{"id":1244,"date":"2026-03-26T11:38:53","date_gmt":"2026-03-26T10:38:53","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/vulpin-des-pres\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"vulpin-des-pres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/vulpin-des-pres\/","title":{"rendered":"VULPIN DES PR\u00c9S"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Vulpin%20des%20pr%C3%A9s.jpg\" alt=\"Planche botanique VULPIN DES PR\u00c9S\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <em>Vulpin des pr\u00e9s<\/em> (<em>Alopecurus pratensis<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <em>Poaceae<\/em> (Gramin\u00e9es), tribu des <em>Poeae<\/em>. C&rsquo;est une gramin\u00e9e vivace, cespiteuse \u00e0 rhizomateuse, mesurant de 50 \u00e0 120 cm de hauteur. Les chaumes sont dress\u00e9s, lisses, glabres, \u00e0 n\u0153uds renfl\u00e9s. Les feuilles sont planes, lin\u00e9aires, de 4 \u00e0 10 mm de large, vert fonc\u00e9, glabres, \u00e0 ligule membraneuse de 1 \u00e0 2 mm, tronqu\u00e9e. Les gaines foliaires sont lisses, la sup\u00e9rieure l\u00e9g\u00e8rement renfl\u00e9e, engainant la base de l&rsquo;inflorescence avant l&rsquo;\u00e9piaison. L&rsquo;inflorescence est un \u00e9pi cylindrique, dense, soyeux, de 4 \u00e0 10 cm de long et 8 \u00e0 12 mm de diam\u00e8tre, verd\u00e2tre \u00e0 gris-argent\u00e9, rappelant la queue d&rsquo;un renard, d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab vulpin \u00bb (du latin <em>vulpes<\/em>, renard). Chaque \u00e9pillet est uniflore, comprim\u00e9 lat\u00e9ralement, de 4 \u00e0 6 mm. Les glumes sont soud\u00e9es \u00e0 la base, car\u00e9n\u00e9es, pubescentes sur la car\u00e8ne. La lemme est munie d&rsquo;une ar\u00eate genouill\u00e9e de 3 \u00e0 6 mm, ins\u00e9r\u00e9e vers le tiers inf\u00e9rieur, d\u00e9passant les glumes. Les \u00e9tamines sont au nombre de 3, \u00e0 anth\u00e8res jaunes devenant orang\u00e9es ou violac\u00e9es. Le fruit est un caryopse ovo\u00efde. La floraison est printani\u00e8re, d&rsquo;avril \u00e0 juin. Le syst\u00e8me racinaire est fascicul\u00e9, avec de courts rhizomes.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le Vulpin des pr\u00e9s est une esp\u00e8ce eurasiatique \u00e0 tr\u00e8s large r\u00e9partition, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe (de la Scandinavie \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e), en Asie temp\u00e9r\u00e9e (jusqu&rsquo;au Japon) et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande. En France, il est commun dans toutes les r\u00e9gions, du littoral jusqu&rsquo;\u00e0 environ 2 000 m d&rsquo;altitude en montagne. C&rsquo;est l&rsquo;une des gramin\u00e9es prairiales les plus r\u00e9pandues et les plus caract\u00e9ristiques de la flore fran\u00e7aise. Le Vulpin des pr\u00e9s est typique des prairies de fauche m\u00e9sophiles \u00e0 m\u00e9sohygrophiles, des p\u00e2turages, des bords de foss\u00e9s, des talus humides, des prairies alluviales et des bords de cours d&rsquo;eau. Il pr\u00e9f\u00e8re les sols frais \u00e0 humides, profonds, riches en mati\u00e8re organique et en azote, \u00e0 pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide. C&rsquo;est une esp\u00e8ce indicatrice de prairies r\u00e9guli\u00e8rement fauch\u00e9es ou mod\u00e9r\u00e9ment p\u00e2tur\u00e9es, avec un bon niveau de fertilit\u00e9. Il est caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance phytosociologique de l&rsquo;<em>Arrhenatherion elatioris<\/em> (prairies de fauche) et du <em>Cynosurion cristati<\/em> (p\u00e2turages). Sa floraison printani\u00e8re pr\u00e9coce, formant des nappes argent\u00e9es dans les prairies, est un spectacle champ\u00eatre classique.