{"id":1236,"date":"2026-03-26T11:38:43","date_gmt":"2026-03-26T10:38:43","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/paturin-des-pres\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"paturin-des-pres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/paturin-des-pres\/","title":{"rendered":"P\u00c2TURIN DES PR\u00c9S"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/P%C3%A2turin%20des%20pr%C3%A9s.jpg\" alt=\"Planche botanique P\u00e2turin des pr\u00e9s\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>P\u00e2turin des pr\u00e9s<\/strong> (<em>Poa pratensis<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Poac\u00e9es<\/strong> (Gramin\u00e9es). Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Poa<\/em> d\u00e9rive du grec ancien <em>poa<\/em> signifiant \u00ab herbe \u00bb ou \u00ab fourrage \u00bb. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>pratensis<\/em> vient du latin <em>pratum<\/em> (pr\u00e9), indiquant son habitat de pr\u00e9dilection. Synonymes : <em>Poa angustifolia<\/em> L. (consid\u00e9r\u00e9 parfois comme sous-esp\u00e8ce). Noms vernaculaires : p\u00e2turin des pr\u00e9s, p\u00e2turin commun, gazon anglais, Kentucky bluegrass (anglais).<\/p>\n<p>Plante vivace herbac\u00e9e de 20 \u00e0 80 cm, \u00e0 rhizomes tra\u00e7ants vigoureux formant un gazon dense. Les chaumes sont dress\u00e9s, lisses, cylindriques. Les feuilles sont planes ou l\u00e9g\u00e8rement pli\u00e9es, de 2 \u00e0 4 mm de large, \u00e0 apex en forme de proue de bateau (caract\u00e8re diagnostique). La ligule est courte (0,5-2 mm), membraneuse, tronqu\u00e9e. L&rsquo;inflorescence est une panicule pyramidale ouverte, de 5 \u00e0 15 cm, \u00e0 rameaux \u00e9tal\u00e9s par 3 \u00e0 5, lisses ou scabres. Les \u00e9pillets, de 3 \u00e0 6 mm, contiennent 2 \u00e0 5 fleurs. Les glumes sont car\u00e9n\u00e9es, in\u00e9gales. Les lemmes portent une touffe de poils laineux \u00e0 la base (\u00ab toile d&rsquo;araign\u00e9e \u00bb), caract\u00e8re distinctif majeur du genre. Le caryopse est petit, libre.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Poa pratensis<\/em> est une esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale \u00e0 distribution holarctique. Son aire native couvre l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Europe, l&rsquo;Asie temp\u00e9r\u00e9e (du Caucase au Japon), l&rsquo;Afrique du Nord et l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 largement introduite et cultiv\u00e9e dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re sud (Australie, Nouvelle-Z\u00e9lande, Argentine, Afrique du Sud).<\/p>\n<p>Le p\u00e2turin des pr\u00e9s est l&rsquo;une des gramin\u00e9es les plus communes des prairies temp\u00e9r\u00e9es. Il occupe les prairies de fauche et de p\u00e2ture, les pelouses, les bords de routes, les parcs et jardins, les terrains de sport. Il pr\u00e9f\u00e8re les sols frais, fertiles, neutres \u00e0 calcaires, bien structur\u00e9s. Il tol\u00e8re l&rsquo;ombre partielle et le froid intense. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique de l&rsquo;ordre des <em>Arrhenatheretalia<\/em> (prairies de fauche) et du <em>Cynosurion<\/em> (p\u00e2turages). On le rencontre du niveau de la mer \u00e0 plus de 2 500 m d&rsquo;altitude dans les Alpes.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Poa pratensis<\/em> est une esp\u00e8ce extr\u00eamement commune, class\u00e9e en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC) dans toute son aire. Elle n&rsquo;est menac\u00e9e nulle part et ne n\u00e9cessite aucune mesure de conservation. Dans certaines r\u00e9gions hors de son aire native (Australie, certaines \u00eeles), elle peut se comporter en esp\u00e8ce envahissante.