{"id":1218,"date":"2026-03-26T11:38:20","date_gmt":"2026-03-26T10:38:20","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/canche-cespiteuse\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"canche-cespiteuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/canche-cespiteuse\/","title":{"rendered":"CANCHE CESPITEUSE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/canche-cespiteuse.png\" alt=\"Planche botanique Canche cespiteuse\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Canche cespiteuse<\/em> (<em>Deschampsia cespitosa<\/em> (L.) P.Beauv.) appartient \u00e0 la famille des <em>Poaceae<\/em> (Gramin\u00e9es), tribu des <em>Aveneae<\/em>. C&rsquo;est une gramin\u00e9e vivace, dens\u00e9ment cespiteuse (formant des touffes denses), mesurant de 50 \u00e0 150 cm de hauteur. Les chaumes sont dress\u00e9s, raides, glabres, d\u00e9passant largement les feuilles. Les feuilles sont \u00e9troitement lin\u00e9aires, de 2 \u00e0 5 mm de large, planes \u00e0 la base, souvent enroul\u00e9es dans leur partie sup\u00e9rieure, \u00e0 bords r\u00eaches au toucher (scabres), \u00e0 face sup\u00e9rieure parcourue de c\u00f4tes longitudinales saillantes. La ligule est allong\u00e9e (5 \u00e0 15 mm), membraneuse, aigu\u00eb, lac\u00e9r\u00e9e au sommet. L&rsquo;inflorescence est une panicule ample, pyramidale, ouverte, l\u00e2che, de 10 \u00e0 30 cm de long, \u00e0 rameaux gr\u00eales et flexueux portant de nombreux \u00e9pillets. Les \u00e9pillets sont petits (3 \u00e0 5 mm), biflores (2 fleurs par \u00e9pillet), de couleur variable : vert, dor\u00e9, argent\u00e9, pourpre ou brun\u00e2tre, donnant \u00e0 la panicule un aspect scintillant. Les glumes sont membraneuses, luisantes. Les lemmes portent une ar\u00eate dorsale courte (2 \u00e0 4 mm), droite ou l\u00e9g\u00e8rement genouill\u00e9e. Le fruit est un caryopse petit et allong\u00e9. La floraison a lieu de juin \u00e0 ao\u00fbt. Le syst\u00e8me racinaire est fascicul\u00e9, tr\u00e8s dense, formant une touffe compacte.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La Canche cespiteuse est l&rsquo;une des gramin\u00e9es les plus largement distribu\u00e9es au monde. Son aire couvre l&rsquo;ensemble des r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et froides de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord : toute l&rsquo;Europe (de l&rsquo;Arctique \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e), l&rsquo;Asie temp\u00e9r\u00e9e et bor\u00e9ale, l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord (du Canada au nord des \u00c9tats-Unis) et la pointe m\u00e9ridionale de l&rsquo;Am\u00e9rique du Sud (Patagonie, Terre de Feu). Elle a \u00e9t\u00e9 introduite en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande. En France, elle est commune dans toutes les r\u00e9gions, du littoral jusqu&rsquo;\u00e0 environ 2 500 m d&rsquo;altitude en montagne. La Canche cespiteuse affectionne les milieux humides \u00e0 frais : prairies humides, bords de cours d&rsquo;eau, foss\u00e9s, clairi\u00e8res foresti\u00e8res, sous-bois frais, tourbi\u00e8res, prairies de fauche, marais et bords d&rsquo;\u00e9tangs. Elle tol\u00e8re une large gamme de sols, des sols acides tourbeux aux sols neutres argileux, pourvu qu&rsquo;ils restent frais \u00e0 humides. Elle supporte les inondations temporaires et les sols lourds. C&rsquo;est une esp\u00e8ce indicatrice de milieux frais et humides, souvent associ\u00e9e aux prairies hygrophiles de l&rsquo;<em>Arrhenatherion<\/em> et du <em>Molinion<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et cycle de vie<\/h3>\n<p>La Canche cespiteuse est une h\u00e9micryptophyte vivace formant des touffes denses et durables pouvant persister pendant des d\u00e9cennies. La croissance reprend t\u00f4t au printemps gr\u00e2ce aux r\u00e9serves accumul\u00e9es dans la base de la touffe. La floraison estivale (juin-ao\u00fbt) produit une panicule spectaculaire, a\u00e9rienne et scintillante, qui peut contenir des milliers d&rsquo;\u00e9pillets. La pollinisation est an\u00e9mogame. Les caryopses m\u00fbrissent en fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9 et sont dispers\u00e9s par le vent et la gravit\u00e9. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par tallage (formation de nouvelles pousses \u00e0 la base de la touffe) est le mode principal de croissance et de densification. La touffe s&rsquo;\u00e9largit lentement mais r\u00e9guli\u00e8rement, atteignant parfois 50 \u00e0 80 cm de diam\u00e8tre. La Canche cespiteuse tol\u00e8re la fauche, le p\u00e2turage (avec des r\u00e9serves car les feuilles r\u00eaches sont peu app\u00e9tentes pour le b\u00e9tail), les inondations temporaires et les sols compact\u00e9s. Elle est tr\u00e8s r\u00e9sistante au pi\u00e9tinement. L&rsquo;esp\u00e8ce est peu exigeante en nutriments et tol\u00e8re les sols pauvres et acides. Elle est cependant favoris\u00e9e par la fertilisation mod\u00e9r\u00e9e. Sa capacit\u00e9 \u00e0 former des touffes denses lui permet de coloniser les zones d\u00e9grad\u00e9es et de stabiliser les sols \u00e9rod\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Aucune partie n\u2019a d\u2019usage m\u00e9dicinal officinal \u00e9tabli.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La Canche cespiteuse pr\u00e9sente un profil chimique typique des gramin\u00e9es. Les parties a\u00e9riennes contiennent 8 \u00e0 14 % de <strong>prot\u00e9ines brutes<\/strong>, 25 \u00e0 35 % de <strong>cellulose<\/strong>, 20 \u00e0 30 % d&rsquo;<strong>h\u00e9micelluloses<\/strong>, 3 \u00e0 6 % de <strong>lignine<\/strong>, 1 \u00e0 2 % de <strong>lipides<\/strong> et 6 \u00e0 10 % de <strong>cendres<\/strong> (min\u00e9raux). La teneur en <strong>silice biog\u00e9nique<\/strong> est \u00e9lev\u00e9e, les phytolithes de silice rendant les feuilles r\u00eaches et peu digestibles pour le b\u00e9tail. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> li\u00e9s aux parois cellulaires (<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>) sont abondants et contribuent \u00e0 la lignification et \u00e0 la r\u00e9sistance m\u00e9canique. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, principalement des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>tricine<\/strong>, sont pr\u00e9sents dans les parties a\u00e9riennes. Les <strong>fructanes<\/strong> sont les glucides de r\u00e9serve, stock\u00e9s dans la base des tiges et les racines. Le <strong>potassium<\/strong>, le <strong>calcium<\/strong>, le <strong>magn\u00e9sium<\/strong> et le <strong>phosphore<\/strong> sont les min\u00e9raux principaux. Les populations colonisant les sols pollu\u00e9s aux m\u00e9taux lourds (zinc, cadmium, plomb) accumulent ces m\u00e9taux dans leurs tissus, un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;hypertol\u00e9rance qui fait de l&rsquo;esp\u00e8ce un sujet d&rsquo;\u00e9tude en phytorem\u00e9diation.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La Canche cespiteuse n&rsquo;a pas de propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales reconnues. Le genre <em>Deschampsia<\/em> n&rsquo;a fait l&rsquo;objet que de tr\u00e8s peu d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques. Les gramin\u00e9es en g\u00e9n\u00e9ral sont chimiquement peu exploit\u00e9es pour leurs propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques. Quelques travaux ont identifi\u00e9 des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>tricine<\/strong>) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> li\u00e9s aux parois cellulaires (<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>) dans les parties a\u00e9riennes, compos\u00e9s communs \u00e0 la plupart des Poaceae. Des <strong>phytolithes de silice<\/strong> sont abondants dans les tissus foliaires. Le pollen de la Canche cespiteuse est un allerg\u00e8ne contribuant au rhume des foins estival, bien que son impact soit moindre que celui des gramin\u00e9es prairiales dominantes (Ray-grass, Dactyle, Vulpin). Des \u00e9tudes sur la tol\u00e9rance aux m\u00e9taux lourds de certaines populations de <em>D. cespitosa<\/em> ont mis en \u00e9vidence des m\u00e9canismes de d\u00e9toxification impliquant des <strong>phytoch\u00e9latines<\/strong> et des <strong>m\u00e9tallothion\u00e9ines<\/strong>, ce qui suscite un int\u00e9r\u00eat en phytorem\u00e9diation (d\u00e9pollution des sols par les plantes). L&rsquo;esp\u00e8ce est un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude en \u00e9cotoxicologie et en g\u00e9n\u00e9tique de l&rsquo;adaptation aux sols contamin\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune donn\u00e9e clinique ; plante sans usage m\u00e9dicinal \u00e9tabli. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> sans objet.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Prot\u00e9ines brutes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cellulose<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>H\u00e9micelluloses<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lignine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lipides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La Canche cespiteuse n&rsquo;a aucune utilisation th\u00e9rapeutique. Ses usages sont agronomiques, horticoles et \u00e9cologiques. En <strong>horticulture ornementale<\/strong>, les cultivars sont plant\u00e9s en massifs, en bordures de bassins et dans les jardins naturalistes, \u00e0 raison d&rsquo;un plant tous les 40 \u00e0 60 cm. La panicule s\u00e9ch\u00e9e s&rsquo;utilise en bouquets et compositions florales. En <strong>restauration \u00e9cologique<\/strong>, les semis ou les plantations de Canche cespiteuse sont utilis\u00e9s pour la rev\u00e9g\u00e9talisation des zones humides d\u00e9grad\u00e9es, des berges \u00e9rod\u00e9es et des sols compact\u00e9s. La dose de semis en restauration est de 5 \u00e0 10 kg\/ha en m\u00e9lange avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces hygrophiles. En <strong>phytorem\u00e9diation<\/strong>, l&rsquo;esp\u00e8ce est test\u00e9e pour la d\u00e9pollution des sols contamin\u00e9s aux m\u00e9taux lourds, les populations tol\u00e9rantes accumulant les m\u00e9taux dans leurs tissus. La fauche et l&rsquo;exportation de la biomasse permettent d&rsquo;extraire progressivement les polluants du sol. L&rsquo;esp\u00e8ce est aussi utilis\u00e9e en <strong>g\u00e9nie v\u00e9g\u00e9tal<\/strong> pour la stabilisation des berges et la lutte contre l&rsquo;\u00e9rosion en zone humide.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La Canche cespiteuse ne pr\u00e9sente aucune toxicit\u00e9 connue. Les feuilles r\u00eaches et coupantes (scabres) peuvent provoquer des coupures superficielles lors de la manipulation sans gants. Le pollen est allergisant et contribue au rhume des foins estival chez les personnes sensibilis\u00e9es aux gramin\u00e9es. Les populations poussant sur des sols pollu\u00e9s aux m\u00e9taux lourds accumulent ces polluants dans leurs tissus : les plantes r\u00e9colt\u00e9es sur ces sites ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9es comme fourrage. L&rsquo;esp\u00e8ce peut devenir localement envahissante dans les prairies p\u00e2tur\u00e9es de mani\u00e8re insuffisante, les touffes denses formant des \u00ab refus \u00bb qui r\u00e9duisent la surface p\u00e2turable. Une gestion par la fauche r\u00e9guli\u00e8re permet de limiter sa dominance. Dans les jardins, les cultivars peuvent s&rsquo;av\u00e9rer vigoureux et n\u00e9cessiter une division r\u00e9guli\u00e8re des touffes pour maintenir un port compact. Les inflorescences s\u00e8ches doivent \u00eatre coup\u00e9es avant la diss\u00e9mination des graines si l&rsquo;on souhaite limiter le ressemis spontan\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La Canche cespiteuse est une gramin\u00e9e fourrag\u00e8re de qualit\u00e9 m\u00e9diocre en raison de ses feuilles scabres (rugueuses), peu app\u00e9tentes pour le b\u00e9tail, surtout \u00e0 un stade avanc\u00e9. En prairie de fauche, le foin contenant une proportion \u00e9lev\u00e9e de Canche est de qualit\u00e9 inf\u00e9rieure. Cependant, les jeunes pousses printani\u00e8res sont consomm\u00e9es par les bovins et les \u00e9quins. En prairie p\u00e2tur\u00e9e, les touffes de Canche sont souvent d\u00e9laiss\u00e9es par le b\u00e9tail, formant des \u00ab refus \u00bb caract\u00e9ristiques. La plante servait autrefois de liti\u00e8re animale et de rembourrage. Les touffes denses \u00e9taient parfois utilis\u00e9es pour stabiliser les berges des foss\u00e9s et des cours d&rsquo;eau. En horticulture, la Canche cespiteuse est devenue une gramin\u00e9e ornementale populaire pour ses panicules gracieuses et scintillantes, utilis\u00e9es dans les massifs de gramin\u00e9es, les jardins naturalistes et les compositions florales s\u00e9ch\u00e9es. Les cultivars ornementaux (&lsquo;Goldtau&rsquo;, &lsquo;Bronzeschleier&rsquo;, &lsquo;Goldschleier&rsquo;) offrent des panicules dor\u00e9es, argent\u00e9es ou bronz\u00e9es. La plante est aussi utilis\u00e9e en restauration \u00e9cologique des zones humides d\u00e9grad\u00e9es et en v\u00e9g\u00e9talisation des berges.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>La Canche cespiteuse se multiplie par semis ou par division des touffes. Le <strong>semis<\/strong> se fait au printemps (mars-mai) ou en automne, en surface ou \u00e0 peine recouvert, dans un substrat frais et humide. La germination est rapide (10 \u00e0 21 jours). Les plantules se d\u00e9veloppent lentement la premi\u00e8re ann\u00e9e. La <strong>division des touffes<\/strong> au printemps ou en automne est la m\u00e9thode la plus rapide pour obtenir des plants vigoureux et homog\u00e8nes. La plante pr\u00e9f\u00e8re les sols frais \u00e0 humides, argileux, limoneux ou tourbeux, \u00e0 pH acide \u00e0 neutre. Elle tol\u00e8re les sols lourds, compact\u00e9s et temporairement inond\u00e9s. L&rsquo;exposition est ensoleill\u00e9e \u00e0 mi-ombrag\u00e9e. L&rsquo;arrosage r\u00e9gulier est n\u00e9cessaire en p\u00e9riode s\u00e8che. Aucune fertilisation forte n&rsquo;est n\u00e9cessaire. L&rsquo;espacement entre les plants est de 40 \u00e0 60 cm en massif. La taille consiste \u00e0 couper les chaumes et panicules secs en fin d&rsquo;hiver, avant la repousse. La plante est tr\u00e8s rustique (jusqu&rsquo;\u00e0 -30 \u00b0C) et n\u00e9cessite peu d&rsquo;entretien. Les cultivars ornementaux sont disponibles en p\u00e9pini\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es en gramin\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9colte et conservation<\/h3>\n<p>Les panicules de Canche cespiteuse se r\u00e9coltent en \u00e9t\u00e9 (juillet-ao\u00fbt), au moment o\u00f9 elles sont pleinement d\u00e9velopp\u00e9es et color\u00e9es, pour la composition florale. Elles se s\u00e8chent en bouquets suspendus la t\u00eate en bas dans un local sec et a\u00e9r\u00e9. Les panicules s\u00e9ch\u00e9es se conservent plusieurs ann\u00e9es. Les graines se r\u00e9coltent \u00e0 maturit\u00e9 (septembre-octobre) et se conservent au sec pendant 2 \u00e0 3 ans. Pour l&rsquo;herbier, les sp\u00e9cimens se r\u00e9coltent en pleine floraison avec la base de la touffe et les racines. La conservation in situ de l&rsquo;esp\u00e8ce ne pose pas de probl\u00e8me particulier, la Canche cespiteuse \u00e9tant tr\u00e8s commune. La conservation des habitats humides o\u00f9 elle abonde (prairies humides, marais, bords de cours d&rsquo;eau) est cependant un enjeu important pour la biodiversit\u00e9 des milieux aquatiques et rivulaires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects r\u00e9glementaires<\/h3>\n<p>La Canche cespiteuse n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e. Elle ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune protection r\u00e9glementaire en France, \u00e9tant tr\u00e8s commune. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas inscrite aux listes CITES. Les prairies humides o\u00f9 elle abonde sont des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire au titre de Natura 2000 (code 6410 : prairies \u00e0 Molinia, code 6510 : prairies de fauche). Les graines de Canche cespiteuse sont commercialis\u00e9es par les grainetiers sp\u00e9cialis\u00e9s en restauration \u00e9cologique et en horticulture. Les cultivars ornementaux sont prot\u00e9g\u00e9s par des obtentions v\u00e9g\u00e9tales dans certains cas. L&rsquo;utilisation en phytorem\u00e9diation est encadr\u00e9e par les r\u00e9glementations relatives aux sites et sols pollu\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations et synergies<\/h3>\n<p>En milieu naturel, la