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et cycle de vie<\/h3>\n<p>Le Vulpin des pr\u00e9s est une h\u00e9micryptophyte vivace dont la croissance reprend tr\u00e8s t\u00f4t au printemps. C&rsquo;est l&rsquo;une des premi\u00e8res gramin\u00e9es \u00e0 fleurir (avril-mai), bien avant le Ray-grass, la F\u00e9tuque des pr\u00e9s et le Dactyle. La pollinisation est an\u00e9mogame, le pollen abondant \u00e9tant produit par les longues anth\u00e8res pendantes, caract\u00e9ristiques de la floraison des gramin\u00e9es. Le Vulpin des pr\u00e9s est une source importante d&rsquo;allerg\u00e8nes polliniques : son pollen est fortement allergisant et contribue au \u00ab rhume des foins \u00bb printanier. La fructification est rapide, les caryopses m\u00fbrissant en juin. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par tallage (formation de nouvelles pousses \u00e0 partir de la base) et par extension des courts rhizomes assure la densification des touffes. La plante tol\u00e8re bien la fauche et le p\u00e2turage, repoussant rapidement gr\u00e2ce \u00e0 ses r\u00e9serves racinaires. Elle supporte les inondations temporaires de courte dur\u00e9e (prairies alluviales). L&rsquo;esp\u00e8ce est favoris\u00e9e par la fertilisation azot\u00e9e et phosphat\u00e9e, ce qui explique son abondance dans les prairies intensives. En revanche, elle r\u00e9gresse dans les prairies extensives non fertilis\u00e9es au profit de gramin\u00e9es moins exigeantes. Elle est sensible \u00e0 la s\u00e9cheresse estivale prolong\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Aucune partie n\u2019a d\u2019usage m\u00e9dicinal officinal \u00e9tabli.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le Vulpin des pr\u00e9s pr\u00e9sente un profil chimique typique des gramin\u00e9es fourrag\u00e8res. Les parties a\u00e9riennes contiennent 10 \u00e0 20 % de <strong>prot\u00e9ines brutes<\/strong> (selon le stade et la fertilisation), 20 \u00e0 30 % de <strong>cellulose<\/strong>, 15 \u00e0 25 % d&rsquo;<strong>h\u00e9micelluloses<\/strong>, 3 \u00e0 5 % de <strong>lignine<\/strong>, 1,5 \u00e0 3 % de <strong>lipides<\/strong> et 8 \u00e0 12 % de <strong>cendres<\/strong> (min\u00e9raux). Les <strong>sucres solubles<\/strong> (fructanes, saccharose) repr\u00e9sentent 5 \u00e0 15 % du poids sec selon la saison. Les <strong>min\u00e9raux<\/strong> incluent le <strong>potassium<\/strong>, le <strong>calcium<\/strong>, le <strong>phosphore<\/strong>, le <strong>magn\u00e9sium<\/strong>, le <strong>soufre<\/strong> et des oligo\u00e9l\u00e9ments (<strong>fer<\/strong>, <strong>mangan\u00e8se<\/strong>, <strong>zinc<\/strong>, <strong>cuivre<\/strong>). Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> pr\u00e9sents sont principalement des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>tricine<\/strong> et de la <strong>lut\u00e9oline<\/strong>. La <strong>silice<\/strong> biog\u00e9nique (phytolithes de silice) est abondante dans les feuilles, contribuant \u00e0 la duret\u00e9 des tissus. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> li\u00e9s aux parois cellulaires (<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>) participent \u00e0 la lignification. Le pollen contient les <strong>allerg\u00e8nes<\/strong> prot\u00e9iques du groupe 1 (<strong>Alo p 1<\/strong>), du groupe 5 et d&rsquo;autres groupes communs aux Poaceae. Les <strong>fructanes<\/strong>, polysaccharides de r\u00e9serve, sont stock\u00e9s dans les tiges et les gaines.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le Vulpin des pr\u00e9s n&rsquo;a pas de propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales reconnues et n&rsquo;est pas utilis\u00e9 en phytoth\u00e9rapie. Le genre <em>Alopecurus<\/em> n&rsquo;a fait l&rsquo;objet que de tr\u00e8s peu d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques. Les gramin\u00e9es en g\u00e9n\u00e9ral sont chimiquement peu \u00e9tudi\u00e9es pour leurs propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales, \u00e0 l&rsquo;exception notable du Chiendent (<em>Elymus repens<\/em>), de l&rsquo;Avoine (<em>Avena sativa<\/em>) et du Bl\u00e9 (<em>Triticum<\/em> spp.). Le pollen du Vulpin des pr\u00e9s contient des prot\u00e9ines allerg\u00e9niques majeures, dont l&rsquo;<strong>Alo p 1<\/strong>, un allerg\u00e8ne du groupe 1 des gramin\u00e9es, structurellement apparent\u00e9 aux allerg\u00e8nes des autres Poaceae. Ces prot\u00e9ines sont responsables de r\u00e9actions allergiques de type I (rhinite, conjonctivite, asthme) chez les personnes sensibilis\u00e9es. L&rsquo;\u00e9tude immunologique du pollen de Vulpin a contribu\u00e9 \u00e0 la compr\u00e9hension des allergies aux gramin\u00e9es et au d\u00e9veloppement des immunoth\u00e9rapies allerg\u00e9niques (d\u00e9sensibilisation). Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>tricine<\/strong>), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et de la <strong>silice<\/strong>, compos\u00e9s communs aux Poaceae mais sans propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques sp\u00e9cifiques exploit\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune donn\u00e9e clinique ; plante sans usage m\u00e9dicinal \u00e9tabli. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> sans objet.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Prot\u00e9ines brutes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cellulose<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>H\u00e9micelluloses<\/td>\n<td>Fibre<\/td>\n<td>Constituant structural<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lignine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lipides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Le Vulpin des pr\u00e9s n&rsquo;a aucune utilisation th\u00e9rapeutique, alimentaire humaine ou cosm\u00e9tique. Son seul usage est agronomique : il est cultiv\u00e9 comme gramin\u00e9e fourrag\u00e8re dans les prairies de fauche et les p\u00e2turages. Il entre dans les <strong>m\u00e9langes prairiaux<\/strong> commerciaux pour prairies temporaires et permanentes, \u00e0 des doses de semis de 3 \u00e0 8 kg par hectare en m\u00e9lange. Le foin de prairies riches en Vulpin est distribu\u00e9 aux bovins, ovins, caprins et \u00e9quins. Le p\u00e2turage direct de prairies \u00e0 Vulpin convient particuli\u00e8rement aux bovins. La plante est utilis\u00e9e en <strong>d\u00e9sensibilisation allergique<\/strong> sous forme d&rsquo;extraits de pollen standardis\u00e9s, dans le cadre de l&rsquo;immunoth\u00e9rapie sp\u00e9cifique des allergies aux gramin\u00e9es. Les extraits de pollen de gramin\u00e9es (incluant <em>Alopecurus pratensis<\/em>) sont commercialis\u00e9s comme allerg\u00e8nes pour tests cutan\u00e9s et comme solutions d&rsquo;immunoth\u00e9rapie sublinguale ou par injection. Le <strong>pollen<\/strong> du Vulpin est \u00e9galement utilis\u00e9 en palynologie (\u00e9tude des pollens) et en analyses allergologiques de l&rsquo;air. En horticulture, le cultivar &lsquo;Aureovariegatus&rsquo; (Aureus), \u00e0 feuilles stri\u00e9es de jaune, est utilis\u00e9 comme gramin\u00e9e ornementale.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le Vulpin des pr\u00e9s ne pr\u00e9sente aucune toxicit\u00e9 alimentaire pour le b\u00e9tail aux stades habituels de consommation. Cependant, comme toutes les gramin\u00e9es, il peut accumuler des <strong>nitrates<\/strong> en exc\u00e8s dans les prairies surfertilis\u00e9es en azote, ce qui peut provoquer des intoxications chez les ruminants (m\u00e9th\u00e9moglobin\u00e9mie). Le pollen du Vulpin des pr\u00e9s est un <strong>allerg\u00e8ne majeur<\/strong> responsable du rhume des foins printanier chez les personnes sensibilis\u00e9es aux gramin\u00e9es. Les personnes allergiques doivent limiter leur exposition au pollen pendant la p\u00e9riode de floraison (avril-juin) en \u00e9vitant les prairies en fleur, en gardant les fen\u00eatres ferm\u00e9es et en consultant un allergologue pour une \u00e9ventuelle d\u00e9sensibilisation. Les agriculteurs et les jardiniers expos\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement peuvent d\u00e9velopper une sensibilisation. La fauche des prairies en fleur lib\u00e8re de grandes quantit\u00e9s de pollen et d&rsquo;allerg\u00e8nes dans l&rsquo;air. Le port d&rsquo;un masque FFP2 est recommand\u00e9 pour les personnes allergiques lors de la fauche. L&rsquo;ingestion de la plante par les humains n&rsquo;est pas toxique mais n&rsquo;a aucun int\u00e9r\u00eat nutritionnel ni gustatif.