<\/p>\n<p>Le p\u00e2turin des pr\u00e9s joue un r\u00f4le \u00e9cologique fondamental dans les \u00e9cosyst\u00e8mes prairiaux temp\u00e9r\u00e9s. Son gazon dense stabilise les sols contre l&rsquo;\u00e9rosion. Ses rhizomes cr\u00e9ent un r\u00e9seau souterrain favorisant l&rsquo;infiltration de l&rsquo;eau et l&rsquo;a\u00e9ration du sol. La plante constitue la base alimentaire de nombreux herbivores sauvages et domestiques. Son pollen, produit en abondance, est une ressource pour les insectes pollinisateurs (bien que la pollinisation soit principalement an\u00e9mophile).<\/p>\n<p>En \u00e9cologie de la restauration, le p\u00e2turin des pr\u00e9s est l&rsquo;une des esp\u00e8ces les plus utilis\u00e9es pour la rev\u00e9g\u00e9talisation des talus, des pistes de ski et des sites d\u00e9grad\u00e9s, gr\u00e2ce \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 former rapidement un couvert herbac\u00e9 dense et r\u00e9sistant au pi\u00e9tinement.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La chimie de <em>Poa pratensis<\/em> est typique des Poac\u00e9es fourrag\u00e8res :<\/p>\n<p><strong>Glucides structuraux<\/strong> : <strong>cellulose<\/strong> (20-30 % MS), <strong>h\u00e9micelluloses<\/strong> (arabinoxylanes, \u03b2-glucanes \u00e0 liaisons mixtes), <strong>lignine<\/strong> (2-6 % MS selon le stade). Les <strong>fructanes<\/strong> constituent les glucides de r\u00e9serve, pouvant atteindre 15-20 % de la MS des gaines foliaires en fin d&rsquo;automne.<\/p>\n<p><strong>Prot\u00e9ines<\/strong> : 8 \u00e0 20 % MS selon le stade et la fertilisation. Profil aminoacidique complet, avec une proportion significative de <strong>lysine<\/strong> et de <strong>thr\u00e9onine<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> et <strong>acide p-coumarique<\/strong> est\u00e9rifi\u00e9s aux arabinoxylanes pari\u00e9taux. <strong>Flavono\u00efdes C-glycosyl\u00e9s<\/strong> : <strong>isovitexine<\/strong>, <strong>isoorientine<\/strong>, <strong>tricine<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavone<\/a> sp\u00e9cifique des Poac\u00e9es).<\/p>\n<p><strong>Lipides<\/strong> : les feuilles contiennent 3-5 % MS de lipides, riches en <strong>acide \u03b1-linol\u00e9nique<\/strong> (C18:3 \u03c9-3), contribuant \u00e0 l&rsquo;apport en om\u00e9ga-3 du lait des animaux au p\u00e2turage.<\/p>\n<p><strong>Min\u00e9raux<\/strong> : riche en <strong>potassium<\/strong>, <strong>silicium<\/strong> (phytolithes), <strong>phosphore<\/strong>, <strong>magn\u00e9sium<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s de d\u00e9fense<\/strong> : des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> de l&rsquo;ergot<\/strong> peuvent \u00eatre pr\u00e9sents en cas d&rsquo;infection par des champignons endophytes (<em>Epichlo\u00eb typhina<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Poa pratensis<\/em> sont tr\u00e8s limit\u00e9es, la plante n&rsquo;\u00e9tant pas traditionnellement utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie. Les activit\u00e9s biologiques document\u00e9es concernent ses composants individuels :<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : la <strong>tricine<\/strong>, flavone caract\u00e9ristique des Poac\u00e9es, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires document\u00e9es. Elle inhibe la <strong>COX-2<\/strong> et la <strong>5-LOX<\/strong> in vitro et prot\u00e8ge contre le stress oxydatif dans des mod\u00e8les cellulaires.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse<\/strong> : la <strong>tricine<\/strong> a montr\u00e9 des effets chimiopr\u00e9ventifs dans des mod\u00e8les murins de cancer colorectal, inhibant la formation d&rsquo;aberrant crypt foci induits par l&rsquo;azoxym\u00e9thane.<\/p>\n<p><strong>Effet pr\u00e9biotique<\/strong> : les <strong>fructanes<\/strong> de type <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">inuline<\/a> du p\u00e2turin stimulent s\u00e9lectivement les bifidobact\u00e9ries et les lactobacilles dans le c\u00f4lon, am\u00e9liorant la sant\u00e9 du microbiote intestinal.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 immunomodulatrice<\/strong> : les <strong>\u03b2-glucanes<\/strong> pari\u00e9taux stimulent l&rsquo;immunit\u00e9 inn\u00e9e via l&rsquo;activation des r\u00e9cepteurs <strong>Dectin-1<\/strong> des macrophages.