{"id":1189,"date":"2026-03-26T11:37:39","date_gmt":"2026-03-26T10:37:39","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/fumeterre-vaillantii\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"fumeterre-vaillantii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/fumeterre-vaillantii\/","title":{"rendered":"FUMETERRE VAILLANTII"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Fumeterre%20de%20Vaillant.jpg\" alt=\"Planche botanique Fumeterre de Vaillant\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Fumeterre de Vaillant<\/strong> (<em>Fumaria vaillantii<\/em>) est une plante herbac\u00e9e annuelle de la famille des <strong>Papaveraceae<\/strong>. Son nom d&rsquo;esp\u00e8ce rend hommage au botaniste fran\u00e7ais S\u00e9bastien Vaillant (1669-1722), qui fut d\u00e9monstrateur de botanique au Jardin du Roi \u00e0 Paris. Le nom de genre <em>Fumaria<\/em> provient du latin <em>fumus terrae<\/em> (fum\u00e9e de terre). Cette esp\u00e8ce gr\u00eale et d\u00e9licate mesure 10 \u00e0 30 centim\u00e8tres et se distingue des autres fumeterres par la finesse de son feuillage et la petitesse de ses fleurs. Les feuilles sont tr\u00e8s finement d\u00e9coup\u00e9es, \u00e0 segments lin\u00e9aires \u00e9troits et aplatis, d&rsquo;un vert glauque. Les fleurs, regroup\u00e9es en grappes pauciflores de 6 \u00e0 16, sont petites (5 \u00e0 6 millim\u00e8tres), rose p\u00e2le avec le sommet des p\u00e9tales pourpre fonc\u00e9. Les s\u00e9pales sont tr\u00e8s petits, denticul\u00e9s, nettement plus courts que la corolle et rapidement caducs. Le fruit est un ak\u00e8ne globuleux l\u00e9g\u00e8rement aplati, lisse \u00e0 finement rugueux. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de mai \u00e0 septembre. Cette fumeterre est souvent confondue avec <em>Fumaria parviflora<\/em> mais s&rsquo;en distingue par ses feuilles \u00e0 segments plus plats et ses s\u00e9pales plus petits.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La Fumeterre de Vaillant est une esp\u00e8ce eurasiatique, distribu\u00e9e depuis l&rsquo;Europe occidentale jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Asie centrale. En France, elle est pr\u00e9sente principalement dans les r\u00e9gions calcaires du sud, du centre et de l&rsquo;est du pays. Elle est plus rare dans le nord et l&rsquo;ouest, et absente de Corse. Son habitat de pr\u00e9dilection comprend les cultures de c\u00e9r\u00e9ales, les jach\u00e8res, les vignobles, les vergers, les terrains vagues, les pieds de murs et les talus sur sols calcaires. C&rsquo;est une esp\u00e8ce nettement <strong>calcicole<\/strong>, pr\u00e9f\u00e9rant les substrats calcaires, marneux ou argilo-calcaires, secs et bien drain\u00e9s. Elle est thermophile et affectionne les expositions chaudes et ensoleill\u00e9es. C&rsquo;est une plante messicole typique, compagne des moissons dans les r\u00e9gions calcaires, mais devenue rare dans les grandes cultures en raison de l&rsquo;usage intensif d&rsquo;herbicides. Comme les autres fumeterres, elle est nitrophile mod\u00e9r\u00e9e et s&rsquo;associe aux communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales des cultures de c\u00e9r\u00e9ales et des friches calcicoles. Sa distribution en France est fragmentaire et ses populations sont souvent petites et isol\u00e9es, ce qui en fait une esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat patrimonial pour la conservation de la flore messicole.<\/p>\n<hr>\n<h3>Description morphologique d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p><em>Fumaria vaillantii<\/em> est une plante annuelle gr\u00eale, dress\u00e9e \u00e0 \u00e9tal\u00e9e, de 10 \u00e0 30 centim\u00e8tres de hauteur. Les tiges sont finement stri\u00e9es, glabres, ramifi\u00e9es, souvent diffuses. Les feuilles sont bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments tr\u00e8s \u00e9troits, lin\u00e9aires et aplatis (canalicul\u00e9s), d&rsquo;un vert gris\u00e2tre \u00e0 glauque. Le feuillage est plus finement d\u00e9coup\u00e9 que chez la plupart des autres fumeterres, donnant \u00e0 