{"id":1207,"date":"2026-03-26T11:38:03","date_gmt":"2026-03-26T10:38:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/agrostide-commune\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"agrostide-commune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/agrostide-commune\/","title":{"rendered":"AGROSTIDE COMMUNE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/agrostide-commune.png\" alt=\"Planche botanique Agrostide commune\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<em>Agrostis capillaris<\/em> L. (syn. <em>Agrostis tenuis<\/em> Sibth.), commun\u00e9ment appel\u00e9e agrostide commune, agrostis capillaire ou agrostis vulgaire, appartient \u00e0 la famille des <strong>Poaceae<\/strong> (gramin\u00e9es). C&rsquo;est l&rsquo;une des gramin\u00e9es les plus r\u00e9pandues des prairies et pelouses d&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e. Le genre <em>Agrostis<\/em>, comprenant environ 220 esp\u00e8ces \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, regroupe des gramin\u00e9es g\u00e9n\u00e9ralement fines et d\u00e9licates. Le nom g\u00e9n\u00e9rique vient du grec <em>agrostis<\/em>, d\u00e9signant une herbe champ\u00eatre, tandis que l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>capillaris<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la finesse capillaire des rameaux de la panicule. Cette esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;une des gramin\u00e9es prairiales de r\u00e9f\u00e9rence en Europe, tant en \u00e9cologie qu&rsquo;en agronomie.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;agrostide commune est une plante vivace cespiteuse \u00e0 stolonif\u00e8re, formant des touffes ou des gazons denses, haute de 20 \u00e0 60 cm. Les tiges (chaumes) sont dress\u00e9es, fines, lisses, cylindriques, \u00e0 n\u0153uds glabres. Les feuilles sont \u00e9troitement lin\u00e9aires, planes ou enroul\u00e9es, larges de 1 \u00e0 4 mm, \u00e0 pointe aigu\u00eb, vert moyen \u00e0 vert fonc\u00e9, \u00e0 surface finement scabre. La ligule est courte, tronqu\u00e9e, longue de 0,5 \u00e0 1,5 mm, caract\u00e8re distinctif important par rapport aux esp\u00e8ces voisines. La gaine foliaire est lisse, non auricul\u00e9e. L&rsquo;inflorescence est une panicule pyramidale, l\u00e2che et \u00e9tal\u00e9e apr\u00e8s l&rsquo;anth\u00e8se, contract\u00e9e avant et apr\u00e8s, longue de 5 \u00e0 20 cm. Les rameaux sont fins, scabres, dispos\u00e9s en verticilles. Les \u00e9pillets sont uniflores, petits (2 \u00e0 3 mm), \u00e0 glumes sub\u00e9gales, lanc\u00e9ol\u00e9es, aigu\u00ebs, car\u00e9n\u00e9es, d\u00e9passant la lemme. La lemme est hyaline, \u00e0 5 nervures faibles, mutique ou bri\u00e8vement arist\u00e9e. La pal\u00e9ole est pr\u00e9sente, courte. Les anth\u00e8res sont de couleur jaune \u00e0 violac\u00e9e. Le caryopse est tr\u00e8s petit, ellipso\u00efde. Le syst\u00e8me racinaire est dense, fibreux, avec des stolons courts produisant de nouveaux pieds.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;agrostide commune est une esp\u00e8ce eurasiatique temp\u00e9r\u00e9e dont l&rsquo;aire d&rsquo;origine couvre l&rsquo;Europe, le Caucase et l&rsquo;Asie occidentale. Elle a \u00e9t\u00e9 largement introduite dans le monde entier : Am\u00e9rique du Nord, Am\u00e9rique du Sud, Australie, Nouvelle-Z\u00e9lande, Afrique du Sud. En France, elle est pr\u00e9sente sur l&rsquo;ensemble du territoire, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m d&rsquo;altitude environ. Elle occupe une tr\u00e8s grande diversit\u00e9 de milieux : prairies m\u00e9sophiles, pelouses, landes, lisi\u00e8res foresti\u00e8res, talus, bords de chemins, parcs et jardins. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols acides \u00e0 neutres, bien drain\u00e9s mais frais, de texture l\u00e9g\u00e8re \u00e0 moyenne. Elle \u00e9vite les sols tr\u00e8s calcaires et les milieux engorg\u00e9s d&rsquo;eau. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des prairies maigres de fauche (alliance <em>Arrhenatherion<\/em>) et des pelouses acidiphiles (<em>Violion caninae<\/em>). Sa plasticit\u00e9 \u00e9cologique en fait l&rsquo;une des gramin\u00e9es les plus ubiquistes d&rsquo;Europe.