<\/p>\n<p><strong>Allerg\u00e9nicit\u00e9<\/strong> : le pollen de <em>Poa pratensis<\/em> contient des allerg\u00e8nes majeurs (Poa p 1 \u00e0 Poa p 13) responsables de rhinite et d&rsquo;asthme allergiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Le p\u00e2turin des pr\u00e9s ne poss\u00e8de pas d&rsquo;indication th\u00e9rapeutique reconnue en phytoth\u00e9rapie. Les applications potentielles sont d\u00e9duites de sa composition chimique :<\/p>\n<p><strong>Sant\u00e9 digestive<\/strong> : les fructanes pourraient contribuer au soutien du microbiote intestinal, bien que d&rsquo;autres sources (chicor\u00e9e, artichaut) soient nettement pr\u00e9f\u00e9rables.<\/p>\n<p><strong>Immunoth\u00e9rapie allergique<\/strong> : les extraits polliniques de <em>Poa pratensis<\/em> sont largement utilis\u00e9s en allergologie pour le diagnostic et le traitement de la pollinose aux gramin\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Nutrition animale<\/strong> : l&rsquo;int\u00e9r\u00eat majeur du p\u00e2turin r\u00e9side dans sa contribution nutritionnelle pour le b\u00e9tail, avec un profil lipidique favorable (acide \u03b1-linol\u00e9nique) qui se retrouve dans le lait et la viande des animaux nourris au p\u00e2turage.<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sur <em>Poa pratensis<\/em> concernent quasi exclusivement l&rsquo;allergologie :<\/p>\n<p>De nombreux essais cliniques contr\u00f4l\u00e9s ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;immunoth\u00e9rapie allerg\u00e9nique sp\u00e9cifique (ITA) utilisant des extraits polliniques de gramin\u00e9es, incluant <em>Poa pratensis<\/em>. La d\u00e9sensibilisation sublinguale (comprim\u00e9s Grazax\u00ae, Oralair\u00ae) et sous-cutan\u00e9e a d\u00e9montr\u00e9 une r\u00e9duction significative des sympt\u00f4mes de rhinite allergique et une diminution du recours aux antihistaminiques, avec un b\u00e9n\u00e9fice persistant apr\u00e8s l&rsquo;arr\u00eat du traitement.<\/p>\n<p>Sur le plan nutritionnel, des \u00e9tudes cliniques sur les <strong>fructanes de type inuline<\/strong> (partag\u00e9s avec le p\u00e2turin, bien que les sources commerciales proviennent d&rsquo;autres esp\u00e8ces) ont d\u00e9montr\u00e9 un effet pr\u00e9biotique, une am\u00e9lioration de l&rsquo;absorption du calcium et une modulation favorable du microbiote intestinal.<\/p>\n<p>La <strong>tricine<\/strong>, flavone des Poac\u00e9es, est en phase d&rsquo;\u00e9tude clinique pr\u00e9coce (phase I) pour la chimiopr\u00e9vention du cancer colorectal.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p>La recherche sur <em>Poa pratensis<\/em> est tr\u00e8s active, principalement dans les domaines agronomique et \u00e9cologique :<\/p>\n<p><strong>G\u00e9nomique et am\u00e9lioration vari\u00e9tale<\/strong> : le g\u00e9nome du p\u00e2turin, polyplo\u00efde complexe (2n = 28-154), fait l&rsquo;objet de recherches intensives pour am\u00e9liorer la r\u00e9sistance aux maladies (rouille, o\u00efdium), la tol\u00e9rance au stress hydrique et la qualit\u00e9 du gazon.<\/p>\n<p><strong>Phytorem\u00e9diation<\/strong> : <em>Poa pratensis<\/em> est \u00e9tudi\u00e9 pour la d\u00e9pollution des sols contamin\u00e9s par les hydrocarbures et les m\u00e9taux lourds, sa croissance rapide et son syst\u00e8me racinaire dense favorisant la biod\u00e9gradation microbienne rhizosph\u00e9rique.<\/p>\n<p><strong>\u00c9cologie du microbiome<\/strong> : les interactions entre le p\u00e2turin, ses endophytes fongiques et son microbiote rhizosph\u00e9rique sont \u00e9tudi\u00e9es par m\u00e9tag\u00e9nomique, r\u00e9v\u00e9lant un holobionte complexe dont la sant\u00e9 d\u00e9termine la productivit\u00e9 prairiale.<\/p>\n<p><strong>Allergologie mol\u00e9culaire<\/strong> : le s\u00e9quen\u00e7age et l&rsquo;expression recombinante des allerg\u00e8nes Poa p 1 \u00e0 Poa p 13 permettent le d\u00e9veloppement de diagnostics mol\u00e9culaires (component-resolved diagnostics) et d&rsquo;immunoth\u00e9rapies de pr\u00e9cision.