l&rsquo;une des plantes d\u00e9puratives les plus anciennes de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Son nom \u2014 du latin <em>fumus terrae<\/em>, \u00ab fum\u00e9e de terre \u00bb \u2014 \u00e9voque l&rsquo;aspect vaporeux de ses touffes gris-vert dans les champs, mais aussi la croyance antique selon laquelle la plante naissait des vapeurs du sol sans avoir besoin de graine. Petite annuelle messicole des cultures et des friches, elle est reconnaissable \u00e0 ses feuilles finement d\u00e9coup\u00e9es, glauques, et \u00e0 ses grappes denses de petites fleurs roses \u00e0 pointe pourpre, d&rsquo;une \u00e9l\u00e9gance discr\u00e8te.<\/p>\n<p>Sur le plan pharmacognosique, la fumeterre occupe une place singuli\u00e8re : ses <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> isoquinol\u00e9iques \u2014 principalement la protopine et la fumaricine \u2014 lui conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s amphochol\u00e9r\u00e9tiques uniques (r\u00e9gulatrices du flux biliaire, augmentant ou diminuant la s\u00e9cr\u00e9tion selon les besoins) qui la distinguent des cholagogues simples. Inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, c&rsquo;est l&rsquo;une des rares plantes de la pharmacop\u00e9e populaire dont le m\u00e9canisme d&rsquo;action a \u00e9t\u00e9 pharmacologiquement \u00e9lucid\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Papaveraceae (sous-famille Fumarioideae)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Fumaria<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Fumaria officinalis<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Fumeterre officinale, Fiel de terre, Herbe \u00e0 la jaunisse, Pied-de-C\u00e9line, Fum\u00e9e de terre.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Fumaria<\/em> du latin <em>fumus terrae<\/em> (\u00ab fum\u00e9e de terre \u00bb). Pline l&rsquo;Ancien rapporte que la plante fait pleurer les yeux comme la fum\u00e9e \u2014 peut-\u00eatre en r\u00e9f\u00e9rence au suc irritant. <em>officinalis<\/em> atteste son usage en officine de pharmacie. Le genre <em>Fumaria<\/em> comprend une vingtaine d&rsquo;esp\u00e8ces en Europe, dont la d\u00e9termination est notoirement difficile.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Plante annuelle de 15 \u00e0 50 cm, \u00e0 port dress\u00e9 \u00e0 diffus, souvent semi-rampante et grimpante, s&rsquo;appuyant sur la v\u00e9g\u00e9tation voisine gr\u00e2ce \u00e0 ses p\u00e9tioles sinueux. L&rsquo;ensemble de la plante est glabre et d&rsquo;un vert glauque caract\u00e9ristique.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> gr\u00eales, anguleuses, tr\u00e8s ramifi\u00e9es, glabres, glauques, cassantes. Le port est souvent diffus, la plante s&rsquo;\u00e9talant parmi les autres adventices des cultures.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> alternes, bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es (tr\u00e8s finement d\u00e9coup\u00e9es), \u00e0 segments \u00e9troits lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9s de 2-3 mm de large. L&rsquo;ensemble du feuillage est gris-vert glauque, donnant \u00e0 la plante son aspect vaporeux et \u00ab fum\u00e9 \u00bb. Les feuilles sont glabres et molles.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> grappes oppos\u00e9es aux feuilles, denses, de 10 \u00e0 30 fleurs, dress\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> petite (7-9 mm), zygomorphe et de structure originale. La corolle est compos\u00e9e de 4 p\u00e9tales soud\u00e9s en deux paires : le p\u00e9tale sup\u00e9rieur est prolong\u00e9 en <strong>\u00e9peron<\/strong> (contenant le nectar), le p\u00e9tale inf\u00e9rieur forme une car\u00e8ne. La couleur est <strong>rose vif \u00e0 pourpre<\/strong>, avec l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 (apex) des p\u00e9tales <strong>rouge-pourpre fonc\u00e9<\/strong> \u2014 ce contraste bicolore est un bon caract\u00e8re de reconnaissance. Deux \u00e9tamines, chacune \u00e0 3 anth\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> ak\u00e8ne globuleux, de 2-2,5 mm, \u00e0 surface rugueuse-tubercul\u00e9e, ind\u00e9hiscent, contenant une seule graine. La surface du fruit pr\u00e9sente deux fossettes apicales caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> avril \u00e0 octobre (floraison tr\u00e8s longue, plusieurs g\u00e9n\u00e9rations possibles). Autogamie fr\u00e9quente.