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>L&rsquo;agrostide commune est une plante vivace h\u00e9micryptophyte. La reprise de v\u00e9g\u00e9tation a lieu d\u00e8s la fin de l&rsquo;hiver, en f\u00e9vrier-mars. La croissance est rapide au printemps, avec l&rsquo;\u00e9longation des chaumes et le d\u00e9veloppement de la panicule. La floraison se d\u00e9roule de juin \u00e0 ao\u00fbt, avec un pic en juin-juillet. La pollinisation est an\u00e9mophile, comme chez toutes les gramin\u00e9es, la panicule \u00e9tal\u00e9e facilitant la lib\u00e9ration et la capture du pollen. La fructification se poursuit de juillet \u00e0 septembre, les caryopses m\u00fbrs tombant au sol ou \u00e9tant dispers\u00e9s par le vent gr\u00e2ce \u00e0 la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de l&rsquo;\u00e9pillet. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par stolons et tallage contribue \u00e0 la densification des touffes et \u00e0 l&rsquo;extension lat\u00e9rale du gazon. En conditions favorables, l&rsquo;agrostide commune forme un tapis v\u00e9g\u00e9tal dense et continu. La plante reste verte une grande partie de l&rsquo;ann\u00e9e, jaunissant seulement en cas de s\u00e9cheresse estivale prolong\u00e9e. La long\u00e9vit\u00e9 des individus peut atteindre plusieurs d\u00e9cennies, les touffes se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rant continuellement.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Aucune partie n\u2019a d\u2019usage m\u00e9dicinal officinal \u00e9tabli.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de l&rsquo;agrostide commune est celle d&rsquo;une gramin\u00e9e prairiale classique. Ses parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>glucides structuraux<\/strong> (<strong>cellulose<\/strong>, <strong>h\u00e9micelluloses<\/strong>) et des <strong>glucides solubles<\/strong> (fructanes), des <strong>prot\u00e9ines<\/strong> (8 \u00e0 14 % de la mati\u00e8re s\u00e8che selon le stade de d\u00e9veloppement et la fertilisation), des <strong>lipides<\/strong> en faible quantit\u00e9 et des <strong>min\u00e9raux<\/strong>. Elle est riche en <strong>silice<\/strong>, qui impr\u00e8gne les parois cellulaires de l&rsquo;\u00e9piderme et conf\u00e8re aux feuilles leur texture l\u00e9g\u00e8rement scabre. Les feuilles contiennent des <strong>chlorophylles<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> et des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (notamment des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>tricine<\/strong> et de la <strong>lut\u00e9oline<\/strong>). Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> libres et li\u00e9s aux parois sont pr\u00e9sents, dont l&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide p-coumarique<\/strong>. Les racines exsudent des <strong>acides organiques<\/strong> qui participent \u00e0 la mobilisation des nutriments du sol. Certaines populations accumulent des <strong>m\u00e9taux lourds<\/strong> (zinc, cuivre, plomb) dans des proportions remarquables, t\u00e9moignant de m\u00e9canismes de tol\u00e9rance aux sols pollu\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;agrostide commune ne poss\u00e8de pas de propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales significatives ni d&rsquo;usage th\u00e9rapeutique document\u00e9. Comme la plupart des gramin\u00e9es prairiales, elle n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e dans la pharmacop\u00e9e traditionnelle europ\u00e9enne. Son pollen, en revanche, joue un r\u00f4le important en allergologie. L&rsquo;agrostide commune fait partie du groupe des gramin\u00e9es dont le pollen est responsable du \u00ab rhume des foins \u00bb (rhinite allergique saisonni\u00e8re), affection touchant jusqu&rsquo;\u00e0 20 % de la population en Europe. Le pollen d&rsquo;<em>Agrostis<\/em>, \u00e9mis en quantit\u00e9s consid\u00e9rables en juin-juillet, contient des prot\u00e9ines allerg\u00e8nes qui d\u00e9clenchent des r\u00e9actions d&rsquo;hypersensibilit\u00e9 de type I chez les individus pr\u00e9dispos\u00e9s. Les extraits de pollen d&rsquo;agrostide sont utilis\u00e9s dans les tests de d\u00e9pistage allergologique et dans les protocoles de d\u00e9sensibilisation. Paradoxalement, certaines m\u00e9decines alternatives pr\u00e9conisent des dilutions hom\u00e9opathiques de pollen de gramin\u00e9es pour traiter les allergies polliniques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune donn\u00e9e clinique ; plante sans usage m\u00e9dicinal \u00e9tabli. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> sans objet.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucides structuraux<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cellulose<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>H\u00e9micelluloses<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucides solubles<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Prot\u00e9ines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;agrostide commune est principalement r\u00e9colt\u00e9e et transform\u00e9e sous forme de foin ou consomm\u00e9e directement par le p\u00e2turage. Le foin d&rsquo;agrostide, fin et feuilu, est appr\u00e9ci\u00e9 pour l&rsquo;alimentation des bovins laitiers et des chevaux, bien que sa valeur nutritive soit inf\u00e9rieure \u00e0 celle du ray-grass ou du dactyle. La r\u00e9colte s&rsquo;effectue par fauche au stade d\u00e9but \u00e9piaison (juin) pour optimiser la qualit\u00e9 fourrag\u00e8re. En production semenci\u00e8re, la r\u00e9colte des graines se fait par battage direct de la panicule m\u00fbre (ao\u00fbt-septembre). Les semences sont nettoy\u00e9es, calibr\u00e9es et conditionn\u00e9es pour la commercialisation. La production de semences d&rsquo;agrostide commune est une activit\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e, concentr\u00e9e dans quelques r\u00e9gions d&rsquo;Europe (Danemark, Pays-Bas, nord de la France) et de Nouvelle-Z\u00e9lande. Les semences sont utilis\u00e9es dans les m\u00e9langes pour gazons, prairies et restauration \u00e9cologique. Les stolons peuvent \u00eatre pr\u00e9lev\u00e9s et replant\u00e9s pour une installation rapide de gazons de qualit\u00e9, technique utilis\u00e9e sur les greens de golf.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>L&rsquo;agrostide commune joue un r\u00f4le \u00e9cologique majeur dans les \u00e9cosyst\u00e8mes prairiaux temp\u00e9r\u00e9s. Son syst\u00e8me racinaire dense prot\u00e8ge le sol contre l&rsquo;\u00e9rosion hydrique et \u00e9olienne. Elle contribue au cycle du carbone en stockant de la mati\u00e8re organique dans le sol via ses racines et ses r\u00e9sidus de surface. Sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser les sols d\u00e9grad\u00e9s, y compris les terrils miniers et les sols pollu\u00e9s par les m\u00e9taux lourds, en fait une esp\u00e8ce de choix pour la restauration \u00e9cologique et la phytostabilisation. Des \u00e9cotypes m\u00e9tallicoles, naturellement tol\u00e9rants au zinc, au cuivre et au plomb, ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s sur les anciens sites miniers du Pays de Galles, de Belgique et du nord de la France. Ces populations constituent un mod\u00e8le de recherche pour la compr\u00e9hension des m\u00e9canismes d&rsquo;adaptation aux stress m\u00e9talliques. L&rsquo;agrostide commune fournit un habitat structurant pour de nombreux invert\u00e9br\u00e9s prairiaux et constitue une source de nourriture pour les herbivores sauvages et les oiseaux granivores.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;agrostide commune a jou\u00e9 un r\u00f4le fondamental dans l&rsquo;agriculture pastorale europ\u00e9enne depuis des mill\u00e9naires. Elle constitue l&rsquo;une des composantes principales des prairies naturelles de fauche, fournissant un foin fin et app\u00e9tent pour les bovins, ovins et \u00e9quins. Son gazon dense et r\u00e9sistant au pi\u00e9tinement en a fait une esp\u00e8ce privil\u00e9gi\u00e9e pour les pelouses ornementales, les terrains de sport et les parcours de golf. En \u00c9cosse et en Irlande, les pelouses d&rsquo;agrostide des landes atlantiques \u00e9taient traditionnellement utilis\u00e9es comme \u00ab greens \u00bb naturels pour le golf. Les tiges flexibles servaient autrefois \u00e0 confectionner des liens v\u00e9g\u00e9taux, des paniers grossiers et des liti\u00e8res. En agriculture traditionnelle, l&rsquo;abondance d&rsquo;agrostide commune dans une prairie \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme un indicateur de sol acide, pauvre en calcaire, information utile pour orienter les pratiques de chaulage. Les enfants utilisaient les panicules \u00e9panouies comme petits \u00ab bouquets \u00bb d\u00e9coratifs ou pour jouer.