{"id":11998,"date":"2026-06-22T14:43:29","date_gmt":"2026-06-22T12:43:29","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/06\/22\/le-millepertuis-perfore-et-ses-formes-galeniques\/"},"modified":"2026-06-22T15:09:02","modified_gmt":"2026-06-22T13:09:02","slug":"le-millepertuis-perfore-et-ses-formes-galeniques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/06\/22\/le-millepertuis-perfore-et-ses-formes-galeniques\/","title":{"rendered":"Le millepertuis perfor\u00e9 et ses formes gal\u00e9niques"},"content":{"rendered":"<p>Peu de plantes portent aussi clairement leur histoire dans leur nom. Le millepertuis perfor\u00e9, <em>Hypericum perforatum<\/em>, on l&rsquo;appelle <strong>herbe de la Saint-Jean<\/strong> parce qu&rsquo;on le cueille au c\u0153ur de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, quand ses fleurs jaune d&rsquo;or atteignent leur plein \u00e9clat ; et <strong>herbe aux mille trous<\/strong> parce que ses feuilles, tenues \u00e0 contre-jour, semblent cribl\u00e9es de minuscules perforations lumineuses. Ces deux noms disent d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;essentiel d&rsquo;une plante de pr\u00e9parations : un moment de r\u00e9colte qui n&rsquo;est pas n\u00e9gociable, et une chimie log\u00e9e dans des glandes microscopiques dont d\u00e9pend tout ce que l&rsquo;on peut en tirer.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une plante double. Sous une r\u00e9putation paisible de \u00ab millepertuis qui chasse la m\u00e9lancolie \u00bb se cache l&rsquo;une des drogues v\u00e9g\u00e9tales les plus puissamment actives \u2014 et les plus interactives \u2014 de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Comprendre ses formes gal\u00e9niques, c&rsquo;est comprendre pourquoi une huile rouge ne soigne pas la m\u00eame chose qu&rsquo;une g\u00e9lule d&rsquo;extrait sec, et pourquoi cette derni\u00e8re peut faire \u00e9chouer une pilule contraceptive. Cet article d\u00e9taille la plante, son stade de r\u00e9colte, ce qu&rsquo;elle contient, et chacune de ses pr\u00e9parations \u2014 avec, \u00e0 chaque fois, le niveau de preuve r\u00e9el.<\/p>\n<h2>Reconna\u00eetre la plante avant de la pr\u00e9parer<\/h2>\n<p>Le millepertuis perfor\u00e9 (<em>Hypericum perforatum<\/em> L., 1753) appartient aujourd&rsquo;hui \u00e0 la famille des <strong>Hypericaceae<\/strong>. On le trouvera souvent rattach\u00e9, dans la litt\u00e9rature ancienne, aux <em>Clusiaceae<\/em> (ou <em>Guttiferae<\/em>) : c&rsquo;est le m\u00eame groupe, red\u00e9coup\u00e9 par la classification moderne, qui a r\u00e9\u00e9rig\u00e9 les Hypericac\u00e9es en famille distincte. Le nom d&rsquo;esp\u00e8ce, lui, n&rsquo;a pas boug\u00e9 depuis Linn\u00e9.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une plante <strong>vivace<\/strong>, glabre, haute de 20 cm \u00e0 1 m\u00e8tre, qu&rsquo;on rencontre en plein soleil sur les talus, les friches, les bords de chemins et les prairies s\u00e8ches, du littoral jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e8s de 2 000 m\u00e8tres. Native d&rsquo;Europe, d&rsquo;Asie occidentale jusqu&rsquo;\u00e0 la Chine et d&rsquo;Afrique du Nord, elle s&rsquo;est naturalis\u00e9e sur presque tous les continents \u2014 au point d&rsquo;\u00eatre class\u00e9e mauvaise herbe envahissante en Am\u00e9rique du Nord et en Australie, o\u00f9 elle empoisonne le b\u00e9tail (nous y reviendrons : c&rsquo;est le m\u00eame principe actif qui agit sur l&rsquo;humain).<\/p>\n<p>Trois caract\u00e8res permettent de l&rsquo;identifier sans h\u00e9siter, et ils comptent car plusieurs millepertuis se ressemblent :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La tige porte deux lignes (deux ar\u00eates) longitudinales saillantes<\/strong>, sur deux c\u00f4t\u00e9s oppos\u00e9s. C&rsquo;est le d\u00e9tail d\u00e9cisif : les esp\u00e8ces voisines en ont quatre, ou des ailes.<\/li>\n<li><strong>Les feuilles sont oppos\u00e9es, sessiles, cribl\u00e9es de glandes translucides<\/strong> qui apparaissent comme des \u00ab trous \u00bb par transparence \u2014 ce ne sont pas de vraies perforations, mais des poches s\u00e9cr\u00e9trices. Leur bord porte aussi de petites <strong>glandes noires<\/strong>.