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le Vulpin des pr\u00e9s est avant tout une plante fourrag\u00e8re de grande importance en agriculture. Il constitue un composant majeur des prairies de fauche et des p\u00e2turages dans toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e. Sa croissance pr\u00e9coce au printemps et sa bonne valeur alimentaire pour le b\u00e9tail (teneur en prot\u00e9ines de 10 \u00e0 15 % \u00e0 l&rsquo;\u00e9piaison) en font un fourrage de premier choix pour les bovins, les ovins et les \u00e9quins. Le foin de prairies riches en Vulpin des pr\u00e9s est consid\u00e9r\u00e9 comme un foin de qualit\u00e9. En agriculture traditionnelle, les prairies \u00e0 Vulpin \u00e9taient les premi\u00e8res \u00e0 \u00eatre fauch\u00e9es au printemps, fournissant le \u00ab premier foin \u00bb pr\u00e9coce. Les enfants des campagnes utilisaient les \u00e9pis soyeux pour fabriquer de petits balais ou pour des jeux. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;a pas d&rsquo;usage m\u00e9dicinal traditionnel document\u00e9. En revanche, les gramin\u00e9es prairiales dans leur ensemble ont jou\u00e9 un r\u00f4le crucial dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;agriculture europ\u00e9enne, la \u00ab r\u00e9volution fourrag\u00e8re \u00bb des XVIIIe et XIXe si\u00e8cles ayant permis l&rsquo;intensification de l&rsquo;\u00e9levage gr\u00e2ce \u00e0 la s\u00e9lection et \u00e0 la culture de prairies artificielles et temporaires. Le Vulpin des pr\u00e9s figure parmi les esp\u00e8ces recommand\u00e9es dans les m\u00e9langes prairiaux depuis le XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>Le Vulpin des pr\u00e9s se multiplie par semis, la m\u00e9thode standard en agriculture prairiale. Les graines se s\u00e8ment en automne (septembre-octobre) ou au printemps (mars-avril), \u00e0 une profondeur de 1 \u00e0 2 cm, dans un sol bien pr\u00e9par\u00e9, frais et fertile. La dose de semis en pur est de 15 \u00e0 20 kg\/ha, mais il est g\u00e9n\u00e9ralement sem\u00e9 en m\u00e9lange avec d&rsquo;autres gramin\u00e9es (Ray-grass anglais, F\u00e9tuque des pr\u00e9s, Fl\u00e9ole) et des l\u00e9gumineuses (Tr\u00e8fle blanc, Tr\u00e8fle violet) \u00e0 des doses de 3 \u00e0 8 kg\/ha. La germination est rapide (7 \u00e0 14 jours) et l&rsquo;installation est bonne d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e. Le Vulpin des pr\u00e9s pr\u00e9f\u00e8re les sols frais, profonds, riches, \u00e0 pH 6 \u00e0 7,5. Il tol\u00e8re les sols argileux et les inondations temporaires. La fertilisation annuelle (80 \u00e0 120 unit\u00e9s d&rsquo;azote, 30 \u00e0 60 de phosphore et de potassium par hectare) maintient sa productivit\u00e9. La premi\u00e8re exploitation (fauche ou p\u00e2turage) peut intervenir d\u00e8s la deuxi\u00e8me ann\u00e9e. La p\u00e9rennit\u00e9 de la prairie est de 5 \u00e0 10 ans et plus selon la gestion. Le cultivar ornemental &lsquo;Aureovariegatus&rsquo; se multiplie par division des touffes au printemps, offrant un feuillage dor\u00e9 d\u00e9coratif en massif ou en pot.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9colte et conservation<\/h3>\n<p>Le Vulpin des pr\u00e9s, en tant que gramin\u00e9e fourrag\u00e8re, est r\u00e9colt\u00e9 sous forme de foin ou d&rsquo;ensilage. La fauche pour le foin s&rsquo;effectue au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9piaison (mai-juin), lorsque le rapport qualit\u00e9\/quantit\u00e9 est optimal. Un retard de fauche diminue la digestibilit\u00e9 du foin en raison de la lignification des tiges. Le fanage (s\u00e9chage sur le pr\u00e9) dure 2 \u00e0 5 jours selon les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques. Le foin sec (humidit\u00e9 inf\u00e9rieure \u00e0 15 %) se conserve en bottes ou en balles rondes dans un local a\u00e9r\u00e9 pendant un an et