{"id":1216,"date":"2026-03-26T11:38:17","date_gmt":"2026-03-26T10:38:17","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/brome-mou\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"brome-mou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/brome-mou\/","title":{"rendered":"BROME MOU"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/brome-mou.png\" alt=\"Planche botanique Brome mou\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>Brome mou<\/strong> (<em>Bromus hordeaceus<\/em> L., syn. <em>Bromus mollis<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Poac\u00e9es<\/strong> (Gramin\u00e9es), la famille des herbes au sens botanique. Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Bromus<\/em> d\u00e9rive du grec <em>bromos<\/em>, qui d\u00e9signait l&rsquo;avoine ou, plus largement, une c\u00e9r\u00e9ale fourrag\u00e8re. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>hordeaceus<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la ressemblance de l&rsquo;\u00e9pi avec celui de l&rsquo;orge (<em>Hordeum<\/em>), tandis que le synonyme <em>mollis<\/em> (mou) d\u00e9crit la texture velout\u00e9e des \u00e9pillets. Noms vernaculaires : brome mou, brome orge, folle avoine molle.<\/p>\n<p>Plante annuelle ou bisannuelle de 10 \u00e0 80 cm de hauteur. Les chaumes sont dress\u00e9s, gr\u00eales, mollement pubescents sous la panicule. Les feuilles sont planes, de 2 \u00e0 5 mm de large, \u00e0 gaine ferm\u00e9e, mollement velues sur les deux faces. La ligule est courte (1-2 mm), membraneuse, denticul\u00e9e. L&rsquo;inflorescence est une panicule contract\u00e9e, dress\u00e9e, ovo\u00efde \u00e0 oblongue, de 3 \u00e0 10 cm, compos\u00e9e d&rsquo;\u00e9pillets oblongs, comprim\u00e9s lat\u00e9ralement, de 12 \u00e0 20 mm, portant 5 \u00e0 10 fleurs. Les glumes sont in\u00e9gales, lanc\u00e9ol\u00e9es, pubescentes. Les lemmes sont elliptiques, \u00e0 marge membraneuse, arist\u00e9es (ar\u00eate de 3 \u00e0 8 mm), mollement velues. Le caryopse est allong\u00e9, canalicul\u00e9 sur la face ventrale.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Bromus hordeaceus<\/em> est une esp\u00e8ce cosmopolite d&rsquo;origine pal\u00e9arctique. Son aire native s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Europe \u00e0 l&rsquo;Asie occidentale et centrale, et \u00e0 l&rsquo;Afrique du Nord. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 introduite et largement naturalis\u00e9e dans le monde entier : Am\u00e9rique du Nord et du Sud, Afrique australe, Australie, Nouvelle-Z\u00e9lande, \u00eeles oc\u00e9aniques. C&rsquo;est l&rsquo;un des bromes les plus r\u00e9pandus \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale.<\/p>\n<p>Le brome mou est une esp\u00e8ce prairiale et rud\u00e9rale ubiquiste. On le rencontre dans les prairies de fauche, les p\u00e2turages, les pelouses, les bords de chemins, les friches, les cultures, les vignobles, les jardins et les terrains vagues. Il tol\u00e8re une large gamme de sols, des argileux aux sableux, neutres \u00e0 calcaires, mais pr\u00e9f\u00e8re les substrats mod\u00e9r\u00e9ment fertiles et bien drain\u00e9s. Il est absent des sols tr\u00e8s acides et des milieux engorg\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des prairies m\u00e9sophiles de l&rsquo;ordre des <em>Arrhenatheretalia<\/em> et des communaut\u00e9s rud\u00e9rales des <em>Sisymbrietalia<\/em>. On le rencontre du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Bromus hordeaceus<\/em> est l&rsquo;une des gramin\u00e9es les plus communes de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord temp\u00e9r\u00e9. Il est class\u00e9 en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC) dans toute son aire, et n&rsquo;est menac\u00e9 nulle part. Au contraire, il est consid\u00e9r\u00e9 comme envahissant dans plusieurs r\u00e9gions du monde (Californie, Australie, Nouvelle-Z\u00e9lande), o\u00f9 il contribue \u00e0 la transformation des prairies natives.