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucides structuraux<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cellulose<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>H\u00e9micelluloses<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lignine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Fructanes<\/td>\n<td>Polysaccharide<\/td>\n<td>Pr\u00e9biotique<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Le p\u00e2turin des pr\u00e9s n&rsquo;est pas utilis\u00e9 en pratique phytoth\u00e9rapeutique courante. Les rares mentions dans la litt\u00e9rature populaire \u00e9voquent :<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction de racines<\/strong> : 20 \u00e0 30 g de rhizomes s\u00e9ch\u00e9s par litre d&rsquo;eau, bouillir 5 minutes, infuser 10 minutes. Usage diur\u00e9tique l\u00e9ger, en tradition populaire uniquement.<\/p>\n<p><strong>Bain de plantes<\/strong> : d\u00e9coction de parties a\u00e9riennes fra\u00eeches (100-200 g\/L) ajout\u00e9e \u00e0 l&rsquo;eau du bain, pour un effet relaxant (tradition populaire scandinave et slave).<\/p>\n<p><strong>Jus d&rsquo;herbe<\/strong> : dans le cadre des cures de \u00ab jus d&rsquo;herbe de bl\u00e9 \u00bb (wheatgrass), le p\u00e2turin peut \u00eatre substitu\u00e9, bien que le bl\u00e9 et l&rsquo;orge soient les esp\u00e8ces habituellement utilis\u00e9es.<\/p>\n<p>Aucune posologie standardis\u00e9e n&rsquo;existe en raison de l&rsquo;absence de monographie officielle.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Allergies polliniques<\/strong> : <em>Poa pratensis<\/em> est l&rsquo;un des allerg\u00e8nes polliniques les plus importants des zones temp\u00e9r\u00e9es. Les sujets sensibilis\u00e9s aux gramin\u00e9es doivent \u00e9viter tout contact prolong\u00e9 avec la plante en p\u00e9riode de floraison (mai \u00e0 juillet). La r\u00e9activit\u00e9 crois\u00e9e avec d&rsquo;autres gramin\u00e9es (phl\u00e9ole, dactyle, ivraie) est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Endophytes fongiques<\/strong> : les populations sauvages de p\u00e2turin peuvent h\u00e9berger des champignons endophytes du genre <em>Epichlo\u00eb<\/em> (<em>Neotyphodium<\/em>) produisant des <strong>alcalo\u00efdes de l&rsquo;ergot<\/strong> (ergovaline, lolitr\u00e8me B) toxiques pour le b\u00e9tail. Chez l&rsquo;humain, ces alcalo\u00efdes peuvent provoquer des vasospasmes, des c\u00e9phal\u00e9es et des troubles digestifs.<\/p>\n<p><strong>Contamination environnementale<\/strong> : les gazons de p\u00e2turin des pr\u00e9s trait\u00e9s aux pesticides (herbicides, fongicides, insecticides) ne doivent jamais \u00eatre utilis\u00e9s \u00e0 des fins alimentaires ou m\u00e9dicinales.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p><em>Poa pratensis<\/em> est une plante non toxique en soi. Sa consommation par le b\u00e9tail depuis des mill\u00e9naires en atteste. Cependant, plusieurs risques toxicologiques existent :<\/p>\n<p>Les <strong>fructanes<\/strong>, en quantit\u00e9 excessive, peuvent provoquer des troubles digestifs (fermentation colique, ballonnements, diarrh\u00e9e). Chez le cheval, l&rsquo;ingestion massive de gramin\u00e9es riches en fructanes est associ\u00e9e \u00e0 la fourbure (laminite), une pathologie grave du pied.<\/p>\n<p>La contamination par l&rsquo;<strong>ergot<\/strong> (<em>Claviceps purpurea<\/em>) repr\u00e9sente le principal danger toxicologique. Les scl\u00e9rotes d&rsquo;ergot, contenant des <strong>alcalo\u00efdes ergotiques<\/strong> (ergotamine, ergom\u00e9trine), peuvent provoquer l&rsquo;ergotisme (vasoconstriction p\u00e9riph\u00e9rique, gangr\u00e8ne, convulsions).<\/p>\n<p>Les <strong>endophytes symbiotiques<\/strong> produisent des alcalo\u00efdes (lolitr\u00e8me B, ergovaline, p\u00e9ramines) qui prot\u00e8gent la plante des insectes mais sont toxiques pour les herbivores, causant le \u00ab syndrome de la f\u00e9tuque \u00bb ou des tremblements (staggers).