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>La fumeterre est une esp\u00e8ce messicole (commensale des cultures) et rud\u00e9rale. On la trouve dans les champs cultiv\u00e9s, vignobles, jardins, potagers, pieds de murs, friches et d\u00e9combres. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols meubles, calcaires ou neutres, frais et riches en azote. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des groupements du <em>Fumario-Euphorbion<\/em> (v\u00e9g\u00e9tation messicole des sols calcaires).<\/p>\n<h3>B. Distribution<\/h3>\n<p>Originaire d&rsquo;Europe et d&rsquo;Asie occidentale, aujourd&rsquo;hui sub-cosmopolite dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es. Commune dans toute la France. En d\u00e9clin dans les grandes plaines c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res en raison de l&rsquo;usage massif des herbicides, mais encore fr\u00e9quente dans les jardins, vignobles et cultures biologiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>parties a\u00e9riennes fleuries<\/strong> r\u00e9colt\u00e9es en pleine floraison (mai-juin), s\u00e9ch\u00e9es rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre. La drogue est inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> (monographie <em>Fumariae herba<\/em>) et doit contenir au minimum 0,40 % d&rsquo;alcalo\u00efdes totaux exprim\u00e9s en protopine. Un usage traditionnel bien \u00e9tabli est reconnu.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques (0,3-1,3 %)<\/h3>\n<p>La fumeterre contient un m\u00e9lange complexe d&rsquo;alcalo\u00efdes du groupe isoquinol\u00e9ique, structuralement apparent\u00e9s \u00e0 ceux du pavot mais pharmacologiquement tr\u00e8s diff\u00e9rents :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Protopine<\/strong> (0,1-0,5 %) \u2014 alcalo\u00efde dominant, spasmolytique et amphochol\u00e9r\u00e9tique. C&rsquo;est le marqueur pharmacognosique de la drogue.<\/li>\n<li><strong>Fumaricine<\/strong> (cryptopine) \u2014 spasmolytique.<\/li>\n<li><strong>Fumariline<\/strong>, <strong>fumaritine<\/strong>, <strong>parfumine<\/strong> \u2014 alcalo\u00efdes mineurs sp\u00e9cifiques du genre.<\/li>\n<li><strong>Stylopine<\/strong>, <strong>sanguinarine<\/strong> (traces) \u2014 alcalo\u00efdes partag\u00e9s avec d&rsquo;autres Papaveraceae.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces alcalo\u00efdes ne poss\u00e8dent <strong>pas d&rsquo;activit\u00e9 opio\u00efde<\/strong> \u2014 contrairement aux alcalo\u00efdes morphiniques du pavot, ils n&rsquo;agissent pas sur les r\u00e9cepteurs \u03bc et ne provoquent ni analg\u00e9sie ni d\u00e9pendance.<\/p>\n<h3>B. Acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Acide fumarique (acide dicarboxylique, 2-3 % de la drogue s\u00e8che \u2014 marqueur chimique du genre), acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">Rutine<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, isoquercitrine. Activit\u00e9 antioxydante et protectrice vasculaire.<\/p>\n<h3>D. Sels min\u00e9raux<\/h3>\n<p>Richesse en potassium \u2014 contribuant \u00e0 l&rsquo;effet diur\u00e9tique l\u00e9ger.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Activit\u00e9 amphochol\u00e9r\u00e9tique \u2014 le m\u00e9canisme cl\u00e9<\/h3>\n<p>La protopine exerce un effet <strong>r\u00e9gulateur<\/strong> du flux biliaire, unique dans la pharmacop\u00e9e :<\/p>\n<ul>\n<li>Si le flux biliaire est insuffisant (hypocholie) \u2192 la protopine le <strong>stimule<\/strong> (effet chol\u00e9r\u00e9tique).<\/li>\n<li>Si le flux biliaire est excessif (hypercholie) \u2192 la protopine le <strong>r\u00e9duit<\/strong> (effet antichol\u00e9r\u00e9tique).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce double effet r\u00e9gulateur, dit \u00ab amphochol\u00e9r\u00e9tique \u00bb, est un ph\u00e9nom\u00e8ne rare en pharmacologie. Il s&rsquo;exercerait par modulation du tonus du sphincter d&rsquo;Oddi (carrefour bilio-pancr\u00e9atique). Cette propri\u00e9t\u00e9 fonde l&rsquo;usage de la fumeterre dans les troubles h\u00e9patobiliaires fonctionnels.