{"id":1239,"date":"2026-03-26T11:38:47","date_gmt":"2026-03-26T10:38:47","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/roseau-commun\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"roseau-commun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/roseau-commun\/","title":{"rendered":"ROSEAU COMMUN"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Roseau%20commun.jpg\" alt=\"Planche botanique Roseau commun\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>Roseau commun<\/strong> (<em>Phragmites australis<\/em> (Cav.) Trin. ex Steud.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Poac\u00e9es<\/strong> (Gramin\u00e9es). Le nom <em>Phragmites<\/em> vient du grec <em>phragma<\/em> (cl\u00f4ture, barri\u00e8re), la plante formant des peuplements denses bordant les eaux. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>australis<\/em> (m\u00e9ridional) est trompeur, l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e9tant cosmopolite. Synonymes : <em>Phragmites communis<\/em> Trin., <em>Arundo phragmites<\/em> L. Noms vernaculaires : roseau commun, roseau \u00e0 balais, phragmite, sagne (Midi de la France).<\/p>\n<p>Plante vivace herbac\u00e9e de tr\u00e8s grande taille, atteignant 2 \u00e0 5 m de hauteur. Le rhizome est puissant, tra\u00e7ant, pouvant s&rsquo;\u00e9tendre sur plusieurs m\u00e8tres et descendre \u00e0 plus de 2 m de profondeur. Les chaumes sont dress\u00e9s, robustes (1-2 cm de diam\u00e8tre), creux, \u00e0 n\u0153uds glabres. Les feuilles sont alternes, tr\u00e8s longues (20-60 cm), de 1 \u00e0 3 cm de large, planes, \u00e0 bord coupant. La ligule est r\u00e9duite \u00e0 une rang\u00e9e de poils. L&rsquo;inflorescence est une panicule plumeuse, terminale, de 15 \u00e0 40 cm, d&rsquo;abord violac\u00e9e puis argent\u00e9e, portant des milliers d&rsquo;\u00e9pillets de 10 \u00e0 16 mm contenant 3 \u00e0 7 fleurs. Les soies de la rachilla donnent \u00e0 la panicule son aspect soyeux caract\u00e9ristique.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Phragmites australis<\/em> est l&rsquo;une des plantes \u00e0 fleurs les plus largement distribu\u00e9es au monde. Son aire couvre tous les continents sauf l&rsquo;Antarctique, des r\u00e9gions arctiques aux zones tropicales. On le trouve de 70\u00b0N (Scandinavie) \u00e0 40\u00b0S (Australie, Am\u00e9rique du Sud). En France, il est pr\u00e9sent sur tout le territoire, des c\u00f4tes aux montagnes (jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m dans les Alpes m\u00e9ridionales).<\/p>\n<p>Le roseau colonise les bords d&rsquo;\u00e9tangs, de lacs, de rivi\u00e8res, les marais, les foss\u00e9s, les roseli\u00e8res littorales (saum\u00e2tres et douces), les zones d&rsquo;\u00e9puration naturelle. Il tol\u00e8re une large gamme de salinit\u00e9 (0 \u00e0 25 g\/L), de pH (4 \u00e0 9) et de profondeur d&rsquo;eau (0 \u00e0 1,5 m). Les roseli\u00e8res constituent l&rsquo;un des \u00e9cosyst\u00e8mes les plus productifs des zones temp\u00e9r\u00e9es. Le roseau est l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e9ponyme de l&rsquo;alliance phytosociologique du <em>Phragmition communis<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Phragmites australis<\/em> est une esp\u00e8ce extr\u00eamement commune, non menac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale (LC). Cependant, les roseli\u00e8res sont des habitats en r\u00e9gression dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Europe en raison du drainage, de l&rsquo;artificialisation des berges et de l&rsquo;eutrophisation. Les roseli\u00e8res littorales m\u00e9diterran\u00e9ennes sont particuli\u00e8rement menac\u00e9es.<\/p>\n<p>Le roseau est une esp\u00e8ce \u00e9cologiquement fondamentale. Les roseli\u00e8res constituent l&rsquo;un des habitats les plus productifs et les plus importants pour la biodiversit\u00e9 : nidification du butor \u00e9toil\u00e9, du h\u00e9ron pourpr\u00e9, de la panure \u00e0 moustaches, de nombreuses fauvettes aquatiques. Le roseau filtre les eaux, stabilise les berges, prot\u00e8ge contre l&rsquo;\u00e9rosion et constitue un puits de carbone significatif.<\/p>\n<p>Les roseli\u00e8res sont prot\u00e9g\u00e9es au titre de la directive Habitats (codes Natura 2000 : 3150, 7210) et font l&rsquo;objet de plans de gestion dans de nombreuses r\u00e9serves naturelles.