la plante un aspect particuli\u00e8rement d\u00e9licat et vaporeux. Les fleurs sont dispos\u00e9es en grappes (rac\u00e8mes) oppositifoli\u00e9es, comportant 6 \u00e0 16 fleurs, plus l\u00e2ches et pauciflores que chez <em>F. officinalis<\/em>. Chaque fleur mesure 5 \u00e0 6 millim\u00e8tres, avec une corolle rose p\u00e2le \u00e0 blanch\u00e2tre, le sommet des p\u00e9tales sup\u00e9rieur et inf\u00e9rieur \u00e9tant pourpre fonc\u00e9. L&rsquo;\u00e9peron est court et obtus. Les s\u00e9pales sont minuscules (moins de 1 millim\u00e8tre de long), denticul\u00e9s, nettement plus \u00e9troits que la corolle et caducs, ce qui constitue un caract\u00e8re diagnostique important. Le fruit est un ak\u00e8ne globuleux, de 2 millim\u00e8tres environ, l\u00e9g\u00e8rement rugueux ou lisse, avec un petit apicule au sommet. Le p\u00e9dicelle fructif\u00e8re est dress\u00e9 \u00e0 \u00e9tal\u00e9, plus court que la bract\u00e9e. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de mai \u00e0 septembre avec un pic en juin-juillet.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Fumaria vaillantii<\/em> est caract\u00e9ristique du genre <em>Fumaria<\/em>, domin\u00e9e par les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> isoquinol\u00e9iques<\/strong>. La <strong>protopine<\/strong> est l&rsquo;alcalo\u00efde principal, comme dans toutes les esp\u00e8ces du genre, et est responsable de l&rsquo;action amphochol\u00e9r\u00e9tique caract\u00e9ristique. Des \u00e9tudes phytochimiques sp\u00e9cifiques \u00e0 cette esp\u00e8ce, men\u00e9es principalement par des \u00e9quipes iraniennes et turques, ont identifi\u00e9 un profil alcalo\u00efdique riche comprenant la <strong>cryptopine<\/strong>, la <strong>stylopine<\/strong>, la <strong>fumaricine<\/strong>, la <strong>sanguinarine<\/strong>, la <strong>ch\u00e9lidonine<\/strong>, la <strong>ch\u00e9lirubine<\/strong> et la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/berberine\/\">berb\u00e9rine<\/a><\/strong>. Des alcalo\u00efdes spirobenzylisoquinol\u00e9iques ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s. La plante contient de l&rsquo;<strong>acide fumarique<\/strong> en quantit\u00e9 notable, des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a>, isoquercitrine), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>, des <strong>tanins<\/strong> et des <strong>sels de potassium<\/strong>. La teneur totale en alcalo\u00efdes est comparable \u00e0 celle des autres petites fumeterres (<em>F. parviflora<\/em>, <em>F. schleicheri<\/em>). Des variations inter-populationnelles dans le profil alcalo\u00efdique ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es, sugg\u00e9rant l&rsquo;existence de chimiotypes li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;origine g\u00e9ographique des populations.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La Fumeterre de Vaillant partage les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales attribu\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ensemble du genre <em>Fumaria<\/em>. En m\u00e9decine traditionnelle, les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de fumeterres \u00e9taient utilis\u00e9es de mani\u00e8re interchangeable, le crit\u00e8re d&rsquo;identification n&rsquo;\u00e9tant souvent pas pouss\u00e9 au niveau sp\u00e9cifique. La propri\u00e9t\u00e9 la plus remarquable est l&rsquo;action <strong>amphochol\u00e9r\u00e9tique<\/strong>, cette capacit\u00e9 unique de r\u00e9guler le flux biliaire dans les deux sens, augmentation en cas d&rsquo;insuffisance et diminution en cas d&rsquo;exc\u00e8s. La plante est traditionnellement utilis\u00e9e comme <strong>d\u00e9puratif<\/strong> h\u00e9patique, <strong>cholagogue<\/strong>, <strong>choler\u00e9tique<\/strong> et <strong>antispasmodique<\/strong> des voies biliaires. Les indications classiques incluent les <strong>dyspepsies<\/strong> d&rsquo;origine h\u00e9patobiliaire, les <strong>migraines h\u00e9patiques<\/strong>, la <strong>constipation<\/strong> d&rsquo;origine biliaire et les <strong>affections cutan\u00e9es chroniques<\/strong> (ecz\u00e9ma, psoriasis, acn\u00e9). En m\u00e9decine traditionnelle iranienne, <em>F. vaillantii<\/em> est sp\u00e9cifiquement utilis\u00e9e comme <strong>d\u00e9puratif sanguin<\/strong>, pour les <strong>maladies de peau<\/strong> et comme <strong>vermifuge<\/strong>. En Turquie, la plante est connue sous le nom de <em>shahtereh<\/em> et utilis\u00e9e pour les troubles h\u00e9patiques et digestifs. L&rsquo;usage des fumeterres ob\u00e9it \u00e0 la r\u00e8gle de la cure courte : 8 \u00e0 10 jours maximum.