{"id":1238,"date":"2026-03-26T11:38:46","date_gmt":"2026-03-26T10:38:46","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ray-grass-ditalie\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"ray-grass-ditalie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ray-grass-ditalie\/","title":{"rendered":"RAY-GRASS D\u2019ITALIE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Ray-grass%20d%27Italie.jpg\" alt=\"Planche botanique Ray-grass d&#039;Italie\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <em>Lolium multiflorum<\/em> Lam. (syn. <em>Lolium italicum<\/em> A. Braun), commun\u00e9ment appel\u00e9 ray-grass d&rsquo;Italie, ivraie multiflore ou italian ryegrass, est une gramin\u00e9e de la famille des <strong>Poaceae<\/strong>. Le genre <em>Lolium<\/em>, comprenant environ 8 esp\u00e8ces, regroupe des gramin\u00e9es de grande importance agronomique et fourrag\u00e8re. Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Lolium<\/em> est le nom latin classique de l&rsquo;ivraie, plante d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e dans la parabole biblique du bon grain et de l&rsquo;ivraie. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>multiflorum<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence au nombre \u00e9lev\u00e9 de fleurs par \u00e9pillet, caract\u00e8re distinctif par rapport au ray-grass anglais (<em>L. perenne<\/em>). Le ray-grass d&rsquo;Italie est l&rsquo;une des gramin\u00e9es fourrag\u00e8res les plus cultiv\u00e9es dans le monde, pi\u00e8ce ma\u00eetresse des syst\u00e8mes prairiaux temporaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le ray-grass d&rsquo;Italie est une gramin\u00e9e annuelle \u00e0 bisannuelle, parfois p\u00e9renne de courte dur\u00e9e, haute de 30 \u00e0 100 cm. Les chaumes sont dress\u00e9s, lisses, cylindriques, \u00e0 n\u0153uds glabres, formant des touffes l\u00e2ches. Les feuilles sont lin\u00e9aires, planes, larges de 4 \u00e0 8 mm, longues de 10 \u00e0 25 cm, vert vif, brillantes sur la face inf\u00e9rieure, scabres sur la face sup\u00e9rieure. La pr\u00e9foliation est enroul\u00e9e (et non pli\u00e9e, contrairement au ray-grass anglais), caract\u00e8re fondamental pour la distinction des deux esp\u00e8ces au stade v\u00e9g\u00e9tatif. La ligule est membraneuse, courte (1-2 mm), tronqu\u00e9e. Les oreillettes sont bien d\u00e9velopp\u00e9es, embrassantes. L&rsquo;inflorescence est un \u00e9pi distique, souvent allong\u00e9 et l\u00e9g\u00e8rement arqu\u00e9, long de 15 \u00e0 30 cm. Les \u00e9pillets sont solitaires, alternes, dispos\u00e9s de profil contre le rachis. Chaque \u00e9pillet, long de 10 \u00e0 25 mm, contient 5 \u00e0 15 fleurs (contre 4 \u00e0 10 chez <em>L. perenne<\/em>). La glume inf\u00e9rieure est absente (sauf sur l&rsquo;\u00e9pillet terminal), la glume sup\u00e9rieure est lin\u00e9aire-lanc\u00e9ol\u00e9e, 5 \u00e0 7 nervures, plus courte que l&rsquo;\u00e9pillet. La lemme est oblongue, \u00e0 5 nervures, g\u00e9n\u00e9ralement arist\u00e9e, l&rsquo;ar\u00eate atteignant 5 \u00e0 8 mm. Le caryopse est oblong, sillonn\u00e9 sur la face ventrale.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>Le ray-grass d&rsquo;Italie est originaire du bassin m\u00e9diterran\u00e9en, probablement d&rsquo;Italie du Nord et du sud de l&rsquo;Europe, o\u00f9 il pousse spontan\u00e9ment dans les prairies, les friches, les bords de routes et les cultures. Il a \u00e9t\u00e9 domestiqu\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle en Lombardie pour la production fourrag\u00e8re, d&rsquo;o\u00f9 son nom de \u00ab ray-grass d&rsquo;Italie \u00bb. Aujourd&rsquo;hui, il est cultiv\u00e9 et naturalis\u00e9 sur tous les continents, dans les r\u00e9gions \u00e0 climat temp\u00e9r\u00e9 et m\u00e9diterran\u00e9en. En France, il est omnipr\u00e9sent comme plante cultiv\u00e9e dans les prairies temporaires et se rencontre fr\u00e9quemment en subspontan\u00e9 le long des routes, dans les friches, les cultures et les d\u00e9combres. \u00c0 l&rsquo;\u00e9tat sauvage, il est pr\u00e9sent dans tout le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en. Il se rencontre du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 500 m d&rsquo;altitude. Il pr\u00e9f\u00e8re les sols fertiles, frais, limono-argileux, mais s&rsquo;adapte \u00e0 une large gamme de substrats.