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition de <em>Phragmites australis<\/em> est domin\u00e9e par les m\u00e9tabolites primaires mais comprend \u00e9galement des compos\u00e9s secondaires d&rsquo;int\u00e9r\u00eat :<\/p>\n<p><strong>Glucides structuraux<\/strong> : <strong>cellulose<\/strong> (35-45 % MS des chaumes), <strong>h\u00e9micelluloses<\/strong> (20-25 %), <strong>lignine<\/strong> (15-20 %). Cette composition en fait un mat\u00e9riau lignocellulosique de haute qualit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>, <strong>acide gallique<\/strong>. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<strong>tricine<\/strong>, <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong>isovitexine<\/strong>) sont pr\u00e9sents dans les feuilles. Des <strong>stilb\u00e8nes<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s dans les rhizomes.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> : des alcalo\u00efdes indoliques, dont la <strong>grammine<\/strong> (3-dim\u00e9thylaminom\u00e9thylindole) et le <strong>N,N-DMT<\/strong> (dim\u00e9thyltryptamine), ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s des racines et des rhizomes en faible concentration.<\/p>\n<p><strong>Terp\u00e9no\u00efdes<\/strong> : des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (fried\u00e9line, \u03b2-amyrine) et des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a>, stigmast\u00e9rol) sont pr\u00e9sents.<\/p>\n<p><strong>Min\u00e9raux<\/strong> : <strong>silicium<\/strong> (tr\u00e8s abondant \u2014 phytolithes), <strong>potassium<\/strong>, <strong>calcium<\/strong>, <strong>fer<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 antipyr\u00e9tique<\/strong> : les extraits aqueux de rhizome r\u00e9duisent la fi\u00e8vre dans le mod\u00e8le au lipopolysaccharide chez le rat, validant l&rsquo;usage traditionnel chinois comme f\u00e9brifuge. L&rsquo;effet semble m\u00e9di\u00e9 par l&rsquo;inhibition de la <strong>prostaglandine E2<\/strong> hypothalamique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-\u00e9m\u00e9tique<\/strong> : les extraits de rhizome r\u00e9duisent les vomissements induits par l&rsquo;apomorphine chez le furet, coh\u00e9rent avec l&rsquo;indication traditionnelle contre les naus\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 diur\u00e9tique<\/strong> : les extraits aqueux augmentent mod\u00e9r\u00e9ment la diur\u00e8se chez le rat, attribu\u00e9 aux sels de potassium et aux flavono\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les fractions ph\u00e9noliques (acide gallique, flavono\u00efdes) montrent une activit\u00e9 antioxydante significative dans les tests DPPH et ABTS.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : des extraits de feuilles et de rhizomes montrent une activit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em> et <em>Candida albicans<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 phytorem\u00e9diatrice<\/strong> : le roseau est la plante la plus utilis\u00e9e au monde pour la phyto\u00e9puration des eaux us\u00e9es. Il absorbe et m\u00e9tabolise les nitrates, phosphates, m\u00e9taux lourds et certains polluants organiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les indications reconnues du roseau commun rel\u00e8vent principalement de la m\u00e9decine traditionnelle chinoise :<\/p>\n<p><strong>Fi\u00e8vre<\/strong> : \u00e9tats f\u00e9briles, fi\u00e8vre avec soif intense, chaleur estivale (usage du rhizome frais).<\/p>\n<p><strong>Troubles digestifs<\/strong> : naus\u00e9es, vomissements, hoquet, en m\u00e9decine traditionnelle chinoise.<\/p>\n<p><strong>Troubles urinaires<\/strong> : diur\u00e9tique doux dans les infections urinaires et la r\u00e9tention d&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>Affections respiratoires<\/strong> : toux productive, abc\u00e8s pulmonaire (indication classique en MTC).<\/p>\n<p>En phytoth\u00e9rapie occidentale, l&rsquo;usage m\u00e9dicinal du roseau est marginal et non valid\u00e9 cliniquement.<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques occidentales sur le roseau sont quasi inexistantes. En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, le rhizome de roseau (<em>lu gen<\/em>) fait partie des prescriptions cliniques courantes, mais les essais cliniques selon les standards internationaux sont rares.<\/p>\n<p>Un essai clinique chinois non contr\u00f4l\u00e9 (2003) sur 45 patients atteints de pneumonie a montr\u00e9 une r\u00e9solution plus rapide de la fi\u00e8vre et de la toux avec un protocole incluant le rhizome de roseau, par rapport au traitement antibiotique seul. La m\u00e9thodologie limit\u00e9e ne permet pas de conclusions fermes.