{"id":1217,"date":"2026-03-26T11:38:19","date_gmt":"2026-03-26T10:38:19","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/brome-sterile\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"brome-sterile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/brome-sterile\/","title":{"rendered":"BROME ST\u00c9RILE"},"content":{"rendered":"<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le brome st\u00e9rile, <em>Anisantha sterilis<\/em> (L.) Nevski (synonyme : <em>Bromus sterilis<\/em> L.), appartient \u00e0 la famille des <em>Poaceae<\/em>, sous-famille des <em>Pooideae<\/em>, tribu des <em>Bromeae<\/em>. C&rsquo;est une gramin\u00e9e annuelle (th\u00e9rophyte hivernal) de 30 \u00e0 100 cm de hauteur, \u00e0 chaumes dress\u00e9s ou genouill\u00e9s-ascendants, glabres ou faiblement pubescents aux n\u0153uds. Les feuilles sont planes, molles, vert moyen, larges de 3 \u00e0 6 mm, \u00e0 gaines poilues et ligule membraneuse lac\u00e9r\u00e9e de 2 \u00e0 4 mm. L&rsquo;inflorescence est une grande panicule l\u00e2che, pendante, unilat\u00e9rale, tr\u00e8s caract\u00e9ristique, longue de 10 \u00e0 20 cm, \u00e0 rameaux longs, gr\u00eales et retombants, portant chacun 1 \u00e0 3 \u00e9pillets. Les \u00e9pillets sont grands (20 \u00e0 35 mm sans les ar\u00eates), comprim\u00e9s lat\u00e9ralement, contenant 4 \u00e0 10 fleurs. Les lemmes sont lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 14 \u00e0 18 mm, \u00e0 marge membraneuse, portant une ar\u00eate terminale longue et droite (15 \u00e0 30 mm), scabre. Les glumes sont in\u00e9gales, lanc\u00e9ol\u00e9es, l&rsquo;inf\u00e9rieure uninerv\u00e9e, la sup\u00e9rieure trinerv\u00e9e. Le caryopse est allong\u00e9, \u00e9troitement adh\u00e9rent aux glumelles. Le syst\u00e8me racinaire est fascicul\u00e9, superficiel. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 14). La germination automnale, la croissance hivernale et la fructification printani\u00e8re caract\u00e9risent cette esp\u00e8ce \u00e0 cycle annuel hivernal.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Anisantha sterilis<\/em> est une esp\u00e8ce eurasiatique d&rsquo;origine m\u00e9diterran\u00e9enne, aujourd&rsquo;hui largement r\u00e9pandue en Europe, en Asie occidentale, en Afrique du Nord et introduite en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande. En France, elle est tr\u00e8s commune dans toutes les r\u00e9gions de plaine et de moyenne montagne, du niveau de la mer \u00e0 environ 1 000 m. Elle colonise les milieux rud\u00e9raux, les friches, les talus, les bords de chemins et de routes, les pieds de murs, les vignobles, les vergers, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res thermophiles et les terrains vagues. L&rsquo;esp\u00e8ce est nitrophile, thermophile et h\u00e9liophile, pr\u00e9f\u00e9rant les sols secs, bien drain\u00e9s, neutres \u00e0 calcaires, l\u00e9gers et caillouteux. Elle fait partie des communaut\u00e9s nitrophiles du <em>Sisymbrion officinalis<\/em> et du <em>Geranio-Cardaminion hirsutae<\/em>. En agronomie, le brome st\u00e9rile est devenu une adventice c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re majeure en Europe depuis les ann\u00e9es 1970, en raison de l&rsquo;expansion du travail du sol simplifi\u00e9 (semis direct, non-labour) qui favorise sa multiplication. Sa r\u00e9sistance aux herbicides antigramin\u00e9es de la famille des fop\/dim (inhibiteurs de l&rsquo;ACCase) est document\u00e9e dans plusieurs pays.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Anisantha sterilis<\/em> est celle d&rsquo;une gramin\u00e9e temp\u00e9r\u00e9e typique, sans m\u00e9tabolites secondaires remarquables. Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>polysaccharides<\/strong> structuraux (cellulose, h\u00e9micelluloses de type arabinoxylaniques, \u03b2-glucanes) et de l&rsquo;amidon dans les caryopses. Des <strong>prot\u00e9ines<\/strong> (8-15 % MS selon le stade et la fertilisation) comprennent des prolamines (hordeinine-like), des glut\u00e9lines et des albumines. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> li\u00e9s aux parois cellulaires sont domin\u00e9s par l&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> (0,3-0,7 % MS), est\u00e9rifi\u00e9 aux arabinoxylanes, et l&rsquo;<strong>acide p-coumarique<\/strong>. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> de type C-glycosylflavones (<strong>vitexine<\/strong>, <strong>isovitexine<\/strong>) sont pr\u00e9sents en faible concentration. Des <strong>lipides<\/strong> cuticulaires (cires \u00e9picuticulaires, alcanes, acides gras \u00e0 longue cha\u00eene) prot\u00e8gent la surface des organes a\u00e9riens. Les <strong>silice<\/strong> biog\u00e9nique (phytolithes) est abondante dans les feuilles et les lemmes, renfor\u00e7ant la duret\u00e9 des tissus et contribuant \u00e0 l&rsquo;usure des mandibules des insectes herbivores. Des <strong>fructanes<\/strong> sont pr\u00e9sents dans les tiges et les feuilles comme glucides de r\u00e9serve et osmoprotecteurs. La plante ne contient pas d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a>, de saponines significatives, de glycosides cyanog\u00e9n\u00e9tiques ni de compos\u00e9s volatils notables.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Anisantha sterilis<\/em> sont pratiquement inexistantes. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;a pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques cibl\u00e9es. Les propri\u00e9t\u00e9s potentielles sont uniquement inf\u00e9rables \u00e0 partir de ses constituants chimiques g\u00e9n\u00e9riques. L&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>, principal compos\u00e9 ph\u00e9nolique, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes (pi\u00e9geage des radicaux libres, inhibition de la peroxydation lipidique), anti-inflammatoires (inhibition de la COX-2), photoprotectrices (absorption UV-B) et antidiab\u00e9tiques (am\u00e9lioration de la sensibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuline dans des mod\u00e8les murins). Cependant, l&rsquo;acide f\u00e9rulique est majoritairement li\u00e9 de fa\u00e7on covalente aux arabinoxylanes pari\u00e9taux et sa biodisponibilit\u00e9 apr\u00e8s ingestion de la plante brute est tr\u00e8s faible (&lt; 5 % de lib\u00e9ration par les enzymes digestives humaines ; le reste est lib\u00e9r\u00e9 par le microbiote colique). Les <strong>\u03b2-glucanes<\/strong>, s&rsquo;ils \u00e9taient pr\u00e9sents en quantit\u00e9 suffisante, pourraient exercer un effet hypocholest\u00e9rol\u00e9miant, mais leur teneur chez le brome st\u00e9rile n&rsquo;est pas document\u00e9e. Les <strong>fructanes<\/strong> poss\u00e8dent un potentiel pr\u00e9biotique (stimulation des bifidobact\u00e9ries) comparable \u00e0 celui de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">inuline<\/a>. En r\u00e9sum\u00e9, le profil pharmacologique de <em>A. sterilis<\/em> est celui d&rsquo;une herbe fourrag\u00e8re banale sans int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique particulier.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>Aucune propri\u00e9t\u00e9 th\u00e9rapeutique n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>Anisantha sterilis<\/em> par des \u00e9tudes cliniques ou pr\u00e9cliniques. La plante ne figure dans aucune monographie de phytoth\u00e9rapie (Commission E, ESCOP) et n&rsquo;est mentionn\u00e9e dans aucune pharmacop\u00e9e. Les propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9oriquement attribuables \u00e0 ses constituants (antioxydante faible, pr\u00e9biotique potentielle) ne sont pas sp\u00e9cifiques et sont bien mieux repr\u00e9sent\u00e9es dans d&rsquo;autres sources v\u00e9g\u00e9tales. L&rsquo;esp\u00e8ce ne pr\u00e9sente aucun int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique identifi\u00e9. Son importance est exclusivement agronomique (adventice majeure des c\u00e9r\u00e9ales d&rsquo;hiver), \u00e9cologique (composante des communaut\u00e9s rud\u00e9rales) et biologique (mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude de la r\u00e9sistance aux herbicides et de la biom\u00e9canique des ar\u00eates hygroscopiques).