<\/li>\n<li><strong>Les fleurs, jaune dor\u00e9, ont cinq p\u00e9tales bord\u00e9s de points noirs glanduleux<\/strong>, de nombreuses \u00e9tamines r\u00e9unies en trois faisceaux, et trois styles. Froiss\u00e9es entre les doigts, fleurs et boutons lib\u00e8rent un <strong>suc rouge violac\u00e9<\/strong> caract\u00e9ristique \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;hyp\u00e9ricine.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les confusions habituelles se l\u00e8vent avec ces rep\u00e8res : <em>Hypericum maculatum<\/em> a une tige \u00e0 quatre ar\u00eates et peu de glandes translucides ; <em>H. tetrapterum<\/em> a une tige nettement quadrangulaire et ail\u00e9e ; <em>H. hirsutum<\/em> est velu, l\u00e0 o\u00f9 notre esp\u00e8ce est enti\u00e8rement glabre. Le test du suc rouge et la lecture des feuilles \u00e0 contre-jour suffisent presque toujours \u00e0 trancher sur le terrain. Aucune de ces esp\u00e8ces voisines n&rsquo;est mortelle, mais elles ne poss\u00e8dent pas la m\u00eame richesse en principes actifs : se tromper, c&rsquo;est pr\u00e9parer une drogue affaiblie.<\/p>\n<h2>Le stade de r\u00e9colte : un rendez-vous, pas une date<\/h2>\n<p>On r\u00e9colte les <strong>sommit\u00e9s fleuries<\/strong> : les extr\u00e9mit\u00e9s feuill\u00e9es portant les fleurs ouvertes et les boutons. C&rsquo;est la drogue officinale, inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne sous le nom de <em>Hyperici herba<\/em>.<\/p>\n<p>La tradition fixe la cueillette \u00ab \u00e0 la Saint-Jean \u00bb, le 24 juin, autour du solstice. Cette image est belle et elle n&rsquo;est pas absurde \u2014 mais il faut en comprendre la vraie nature. Le crit\u00e8re qui compte n&rsquo;est pas le calendrier : c&rsquo;est le <strong>stade de pleine floraison<\/strong>, le moment o\u00f9 la concentration en principes actifs (hyp\u00e9ricine, hyperforine, flavono\u00efdes) atteint son maximum dans la plante. Or, selon l&rsquo;altitude, la r\u00e9gion et l&rsquo;ann\u00e9e, ce pic peut tomber avant ou apr\u00e8s le 24 juin. La Saint-Jean est donc un rep\u00e8re commode et symbolique, pas une norme de qualit\u00e9. La r\u00e8gle r\u00e9elle tient en une phrase : <strong>on cueille quand la station est en plein \u00e9panouissement floral<\/strong>, g\u00e9n\u00e9ralement de fin juin \u00e0 ao\u00fbt.<\/p>\n<p>On r\u00e9colte par temps sec, la plante d\u00e9barrass\u00e9e de la ros\u00e9e. Pour le <strong>s\u00e9chage<\/strong>, un point n&rsquo;est pas une coquetterie : l&rsquo;hyp\u00e9ricine est sensible \u00e0 la lumi\u00e8re. On suspend donc de petits bouquets, t\u00eates en bas, <strong>\u00e0 l&rsquo;ombre<\/strong>, dans un local sec, sombre et ventil\u00e9. Une drogue s\u00e9ch\u00e9e au soleil perd une partie de sa valeur.<\/p>\n<p>Une nuance importante pour la suite : certaines pr\u00e9parations se font au contraire avec la <strong>plante fra\u00eeche<\/strong>, et parfois \u00e0 un autre stade \u2014 c&rsquo;est le cas du mac\u00e9rat huileux, qui se pr\u00e9pare avec des sommit\u00e9s fra\u00eeches r\u00e9colt\u00e9es de pr\u00e9f\u00e9rence au stade des boutons floraux (nous y revenons plus loin).<\/p>\n<h2>Ce que contient la plante \u2014 la chimie qui commande les pr\u00e9parations<\/h2>\n<p>Toute la gal\u00e9nique du millepertuis d\u00e9coule d&rsquo;un fait simple : ses mol\u00e9cules actives n&rsquo;ont pas la m\u00eame solubilit\u00e9. Certaines passent dans l&rsquo;huile, d&rsquo;autres dans l&rsquo;eau, d&rsquo;autres encore dans l&rsquo;alcool. Choisir une forme, c&rsquo;est choisir quelles mol\u00e9cules on extrait. Voici les principales familles.