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;agrostide commune est largement cultiv\u00e9e \u00e0 des fins fourrag\u00e8res et pour la cr\u00e9ation de gazons. En prairie, elle est sem\u00e9e en m\u00e9lange avec d&rsquo;autres gramin\u00e9es (ray-grass anglais, f\u00e9tuque rouge, p\u00e2turin des pr\u00e9s) et des l\u00e9gumineuses (tr\u00e8fle blanc) \u00e0 raison de 3 \u00e0 5 kg\/ha. La dose de semis pour gazon est de 10 \u00e0 15 g\/m\u00b2. Le semis se fait au printemps (mars-avril) ou en fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9 (ao\u00fbt-septembre) sur un sol bien pr\u00e9par\u00e9, \u00e0 faible profondeur (1-2 mm). L&rsquo;installation est lente (germination en 10-14 jours, couverture compl\u00e8te en 2-3 mois). L&rsquo;agrostide commune pr\u00e9f\u00e8re les sols acides \u00e0 neutres (pH 5 \u00e0 7), frais, de texture l\u00e9g\u00e8re \u00e0 moyenne. Elle tol\u00e8re des fertilisations mod\u00e9r\u00e9es mais perd sa comp\u00e9titivit\u00e9 face au ray-grass en conditions de fertilisation azot\u00e9e \u00e9lev\u00e9e. La tonte r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 2-3 cm favorise la densification du gazon. La r\u00e9sistance au pi\u00e9tinement est bonne, la r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse moyenne. De nombreux cultivars ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s pour les gazons sportifs et ornementaux, offrant des textures tr\u00e8s fines, des couleurs soutenues et une bonne densit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>L&rsquo;agrostide commune est une esp\u00e8ce tr\u00e8s commune, non menac\u00e9e, qui ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun statut de conservation particulier. Elle ne figure sur aucune liste rouge de plantes menac\u00e9es, ni en France ni \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne ou mondiale. Sa plasticit\u00e9 \u00e9cologique et sa large r\u00e9partition la mettent \u00e0 l&rsquo;abri des risques d&rsquo;extinction. En revanche, les habitats prairiaux semi-naturels o\u00f9 elle domine sont eux-m\u00eames en d\u00e9clin, victimes de l&rsquo;intensification agricole, de l&rsquo;abandon pastoral, du boisement spontan\u00e9 et de l&rsquo;urbanisation. Les prairies maigres \u00e0 agrostide et f\u00e9tuque rouge, consid\u00e9r\u00e9es comme des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire, b\u00e9n\u00e9ficient de mesures de conservation dans le cadre du r\u00e9seau Natura 2000. La commercialisation des semences d&rsquo;agrostide commune est r\u00e9glement\u00e9e par les normes europ\u00e9ennes sur les semences fourrag\u00e8res et de gazon (catalogue officiel des vari\u00e9t\u00e9s, certification des lots).<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;agrostide commune est intimement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;histoire du golf. Les c\u00e9l\u00e8bres \u00ab links \u00bb \u00e9cossais, berceau de ce sport, \u00e9taient naturellement couverts de pelouses d&rsquo;agrostide et de f\u00e9tuque rouge, model\u00e9es par le vent et le p\u00e2turage des moutons. La texture fine et la densit\u00e9 du gazon d&rsquo;agrostide ont d\u00e9fini les standards de qualit\u00e9 des \u00ab greens \u00bb qui persistent encore aujourd&rsquo;hui. Le Old Course de St Andrews, le plus ancien parcours de golf du monde (XVe si\u00e8cle), repose en grande partie sur un tapis d&rsquo;agrostide naturel. En botanique, l&rsquo;agrostide commune a servi d&rsquo;organisme mod\u00e8le pour l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;\u00e9volution de la tol\u00e9rance aux m\u00e9taux lourds. Les travaux pionniers d&rsquo;Anthony Bradshaw et de ses coll\u00e8gues dans les ann\u00e9es 1960 sur les populations m\u00e9tallicoles du Pays de Galles ont d\u00e9montr\u00e9 que l&rsquo;adaptation aux sols toxiques pouvait se produire en quelques g\u00e9n\u00e9rations seulement, un exemple spectaculaire d&rsquo;\u00e9volution rapide. Le nom \u00ab bent grass \u00bb en anglais fait r\u00e9f\u00e9rence au port courb\u00e9 des inflorescences.