<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p>Le brome st\u00e9rile ne poss\u00e8de aucune indication en phytoth\u00e9rapie clinique. Il n&rsquo;est ni prescrit, ni commercialis\u00e9 comme plante m\u00e9dicinale, ni utilis\u00e9 en m\u00e9decine populaire de fa\u00e7on document\u00e9e. L&rsquo;esp\u00e8ce est exclusivement connue dans le domaine agronomique comme l&rsquo;une des adventices les plus probl\u00e9matiques des c\u00e9r\u00e9ales d&rsquo;hiver en Europe, et en biologie comme mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;adaptation aux perturbations anthropiques. Son int\u00e9r\u00eat pour la sant\u00e9 humaine se limite au domaine allergologique : comme toutes les Poaceae, le brome st\u00e9rile produit du pollen allergisant (groupes d&rsquo;allerg\u00e8nes 1, 5, 12, 13 des gramin\u00e9es), bien que sa contribution \u00e0 la charge pollinique totale soit mineure par rapport aux gramin\u00e9es prairiales dominantes (dactyle, ray-grass, fl\u00e9ole, phl\u00e9ole). Les extraits de pollen de <em>Bromus<\/em> spp. sont inclus dans les m\u00e9langes diagnostiques et th\u00e9rapeutiques utilis\u00e9s en allergologie.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche r\u00e9cente sur <em>Anisantha sterilis<\/em> est presque exclusivement agronomique. L&rsquo;esp\u00e8ce est un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude de la r\u00e9sistance aux herbicides : des populations r\u00e9sistantes aux inhibiteurs de l&rsquo;ACCase (fop\/dim), aux inhibiteurs de l&rsquo;ALS et au glyphosate ont \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9es par des m\u00e9canismes de r\u00e9sistance de cible (mutations de l&rsquo;ACCase et de l&rsquo;ALS) et de r\u00e9sistance m\u00e9tabolique (d\u00e9toxication par les cytochromes P450 et les glutathion-S-transf\u00e9rases). Des \u00e9tudes de biom\u00e9canique se sont int\u00e9ress\u00e9es aux ar\u00eates hygroscopiques du brome comme mod\u00e8le de micro-actionneurs biomim\u00e9tiques : la structure bilaminaire de l&rsquo;ar\u00eate (couches de cellulose \u00e0 orientation diff\u00e9rente) produit un mouvement de torsion en r\u00e9ponse aux variations d&rsquo;humidit\u00e9, permettant l&rsquo;enfouissement actif de la graine dans le sol. Des \u00e9quipes d&rsquo;ing\u00e9nierie s&rsquo;inspirent de ce m\u00e9canisme pour d\u00e9velopper des capteurs d&rsquo;humidit\u00e9 et des micro-robots souples. Des \u00e9tudes de dynamique de population mod\u00e9lisent l&rsquo;expansion du brome st\u00e9rile dans les syst\u00e8mes de grandes cultures en non-labour et proposent des rotations et des dates de semis optimales pour limiter les infestations.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Prot\u00e9ines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide f\u00e9rulique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide p-coumarique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie n&rsquo;est applicable pour <em>Anisantha sterilis<\/em>, l&rsquo;esp\u00e8ce ne faisant l&rsquo;objet d&rsquo;aucun usage m\u00e9dicinal reconnu ni traditionnel document\u00e9. La plante n&rsquo;est pas commercialis\u00e9e sous quelque forme gal\u00e9nique que ce soit (infusion, extrait, teinture, g\u00e9lule). En situation de survie ou de disette extr\u00eame, les grains de brome pourraient th\u00e9oriquement \u00eatre consomm\u00e9s apr\u00e8s d\u00e9corticage et cuisson, mais leur petite taille et la difficult\u00e9 de retirer les glumelles les rendent peu pratiques. L&rsquo;usage alimentaire des gramin\u00e9es sauvages dans l&rsquo;alimentation humaine concerne d&rsquo;autres esp\u00e8ces plus productives et plus facilement r\u00e9coltables. Il n&rsquo;existe aucune recommandation d&#8217;emploi m\u00e9dicinal, cosm\u00e9tique ou alimentaire pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>En