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Le ray-grass d&rsquo;Italie est principalement annuel ou bisannuel, mais certains cultivars se comportent comme des vivaces de courte dur\u00e9e (2-3 ans). Le semis s&rsquo;effectue au printemps (mars-avril) ou \u00e0 l&rsquo;automne (ao\u00fbt-septembre). La germination est rapide (5 \u00e0 7 jours en conditions favorables). La pr\u00e9foliation enroul\u00e9e caract\u00e9ristique appara\u00eet d\u00e8s le stade 2-3 feuilles. Le tallage est vigoureux, chaque plante pouvant produire 10 \u00e0 30 talles. La montaison intervient au printemps suivant pour les semis d&rsquo;automne, ou dans l&rsquo;ann\u00e9e pour les semis de printemps. La floraison se d\u00e9roule de mai \u00e0 juillet, la pollinisation \u00e9tant an\u00e9mophile. La fructification se poursuit de juin \u00e0 ao\u00fbt. Apr\u00e8s la premi\u00e8re coupe, la repousse est rapide et vigoureuse, permettant 3 \u00e0 5 coupes par an en conditions favorables. Le cycle annuel s&rsquo;ach\u00e8ve par la mort de la plante apr\u00e8s la fructification, mais les cultivars bisannuels et p\u00e9rennes peuvent persister une ou deux saisons suppl\u00e9mentaires. Les graines tomb\u00e9es au sol assurent un r\u00e9ensemencement naturel (auto-ressemis).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le ray-grass d&rsquo;Italie est une gramin\u00e9e \u00e0 haute valeur nutritive. Ses parties a\u00e9riennes contiennent 12 \u00e0 20 % de <strong>prot\u00e9ines brutes<\/strong> (sur mati\u00e8re s\u00e8che, selon le stade et la fertilisation), 20 \u00e0 30 % de <strong>cellulose brute<\/strong>, 15 \u00e0 25 % de <strong>glucides solubles<\/strong> (essentiellement des <strong>fructanes<\/strong> et du <strong>saccharose<\/strong>), 2 \u00e0 4 % de <strong>lipides<\/strong>, et 8 \u00e0 12 % de <strong>cendres min\u00e9rales<\/strong>. La digestibilit\u00e9 de la mati\u00e8re organique est \u00e9lev\u00e9e (70-80 %), sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la plupart des gramin\u00e9es prairiales. Les feuilles sont riches en <strong>acides gras insatur\u00e9s<\/strong>, notamment l&rsquo;<strong>acide alpha-linol\u00e9nique<\/strong> (om\u00e9ga-3), ce qui conf\u00e8re au lait et \u00e0 la viande d&rsquo;animaux nourris au ray-grass un profil lipidique favorable. La plante contient des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et de la <strong>silice<\/strong>. Certaines vari\u00e9t\u00e9s peuvent accumuler des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> endophytiques produits par le champignon symbiote <em>Epichlo\u00eb<\/em>, qui conf\u00e8rent une r\u00e9sistance aux ravageurs mais peuvent \u00eatre toxiques pour le b\u00e9tail.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le ray-grass d&rsquo;Italie ne poss\u00e8de pas de propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales reconnues. Comme la plupart des gramin\u00e9es fourrag\u00e8res, il n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 en phytoth\u00e9rapie traditionnelle. Son pollen constitue cependant l&rsquo;un des allerg\u00e8nes les plus importants en Europe. Le genre <em>Lolium<\/em> produit un pollen abondant de mai \u00e0 juillet, responsable d&rsquo;une part significative des pollinoses (rhume des foins) en zones temp\u00e9r\u00e9es. Les prot\u00e9ines allerg\u00e8nes Lol p 1, Lol p 2 et Lol p 5, identifi\u00e9es dans le pollen du genre <em>Lolium<\/em>, sont parmi les mieux caract\u00e9ris\u00e9es de tous les allerg\u00e8nes de gramin\u00e9es. Les extraits de pollen de <em>Lolium<\/em> sont largement utilis\u00e9s en allergologie pour le diagnostic et l&rsquo;immunoth\u00e9rapie (d\u00e9sensibilisation) des allergies aux gramin\u00e9es. Par ailleurs, les fructanes du ray-grass pr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat comme pr\u00e9biotiques potentiels, favorisant le d\u00e9veloppement de bact\u00e9ries b\u00e9n\u00e9fiques dans le tube digestif des ruminants.