{"id":1220,"date":"2026-03-26T11:38:23","date_gmt":"2026-03-26T10:38:23","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/chiendent-maritime\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"chiendent-maritime","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/chiendent-maritime\/","title":{"rendered":"CHIENDENT MARITIME"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Chiendent%20maritime.jpg\" alt=\"Planche botanique Chiendent maritime\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le chiendent maritime (<em>Elytrigia atherica<\/em> (Link) Kergu\u00e9len, synonyme <em>Elymus athericus<\/em> (Link) Kergu\u00e9len) est une gramin\u00e9e vivace robuste de la famille des Poac\u00e9es, caract\u00e9ristique des milieux littoraux de l&rsquo;Europe atlantique. Formant des peuplements denses et vigoureux dans les pr\u00e9s sal\u00e9s, les hauts de plage et les dunes fix\u00e9es, cette plante joue un r\u00f4le \u00e9cologique essentiel dans la stabilisation des sols c\u00f4tiers et la dynamique des marais maritimes. Ses feuilles raides et piquantes, d&rsquo;un vert glauque, et ses \u00e9pis dress\u00e9s le distinguent des autres chiendents.<\/p>\n<p>Le chiendent maritime ne poss\u00e8de pas d&rsquo;usage m\u00e9dicinal document\u00e9 et se distingue ainsi du chiendent rampant (<em>Elymus repens<\/em>), qui b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une longue tradition diur\u00e9tique. Son importance est avant tout \u00e9cologique : esp\u00e8ce structurante des pr\u00e9s sal\u00e9s sup\u00e9rieurs, il conditionne le fonctionnement de ces \u00e9cosyst\u00e8mes c\u00f4tiers d&rsquo;importance internationale pour l&rsquo;avifaune et la biodiversit\u00e9 littorale. Cette monographie documente ses aspects botaniques, chimiques et \u00e9cologiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le chiendent maritime porte le nom scientifique <em>Elytrigia atherica<\/em> (Link) Kergu\u00e9len, souvent cit\u00e9 sous le synonyme <em>Elymus athericus<\/em> (Link) Kergu\u00e9len. Les anciens noms incluent <em>Agropyron pungens<\/em> (Pers.) Roem. &amp; Schult. et <em>Elymus pycnanthus<\/em> (Godr.) Melderis. La nomenclature des chiendents est notoirement complexe et instable. L&rsquo;esp\u00e8ce appartient \u00e0 la famille des <strong>Poaceae<\/strong>, sous-famille des Pooideae, tribu des Triticeae.<\/p>\n<p>Le nom <em>Elytrigia<\/em> vient du grec <em>elytron<\/em> (enveloppe), en r\u00e9f\u00e9rence aux glumes. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>atherica<\/em> signifie \u00ab muni d&rsquo;ar\u00eates \u00bb. Les noms vernaculaires sont : \u00ab chiendent maritime \u00bb, \u00ab chiendent du littoral \u00bb, \u00ab chiendent piquant \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab sea couch grass \u00bb en anglais ; \u00ab Strand-Quecke \u00bb en allemand. L&rsquo;esp\u00e8ce est proche du chiendent rampant (<em>Elymus repens<\/em>) et s&rsquo;hybride avec lui dans les zones de contact.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le chiendent maritime est une plante vivace de 40 \u00e0 100 cm de hauteur, \u00e0 rhizomes tra\u00e7ants vigoureux, formant des peuplements denses et \u00e9tendus. Les tiges (chaumes) sont dress\u00e9es, rigides, glabres. Les feuilles sont lin\u00e9aires, raides, piquantes au sommet, de 3 \u00e0 8 mm de large, d&rsquo;un vert glauque, \u00e0 face sup\u00e9rieure stri\u00e9e et scabre, souvent enroul\u00e9es sur les bords en conditions s\u00e8ches. La ligule est tr\u00e8s courte (moins de 1 mm), tronqu\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est un \u00e9pi distique de 10 \u00e0 20 cm de long, dress\u00e9, \u00e0 axe (rachis) souvent fragile. Les \u00e9pillets, de 15 \u00e0 25 mm, sont sessiles, solitaires \u00e0 chaque n\u0153ud du rachis, contenant 5 \u00e0 8 fleurs. Les glumes sont lanc\u00e9ol\u00e9es, aigu\u00ebs \u00e0 arist\u00e9es, \u00e0 5-7 nervures. La lemme est lanc\u00e9ol\u00e9e, mucron\u00e9e \u00e0 bri\u00e8vement arist\u00e9e. La floraison a lieu de juin \u00e0 ao\u00fbt. La pollinisation est an\u00e9mogame. La reproduction v\u00e9g\u00e9tative par les rhizomes est le principal mode de propagation.