<\/p>\n<p>Les applications les mieux document\u00e9es cliniquement sont environnementales : l&rsquo;efficacit\u00e9 des roseaux dans les syst\u00e8mes de phyto\u00e9puration est \u00e9tablie par des dizaines d&rsquo;\u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es montrant des taux d&rsquo;\u00e9limination de 80-95 % pour la DBO5, les nitrates et les phosphates.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p><strong>Phyto\u00e9puration<\/strong> : <em>Phragmites australis<\/em> est la plante la plus \u00e9tudi\u00e9e et utilis\u00e9e dans les zones humides artificielles de traitement des eaux us\u00e9es (\u00ab constructed wetlands \u00bb). Des milliers de stations d&rsquo;\u00e9puration par les roseaux fonctionnent dans le monde. Les recherches portent sur l&rsquo;optimisation de la conception, l&rsquo;\u00e9limination des micropolluants \u00e9mergents et des pathog\u00e8nes.<\/p>\n<p><strong>Bio\u00e9nergie<\/strong> : le roseau est une source de biomasse lignocellulosique pour la production de bio\u00e9thanol de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration. La pr\u00e9hydrolyse enzymatique de la cellulose et des h\u00e9micelluloses est optimis\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Biomat\u00e9riaux<\/strong> : les chaumes sont utilis\u00e9s pour la production de panneaux isolants, de bioplastiques et de mat\u00e9riaux de construction \u00e9cologiques.<\/p>\n<p><strong>\u00c9cologie des invasions<\/strong> : en Am\u00e9rique du Nord, une lign\u00e9e invasive de <em>P. australis<\/em> (haplotype M) supplante la lign\u00e9e native et cause des d\u00e9g\u00e2ts \u00e9cologiques consid\u00e9rables dans les marais. Les m\u00e9canismes de comp\u00e9tition et les strat\u00e9gies de contr\u00f4le sont intens\u00e9ment \u00e9tudi\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucides structuraux<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cellulose<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>H\u00e9micelluloses<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lignine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide f\u00e9rulique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>D\u00e9coction de rhizome frais (MTC)<\/strong> : 15 \u00e0 30 g de rhizome frais dans 500 ml d&rsquo;eau, bouillir 15 minutes. Boire ti\u00e8de dans la journ\u00e9e. Le rhizome frais est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 au sec en MTC.<\/p>\n<p><strong>Jus de rhizome frais<\/strong> : 30 \u00e0 60 ml de jus press\u00e9, 2 \u00e0 3 fois par jour, comme f\u00e9brifuge et anti-\u00e9m\u00e9tique.<\/p>\n<p><strong>Infusion de feuilles<\/strong> : 5 \u00e0 10 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es par litre d&rsquo;eau, infuser 15 minutes. Usage diur\u00e9tique.<\/p>\n<p>Ces posologies sont issues de la pharmacop\u00e9e traditionnelle chinoise et ne sont pas standardis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie occidentale.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : en MTC, le rhizome de roseau est contre-indiqu\u00e9 en cas de \u00ab d\u00e9ficit de rate avec vide de yang \u00bb (froid interne, diarrh\u00e9e froide). En phytoth\u00e9rapie occidentale, aucune contre-indication formelle n&rsquo;est rapport\u00e9e aux doses alimentaires.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions<\/strong> : la pr\u00e9sence d&rsquo;alcalo\u00efdes indoliques (<strong>DMT<\/strong>, <strong>grammine<\/strong>) en faible concentration dans les rhizomes impose la prudence quant \u00e0 une utilisation non encadr\u00e9e. La grammine est un alcalo\u00efde neuroactif \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es. Les concentrations dans le roseau sont cependant tr\u00e8s faibles et n&rsquo;atteignent pas les seuils d&rsquo;activit\u00e9 pharmacologique par voie orale.<\/p>\n<p><strong>Bioaccumulation<\/strong> : les roseli\u00e8res utilis\u00e9es pour le traitement des eaux us\u00e9es accumulent des m\u00e9taux lourds et des polluants organiques. Seuls les roseaux de stations non pollu\u00e9es doivent \u00eatre utilis\u00e9s \u00e0 des fins m\u00e9dicinales ou alimentaires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>Le roseau commun est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9 comme non toxique aux doses alimentaires et traditionnelles. La DL50 des extraits de rhizome n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifiquement d\u00e9termin\u00e9e mais les usages mill\u00e9naires en m\u00e9decine chinoise et en alimentation attestent d&rsquo;une faible toxicit\u00e9.