<\/p>\n<p>Sur le plan \u00e9cologique, le brome mou joue un r\u00f4le important dans les communaut\u00e9s prairiales. Son pollen an\u00e9mophile alimente les cha\u00eenes trophiques a\u00e9riennes. Ses grains nourrissent de nombreux oiseaux granivores (alouettes, bruants, linottes). Les touffes de brome mou offrent un abri pour les micro-mammif\u00e8res et les invert\u00e9br\u00e9s \u00e9pig\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce indicatrice des prairies de fauche extensives en bon \u00e9tat \u00e9cologique.<\/p>\n<p>En contexte agronomique, le brome mou est tant\u00f4t tol\u00e9r\u00e9 comme composant des prairies permanentes, tant\u00f4t combattu comme adventice des cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res. Sa r\u00e9sistance croissante \u00e0 certains herbicides (sulfonylur\u00e9es) pose un d\u00e9fi agronomique majeur.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Bromus hordeaceus<\/em> refl\u00e8te celle des Poac\u00e9es en g\u00e9n\u00e9ral, avec un profil domin\u00e9 par les m\u00e9tabolites primaires :<\/p>\n<p><strong>Glucides<\/strong> : les <strong>fructanes<\/strong> et les <strong>amidons<\/strong> constituent les r\u00e9serves glucidiques des parties v\u00e9g\u00e9tatives et des grains. Les parois cellulaires sont riches en <strong>cellulose<\/strong>, <strong>h\u00e9micelluloses<\/strong> (arabinoxylanes, \u03b2-glucanes) et <strong>lignine<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Prot\u00e9ines<\/strong> : la teneur prot\u00e9ique des parties a\u00e9riennes varie de 5 \u00e0 15 % de la mati\u00e8re s\u00e8che selon le stade de d\u00e9veloppement et la fertilisation. Les grains contiennent des <strong>prolamines<\/strong> et des <strong>glut\u00e9lines<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/strong> : des <strong>acides hydroxycinnamiques<\/strong> li\u00e9s aux parois cellulaires (<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>) sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9 significative. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> C-glycosyl\u00e9s (<strong>orientine<\/strong>, <strong>isoorientine<\/strong>, <strong>vitexine<\/strong>, <strong>isovitexine<\/strong>) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans les parties a\u00e9riennes.<\/p>\n<p><strong>Lipides<\/strong> : les grains contiennent 2 \u00e0 4 % de lipides, avec une pr\u00e9dominance d&rsquo;<strong>acide linol\u00e9ique<\/strong> (C18:2) et d&rsquo;<strong>acide ol\u00e9ique<\/strong> (C18:1).<\/p>\n<p><strong>Min\u00e9raux<\/strong> : <strong>silicium<\/strong> (sous forme de phytolithes de silice), <strong>potassium<\/strong>, <strong>phosphore<\/strong>, <strong>magn\u00e9sium<\/strong>, <strong>calcium<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Autres<\/strong> : des <strong>benzoxazino\u00efdes<\/strong> (DIBOA, DIMBOA), compos\u00e9s de d\u00e9fense caract\u00e9ristiques de nombreuses Poac\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Bromus hordeaceus<\/em> sont tr\u00e8s limit\u00e9es. La plupart des propri\u00e9t\u00e9s biologiques document\u00e9es proviennent d&rsquo;\u00e9tudes sur le genre <em>Bromus<\/em> au sens large ou sur des compos\u00e9s partag\u00e9s avec d&rsquo;autres Poac\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les <strong>flavono\u00efdes C-glycosyl\u00e9s<\/strong> (orientine, vitexine) pr\u00e9sents dans les parties a\u00e9riennes poss\u00e8dent une activit\u00e9 antioxydante document\u00e9e. L&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> li\u00e9 aux parois cellulaires est lib\u00e9r\u00e9 lors de la fermentation intestinale et exerce des effets antioxydants syst\u00e9miques.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : les benzoxazino\u00efdes et leurs m\u00e9tabolites (acide aminoph\u00e9noxazinone, APO) poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires d\u00e9montr\u00e9es in vitro, via l&rsquo;inhibition de la <strong>COX-2<\/strong> et de la production de <strong>NO<\/strong> par les macrophages.