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>Le chiendent maritime est une esp\u00e8ce atlantique \u00e0 m\u00e9diterran\u00e9enne, pr\u00e9sente sur les c\u00f4tes de l&rsquo;Europe occidentale, de la Scandinavie m\u00e9ridionale \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e occidentale. Il est particuli\u00e8rement abondant sur les c\u00f4tes de la Manche, de l&rsquo;Atlantique et de la mer du Nord. En France, il est commun sur tout le littoral, de Dunkerque \u00e0 la fronti\u00e8re espagnole et en Corse.<\/p>\n<p>Il colonise les pr\u00e9s sal\u00e9s sup\u00e9rieurs (schorre haut), les hauts de plage, les lev\u00e9es de galets, les dunes fix\u00e9es, les bords de marais salants et les digues. Il se d\u00e9veloppe sur des sols sal\u00e9s \u00e0 saum\u00e2tres, argileux ou sableux, p\u00e9riodiquement inond\u00e9s par les grandes mar\u00e9es. C&rsquo;est une esp\u00e8ce halophile tol\u00e9rante, caract\u00e9ristique de l&rsquo;association v\u00e9g\u00e9tale <em>Elymetum atherici<\/em>. Sa tol\u00e9rance au sel, au vent et \u00e0 l&rsquo;immersion temporaire en fait une esp\u00e8ce pionni\u00e8re essentielle des milieux littoraux.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>Le chiendent maritime est une esp\u00e8ce cl\u00e9 des pr\u00e9s sal\u00e9s sup\u00e9rieurs, o\u00f9 il forme des peuplements quasi monospecifiques d&rsquo;une grande biomasse. Sa reproduction v\u00e9g\u00e9tative par rhizomes lui permet de coloniser rapidement de vastes surfaces. Sa croissance est favoris\u00e9e par l&rsquo;apport d&rsquo;azote (eutrophisation), ce qui pose des probl\u00e8mes de gestion dans les pr\u00e9s sal\u00e9s recevant des d\u00e9p\u00f4ts azot\u00e9s atmosph\u00e9riques \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>La plante n&rsquo;est pas cultiv\u00e9e au sens horticole, mais elle est utilis\u00e9e en g\u00e9nie \u00e9cologique pour la restauration de zones littorales d\u00e9grad\u00e9es. La plantation de boutures de rhizomes (fragments de 15-20 cm) est la m\u00e9thode la plus efficace. Elle tol\u00e8re une salinit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e (jusqu&rsquo;\u00e0 30 g\/L), l&rsquo;immersion temporaire, le vent, l&#8217;embruns et les sols compacts. Elle ne convient pas aux jardins en raison de son caract\u00e8re fortement envahissant et de l&rsquo;absence d&rsquo;int\u00e9r\u00eat ornemental. Le p\u00e2turage extensif par des ovins (moutons de pr\u00e9-sal\u00e9) est le principal mode de gestion de ses peuplements dans un contexte de conservation.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique du chiendent maritime n&rsquo;a pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes phytochimiques d\u00e9taill\u00e9es. Comme les autres Poac\u00e9es, il contient principalement des <strong>polysaccharides<\/strong> structuraux (cellulose, h\u00e9micelluloses), de la <strong>silice<\/strong>, de l&rsquo;<strong>amidon<\/strong> et des <strong>prot\u00e9ines<\/strong>. Les esp\u00e8ces halophiles accumulent souvent des <strong>ions inorganiques<\/strong> (sodium, chlorure, potassium) et des <strong>osmolytes organiques<\/strong> (proline, glycine b\u00e9ta\u00efne) pour r\u00e9sister au stress salin.<\/p>\n<p>Par analogie avec le chiendent rampant (<em>Elymus repens<\/em>), mieux \u00e9tudi\u00e9, on peut supposer la pr\u00e9sence de <strong>triticine<\/strong> (un polysaccharide de type fructane) dans les rhizomes, de <strong>compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/strong> (acide f\u00e9rulique, acide p-coumarique), de <strong>flavono\u00efdes<\/strong> en faible quantit\u00e9 et de traces de <strong>saponines<\/strong>. L&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9tudes phytochimiques sp\u00e9cifiques ne permet pas de d\u00e9terminer si des compos\u00e9s bioactifs originaux sont pr\u00e9sents dans cette esp\u00e8ce littorale.