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 spasmolytique<\/h3>\n<p>La protopine et la fumaricine exercent un effet relaxant sur les fibres lisses digestives et biliaires, r\u00e9duisant les spasmes des voies biliaires et de l&rsquo;intestin.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 d\u00e9purative et diur\u00e9tique l\u00e9g\u00e8re<\/h3>\n<p>L&rsquo;acide fumarique et les sels de potassium contribuent \u00e0 un effet diur\u00e9tique l\u00e9ger et \u00e0 une stimulation de l&rsquo;\u00e9limination r\u00e9nale \u2014 fondant l&rsquo;usage traditionnel comme \u00ab d\u00e9puratif du sang \u00bb dans les cures de printemps.<\/p>\n<h3>D. Activit\u00e9 dermatologique<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage externe contre les affections cutan\u00e9es (ecz\u00e9ma, dartres, psoriasis) est document\u00e9 dans la tradition et soutenu par l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire des flavono\u00efdes et l&rsquo;effet d\u00e9puratif h\u00e9patique (la m\u00e9decine traditionnelle associait les troubles cutan\u00e9s \u00e0 une \u00ab insuffisance h\u00e9patique \u00bb).<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Cholagogue<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> H\u00e9patoprotecteur<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel de la fumeterre est reconnu pour le \u00ab soulagement des troubles digestifs tels que les sensations de pl\u00e9nitude, les flatulences et la digestion lente, attribu\u00e9s \u00e0 un flux biliaire insuffisant \u00bb. Plusieurs \u00e9tudes cliniques ouvertes et contr\u00f4l\u00e9es ont montr\u00e9 une am\u00e9lioration significative des sympt\u00f4mes dyspeptiques (ballonnements, naus\u00e9es, douleurs de l&rsquo;hypocondre droit) sous traitement par extrait standardis\u00e9 de fumeterre. L&rsquo;effet amphochol\u00e9r\u00e9tique a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 exp\u00e9rimentalement sur le sphincter d&rsquo;Oddi isol\u00e9 de cobaye et sur des pr\u00e9parations biliaires humaines.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Protopine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Fumaricine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Fumariline<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Fumaritine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Parfumine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 2 \u00e0 4 g de plante s\u00e8che pour 150 ml, 10-15 min. 2-3 tasses\/jour avant les repas. Cure de 10 jours, \u00e0 renouveler apr\u00e8s une pause d&rsquo;une semaine (les alcalo\u00efdes pourraient s&rsquo;accumuler en usage continu prolong\u00e9).<\/li>\n<li><strong>Extrait sec standardis\u00e9 :<\/strong> 250-500 mg, 2-3 fois\/jour avant les repas. Titr\u00e9 \u00e0 0,4 % minimum d&rsquo;alcalo\u00efdes.<\/li>\n<li><strong>Teinture m\u00e8re :<\/strong> 1:5 dans \u00e9thanol \u00e0 45\u00b0, 30-50 gouttes avant les repas.<\/li>\n<li><strong>N\u00e9bulisat :<\/strong> g\u00e9lules de 200-400 mg, 2-3 fois\/jour.<\/li>\n<li><strong>Jus frais :<\/strong> 5-10 ml dilu\u00e9 dans de l&rsquo;eau \u2014 forme traditionnelle \u00ab d\u00e9purative \u00bb de printemps.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La fumeterre est de faible toxicit\u00e9 aux doses th\u00e9rapeutiques recommand\u00e9es. Aux doses excessives ou en usage prolong\u00e9 sans interruption, les alcalo\u00efdes peuvent provoquer une somnolence, une hypotension et des troubles digestifs. <strong>La cure ne doit pas d\u00e9passer 10 jours cons\u00e9cutifs<\/strong> \u2014 recommandation constante de la tradition herbaliste, confirm\u00e9e par les monographies modernes. Contre-indications : obstruction des voies biliaires (calculs), grossesse et allaitement (donn\u00e9es insuffisantes). Pas d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse significative connue.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La fumeterre est mentionn\u00e9e par les m\u00e9decins arabes m\u00e9di\u00e9vaux (Raz\u00e8s, Avicenne) comme d\u00e9puratif h\u00e9patique et rem\u00e8de des maladies de peau. En Europe m\u00e9di\u00e9vale, elle faisait partie des \u00ab herbes de printemps \u00bb prescrites en cures d\u00e9puratives pour \u00ab nettoyer le sang \u00bb apr\u00e8s l&rsquo;hiver. Matthiole (XVIe si\u00e8cle) la recommandait contre la gale, la l\u00e8pre et les obstructions du foie. L&rsquo;usage h\u00e9patobiliaire a travers\u00e9 les si\u00e8cles sans interruption. En m\u00e9decine populaire fran\u00e7aise, la \u00ab cure de fumeterre \u00bb (10 jours au printemps et \u00e0 l&rsquo;automne) \u00e9tait un classique de la prophylaxie saisonni\u00e8re. L&rsquo;herboriste Maurice Mess\u00e9gu\u00e9 en faisait l&rsquo;un de ses rem\u00e8des favoris.