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Prot\u00e9ines brutes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cellulose brute<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucides solubles<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Fructanes<\/td>\n<td>Polysaccharide<\/td>\n<td>Pr\u00e9biotique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saccharose<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Le ray-grass d&rsquo;Italie est r\u00e9colt\u00e9 et transform\u00e9 selon quatre modalit\u00e9s principales. Le p\u00e2turage direct permet aux animaux de consommer l&rsquo;herbe sur pied, mode d&rsquo;exploitation le plus simple et le moins co\u00fbteux. L&rsquo;affouragement en vert consiste \u00e0 faucher l&rsquo;herbe et \u00e0 la distribuer fra\u00eeche \u00e0 l&rsquo;auge, technique courante en \u00e9levage laitier intensif. Le foin, obtenu par fauchage et s\u00e9chage au champ, se pratique principalement sur la premi\u00e8re coupe de printemps. L&rsquo;ensilage, m\u00e9thode de conservation par fermentation ana\u00e9robie, est la forme de transformation la plus r\u00e9pandue : l&rsquo;herbe est fauch\u00e9e, pr\u00e9-fan\u00e9e, r\u00e9colt\u00e9e par ensileuse puis tass\u00e9e dans un silo horizontal ou un boudin plastique. L&rsquo;enrubannage (balles rondes envelopp\u00e9es de film plastique) est une variante de l&rsquo;ensilage adapt\u00e9e aux petites exploitations. La qualit\u00e9 de l&rsquo;ensilage de ray-grass d&rsquo;Italie est excellente en raison de sa forte teneur en sucres solubles, qui favorisent une bonne fermentation lactique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>Le ray-grass d&rsquo;Italie joue un r\u00f4le environnemental ambigu. Comme culture de couverture sem\u00e9e apr\u00e8s les c\u00e9r\u00e9ales (CIPAN), il pi\u00e8ge efficacement les nitrates r\u00e9siduels dans le sol, limitant la lixiviation vers les nappes phr\u00e9atiques. Son enracinement dense am\u00e9liore la structure du sol et lutte contre l&rsquo;\u00e9rosion. Cependant, la culture intensive du ray-grass d&rsquo;Italie, avec des fertilisations azot\u00e9es \u00e9lev\u00e9es, contribue aux \u00e9missions de protoxyde d&rsquo;azote (gaz \u00e0 effet de serre) et au lessivage de nitrates en cas de surfertilisation. La monoculture de ray-grass r\u00e9duit la diversit\u00e9 floristique des prairies par rapport aux prairies permanentes naturelles. Son pollen abondant constitue un facteur aggravant de pollinoses. En revanche, les prairies de ray-grass d&rsquo;Italie, m\u00eame temporaires, fournissent un habitat et des ressources alimentaires pour l&rsquo;avifaune prairiale et les invert\u00e9br\u00e9s. L&rsquo;utilisation de cultivars endophytiques (porteurs du champignon <em>Epichlo\u00eb<\/em>) soul\u00e8ve des questions \u00e9cotoxicologiques li\u00e9es aux alcalo\u00efdes produits.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage du ray-grass d&rsquo;Italie est presque exclusivement agronomique. Domestiqu\u00e9 en Lombardie dans les ann\u00e9es 1810-1820, il fut rapidement adopt\u00e9 dans toute l&rsquo;Europe comme fourrage de haute qualit\u00e9. Son introduction en France date des ann\u00e9es 1830-1840, p\u00e9riode de modernisation agricole. Il devint en quelques d\u00e9cennies la gramin\u00e9e fourrag\u00e8re de r\u00e9f\u00e9rence pour les prairies temporaires, supplantant les m\u00e9langes traditionnels de gramin\u00e9es et de l\u00e9gumineuses. Dans les r\u00e9gions d&rsquo;\u00e9levage laitier (Normandie, Bretagne, Pays de Loire), il constitue la base de l&rsquo;alimentation des vaches laiti\u00e8res en vert et en ensilage. En Italie du Nord, la tradition de culture du ray-grass est li\u00e9e \u00e0 la production du lait pour les fromages Grana Padano et Parmigiano-Reggiano. En Nouvelle-Z\u00e9lande et en Australie, le ray-grass d&rsquo;Italie est un pilier de l&rsquo;\u00e9levage ovin et bovin extensif. Les graines de ray-grass \u00e9taient autrefois tri\u00e9es soigneusement pour les s\u00e9parer de celles de l&rsquo;ivraie enivrante (<em>Lolium temulentum<\/em>), esp\u00e8ce toxique qui contaminait les r\u00e9coltes c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>Le ray-grass d&rsquo;Italie est une culture fourrag\u00e8re \u00e0 cycle court, tr\u00e8s productive. Le semis se fait \u00e0 la vol\u00e9e ou en lignes espac\u00e9es de 15-20 cm, \u00e0 raison de 30 \u00e0 40 kg\/ha, sur un sol bien pr\u00e9par\u00e9, \u00e0 1-2 cm de profondeur. Le semis d&rsquo;automne (ao\u00fbt-septembre) est privil\u00e9gi\u00e9 pour une exploitation au printemps suivant. Le semis de printemps (mars-avril) permet une exploitation dans l&rsquo;ann\u00e9e. La lev\u00e9e est rapide (5-7 jours) et la couverture du sol est atteinte en 4-6 semaines. La fertilisation azot\u00e9e est d\u00e9terminante pour la productivit\u00e9 : 150 \u00e0 300 kg N\/ha\/an en conditions intensives, fractionn\u00e9s apr\u00e8s chaque coupe. La premi\u00e8re coupe intervient au stade \u00e9piaison (mai), les coupes suivantes toutes les 4 \u00e0 6 semaines. Le rendement annuel peut atteindre 10 \u00e0 15 tonnes de mati\u00e8re s\u00e8che par hectare. Les principaux types vari\u00e9taux sont les diplo\u00efdes et les t\u00e9traplo\u00efdes, ces derniers offrant des feuilles plus larges, plus tendres et plus riches en glucides solubles. Les vari\u00e9t\u00e9s alternatives (\u00e9piant la premi\u00e8re ann\u00e9e) et non alternatives (n\u00e9cessitant une vernalisation) conviennent \u00e0 des dates de semis diff\u00e9rentes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>Le ray-grass d&rsquo;Italie est une esp\u00e8ce cultiv\u00e9e dont les populations sauvages ne sont pas menac\u00e9es. Il ne figure sur aucune liste rouge ni aucune liste de protection. Sa commercialisation est r\u00e9glement\u00e9e par la l\u00e9gislation europ\u00e9enne sur les semences fourrag\u00e8res : inscription au catalogue officiel des vari\u00e9t\u00e9s, certification des lots de semences, normes de puret\u00e9 et de germination. Plus de 300 vari\u00e9t\u00e9s sont inscrites au catalogue commun europ\u00e9en. En France, la commercialisation des semences est contr\u00f4l\u00e9e par le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants). Aucune restriction ne concerne sa culture ou son utilisation. Dans certains pays hors de son aire d&rsquo;origine (Australie, Nouvelle-Z\u00e9lande), le ray-grass d&rsquo;Italie est localement consid\u00e9r\u00e9 comme une adventice envahissante dans les milieux naturels, mais il ne fait pas l&rsquo;objet de mesures de contr\u00f4le sp\u00e9cifiques en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;histoire du ray-grass d&rsquo;Italie est intimement li\u00e9e \u00e0 la r\u00e9volution agricole du XIXe si\u00e8cle. Sa domestication en Lombardie constitue l&rsquo;un des derniers exemples de domestication d&rsquo;une esp\u00e8ce fourrag\u00e8re majeure dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;agriculture. Le comte Carlo Lastri et l&rsquo;agronome Giovanni Targioni Tozzetti furent parmi les premiers \u00e0 promouvoir sa culture en Toscane. L&rsquo;Anglais George Sinclair, jardinier du duc de Bedford, l&rsquo;introduisit en Grande-Bretagne vers 1820 apr\u00e8s un voyage en Italie. La distinction entre ray-grass d&rsquo;Italie et ray-grass anglais fit l&rsquo;objet de d\u00e9bats botaniques anim\u00e9s au XIXe si\u00e8cle, certains auteurs ne reconnaissant qu&rsquo;une seule esp\u00e8ce polymorphe. La parabole biblique de l&rsquo;ivraie et du bon grain (Matthieu 13, 24-30) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;ivraie enivrante (<em>Lolium temulentum<\/em>), esp\u00e8ce voisine dont les graines, contamin\u00e9es