<\/p>\n<p>La <strong>grammine<\/strong> (3-dim\u00e9thylaminom\u00e9thylindole) est un alcalo\u00efde toxique pour le b\u00e9tail \u00e0 fortes doses, provoquant des troubles neurologiques (ataxie, tremblements). Chez les ruminants, des cas de \u00ab toxicose au roseau \u00bb (<em>Phalaris staggers<\/em>, par analogie avec la phalaris) ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s, bien que rarement pour <em>Phragmites<\/em> sp\u00e9cifiquement.<\/p>\n<p>Le <strong>DMT<\/strong> (N,N-dim\u00e9thyltryptamine) est une substance class\u00e9e comme stup\u00e9fiant dans de nombreux pays. Sa pr\u00e9sence en traces dans le roseau est document\u00e9e mais les concentrations sont tr\u00e8s faibles et ne justifient pas de classement r\u00e9glementaire de la plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le roseau est l&rsquo;une des plantes les plus anciennement utilis\u00e9es par l&rsquo;humanit\u00e9. Les civilisations m\u00e9sopotamiennes construisaient des habitations enti\u00e8res en roseau. En \u00c9gypte, le roseau servait \u00e0 fabriquer des nattes, des paniers, des instruments de musique (fl\u00fbtes) et des mat\u00e9riaux d&rsquo;\u00e9criture (calames). Le chaume de Camargue couvrait les toitures des maisons traditionnelles (\u00ab sagne \u00bb).<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle, le roseau a des usages vari\u00e9s selon les cultures. En m\u00e9decine chinoise, le rhizome (<em>lu gen<\/em>) est un rem\u00e8de classique, utilis\u00e9 comme f\u00e9brifuge, anti-\u00e9m\u00e9tique, diur\u00e9tique et expectorant. Il est prescrit contre les naus\u00e9es, les vomissements, la soif intense et les infections respiratoires. En m\u00e9decine ayurv\u00e9dique, des pr\u00e9parations \u00e0 base de roseau \u00e9taient utilis\u00e9es contre les troubles digestifs et les fi\u00e8vres.<\/p>\n<p>En Europe, les usages m\u00e9dicinaux sont plus modestes : tisane de rhizome comme diur\u00e9tique et sudorifique, cataplasme de feuilles contre les inflammations.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p>Le rhizome de <em>Phragmites australis<\/em> est inscrit \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e chinoise<\/strong> sous le nom de <em>lu gen<\/em> (\u82a6\u6839), avec des monographies d\u00e9taill\u00e9es fixant les crit\u00e8res de qualit\u00e9. En Occident, il ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle et n&rsquo;a pas de statut de plante m\u00e9dicinale.<\/p>\n<p>Aucune monographie officielle n&rsquo;existe. La plante n&rsquo;est pas inscrite sur les listes de plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. Elle n&rsquo;est pas commercialis\u00e9e comme compl\u00e9ment alimentaire en Europe.<\/p>\n<p>En France, la r\u00e9colte de roseau dans les roseli\u00e8res prot\u00e9g\u00e9es est soumise \u00e0 r\u00e9glementation (arr\u00eat\u00e9s de biotope, r\u00e9serves naturelles). La r\u00e9colte commerciale de \u00ab sagne \u00bb pour la couverture des toits est r\u00e9glement\u00e9e dans certains d\u00e9partements.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>ROSEAU COMMUN pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nPharmacop\u00e9e de la R\u00e9publique populaire de Chine, \u00e9d. 2020 \u2014 Monographie \u00ab Lu Gen (Phragmitis Rhizoma) \u00bb.<br \/>\nHaslam S.M. \u2014 \u00ab <em>Phragmites communis<\/em> Trin. (Arundo phragmites L.) Biological flora of the British Isles \u00bb, <em>J. Ecol.<\/em>, 1972, 60, 585-610.<br \/>\nVymazal J. \u2014 \u00ab Constructed wetlands for wastewater treatment: five decades of experience \u00bb, <em>Environ. Sci. Technol.<\/em>, 2011, 45, 61-69.<br \/>\nSaltonstall K. \u2014 \u00ab Cryptic invasion by a non-native genotype of the common reed, <em>Phragmites australis<\/em>, into North America \u00bb, <em>PNAS<\/em>, 2002, 99, 2445-2449.<br \/>\nRameau J.-C. et al. \u2014 <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, IDF, 1989.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Roseau commun (Phragmites australis (Cav.) Trin. ex Steud.) appartient \u00e0 la famille des Poac\u00e9es (Gramin\u00e9es). Le nom Phragmites vient du [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-1239","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-poacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1239","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1239"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1239\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13744,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1239\/revisions\/13744"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1239"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}