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche sur <em>Fumaria vaillantii<\/em> est active, principalement port\u00e9e par des \u00e9quipes iraniennes, turques et pakistanaises. En <strong>phytochimie<\/strong>, des travaux r\u00e9cents ont permis l&rsquo;isolement et la caract\u00e9risation structurale de nouveaux alcalo\u00efdes isoquinol\u00e9iques sp\u00e9cifiques \u00e0 cette esp\u00e8ce. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>h\u00e9patoprotectrice<\/strong> des extraits a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e in vivo sur des mod\u00e8les murins d&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 induite par le parac\u00e9tamol, avec une normalisation significative des enzymes h\u00e9patiques. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong> des extraits, \u00e9valu\u00e9e par les m\u00e9thodes DPPH, FRAP et ABTS, est significative et attribu\u00e9e aux flavono\u00efdes et aux acides ph\u00e9noliques. Des \u00e9tudes sur l&rsquo;activit\u00e9 <strong>anti-inflammatoire<\/strong> montrent une inhibition de la production de cytokines pro-inflammatoires. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antimicrobienne<\/strong> des extraits et des alcalo\u00efdes isol\u00e9s a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e contre un panel de bact\u00e9ries et de champignons pathog\u00e8nes avec des r\u00e9sultats prometteurs. Des recherches sur l&rsquo;activit\u00e9 <strong>antidiab\u00e9tique<\/strong> montrent un effet hypoglyc\u00e9miant dans des mod\u00e8les animaux. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>anticanc\u00e9reuse<\/strong> de la sanguinarine et de la ch\u00e9lidonine, alcalo\u00efdes isol\u00e9s de cette esp\u00e8ce, est \u00e9tudi\u00e9e sur des lign\u00e9es cellulaires tumorales. Ces travaux confirment l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique du genre <em>Fumaria<\/em> et ouvrent des perspectives pour la valorisation de cette esp\u00e8ce en phytoth\u00e9rapie moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Protopine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cryptopine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Stylopine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Fumaricine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sanguinarine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les posologies de <em>Fumaria vaillantii<\/em> sont identiques \u00e0 celles des autres fumeterres, l&rsquo;esp\u00e8ce de r\u00e9f\u00e9rence \u00e9tant <em>F. officinalis<\/em>. En <strong>infusion<\/strong> de plante enti\u00e8re s\u00e9ch\u00e9e (parties a\u00e9riennes fleuries), 1,5 \u00e0 2 grammes par tasse de 200 millilitres d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), couverts et infus\u00e9s 10 minutes. Deux \u00e0 trois tasses par jour avant les repas, en cure de 8 \u00e0 10 jours maximum, renouvelable apr\u00e8s une pause d&rsquo;une semaine. En <strong>extrait sec<\/strong>, 200 \u00e0 400 milligrammes par jour en deux prises. En <strong>teinture-m\u00e8re<\/strong>, 30 \u00e0 50 gouttes trois fois par jour. En <strong>suc frais<\/strong>, 15 \u00e0 30 millilitres par jour \u00e0 jeun, en cure de 8 jours. La r\u00e8gle fondamentale des fumeterres est le respect de la <strong>dur\u00e9e de cure limit\u00e9e<\/strong> : au-del\u00e0 de 10 jours, les effets s&rsquo;inversent (constipation au lieu de l&rsquo;effet laxatif, somnolence au lieu de la stimulation). Les herboristes traditionnels insistent sur cette particularit\u00e9, confirm\u00e9e par l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;action amphochol\u00e9r\u00e9tique de la protopine. L&rsquo;amertume de la plante, prononc\u00e9e, peut \u00eatre att\u00e9nu\u00e9e par l&rsquo;ajout de miel ou de r\u00e9glisse. L&rsquo;association avec d&rsquo;autres plantes h\u00e9patiques (artichaut, chardon-Marie) est classique mais doit \u00eatre prudente.