<\/p>\n<h3>Les naphtodianthrones \u2014 l&rsquo;hyp\u00e9ricine, le pigment rouge<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>hyp\u00e9ricine<\/strong> et la <strong>pseudohyp\u00e9ricine<\/strong> (cette derni\u00e8re deux \u00e0 quatre fois plus abondante) sont des pigments rouges log\u00e9s dans les <strong>glandes noires<\/strong> du bord des p\u00e9tales et des feuilles. Ce sont elles qui colorent le suc au froissement, elles qui ont longtemps servi de marqueur pour standardiser les extraits, et elles qui sont responsables de la <strong>photosensibilisation<\/strong> : sous l&rsquo;effet de la lumi\u00e8re, l&rsquo;hyp\u00e9ricine g\u00e9n\u00e8re des esp\u00e8ces r\u00e9actives susceptibles d&rsquo;irriter la peau. La Pharmacop\u00e9e exige au minimum 0,08 % d&rsquo;hyp\u00e9ricines totales dans la drogue s\u00e8che ; les teneurs r\u00e9elles s&rsquo;\u00e9talent de 0,03 \u00e0 0,4 % environ selon l&rsquo;origine.<\/p>\n<h3>Les phloroglucinols \u2014 l&rsquo;hyperforine, l&rsquo;acteur principal<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>hyperforine<\/strong> (et son homologue l&rsquo;adhyperforine) est concentr\u00e9e dans les <strong>glandes translucides<\/strong> \u2014 pr\u00e9cis\u00e9ment ces \u00ab perforations \u00bb des feuilles \u2014 et surtout dans les fleurs et les fruits verts, o\u00f9 sa teneur peut d\u00e9passer plusieurs pour-cent. C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui la mol\u00e9cule consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>probablement la principale responsable de l&rsquo;effet antid\u00e9presseur<\/strong>. Mais c&rsquo;est aussi elle, et c&rsquo;est capital, qui provoque les <strong>interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> : l&rsquo;hyperforine active un r\u00e9cepteur cellulaire (le PXR) qui induit des enzymes du foie (la famille des cytochromes, dont le CYP3A4) et un transporteur (la glycoprot\u00e9ine P), acc\u00e9l\u00e9rant l&rsquo;\u00e9limination de nombreux m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p>Deux propri\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;hyperforine expliquent beaucoup de choses sur les pr\u00e9parations. Elle est <strong>tr\u00e8s liposoluble<\/strong> : elle passe donc bien dans l&rsquo;huile. Et elle est <strong>instable<\/strong> : elle se d\u00e9grade \u00e0 la lumi\u00e8re, \u00e0 l&rsquo;air et au-del\u00e0 d&rsquo;une quarantaine de degr\u00e9s, et elle ne survit pratiquement pas en milieu aqueux. Une tisane de millepertuis ne contient donc, en pratique, presque pas d&rsquo;hyperforine.<\/p>\n<h3>Les flavono\u00efdes, les tanins, l&rsquo;huile essentielle<\/h3>\n<p>La plante renferme 2 \u00e0 4 % de <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, surtout des d\u00e9riv\u00e9s de la querc\u00e9tine : <strong>hyperoside<\/strong> (souvent majoritaire), rutine, isoquercitrine, quercitrine, ainsi que des biflavones (amentoflavone, biapig\u00e9nine) plut\u00f4t concentr\u00e9es dans les fleurs. S&rsquo;y ajoutent 6 \u00e0 15 % de <strong>tanins condens\u00e9s<\/strong> (procyanidines), de l&rsquo;<strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong>, et une <strong>huile essentielle<\/strong> en faible quantit\u00e9 (0,07 \u00e0 0,25 %) \u00e0 la composition tr\u00e8s variable. Ces compos\u00e9s-l\u00e0, flavono\u00efdes et acides ph\u00e9noliques en t\u00eate, sont <strong>hydrosolubles<\/strong> : ils passent dans l&rsquo;eau et dans l&rsquo;alcool.<\/p>\n<h3>La r\u00e8gle qui d\u00e9cide de tout<\/h3>\n<p>De cette chimie d\u00e9coule la logique des formes gal\u00e9niques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Dans l&rsquo;huile<\/strong> passe surtout l&rsquo;hyperforine (lipophile) et les pigments d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;hyp\u00e9ricine ; d&rsquo;o\u00f9 une pr\u00e9paration grasse, rouge, \u00e0 usage externe.<\/li>\n<li><strong>Dans l&rsquo;eau (infusion)<\/strong> passent les flavono\u00efdes, l&rsquo;acide chlorog\u00e9nique et les tanins ; l&rsquo;hyperforine est largement absente, l&rsquo;hyp\u00e9ricine tr\u00e8s peu soluble.<\/li>\n<li><strong>Dans l&rsquo;alcool (teinture)<\/strong> passent \u00e0 la fois l&rsquo;hyp\u00e9ricine \u2014 dont l&rsquo;\u00e9thanol est le meilleur vecteur \u2014 et les flavono\u00efdes.