{"id":1247,"date":"2026-03-26T11:38:58","date_gmt":"2026-03-26T10:38:58","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/polygale-de-montpellier\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"polygale-de-montpellier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/polygale-de-montpellier\/","title":{"rendered":"POLYGALE DE MONTPELLIER"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Polygale%20de%20Montpellier.jpg\" alt=\"Planche botanique Polygale de Montpellier\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le polygale de Montpellier, <em>Polygala monspeliaca<\/em> L., appartient \u00e0 la famille des <em>Polygalaceae<\/em>. C&rsquo;est une plante herbac\u00e9e annuelle de 10 \u00e0 30 cm de hauteur, \u00e0 tige dress\u00e9e ou ascendante, simple ou peu ramifi\u00e9e, pubescente. Les feuilles inf\u00e9rieures sont oppos\u00e9es, petites, les sup\u00e9rieures alternes, lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 1 \u00e0 3 cm. L&rsquo;inflorescence est un rac\u00e8me terminal allong\u00e9, devenant l\u00e2che en fruit. Les fleurs sont petites (5-7 mm), \u00e0 structure complexe caract\u00e9ristique des Polygalac\u00e9es : 5 s\u00e9pales dont 2 lat\u00e9raux (ailes) tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9s, p\u00e9talo\u00efdes, ovales, verts puis ros\u00e9s, nervur\u00e9s ; 3 p\u00e9tales soud\u00e9s en tube, le p\u00e9tale inf\u00e9rieur (car\u00e8ne) termin\u00e9 par une frange lob\u00e9e. Les fleurs sont blanches \u00e0 ros\u00e9es. La floraison a lieu d&rsquo;avril \u00e0 juin. Le fruit est une capsule comprim\u00e9e, orbiculaire, ail\u00e9e, \u00e9chancr\u00e9e au sommet. Les graines sont petites, noires, munies d&rsquo;un arille blanch\u00e2tre (\u00e9la\u00efosome) favorisant la myrm\u00e9cochorie (dispersion par les fourmis). Le syst\u00e8me racinaire est pivotant, gr\u00eale. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 34). Elle se distingue des autres polygales europ\u00e9ens par son caract\u00e8re annuel et ses ailes s\u00e9palo\u00efdes \u00e0 nervation r\u00e9ticul\u00e9e pro\u00e9minente.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Polygala monspeliaca<\/em> est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne au sens strict, r\u00e9partie du Portugal \u00e0 la Gr\u00e8ce et au Maghreb, incluant les grandes \u00eeles m\u00e9diterran\u00e9ennes. En France, elle est pr\u00e9sente dans le Midi m\u00e9diterran\u00e9en (Languedoc, Provence, Corse). Elle colonise les pelouses s\u00e8ches annuelles, les garrigues ouvertes, les friches et les bords de chemin sur sols calcaires ou marno-calcaires, chauds et secs, depuis le niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 600 m d&rsquo;altitude. L&rsquo;esp\u00e8ce est thermophile, x\u00e9rophile et h\u00e9liophile, caract\u00e9ristique des communaut\u00e9s th\u00e9rophytiques m\u00e9diterran\u00e9ennes de l&rsquo;alliance du <em>Thero-Brachypodion<\/em>. Elle est souvent associ\u00e9e \u00e0 des gramin\u00e9es annuelles (<em>Brachypodium distachyon<\/em>, <em>Briza minor<\/em>), des l\u00e9gumineuses annuelles (<em>Trifolium<\/em> spp.) et d&rsquo;autres th\u00e9rophytes m\u00e9diterran\u00e9ens. Son cycle annuel rapide (germination automnale, floraison printani\u00e8re, mort estivale) lui permet d&rsquo;\u00e9viter la s\u00e9cheresse estivale. Les graines, dispers\u00e9es par les fourmis gr\u00e2ce \u00e0 leur \u00e9la\u00efosome, persistent dans le sol constituant une banque de graines.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Polygala monspeliaca<\/em> est peu document\u00e9e sp\u00e9cifiquement, mais les \u00e9tudes sur le genre <em>Polygala<\/em> permettent d&rsquo;en dresser un profil probable. Les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> sont caract\u00e9ristiques de la famille : les <strong>pres\u00e9n\u00e9g\u00e9nines<\/strong> et les <strong>s\u00e9n\u00e9gines<\/strong> (esters de l&rsquo;acide s\u00e9n\u00e9g\u00e9nique et de sucres) sont pr\u00e9sentes dans les racines. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/xanthones\/\">xanthones<\/a><\/strong> (compos\u00e9s ph\u00e9noliques caract\u00e9ristiques des Polygalac\u00e9es) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es dans les parties a\u00e9riennes de plusieurs esp\u00e8ces m\u00e9diterran\u00e9ennes de <em>Polygala<\/em> : <strong>polygalaxanthone III<\/strong>, <strong>mangiferin<\/strong>-like compounds. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> glycosides) sont pr\u00e9sents. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide sinapique<\/strong>) et des <strong>esters saccharidiques<\/strong> (sieboldianoside A, tenuifolisides) ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s dans d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre et pourraient \u00eatre pr\u00e9sents. Les <strong>huiles grasses<\/strong> des graines contiennent des acides gras courants. Des <strong>oligosaccharides<\/strong> de type sucrose-ester sp\u00e9cifiques des Polygalac\u00e9es sont document\u00e9s. La plante ne contient pas d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> en quantit\u00e9 significative.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> des Polygalac\u00e9es exercent un effet expectorant r\u00e9flexe : elles irritent la muqueuse gastrique, stimulant le r\u00e9flexe vagal gastropulmonaire qui augmente la s\u00e9cr\u00e9tion de mucus aqueux dans les bronches, fluidifiant les s\u00e9cr\u00e9tions visqueuses et facilitant l&rsquo;expectoration. Cet effet est bien document\u00e9 pour <em>Polygala senega<\/em> et est pr\u00e9sum\u00e9 similaire chez <em>P. monspeliaca<\/em>. Les <strong>xanthones<\/strong> poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes marqu\u00e9es (pi\u00e9geage des radicaux libres, inhibition de la peroxydation lipidique), anti-inflammatoires (inhibition de la COX-2 et du NF-\u03baB), antimicrobiennes et neuroprotectrices. Des xanthones de <em>Polygala<\/em> spp. ont montr\u00e9 des effets anxiolytiques et antid\u00e9presseurs dans des mod\u00e8les murins, m\u00e9di\u00e9s par la modulation des syst\u00e8mes s\u00e9rotoninergiques et noradr\u00e9nergiques. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> exercent des effets antioxydants et anti-inflammatoires compl\u00e9mentaires. Les <strong>esters saccharidiques<\/strong> (tenuifolisides) poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s neuroprotectrices : stimulation de la lib\u00e9ration du NGF (Nerve Growth Factor), am\u00e9lioration de la m\u00e9moire dans des mod\u00e8les de d\u00e9mence.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>P. monspeliaca<\/em> ne sont pas document\u00e9es par des \u00e9tudes cliniques. Par extrapolation \u00e0 partir du genre : (1) <strong>Effet expectorant<\/strong> : les saponines triterp\u00e9niques fluidifient les s\u00e9cr\u00e9tions bronchiques (bien document\u00e9 pour <em>P. senega<\/em>). (2) <strong>Effet antioxydant<\/strong> : les xanthones et flavono\u00efdes conf\u00e8rent une activit\u00e9 antioxydante significative. (3) <strong>Effet anti-inflammatoire<\/strong> : les xanthones et saponines r\u00e9duisent l&rsquo;inflammation dans des mod\u00e8les in vitro et in vivo. (4) <strong>Effet neuroprotecteur potentiel<\/strong> : les xanthones et esters saccharidiques de certaines esp\u00e8ces de <em>Polygala<\/em> montrent des effets prometteurs en neuropharmacologie. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p>Le polygale de Montpellier n&rsquo;a pas d&rsquo;indication officielle en phytoth\u00e9rapie clinique. Les indications traditionnelles incluaient les catarrhes bronchiques et la toux productive, par extension des usages du genre <em>Polygala<\/em>. En phytoth\u00e9rapie europ\u00e9enne, c&rsquo;est la racine de s\u00e9n\u00e9-ga (<em>P. senega<\/em>) qui est utilis\u00e9e comme expectorant (inscrite dans les monographies de la Commission E). <em>P. monspeliaca<\/em>, esp\u00e8ce annuelle de petite taille \u00e0 faible biomasse, n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9e commercialement. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacognosique du genre <em>Polygala<\/em> r\u00e9side dans ses xanthones et ses esters saccharidiques neuroprotecteurs, principalement \u00e9tudi\u00e9s chez <em>P. tenuifolia<\/em> (pharmacop\u00e9e chinoise) et <em>P. senega<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche r\u00e9cente sur le genre <em>Polygala<\/em> est active, principalement centr\u00e9e sur les esp\u00e8ces asiatiques (<em>P. tenuifolia<\/em>) et am\u00e9ricaines (<em>P. senega<\/em>). Les <strong>xanthones<\/strong> des Polygalac\u00e9es font l&rsquo;objet d&rsquo;intenses recherches en neuropharmacologie : des \u00e9tudes montrent des effets nootropiques (am\u00e9lioration de la m\u00e9moire), neuroprotecteurs (contre la neurotoxicit\u00e9 du glutamate et de l&rsquo;amylo\u00efde-\u03b2) et antid\u00e9presseurs. L&rsquo;<strong>onjisaponine B<\/strong> de <em>P. tenuifolia<\/em> stimule la production de NGF (facteur de croissance nerveuse), ouvrant des perspectives th\u00e9rapeutiques dans la maladie d&rsquo;Alzheimer. Des \u00e9tudes de chimiotaxonomie clarifient la distribution des xanthones et des saponines dans le genre <em>Polygala<\/em>. La phylog\u00e9nie mol\u00e9culaire a confirm\u00e9 la monophylie de la famille des Polygalac\u00e9es et clarifi\u00e9 les relations intrag\u00e9n\u00e9riques. <em>P. monspeliaca<\/em> reste tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9e sp\u00e9cifiquement ; des \u00e9tudes phytochimiques et pharmacologiques cibl\u00e9es seraient n\u00e9cessaires pour \u00e9valuer son potentiel propre.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Saponines triterp\u00e9niques<\/td>\n<td>Saponine<\/td>\n<td>Constituant tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Pres\u00e9n\u00e9g\u00e9nines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>S\u00e9n\u00e9gines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Polygalaxanthone iii<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Mangiferin<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie officielle n&rsquo;existe pour <em>Polygala monspeliaca<\/em>. \u00c0 titre indicatif et historique, les usages populaires correspondaient \u00e0 : <strong>Infusion de parties a\u00e9riennes<\/strong> : 2 \u00e0 3 g pour 250 mL d&rsquo;eau, infuser 10 min ; 2 tasses\/jour (usage expectorant). <strong>D\u00e9coction de racines<\/strong> : 1 \u00e0 3 g pour 250 mL d&rsquo;eau, bouillir 10 min ; 2 \u00e0 3 tasses\/jour. Pour les indications expectorantes, la racine de <em>Polygala senega<\/em> est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e et disponible en pharmacie (1 \u00e0 3 g de racine s\u00e9ch\u00e9e\/jour en d\u00e9coction, ou extrait fluide).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Par extrapolation avec les autres esp\u00e8ces de <em>Polygala<\/em>, les saponines triterp\u00e9niques peuvent irriter la muqueuse gastro-intestinale, provoquant naus\u00e9es et diarrh\u00e9e \u00e0 forte dose. L&rsquo;usage est contre-indiqu\u00e9 en cas de gastrite, d&rsquo;ulc\u00e8re gastroduod\u00e9nal et de maladie inflammatoire intestinale. D\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement (donn\u00e9es insuffisantes, effet ut\u00e9rotonique th\u00e9orique des saponines). Les patients asthmatiques doivent utiliser les expectorants saponosidiques avec prudence (risque de bronchospasme r\u00e9flexe). L&rsquo;identification botanique doit \u00eatre certaine, le genre <em>Polygala<\/em> comprenant de nombreuses esp\u00e8ces.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les <strong>saponines<\/strong> des Polygalac\u00e9es peuvent modifier l&rsquo;absorption intestinale de m\u00e9dicaments par leur effet tensioactif sur les membranes. Elles peuvent potentialiser l&rsquo;irritation gastrique des AINS. Par analogie avec <em>P. senega<\/em>, une prudence est recommand\u00e9e en association avec des m\u00e9dicaments \u00e0 index th\u00e9rapeutique \u00e9troit. Les <strong>xanthones<\/strong> sont des inhibiteurs modestes de la monoamine oxydase (MAO) in vitro, ce qui pourrait th\u00e9oriquement potentialiser les IMAO et certains antid\u00e9presseurs, bien que cette interaction n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 document\u00e9e cliniquement avec les polygales.