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les contre-indications de la Fumeterre de Vaillant sont celles de toutes les fumeterres. La plante est <strong>contre-indiqu\u00e9e en cas d&rsquo;obstruction biliaire<\/strong> compl\u00e8te (calcul enclav\u00e9 dans le chol\u00e9doque). La <strong>grossesse<\/strong> est une contre-indication en raison de la pr\u00e9sence d&rsquo;alcalo\u00efdes potentiellement ut\u00e9rotoniques. L&rsquo;<strong>allaitement<\/strong> est d\u00e9conseill\u00e9. L&rsquo;usage chez les <strong>enfants de moins de 12 ans<\/strong> est d\u00e9conseill\u00e9. Le <strong>glaucome \u00e0 angle ferm\u00e9<\/strong> constitue une contre-indication th\u00e9orique. Les personnes souffrant d&rsquo;<strong>hypotension art\u00e9rielle<\/strong> doivent \u00eatre prudentes. L&rsquo;usage <strong>prolong\u00e9 au-del\u00e0 de 10 jours<\/strong> est formellement d\u00e9conseill\u00e9. Un surdosage peut entra\u00eener des naus\u00e9es, des vomissements, des douleurs abdominales et une s\u00e9dation. Les personnes sous traitement <strong>antiarythmique<\/strong> ou <strong>antihypertenseur<\/strong> doivent consulter leur m\u00e9decin. L&rsquo;association avec l&rsquo;<strong>alcool<\/strong> est \u00e0 \u00e9viter. La confusion avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre <em>Corydalis<\/em>, plus toxiques, est possible et impose une identification botanique rigoureuse. La r\u00e9colte en milieu naturel doit \u00eatre raisonn\u00e9e, l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e9tant en r\u00e9gression dans de nombreuses r\u00e9gions en raison de la disparition des habitats messicoles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les interactions m\u00e9dicamenteuses sont celles du genre <em>Fumaria<\/em>. La <strong>protopine<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antiarythmiques et hypotensives, d\u00e9conseillant l&rsquo;association avec les <strong>antiarythmiques<\/strong> et les <strong>antihypertenseurs<\/strong>. La <strong>berb\u00e9rine<\/strong>, pr\u00e9sente en quantit\u00e9 variable, inhibe le <strong>CYP3A4<\/strong> et la <strong>glycoprot\u00e9ine P<\/strong>, pouvant augmenter les concentrations plasmatiques de nombreux m\u00e9dicaments substrats. L&rsquo;action <strong>amphochol\u00e9r\u00e9tique<\/strong> peut modifier l&rsquo;absorption des m\u00e9dicaments \u00e0 m\u00e9tabolisme ent\u00e9roh\u00e9patique. L&rsquo;effet <strong>s\u00e9datif<\/strong> des alcalo\u00efdes d\u00e9conseille l&rsquo;association avec les <strong>benzodiaz\u00e9pines<\/strong>, les <strong>opio\u00efdes<\/strong> et les <strong>antihistaminiques<\/strong> s\u00e9datifs. L&rsquo;association avec d&rsquo;autres plantes <strong>chol\u00e9r\u00e9tiques<\/strong> (artichaut, boldo, radis noir) doit \u00eatre prudente. L&rsquo;association avec les <strong>IMAO<\/strong> est \u00e0 \u00e9viter. Les <strong>anticoagulants oraux<\/strong> pourraient voir leur effet modifi\u00e9. Un intervalle de deux heures entre la prise de fumeterre et tout m\u00e9dicament oral est recommand\u00e9. La consultation d&rsquo;un professionnel de sant\u00e9 est indispensable en cas de traitement m\u00e9dicamenteux concomitant.