<\/li>\n<li><strong>Dans l&rsquo;extrait sec concentr\u00e9<\/strong>, on retrouve l&rsquo;ensemble, hyperforine comprise : c&rsquo;est la forme la plus active, et la plus interactive.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Les formes gal\u00e9niques, une par une<\/h2>\n<h3>Le mac\u00e9rat huileux \u2014 l&rsquo;\u00ab huile rouge \u00bb<\/h3>\n<p>C&rsquo;est la pr\u00e9paration domestique la plus connue, et la seule strictement <strong>externe<\/strong>. Premier point, souvent n\u00e9glig\u00e9 : pour le mac\u00e9rat huileux, on ne cueille pas au m\u00eame stade que pour la drogue s\u00e9ch\u00e9e. On privil\u00e9gie une <strong>majorit\u00e9 de boutons floraux<\/strong> et de fleurs \u00e0 peine ouvertes, plus riches en <strong>hyperforine<\/strong> \u2014 pr\u00e9cis\u00e9ment la mol\u00e9cule liposoluble qui passe dans l&rsquo;huile. C&rsquo;est l&rsquo;enseignement des \u00e9coles d&rsquo;herboristerie, et la phytochimie le confirme : la teneur en hyperforine est <strong>maximale au stade des boutons floraux<\/strong>, puis d\u00e9cro\u00eet \u00e0 mesure que la floraison avance (l&rsquo;hyp\u00e9ricine, elle, culmine plus tard, en pleine floraison), si bien que l&rsquo;optimum se situe \u00e0 la charni\u00e8re entre boutons et premi\u00e8res fleurs. En pratique, on r\u00e9colte volontiers quand 10 \u00e0 20 % des fleurs sont ouvertes, le reste encore en bouton.<\/p>\n<p>Le proc\u00e9d\u00e9 est simple : on <strong>remplit un bocal<\/strong> (la contenance importe peu) de sommit\u00e9s fleuries <strong>fra\u00eeches<\/strong>, en tassant l\u00e9g\u00e8rement ; puis on verse l&rsquo;<strong>huile v\u00e9g\u00e9tale<\/strong> (olive ou tournesol, classiquement), qui s&rsquo;infiltre dans les espaces restants jusqu&rsquo;au remplissage complet du bocal. On laisse ensuite mac\u00e9rer au soleil <strong>30 \u00e0 45 jours<\/strong>. Une astuce utile : <strong>couvrir le bocal d&rsquo;un sachet en papier<\/strong>, pour prot\u00e9ger l&rsquo;huile d&rsquo;une d\u00e9gradation par le rayonnement solaire tout en conservant le b\u00e9n\u00e9fice de la chaleur du soleil. L&rsquo;huile vire peu \u00e0 peu \u00e0 un <strong>rouge profond<\/strong>, signe que la mac\u00e9ration a fonctionn\u00e9 ; il ne reste plus qu&rsquo;\u00e0 filtrer.<\/p>\n<p>D&rsquo;o\u00f9 vient ce rouge ? La r\u00e9ponse m\u00e9rite une nuance que l&rsquo;on lit rarement. Contrairement \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e r\u00e9pandue, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;hyp\u00e9ricine intacte qui colore l&rsquo;huile : sous sa forme native, l&rsquo;hyp\u00e9ricine est mal soluble dans les corps gras, et une \u00e9tude pharmacognosique de r\u00e9f\u00e9rence l&rsquo;a m\u00eame trouv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de traces, voire ind\u00e9tectable, dans les mac\u00e9rats huileux. Le rouge provient en r\u00e9alit\u00e9 de <strong>d\u00e9riv\u00e9s liposolubles form\u00e9s \u00e0 partir de l&rsquo;hyp\u00e9ricine sous l&rsquo;action de la lumi\u00e8re<\/strong> pendant la mac\u00e9ration, auxquels s&rsquo;ajoutent d&rsquo;autres pigments. La structure exacte de ces compos\u00e9s n&rsquo;est pas formellement \u00e9tablie ; ce qui est s\u00fbr, c&rsquo;est que la couleur est un produit de la lumi\u00e8re et du temps, non un simple transfert de pigment.<\/p>\n<p><strong>Pour quoi l&rsquo;utilise-t-on ?<\/strong> En application cutan\u00e9e, sur les inflammations mineures de la peau (coups de soleil, br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res), les plaies superficielles, les contusions, et pour soutenir la cicatrisation. C&rsquo;est aussi un classique des massages contre les douleurs musculaires. Ces emplois rel\u00e8vent de l&rsquo;<strong>usage traditionnel<\/strong> : un savoir transmis et affin\u00e9 depuis des si\u00e8cles, fruit d&rsquo;une longue observation empirique. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une connaissance d&rsquo;une autre nature que celle de l&rsquo;essai clinique \u2014 non d&rsquo;une connaissance inf\u00e9rieure ; nous pr\u00e9cisons simplement le registre, sans le diminuer.