l&rsquo;absence d&rsquo;usage m\u00e9dicinal, les contre-indications formelles ne s&rsquo;appliquent pas au brome st\u00e9rile. Les pr\u00e9cautions pertinentes sont d&rsquo;ordre pratique : les ar\u00eates longues et scabres des \u00e9pillets peuvent p\u00e9n\u00e9trer la peau, les muqueuses buccales et les conjonctives, provoquant des micro-blessures irritatives. Chez les animaux domestiques (chiens notamment), les \u00e9pillets de bromes peuvent s&rsquo;introduire dans les conduits auditifs, les narines et entre les doigts, migrant dans les tissus et provoquant des abc\u00e8s (corps \u00e9trangers v\u00e9g\u00e9taux, \u00ab\u00a0\u00e9pillets voyageurs\u00a0\u00bb). Les personnes allergiques au pollen de gramin\u00e9es doivent \u00e9viter le contact prolong\u00e9 avec les inflorescences en p\u00e9riode de pollinisation. La plante accumulant les r\u00e9sidus d&rsquo;herbicides dans les champs trait\u00e9s, toute tentative de consommation dans un contexte agricole conventionnel est d\u00e9conseill\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;est document\u00e9e ni pertinente pour <em>Anisantha sterilis<\/em>, l&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;\u00e9tant pas utilis\u00e9e comme m\u00e9dicament, compl\u00e9ment alimentaire ou drogue v\u00e9g\u00e9tale. En th\u00e9orie, les fibres de la plante (cellulose, h\u00e9micelluloses) pourraient ralentir l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment si la plante \u00e9tait ing\u00e9r\u00e9e, mais cette situation n&rsquo;a aucune pertinence clinique. L&rsquo;esp\u00e8ce ne contient aucun compos\u00e9 connu pour interagir avec les cytochromes P450, les transporteurs membranaires ou les r\u00e9cepteurs pharmacologiques \u00e0 des concentrations significatives.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p><em>Anisantha sterilis<\/em> n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme une plante toxique. La plante ne contient pas d&rsquo;alcalo\u00efdes, de glycosides cyanog\u00e9n\u00e9tiques, de saponines en quantit\u00e9 dangereuse, de glycosides cardiotoxiques ni de compos\u00e9s mutag\u00e8nes ou canc\u00e9rog\u00e8nes connus. Le principal risque est m\u00e9canique : les ar\u00eates hygroscopiques peuvent causer des blessures tissulaires chez les animaux (migration d&rsquo;\u00e9pillets). Chez l&rsquo;homme, le contact cutan\u00e9 avec les \u00e9pillets peut provoquer des micro-abrasions et une irritation. La plante peut \u00eatre infest\u00e9e par l&rsquo;ergot (<em>Claviceps purpurea<\/em>) dans des conditions humides, avec production d&rsquo;alcalo\u00efdes de l&rsquo;ergot (ergotamine, ergocristine) sur les grains infect\u00e9s ; ce risque concerne potentiellement l&rsquo;alimentation animale en cas de foin contamin\u00e9. Les endophytes du genre <em>Epichlo\u00eb<\/em> ne sont pas rapport\u00e9s chez <em>A. sterilis<\/em>. La plante peut accumuler des nitrates en sol surfertilis\u00e9, avec un risque de m\u00e9th\u00e9moglobin\u00e9mie chez les ruminants. La toxicit\u00e9 pour l&rsquo;homme est consid\u00e9r\u00e9e comme nulle en usage normal.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le brome st\u00e9rile tire son \u00e9pith\u00e8te <em>sterilis<\/em> du fait que ses grains, trop petits et envelopp\u00e9s de glumelles coriaces, ne pr\u00e9sentent aucun int\u00e9r\u00eat alimentaire (st\u00e9rile au sens d'\u00a0\u00bbimproductif\u00a0\u00bb, non au sens botanique). Comme la plupart des gramin\u00e9es adventices, <em>Anisantha sterilis<\/em> n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune utilisation m\u00e9dicinale ou artisanale significative dans l&rsquo;histoire. Les gramin\u00e9es sauvages \u00e9taient occasionnellement r\u00e9colt\u00e9es en fourrage de disette ou p\u00e2tur\u00e9es directement, mais le brome st\u00e9rile est peu app\u00e9tent pour le b\u00e9tail en raison de ses ar\u00eates piquantes qui peuvent blesser les muqueuses buccales des animaux. Les ar\u00eates, hygroscopiques, sont capables de mouvements de vrille en r\u00e9ponse aux variations d&rsquo;humidit\u00e9, facilitant l&rsquo;enfouissement des semences dans le sol \u2013 un m\u00e9canisme biomim\u00e9tique qui a attir\u00e9 l&rsquo;attention des ing\u00e9nieurs modernes. Dans le folklore agricole, la pr\u00e9sence abondante de brome st\u00e9rile dans un champ \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme signe de n\u00e9gligence de l&rsquo;agriculteur et de mauvaise gestion du sol. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;appara\u00eet dans aucune pharmacop\u00e9e historique et n&rsquo;a pas d&rsquo;usage en m\u00e9decine populaire document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Anisantha sterilis<\/em> ne pr\u00e9sente aucun enjeu de conservation. C&rsquo;est une adventice tr\u00e8s commune, en expansion dans les agrosyst\u00e8mes europ\u00e9ens, class\u00e9e \u00ab\u00a0Pr\u00e9occupation mineure\u00a0\u00bb (LC) et non menac\u00e9e. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas cultiv\u00e9e volontairement ; au contraire, elle fait l&rsquo;objet de strat\u00e9gies de lutte intensive dans les grandes cultures. La gestion int\u00e9gr\u00e9e du brome st\u00e9rile repose sur : le labour occasionnel profond (enfouissement des graines au-del\u00e0 de la profondeur de germination), les faux-semis (stimulation de la germination suivie de destruction m\u00e9canique ou chimique), les rotations incluant des cultures de printemps (rupture du cycle hivernal), l&rsquo;utilisation d&rsquo;herbicides r\u00e9siduaires de pr\u00e9lev\u00e9e (fluf\u00e9nacet, pendim\u00e9thaline) et le d\u00e9sherbage m\u00e9canique. La gestion de la banque de graines est essentielle, car les semences restent viables dans le sol pendant 3 \u00e0 5 ans. L&rsquo;esp\u00e8ce peut \u00eatre utile comme couvert temporaire pour la stabilisation des talus et des pentes \u00e9rod\u00e9es, mais les gramin\u00e9es p\u00e9rennes sont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es pour cet usage. Le brome st\u00e9rile n&rsquo;a pas de valeur ornementale ni horticole, bien que les panicules s\u00e9ch\u00e9es puissent \u00eatre utilis\u00e9es dans les compositions florales s\u00e8ches.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>BROME ST\u00c9RILE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<br \/>\nDavies L.R. et al. A review of the biology and control of <em>Anisantha sterilis<\/em> (barren brome) in UK cereal production. <em>Weed Research<\/em>. 2019;59(5):319-334.<br \/>\nElbaum R. et al. The role of wheat awns in the seed dispersal unit. <em>Science<\/em>. 2007;316(5826):884-886.<br \/>\nD\u00e9lye C. et al. Herbicide resistance in <em>Bromus sterilis<\/em>: mechanisms, fitness costs and implications. <em>Pest Management Science<\/em>. 2020;76(1):36-45.<br \/>\nBruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nJauzein P. <em>Flore des champs cultiv\u00e9s<\/em>. Paris : INRA ; 1995.<br \/>\nCummins I. et al. Key role for a glutathione transferase in multiple-herbicide resistance in grass weeds. <em>Proceedings of the National Academy of Sciences<\/em>. 2013;110(15):5812-5817.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le brome st\u00e9rile, Anisantha sterilis (L.) Nevski (synonyme : Bromus sterilis L.), appartient \u00e0 la famille des Poaceae, sous-famille des Pooideae, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-1217","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-poacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1217","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1217"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1217\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13764,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1217\/revisions\/13764"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1217"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1217"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1217"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}