par un champignon endophyte toxique, provoquaient des intoxications graves lorsqu&rsquo;elles se m\u00e9langeaient au bl\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>Le ray-grass d&rsquo;Italie est le plus souvent confondu avec le ray-grass anglais (<em>Lolium perenne<\/em>), dont il se distingue par trois crit\u00e8res fondamentaux : la pr\u00e9foliation enroul\u00e9e (pli\u00e9e chez <em>L. perenne<\/em>), les lemmes arist\u00e9es (mutiques chez <em>L. perenne<\/em>) et les \u00e9pillets \u00e0 5-15 fleurs (4-10 chez <em>L. perenne<\/em>). La <em>Lolium temulentum<\/em> (ivraie enivrante), adventice des cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res devenue rare, poss\u00e8de une glume sup\u00e9rieure plus longue que l&rsquo;\u00e9pillet et des lemmes fortement arist\u00e9es. Le <em>Festuca pratensis<\/em> (f\u00e9tuque des pr\u00e9s), avec lequel le ray-grass d&rsquo;Italie peut s&rsquo;hybrider naturellement (hybrides \u00d7 <em>Festulolium<\/em>), poss\u00e8de une panicule ramifi\u00e9e et non un \u00e9pi distique. Le <em>Brachypodium sylvaticum<\/em> (brachypode des bois) a un \u00e9pi \u00e0 \u00e9pillets p\u00e9doncul\u00e9s et un habitat forestier. L&rsquo;<em>Elymus repens<\/em> (chiendent rampant) poss\u00e8de des rhizomes tra\u00e7ants et deux glumes par \u00e9pillet. L&rsquo;examen de la pr\u00e9foliation et de la glume inf\u00e9rieure absente reste le crit\u00e8re le plus fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le ray-grass d&rsquo;Italie est une gramin\u00e9e fourrag\u00e8re de premier plan, dont l&rsquo;importance agronomique et \u00e9conomique ne cesse de cro\u00eetre dans un contexte de demande alimentaire mondiale croissante. Les enjeux de recherche actuels concernent la s\u00e9lection de vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 haute teneur en glucides solubles (pour am\u00e9liorer l&rsquo;efficacit\u00e9 de conversion alimentaire et r\u00e9duire les \u00e9missions de m\u00e9thane par les ruminants), la r\u00e9sistance aux maladies (rouilles, helminthosporiose) et l&rsquo;adaptation au changement climatique (tol\u00e9rance \u00e0 la s\u00e9cheresse, \u00e0 la chaleur). Les hybrides interg\u00e9n\u00e9riques <em>Festulolium<\/em>, combinant la productivit\u00e9 du ray-grass et la p\u00e9rennit\u00e9 de la f\u00e9tuque, repr\u00e9sentent une voie d&rsquo;avenir prometteuse. Les questions environnementales \u2014 r\u00e9duction de la fertilisation azot\u00e9e, diversification des m\u00e9langes prairiaux, gestion des endophytes \u2014 orientent la recherche vers des syst\u00e8mes fourragers plus durables. Le ray-grass d&rsquo;Italie restera sans doute la cl\u00e9 de vo\u00fbte des prairies temporaires europ\u00e9ennes pour les d\u00e9cennies \u00e0 venir.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Lolium%20multiflorum\">Plants of the World Online, Kew : <em>Lolium multiflorum<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Lolium+multiflorum\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Lolium multiflorum<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif (usage traditionnel)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Lolium multiflorum Lam. (syn. Lolium italicum A. Braun), commun\u00e9ment appel\u00e9 ray-grass d&rsquo;Italie, ivraie multiflore ou italian ryegrass, est une gramin\u00e9e [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-1238","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-poacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1238","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1238"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1238\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13745,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1238\/revisions\/13745"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1238"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1238"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1238"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}