<\/p>\n<p><strong>La mise en garde est s\u00e9rieuse<\/strong> : apr\u00e8s application, il faut <strong>\u00e9viter d&rsquo;exposer la zone trait\u00e9e au soleil et aux UV<\/strong>. Le millepertuis est photosensibilisant, et appliqu\u00e9 sur la peau il peut majorer le risque de coup de soleil. Par prudence, cet usage cutan\u00e9 est \u00e9galement d\u00e9conseill\u00e9 chez le jeune enfant.<\/p>\n<h3>L&rsquo;infusion (tisane)<\/h3>\n<p>On pr\u00e9pare l&rsquo;infusion avec les sommit\u00e9s fleuries <strong>s\u00e9ch\u00e9es et fragment\u00e9es<\/strong>, \u00e0 raison de 1,5 \u00e0 2 g pour une tasse (environ 150 ml d&rsquo;eau), deux \u00e0 trois fois par jour. Sur le site, conform\u00e9ment \u00e0 notre principe, on proc\u00e8de en <strong>d\u00e9part \u00e0 froid<\/strong> \u2014 la plante mise dans l&rsquo;eau froide que l&rsquo;on porte doucement \u00e0 fr\u00e9missement, plut\u00f4t qu&rsquo;une eau bouillante vers\u00e9e brutalement sur les fleurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;infusion extrait surtout les flavono\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques ; elle laisse de c\u00f4t\u00e9 l&rsquo;essentiel de l&rsquo;hyperforine, instable en milieu aqueux. C&rsquo;est la pr\u00e9paration des usages <strong>traditionnels<\/strong> du quotidien, ceux que des g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;herboristes et de familles ont employ\u00e9s bien avant qu&rsquo;on sache nommer une mol\u00e9cule : \u00e9puisement mental passager, inconfort digestif l\u00e9ger, accompagnement de la nervosit\u00e9 et des difficult\u00e9s d&rsquo;endormissement. Ces usages reposent sur l&rsquo;exp\u00e9rience plut\u00f4t que sur l&rsquo;essai clinique \u2014 distinction de registre, pas de valeur. La tisane n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas la forme \u00e9tudi\u00e9e dans la d\u00e9pression : c&rsquo;est l&rsquo;extrait sec concentr\u00e9 qui l&rsquo;a \u00e9t\u00e9. En contrepartie de sa douceur, l&rsquo;infusion contient beaucoup moins d&rsquo;hyperforine, donc pr\u00e9sente un risque d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse bien plus faible \u2014 sans \u00eatre nul pour autant.<\/p>\n<h3>La teinture<\/h3>\n<p>La teinture est une mac\u00e9ration hydroalcoolique des sommit\u00e9s fleuries. Les deux formes document\u00e9es emploient :<\/p>\n<ul>\n<li>un rapport plante\/solvant <strong>1:5<\/strong> dans de l&rsquo;alcool \u00e0 50-70 %, \u00e0 raison de 1 \u00e0 1,5 ml trois fois par jour ;<\/li>\n<li>un rapport <strong>1:10<\/strong> dans de l&rsquo;alcool \u00e0 45-50 % (proche de la \u00ab teinture m\u00e8re \u00bb fran\u00e7aise), \u00e0 raison de 2 \u00e0 4 ml trois fois par jour.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;alcool pr\u00e9sente l&rsquo;avantage d&rsquo;\u00eatre le meilleur solvant de l&rsquo;hyp\u00e9ricine, et d&rsquo;extraire aussi les flavono\u00efdes. La teinture est reconnue, l\u00e0 encore, en <strong>usage traditionnel<\/strong> : \u00e9puisement mental passager par voie interne, et application cutan\u00e9e sur les inflammations et plaies mineures. La conversion en gouttes (de l&rsquo;ordre d&rsquo;une vingtaine de gouttes par millilitre) n&rsquo;est qu&rsquo;un ordre de grandeur, la viscosit\u00e9 variant d&rsquo;une pr\u00e9paration \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<h3>Les extraits secs standardis\u00e9s \u2014 la forme des essais cliniques<\/h3>\n<p>C&rsquo;est ici que le millepertuis change de statut. Les <strong>extraits secs concentr\u00e9s<\/strong>, pr\u00e9sent\u00e9s en comprim\u00e9s ou en g\u00e9lules, sont la <strong>seule forme appuy\u00e9e sur des essais cliniques<\/strong>. Ce sont eux qui ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9s contre placebo et contre les antid\u00e9presseurs de synth\u00e8se.