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>Polygala monspeliaca<\/em> n&rsquo;est pas sp\u00e9cifiquement \u00e9tudi\u00e9e. Les saponines de Polygalac\u00e9es sont consid\u00e9r\u00e9es comme de toxicit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e par voie orale. Pour <em>P. senega<\/em>, l&rsquo;ingestion de doses \u00e9lev\u00e9es de racine provoque des naus\u00e9es, vomissements et diarrh\u00e9e. La DL50 des saponines de s\u00e9n\u00e9-ga est de l&rsquo;ordre de 500 \u00e0 1 000 mg\/kg par voie orale chez le rat. Les saponines sont h\u00e9molytiques in vitro mais cet effet est neutralis\u00e9 par le cholest\u00e9rol s\u00e9rique et n&rsquo;a pas de traduction clinique par voie orale. La plante ne contient pas d&rsquo;alcalo\u00efdes toxiques, de glycosides cardiotoxiques ni de compos\u00e9s cyanog\u00e9n\u00e9tiques. La toxicit\u00e9 globale est pr\u00e9sum\u00e9e faible aux doses traditionnelles.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le genre <em>Polygala<\/em> tire son nom du grec \u03c0\u03bf\u03bb\u03cd\u03b3\u03b1\u03bb\u03b1 (\u00ab\u00a0beaucoup de lait\u00a0\u00bb), Dioscoride ayant attribu\u00e9 \u00e0 certaines esp\u00e8ces de polygales la propri\u00e9t\u00e9 de stimuler la production de lait chez les vaches qui les broutaient. Cette propri\u00e9t\u00e9 galactog\u00e8ne, attribu\u00e9e au polygale vulgaire (<em>P. vulgaris<\/em>), a \u00e9t\u00e9 \u00e9tendue par la tradition \u00e0 d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre, bien que le polygale de Montpellier n&rsquo;ait pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;un usage m\u00e9dicinal aussi d\u00e9velopp\u00e9 que les esp\u00e8ces vivaces. En m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, les polygales \u00e9taient utilis\u00e9s comme expectorants et anti-catarrhaux dans les affections respiratoires. Le polygale de Virginie (<em>Polygala senega<\/em> L.), esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine, est le repr\u00e9sentant le plus important du genre en pharmacie : sa racine (s\u00e9n\u00e9-ga) est inscrite dans les pharmacop\u00e9es comme expectorant (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a>). L&rsquo;usage du polygale de Montpellier est beaucoup plus modeste et essentiellement local. Dans certaines r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes, l&rsquo;infusion de parties a\u00e9riennes servait de rem\u00e8de populaire contre la toux et comme tonique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Polygala monspeliaca<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, les pelouses th\u00e9rophytiques m\u00e9diterran\u00e9ennes qu&rsquo;il habite \u00e9tant encore r\u00e9pandues. Cependant, l&rsquo;urbanisation du littoral m\u00e9diterran\u00e9en, le d\u00e9frichement des garrigues et l&rsquo;abandon du pastoralisme extensif r\u00e9duisent localement ses habitats. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e r\u00e9glementairement en France. La culture est possible par semis direct en automne, en sol calcaire l\u00e9ger et sec, en plein soleil. La germination a lieu au printemps. La plante est annuelle et meurt apr\u00e8s fructification. Elle se ress\u00e8me naturellement si les conditions sont favorables. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat horticole est limit\u00e9 en raison de la petitesse de la plante et de la discr\u00e9tion des fleurs. L&rsquo;esp\u00e8ce a davantage un int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique (composante des pelouses annuelles m\u00e9diterran\u00e9ennes) et taxonomique (repr\u00e9sentant europ\u00e9en des Polygalac\u00e9es).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>POLYGALE DE MONTPELLIER pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nDall&rsquo;Acqua S. et al. Xanthones from <em>Polygala<\/em> species: chemistry and biological activities. <em>Current Medicinal Chemistry<\/em>. 2014;21(30):3419-3428.<br \/>\nLi C. et al. Neuroprotective xanthones from <em>Polygala tenuifolia<\/em>. <em>Journal of Natural Products<\/em>. 2018;81(6):1369-1378.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<br \/>\nPaiva J. Polygalaceae. In: Castroviejo S. et al. (eds), <em>Flora Iberica<\/em> IX. Madrid : CSIC ; 2015.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le polygale de Montpellier, Polygala monspeliaca L., appartient \u00e0 la famille des Polygalaceae. 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