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Aucune propri\u00e9t\u00e9 pharmacologique sp\u00e9cifique n&rsquo;est document\u00e9e pour le chiendent maritime. Contrairement au chiendent rampant, qui poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>diur\u00e9tiques<\/strong> reconnues li\u00e9es \u00e0 ses polysaccharides (triticine) et \u00e0 ses sels de potassium, le chiendent maritime n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune \u00e9valuation pharmacologique.<\/p>\n<p>Par analogie, les rhizomes pourraient poss\u00e9der des propri\u00e9t\u00e9s diur\u00e9tiques et \u00e9mollientes similaires \u00e0 celles du chiendent rampant, mais cela reste purement sp\u00e9culatif. La glycine b\u00e9ta\u00efne, accumul\u00e9e comme osmolyte, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>osmoprotectrices<\/strong> et <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong> bien document\u00e9es chez d&rsquo;autres sources, mais les concentrations dans le chiendent maritime n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9es. En r\u00e9sum\u00e9, l&rsquo;esp\u00e8ce ne pr\u00e9sente pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique identifi\u00e9 en l&rsquo;\u00e9tat des connaissances.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>Le chiendent maritime n&rsquo;a pas d&rsquo;usage en m\u00e9decine traditionnelle. Il ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e historique ni dans aucune tradition de m\u00e9decine populaire. Contrairement au chiendent rampant, universellement connu comme diur\u00e9tique populaire, le chiendent maritime n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 distingu\u00e9 \u00e0 des fins m\u00e9dicinales.<\/p>\n<p>Cette absence d&rsquo;usage s&rsquo;explique par plusieurs facteurs : la confusion fr\u00e9quente entre les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de chiendents, le caract\u00e8re piquant et peu engageant de la plante, et la difficult\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 ses rhizomes profond\u00e9ment enfouis dans les sols littoraux lourds et sal\u00e9s. Les populations c\u00f4ti\u00e8res qui c\u00f4toyaient cette plante n&rsquo;ont apparemment pas cherch\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exploiter m\u00e9dicalement, disposant probablement du chiendent rampant dans les terres cultiv\u00e9es avoisinantes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Silice<\/td>\n<td>Min\u00e9ral<\/td>\n<td>Remin\u00e9ralisant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Amidon<\/td>\n<td>Polysaccharide<\/td>\n<td>R\u00e9serve glucidique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Prot\u00e9ines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ions inorganiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie ni forme d&#8217;emploi n&rsquo;est applicable au chiendent maritime en raison de l&rsquo;absence d&rsquo;usage m\u00e9dicinal. La plante n&rsquo;entre dans la composition d&rsquo;aucune pr\u00e9paration pharmaceutique ni phytoth\u00e9rapique. Elle n&rsquo;est pas utilis\u00e9e en alimentation humaine, ses feuilles \u00e9tant trop coriaces et piquantes.<\/p>\n<p>Son seul \u00ab emploi \u00bb est \u00e9cologique : il est utilis\u00e9 dans les projets de restauration de pr\u00e9s sal\u00e9s et de v\u00e9g\u00e9talisation de digues c\u00f4ti\u00e8res. Des boutures de rhizomes sont plant\u00e9es dans les zones littorales \u00e0 restaurer. En horticulture, il n&rsquo;est pas cultiv\u00e9 en raison de son caract\u00e8re envahissant et de son feuillage piquant. Il constitue un fourrage de m\u00e9diocre qualit\u00e9 pour le b\u00e9tail p\u00e2turant les pr\u00e9s sal\u00e9s (moutons de pr\u00e9-sal\u00e9).