<\/p>\n<p>Un extrait sec est d\u00e9fini par son <strong>rapport drogue\/extrait<\/strong> (combien de plante a servi \u00e0 produire une dose d&rsquo;extrait) et par son <strong>solvant<\/strong>. Plusieurs extraits ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s, dont celui au m\u00e9thanol \u00e0 80 % (rapport 3-7:1), qui est celui du principal m\u00e9dicament fran\u00e7ais. La <strong>posologie<\/strong> des essais et des produits autoris\u00e9s se situe entre <strong>600 et 1 800 mg d&rsquo;extrait par jour<\/strong>, le sch\u00e9ma classique tournant autour de <strong>900 mg\/jour<\/strong>, en une \u00e0 trois prises. L&rsquo;effet n&rsquo;est pas imm\u00e9diat : on l&rsquo;attend sous <strong>quatre semaines<\/strong>.<\/p>\n<p>Un mot sur la <strong>standardisation<\/strong>, souvent mal pr\u00e9sent\u00e9e. Historiquement, les extraits \u00e9taient titr\u00e9s sur l&rsquo;hyp\u00e9ricine (le fameux \u00ab 0,3 % \u00bb de l&rsquo;extrait de r\u00e9f\u00e9rence LI 160). Les extraits modernes d\u00e9clarent en plus leur teneur en hyperforine, d\u00e9sormais reconnue comme le principal acteur. Mais il faut se garder d&rsquo;un raccourci courant : les pharmacop\u00e9es imposent de <strong>quantifier l&rsquo;hyp\u00e9ricine et de d\u00e9clarer l&rsquo;hyperforine<\/strong>, mais <strong>ne fixent pas un pourcentage unique<\/strong> d&rsquo;hyperforine valable pour tous. Les titres \u00ab 3 \u00e0 5 % d&rsquo;hyperforine \u00bb que l&rsquo;on lit d\u00e9pendent de chaque extrait commercial (LI 160, WS 5570, Ze 117, STW3\u2026) et ne se g\u00e9n\u00e9ralisent pas.<\/p>\n<h2>Pour quelles pathologies \u2014 et avec quel niveau de preuve<\/h2>\n<p>Un mot, avant d&rsquo;entrer dans le d\u00e9tail, sur ce que recouvre l&rsquo;expression \u00ab niveau de preuve \u00bb. Le millepertuis est soign\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 ; Dioscoride et les m\u00e9decins grecs le mentionnaient d\u00e9j\u00e0, et son emploi traverse toute l&rsquo;herboristerie europ\u00e9enne. Cette exp\u00e9rience, accumul\u00e9e et transmise sur des si\u00e8cles, constitue une connaissance r\u00e9elle \u2014 l&rsquo;<strong>usage traditionnel<\/strong>. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle, plus r\u00e9cente, vient la connaissance de l&rsquo;<strong>essai clinique<\/strong>, qui mesure un effet sur un groupe de patients dans des conditions contr\u00f4l\u00e9es. Les deux ne se hi\u00e9rarchisent pas comme le vrai et le faux : ce sont deux mani\u00e8res de conna\u00eetre, \u00e0 la port\u00e9e diff\u00e9rente. Distinguer l&rsquo;une de l&rsquo;autre, comme nous le faisons ci-dessous, sert \u00e0 renseigner honn\u00eatement le lecteur sur ce que chaque usage a derri\u00e8re lui \u2014 non \u00e0 cong\u00e9dier la tradition au profit du laboratoire.<\/p>\n<h3>La d\u00e9pression l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e : l&rsquo;usage valid\u00e9 par l&rsquo;essai clinique<\/h3>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;indication phare, et la seule \u00e0 reposer sur des donn\u00e9es cliniques solides. La revue Cochrane de r\u00e9f\u00e9rence (Linde et coll., 2008), qui a rassembl\u00e9 <strong>29 essais et 5 489 patients<\/strong>, conclut que les extraits de millepertuis test\u00e9s sont <strong>sup\u00e9rieurs au placebo chez les patients souffrant de d\u00e9pression majeure, d&rsquo;efficacit\u00e9 comparable aux antid\u00e9presseurs standards, et mieux tol\u00e9r\u00e9s<\/strong> que ces derniers.<\/p>\n<p>Cette conclusion favorable s&rsquo;accompagne toutefois d&rsquo;une r\u00e9serve que les auteurs eux-m\u00eames soulignent, et qu&rsquo;il serait malhonn\u00eate de passer sous silence : <strong>les produits du commerce varient consid\u00e9rablement<\/strong>, de sorte que ces r\u00e9sultats ne valent que pour les pr\u00e9parations effectivement \u00e9tudi\u00e9es. Les auteurs notent aussi que les essais men\u00e9s dans les pays germanophones tendaient \u00e0 des r\u00e9sultats plus favorables que les autres, ce qui complique l&rsquo;interpr\u00e9tation. Autrement dit : le millepertuis est une vraie option dans la d\u00e9pression <strong>l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e<\/strong>, mais \u00e0 condition d&#8217;employer un extrait d\u00fbment standardis\u00e9 \u2014 et non n&rsquo;importe quelle pr\u00e9paration \u2014, et l&rsquo;efficacit\u00e9 dans les d\u00e9pressions s\u00e9v\u00e8res n&rsquo;est pas d\u00e9montr\u00e9e. Cet usage rel\u00e8ve d&rsquo;une prise en charge m\u00e9dicale, pas d&rsquo;une autom\u00e9dication au long cours.