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;histoire m\u00e9dicinale de <em>Fumaria vaillantii<\/em> s&rsquo;inscrit dans celle du genre <em>Fumaria<\/em>, utilis\u00e9 en m\u00e9decine depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 gr\u00e9co-romaine et arabo-persane. Dioscoride et Galien prescrivaient d\u00e9j\u00e0 les fumeterres comme \u00ab ouvrantes \u00bb et d\u00e9puratives. La distinction entre les esp\u00e8ces du genre est relativement r\u00e9cente dans l&rsquo;histoire de la botanique, les herboristes anciens regroupant les fumeterres sous un nom unique. La Fumeterre de Vaillant, d\u00e9crite tardivement, n&rsquo;a donc pas d&rsquo;histoire m\u00e9dicinale propre distincte des autres esp\u00e8ces. Cependant, dans les r\u00e9gions calcaires d&rsquo;Europe centrale et m\u00e9ridionale o\u00f9 elle est la fumeterre dominante, elle a de facto constitu\u00e9 la mati\u00e8re premi\u00e8re des pr\u00e9parations traditionnelles \u00e0 base de fumeterre. En Perse et en Asie centrale, les fumeterres, dont <em>F. vaillantii<\/em>, font partie de la pharmacop\u00e9e traditionnelle sous le nom de <em>shahtereh<\/em> et sont utilis\u00e9es depuis des si\u00e8cles contre les maladies h\u00e9patiques et cutan\u00e9es. La plante est mentionn\u00e9e dans les \u00e9crits d&rsquo;Avicenne et de Rhaz\u00e8s. En ethnobotanique europ\u00e9enne, les fumeterres \u00e9taient aussi utilis\u00e9es en cosm\u00e9tique : le suc servait \u00e0 \u00e9claircir le teint et \u00e0 att\u00e9nuer les taches pigmentaires. En teinturerie, la plante donnait une couleur jaune p\u00e2le aux textiles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Usages alimentaires et culinaires<\/h3>\n<p>La Fumeterre de Vaillant n&rsquo;est pas une plante alimentaire et ne poss\u00e8de pas de tradition culinaire. Son go\u00fbt tr\u00e8s amer, d\u00fb aux alcalo\u00efdes et aux acides organiques, la rend impropre \u00e0 une consommation r\u00e9guli\u00e8re comme aliment. Comme les autres fumeterres, elle a pu \u00eatre consomm\u00e9e en tr\u00e8s petites quantit\u00e9s dans des m\u00e9langes de verdures sauvages bouillies dans certaines traditions m\u00e9diterran\u00e9ennes et moyen-orientales, mais ces usages restent marginaux et rel\u00e8vent davantage de la cueillette de subsistance que de la gastronomie. En Iran et en Turquie, les fumeterres en g\u00e9n\u00e9ral sont parfois ajout\u00e9es aux salades sauvages printani\u00e8res en quantit\u00e9 infime, pour leur amertume suppos\u00e9e stimulante de l&rsquo;app\u00e9tit et de la digestion. L&rsquo;amertume prononc\u00e9e de la plante limite naturellement la quantit\u00e9 pouvant \u00eatre consomm\u00e9e, ce qui constitue une forme de protection contre un surdosage accidentel d&rsquo;alcalo\u00efdes. En cuisine m\u00e9dicinale, la fronti\u00e8re entre aliment et rem\u00e8de est floue, et la fumeterre se situe clairement du c\u00f4t\u00e9 m\u00e9dicinal. Sa consommation alimentaire r\u00e9guli\u00e8re n&rsquo;est pas recommand\u00e9e en raison de sa teneur en alcalo\u00efdes. En r\u00e9sum\u00e9, cette plante est \u00e0 consid\u00e9rer exclusivement comme m\u00e9dicinale.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et biodiversit\u00e9<\/h3>\n<p><em>Fumaria vaillantii<\/em> est une esp\u00e8ce messicole typique des cultures sur sols calcaires, faisant partie du cort\u00e8ge floristique des champs cultiv\u00e9s en r\u00e9gression dans toute l&rsquo;Europe. En tant que plante annuelle \u00e0 cycle court, elle est adapt\u00e9e au rythme des cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res traditionnelles, germinant en automne ou au d\u00e9but du printemps et accomplissant son cycle avant la moisson. Les fleurs, bien que petites, sont visit\u00e9es par des insectes pollinisateurs de petite taille, en particulier des <strong>abeilles solitaires<\/strong> et des <strong>syrphes<\/strong>. L&rsquo;autogamie est fr\u00e9quente, assurant la reproduction m\u00eame en l&rsquo;absence de pollinisateurs. Les graines sont dispers\u00e9es par gravit\u00e9 et par les op\u00e9rations culturales. Comme plante messicole calcicole, <em>F. vaillantii<\/em> fait partie des esp\u00e8ces indicatrices de pratiques agricoles traditionnelles et extensives. Sa disparition d&rsquo;un terroir signale l&rsquo;intensification des pratiques (herbicides, labours profonds, monoculture). L&rsquo;esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>vuln\u00e9rable<\/strong> ou <strong>en r\u00e9gression<\/strong> dans plusieurs r\u00e9gions de France et d&rsquo;Europe. Elle b\u00e9n\u00e9ficie des mesures agro-environnementales visant \u00e0 pr\u00e9server la flore messicole : jach\u00e8res, bandes enherb\u00e9es, r\u00e9duction des herbicides et conservation de parcelles cultiv\u00e9es de mani\u00e8re extensive.