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le chiendent maritime ne pr\u00e9sente aucune toxicit\u00e9 connue pour l&rsquo;homme ni pour le b\u00e9tail. Les moutons de pr\u00e9-sal\u00e9 le consomment r\u00e9guli\u00e8rement sans effet n\u00e9faste. Le seul risque est m\u00e9canique : les feuilles raides et piquantes peuvent provoquer des blessures cutan\u00e9es superficielles (coupures, piq\u00fbres) lors de la manipulation.<\/p>\n<p>Le pollen de gramin\u00e9es est allergisant, et le chiendent maritime contribue \u00e0 la charge pollinique littorale en \u00e9t\u00e9, bien que sa contribution soit modeste compar\u00e9e aux grandes gramin\u00e9es prairiales. Aucun autre effet ind\u00e9sirable n&rsquo;est connu. La plante est consid\u00e9r\u00e9e comme inoffensive du point de vue toxicologique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;est pertinente pour le chiendent maritime en l&rsquo;absence d&rsquo;usage m\u00e9dicinal ou alimentaire significatif. La plante ne contient aucun compos\u00e9 connu pour interf\u00e9rer avec le m\u00e9tabolisme des m\u00e9dicaments. Cette rubrique est sans objet pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Par principe de rigueur, il convient de noter que l&rsquo;accumulation de sodium dans les tissus de cette plante halophile rendrait toute consommation potentiellement probl\u00e9matique pour les personnes sous r\u00e9gime hyposod\u00e9 ou sous traitement antihypertenseur. Mais cette consid\u00e9ration est purement acad\u00e9mique.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Aucune \u00e9tude clinique ni pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur le chiendent maritime. Les \u00e9tudes scientifiques sont exclusivement \u00e9cologiques et portent sur son r\u00f4le dans la dynamique des pr\u00e9s sal\u00e9s. Des travaux importants ont document\u00e9 l&rsquo;expansion r\u00e9cente de cette esp\u00e8ce dans les pr\u00e9s sal\u00e9s de la mer du Nord, au d\u00e9triment d&rsquo;esp\u00e8ces moins comp\u00e9titives, en lien avec l&rsquo;eutrophisation et les d\u00e9p\u00f4ts azot\u00e9s atmosph\u00e9riques.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes de physiologie v\u00e9g\u00e9tale ont explor\u00e9 les m\u00e9canismes de tol\u00e9rance au sel (accumulation d&rsquo;osmolytes, s\u00e9cr\u00e9tion de sel, compartimentation vacuolaire). Des mod\u00e9lisations ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;impact du changement climatique et de l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation du niveau de la mer sur la distribution de l&rsquo;esp\u00e8ce. Des recherches en g\u00e9nie \u00e9cologique ont test\u00e9 l&rsquo;utilisation de boutures de rhizomes pour la restauration de pr\u00e9s sal\u00e9s d\u00e9grad\u00e9s. Ces \u00e9tudes confirment l&rsquo;importance \u00e9cologique majeure de l&rsquo;esp\u00e8ce sans r\u00e9v\u00e9ler de potentiel th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le chiendent maritime n&rsquo;est inscrit \u00e0 aucune pharmacop\u00e9e et ne poss\u00e8de aucun statut de plante m\u00e9dicinale. Il ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune r\u00e9glementation phytopharmaceutique ni alimentaire. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national, \u00e9tant commune sur le littoral.<\/p>\n<p>En revanche, les habitats qu&rsquo;il occupe (pr\u00e9s sal\u00e9s atlantiques) sont des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire au titre de la directive europ\u00e9enne Habitats (habitats 1330 et 1310). La destruction de ces milieux est r\u00e9glement\u00e9e, ce qui conf\u00e8re une protection indirecte \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce. Les pr\u00e9s sal\u00e9s sont \u00e9galement prot\u00e9g\u00e9s par la loi Littoral en France. L&rsquo;esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme envahissante dans certains pr\u00e9s sal\u00e9s eutrophis\u00e9s, ce qui constitue paradoxalement un enjeu de gestion en conservation.