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 diur\u00e9tique<\/strong> : les extraits aqueux de racines de gramin\u00e9es (genre <em>Bromus<\/em> inclus) montrent une activit\u00e9 diur\u00e9tique mod\u00e9r\u00e9e chez le rat, attribu\u00e9e aux sels de potassium et aux flavono\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 pr\u00e9biotique<\/strong> : les <strong>\u03b2-glucanes<\/strong> et les <strong>arabinoxylanes<\/strong> des parois cellulaires stimulent s\u00e9lectivement la croissance des bifidobact\u00e9ries et des lactobacilles dans le c\u00f4lon, agissant comme fibres pr\u00e9biotiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Le brome mou ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune indication th\u00e9rapeutique reconnue en phytoth\u00e9rapie moderne. Les usages potentiels sont extrapol\u00e9s \u00e0 partir de sa composition chimique et des donn\u00e9es sur des compos\u00e9s ou des esp\u00e8ces apparent\u00e9es :<\/p>\n<p><strong>Drainage r\u00e9nal<\/strong> : les d\u00e9coctions de racines pourraient contribuer \u00e0 une action diur\u00e9tique douce, dans la tradition des \u00ab tisanes de racines de gramin\u00e9es \u00bb (chiendent, brome, froment).<\/p>\n<p><strong>Sant\u00e9 digestive<\/strong> : les fibres solubles (\u03b2-glucanes) pourraient contribuer \u00e0 la r\u00e9gulation du transit et au soutien du microbiote intestinal.<\/p>\n<p><strong>Apport nutritionnel<\/strong> : les graines, riches en min\u00e9raux et en fibres, pourraient pr\u00e9senter un int\u00e9r\u00eat en alimentation fonctionnelle.<\/p>\n<p>Il convient de souligner que ces indications sont th\u00e9oriques et ne reposent pas sur des donn\u00e9es cliniques ou m\u00eame pr\u00e9cliniques solides pour cette esp\u00e8ce pr\u00e9cise.<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;existe aucune \u00e9tude clinique portant sur <em>Bromus hordeaceus<\/em> en tant que plante m\u00e9dicinale. Les seules donn\u00e9es cliniques en rapport avec cette esp\u00e8ce concernent l&rsquo;allergologie : le pollen de brome mou est utilis\u00e9 dans la composition de m\u00e9langes d&rsquo;allerg\u00e8nes pour les tests cutan\u00e9s (prick-tests) et pour l&rsquo;immunoth\u00e9rapie allerg\u00e9nique sp\u00e9cifique (d\u00e9sensibilisation) dans le cadre des pollinoses aux gramin\u00e9es.<\/p>\n<p>Des essais cliniques sur les <strong>\u03b2-glucanes<\/strong> de gramin\u00e9es (principalement issus de l&rsquo;avoine et de l&rsquo;orge) ont d\u00e9montr\u00e9 des effets b\u00e9n\u00e9fiques sur la cholest\u00e9rol\u00e9mie, la glyc\u00e9mie postprandiale et la sant\u00e9 du microbiote intestinal. Ces r\u00e9sultats sont potentiellement extrapolables au brome mou, bien que la teneur en \u03b2-glucanes soit nettement inf\u00e9rieure \u00e0 celle des c\u00e9r\u00e9ales cultiv\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p>La recherche sur <em>Bromus hordeaceus<\/em> s&rsquo;inscrit davantage dans l&rsquo;agronomie, l&rsquo;\u00e9cologie et l&rsquo;allergologie que dans la pharmacologie :<\/p>\n<p><strong>Allergologie mol\u00e9culaire<\/strong> : les allerg\u00e8nes majeurs du pollen de <em>Bromus<\/em> (Bro h 1, homologue du Phl p 1 de la fl\u00e9ole) sont caract\u00e9ris\u00e9s et utilis\u00e9s dans le d\u00e9veloppement d&rsquo;immunoth\u00e9rapies recombinantes de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration contre la pollinose aux gramin\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>\u00c9cologie des invasions<\/strong> : <em>B. hordeaceus<\/em> est un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude pour les invasions biologiques, particuli\u00e8rement en Californie et en Australie o\u00f9 il a profond\u00e9ment modifi\u00e9 les \u00e9cosyst\u00e8mes prairiaux natifs.<\/p>\n<p><strong>All\u00e9lopathie et m\u00e9tabolomique<\/strong> : les benzoxazino\u00efdes du brome sont \u00e9tudi\u00e9s comme bio-herbicides potentiels pour l&rsquo;agriculture durable, leur d\u00e9composition dans le sol inhibant la germination de nombreuses adventices.