plus. L&rsquo;ensilage, mode de conservation par fermentation ana\u00e9robie, permet de r\u00e9colter l&rsquo;herbe \u00e0 un stade plus pr\u00e9coce et humide. Les graines se r\u00e9coltent \u00e0 maturit\u00e9 (juin-juillet) par moissonnage-battage, pour la production de semences fourrag\u00e8res. Elles se conservent au sec et au frais pendant 2 \u00e0 4 ans avec un bon taux de germination. Pour l&rsquo;herbier, les sp\u00e9cimens se r\u00e9coltent en pleine floraison (mai), avec les racines et les feuilles basales, et se pressent entre des feuilles de papier buvard. La conservation est ais\u00e9e, les gramin\u00e9es s\u00e9chant bien et se conservant longtemps en herbier.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects r\u00e9glementaires<\/h3>\n<p>Le Vulpin des pr\u00e9s est une esp\u00e8ce inscrite au Catalogue officiel des esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s de plantes cultiv\u00e9es en France et dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne, en tant que gramin\u00e9e fourrag\u00e8re. De nombreuses vari\u00e9t\u00e9s s\u00e9lectionn\u00e9es sont inscrites et commercialis\u00e9es pour la constitution de prairies. La commercialisation des semences est r\u00e9glement\u00e9e par les directives europ\u00e9ennes sur la commercialisation des semences de plantes fourrag\u00e8res (directive 66\/401\/CEE). Les crit\u00e8res de certification incluent la puret\u00e9 sp\u00e9cifique, le taux de germination et la teneur en graines d&rsquo;adventices. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune protection r\u00e9glementaire ni restriction de cueillette, \u00e9tant extr\u00eamement commune. Elle n&rsquo;est pas inscrite aux listes CITES. Le pollen du Vulpin des pr\u00e9s est un allerg\u00e8ne reconnu par les autorit\u00e9s sanitaires et fait l&rsquo;objet d&rsquo;une surveillance a\u00e9robiologique dans le cadre du R\u00e9seau national de surveillance a\u00e9robiologique (RNSA). Les extraits allerg\u00e9niques sont des produits pharmaceutiques soumis \u00e0 autorisation de mise sur le march\u00e9 (AMM). Les prairies de fauche riches en Vulpin constituent un habitat d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire (code 6510 : prairies maigres de fauche de basse altitude) au titre de Natura 2000.<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations et synergies<\/h3>\n<p>En agronomie prairiale, le Vulpin des pr\u00e9s s&rsquo;associe aux autres gramin\u00e9es et l\u00e9gumineuses fourrag\u00e8res pour constituer des m\u00e9langes productifs et \u00e9quilibr\u00e9s. Les associations classiques incluent le Ray-grass anglais (<em>Lolium perenne<\/em>), la F\u00e9tuque des pr\u00e9s (<em>Festuca pratensis<\/em>), la Fl\u00e9ole des pr\u00e9s (<em>Phleum pratense<\/em>), le Dactyle agglom\u00e9r\u00e9 (<em>Dactylis glomerata<\/em>) et le Tr\u00e8fle blanc (<em>Trifolium repens<\/em>). La pr\u00e9cocit\u00e9 du Vulpin (floraison en avril-mai) compl\u00e8te la floraison plus tardive du Ray-grass et du Dactyle, \u00e9talant la production fourrag\u00e8re sur la saison. En \u00e9cologie prairiale, le Vulpin des pr\u00e9s cohabite avec la Marguerite (<em>Leucanthemum vulgare<\/em>), le Salsifis des pr\u00e9s (<em>Tragopogon pratensis<\/em>), la Renoncule \u00e2cre (<em>Ranunculus acris<\/em>), le Pissenlit (<em>Taraxacum<\/em> spp.) et la Grande oseille (<em>Rumex acetosa<\/em>) dans les prairies de fauche m\u00e9sophiles. Sa floraison printani\u00e8re fournit du pollen aux abeilles et autres pollinisateurs, contribuant au r\u00e9seau de pollinisation prairial. Les prairies diversifi\u00e9es incluant le Vulpin sont plus r\u00e9silientes aux al\u00e9as climatiques que les prairies monosp\u00e9cifiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et faits remarquables<\/h3>\n<p>Le nom <em>Alopecurus<\/em> vient du grec <em>alopex<\/em> (renard) et <em>oura<\/em> (queue), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme de l&rsquo;\u00e9pi qui \u00e9voque une queue de renard, d&rsquo;o\u00f9 le nom fran\u00e7ais \u00ab vulpin \u00bb (du latin <em>vulpes<\/em>, renard). Cette ressemblance a frapp\u00e9 les botanistes depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9, et se retrouve dans de nombreuses langues (Fuchsschwanz en allemand, foxtail en anglais). L&rsquo;\u00e9pi soyeux et argent\u00e9 du Vulpin des pr\u00e9s, ondulant dans le vent dans les prairies de mai, est l&rsquo;un des paysages les plus po\u00e9tiques de la campagne europ\u00e9enne. Le Vulpin des pr\u00e9s est l&rsquo;une des gramin\u00e9es les plus pr\u00e9coces : son pollen est souvent le premier \u00e0 d\u00e9clencher le rhume des foins printanier, deux \u00e0 trois semaines avant le pic pollinique des autres gramin\u00e9es (Ray-grass, Dactyle). La d\u00e9couverte des allerg\u00e8nes polliniques du Vulpin a contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement de l&rsquo;allergologie moderne. La vari\u00e9t\u00e9 ornementale &lsquo;Aureovariegatus&rsquo;, aux feuilles stri\u00e9es de vert et de jaune dor\u00e9, est l&rsquo;une des rares gramin\u00e9es prairiales \u00e0 avoir conquis une place dans les jardins ornementaux. Le Vulpin des pr\u00e9s est aussi l&rsquo;une des gramin\u00e9es les plus sensibles \u00e0 la s\u00e9cheresse, ses feuilles jaunissant rapidement en \u00e9t\u00e9 sec, ce qui en fait un indicateur pr\u00e9coce du stress hydrique dans les prairies.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le Vulpin des pr\u00e9s est une gramin\u00e9e fondamentale de l&rsquo;agriculture prairiale europ\u00e9enne, dont l&rsquo;importance fourrag\u00e8re et \u00e9cologique ne doit pas \u00eatre sous-estim\u00e9e. Sa pr\u00e9cocit\u00e9 printani\u00e8re, sa bonne valeur nutritive et sa tol\u00e9rance aux sols humides en font un composant pr\u00e9cieux des prairies de fauche et des p\u00e2turages. Cependant, l&rsquo;intensification agricole et la simplification des m\u00e9langes prairiaux ont parfois conduit \u00e0 sa marginalisation au profit de gramin\u00e9es plus productives comme le Ray-grass. Le regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour les prairies diversifi\u00e9es, multiesp\u00e8ces, r\u00e9sistantes aux al\u00e9as climatiques, lui redonne de la pertinence. Son pollen allergisant demeure un enjeu de sant\u00e9 publique, le nombre de personnes sensibilis\u00e9es aux gramin\u00e9es \u00e9tant en augmentation constante. Les recherches en allergologie sur les prot\u00e9ines polliniques du Vulpin contribuent \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration des traitements de d\u00e9sensibilisation. Sur le plan \u00e9cologique, le maintien de prairies de fauche riches en Vulpin des pr\u00e9s et en esp\u00e8ces compagnes constitue un enjeu patrimonial majeur pour la conservation de la biodiversit\u00e9 prairiale europ\u00e9enne, l&rsquo;un des habitats les plus menac\u00e9s par l&rsquo;intensification agricole et l&rsquo;urbanisation.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Vulpin%20des\">Plants of the World Online, Kew : <em>Vulpin des<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Vulpin+des\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Vulpin des<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Vulpin des pr\u00e9s (Alopecurus pratensis L.) appartient \u00e0 la famille des Poaceae (Gramin\u00e9es), tribu des Poeae. C&rsquo;est une gramin\u00e9e vivace, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-1244","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-poacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1244","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1244"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1244\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13739,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1244\/revisions\/13739"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1244"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1244"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1244"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}