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>L&rsquo;agrostide commune peut \u00eatre confondue avec plusieurs esp\u00e8ces voisines du genre <em>Agrostis<\/em>. L&rsquo;<em>Agrostis stolonifera<\/em> (agrostide stolonif\u00e8re) se distingue par ses stolons allong\u00e9s bien d\u00e9velopp\u00e9s et sa ligule plus longue (2-6 mm, aigu\u00eb), contre une ligule courte et tronqu\u00e9e chez <em>A. capillaris<\/em>. L&rsquo;<em>Agrostis canina<\/em> (agrostide des chiens) poss\u00e8de une ar\u00eate dorsale bien d\u00e9velopp\u00e9e sur la lemme et des feuilles souvent plus fines. L&rsquo;<em>Agrostis gigantea<\/em> (agrostide g\u00e9ante) est plus robuste, avec une panicule plus grande et des rhizomes tra\u00e7ants. La <em>Festuca rubra<\/em> (f\u00e9tuque rouge), souvent associ\u00e9e en gazon, se reconna\u00eet \u00e0 ses feuilles enroul\u00e9es, s\u00e9tac\u00e9es, et \u00e0 ses \u00e9pillets \u00e0 plusieurs fleurs. Le <em>Poa pratensis<\/em> (p\u00e2turin des pr\u00e9s) a des feuilles \u00e0 extr\u00e9mit\u00e9 en forme de proue de bateau et des \u00e9pillets multiflores. Pour une identification certaine, l&rsquo;examen de la ligule (courte, tronqu\u00e9e, &lt; 1,5 mm) et de la panicule (pyramidale, \u00e0 rameaux scabres) reste essentiel.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;agrostide commune est une gramin\u00e9e d&rsquo;importance majeure tant sur le plan \u00e9cologique qu&rsquo;agronomique. Son r\u00f4le structurant dans les prairies temp\u00e9r\u00e9es, sa contribution aux paysages pastoraux et sa valeur pour la cr\u00e9ation de gazons de qualit\u00e9 en font une esp\u00e8ce incontournable de la flore europ\u00e9enne. Les enjeux actuels concernent la conservation des prairies maigres semi-naturelles o\u00f9 elle domine, menac\u00e9es par l&rsquo;intensification et l&rsquo;abandon, ainsi que la valorisation de ses \u00e9cotypes m\u00e9tallicoles pour la phytorem\u00e9diation des sols pollu\u00e9s. L&rsquo;am\u00e9lioration vari\u00e9tale continue d&rsquo;enrichir la palette de cultivars disponibles pour les gazons sportifs, ornementaux et environnementaux. Les progr\u00e8s de la g\u00e9nomique offrent de nouvelles perspectives pour comprendre les bases mol\u00e9culaires de la tol\u00e9rance aux stress (m\u00e9taux lourds, s\u00e9cheresse, salinit\u00e9) et pour orienter la s\u00e9lection vers des vari\u00e9t\u00e9s plus r\u00e9silientes face au changement climatique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Agrostis%20capillaris\">Plants of the World Online, Kew : <em>Agrostis capillaris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Agrostis+capillaris\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Agrostis capillaris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Agrostis capillaris L. (syn. Agrostis tenuis Sibth.), commun\u00e9ment appel\u00e9e agrostide commune, agrostis capillaire ou agrostis vulgaire, appartient \u00e0 la famille des [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-1207","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-poacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1207","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1207"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1207\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13774,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1207\/revisions\/13774"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1207"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1207"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1207"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}