<\/p>\n<h3>Les usages cutan\u00e9s : l&rsquo;huile rouge<\/h3>\n<p>Le mac\u00e9rat huileux, en application externe, est traditionnellement employ\u00e9 sur les <strong>inflammations mineures de la peau<\/strong> (coups de soleil), les <strong>plaies superficielles<\/strong>, br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res et contusions, et pour <strong>soutenir la cicatrisation<\/strong>. Le niveau de preuve est ici celui de l&rsquo;<strong>usage traditionnel<\/strong> : une pratique \u00e9prouv\u00e9e par des si\u00e8cles d&#8217;emploi, que les essais cliniques modernes n&rsquo;ont pas sp\u00e9cifiquement \u00e9tudi\u00e9e \u2014 ce qui en dit le statut, non la moindre valeur.<\/p>\n<h3>Les usages traditionnels internes<\/h3>\n<p>Tisane et teinture portent l&rsquo;<strong>usage traditionnel<\/strong> de la plante : l&rsquo;<strong>\u00e9puisement mental passager<\/strong>, l&rsquo;<strong>inconfort digestif l\u00e9ger<\/strong>, l&rsquo;accompagnement de l&rsquo;<strong>agitation nerveuse et des difficult\u00e9s d&rsquo;endormissement<\/strong>. Ce sont les emplois que la tradition europ\u00e9enne a retenus et transmis sur le temps long. Ils r\u00e9pondent \u00e0 une logique propre, celle de l&rsquo;exp\u00e9rience accumul\u00e9e ; ils ne se confondent pas avec l&rsquo;effet, mesur\u00e9 en essai, des extraits standardis\u00e9s sur l&rsquo;humeur \u2014 non parce qu&rsquo;ils vaudraient moins, mais parce qu&rsquo;ils rel\u00e8vent d&rsquo;un autre type de pr\u00e9paration et d&rsquo;un autre cadre de connaissance.<\/p>\n<h2>Le revers : interactions, photosensibilisation, contre-indications<\/h2>\n<p>Le millepertuis est sans doute la plante m\u00e9dicinale aux <strong>interactions les plus nombreuses et les plus graves<\/strong>. Cette dangerosit\u00e9 n&rsquo;est pas un d\u00e9tail : elle d\u00e9coule directement de l&rsquo;hyperforine, et elle est d&rsquo;autant plus marqu\u00e9e que la pr\u00e9paration en est riche \u2014 maximale pour les extraits secs, faible pour la tisane.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses.<\/strong> En acc\u00e9l\u00e9rant l&rsquo;\u00e9limination de nombreux m\u00e9dicaments (par induction des cytochromes et de la glycoprot\u00e9ine P), le millepertuis peut <strong>r\u00e9duire, voire annuler, leur efficacit\u00e9<\/strong>. Sont concern\u00e9s notamment :<\/p>\n<ul>\n<li>les <strong>contraceptifs hormonaux<\/strong> \u2014 d&rsquo;o\u00f9 des saignements intermenstruels et des <strong>\u00e9checs de contraception<\/strong> document\u00e9s ;<\/li>\n<li>les <strong>anticoagulants<\/strong> de type antivitamine K ;<\/li>\n<li>les <strong>immunosuppresseurs<\/strong> (ciclosporine, tacrolimus, \u00e9v\u00e9rolimus, sirolimus) \u2014 avec risque de rejet de greffe ;<\/li>\n<li>certains <strong>antir\u00e9troviraux<\/strong> (inhibiteurs de prot\u00e9ase) ;<\/li>\n<li>la <strong>digoxine<\/strong>, plusieurs <strong>anticanc\u00e9reux<\/strong> (irinot\u00e9can, imatinib\u2026), et d&rsquo;autres.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Par ailleurs, l&rsquo;association avec un <strong>antid\u00e9presseur s\u00e9rotoninergique<\/strong> (ISRS et apparent\u00e9s) expose \u00e0 un <strong>syndrome s\u00e9rotoninergique<\/strong>. L&rsquo;activit\u00e9 enzymatique induite met environ une <strong>semaine<\/strong> \u00e0 revenir \u00e0 la normale apr\u00e8s l&rsquo;arr\u00eat du millepertuis : la prudence ne s&rsquo;arr\u00eate donc pas le jour o\u00f9 l&rsquo;on cesse d&rsquo;en prendre.<\/p>\n<p><strong>Photosensibilisation.<\/strong> \u00c0 forte dose par voie interne, comme en application cutan\u00e9e suivie d&rsquo;exposition solaire, le millepertuis peut majorer la sensibilit\u00e9 de la peau \u00e0 la lumi\u00e8re. C&rsquo;est le m\u00eame m\u00e9canisme qui rend la plante toxique pour le b\u00e9tail qui en consomme au p\u00e2turage.