<\/p>\n<p>Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine directe par <em>Poa pratensis<\/em> n&rsquo;est r\u00e9pertori\u00e9 dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le p\u00e2turin des pr\u00e9s est avant tout une herbe fourrag\u00e8re et gazonnante de premi\u00e8re importance. C&rsquo;est la gramin\u00e9e prairiale par excellence de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord temp\u00e9r\u00e9, cultiv\u00e9e depuis des si\u00e8cles pour la constitution de prairies permanentes de haute qualit\u00e9 fourrag\u00e8re. Aux \u00c9tats-Unis, sous le nom de \u00ab Kentucky bluegrass \u00bb, il constitue la base de la quasi-totalit\u00e9 des gazons r\u00e9sidentiels et des terrains de sport.<\/p>\n<p>Les usages m\u00e9dicinaux sont tr\u00e8s marginaux et peu document\u00e9s. Dans la m\u00e9decine populaire scandinave, les racines de p\u00e2turin \u00e9taient incluses dans des d\u00e9coctions diur\u00e9tiques. Dans la tradition populaire russe, les parties a\u00e9riennes servaient \u00e0 pr\u00e9parer des bains apaisants pour les enfants agit\u00e9s. Certaines traditions am\u00e9rindiennes utilisaient les graines de <em>Poa<\/em> spp. comme aliment.<\/p>\n<p>Sur le plan artisanal, les touffes denses de p\u00e2turin servaient \u00e0 confectionner des cordages rudimentaires et des nattes. Les chaumes s\u00e9ch\u00e9s entraient dans la composition de liti\u00e8res animales.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p><em>Poa pratensis<\/em> ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle et ne poss\u00e8de aucun statut de plante m\u00e9dicinale. Aucune monographie officielle n&rsquo;existe pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>En revanche, les extraits polliniques de p\u00e2turin sont des m\u00e9dicaments r\u00e9glement\u00e9s, soumis \u00e0 AMM, dans le cadre de l&rsquo;immunoth\u00e9rapie allerg\u00e9nique. Ils sont disponibles en France sous forme de pr\u00e9parations injectables et sublinguales, d\u00e9livr\u00e9es sur prescription m\u00e9dicale.<\/p>\n<p>Sur le plan agricole, <em>Poa pratensis<\/em> fait l&rsquo;objet d&rsquo;un catalogue vari\u00e9tal officiel dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne. De nombreuses vari\u00e9t\u00e9s s\u00e9lectionn\u00e9es sont inscrites au catalogue commun des vari\u00e9t\u00e9s fourrag\u00e8res et gazonnantes.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>P\u00c2TURIN DES PR\u00c9S pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nCasler M.D., Duncan R.R. \u2014 <em>Turfgrass Biology, Genetics, and Breeding<\/em>, Wiley, 2003.<br \/>\nFerreira I.M. et al. \u2014 \u00ab Grass pollen allergens: molecular characterization and clinical relevance \u00bb, <em>Clin. Transl. Allergy<\/em>, 2019, 9, 42.<br \/>\nSleper D.A., Buckner R.C. \u2014 \u00ab The fescues \u00bb, in <em>Cool-Season Forage Grasses<\/em>, ASA-CSSA-SSSA, 1995, 345-379.<br \/>\nLi M. et al. \u2014 \u00ab Tricine\u2014A potential multifunctional nutraceutical \u00bb, <em>Food Funct.<\/em>, 2022, 13, 6640-6652.<br \/>\nRameau J.-C. et al. \u2014 <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, IDF, 1989.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le P\u00e2turin des pr\u00e9s (Poa pratensis L.) appartient \u00e0 la famille des Poac\u00e9es (Gramin\u00e9es). Le nom g\u00e9n\u00e9rique Poa d\u00e9rive du grec [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-1236","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-poacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1236","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1236"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1236\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13747,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1236\/revisions\/13747"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1236"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1236"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1236"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}