<\/p>\n<p><strong>Adaptation au changement climatique<\/strong> : les populations de brome mou servent de mod\u00e8le pour \u00e9tudier l&rsquo;adaptation rapide des esp\u00e8ces annuelles aux modifications des r\u00e9gimes pluviom\u00e9triques et thermiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Fructanes<\/td>\n<td>Polysaccharide<\/td>\n<td>Pr\u00e9biotique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Amidons<\/td>\n<td>Polysaccharide<\/td>\n<td>R\u00e9serve glucidique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cellulose<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>H\u00e9micelluloses<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>D\u00e9coction de racines<\/strong> : 20 \u00e0 30 g de racines s\u00e9ch\u00e9es et coup\u00e9es dans 1 litre d&rsquo;eau, porter \u00e0 \u00e9bullition pendant 5 minutes, infuser 10 minutes, filtrer. Boire dans la journ\u00e9e. Cette pr\u00e9paration s&rsquo;inscrit dans la tradition des \u00ab tisanes de chiendent \u00bb o\u00f9 plusieurs racines de gramin\u00e9es \u00e9taient associ\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Infusion de parties a\u00e9riennes<\/strong> : 5 \u00e0 10 g de plante s\u00e9ch\u00e9e par litre d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 15 minutes. Usage peu document\u00e9, \u00e0 titre de boisson d\u00e9purative.<\/p>\n<p>Aucune posologie standardis\u00e9e n&rsquo;existe pour cette esp\u00e8ce, en l&rsquo;absence de monographie officielle et de donn\u00e9es cliniques.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Allergies<\/strong> : le brome mou est un allerg\u00e8ne pollinique significatif. Son pollen, abondamment produit de mai \u00e0 juillet, est une cause importante de rhinite allergique (rhume des foins) et d&rsquo;asthme allergique saisonnier. Les patients atteints de pollinose aux gramin\u00e9es doivent \u00e9viter toute manipulation de la plante en fleur.<\/p>\n<p><strong>Contamination fongique<\/strong> : les graines de bromes peuvent \u00eatre parasit\u00e9es par des champignons endophytes du genre <em>Epichlo\u00eb<\/em> ou <em>Claviceps<\/em> (ergot), produisant des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> de l&rsquo;ergot<\/strong> (ergotamine, ergovaline) potentiellement toxiques. La consommation de graines non contr\u00f4l\u00e9es pr\u00e9sente un risque d&rsquo;ergotisme.<\/p>\n<p><strong>Autres pr\u00e9cautions<\/strong> : les ar\u00eates des \u00e9pillets peuvent provoquer des l\u00e9sions m\u00e9caniques des muqueuses buccales et de l&rsquo;\u0153sophage chez les animaux (et th\u00e9oriquement chez l&rsquo;humain), et p\u00e9n\u00e9trer dans les tissus de la peau, des yeux ou des oreilles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p><em>Bromus hordeaceus<\/em> n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9 comme une plante toxique pour l&rsquo;humain aux usages habituels. La plante elle-m\u00eame pr\u00e9sente une toxicit\u00e9 tr\u00e8s faible. Les risques toxicologiques sont essentiellement li\u00e9s \u00e0 des contaminations exog\u00e8nes :<\/p>\n<p>Les <strong>benzoxazino\u00efdes<\/strong> (DIBOA, DIMBOA), bien que pr\u00e9sents, sont en concentrations faibles et pr\u00e9sentent une toxicit\u00e9 aigu\u00eb limit\u00e9e par voie orale. Ils sont principalement \u00e9tudi\u00e9s pour leur r\u00f4le all\u00e9lopathique (inhibition de la germination des plantes concurrentes) et leur r\u00f4le de d\u00e9fense contre les insectes herbivores.<\/p>\n<p>Le principal risque toxicologique est la contamination par l&rsquo;<strong>ergot des c\u00e9r\u00e9ales<\/strong> (<em>Claviceps purpurea<\/em>), dont les scl\u00e9rotes contiennent des <strong>alcalo\u00efdes ergotiques<\/strong> hautement toxiques (vasoconstriction, hallucinations, gangr\u00e8ne). Ce risque concerne uniquement la consommation des graines contamin\u00e9es.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire, la consommation excessive de brome mou n&rsquo;est pas associ\u00e9e \u00e0 des intoxications significatives, contrairement \u00e0 certaines autres esp\u00e8ces de bromes.