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>La culture volontaire de <em>Fumaria vaillantii<\/em> est rarement pratiqu\u00e9e, sauf dans les conservatoires de plantes messicoles et les jardins botaniques. La multiplication se fait par <strong>semis<\/strong>. Les graines, r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 maturit\u00e9 en \u00e9t\u00e9, sont sem\u00e9es en automne (septembre-octobre) ou au d\u00e9but du printemps (mars) directement en place sur un sol calcaire, meuble et bien drain\u00e9. Le semis se fait \u00e0 faible profondeur (1 \u00e0 2 centim\u00e8tres). La germination est favoris\u00e9e par une stratification froide naturelle et intervient g\u00e9n\u00e9ralement au printemps en 2 \u00e0 4 semaines. La plante exige une exposition ensoleill\u00e9e et chaude, un sol calcaire, l\u00e9ger, sec, bien drain\u00e9. Elle ne tol\u00e8re pas les sols acides ni les exc\u00e8s d&rsquo;humidit\u00e9. Aucun entretien particulier n&rsquo;est n\u00e9cessaire. La plante se ress\u00e8me spontan\u00e9ment si les conditions sont favorables. La r\u00e9colte des parties a\u00e9riennes \u00e0 usage m\u00e9dicinal s&rsquo;effectue en pleine floraison, par temps sec. Le s\u00e9chage doit \u00eatre rapide, \u00e0 l&rsquo;ombre, dans un endroit a\u00e9r\u00e9. Dans le cadre de la conservation des plantes messicoles, <em>F. vaillantii<\/em> peut \u00eatre sem\u00e9e dans des jach\u00e8res fleuries sur sol calcaire ou dans des bandes enherb\u00e9es en bordure de champs, contribuant \u00e0 la pr\u00e9servation de cette esp\u00e8ce en r\u00e9gression.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Fumaria vaillantii<\/em> ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de monographie propre dans les pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes, la monographie de r\u00e9f\u00e9rence \u00e9tant celle de <em>Fumaria officinalis<\/em>. En France, la Fumeterre officinale est inscrite sur la liste A des plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise, et les autres esp\u00e8ces du genre sont utilis\u00e9es en substitution dans la pratique herboristique. En mati\u00e8re de conservation, <em>F. vaillantii<\/em> est consid\u00e9r\u00e9e comme une esp\u00e8ce en <strong>r\u00e9gression<\/strong> dans de nombreuses r\u00e9gions de France et d&rsquo;Europe, victime de l&rsquo;intensification agricole, des herbicides et de la disparition des cultures traditionnelles sur sols calcaires. Elle figure sur des listes de surveillance de la flore messicole dans plusieurs r\u00e9gions fran\u00e7aises. Sans b\u00e9n\u00e9ficier de protection l\u00e9gale sp\u00e9cifique au niveau national, elle est int\u00e9gr\u00e9e dans les programmes de conservation des plantes messicoles, habitat floristique reconnu comme menac\u00e9 au niveau europ\u00e9en. Des mesures agro-environnementales (maintien de jach\u00e8res, r\u00e9duction des herbicides, agriculture biologique) lui sont indirectement favorables. La conservation de cette esp\u00e8ce passe par le maintien de pratiques agricoles extensives sur sols calcaires et par la sensibilisation des agriculteurs \u00e0 la valeur patrimoniale de la flore messicole.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>FUMETERRE VAILLANTII pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Fumaria%20vaillantii\">Plants of the World Online, Kew : <em>Fumaria vaillantii<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Fumaria+vaillantii\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Fumaria vaillantii<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Fumeterre de Vaillant (Fumaria vaillantii) est une plante herbac\u00e9e annuelle de la famille des Papaveraceae. 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