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions g\u00e9n\u00e9rales.<\/strong> Compte tenu de ces interactions, toute prise d&rsquo;extrait par voie interne suppose de <strong>signaler \u00e0 son m\u00e9decin et \u00e0 son pharmacien<\/strong> les autres traitements en cours. La grossesse et l&rsquo;allaitement, ainsi que l&rsquo;usage chez l&rsquo;enfant, appellent une prudence particuli\u00e8re. Et l&rsquo;on ne s&rsquo;improvise pas en autom\u00e9dication prolong\u00e9e contre une d\u00e9pression : si une humeur basse persiste, c&rsquo;est un avis m\u00e9dical qu&rsquo;il faut chercher, pas une dose plus forte.<\/p>\n<h2>Synth\u00e8se des formes gal\u00e9niques<\/h2>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"6\" cellspacing=\"0\">\n<thead>\n<tr>\n<th>Forme<\/th>\n<th>Ce qu&rsquo;on extrait<\/th>\n<th>Voie<\/th>\n<th>Indications<\/th>\n<th>Niveau de preuve<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Mac\u00e9rat huileux (huile rouge)<\/td>\n<td>Hyperforine, pigments d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;hyp\u00e9ricine<\/td>\n<td>Externe<\/td>\n<td>Inflammations mineures de la peau, plaies superficielles, cicatrisation<\/td>\n<td>Usage traditionnel<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Infusion (tisane)<\/td>\n<td>Flavono\u00efdes, acides ph\u00e9noliques, tanins<\/td>\n<td>Interne<\/td>\n<td>\u00c9puisement mental passager, inconfort digestif, nervosit\u00e9<\/td>\n<td>Usage traditionnel<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Teinture (1:5 ou 1:10)<\/td>\n<td>Hyp\u00e9ricine, flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Interne \/ externe<\/td>\n<td>\u00c9puisement mental ; inflammations et plaies mineures<\/td>\n<td>Usage traditionnel<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Extrait sec standardis\u00e9<\/td>\n<td>Ensemble, hyperforine comprise<\/td>\n<td>Interne<\/td>\n<td>D\u00e9pression l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e<\/td>\n<td>Essais cliniques<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h2>En r\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n<p>Le millepertuis perfor\u00e9 illustre mieux que toute autre plante combien la <strong>forme gal\u00e9nique fait le rem\u00e8de<\/strong>. Une m\u00eame plante donne, selon qu&rsquo;on l&rsquo;extrait \u00e0 l&rsquo;huile, \u00e0 l&rsquo;eau, \u00e0 l&rsquo;alcool ou en concentr\u00e9 sec, des pr\u00e9parations qui ne contiennent pas les m\u00eames mol\u00e9cules et ne soignent pas les m\u00eames maux. L&rsquo;huile rouge, douce et externe, apaise la peau ; la tisane, l\u00e9g\u00e8re, accompagne les petites tensions du quotidien ; l&rsquo;extrait sec standardis\u00e9, lui, est un vrai m\u00e9dicament de la d\u00e9pression l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e \u2014 avec l&rsquo;efficacit\u00e9, mais aussi les interactions, que cela implique.<\/p>\n<p>Deux principes guident le bon usage de cette plante solaire : <strong>r\u00e9colter au bon stade<\/strong> \u2014 en pleine floraison pour la drogue s\u00e9ch\u00e9e, plut\u00f4t au stade des boutons pour le mac\u00e9rat huileux, et dans tous les cas selon l&rsquo;avanc\u00e9e r\u00e9elle de la plante et non par superstition du calendrier ; et <strong>ne jamais oublier l&rsquo;hyperforine<\/strong>, qui fait \u00e0 la fois la force antid\u00e9pressive de la plante et son redoutable pouvoir d&rsquo;interaction. C&rsquo;est une herbe \u00e0 respecter, pas \u00e0 banaliser.<\/p>\n<hr>\n<p><em>Cet article a une vocation d&rsquo;information botanique et pharmacologique. Il ne remplace pas un avis m\u00e9dical. En raison de ses interactions m\u00e9dicamenteuses majeures, l&rsquo;usage interne du millepertuis doit \u00eatre signal\u00e9 au m\u00e9decin et au pharmacien, en particulier en cas de traitement en cours.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peu de plantes portent aussi clairement leur histoire dans leur nom. 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