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le brome mou, comme la plupart des gramin\u00e9es sauvages, a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 de fa\u00e7on pragmatique plut\u00f4t que m\u00e9dicinale. Son principal usage historique est fourrager : il constituait un composant naturel des prairies de fauche traditionnelles et contribuait \u00e0 l&rsquo;alimentation du b\u00e9tail. Sa valeur fourrag\u00e8re est toutefois consid\u00e9r\u00e9e comme m\u00e9diocre \u00e0 moyenne compar\u00e9e aux gramin\u00e9es prairiales nobles (ray-grass, dactyle, f\u00e9tuque).<\/p>\n<p>Dans certaines traditions populaires, les graines de bromes \u00e9taient m\u00eal\u00e9es aux c\u00e9r\u00e9ales en p\u00e9riode de disette, bien que leur farine soit de qualit\u00e9 inf\u00e9rieure. En m\u00e9decine populaire, les usages sont rares et peu document\u00e9s. Certaines traditions rurales europ\u00e9ennes attribuaient aux d\u00e9coctions de gramin\u00e9es sauvages des vertus diur\u00e9tiques et sudorifiques. Les racines de gramin\u00e9es en g\u00e9n\u00e9ral (chiendent, brome) \u00e9taient utilis\u00e9es comme d\u00e9puratif l\u00e9ger.<\/p>\n<p>Sur le plan artisanal, les chaumes servaient de liti\u00e8re pour les animaux et de mat\u00e9riau pour les constructions l\u00e9g\u00e8res (toitures, nattes). Les \u00e9pillets arist\u00e9s du brome mou \u00e9taient parfois utilis\u00e9s par les enfants dans des jeux de \u00ab barom\u00e8tre \u00bb rudimentaire, l&rsquo;ar\u00eate se tordant en fonction de l&rsquo;humidit\u00e9 ambiante.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p><em>Bromus hordeaceus<\/em> ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle au monde. Il n&rsquo;est inscrit sur aucune liste de plantes m\u00e9dicinales et ne dispose d&rsquo;aucune monographie officielle. La plante n&rsquo;est pas r\u00e9glement\u00e9e en tant que m\u00e9dicament ou compl\u00e9ment alimentaire.<\/p>\n<p>En revanche, le pollen de brome est r\u00e9glement\u00e9 en tant qu&rsquo;allerg\u00e8ne biologique par les agences du m\u00e9dicament (ANSM en France). Les extraits polliniques standardis\u00e9s sont des m\u00e9dicaments soumis \u00e0 prescription dans le cadre de l&rsquo;immunoth\u00e9rapie allerg\u00e9nique sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>Sur le plan agricole, <em>Bromus hordeaceus<\/em> est parfois inclus dans les m\u00e9langes de semences pour prairies fleuries et pour la restauration \u00e9cologique des milieux d\u00e9grad\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>BROME MOU pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nPimentel D. \u2014 \u00ab Invasive plants: their role in species extinctions and economic losses to agriculture in the USA \u00bb, in <em>Management of Invasive Weeds<\/em>, Springer, 2009.<br \/>\nNiemeyer H.M. \u2014 \u00ab Hydroxamic acids derived from 2-hydroxy-2H-1,4-benzoxazin-3(4H)-one: key defense chemicals of cereals \u00bb, <em>J. Agric. Food Chem.<\/em>, 2009, 57(5), 1677-1696.<br \/>\nFerreira I.M. et al. \u2014 \u00ab The role of grass pollen allergens in allergic rhinitis \u00bb, <em>Clin. Transl. Allergy<\/em>, 2019, 9, 42.<br \/>\nRameau J.-C. et al. \u2014 <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, IDF, 1989.<br \/>\nFournier P. \u2014 <em>Le livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, Paris, 1947.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Brome mou (Bromus hordeaceus L., syn. Bromus mollis L.) appartient \u00e0 la famille des Poac\u00e9es (Gramin\u00e9es), la famille des herbes [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-1216","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-poacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1216","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1216"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1216\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13765,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1216\/revisions\/13765"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1216"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1216"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1216"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}