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>Le chiendent maritime n&rsquo;a pas d&rsquo;histoire culturelle notable. Il se confond souvent avec les autres chiendents dans la perception populaire. Le terme \u00ab chiendent \u00bb lui-m\u00eame (latin <em>cani dens<\/em>, dent de chien, en r\u00e9f\u00e9rence aux pointes ac\u00e9r\u00e9es des rhizomes) est g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9 au chiendent rampant des jardins et des cultures, dont le chiendent maritime est le cousin littoral.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;histoire de la botanique, la taxonomie chaotique du groupe des chiendents (<em>Agropyron<\/em>, <em>Elymus<\/em>, <em>Elytrigia<\/em>) a constitu\u00e9 un casse-t\u00eate pour les agrostologues pendant plus d&rsquo;un si\u00e8cle. L&rsquo;esp\u00e8ce est indirectement li\u00e9e \u00e0 la tradition gastronomique des \u00ab pr\u00e9s-sal\u00e9s \u00bb : l&rsquo;agneau de pr\u00e9-sal\u00e9, nourri de v\u00e9g\u00e9tation halophile dont le chiendent maritime, est un produit de terroir r\u00e9put\u00e9 (AOC Pr\u00e9s-sal\u00e9s du Mont-Saint-Michel, AOP pr\u00e9s-sal\u00e9s de la baie de Somme). Le chiendent maritime contribue ainsi, par l&rsquo;interm\u00e9diaire du p\u00e2turage, au patrimoine gastronomique littoral.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le chiendent maritime est une gramin\u00e9e sans int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapique mais d&rsquo;une importance \u00e9cologique consid\u00e9rable pour les \u00e9cosyst\u00e8mes littoraux. Esp\u00e8ce structurante des pr\u00e9s sal\u00e9s sup\u00e9rieurs, il contribue \u00e0 la stabilisation des sols c\u00f4tiers, \u00e0 la protection contre l&rsquo;\u00e9rosion et au fonctionnement trophique des marais maritimes.<\/p>\n<p>Les perspectives concernent principalement l&rsquo;\u00e9cologie et la gestion du littoral : compr\u00e9hension de sa dynamique d&rsquo;expansion dans le contexte du changement climatique et de l&rsquo;eutrophisation, utilisation en g\u00e9nie \u00e9cologique c\u00f4tier, gestion par le p\u00e2turage dans les espaces naturels prot\u00e9g\u00e9s. Le chiendent maritime illustre l&rsquo;importance des esp\u00e8ces apparemment banales dans le maintien de services \u00e9cosyst\u00e9miques essentiels, et rappelle que la valeur d&rsquo;une plante ne se r\u00e9duit pas \u00e0 ses vertus m\u00e9dicinales.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Elytrigia%20atherica\">Plants of the World Online, Kew : <em>Elytrigia atherica<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Elytrigia+atherica\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Elytrigia atherica<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le chiendent maritime (Elytrigia atherica (Link) Kergu\u00e9len, synonyme Elymus athericus (Link) Kergu\u00e9len) est une gramin\u00e9e vivace robuste de la famille des Poac\u00e9es, caract\u00e9ristique des milieux [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-1220","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-poacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1220","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1220"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1220\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13761,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1220\/revisions\/13761"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1220"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1220"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1220"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}