Canche cespiteuse cohabite avec de nombreuses esp\u00e8ces de prairies humides et de sous-bois frais. Dans les prairies humides, elle est associ\u00e9e au Jonc \u00e0 fleurs aigu\u00ebs (<em>Juncus acutiflorus<\/em>), \u00e0 la Molinie bleue (<em>Molinia caerulea<\/em>), au Lychnis fleur-de-coucou (<em>Silene flos-cuculi<\/em>), \u00e0 l&rsquo;Ang\u00e9lique des bois (<em>Angelica sylvestris<\/em>) et au Populage des marais (<em>Caltha palustris<\/em>). En sous-bois frais, elle accompagne la Luzule des bois (<em>Luzula sylvatica<\/em>), l&rsquo;Oxalis petite oseille (<em>Oxalis acetosella<\/em>) et les foug\u00e8res. Au jardin, elle s&rsquo;associe harmonieusement avec les Astilbes, les Iris de Sib\u00e9rie, les Ligulaires, les Rodgersias et les autres gramin\u00e9es ornementales (Miscanthus, Panicum, Molinia). Sa floraison estivale a\u00e9rienne cr\u00e9e un contraste de textures avec les vivaces \u00e0 feuillage ample des massifs humides.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et faits remarquables<\/h3>\n<p>Le nom <em>Deschampsia<\/em> honore le botaniste fran\u00e7ais Louis Auguste Deschamps (1765-1842), m\u00e9decin de la marine et naturaliste. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>cespitosa<\/em> vient du latin <em>caespes<\/em> (touffe de gazon), en r\u00e9f\u00e9rence au port dens\u00e9ment cespiteux de la plante. La Canche cespiteuse est l&rsquo;une des rares gramin\u00e9es capables de coloniser les sols fortement pollu\u00e9s aux m\u00e9taux lourds : des populations tol\u00e9rantes au zinc, au cadmium et au plomb ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes sur d&rsquo;anciens sites miniers et industriels en Europe. Ces populations ont \u00e9volu\u00e9 des m\u00e9canismes g\u00e9n\u00e9tiques de tol\u00e9rance en quelques g\u00e9n\u00e9rations, illustrant la rapidit\u00e9 de l&rsquo;adaptation des plantes aux contraintes environnementales. La panicule de la Canche cespiteuse, avec ses milliers d&rsquo;\u00e9pillets scintillant dans le vent, est l&rsquo;une des visions les plus po\u00e9tiques des prairies humides d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Les artisans floraux la prisent pour ses qualit\u00e9s esth\u00e9tiques en bouquets s\u00e9ch\u00e9s. En Angleterre, la Canche cespiteuse est surnomm\u00e9e \u00ab tufted hair grass \u00bb (herbe \u00e0 chevelure touffue), un nom \u00e9vocateur de son port caract\u00e9ristique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La Canche cespiteuse est une gramin\u00e9e robuste et polyvalente dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d\u00e9passe largement le cadre agronomique. Son r\u00f4le dans la stabilisation des sols humides, la restauration \u00e9cologique des zones d\u00e9grad\u00e9es et la phytorem\u00e9diation des sols pollu\u00e9s en fait une esp\u00e8ce cl\u00e9 pour l&rsquo;ing\u00e9nierie \u00e9cologique. Son succ\u00e8s en horticulture ornementale t\u00e9moigne de la beaut\u00e9 de ses panicules a\u00e9riennes et de sa facilit\u00e9 de culture. La conservation des prairies humides et des sous-bois frais o\u00f9 elle abonde est un enjeu important pour la biodiversit\u00e9 des milieux temp\u00e9r\u00e9s. Les recherches sur les m\u00e9canismes de tol\u00e9rance aux m\u00e9taux lourds chez les populations de <em>D. cespitosa<\/em> des sites pollu\u00e9s ouvrent des perspectives en biotechnologie v\u00e9g\u00e9tale et en d\u00e9pollution des sols. La Canche cespiteuse, gramin\u00e9e aussi commune que m\u00e9connue, illustre le potentiel insoup\u00e7onn\u00e9 de la flore ordinaire pour r\u00e9pondre aux d\u00e9fis environnementaux contemporains.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Canche%20cespiteuse\">Plants of the World Online, Kew : <em>Canche cespiteuse<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Canche+cespiteuse\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Canche cespiteuse<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Canche cespiteuse (Deschampsia cespitosa (L.) P.Beauv.) appartient \u00e0 la famille des Poaceae (Gramin\u00e9es), tribu des Aveneae. 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