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>La fumeterre officinale est une <strong>esp\u00e8ce messicole<\/strong> \u2014 ces plantes compagnes des cultures qui ont co\u00e9volu\u00e9 avec l&rsquo;agriculture depuis le N\u00e9olithique et sont aujourd&rsquo;hui menac\u00e9es par l&rsquo;intensification agricole (herbicides, labour profond, semences certifi\u00e9es). Si <em>F. officinalis<\/em> reste relativement commune, d&rsquo;autres fumet\u00e8res europ\u00e9ennes sont en forte r\u00e9gression. La conservation des messicoles, y compris la fumeterre, passe par le maintien de pratiques agricoles extensives (jach\u00e8res, bandes enherb\u00e9es, agriculture biologique). La plante est visit\u00e9e par les bourdons \u00e0 longue langue capables d&rsquo;acc\u00e9der au nectar de l&rsquo;\u00e9peron.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Fumaria capreolata<\/em><\/strong> (fumeterre grimpante) : fleurs blanc-cr\u00e8me \u00e0 apex pourpre, grimpante vigoureuse.<\/li>\n<li><strong><em>Fumaria parviflora<\/em><\/strong> (fumeterre \u00e0 petites fleurs) : fleurs plus petites (5-6 mm), blanch\u00e2tres.<\/li>\n<li><strong><em>Fumaria vaillantii<\/em><\/strong> (fumeterre de Vaillant) : fleurs roses plus petites, s\u00e9pales minuscules.<\/li>\n<li><strong><em>Corydalis solida<\/em><\/strong> (corydale solide) : bulbeuse vivace, fleurs pourpres plus grandes, \u00e9peronn\u00e9es aussi mais port tr\u00e8s diff\u00e9rent.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La fumeterre officinale est l&rsquo;un des meilleurs exemples de plante m\u00e9dicinale europ\u00e9enne dont l&rsquo;usage traditionnel \u2014 d\u00e9puratif h\u00e9patique et r\u00e9gulateur biliaire \u2014 a \u00e9t\u00e9 scientifiquement valid\u00e9 par la d\u00e9couverte d&rsquo;un m\u00e9canisme pharmacologique original (amphochol\u00e9r\u00e8se de la protopine). Son profil d&rsquo;alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques non opio\u00efdes, son inscription \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne en fait une plante de prescription courante en phytoth\u00e9rapie des troubles h\u00e9patobiliaires fonctionnels. Sa double appartenance au patrimoine m\u00e9dicinal et au patrimoine agricole (flore messicole) lui conf\u00e8re une valeur culturelle et \u00e9cologique qui d\u00e9passe sa seule pharmacologie.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, monographie <em>Fumariae herba<\/em>, 10<sup>e<\/sup> \u00e9d.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B., <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>, Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Hentschel C., Dressler S., Hahn E.G., \u00ab Fumaria officinalis (fumitory) \u2014 Clinical applications \u00bb, <em>Fortschritte der Medizin<\/em>, 1995.<\/li>\n<li>Roth L., Daunderer M., Kormann K., <em>Giftpflanzen \u2014 Pflanzengifte<\/em>, 6<sup>e<\/sup> \u00e9d., Nikol, 2012.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La fumeterre officinale est l&rsquo;une des plantes d\u00e9puratives les plus anciennes de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Son nom \u2014 du latin fumus terrae, \u00ab fum\u00e9e de [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[84],"tags":[],"class_list":["post-1188","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-papaveracees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1188","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1188"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1188\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13783,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1188\/revisions\/13783"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1188"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1188"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1188"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}